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Accueil du site > Actualités > Politique > La promesse de « pouvoir d’achat garanti »

La promesse de « pouvoir d’achat garanti »

Symptomatique du retard idéologique accumulé par le Parti socialiste, la promesse de Ségolène Royal de « pouvoir d’achat garanti » est tout à la fois superficielle et inopérante au regard des défis à relever.

Dans la présentation par Ségolène Royal, le 11 février au cours du discours de Villepinte, de son “Pacte présidentiel”, la série de mesures dites de “pouvoir d’achat garanti” comportait la promesse de porter le SMIC à 1 500 euros “le plus tôt possible dans la législature” (proposition numéro 7 du Pacte).

Outre que, formulé en ces termes, un tel engagement est vidé de sa substance (le SMIC pourrait très bien atteindre en cinq ans ce niveau sans intervention gouvernementale), un intéressant parallèle retient ici notre attention.

Dans une autre grande démocratie, le parti de centre-gauche a remporté les élections législatives et s’apprête à augmenter le salaire minimum. Ironie de l’actualité à l’heure où la France claironne son antilibéralisme de principe, il s’agit de la majorité démocrate récemment installée au Sénat et à la Chambre des représentants américains. Dans les prochains jours en effet, la Chambre devrait voter une loi portant augmentation du salaire minimum fédéral.

Le parallèle, hélas, s’arrête ici. En premier lieu, il convient de noter que les situations américaine et française sont incomparables parce que diamétralement opposées : les Etats-Unis connaissent une période de quasi plein emploi, quand la France traîne comme un boulet un taux de chômage de 10 % depuis plus de vingt ans. La question de l’augmentation du salaire minimal est un problème de riches — et en termes d’emploi, nous sommes pauvres.

Sans risquer l’anathème et l’insulte suprême d’ “ultralibéralisme”, peut-on encore faire observer que dans un pays avant-dernier de la classe européenne en matière d’emploi, une vraie politique économique et sociale de gauche devrait reconnaître comme priorité immédiate et absolue la création d’emplois nouveaux, avant de chercher à améliorer la situation de ceux qui sont déjà titulaires d’une position permanente ? Les économistes, de gauche comme de droite, s’accordent à penser que pour créer de l’emploi, il est contre-productif d’augmenter le coût du travail. Or, pour l’économiste Patrick Artus, “le SMIC à 1.500 euros va alourdir de 25 % le coût du travail peu qualifié.” (Le Monde du 14 février 2007)

Ensuite, et à la différence du Parti socialiste français, le Parti démocrate américain a compris que les premières victimes de l’augmentation du salaire minimum sont les petites et moyennes entreprises. En conséquence, cette augmentation sera, de l’autre côté de l’Atlantique, assortie de réductions d’impôts pour les PME, qui auront pour effet de compenser en pratique le coût de salaires plus élevés. Si le Parti socialiste, comme la ribambelle de candidats d’extrême gauche à l’élection, croit porter un coup aux grandes entreprises dans la lutte pour la répartition des richesses, il se trompe tout à la fois d’objectif et de méthode.

De méthode d’abord puisque, toujours selon Patrick Artus : “Les entreprises préféreront licencier, et nous aurons plusieurs centaines de milliers de chômeurs supplémentaires en deux ans.” Par ailleurs, le conditionnement des aides publiques aux entreprises à l’engagement de ne pas licencier (proposition numéro 14) ne constitue en aucun cas la parade à cet effet pervers ; non seulement les groupes présents en France partiront, mais aucun nouveau ne viendra alors s’y installer.

D’objectif évidemment aussi : qui peut encore soutenir, à l’heure de la globalisation et des nouvelles technologies, que le retour à la croissance et au plein emploi peut être réussi en faisant des entreprises le bouc émissaire de la politique économique et sociale ?

A moins de décider de relancer l’emploi en doublant tous les postes de fonctionnaires, favoriser la création d’emplois, c’est d’abord aider les entreprises à embaucher. C’est donc réduire le coût de l’emploi. D’abord sur les travailleurs peu qualifiés, pour faire d’une pierre deux coups : contrairement aux apparences, c’est la rareté de l’emploi peu qualifié qui entraîne la dévalorisation des diplômes, minant par ricochet notre système éducatif.

Pourquoi alors promettre le “pouvoir d’achat garanti” à un pays en paupérisation ? Cherche-t-on à noyer l’électorat dans une soupe idéologique d’un autre âge plutôt que de lui expliquer les vrais défis du XXIe siècle ?

Parti de gouvernement, le Parti socialiste ne devrait pas céder à la surenchère idéologique de l’extrême gauche, au risque de se voir opposer la terrifiante remarque de Jean-Marie Le Pen sur Nicolas Sarkozy : “Il laboure mon terrain, mais c’est moi qui sème, et c’est moi qui récolterai.”


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24 réactions à cet article    


  • tub (---.---.214.184) 19 mars 2007 11:34

    vous dites « En conséquence, cette augmentation sera, de l’autre côté de l’Atlantique, assortie de réductions d’impôts pour les PME, qui auront pour effet de compenser en pratique le coût de salaires plus élevés »

    Mais vous êtes mal informé : Mme Royal propose aussi de compenser ces coûts par des exonérations de charges et avantages fiscaux en faveur des PME.

    Dans ce cas, êtes-vous en accord avec cette politique, que vous semblez approuver pour ce qui est des USA ?


    • Rubin Sfadj (---.---.187.25) 19 mars 2007 12:13

      Merci pour votre commentaire. Je suis toutefois au regret de vous annoncer que c’est vous qui faites erreur, sauf à m’indiquer où vous avez trouvé cette mesure. Pour ma part, voici ce que je lis dans le Pacte :

      - Le Pacte présidentiel ne propose que deux mesures pour les PME : « La création de fonds publics régionaux de participation », et la réservation à leur attention d’une part des marchés publics (proposition n. 3, page 2 du Pacte).

      - Concernant les entreprises en général, il est également proposé de mettre en place « un taux d’impôt sur les sociétés plus bas si le bénéfice est réinvesti et plus haut s’il est redistribué aux actionnaires » (proposition n. 4, page 2 toujours), ainsi que de « conditionner les aides publiques aux entreprises à l’engagement de ne pas licencier » (proposition n. 14, page 7), ou encore de « moduler les aides (...) aux contrats de travail » (proposition n. 15).

      Nulle part il n’est fait mention d’une exonération ou d’une baisse d’impôt ou de charges compensant l’augmentation du SMIC.


    • tub (---.---.214.184) 19 mars 2007 12:20

      Par exemple :

      «  »donnant-donnant« . La candidate »de la France qui entreprend et qui réhabilite l’esprit d’entreprise« , comme s’est définie Ségolène Royal, veut faire le ménage dans la batterie d’aides, d’exonérations de charges et d’avantages fiscaux pour les réorienter en faveur des PME qui »se battent, innovent, investissent« . Prenant exemple sur son action à la présidence du conseil régional de Poitou-Charentes où une charte d’engagements réciproques a été signée, elle a évoqué son intention d’introduire des critères ciblés en y ajoutant »les entreprises qui embauchent des jeunes« . »

      Le monde 20.02.07.

      Une recherche sur internet vous permettra de parcourir articles et interviews où elle évoque ces aides aux PME.


    • Electeur (---.---.135.8) 20 mars 2007 14:09

      Pour un vote moins simpliste, pour que chacun puisse attribuer des points à plusieurs candidats qu’il apprécie et en retirer à ceux qu’il n’aime pas : le scrutin pondéré.

      Venez voter par ici : http://elire.free.fr/voter.php


    • mj357 (---.---.227.99) 19 mars 2007 12:29

      Merci pour votre article.

      Effectivement le vieil adage keynesien explicant qu’augmenter les salaires c’est augmenter la croissance est faux, et démontré depuis plus de 30 ans. Vous ne créez aucune augmentation du pouvoir d’achat. En réalité pour rattraper la perte de productivité de l’entreprise du fait de l’augmentation de la masse salariale, celle ci augmente ses prix. Ce qui entraine donc inflation + perte de compétitivité de la dite entreprise dans son secteur d’activité. L’entreprise perd des parts de marché est licencie. Résultat Déclin + Inflation = stagflation. Donc perte de ressources de l’état car moins de croissance = moins d’impôts collectés donc creusement du déficit puisque quoi qu’il arrive le fonctionnaire est au chaud puisque non licenciable.

      Je vous recommande à tous le roman de JAFFRE : le jour où la France a fait faillite. L’action se passe en 2012, suite à cinq ans de segolénite, le déficit est si grand que les agences de notations financières dégradent la note de solvabilité de la france au niveau de celle du tiers-monde. La France ne trouvant plus de créanciers pour refinancer sa dette, perd 40 % de PIB en 3 ans et est mis sous tutelle de l’Europe et du FMI.

      Le roman est très pédagogique et explique très bien comment même la 7ième puissance mondiale peut exploser du jour au lendemain si l’on suit les recommandations socialistes.


      • Rubin Sfadj (---.---.187.25) 19 mars 2007 12:33

        Pour répondre une dernière fois à tub :

        Il convient, à mon sens du moins, de distinguer entre le programme écrit de gouvernement soumis par le ou la candidat(e) (ici, le Pacte) et les différentes déclarations faites devant la presse ou pendant les meetings.

        En outre, la question n’est pas de savoir si Ségolène Royal promet des baisses d’impôt ou de charges en général (je ne doute pas une seconde qu’elle ait pensé à le faire). La question est plutôt de savoir, comme vous le disiez, si l’augmentation du SMIC (si toutefois elle est effectuée, la promesse restant vague) sera précisément compensée par de telles baisses.

        mj357 : tout à fait d’accord avec vous sur la stagflation. On y va tout droit.


      • mj357 (---.---.227.99) 19 mars 2007 13:41

        « Je veux réconcilier les Français avec l’entreprise pour sortir la France des déficits et accomplir des progrès sociaux dont nous avons besoin », « Je veux aussi que l’école et l’entreprise se rapprochent. » ....

        Comment la croire quand elle reproche à TOTAL de faire « trop » de bénéfices. Outre le fait que cela ne veut rien dire, cela traduit bien les idéaux socialistes complétement déconnectés de la réalité.


      • Rubin Sfadj (---.---.187.25) 19 mars 2007 14:09

        Économie florissante ou pas, la situation des États-Unis en matière d’emploi me semble tout à fait enviable. Dans ce contexte précis et sans généralités sur l’économie américaine, je considère que la priorité en France devrait porter sur le retour au plein emploi plutôt que sur l’augmentation du pouvoir d’achat de ceux qui sont déjà employés.


      • tub (---.---.214.184) 19 mars 2007 12:37

        Vous dites :« une vraie politique économique et sociale de gauche devrait reconnaître comme priorité immédiate et absolue la création d’emplois nouveaux, avant de chercher à améliorer la situation de ceux qui sont déjà titulaires d’une position permanente ? » en evoquant un consensus d’expert sur l’inutilité d’augmenter les bas salaires.

        Pourtant, Edmund Phelps, Prix Nobel d’économie en 2006, explique dans le monde du 24.02.07 que l’augmentation des bas salaires couplé a des incitations fiscales : « Cette dernière solution me paraît être la meilleure, car elle incite à embaucher et conduit donc à augmenter les taux d’emploi. »

        IL n’y a donc pas de consensus des economistes, comme vous semblez le croire.

        Et la solution choisi par Mme Royal, augmentation des bas salaires + incitations fiscales peut etre une bonne solution.

        Ensuite, certains economistes, dont encore Edmund Phelps (je le site parce qu’on trouve facilement certain de ses interviews sur le web, mais j’invite tout le monde a se faire sois même une idée des opinions extremement diverses des economistes), considèrent que la meilleure facon de créer de la croissance et de l’emploi, c’est d’investir dans la recherche et l’éducation, ce qui est aussi une ambition affichée de Mme Royal.

        Enfin, s’il est certain qu’une partie de la gauche et du PS diabolise de facon sectaire l’entreprise, il est faux de considérer que Mme Royale participe à cette diabolisation. Ecoutez la pour vous en convaincre :« Je veux réconcilier les Français avec l’entreprise pour sortir la France des déficits et accomplir des progrès sociaux dont nous avons besoin », « Je veux aussi que l’école et l’entreprise se rapprochent. » ....

        Je vous invite donc à mieux vous renseigner sur son projet avant de le juger.


        • (---.---.70.197) 19 mars 2007 13:06

          @l’auteur « En premier lieu, il convient de noter que les situations américaine et française sont incomparables parce que diamétralement opposées : les Etats-Unis connaissent une période de quasi plein emploi, quand la France traîne comme un boulet un taux de chômage de 10 % depuis plus de vingt ans... »

          je pense pas que prendre les usa comme exemple d’une économie fleurissante soit pertinent .

          http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=17143


          • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 19 mars 2007 15:26

            Vous avez raison sur le principe, mais votre examen de projet de SR est tout à fait partial : celle-ci n’a jamais garanti la pouvoir d’achat pour tous mais pour ceux dont ce pouvoir est trop faible et ne peut descendre sans mettre en cause leur capacité même de travailler (c’est du reste un vieux débat au sein du libéralisme). La question du SMIC (qui a aussi était introduit en Angleterre) et aussi une question qui concerne le fonctionnement libéral de l’économie : des salariée pauvres que l’on voit se multiplier compromettent la paix civile et la consommation et donc le fonctionnement de l’économie libérale (sans même parler de justice sociale et de la trappe du chômage !.)

            En fait la question est de savoir si la misère est tolérable dans les pays riches, sans risque d’explosion du système démocratique. L’exemple des USA que vous citez va tout à fait dans le sens d’une réponse négative ! Aucun homme politique ne pourrait être élu ou réélu en démocratie sur un programme qui programmerait la misère et l’extrême précarité permanentes ou croissantes.

            Il y a bien une tension entre l’économie capitaliste de profit et la démocratie ; cette tension est nécessaire au progrès économique et social qui ne peuvent et ne doivent pas être opposés (c’est le fond du discours de SR si vous le lisez en entier et non pas petit bouts comme vous le faites, ce qui le prive de son sens), mais c’est aux hommes politiques de la réguler au mieux pour éviter la guerre civile permanente de tous contre tous (et aux état-unis cette guerre comme vous le savez est latente, voire parfois explosive (criminalité révoltes, bandes criminelles, économie parallèle etc.. !)

            Il faut réinsérer l’économie dans le politique pour justifier le SMIC et le maintien, au minimum, du pouvoir d’achat pour les plus pauvres, sinon c’est la dictature de droite ou soi-disant de gauche qui renversera la démocratie. Après tout les contraintes financières et techniques s’imposent aux entreprises (quitte à les aménager en fonction de leur situation, ce que propose aussi SR qui prend bien soin de distinguer les grosses qui font des sur-profits et les PME), on ne voit pas comment, sauf à supprimer la démocratie, elles pourraient échapper à la contrainte politique de la paix civile.


            • Milla 20 mars 2007 20:03

              @ Sylvain Reboul

              « Il faut réinsérer l’économie dans le politique pour justifier le SMIC et le maintien, au minimum, du pouvoir d’achat pour les plus pauvres »

              augmentation des salaires et smic n’auront pour conséquences que l’augmentation du niveau de vie, ce que nous connaissons depuis des décennies...non ?

              Pour le commentaire supra, TOTAL n’est pas une PME ni une PMI mais une multinationale faire la différence... !


            • Rubin Sfadj (---.---.187.25) 19 mars 2007 15:41

              Je ne suis absolument pas contre le principe d’un salaire minimum, bien au contraire. Je partage tout-à-fait votre analyse sur la nécessité de son existence.

              Ce que je conteste en revanche, c’est son utilisation comme symbole indépassable du progrès social. Au risque de me répéter, permettez-moi de dire à nouveau qu’à mon sens, le premier défi social, c’est l’emploi.

              L’emploi, c’est le premier remède contre la misère. Il me semble que les RMIstes ont un pouvoir d’achat plus faible encore que les smicards.

              Une fois que nous aurons divisé notre taux de chômage par deux (si toutefois nous y parvenons), il sera temps de réfléchir aux modalités et à l’ampleur d’une augmentation significative du SMIC. D’autant qu’arriver à 1.500 euros en cinq ans, cela n’a rien de significatif.

              Pour ce qui est de la « guerre civile permanente », il me semble que les épisodes récents de la « crise des banlieues » et des violences antisémites devraient faire réfléchir les donneurs de leçon que nous sommes trop souvent.


              • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 19 mars 2007 16:20

                Je ne donne aucune leçon aux USA ; je ne faisais que reprendre votre exemple que vous sembliez trouver unilatéralement positif, par rapport à celui de la France ;( en oubliant le fait que plus de 35 millions d’américains n’ont aucune couverture maladie !).

                Mais je suis tout à fait d’accord pour dire que le problème des banlieues est très grave, qu’il ne peut durer et que cela justifie un traitement social et politique de la situation ; ce qui coûtera aux contribuables et aussi entreprises (et donc aux consommateurs). C’est du reste pourquoi SR insiste au moins sur le maintien du pouvoir d’achat des plus modestes (et en effet cela est modeste), sans oublier les petites retraites. On ne peut opposer l’emploi au SMIC, ou justifier, pour avoir des emplois, l’existence de travailleurs pauvres qui ont de mal à se loger, ce qui est la cas.

                La France est au bord de l’explosion sociale, elle le sait, c’est pourquoi son programme est, contrairement à ce que vous dites, équilibré ; tout à la fois en faveur des entreprises qui embauchent et innovent et des salariés les plus pauvres. C’est du reste ce qui inquiète certains électeurs plus privilégiés qui se croient encore de gauche, mais qui croient pouvoir se réfugier derrière le non programme social de FB (au nom de ce dogme absurde y compris pour un conservateur américain ou japonais de l’interdiction annuelle constitutionnelle de tout déficit public de fonctionnement, comme si, en matière de service public, on pouvait distinguer facilement dépenses de fonctionnement et dépenses d’investissement ) pour maintenir leur « distance » sociale..

                « L’économie idiot ! » avait dit B .Clinton ; mais cela voulait dire aussi : la politique macro-économique en faveur des plus pauvres. Il avait raison.


              • tub (---.---.214.184) 19 mars 2007 17:49

                « Ce que je conteste en revanche, c’est son utilisation comme symbole indépassable du progrès social »

                bien evidemment !!! Mais vos propos refletent une vision relativement caricaturale du projet de Mme Royal.

                Vous faites comme si on n’avais le choix qu’entre maintenir un pouvoir d’achat pour les plus modestes ou l’emploi. Hors il est évident qu’il faut mener la lutte sur les deux fronts : bien evidemment engager les réformes qui permettront de relancer la croissance et creer de l’emploi, mais aussi assurer une meilleure redistribtion des richesses.

                On peut ne pas etre d’accord avec les propositions que la gauche émet, mais on ne peut pas considérer que puisque la gauche veut augmenter le smic, c’est qu’elle ne veut rien faire pour l’emploi...


              • Nathanael (---.---.252.201) 19 mars 2007 17:27

                Comme le souligne Rubin, 1500 euros à fin 2012, ça sera le montant du SMIC avec les augmentations annuelles quasi habituelles (entre 2 et 3 %)

                c’est 1500 euros BRUTS, faut arrêter de réver aussi smiley

                Donc en fait c’est un bel argument démago, surfant sur la naîveté des gens....


                • L’Epicier déblogue (---.---.127.204) 19 mars 2007 19:56

                  Parfois je me demande si nos candidats ont vraiment analysé la situation économique !

                  Qu’il s’agisse de garantir le pouvoir d’achat ou de pouvoir travailler plus pour gagner plus, le problème reste de savoir à quoi va servir « l’éventuel » surplus d’argent ainsi dégagé : rembourser les dettes du ménage ? Acheter des biens manufacturés à l’étranger ? Dans les deux cas on ne produit pas plus d’emplois dans notre pays...

                  Que ce soit pour alimenter la sphère financière ou pour entretenir l’industrie exploiteuse des pays à bas coût, les mesures de nos hommes politiques n’arrangeront pas nos problèmes domestiques.

                  Une mesure courageuse serait plutôt de sur-taxer les entreprises qui investissent leurs profits ailleurs que dans l’outil de travail, dans les salaires ou dans la recherche. Un autre combat serait de lutter avec nos voisins européens contre le système qui permet tout à fait légalement à nos grandes entreprises de loger leurs profits dans des paradis fiscaux.

                  Mais là il leur faut plus de courage que de démagogie.


                  • Calmos (---.---.147.80) 20 mars 2007 10:53

                    Mr l’épicier

                    Un candidat a « vraiment analysé » la situation : il s’appele Le Pen.

                    Et plus j’y pense...


                  • BAERTJC (---.---.0.96) 20 mars 2007 07:55

                    Vous posez la bonne question lorsque vous dites : Cherche-t-on à noyer l’électorat dans une soupe idéologique d’un autre âge plutôt que de lui expliquer les vrais défis du XXIe siècle ? Depuis plus de 50 ans notre système éducatif (il n’y a pas que lui)est aux mains des socialos,trotskistes,communistes et autres nostalgiques du goulag. Alors naturellement les sinistrès intellectuels précoces qui sortent de cette « éducation »sont de plus en plus nombreux.le bon docteur De Robien en est même arrivé à admettre qu’il fallait remmettre à l’ordre du jour de l’enseignement : apprendre à lire, compter et écrire. Tout est dit. Les politiques s’adressent donc à des surendettés du cervelet qui ne savent pas faire la difference entre dette et déficit, entre €uro courant et €uro constant, entre coût direct et coût complet, entre un homme....et une femme..... et qui se laissent bercer par les utopies de l’égalité des chances,du zéro défaut et par le parler creux pour ne rien dire des vedettes du politic show à la française. La soupe est servie et il y en aura pour tout le monde !


                    • Elric72 (---.---.186.250) 23 mars 2007 16:42

                      Il est consternant d’entendre les politiques... « La seule solution contre la Mondialisation est la formation de nos citoyens »... « Il faut augmenter le SMIC pour combattre la Mondialisation ».

                      Ces deux actions, Formation et SMIC, s’ annulent !!!

                      La seule solution : Il faut baiser le SMIC et donner les moyens au SMICards d’évoluer par la formation. Les SMICards devraient avoir 1 jour par semaine ou 1 semaine par mois pour suivre une formation pour évoluer.

                      « Le plus grave n’est pas d’être SMICard : mais de le rester à vie !!! »

                      Les RMIStes sont un autres prôbleme : il devraient être 6 jours sur 7 en formation pour devenir SMICard...


                      • Rubin Sfadj Rubin Sfadj 23 mars 2007 16:45

                        « La seule solution : Il faut baiser le SMIC »

                        J’espère que vous vouliez dire : « baisser » smiley


                      • Elric72 (---.---.186.250) 23 mars 2007 16:47

                        Ooops !

                        Oui : La seule solution : Il faut BAISSER le SMIC et donner les moyens au SMICards d’évoluer par la formation. Les SMICards devraient avoir 1 jour par semaine ou 1 semaine par mois pour suivre une formation pour évoluer.


                      • Vincent Benard Vincent Benard 29 mars 2007 22:34

                        Article très intéressant !

                        Pour comprendre pourquoi l’augmentation du SMIC ne peut en aucun cas augmenter durablement le pouvoir d’achat des plus défavorisés, étudions une proposition alternative présentée par Greg Mankiw, un des meilleurs économistes blogueur qui soit, que je résume :

                        "Imaginez la proposition de loi suivante visant à augmenter le revenu disponible des travailleurs les moins qualifiés :

                        1.Une subvention additionnelle aux bas salaires que touchent les employés peu qualifiés, financée par... 2.... Une taxe sur la masse salariale des employeurs qui embauchent des travailleurs peu qualifiés.

                        Vous objecteriez sûrement, car vous avez du bon sens, que :

                        cette proposition est stupide : en effet, une taxe sur l’embauche des travailleurs peu qualifiés décourage cette embauche, et par conséquent il y aurait très peu de travailleurs qui bénéficieraient de la subvention ! Il vaudrait mieux financer cette solvabilisation des bas salaires par une taxe prélevée sur une assiette plus générale que la masse salariale des entreprises employeuses de main d’oeuvre peu qualifiée".

                        Vous avez compris ou Greg Mankiw veut en venir :

                        « la proposition de loi ainsi énoncée paraît stupide, pourtant, elle est mise en oeuvre de façon quasi-similaire par des hausses arbitraires du salaire minimal, qui elles, paraissent sensées aux yeux de leurs promoteurs ».

                        L’enfer est pavé de bonnes intentions : La hausse par la loi des bas salaires exclut du salariat les moins qualifiés, et ne permet pas à ces personnes de bénéficier de la « subvention aux bas revenus » que constitue ce SMIC arbitrairement élevé. En outre, en leur interdisant l’accès à l’emploi, elle leur interdit d’améliorer leurs qualifications et donc d’espérer s’élever socialement. La hausse du SMIC n’est donc clairement pas une bonne façon d’aborder la question du pouvoir d’achat des plus démunis.

                        Un dispositif de type impôt négatif permettant une redistribution fiscale directe de revenu vers les moins qualifiés, dégressif de façon à éviter tout effet de seuil, parait un bien meilleur moyen (quoique pas exempt de défauts lui aussi, mais la perfection n’est pas de ce monde) d’augmenter « socialement » le pouvoir d’achat des moins bien lotis, qu’un salaire minimal arbitrairement fixé à des niveaux trop proches du salaire médian, et qui les exclut du marché de l’emploi.


                        • Rubin Sfadj Rubin Sfadj 29 mars 2007 23:47

                          Tout à fait d’accord avec vous. Greg Mankiw n’est pas seulement un des meilleurs économistes blogueurs — il est l’un des meilleurs économistes en activité, point.

                          On ne décroche pas une chaire d’économie à Harvard comme ça !

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