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Accueil du site > Actualités > Politique > La rénovation urbaine : programmation d’un échec

La rénovation urbaine : programmation d’un échec

Question sensible au cœur des quartiers sensibles, la rénovation urbaine fait partie de la politique de la ville. Mais l’Etat a décidé de renier ses promesses en matière de financement des opérations, selon le rapport du comité d’évaluation et de suivi de l’ANRU (agence nationale de rénovation urbaine). Récit de la programmation d’un échec volontaire.

Cinq ans après son lancement, l’Etat abandonne la rénovation des banlieues. Dans un rapport qui devrait être rendu public fin novembre selon Le Monde, le comité d’évaluation et de suivi de l’ANRU révèle les retards accumulés et l’insuffisance des ressources budgétaires.

Qu’est-ce que l’ANRU ?

L’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) a été créée par la loi du 1er août 2003 d’orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine.

C’est un établissement public de l’État à caractère industriel et commercial placé sous la tutelle du ministre chargé de la politique de la ville. Sa mission est de contribuer, dans un objectif de mixité sociale et de développement durable, à la réalisation du programme national de rénovation urbaine dans les zones urbaines sensibles (ZUS).

L’ANRU soutient des projets "avec convention" ou "hors convention". En principe, le projet de rénovation urbaine donne lieu à la signature d’une convention pluriannuelle entre l’agence et le bénéficiaire des subventions. On parle alors de "projet avec convention". Mais l’agence peut accorder des subventions sans que le projet fasse l’objet d’une convention pluriannuelle.

Les concours financiers de l’agence sont destinés à quatre types d’opérations : l’habitat, l’aménagement, les équipements, l’ingénierie.

En 2006, l’agence a été rénovée et une exigence plus qualitative a été posée quant à ses choix : développement durable, cohérence, stratégie, concertation sont désormais au cœur de son action.

L’Etat renie ses promesses sous prétexte de crise budgétaire :

La rénovation urbaine était conçue à l’origine comme une aide au bâti. Le suivi humain n’était pas prévu au programme, on en mesure aujourd’hui les dégâts. Des dégradations ont déjà été observées sur "plusieurs sites emblématiques de la rénovation urbaine" selon le rapport du comité d’évaluation et de suivi de l’ANRU.

Mais outre ce défaut d’origine, les experts signalent l’absence totale de volonté de l’Etat de faire aboutir un dispositif qui fonctionne et qui produit des résultats quand il est financé. Leur rapport fait état d’"un déficit de gestion urbaine de proximité qui pourrait menacer les investissements de l’ANRU". Ils soulignent l’insuffisance des moyens accordés au reste de l’action gouvernementale, notamment au plan banlieue de Fadela Amara.

Les crédits sont sabrés par le gouvernement, ce qui fait dire aux experts du comité qu’"il est donc probable que les crédits disponibles ne permettront pas d’atteindre les objectifs du programme", "Le programme risque d’échouer."

En résumé, les promesses faites depuis le lancement du programme par Jean-Louis Borloo en 2003, ne seront pas tenues.

Mais tout n’est pas imputable au seul gouvernement, sur le terrain, des élus freinent parfois les rénovations (démolitions d’immeubles suivies de reconstructions sur d’autres sites) pour, soit empêcher "la construction de logements sociaux sur leur territoire", soit conserver la sociologie de leurs quartiers, autrement dit leur clientèle électorale.

La bureaucratie aussi est en cause et occasionne des retards dans les travaux.

Par accumulation de toutes ces mauvaises volontés, le taux de réalisation se chiffre seulement, selon le rapport, à 43,7 % des opérations programmées, fin 2007.

Mais l’Etat ne montre décidément pas l’exemple par l’"insuffisance chronique" de ses subventions. Dans son budget 2009, le gouvernement prévoit de réduire sa subvention à la portion congrue en exigeant que le financement de l’ANRU soit assuré par le 1 % logement.


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4 réactions à cet article    


  • earth75 earth75 15 novembre 2008 14:31

    Bonjour

    Bel article qui montre bien les différents carrence de toutes part !

    L’ état, les élus locaux, certains habitants qui cassent tout ( j’ habite à Sarcelles et j’ observe et je vois.....),etc,....

    Prendre sur le 1% logement de quoi rebatir les banlieues, mais quelle fumisterie, et pourquoi pas demander au quart monde de renflouer les banques ?

    Non, les banlieues sont en train de bouillir et les petites émeutes de 2005 ( je dis bien petites ), paraitront bien maigre et quand la température fera éclater le couvercle, j’ éspére que ces voyoux de riches, de patrons, de politiciens véreux seront balayés de leurs places et croupiront en prison à vie pour crime sur l’ Humanité.

    Sans révolution sous quelque forme que ce soit. point de salût...........


    • Céline Ertalif Céline Ertalif 15 novembre 2008 23:43

      Ce n’est malheureusement pas surprenant. Le fait même que l’on ait une ministère de la ville ou une politique d’état de la ville dit la monstruosité bureaucratique dans laquelle nous sommes. Le monstre bureaucratique se caractèrise de trois façons : il est dévoreur d’énergie, impotent et finalement toujours menteur. Il faut moins d’état, plus d’action publique efficace et donc une vraie décentralisation qui conduise à du fédéralisme. Ah, si on pouvait bretonniser un peu la France !


      • JONAS Virgule 16 novembre 2008 22:05

        @ L’auteur :

        Votre soupe est imbuvable ! Depuis des décennies les plans de rénovations des banlieues se succèdent. Depuis des décennies à peine rénovées, ces cités sont vandalisées.

        Ces plans sont des rançons exigées par ces populations, qui n’ont comme seul but d’obliger les Gouvernement à leur faire allégeance.

        Votre humanisme cher Monsieur, sachant que plus d’un milliard d’hommes vivent dans le dénuement le plus complet, la faim rongeant leurs entrailles, vous ferez bétonner la totalité des terres cultivables de France.

        Il n’est point nécessaire de sortir de l’ENA " L’École Nationale des Ânes ", pour le comprendre. Mais dans cette école administrative a visé politique, c’est un enseignement de jésuites qui y est dispensé.

        Ils applaudiront votre copie, mais feront exactement le contraire, selon mon raisonnement, car croyez-moi ! Ils ne sont pas sots.

        Seul l’appât du gain qui est indissociable du pouvoir, les motive.

        Tout homme est un prédateur, ils sont au sommet de cette pyramide ! Ils prêchent comme vous l’humanisme, mais se réservent la part des lions.

        L’humanisme, c’est toujours l’autre qui doit en assumer le coût ! Vous avez de l’avenir, vous êtes leur copie conforme.

        @ +  smiley

         

         

         

         


        • La Taverne des Poètes 17 novembre 2008 00:06

          Et la soupe de l’UMP vous la trouvez imbuvable aussi ? Le député UMP François Goulard : dit ceci : "En définitive, l’Etat qui s’était engagé par la loi, il y a un an, à financer le Programme national de rénovation urbaine à hauteur de 6 milliards d’euros avec un minimum annuel de 465 millions, n’a versé au total à l’Anru, au titre de ce programme, que 307,2 millions d’euros, entre 2004 et le 31 août 2008. Il pourrait s’y ajouter d’ici à la fin de l’année un versement de 155 millions d’euros au titre de 2008, pour une dotation budgétaire de 200 millions en loi de finances initiale."

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