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Accueil du site > Actualités > Politique > La question des Roms et Sarkozy

La question des Roms et Sarkozy

La bataille autour des Roms redistribue les cartes du jeu politique et marque un tournant du quinquennat. 

La question des roms en France est en train de prendre un tour politique décisif pour la suite du mandat du président Sarkozy. Il y a de quoi s’étonner qu’une question jusqu’à présent locale – faire respecter le droit de propriété – et juridique – faire respecter le droit de l’immigration – soit devenue aussi vite l’alpha et l’oméga politico-médiatique de notre pays. Instrumentalisation électorale, spectacularisation de l’information par les médias qui veulent du sang et des larmes, syndrome du bouc-émissaire : tout ces arguments ont surement une part de fondement, si l’on n’oublie pas que le problème dure depuis des siècles, faute de solution facile et évidente. Mais tous ces arguments ne suffisent pas à expliquer l’agitation. Derrière elle, il y a une question politique de fond, qui touche frontalement à la sensibilité politique des deux centre de gravitation idéologique des français depuis 30 ans, à savoir le droit de l’hommisme supranationaliste d’un côté, et le nationisme – sous toutes ses formes – de l’autre. Non content de provoquer la puissance de feu politiquement correcte du dominant, à savoir le premier, il est en train de perdre le soutien du courant qui a assuré son élection, à savoir le second1. La question des roms en est le révélateur et le substrat.

D’un côté donc, un front politiquement correct se mobilise. Dominant outrageusement parmi les élites, la puissance de ses points de diffusion médiatique lui assure une diffusion correcte dans l’opinion – mais une détestation non moins réelle aussi. Ce front, on se le figure par l’action, simultanée plutôt que coordonnée, que nous décrivons rapidement ici. Entre les organisations dites anti-racistes tels que le MRAP, le CRAN ou SOS Racisme, le Parti Socialiste ligne DSK-Aubry, le journal Le Monde portant plainte contre le pouvoir, la Commission Européenne annonçant aujourd’hui même engager deux procédures d’infraction contre la France, et les institutions internationales tels l’ONU criant au loup, il y a la force d’une cohérence et la faiblesse des résultats. Tous ces mouvements instrumentalisent leurs missions respectives, la lutte contre le racisme, la protection des sources des journalistes, le rapprochement des peuples européens, etc, afin de rabaisser la souveraineté nationale, source de tous les maux, de détruire l’Etat, frappé d’obsolescence, de décrédibiliser le passé et les traditions enracinées, terreau des extrémistes, disent-ils. Daniel Cohn-Bendit a toujours été en pointe de ce combat. De Mai 1968 à son action à la tête d’Europe Ecologie, sa cohérence idéologique, elle n’est pas à gauche. Elle est libérale, et elle est anti-nationale. Avec les résultats que l’on sait : car depuis 30 ans, depuis Giscard en France au moins, quelle politique a été systématiquement menée sinon la leur ? Les roms, pour eux, ne sont qu’un levier pratique, pour rejeter sur d’autres – les Etats – ce qui est d’abord de leur responsabilité. L’Europe à 27, c’était leur rêve : mais comment a-t-on pu accepter en Europe deux Etats, la Bulgarie et la Roumanie, qui maltraitent depuis des siècles tout un segment de leur population ? Et il y a de quoi, dans ces conditions, être doublement choqué, quant on voit le discours tenu en Roumanie et en Bulgarie à l’encontre de notre pays. Peu importe : libre-circulation bonne gens, les Etats riches se débrouilleront bien comme ils peuvent. Et vive l’Europe surtout.

A vrai dire, toute cette agitation serait tempête dans un verre d’eau si Nicolas Sarkozy conservait le soutien de sa base électorale. Sa base électorale, c’est le nationisme, ce second centre idéologique de la vie politique française moderne, quoique paradoxale, parce que ne disposant pas de parti politique dédié. Or de ce côté là aussi l’effritement est certain. Il n’est certes pas nouveau, mais il s’accélère. Ce n’est pas tout d’avoir pour plume Henri Gueno et comme conseiller Patrick Buisson. Les gens ressentent, désormais, que les accents sécuritaires de Nicolas Sarkozy ne sont qu’impostures. Ils souffrent de voir l’insécurité dans leur vie quotidienne, et des promesses de résultats qui ne se concrétisent pas. D’autant qu’à souffler sur les braises, on attise le sentiment d’insécurité, et celui là comment lutter contre ? Et comment accepter l’idée d’une déchéance de nationalité ? La question, ce n’est pas l’ethnicisation de la citoyenneté par la réaffirmation du droit du sang, c’est la vigueur de l’assimilation du creuset français par celle du droit du sol. L’identité française accessible à tous, par delà toutes les différences qui subsisteront, mais l’identité française quand même, comme condition d’une vie en commun. Qu’a fait Nicolas Sarkozy à part contribuer à sa décrédibilisation ? Le pouvoir croit donner caution en expulsant quelques Roms de plus, mais les gens ne sont plus dupes. C’est que la question migratoire est loin de suffire à faire une bonne politique nationale. Il y faut surtout la force d’une souveraineté politique et économique. Mais que valent les discours d’interventionnismes, tel celui de Toulon, et les maigres plans de relances et grands emprunts, quant on se couche au premier doigt levé des marchés financiers ? Comment défendre une Europe qui protège quand c’est au nom du principe qui la constitue, le libéralisme, et sa version politiquement correcte, la lutte contre les déficits prétendument insurmontables et le soi-disant pragmatisme, qu’est réformée, par le bas, le régime de retraite ?

La force de la campagne de Nicolas Sarkozy, par delà quelques errements droitiers, c’était d’avoir su montrer aux français le lien entre la force de la communauté nationale et la possibilité d’une réelle politique sociale. Sa contradiction originelle, c’est d’avoir mené une politique internationale et économique essentiellement contraire à sa campagne2, peut-être pour se ménager le soutien médiatique des droits de l’hommistes. Aussi la séquence politique que nous vivons sera-t-elle lourde de conséquences, peut-être même décisive. Nous vérifions un vieille adage politique du cardinal de Retz : "on ne sort de l’ambigüité qu’à ses dépends". Il en savait quelque chose.

 

1Même si certains droits de l’hommistes ont voté pour Sarkozy en 2007 – d’où pour une part l’ouverture – et que tous les nationistes n’ont pas été sarkozystes – je n’ai personnellement jamais cru à la sincérité des aspects de sa campagne électorale abordant ce point...

2Témoin deux actes forts du quinquennat parmi tant d’autres : le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, et la promotion du traité de Lisbonne, si proche du TCE pourtant souverainement rejeté par les français en 2005... 


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30 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 17 septembre 2010 13:07

    Le battage médiatique vis à vis des « Roms » n’est qu’un nouvel écran de fumée, destiné à détourner l’attention de l’essentiel : captation des richesses par une minorité-complicité du pouvoir actuel avec les « élites économiques »-asservissement de l’europe à l’ultra libéralisme-casse des acquis sociaux-effondrement économique ....

    Une excellente analyse ici http://www.plumedepresse.net/?p=519


    • Nicolas GONZALES 17 septembre 2010 15:50

      Je ne connaissais pas ce blog, j’ai trouvé l’analyse intéressante, merci. Ceci dit je ne suis pas d’accord avec toute son analyse en détail - comment peut-on affirmer que les roms n’ont pas de charge idéologique en France actuellement ? Et même avant ? Ca fait des années que la question se pose... 


      Je pense effectivement que les défenseurs des roms se fourvoient en les défendant de la façon dont ils le font : frontalement, de même qu’ils le font quand ils critiquent la politique sécuritaire. Sarkozy n’est prenable politiquement que sur sa contradiction fondamentale, à savoir la contradiction entre sa campagne et son discours d’ordre martial et de désignation de coupables, et son action économique libérale et internationale supranationliste (OTAN, Lisbonne, tout petit plan de relance, retraites, bouclier fiscal, etc.). Non pas critiquer son discours, mais tout ce qu’il fait qui est contraire à son discours. Lever les écrans de fumée du pouvoir pour aller à son fond. Le problème pour le principal parti d’opposition, tout au moins jusqu’à présent, le PS, c’est que sur l’essentiel de cet autre Sarkozy, notamment l’aspect supranationaliste, ils sont d’accord avec lui... On a peu entendu le PS sur les retraites malgré son contre-projet : on l’entend beaucoup sur Woerth ou les Roms... Ca ne mange pas de pain mais idéologiquement ça ne nous avance pas beaucoup sur ce qu’il ferait une fois au pouvoir...

    • hgo04 hgo04 18 septembre 2010 11:09

      Trés bon alpo.. Je partage vos idées !!


    • hgo04 hgo04 18 septembre 2010 11:09

      Merde, erreur de lecture, pas alpo, mais Nicolas.. !!


    • Bisounours 17 septembre 2010 13:17

       smiley

      Reléguer cette question à un débat entre une gauche ’politiquement correcte’ et un pouvoir courageux dénote une grande faiblesse d’analyse.
      Le seul soutient qu’obtient notre président en Europe est celui de Berlusconi. C’est assez significatif et on ne peut pas traiter ni Merkel ni Baroso de gauchistes.
      Tout en continuant de détruire le contrat social, notre président détruit le contrat Européen de la France. C’est le résultat d’une politique basée sur la communication autour des émotions et d’une absence de vision politique à moyen et long terme.
      Putain, deux ans...


      • Nicolas GONZALES 17 septembre 2010 15:35

        Relisez-moi. Je n’ai parlé ni de gauche politiquement correcte - il y en a aussi beaucoup à droite, même si du fait que c’est la droite qui est au pouvoir c’est la gauche qu’on entend le plus aujourd’hui. Et de même je n’ai pas parlé d’un pouvoir courageux, je suis même très critique, évoquant des impostures et des écrans de fumées souveranistes sur la question de l’immigration essentiellement en face de politiques libérales et antinationales, l’adhésion à l’OTAN, la signature du traité de Lisbonne, l’impulsion à Londres pour passer du G8 au G20... Et je conclus qu’on ne sort de l’ambiguité qu’à ses dépends, vis à vis de chacun des deux bords que je décris. Où vois-tu que je parle de courage politique ? 


      • Nicolas GONZALES 17 septembre 2010 15:51

        Relisez-moi. Je n’ai parlé ni de gauche politiquement correcte - il y en a aussi beaucoup à droite, même si du fait que c’est la droite qui est au pouvoir c’est la gauche qu’on entend le plus aujourd’hui. Et de même je n’ai pas parlé d’un pouvoir courageux, je suis même très critique, évoquant des impostures et des écrans de fumées souveranistes sur la question de l’immigration essentiellement en face de politiques libérales et antinationales, l’adhésion à l’OTAN, la signature du traité de Lisbonne, l’impulsion à Londres pour passer du G8 au G20... Et je conclus qu’on ne sort de l’ambiguité qu’à ses dépends, vis à vis de chacun des deux bords que je décris. Où vois-tu que je parle de courage politique ? 


      • Nicolas GONZALES 17 septembre 2010 16:05
        Plus je relis votre commentaire plus je crois que ne m’avez pas lu. Il n’y a pas deux acteurs dans ce billet, mais trois : deux courants, que j’ai nommé - mais on peut discuter les appelations - droit de l’hommisme supranationaliste versus nationisme, le vrai clivage de la vie politique française depuis au moins Maastricht, et le pouvoir, dont l’ambiguité, le fait qu’il ait donné des gages au deux pendant son mandat - c’était ça le sens de l’ouverture, non pas à gauche, mais au droit de l’hommisme : Kouchner... - , fait qu’il est en train de perdre l’adhésion de ces deux courants... D’où clairement un tournant décisif du mandat. 


      • Marc.M Marc.M 17 septembre 2010 13:30

        Malgré leur gravité, les affaires à la Karachi, Clearstream, Worth et autres déportations de minorités façon nazis ne sont que des pets de puces en comparaison de ce que nous prépare le petit père des peuples Hongrois.

        Sarkozy est en guerre.

        Il est en guerre contre la Démocratie, contre les Droits de l’Homme, contre le libre arbitre, contre l’esprit critique.

        Il mettra la France à feux et à sang pour éliminer jusqu’au souvenir d’un seul contradicteur à son entreprise dictatoriale.

        Les seconds couteaux Hortefeux, Besson et MAM ne sont que des épouvantails destinés à mettre en place les pièces d’un puzzle qu’il a dessiné. Il compte sur l’indolence et la docilité des Français pour, jour après jour, instaurer subrepticement et insidieusement une tyrannie qui n’est pas loin de l’accomplissement.


        • lama-du-tibet lama-du-tibet 17 septembre 2010 22:30

          Parfaite analyse de la situation. Je crains toutefois que le Tsar Ko ne parvienne à son objectif sans réaction tant nos chers concitoyens sont lobotomisés par les outrances de ce régime qui jette à bas les plus élémentaires valeurs humaines et sociales.


        • Marc.M Marc.M 18 septembre 2010 01:41

          Pour étayer mon propos :

          1. La dictature constitutionnelle a pour objectif de mettre les ressources et les richesses d’un pays à la disposition d’un groupe d’individus restreint (oligarchie), au détriment de l’ensemble de la nation.
           
          2. La dictature constitutionnelle utilise les institutions publiques (administration, justice, investisseurs institutionnels, médias…) en les mettant sous tutelle et en les détournant de leurs fonctions premières pour les mettre au service de cette oligarchie. C’est pour cela que la dictature constitutionnelle est dans un premier temps difficilement attaquable : elle reste dans le cadre de la loi, mais en la détournant de son esprit pour n’en retenir que la lettre, ce qui rend vain ou hypothétique toute poursuite. Les lois existantes sont complétées ou remplacées par d’autres lois plus favorables aux intérêts des oligarques.

          3. La dictature constitutionnelle s’appuie également sur le réseau de médias des oligarques. Ceux-ci, bien qu’ayant des activités industrielles dans différents secteurs, contrôlent la quasi-totalité des médias privés, non pas uniquement pour gagner de l’argent, mais surtout pour ne pas laisser de place à un discours qui risquerait de remettre en cause la dictature constitutionnelle. Tout discours différent est aussitôt ridiculisé par l’ensemble des ténors du pouvoir en place. Par un martèlement du discours officiel permanent et étendu à tous les médias, l’individu finit par douter de ses propres pensées et n’ose plus remettre en question le discours universel de la dictature constitutionnelle. Profitant d’une couverture médiatique universelle, la dictature constitutionnelle peut mentir à tout instant, en toute occasion, et à tout propos, sans risquer d’être contredite. Les médias reprennent même les contre-vérités les plus grossières au premier degré, sans oser le moindre commentaire.

          4. La dictature constitutionnelle s’attache à dissoudre, décrédibiliser ou à rendre impuissants tous les corps intermédiaires et de manière générale tout ce qui peut créer du lien social. L’individu doit se retrouver seul et isolé face au pouvoir.

          5. La dictature officielle s’emploie à désespérer les individus. Toute possibilité d’amélioration des conditions de vie est présentée comme impossible. La dictature constitutionnelle présente la réussite des oligarques comme étant de leur seul fait personnel. Elle présente l’échec social des individus et leur incapacité à améliorer leur niveau de vie comme étant de leur seul fait, alors que tout est mis en œuvre, à tous les étages de la société, pour transférer les richesses des individus vers les oligarques.

          6. La crise n’est pas un accident dans l’histoire de la dictature constitutionnelle, elle est pour les pays les plus avancés dans cette voie une étape franchie dans le transfert des richesses des individus vers les oligarques. Après avoir capté le maximum d’argent possible et avoir poussé les individus à s’endetter à long terme au delà de ce qu’ils pouvaient payer, les oligarques doivent passer à un stade supérieur pour continuer à s’enrichir. Les oligarques vont maintenant accélérer la captation des richesses des états, et pousser les états à s’endetter à long terme au delà de ce qu’ils peuvent payer, de façon à pouvoir profiter de cet argent sous forme de subventions diverses, de prêts, de défiscalisation, d’exonérations de charges, de baisse de TVA, etc.

          7. Pour favoriser le transfert des ressources de l’état vers les oligarques, les dépenses des états doivent être réduites en supprimant les fonctionnaires et les services de l’état non indispensables à la conservation du pouvoir.

          8. La dictature constitutionnelle crée de façon délibérée une stratégie de la tension sociale, en ne laissant à ses adversaires d’autres choix que l’humiliation ou la violence. En stigmatisant, criminalisant et manipulant la violence résiduelle, la dictature constitutionnelle peut ensuite légitimer un contrôle renforcé des individus et une réduction progressive des libertés. Cette stratégie est destinée à anticiper les risques de rébellion liés à la montée généralisée de la pauvreté, et aux noyaux de contestation qui ne manqueront pas de se créer devant le désespoir grandissant. En généralisant la violence policière et en la présentant comme normale (multiplication des gardes à vue et des procédures humiliantes, des coups, des bavures), en durcissant les peines de prison et les amendes on cherche également à faire peur aux individus, qui n’oseront plus se rebeller, de peur d’avoir affaire à une justice brutale et injuste.

          9. Le tout numérique permet un fichage de toute la population et un contrôle généralisé de toutes les conversations téléphoniques, SMS, emails, sites internet. Tous les membres d’organisations hostiles au pouvoir sont filmés en détail par la police lors des manifestations. Il deviendra obligatoire d’installer un mouchard sur son ordinateur qui sera relié en direct et en permanence au pouvoir central. Toutes les procédures pénales possibles seront utilisées systématiquement pour décourager les individus ou organisations d’exprimer par quelque moyen que ce soit des idées contraires à celles de la dictature constitutionnelle, ou de mettre en cause l’un de ses responsables.

          10. La dictature constitutionnelle, avec la complicité de ses médias relais, utilise ou crée en permanence des évènements pour faire diversion, empêcher que l’attention des individus se cristallise sur leur mécontentement personnel, et différer éternellement toute résolution possible des problèmes sociaux. Ces évènements renforcent et légitiment le rôle de la dictature constitutionnelle comme unique rempart entre l’individu et un monde extérieur caricaturé jusqu’à la paranoïa, d’où ne ressortent plus que des dangers potentiels.

          Évènements positifs où la dictature est mise en valeur : sommets internationaux, visites du chef de l’état à l’étranger ou en province, mariages présidentiels ou oligarchiques, manifestations culturelles, vacances, interviews complaisantes, etc.

          Évènements négatifs extérieurs à la responsabilité de la dictature et contre lesquels elle doit lutter en permanence : crise économique, insécurité, bandes, famines, épidémies, terrorisme, guerres, drogue, mafia, etc.

          11. Quand le transfert intérieur des richesses est en passe d’être achevé et que la contestation ne peut plus être contenue par le contrôle policier, c’est alors à l’armée de prendre le contrôle du pays et d’éliminer durablement et de la façon la plus directe toute résistance. La dictature constitutionnelle rejoint alors toutes les dictatures du monde, mais nombreuses seront encore à ce moment les personnes qui penseront que ce qui est arrivé devait arriver, et qu’il n’y avait pas eu, à aucun moment, la possibilité de faire autrement.

          12. Après avoir écrasé toute résistance intérieure et exploité toutes les ressources du pays, pour continuer à augmenter la richesse des oligarques, la dictature constitutionnelle se tournera alors inévitablement vers l’annexion d’autres états moins puissants militairement, de façon à s’en approprier les richesses.

          Source : http://mobile.agoravox.fr/actualites/politique/article/la-dictature-constitutionnelle-en-55696


        • Nicolas GONZALES 17 septembre 2010 15:40

          On peut effectivement critiquer la phraséologie, j’avoue ne pas en être satisfait mais ne pas avoir trouvé un terme qui me satisfasse complètement... 


          En revanche je ne suis pas d’accord avec vous quand vous affirmez que ce sont les modérés de droite qui vont la faire la différence : ces gens-là - je pense à Juppé, à Raffarin, à Morin, voir au Pape, ne représentent presque rien aujourd’hui... Ils se battent pour le même espace politique rétréci qu’essayent déjà d’occuper Bayrou, Cohn-Bendit, DSK voir Aubry... 

          Plus décisif comme mouvement dans la droite, c’est le remplacement éventuel de Bertrand, peut-être par Copé, et le délitement du gouvernement du fait de l’annonce d’un remaniement des mois à l’avance... 

        • juluch 17 septembre 2010 14:27

          Le président a besoin de renouer avec l’électorat qui l’a élut....c’est clair.


          Mais, croyez vous que ses décisions sur l’immigration et les camps illicites soient injustes ??

          Interrogez les gens de la rue et vous verrez !!

          Les gens du peuple pas les Bobos et gogos bien pensant qui habitent dans des quartiers Huppés avec bon salaire et rues propres sans SDF bien sur.
           Mais, bien les gens qui se lèvent le matin, qui subissent la délinquance, qui constatent que ceux qui font rien, qui travaillent pas ont plus de droits qu’eux !!

          demandez leurs les gars vous verrez la réaction !!

          Les gens sont racistes ??  NON !! Ils en ont marre pour pas dire autre chose !!!

          Marre de voir les émeutes de voyous issue de l’immigration, marre de voir les voitures incendiées, les écoles et autres lieux public vandalisé, marre de constater que les casseurs sont remis en liberté par des juges permissifs, marre de payer pour des parasites qui vivent à leurs crochets, marre de voir des voiles dans les rues, marre que les décorations de Noëls soit refusé par les Musulmans dans l’école publique de leurs enfants !

          Raciste ?? Ne croyez surtout pas ça !! La population veulent de la justice et non du partit prix !!

          pas dur à comprendre me semble t’il.....

          mais, les gens qui on élut Sarkozy en 2007 veulent de la justice sociale et judiciaire, c’est tout se qu’il demande et le Gouvernement le sait !!

          Il a suffit d’un simple fait divers sur l’émeute de Gitans pour que tous se soit déclenché.

          Imaginez 5 minutes des attentas comme en 95........vous voyez ou je veux en venir ??


          On paye actuellement la politique permissive de tous les gouvernements qui ont précédés depuis 1974.....

          voilà ou on en est.....


          • jako jako 17 septembre 2010 14:29

            C’est prinzen 2.0 ou lefevre 2.0 ?


          • Redj Redj 17 septembre 2010 15:54

            Quelle bouillie de chat, on sent bien que Juluch a la bave aux lèvres lorsqu’il éructe !!!!

            Moi j’en ai plutôt marre de voir des gens qui se lèvent tôt pour bosser ne pas pouvoir se payer un loyer.
            Moi j’en ai plutôt marre de voir des entreprises engranger des bénéfices et délocaliser.
            Moi j’en ai plutôt marre de voir qu’en dealant une barrette de shit on risque de la prison ferme, mais lorsqu’on vole une vieille très fortunée on s’en tire avec des « je n’ai rien fait ».
            Moi j’en ai plutôt marre de savoir que le gouvernement va s’attaquer à l’assurance maladie, alors que certains contribuables empochent quelques 600 millions d’euros au titre du bouclier fiscal.
            Moi j’en ai plutôt marre des voir des Juluch mordre à l’hameçon du « haro sur les roms » alors que les vrais problèmes ne sont pas résolus.


          • juluch 17 septembre 2010 22:42

            Quelle bouillie de chat, on sent bien que Juluch a la bave aux lèvres lorsqu’il éructe !!!!

            Moi j’en ai plutôt marre de voir des gens qui se lèvent tôt pour bosser ne pas pouvoir se payer un loyer.
            Moi j’en ai plutôt marre de voir des entreprises engranger des bénéfices et délocaliser.
            Moi j’en ai plutôt marre de voir qu’en dealant une barrette de shit on risque de la prison ferme, mais lorsqu’on vole une vieille très fortunée on s’en tire avec des « je n’ai rien fait ».
            Moi j’en ai plutôt marre de savoir que le gouvernement va s’attaquer à l’assurance maladie, alors que certains contribuables empochent quelques 600 millions d’euros au titre du bouclier fiscal.
            Moi j’en ai plutôt marre des voir des Juluch mordre à l’hameçon du « haro sur les roms » alors que les vrais problèmes ne sont pas résolus.


            Tu me fais trop d’honneur redj !! lol !!

            Je suis presque gêné !!

             smiley


            En tout cas j’ai, semble t’il touché ton petit coeur de bien pensant non ?? tant mieux !!

            Si ma bave comme tu dis t’éclabousse et te gêne c’est encore mieux !!!.....

            a bientot


          • asterix asterix 17 septembre 2010 15:55

            Sarko n’attaque que sur des terrains où l’émotionnel se mesure en termes de maintien de l’ordre. Il n’en a rien à foutre des Roms mais le prétexte le sert.
            D’autant plus que l’Union s’avère impuissante, toujours bon pour l’esprit national ça !


            • Elisa 17 septembre 2010 17:14

              On peut être surpris de lire le néologisme péjoratif « droitdel’hommisme » chez un étudiant censé connaître les fondements théoriques d’un Etat de Droit.

              La rhétorique qui consiste à opposer le bon sens au politiquement correct « droitdel’hommisme » est devenu un véritable terrorisme intellectuel : on nous intime à penser que le respect des droits fondamentaux est une nouvelle idéologie de luxe qui s’oppose aux ’honnêtes gens« .

              D’un côté il y aurait des élites respectueuses des droits parce qu’elles sont préservées de la promiscuité des »indésirables« , de l’autre un peuple exaspéré des exactions des immigrés et autres roms.

              Mais cette analyse démagogique fait complètement fi de la réalité du problème : ce n’est pas des »pauvres gens« qu’est née la stigmatisation des musulmans et des Roms, mais d’un chef d’Etat qui a besoin de cliver pour faire oublier les préoccupations centrales des Français. Le sentiment d’insécurité arrive loin derrière le chômage, la précarité professionnelle et le pouvoir d’achat.

              Par ailleurs la calamiteuse trajectoire présidentielle de Sarkozy le contraint à rallier les électeurs du FN avec la bénédiction de la quasi totalité des responsables et élus UMP.
              Quand il s’agit de gagner un siège ou de le conserver, on ne fait plus la fine bouche. Que l’on soit issu de PS comme Besson ou du sérail comme Hortefeux, on n’hésite pas à enfourcher les chevaux de bataille les plus honteusement démagogiques.

              Si être »droitdel’hommiste" c’est résister )à cette campagne gouvernementale perverse, je suis fière d’en être !


              • Nicolas GONZALES 17 septembre 2010 17:53

                J’aime beaucoup votre commentaire : tout y est. Tout. 


                Un rappel de classe culturelle, d’abord. Non, un étudiant ne peut pas utiliser un néologisme péjoratif. L’analyse ne peut pas être compréhensive mais normative. Mais ce compréhensivisme est lui-même une idéologie du consensus, c’est du moins ce que j’ai très souvent constaté quant sa méthode est adoptée par des étudiants, même brillants. 

                Il - l’étudiant - ne peut surtout pas évoquer le néologisme droit de l’hommisme parce qu’il doit être attaché à « l’Etat de Droit » (mention spéciale à la double majuscule) qu’on lui a enseigné. Personnellement, je me suis toujours dit qu’on pouvait être attaché aux droits de l’homme sans être droit de l’hommiste et j’ai toujours trouvé étonnante l’évocation scolastique acritique de la notion d’Etat de Droit dans un univers ou la construction européenne démontre chaque jour qu’on peut vivre dans un Etat de droit sans vivre dans une démocratie véritable. 

                Ensuite, réductionnisme. Une véritable réduction de ce que j’ai écris à l’utilisation d’une rhétorique terroriste opposant ce droit de l’hommisme au « pauvre peuple ». D’abord, l’étiquette terroriste n’est pas très compréhensive chère Elisa, le terroriste, c’est toujours l’autre. Surtout, je n’ai pas écris cela : ce que j’ai qualifié de droit de l’hommisme supranational faut de mieux - peut-être pourrait-on parler d’individualisme post-nationaliste - a son adhésion tout autant que sa détestation chez les gens. Texto. 

                Réductionnisme encore, quand vous prétendez que la question des roms est une pure instrumentalisation politique. Dois-je prétendre que vous faites preuve de terrorisme en opposant le peuple aux élites mais dans un autre sens que celui que je suis prétendument faire ? 

                Il importe en réalité peu de savoir qui de l’oeuf ou de la poule est arrivé en premier, qui de l’instrumentalisation de l’élite ou de la vindicte populaire entraîne l’autre dans un cercle vicieux. D’autant que les roms sont aussi instrumentalisés par leurs défenseurs pour imposer leur vision du monde, c’est l’évidence. Mais l’important est de constater - compréhensivement - que ce cercle vicieux existe et de lui donner un sens, une analyse. Et cette analyse, vous n’y avez pas répondu sur le fond autrement que par l’argument électoraliste. « Peut mieux faire » aurait répondu un professeur face un étudiant qui n’utiliserait que ce seul -mais certes recevable je l’ai d’ailleurs mentionné - écrit. 

                Vous terminez par un magnifique normativisme par votre affirmation de la résistance au gouvernement. Vous avez le droit et je vous comprends et - cela va vous surprendre - je vous rejoins. Sans doute par pour les mêmes raisons toutefois. Et je vous rejoins à lire mon analyse, si si ! Si l’instrumentalisation comme vous dites, peut prendre, si la question existe, c’est qu’elle a un fondement. Ce fondement, c’est la nation introuvable - un paradigme que j’ai testé en profondeur dans un mémoire historiographique sur la réécriture des origines de la France à l’époque contemporaine par les historiens, avec un certain succès. Et ce mouvement idéologique post-nationale rencontre les difficultés du « pauvre peuple » - ne l’ignorez pas, elles sont réelles. De sorte que défendre texto les Roms, c’est provoquer la réaction nationaliste et aggraver la boucle et donc leur propre sort. L’alternative à Sarkozy elle, se trouve bien sur le terrain économique, comme vous le dites, mais pas la où vous pensez qu’elle se trouve. Car comment lutter contre le chômage et pour le pouvoir d’achat qui soulegerait bien des crispations alors même que le dogme du libre-échangisme ne peut entraîner qu’un nivellement par le bas par insuffisance chronique de la demande globale ? 

                Ce faisant je crois retrouver « l’Etat de Droit » bien mieux que vous. L’Etat de droit, c’est à l’évidence - notamment - la souveraineté populaire. La Nation marquée par des frontières qui rendent l’action possible et pensable (une analyse de la production universitaire montre l’omniprésence des termes incertitudes, mutation, complexité, pour analyer notre époque, signe non pas qu’elle est plus incertaine, mutante, ou complexe, que d’autres, mais qu’elle n’est pas comprise). Aussi le meilleur moyen de défendre les Roms c’est encore de s’attaquer aux véritables sources du dénationalisme : l’abaissement des frontières, la fausse idée d’une Europe substitue à l’impuissance des Etats, l’explosion des inégalités. Et de retrouver Jaurès qui affirmait que la Nation est le seul bien des pauvres. Mais Jaurès, c’était sans doute un terroriste... 

                 

              • bluebeer bluebeer 18 septembre 2010 13:23

                @ Elisa.

                Excellent, très excellent commentaire, auquel je souscris totalement.

                @ l’auteur.

                Beaucoup de mots en « isme » dans votre analyse, mais postuler des systèmes et des mécanismes universels ne suffit pas à fournir une explication exhaustive, « compréhensive » d’une situation.
                A mon sens, la réalité est beaucoup plus simple. Le président Sarkozy n’existe pas. Il y a bien quelqu’un qui s’appelle Nicolas Sarkozy, qui réside à l’Elysée, et qui a la main posée sur les rênes de la France, mais il ne va nulle part. Il n’a pas de projet, il n’a pas de vision. Il a été mis en place par des puissances financières nationales et extranationales (car la grande finance ne connaît pas de frontières), qui pour ce faire lui ont payé une très belle équipe de communication, exactement comme dans une grosse boîte, lorsqu’elle veut lancer un « nouveau » produit. Et la fonction du produit Sarkozy, la mission que ses concepteurs lui ont dévolue - très certainement à son insu car Sarkozy est creux et immature, et ne vit que pour sa propre gloriole ; si abyssale est sa vanité qu’il est fort improbable qu’il puisse s’imaginer un instant instrumentalisé - c’est de faire passer leurs lois, leurs intérêts de caste, tout en donnant aux Français l’impression d’être dirigés avec sagesse et détermination.
                Et là, on peut dire que Sarkozy n’aura pas été un très bon produit, qu’il aura été très décevant. Un peu comme les fusées Ariane au bon vieux temps. Mais ils en ont d’autres en stock, des produits, comme DSK, qui piaffe dans le paddock. Lui ou un autre, ils ont un haras complet, c’est la classe politique dans son ensemble - quoique vraisemblablement beaucoup plus motivée pour la course au sommet qu’à la base.
                De leur point de vue, la tête importe peu, la fonction est toujours la même : occuper la scène médiatique et créer l’illusion pour diriger en catimini, empêcher la société citoyenne d’entraver la bonne marche des affaires, l’épanouissement des marchés, la lente et inexorable conquista du monde de la finance sur le monde tout court. Car toute la subtilité de la prestidigitation et des tours de passe-passe, c’est de distraire avec la main droite pendant que la main gauche manipule. Ou inversement. Et les Roms, la caillera, l’insécurité, la lapidation en Iran, les barbus, le Coran... ils existent bien sûr, et des gens en souffrent, mais ce ne sont que des accessoires pour les grandes manipulations.


              • Nicolas GONZALES 18 septembre 2010 16:50

                @bluebeer : on peut à peu près contester chaque argument que vous soulevez, mais je vous laisse à vos certitudes « simple »s sans « isme » (=néologisme).


              • bluebeer bluebeer 18 septembre 2010 23:02

                Merci Nicolas,

                il y a progrès.


              • herope kayen 17 septembre 2010 17:22

                @ l’auteur

                Votre article est partisan et sous-jacent un plaidoyer pour « not pov président ». Les faits depuis son élections c’est une dérive autocratique, un contrôle de tout (TV, Radio, internet...), des populations, toujours plus de fichiers Hadopi, Loppsi et bientôt Acta...)
                Les Roms ne sont que prétexte pour pouvoir agir et parler sur son unique préoccupations la répression et attirer les voix de l’extrême-droite dans la perspective de 2012 car l’électorat du centre droit le lâche.

                www.fa-heropelyon.fr.gd


                • Nicolas GONZALES 17 septembre 2010 17:55

                  Partisan, sans doute. Mais je n’ai jamais été Sarkozyste et n’ai jamais voté pour lui. Je n’ai même jamais voté pour la droite, pour tout dire... 


                • pastori 17 septembre 2010 20:04

                  les roms......bien plus grave est l’affaire de la sécu.

                  déremboursement et transfert vers le cies d’assurances privées. tout au moins pour ceux qui ont les moyens. on va avoir un système hybride américano-britanique. les riches pourront se soigner, les autres....

                  arrêtons de nous laisser amuser par les écrans de fumée lancées par les énarques « conseillers »de l’élysée .

                  grassement payés ils mettent toute leur intelligence sous les ordres pour trouver tout ce qui peut profiter aux plus puissants, au détriment des plus démunis.


                  • pastori 17 septembre 2010 20:07

                    il y a un mois personne ne parlait des roms. si c’était si grave on en aurait parlé bien avant.

                    écran de fumée pour amuser la galerie : un par jour.

                    hier c’était le fils du chef de la police ivre mort qui insulte les flics. toute la presse des copains aux ordres pour ne parler que de ça.

                    celui du jour : faire peur avec les attentats. pendant qu’on claque des dents de trouille, ou ne pense pas.

                    demain sera un autre jour, avec un nouvel écran. devinez quoi ?


                    • BOBW BOBW 17 septembre 2010 20:54

                      Il est trés possible que cet attentat contre la tour Eiffel soit une manoeuvre- test pour sonder et manipuler l’opinion publique en continuant à pratiquer la politique actuelle, faussement sécuritaire, nous pouvons prévoir que Sarko va persévérer en amplifiant cette méthode d’incitation à la peur et même d’excitation du réflexe hyper nationaliste comme a pratiqué un certain tyran avec l’incendie du reischtag. :->


                      • Kalki Kalki 17 septembre 2010 22:30

                        « Celui qui peut être détruit par la vérité, doit l’être. » P.C. Hodgell


                        • Nicolas GONZALES 26 juillet 2011 22:04

                          Rétrospectivement, je regrette de ne pas avoir laissé quelques lignes pour formaliser ce qui était évident pour moi, à savoir que cette expulsion massive de roms était vraiment ridicule et injuste. Ceci aurait pu éviter l’incompréhension de certains commentateurs qui ont pensé que ce billet était un soutien à Sarkozy... ! Mais l’analyse politique qui était le sujet de l’article, me paraît sur le fond justifiée encore aujourd’hui.

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