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La politique et la France

La politique semble être indissociable de l'histoire de l'Homme. Depuis des millénaires, elle façonne le visage de nos sociétés, déchaîne de vives passions, alimente les espoirs les plus fous. Rare sont les individus qu'elle laisse indifférent. En effet, elle remplit un rôle essentiel : celui de faire rêver. L'espoir peut se révéler être un moteur vital. Il n'y a qu'à observer la campagne de Jean-Luc Mélanchon, voir l'engouement qu'il est parvenu à susciter chez un partie de l'électorat. La vision d'une telle unité, du rassemblement autour d'un homme, de son parti et des ses valeurs, suffit à expliquer l'importance qu'occupe la politique dans l'esprit des peuples.

Cependant, la politique peine souvent à résister aux assauts d'une crise économique telle que nous connaissons aujourd'hui. L'Histoire ne cesse de nous le rappeler. Ainsi, en cette période de troubles consécutifs à un tel contexte, une ombre menaçante plane sur la démocratie. Elle suscite chez moi une inquiétude grandissante, et doit à mon sens bénéficier de toute notre attention. Ce danger, j'ai choisi de l'appeler frustration. Cette frustration que les populations ressentent envers leurs gouvernements, jugés inefficaces pour enrayer la crise. Une perte de confiance qui n'est pas sans fondement : démagogie, mensonges, indifférence, immoralité… La liste est longue, et ne demande qu'à être complétée. La frustration naît d'un mélange de colère et de déception, et peut se matérialiser sous deux aspects. D'abord, par une progression de l'abstention, nouveau fléau du XXIème siècle. Les élections présidentielles de 2002 ont sonnées comme un avertissement, elles ont mis à jour les dangers d'un désintérêt pour la vie politique et d'une assurance trop importante en l'acquis démocratique. Pourtant, les Français semblent ne pas en avoir tiré de leçon, au vu des 44,6 % d'abstention aux dernières élections législatives . Un record sous la Vème république ! Cette anomalie profite bien évidemment aux partis d'extrême droite, qui sont marqués par une forte progression depuis dix ans, et notamment par la percée du Front National, monopolisé aux mains de la dynastie des Le Pen. Ce retour en force du fascisme se constate partout en Europe, et représente le second symptôme du malaise qui gangrène notre pays.

Seulement, le monde politique ne souffre pas uniquement de ce mal qui le ronge. Il s'affaiblit un peu plus chaque jour, victime de la Toute-puissance financière. Fort de trois décennies de néolibéralisme, le monde de la Finance s'est considérablement raffermi, au détriment d'une classe dirigeante contrainte d'assister, impuissante, à l'avènement de l'argent-roi. Nos dirigeants sont à leurs dépens complice de l'affaiblissement de leur rôle politique. La crise des subprimes survenue en 2007 est le point d'orgue des dérives provoquées par les gouvernements capitalistes. Mais elle marque aussi et surtout le début d'une prise de conscience, d'une volonté de la classe politique d'endiguer la venue d'une nouvelle catastrophe financière en ébranlant leur hégémonie. Les progrès dans ce sens sont (très) timides, car les lobbys paralysent le système exécutif, mais la machine est lancée, alimentée par la colère des peuples ayant soif de justice. Tout en restant dans un cadre démocratique, les Etats doivent nécessairement retrouver leur pouvoir, afin de prévenir le jour où la démocratie se laissera écraser sous le poids de l'argent.

Il est impératif d'agir au plus vite, car l'état politique de la France et de beaucoup d'autres pays est très inquiétant. Le système repose sur des bases qui se fragilisent de jour en jour, entamé de l'intérieur par une extrême droite opportuniste et arriviste, et assailli de l'extérieur par un monde financier prêt à tout pour retrouver sa souveraineté. Nous prenons le risque indéniable d'un retour aux heures sombres de notre pays, sans que nous en ayons réellement pris conscience. Agissons avant qu'il ne soit trop tard. Cessons de dédiaboliser le Front National, participons à la vie politique, réalisons que son existence est primordiale. Alors seulement nous seront certains de la préservation durable de notre démocratie.


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2 réactions à cet article    


  • Lamouet 18 août 2012 08:28

    Rare sont les individus qu’elle laisse indifférent

    Vous rigolez ? Il serait intéressant de faire un sondage sur la proportion qui a des rudiments de notre constitution.
    Ceci étant dit, brailler sans savoir, oui il en existe...


    • Sylvain Guillet 20 août 2012 23:18

      Je ne comprends pas le ton délibérément agressif de votre message. Ceci dit, même si il est vrai que tout le monde ne connaît pas tout les rouages de notre Constitution (certains de nos députés doivent en faire partie), je veux démontrer par cette phrase que la politique en général alimente de nombreux débats. Combien de repas avez-vous pendant la campagne sans que la politique revienne inévitablement sur le tapis ? 
      Il n’est pas forcé d’être politologue pour s’intéresser à la politique, comme il n’est pas forcé d’être musicien pour parler musique. 

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Sylvain Guillet


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