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Accueil du site > Actualités > Politique > La prostituée, le client et le droit

La prostituée, le client et le droit

Beaucoup a déjà été dit sur la proposition de loi renforçant la lutte contre "le système prostitutionnel" qui prévoit, en son article 16, "l'interdiction d'achat d'acte sexuel" autrement dit la pénalisation du client. Le projet sera discuté à l'Assemblée nationale en séance publique à partir du 27 novembre.

Au regard de cette initiative, la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme et de la Cour de justice de l'Union européenne pourrait utilement éclairer le législateur français.

Dans l'affaire Dudgeon contre Royaume-Uni (22 octobre 1981), la Cour de Strasbourg était saisie d'une requête contre le Royaume-Uni et l'Irlande du Nord, qui pénalisaient certains rapports sexuels entre adultes consentants. A cette époque, des lois y punissaient encore la "Buggery", définie comme une pratique de sodomie entre un homme et un autre, ou une femme...

La Cour s'attache à apprécier la nécessité, dans une société démocratique, d'une telle mesure : quel est le besoin social impérieux d'incriminer ces actes ? Elle considère que les motifs avancés par le gouvernement britannique ne suffisent pas, à justifier le maintient de la prohibition pénale de rapports homosexuels auxquels se livreraient en privé des hommes adultes capables d’y consentir. En particulier, "ni les attitudes morales envers l’homosexualité masculine en Irlande du Nord ni la crainte qu’une atténuation de ces règles n’aboutisse à miner les valeurs morales existantes ne permettent en soi une ingérence si étendue dans la vie privée." La Cour conclut à une violation de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.

Un autre arrêt, plus récent (affaire A.D.T contre Royaume-Uni, 31 octobre 2000) permet de vérifier la continuité de cette jurisprudence. Le requérant avait été arrêté et conduit au commissariat local, où il reconnut que certaines cassettes vidéo saisies lors de la perquisition comportaient des séquences le représentant, lui et jusqu’à quatre hommes adultes, se livrant à des actes sexuels à son domicile. Il fut reconnu coupable d’attentat aux mœurs. La Cour relève "que les activités en cause revêtaient un caractère purement privé". Constatant "qu'il n'existait aucun besoin social impérieux de nature à justifier les poursuites", elle conclut également une violation de la convention.

Certes, la liberté sexuelle peut être limitée par le droit, mais dans des situations extrêmes. C'est ce que permet de comprendre l'arrêt K.A et A.D contre Belgique (17 février 2005). La décision réaffirme que le droit d’entretenir des relations sexuelles "découle du droit de disposer de son corps, partie intégrante de la notion d’autonomie personnelle, laquelle notion peut s’entendre au sens du droit d’opérer des choix concernant son propre corps. Il en résulte que le droit pénal ne peut, en principe, intervenir dans le domaine des pratiques sexuelles consenties qui relèvent du libre arbitre des individus". Il faut dès lors qu’il existe des raisons particulièrement graves pour que soit justifiée une ingérence des pouvoirs publics dans le domaine de la sexualité. C'était le cas dans cette affaire de pratiques sado-masochistes. Les acteurs s'étaient engagés à arrêter les sévices au signal de la "victime", qui signifiait ainsi qu'elle n'y consentait plus. Or dans ce dossier, l'engagement n'avait pas été respecté, et des sévices avaient été infligés à une personne qui n'était plus consentante. C'est donc bien l'absence de consentement qui constitue la limite de la liberté sexuelle.

S'agissant de la prostitution, la Cour s'est prononcée dans un arrêt Tremblay contre France (11 septembre 2007). Une ancienne prostituée se plaignait de l’obligation de payer des cotisations d’allocations familiales, qui, selon elle, la contraignait à continuer de se prostituer. La Cour juge qu'il n'y a pas violation de la Convention. Mais l'arrêt rappelle aussi "qu'il est manifeste qu'il n'y a pas de consensus européen quant à la qualification de la prostitution en elle-même au regard de l'article 3" (qui prohibe les actes inhumains ou dégradants). C'est en revanche avec la plus grande fermeté que la Cour souligne "qu'elle juge la prostitution incompatible avec les droits et la dignité de la personne humaine dès lors qu'elle est contrainte". L'arrêt fait ainsi une claire distinction, que certains récusent aujourd'hui, entre la prostitution contrainte et les autres pratiques en ce domaine.

Par ailleurs, la Cour de justice de l'Union européenne a jugé que l'activité de prostitution, exercée en tant qu'indépendant, peut être considérée comme étant un service fourni contre rémunération et relève, par conséquent, des notions d’activité économique indépendante ou d’activité non salariée. (Aldona Malgorzata Jany e.a., 20 novembre 2001, C-268/99). Le droit de l'Union européenne, à travers cette décision, reconnaît implicitement la distinction entre la prostitution forcée et la prostitution libre, la première devant être combattue, la deuxième encadrée et réglementée.

Enfin, il faut rappeler quelques principes de droit interne. Le préambule de la Constitution de la cinquième République fait référence à la Déclaration des droits de 1789. Or l'article 8 de la prévoit que la loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires.

De même, l'article 4 de la Déclaration des droits rappelle que la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : « La liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ; ainsi l’exercice naturel des droits de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. »

Il résulte de cette jurisprudence et de ces principes que le consentement doit être le critère de légalité en matière sexuelle. C'est à dire qu'un acte librement consenti, s’il est dépourvu de conséquences négatives pour autrui, doit rester en dehors de la sanction pénale. L’Etat doit protéger les valeurs essentielles, non prendre parti dans ce qui relève de la morale individuelle. Et, comme le rappelait Montesquieu, le législateur doit prendre garde à ne pas adopter des lois inutiles, qui affaiblissent les lois nécessaires.


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77 réactions à cet article    


  • TicTac TicTac 22 novembre 2013 09:36

    Jacques Isorni a dit :

    « Le recrutement des hommes qui ont choisi le métier de juger fait qu’ils sont en général honnêtes, timides et dociles. Il les faudrait audacieux et révoltés. Mais s’ils étaient audacieux et révoltés, ils n’entreraient pas dans la magistrature. (...) Aucune loi ne donne de l’indépendance à une nature qui s’incline, aucun règlement ne durcit une colonne vertébrale prête à se courber, aucune circulaire n’ouvre des yeux qui désirent rester clos. (...) Il faudrait une réforme telle que ce serait d’autres personnes qui ambitionneraient de devenir magistrats, une réforme qui ferait que ceux qui revendiquent la mission de juger ne soient plus des citoyens à la recherche d’une vie tranquille et d’une retraite décente. Il n’en est qu’une : assurer aux juges une totale liberté, c’est-à-dire une totale indépendance. Il faut savoir donner aux juges le goût de l’aventure. La liberté est une aventure. »

    Je me réjouis de voir que des Magistrats comme vous prennent parti et exposent publiquement leurs opinions.
    Votre article est une réussite. Merci (et c’est un avocat qui vous le dit !)

    • T.REX T.REX 22 novembre 2013 16:09

      Le problème c’est que la majeure partie de la prostitution est contrainte et qu’il est impossible de le prouver ! 


    • T.REX T.REX 23 novembre 2013 12:15

      MERCI Petitcoucou de ce reportage sur l’affaire popaul en ski ! Effectivement on constate que les magistrats ne sont pas des bonnes soeurs et « peut-être » comme celui qui écrit cet article, protège avant tout son point de vu et ses intérêts particuliers !


    • T.REX T.REX 23 novembre 2013 20:34

      Les nombreux défenseurs du droit à se prostituer, non seulement ne connaissent souvent rien à la condition des prostituées mais en plus s’en contrefoutent si j’ose dire !! Ils n’ont aucune considération pour ces femmes qui selon eux sont vénales et n’ont aucune moralité puisqu’ après tout ce sont des putes et donc pas des femmes comme les autres ! Juste des salopes vénales ! ! 

      Les défenseurs du droit à la prostitution parlent de « liberté » alors que c’est la plupart du temps d’ esclavage dont il s’agit !! La marchandisation du corps devrait être interdite !


    • T.REX T.REX 24 novembre 2013 11:01

      La vente d’organe est interdite en France pour des question évidentes d’éthique, la marchandisation de l’ensemble du corps ou de ses composants sont donnés à la science et médecine et non vendus, même les fluides tels sang et sperme ne peuvent faire l’objet d’un commerce et c’est dans cet esprit que le prêt de ses organes génitaux (même dans un but humaniste qui reste à prouver) n’est pas davantage acceptable. le sexe comme l’amour cela doit s’offrir généreusement et non se vendre !!

      Par ailleurs, ceux nombreux qui prônent la réouverture des maisons closes pour soi disant améliorer les conditions d’exercice de ce « commerce » ne se rendent pas compte que c’est le meilleur moyen d’oublier ces femmes en esclavage car elles deviendront invisibles et c’est la porte ouverte à tous les abus ! Le problème semblera réglé puisque dans leur prison dorée elle ne dérangeront plus l’ordre public. Une ancienne prostituée devenue Ministre ne les a pas fermées pour rien ! Même si ces Maisons closes, où les belles déclosent leurs robes, avaient pignon sur rue (et pognon sur rut) et faisaient l’objet régulier de contrôles sanitaires et autres... rien ne serait plus facile d’y cacher dans une cave, un grenier, une chambre dérobée (et sans robe) ou un cul de basse fosse (ou de haute volée) du genre oubliettes, quelques mineures kidnappées et contraintes à subir tous les outrages de nos concitoyens les plus aisées ou portés sur la zézette !


    • Attilax Attilax 24 novembre 2013 22:42

      Globalement d’accord avec vous, T-REX, mais aucune société n’a réussi à se débarrasser de la prostitution. Même dans les sociétés les plus pudibondes, on peut trouver du plaisir pour de l’argent. C’est immonde, certes, mais c’est ainsi, et interdire ne changera rien. La misère sexuelle peut pousser aux pires extrémités...
      Il me semble que la méthode hollandaise (le pays) est encore la moins mauvaise : instaurer un statut légal de « travailleur du sexe », chapoté par l’état, avec tous les droits qui vont avec (sécu, etc...). Ainsi, en faisant de l’état le seul proxénète, on l’oblige à assumer ce rôle jusqu’au bout, y compris niveau protection sociale des travailleurs en question. Car je vous rappelle qu’aujourd’hui, l’état français impose les prostituées sans leur accorder aucun statut ni droits communs en échange, et ça aussi, c’est bien dégueulasse.
      On ne peut pas interdire la prostitution, mais on peut l’encadrer et l’intégrer socialement, je pense.
      Je précise que je n’ai jamais été client et ne suis pas tenté smiley


    • Gnaffron 25 novembre 2013 12:50

      «  le sexe comme l’amour cela doit s’offrir généreusement et non se vendre !! »


      « (...) on peut trouver du plaisir pour de l’argent. C’est immonde »

      Que voilà de belles et grandes déclarations de principe ! C’est généreux, beau et pourtant c’est encore l’expression d’une morale étriquée toujours incapable d’admettre ce principe républicain fondamental : le droit de disposer librement de son corps. Au risque de vous surprendre, cela inclut le droit de vendre ses faveurs.

      @ T.REX

      Il vous faudra bien à un moment décider d’argumenter contre la prostitution ou contre l’esclavage. A force de mélanger les deux vous devenez inaudible. Et votre soit-disant démonstration que la légalisation de la prostitution favoriserait l’esclavage (dernier paragraphe de votre logorrhée) relève du phantasme le plus grotesque. Ou lors expliquez-moi ce que l’interdiction apporterait dans la lutte de telle cas qui sont, au cas où cela vous aurait échappé, déjà très lourdement sanctionnés.

    • Robert GIL ROBERT GIL 22 novembre 2013 09:49

      la prostitution, des questions et des solutions qui tournent en bouclent...la solution idéale existe-t-elle ?

      voir : PROSTITUTION : ALORS, ON FAIT QUOI ?


      • TicTac TicTac 22 novembre 2013 09:58

        Il ne peut pas exister de solution idéale, particulièrement en ce domaine.

        Quelles que soient les idées sur la question, il faut se garder de légiférer par opinion.
        L’article le rappelle assez bien.
        La loi doit être une orientation, pas une contrainte.
        Elle ne peut s’immiscer dans la sphère privée, pas plus qu’elle ne devrait réglementer la sexualité, fut-elle tarifée.
        Pour ma part, je suis partisan d’une protection des hommes et femmes ayant choisi cette activité.
        Choisir de frapper le client, c’est une autre manière de considérer le ou la prostitué(e) comme un citoyen de seconde zone qui se serait fourvoyé.

      • Kelimp 22 novembre 2013 11:51

        Il n’y a pas de solutions idéales. La société doit continuer à lutter contre la prostitution forcée ou contrainte et laisser libres ceux et celles qui souhaitent faire commerce de leur corps.
        Ce plus vieux métier du monde doit être encadré par souci de prophylaxie, d’intégration à la vie sociale, mais ni condamné ni interdit.
        Cela ne servirait à rien.


      • pergolese 22 novembre 2013 09:54

        Je suis presque certain que ce texte ne passera pas...

        Et pas seulement pour les raisons liées à cette proposition qui est stupide et juridiquement problématique (pratiquement aussi...).

        Le Gouvernement actuel serait quand même inspiré de ne plus se lancer, dans les temps qui courent, dans des « réformes sociétales » particulièrement controversées étrangères aux préoccupations des gens. Cela ne fera que potentialiser l’hostilité qui se manifeste à son égard.


        • eric 22 novembre 2013 11:28

          Je pense au contraire que ce texte passera. Ils sont têtu et autistes. Il ne sera guère applique :
          Pour les couloirs d’autobus, au début les flics ne verbalisaient pas car l’amende leur apparaissait trop élevée par rapport a leurs propres salaires. Il est plus difficile de réaliser un flagrant délit probant que pour un couloir d’autobus. Il sera retoque au premier client qui aura le courage de s’adresser a l’Europe.
          Alors, ils chercheront autre chose pour arriver au même résultat par d’autre voies ou a d’autres échéances. La question n’est en effet pas liée a la prostitution, mais a l’approche religieuse prométhéenne de l’homme qui est celle du socialisme scolaire. Il y a une question, une bonne réponse connue parle prof. Pas d’incertitude, pas de tragique, pas d’irrationnel, pas d’a peu prêt.
          Pas d’humain....


        • Irina leroyer Irina leroyer 24 novembre 2013 23:23

          je suis d’accord avec vous cher ami, ce texte passera alors que c’est grotesque



        • oncle archibald 22 novembre 2013 10:43

          Le problème est exposé avec une grande clarté, j’apprends avec plaisir que de temps à autre l’Europe sert à quelque chose, et le rappel à Montesquieu est salutaire. J’applaudis des deux mains à cet article qui est en outre un « rappel au bon sens ». 

          Massacrons les souteneurs et foutons la paix aux femmes qui décident librement de vivre de ce commerce particulier, sans oublier que le recours a une prostituée est parfois une soupape absolument nécessaire pour certains clients, ce qui finalement rend service à toute la société.

          • fredvd 22 novembre 2013 11:26

            "sans oublier que le recours a une prostituée est parfois une soupape absolument nécessaire pour certains clients, ce qui finalement rend service à toute la société.« 
            Je trouve que de toute les raisons pour lesquels on ne doit pas instaurer une prohibition de la prostitution, celle là est la plus mauvaises. C’est considéré les prostituées comme de la chair à canon qui doit servir de rempart aux attaques des obsédés afin de protéger les autres femmes...
            Je ne pense pas qu’une prohibition de la prostitution va résoudre le problème, mais une légalisation avec statut de travailleur n’en est pas une solution non plus. La prostitution n’est pas un travail, n’est pas une situation normal.
            Il n’y a pas de solution idéale. L’Allemagne et les Pays-bas ont légalisé avec statut de »travailleuse« pour un résultat non probant.La plus part des prostituées n’ont pas pris ce statut par choix ou par peur ???. Les organismes qui ont pris le nom de syndicats ne sont que des façades certains étant dirigé par des proxénètes. Ces organismes n’offre aucune alternative aux prostitués qui veulent en sortir. Ils leur apprennent juste à être de »meilleures prostituées « pour rendre leur situations moins pénible.
            Les pays scandinaves ont pénalisé les »clients" . La prostitutions à certes diminué, mais n’est elle pas tout simplement retournée dans la clandestinité. Aucun chiffre n’est disponible...

            Le Libéralisme n’aime pas les victimes, c’est une insulte. Il n’admet pas que certaines personnes n’aient pas le choix. Tout le monde fait ses choix sans contrainte. Dans un monde idéale peut-être...


          • oncle archibald 22 novembre 2013 11:54

            Mais je ne pensais pas du tout à des obsédés, mais à des personnes qui pour mille et une raison ne trouvent pas de compagne ou ne souhaitent pas de relation amoureuse, et qui ont néanmoins envie sinon besoin de copuler. Ils ont avec une prostituée une relation simple, facile, sans conséquence aucune. 


          • LE CHAT LE CHAT 22 novembre 2013 11:12

            La gauche bienpensante commence vraiment à faire chier à tout vouloir régenter au nom de sa morale !
            c’est le proxénétisme auquel il faut s’attaquer , et pas au plus vieux métier du monde !
            les politiques qui se comportent en véritables prostituées des lobbies , on fait quoi pour eux alors ?????


            • Fergus Fergus 22 novembre 2013 13:29

              Salut, Le Chat.

              D’accord avec toi, encore que ce ne soit pas la gauche bien-pensante qui soit en cause, mais un pan de la population qui transcende les partis politiques. Je note d’ailleurs que des élus de gauche sont vent debout contre ce projet tandis qu’il est soutenu par des élus de droite.

              Bonne journée.


            • psynom 22 novembre 2013 14:29

              en 2011, c’était Roseline Bachelot qui défendait cette loi. Sauf, qu’elle demandait ’’l’abolition de la prostitution’’. Aujourd’hui, le PS veut ’’lutter contre le système prostitutionnel’’. C’est juste la sémantique qui change.


            • dixneuf 22 novembre 2013 11:46

              « l’interdiction d’achat d’acte sexuel »

              A ma connaissance, ce serait le seul « produit » ou « prestation » dont la vente serait autorisée et l’achat interdit !!!
              On pourrait décréter la même chose pour le cannabis.

              • Gnaffron 25 novembre 2013 11:49

                Il y a aussi les « détecteurs de radar » sur les routes qui sont dans cette situation (vente autorisée, achat interdit). Il y a je crois quelques autres exemples, dont je ne me rappelle plus. Bref, c’est un cas rare (et absurde), mais pas inédit.


              • Fergus Fergus 22 novembre 2013 13:26

                Bonjour, Eric.

                Entièrement d’accord avec votre article et notamment avec sa conclusion qui résumé parfaitement ce que je pense de cette question. Ajoutons à cela - et ce point, s’il n’est juridique, n’en est pas important - que la pénalisation du client contraindrait de facto les prostitué(e)s à une activité encore plus clandestine et par conséquent encore plus dangereuse. Ce projet gouvernemental est une aberration !


                • psynom 22 novembre 2013 14:51

                  Bonjour Fergus,
                  La proposition de loi abroge, par ailleurs, le délit de racolage public qui sanctionne les personnes prostituées, «  qu’il convient de protéger plutôt que d’interpeller »

                  Certes très bonne chose, sauf que l’arrestation des racoleuses permet à la police de les questionner, enquêter (traçabilité bancaire...) perquisitionner... surveiller... Et permet, ainsi, de s’informer sur les réseaux de proxénétismes, d’établir des statistiques utiles... d’aider les filles...

                  Avec la loi, les flics passeront leur temps à la chasse au client (1500€ ! Clinc ! Dans les caisses de l’état !) et non plus à la chasse aux proxénètes.


                • T.REX T.REX 24 novembre 2013 11:09

                  C’est une grave erreur de supprimer le délit de racolage !! Il faut cesser de défendre les délinquants en leur permettant d’exercer leur commerce et de punir le client ! c’est scandaleux ! Il faut interdire tout bonnement et simplement la prostitution ! Comme pour la drogue, le client et le vendeur sont coupables, sauf qu’en l’occurrence (au cul rance ?) il s’agit d’un délit de lit ! smiley


                • Gnaffron 25 novembre 2013 11:42

                  @T.REX


                  Le masque se fissure. Voilà donc que la prostituée, victime impuissante d’odieux proxénètes sans scrupule, devient en quelques mots une délinquante à punir. Ce n’est donc pas pour protéger qui que ce soit que vous soutenez ce texte, mais bien car la prostitution c’est mal.

                  Que d’hypocrisie, que de bons sentiments dévoyés pour faire passer les règles de votre morale étroite. Et tant pis si les prostituées en souffriront. On ne va pas pleurer sur le sort de ces « délinquantes ».

                • psynom 22 novembre 2013 14:14

                  « Art. 225-12-1. – Le fait de solliciter, d’accepter ou d’obtenir des relations de nature sexuelle d’une personne qui se livre à la prostitution, y compris de façon occasionnelle, en échange d’une rémunération, d’une promesse de rémunération, de l’utilisation d’un bien immobilier, de l’acquisition ou de l’utilisation d’un bien mobilier, ou de la promesse d’un tel avantage, est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe. »

                  Si l’on enlève " d’une personne qui se livre à la prostitution" ce ne serait pas la définition du mariage, là ? Le législateur s’est senti obligé de bien faire la distinction.

                  Ils ont oublié de rajouter « en échange de toute autre faveur » accordée par une personne représentant une autorité quelconque...


                  • pergolese 22 novembre 2013 16:06

                    Il y a encore un aspect de la question : Internet...Ils veulent en plus du « filtrage » ! Hollande est aussi dangereux que Sarko...(en fait je n’a jamais douté que la gauche était dangereuse pour les libertés publiques...)

                    http://www.numerama.com/magazine/27556-prostitution-face-au-blocage-des-sites-l-avis-du-cnnum-reclame-maj.html

                    Décidément, on a désormais toutes les raisons de se révolter ! En plus le fameux « référendum d’initiative populaire », voyez ce qu’il en est :

                    http://libertescheries.blogspot.be/2013/11/adoption-du-referendum-dinitiative.html

                    Vous allez me dire, c’est un autre sujet...Mais l’accumulation va finir par tout faire péter...


                    • pergolese 22 novembre 2013 16:18

                      On peut aussi se demander si ce texte n’interdit pas non plus le tournage de films X...


                      • psynom 24 novembre 2013 11:07

                        Une prostituée indépendante fait le commerce de son corps uniquement pour ses fesses (expression populaire = pour soi), l’actrice X, le fait au bénéfice d’une industrie.
                        C’est à mon avis toute la différence qui fera que d’acheter une prestation sexuelle à une actrice X sera toujours autorisée.
                        Dans notre société, cherchez où va le profit vous trouverez la loi.

                        Une astuce pour le client : s’amener avec une équipe de tournage ; c’est autorisé.


                      • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 22 novembre 2013 17:52

                        Il me semble qu’il serait infiniment plus intelligent de faire une loi pour aider les prostitué(e)s qui veulent changer de vie à le faire en leur fournissant une formation alternative, une protection et des moyens financiers.

                        Parce que s’ils coient qu’en punissant les clients il n’y aura plus de prostitué(e)s ils sont encore et une fois de plus complètement à côté de leurs pompes.

                        M’enfin bon, vu qu’on est dirigé par des candidat(e)s au record de la connerie humaine il n’est pas étonnant que les lois soient délirantes.


                        • Irina leroyer Irina leroyer 24 novembre 2013 23:28

                          tout a fait exact Alois


                        • christophe nicolas christophe nicolas 22 novembre 2013 18:25

                          N’oubliez pas celles qui gagnent des millions à montrer leur fesses, il faut aussi les aider. Zut j’ai oublier de mettre ma culotte, buvez Cola-Cola...

                          Bon, c’est vrai qu’elle ne se plaignent pas, dans ce cas, c’est à elles d’engager l’argent qu’elles gagnent pour aider les autres car elles déclenchent des séismes psychologiques....

                           

                          La vierge apparait toujours correctement habillée. On ne peut pas vouloir le beurre, l’argent du beurre et le cul du crémier...

                          Pas de loi, pas d’hypocrisie, des frontières, de l’emploi, des logements, tout simplement. L’homme et la femme se complètent. Mettez des branlées aux proxénètes, faites pas chier les gens normaux...


                          • Olivier Perriet Olivier Perriet 22 novembre 2013 18:29

                            Bonjour à tous !
                            Quelqu’un aurait-il une information sur le sujet ?

                            Dans Dexter, on voit des policières déguisées en prostituées qui dressent des contraventions aux clients qui les accostent. ça se passe vraiment comme ça en Floride ou alors c’est pure fiction ?

                            Verbaliser les clients sans pénaliser les prostituées, ça ne va pas être un cadeau pour les forces de l’ordre : il faut prouver qu’il y a transaction financière et consommation !


                            • alinea Alinea 22 novembre 2013 18:54

                              J’aurais bien aimé entendre Marcela Iacub ! dommage qu’elle soit recluse après son dernier best-seller ! Étant une femme et ne connaissant rien à ce monde, de ma fenêtre pourtant il semble que le proxénétisme, l’esclavagisme, la « traite » seraient des bonnes choses à éradiquer ! Je ne vois pas pourquoi, plutôt que faire une loi qui ne sera pas appliquée, on ne ferait pas des actions musclées contre l’exploitation ; cette chose là m’interroge plus que tout !


                              • tinga 22 novembre 2013 21:24

                                Faut demander à dsk.


                              • Ramana Ramana 23 novembre 2013 14:07

                                C’est peut-être bien que les réseaux de prostitution, qui font partie des activités des mafias internationales, ont un lien au sommet avec l’oligarchie mondiale. Donc, il faut faire semblant de lutter contre la prostitution tout en laissant vivre les réseaux, quitte à précariser de plus en plus les femmes impliquées. Ainsi, l’argent remonte la filière tandis que la morale est affichée par le politique.


                              • alinea Alinea 24 novembre 2013 14:03

                                rodier_a,
                                Je voulais dire, sur cette loi ! Ceci dit cela fait un moment qu’on en parle et le partage sur cette question aussi ne se fait pas entre droite et gauche !
                                Merci du rappel que vous avez fait de ses positions...

                                Ramana,
                                C’est bien ce qu’il me semble !!


                              • Eric Alt Eric Alt 24 novembre 2013 22:29

                                Marcela Iacub a signé le 15 novembre dans Libé : « du droit des putes à disposer d’elles-mêmes ».


                              • alinea Alinea 25 novembre 2013 00:36

                                Merci ;
                                j’ai toujours bien aimé ce que disait cette femme quoique n’étant pas sûre de penser comme elle dans la seule mesure où personne ne sait très bien où commence et où finit le libre-arbitre. Ceci dit, une loi est toujours liberticide parce que si on veut l’appliquer, il faut fliquer ; et là, si c’est réellement fait, il risque d’y avoir de bonnes parties de rigolade, si toutefois les protagonistes ont de l’humour !
                                En tout cas, je trouve tout ça lamentable, c’est s’acheter une bonne moralité alors qu’il n’y a plus de morale !


                              • Croa Croa 22 novembre 2013 20:58

                                La prostitution de rue est plus sordide que jamais (la prostitution haut de gamme c’est moins sûr.) Si des femmes se retrouvent à faire ça et si des mafias en profitent, la conjoncture sociale n’y est pas pour rien ! De plus en plus de chômage et d’exclusion... Donc aussi des putes, quoi de plus naturel ?

                                On ne résoudra pas cette maladie en s’attaquant aux symptômes ! (Même si aller aux putes c’est être complice.)

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