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Accueil du site > Actualités > Politique > La renaissance de Nicolas Sarkozy ? (2/2)

La renaissance de Nicolas Sarkozy ? (2/2)

Petits extraits des discours des trois principaux responsables de l’UMP devenue "Les Républicains" au cours d’un congrès qui a consacré magistralement le retour politique de l’ancien Président de la République. Seconde partie.

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Après avoir évoqué le discours très percutant de Nicolas Sarkozy, président des "Républicains", au congrès fondateur du 30 mai 2015 à la Grande Halle de la Villette, voici ceux de François Fillon et d’Alain Juppé.


François Fillon et l’horizon 2027

La petite phrase qui est restée a été sur le ripolinage : « Voilà les circonstances qui entourent notre congrès qui ne peut être un ripolinage du passé, mais bien un nouveau départ. ».

Mais les médias auraient dû plutôt insister sur le fait que François Fillon a prononcé un discours très solide et cohérent qui a montré que depuis deux ans (février 2013), avec son club Force républicaine (il avait déjà choisi "républicain" bien avant les autres), il réfléchit activement à son projet présidentiel.

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Il a rappelé les combats passés de la France pour les replacer au présent : « Notre France assume le combat pour la dignité de l’Homme : autrefois, pour l’universalité de ses droits, aujourd’hui contre le drapeau noir de ceux qui égorgent des chrétiens, abattent des caricaturistes, martyrisent les femmes et les âmes. Notre credo ? C’est la liberté. La liberté pour vivre debout. C’est la patrie pour rassembler. C’est l’Europe pour la civilisation. ».

La profondeur du message de François Fillon a été de donner une porte de sortie à l’enlisement moral dont pâtit la France : « L’Histoire n’est pas finie. La France peut être en moins de dix ans la première puissance européenne. Ce n’est pas un rêve mais c’est le défi que nous devons relever. Nous avons tant d’atouts pour cela : la démographie, la technologie, la science, la culture, la productivité, l’influence diplomatique et militaire. (…) On les dit découragés, abattus, blasés mais ils sont des millions, ces Français dévoués et ingénieux, prêts à se retrousser les manches. Je ne vois dans leurs yeux ni lâcheté, ni résignation, mais bien une force qui attend son heure. Cette force peut être extraordinaire si nous savons la guider vers des changements inédits. Jamais je n’ai senti autant de lucidité et d’exaspération face aux blocages. ».

François Fillon a porté un ton résolument rassembleur : « La politique est l’art d’unir toutes les bonnes volontés, elle est l’art de réveiller en chaque être humain cette part de lumière qui ne demande qu’à briller. (…) Je n’ai jamais cru à un "peuple de gauche" dressé contre un "peuple de droite" : ce n’est pas dans les simplifications idéologiques ou dans le trait des caricatures que s’incarne l’intérêt général. ».

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Habile dans la métaphore automobile, l’amateur des voitures de course a ajouté, à l’attention de ses deux rivaux Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, mais aussi du FN : « Certains pensent que l’on convaincra les Français en prenant tous les virages en serrant vers la droite, d’autres en conduisant au milieu de la route, sans parler des démagogues qui disent qu’on peut lâcher le volant et regarder derrière soi. Moi, je ne veux pas découper la France en tranches, je la prends comme un bloc, avec amour, avec la conviction qu’il faut se réinventer ensemble pour espérer, proposer et agir. ».


Alain Juppé et la Nation

Adressant ses "affectueuses pensées" à Jacques Chirac, Alain Juppé aussi a dû justifier sa présence dans la compétition. Presque heureux d’avoir été hué, mais soucieux d’être dans l’union, il a néanmoins décoché quelques flèches à qui de droit : « On ne fait rien de bon dans la division, ni dans la recherche méthodique du clivage. Certes, parfois, du conflit peuvent naître des solutions nouvelles. Mais les conflits viennent tout naturellement dans notre pays, grand amateur de polémiques et d’affrontements. Le rôle d’un dirigeant n’est pas de les susciter ni de les attiser mais de les apaiser. Notre société a besoin d’apaisement, pas de revanche. ».

Ce que les journalistes ont gardé, c’était sa riposte aux sifflets : « Certains d’entre vous me sifflent. Ca me fait de la peine mais cela ne change pas ma détermination, vous êtes ma famille. ».

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Parmi les réflexions majeures, celle-ci : « Il ne s’agit plus de sortir de la crise comme on le répète depuis des années. Le véritable enjeu, désormais, c’est d’entrer dans le monde nouveau qui se construit autour de nous. ».

Le diagnostic d’Alain Juppé a été très sévère contre le gouvernement actuel : « Malgré une conjoncture européenne et mondiale exceptionnellement favorable, pétrole bon marché, taux d’intérêt historiquement bas, euro proche de la parité avec le dollar, notre économie reste à la traîne : le chômage ne diminue pas, les déficits publics restent supérieurs à l’objectif que nous avons nous-mêmes fixé avec nos partenaires européens, dés lors, la dette s’alourdit… et la pauvreté progresse. Nous savons bien pourquoi nous échouons : nos entreprises étouffent dans un carcan fiscal et normatif qui plombe leur compétitivité ; et surtout, elles ont été déboussolées par une politique économique qui a changé de cap tous les six mois ou presque ; par une inflation désordonnée de textes brouillons, souvent rétroactifs qui ont miné la confiance. ».

Alain Juppé a aussi tiré sur François Fillon qui disait dans son discours : « On m’accuse parfois d’avoir le langage "du sang et des larmes". ». Il lui a répondu quelques minutes plus tard : « On ne remet pas un peuple en mouvement en se contentant de lui annoncer la réforme pour la réforme, ni même en lui promettant "du sang, de la sueur, et des larmes" ! Il faut donner un sens aux réformes (…). Et pour cela, il faut remplir deux conditions : rassembler, et rassembler autour d’un projet qui recueille l’adhésion. ».

Et au lieu de s’appesantir sur l’esprit républicain, comme c’était le thème du congrès, Alain Juppé a préféré misé sur le sentiment national en évoquant, lui aussi, la confiance : « La Nation m’apparaît comme le lien de confiance que nous recherchons : comme le sentiment qui peut le mieux dissiper nos doutes et nous remettre sur le chemin du vivre ensemble dont nous sommes en train de nous écarter. ».

Expliquant que les réformes « ne réussiront pas si on ne donne pas au projet collectif du pays un supplément d’âme », Alain Juppé a repris la définition de Renan : « Une Nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. ».

Or, l’époque actuelle remettrait la nation au-devant de la scène : « Plus la globalisation avance et plus les hommes et les femmes du XXIe siècle sont à la recherche de leurs racines, de leur terre, de leur communauté. On a même parlé de retribalisation du monde. ». Son projet : « Faire de la France une Nation d’autant plus bienveillante envers les autres qu’elle est confiante en elle-même : ce sera un beau projet. ».

Parmi les idées, Alain Juppé a proposé ceci : « La France est un pays d’entrepreneurs et de créateurs. Pour leur ouvrir le champ le plus libre possible, ne faudrait-il pas "revisiter" le principe de précaution et en tout cas, lui adjoindre un principe d’innovation ? ».

Le discours d’Alain Juppé fut donc très bien construit mais semblait manquer de souffle face à la pugnacité de Nicolas Sarkozy.


Autres orateurs

De nombreux autres responsables de l’ex-UMP ont pris la parole. Les discours de Bruno Le Maire et de Laurent Wauquiez ont été beaucoup applaudis (ils ont été particulièrement combatifs contre l’action du gouvernement). Xavier Bertrand a également fait part de son ambition en insistant sur la valeur du travail.

Seul centriste présent au congrès, l’ancien ministre UDI Maurice Leroy s’est déclaré (comme Hervé Morin) favorable à la participation de l’UDI à la primaire des "Républicains" de 2016 ainsi qu’à une alliance dès le premier tour de Chantal Jouanno et de Valérie Pécresse aux régionales en Île-de-France : « Bien entendu, quelques centristes sauteront sur leur chaise comme un cabri en disant "Indépendance, indépendance". À ceux-là, je dis que le centrisme n’est pas l’égocentrisme. ». Précisons que Hervé Morin, représenté par Maurice Leroy, négocie actuellement pour être la tête de liste d’union aux régionales en Normandie, ce qui peut faire comprendre quelques élans "unionistes" qui, électoralement, seront certainement payants.

Quant à l’économiste Christian Saint-Étienne qui fut UDI, il a rejoint "Les Républicains" tandis que Claude Allège, l’ancien ministre proche de Lionel Jospin, a adressé un message de sympathie : « Longue vie aux Républicains ! ».


« Ce jour est un jour de renouveau, de renaissance. »

Après cette prestation très réussie de Nicolas Sarkozy, une fois encore, le savoir-faire politique pourrait réussir : faire croire à un électorat très majoritairement hostile à sa candidature qu’il serait le symbole du renouveau de la politique française dans deux ans.

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C’est la magie de la vie politique française, encourager les jeunes générations mais se croire indispensable à la Nation. Mais vous, électeurs, voudriez-vous encore une fois une élection autour de Nicolas Sarkozy, François Hollande et Marine Le Pen ? Les candidatures des deux derniers paraissent déjà acquises. Le seul moyen de quitter 2012, c’est de prendre part à la primaire de novembre 2016. Les détails de son organisation vont se préciser dans les semaines à venir. Alain Juppé a déjà prévenu ce 31 mai 2015 que si la primaire n’était pas ouverte au centre, il ne se prêterait pas à un jeu considéré comme gagné d’avance… La course à l’échalote n’est pas un long fleuve tranquille.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (1er juin 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Nicolas Sarkozy.
Alain Juppé.
François Fillon.
Bruno Le Maire.
Dans deux ans.
Changement de paradigme.
Piège républicain.
Être républicain.
Tout est possible en 2017.
Mathématiques militantes.
Discours de Nicolas Sarkozy du 30 mai 2015.
Discours d’Alain Juppé du 30 mai 2015.
Discours de François Fillon du 30 mai 2015.


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14 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 2 juin 2015 08:55

    Sarko-Juppé-Fillon revoilà les triplettes de Belleville, manque plus que le Coppé, ne vous inquiétez pas il reviendra bygmalionner avant 2017 ....


    • fred.foyn Le p’tit Charles 2 juin 2015 09:53
      Sarkozy en chef des « Rébus-bi-caïn »...Au commencement était le voyou... !

      • colere48 colere48 2 juin 2015 10:37

        Opinion :

        « Le parti dont hérite Nicolas Sarkozy n’est pas seulement profondément divisé, il est malade et affaibli, comme son symétrique socialiste, et pour les mêmes raisons. S’enorgueillirait-il du « oui » des 79.120 militants qui ont plébiscité la nouvelle marque, le Petit Timonier est le dernier à ignorer qu’ils ne représentent que 37 % des électeurs potentiels. Sarkozy demandait un vote de confiance. Il récolte d’abord une abstention massive. Il détient la clé du coffre, mais le coffre est vide, et plus précisément vidé par ses prodigalités. La justice, comme on sait, s’en mêle, et les nombreux dossiers dans lesquels le nom de l’ancien Président est cité sont autant d’épées de Damoclès qui jalonnent son parcours. »

        DJ


        • Fergus Fergus 2 juin 2015 12:02

          Bonjour, Sylvain.

          « cette prestation très réussie de Nicolas Sarkozy »

          Mort de rire ! Son discours était tellement excessif, tellement insultant et tellement éloigné de l’attitude que l’on pourrait attendre d’un ex-président de la République que, même dans le camp de Sarko de nombreuses voix se sont élevées pour en dénoncer la tonalité, ou a minima, exprimer le malaise que ce discours « bas du front » a suscité.

          Ce congrès a été globalement raté sur tous les plans (nom du parti, affluence étriquée, discours aux relents guerriers), c’est cela la réalité. Et Sarkozy, en voulant écarter des instances dirigeantes du parti, ceux qui le gênent, va s’enfermer dans un isolement mortifère !


          • Fergus Fergus 3 juin 2015 08:25

            Bonjour, Ouallonsnous ?

            En effet, et je suis surpris de constater que ce supporter farouche de Bayrou il n’y a pas si longtemps se fasse à ce point le thuriféraire de Sarkozy, et cela d’une manière pour le moins tendancieuse.


          • Parrhesia Parrhesia 2 juin 2015 12:59

            François Fillon, comme Alain Juppé d’ailleurs, sont des personnalités présentables et bien éduquées.

             Ceci ne veut pas dire que j’approuve leur politique mondialiste et capitaliste exclusivement financière principalement inspirée par des intérêts venus d’ailleurs ! 
            Ce qui veut dire, par contre, qu’il vont avoir du mal à surnager dans un parti de godillots capable de réinvestir un Nicolas Sarkozy comme président en dépit de ses prestations avérées dans tous les domaines !!!
            Bref ! Que ce soit parce qu’ils sont sociétalement normaux et bien éduqués (comme Fillon et Juppé chez les républicains-ex ump) ou parce qu’ils ont quelques idées socio-économiques raisonnables et viables (comme Montebourg chez les socialistes-capitalistes) il ne fait pas bon être avoir la moindre qualité lorsque l’on milite dans les rangs de nos partis dits « de gouvernement » !!!

            • jeanpiètre jeanpiètre 2 juin 2015 18:17

              Citer Simone Weil et faire un publi-reportage pour un de nos partis pourris de la tête aux pieds,

              Quelle audace !

              • fatizo fatizo 2 juin 2015 18:21

                Les RIPOUBLICAINS , voilà leur nouveau nom.


                • oncle archibald 2 juin 2015 18:27

                  Tout le monde sent bien que « ça ne peut pas durer comme ça » et n’en déplaise à Fergus le discours qu’il qualifie d’insultant de Nicolas Sarkozy l’était beaucoup moins que tous ceux du parti socialiste quand il se trouvait être le locataire de l’Elysée, et ce avant même la prise de pouvoir, dès le soir de son élection …. Donc les donneurs de leçons sociali-dolatres, à la niche !


                  Cependant dans le discours de Sarkozy on ne sent aucune ambition politique majeure, aucun programme autre que celui de « jouer la revanche » et revenir à l’Elysée. 

                  Les discours de Fillon et Juppé laissent au contraire penser qu’ils ont bien assimilé qu’il est indispensable d’avoir un programme solide, ambitieux et motivant pour remettre en route notre économie et ressouder une « nation » autour de ce projet. Ils y travaillent tandis que Sarkozy occupe le terrain médiatique. J’attends la suite avec une certaine gourmandise.

                  • jfrancois94 2 juin 2015 21:15

                    Rien que le titre « la rennaissance de Paul Bismuth », à mourir de rire !


                    • zygzornifle zygzornifle 3 juin 2015 08:29

                      Sarkozy l’homme qui amenait ses clients fortunés ouvrir des comptes en suisse et qui a fait payer son divorce par le Qatar ......


                      • agent ananas agent ananas 3 juin 2015 10:19

                        Quel coup foireux beau papa Wisner va t’il faire pour remettre en selle son poulain ?
                        « Allo, les réseaux Stay Behind » ?...
                        Par ailleurs comment ce grand dépensier (avec l’argent des autres) va t’il boucler son budget ? Le Guide Kaddhafi n’est plus là et pas certain qu’un nouveau Sarkothon ait du succès.
                        Il ne lui reste plus que l’option « blow job » dans les émirats. Il peut compter sur son ami BHL pour l’initier, car pour Carla la burqa n’est pas idéale pour sucer les wahhabites... smiley smiley smiley smiley


                        • Jean 8 juin 2015 12:57

                          Il sera en prison bien avant 2017

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