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Accueil du site > Actualités > Politique > La politique, c’est simple comme un coup de gueule

La politique, c’est simple comme un coup de gueule

Pour un « petit » candidat, la clé d’une élection présidentielle se résume en un seul mot : être un bon candidat, entendez par là, un bon client

Est-il encore possible de faire campagne aujourd’hui sur le terrain des idées ? Voici la question que posent les résultats des dernières élections et qui devrait inspirer les partis avant d’investir leur candidat à un scrutin national. Car il n’échappera à personne que pour les prétendants situés en dehors des grands états major traditionnels pour qui l’accès aux médias pour eux ou leurs conseillers réside dans le seul choix du jour, de l’heure et du média, chaque passage radio ou télé est un exercice où il faut frapper fort. Tellement fort d’ailleurs que Jean-Luc Mélenchon, l’archétype du candidat qui a tout compris en la matière en a fait son slogan de campagne (frapper, frapper, frapper !).

En ne retenant que les récentes élections les chiffres sont impitoyables.

Du charisme du candidat peut varier le résultat dans des proportions de 1 à 5. Dans la case où Philippe Poutou tente de trouver sa place en faisant bonne figure sur les blagues liées à son patronyme, Olivier Besancenot, le postier cogneur a toujours dépassé la barre des 4% (4,25% en 2002 et 4,08% en 2007) alors que l’on prédit à Poutou un score n’excédant guère 1 à 2%. Au même endroit ou presque du spectre politique Arlette Laguillier, la banquière-travailleuse dépassait les 5% en 1995 (5,3%) et 2002 (5,72%). Usée et aussi probablement un peu victime du vote « utile », elle n’obtiendra que 1,33% en 2007, chiffre que ne devrait pas dépasser Nathalie Arthaud, sa successeure à la tête de LO.

Enfin, pour rester à la gauche de la gauche, retenons les scores de Robert Hue en 2002 (3,37%) et de Marie-George Buffet en 2007 (1,93%) pour le PC que nous aurons à comparer à celui de Jean-Luc Mélenchon à l’indéniable talent de tribun qui pourrait flirter avec les 10%. En réalité il y a toujours entre 10% et 12% des électeurs à répartir entre ces trois ailes de la gauche et nul doute que le gouailleur Mélenchon ratissera pour tout le monde car il se fait davantage entendre que ses concurrents.

Passons rapidement sur l’incontestable harangue de Marine Le Pen héritée directement de qui vous savez et qui a permis de ravir les clés du parti à un dinosaure sans bagout (Bruno Gollnisch) qui en avait un double dans la poche depuis un moment pour nous concentrer sur un parti élastique : EELV. Ce parti qui peut représenter plus de 12% de l’électorat (12,10 aux Européennes 2009 et 12,18 aux Régionales 2010) est entièrement à la merci de son candidat. Car ses scores flatteurs ne s’expliquent que par l’irrésistible engagement de Daniel Cohn Bendit. Concernant les Présidentielles où il est utile de rappeler que Dany le Rouge n’a jamais voulu s’engager, Noël Mamère avait dû en 2002 remplacer au pied levé le vainqueur des primaires Alain Lipietz pour cause de charisme et de sondages insuffisants. Il obtiendra finalement 5,25% des suffrages exprimés. Que dire maintenant du score de Dominique Voynet obtenant 1,57% en 2007 au terme d’une effroyable campagne et de l’échec annoncé d’Eva Joly (portée par les idéologues du Parti face au communiquant Hulot) dont la sévérité combinée à l’austérité pourraient la laisser encore en rade en deçà des 2% ?

Un bon client dans les médias n’est pas qu’un comédien cabot, un écrivain lumineux ou une chanteuse à forte personnalité. Car le spectacle valant aussi pour les politiques (Vivement Dimanche, On n’est pas couché, Salut les terriens etc) un bon client est aussi un politique qui se débat dans le débat, qui crie, qui se révolte et qui frappe, frappe et refrappe. La civilisation du moment se nourrit des indignés. La politique et les médias leur offrent une tribune.


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3 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 10 mars 2012 12:15

    Il faut sortir d’un système où l’idéologie et les belles paroles ne sont que du marketing. Les membres de l’élite ne s’intéressent qu’aux intérêts de leur classe, vous ne faites pas partie de leur monde. Cela explique toutes les promesses non tenues faites par nos politiciens pour se faire élire ; mais attention les gens qui mentent régulièrement pour arriver à leurs fins sont des manipulateurs. Pensez-y la prochaine fois ................
    http://2ccr.unblog.fr/2011/11/02/un-candidat-sans-artifice/


    • Soi Même 10 mars 2012 16:21

      J’attends un miracle, c’est que les français comprennent qui faut sauvé la République, Une est indivisible.


      • Croa Croa 10 mars 2012 23:01

        Sont irrésistibles ceux que les médias ont ainsi qualifiés ( Mot à double sens smiley )

        Ne sont présentables à la télé que les marionnettes !

        Ainsi Cohn Bendit eut-il droit à une propulsion proportionnelle au degré d’imposture qu’il représente et dont jamais aucun véritable écologiste ne profitera ! (Ceci explique cela.)

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