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Accueil du site > Actualités > Politique > La résurrection de Marx

La résurrection de Marx

« Marx a été l’homme le plus exécré et le plus calomnié de son temps ». Ainsi parlait sobrement Engels de Marx lors de la cérémonie de son enterrement (1).

On est tenté de dire que c’est toujours vrai aujourd’hui. Ah ce diable de Marx qu’il faut juger et rejuger, condamner et recondamner !

Qui n’a pas lu ou entendu dire que « Marx est mort » et que sa pensée périmée et inutile appartient désormais au passé. La lutte des classes, l’exploitation, l’aliénation, la révolution, etc. sont des vieilleries d’un autre âge. Il faut plutôt s’intéresser au « choc des civilisations », à « la lutte contre le terrorisme », car « la lutte des classes (…) n’est plus d’aucune utilité pour comprendre notre société » (2), disait Mme Lagarde avec son maître Nicolas Sarkozy dont la haine pour Marx n’est plus à démontrer.

Même certains leaders du Parti Socialiste appellent leurs militants à « sortir de la doctrine marxiste » pour gagner les élections (3).

Les « nouveaux philosophes » ne sont pas en reste. Ils brillent essentiellement par leur antimarxisme. Ce mépris pour Marx constitue d’ailleurs leur point de ralliement. Lors des dernières élections présidentielles en France, ils n’ont pas hésité, pour la plupart d’entre eux, à rendre un vibrant hommage au candidat Sarkozy avec qui ils partagent cette vision conservatrice du monde.

L’école aussi a peur du vieux barbu. Au lycée par exemple, M. Darcos, ministre de l’Education nationale, ne supporte plus, comme le Medef d’ailleurs, l’enseignement des Sciences économiques et sociale (SES) où Marx fait partie, avec d’autres penseurs, du programme. Il pense, à tort, que cet enseignement n’accorde pas suffisamment de place à l’économie de marché, à l’entreprise, à la concurrence, etc. Les professeurs de cette discipline seraient dans leur majorité des marxistes ! C’est sur cette base idéologique que le pouvoir politique s’apprête à supprimer les SES et à les remplacer par un enseignement vide de toute analyse et de toute réflexion critique. Marx est utilisé ici comme épouvantail pour liquider cette discipline et répondre ainsi à l’attente des employeurs. Il y a peu de chance que Marx figure dans le nouveau programme dont la finalité, en dernière analyse, est de faire l’éloge de l’ordre établi.

La liste des gouvernements, institutions, intellectuels, médias, etc. hostiles à ce penseur est longue. Quel est alors le crime de cet homme pour susciter autant de haine et de calomnies de son vivant tout comme après sa mort ? Pourquoi cet acharnement à vouloir juger et condamner toujours le même homme ?

Marx n’était pas seulement un penseur, un savant, mais d’abord et surtout un homme d’action, un révolutionnaire : « les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c’est de le transformer », écrivait-il. La science à laquelle il a sacrifié une grande partie de sa vie, était un moyen au service de cette transformation du monde. C’est là que réside la grande différence entre Marx et les autres penseurs. Toute l’œuvre (inachevée) de Marx tend vers cet objectif : préparer la révolution qui permettra l’abolition du capitalisme. Et « à la place de l’ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ces antagonismes de classes, surgit une association où le libre épanouissement de chacun est la condition du libre épanouissement de tous » (4).

Cette vision du monde entre en conflit avec l’ordre établi qui ne cherche qu’à perpétuer les rapports de domination et d’exploitation de l’homme par l’homme. Marx dérange toujours malgré toutes les funérailles qu’on lui a célébrées.

Aujourd’hui, la faillite du libéralisme aux Etats-Unis et en Europe a jeté des millions d’hommes et de femmes dans le chômage et la misère. Et la crise ne fait que commencer ! (5)

L’invasion militaire de l’Irak et de l’Afghanistan et son cortège de massacres, de torture et de souffrances infligées aux populations innocentes de ces deux pays ont heurté la conscience de millions de citoyens à travers le monde. « Le capitalisme porte la guerre comme les nuées portent l’orage » disait Jean Jaurès. Le développement accéléré des inégalités entre le Nord et le Sud de la planète, les ravages écologiques, la malnutrition, la famine, etc. sont les conséquences directes d’un système qui a érigé le profit comme but suprême de sa raison d’être.

Cette situation rend la pensée de Marx plus actuelle que jamais. Il ne s’agit pas de dogmatiser une œuvre toujours en mouvement, mais de la confronter constamment à la réalité. Celle-ci montre, chaque jour qui passe, qu’il ne suffit pas de l’interpréter, mais de la changer.

Mohamed Belaali

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(1) Marx. Pierre Fougeyrollas. Puf

(2) Déclaration devant l’Assemblée nationale le 10 juillet 2007

(3) http://www.lefigaro.fr/politique/2008/03/20/01002-2008032...

(4) Le Manifeste du Parti communiste

(5) http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=44668


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89 réactions à cet article    


  • taktak 3 octobre 2008 14:21

    Article intéressant.
    la réflection ici soulevée, mériterait d’être approfondie en présentant l’explication des crises économiques par l’économie marxiste.
    Notamment le mécanisme de baisse tendancielle du taux de profit qui montre pourquoi les capitalistes ne peuvent pas accepter des réglements empéchant la création de bulle spéculative.

    Si l’on s’interesse à l’analyse du capitalisme monopoliste d’état, on peut aussi mieux comprendre pourquoi on est en train de nationaliser les pertes, alors qu’on a pendant longtemps, et on continue à le faire, privatiser les profits.


    • Mohamed Belaali 4 octobre 2008 10:30

      Merci pour le compliment. Tout à fait d’accord pour approfondir l’article. J’ai tout simplement voulu susciter le débat sur un auteur souvent méprisé.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 5 octobre 2008 13:50

      Le marxisme décrit le cas d’espèce propre a une société industrielle d’une opposition/concertation fondamentale entre l’acquis et le devenir. Une théorie a élargir pour une société d’économie tertiaire

       http://nouvellesociete.org/5183.html

       Pierre JC Allard



    • Johan Livernette Johan Livernette 3 octobre 2008 14:27

      à l’auteur :
      Très bon billet. Réhabiliter la pensée marxiste serait, à mes yeux, du meilleur effet. Ce qui est intéressant, c’est aussi l’interprétation médiatique qui est faite à son sujet. Pour compléter votre article, je vous mets le lien d’une vidéo sur dailymotion que j’avais postée il y a quelques semaines :
      http://www.dailymotion.com/round_affectif/video/x6s0pe_le-diable-porte-un-masque_webcam
      Bonne continuation.

      Johan
      http://livernette.numeriblog.fr/


      • Mohamed Belaali 4 octobre 2008 11:08

        Salut Yohan,
        Effectivement le travail sur Marx et les médias d’aujourd’hui reste à approfondir. Les citoyens n’ont malheureusement qu’un aperçu souvent déformé de l’oeuvre de Marx et d’Engels. Je pense que celle-ci mérite, comme celle des autres penseurs, respect et explication.


      • alcodu 3 octobre 2008 14:39

        Une des meilleures critiques de la pensée marxienne se trouve dans l’ouvrage de Karl Popper :
        La société ouverte et ses ennemis. Tome II. Hegel et Marx

        Karl Popper y analyse très bien les erreurs scientifiques de Marx et notamment son historicisme.

        En revanche, il est à mon avis très indulgent sur l’analyse faite par Marx de la société industrielle du XIXe siècle. Marx a très mal mesuré les conditions de vie misérables des ruraux et le formidable progrès que représentait pour eux la condition ouvrière.

        Comme tous les philosophes dogmatiques, Marx prône le bien au lieu d’oeuvrer er pour le mieux.

        Mais ce que Karl Popper n’a pas relevé et un des aspects les plus choquants de sa pensée c’est son mépris pour les Droits de l’Homme.
        Marx n’a rien compris aux Droits de l’Homme de 1789. Il fait un contre-sens complet sur leur interprétation
        les « droits de l’homme », distincts des « droits du citoyen, » ne sont rien d’autre que les droits du membre de la société bourgeoise, c’est-à-dire de l’homme égoïste ...

        L’analyse de Marx sur les Droits de l’Homme suffit à faire de lui un homme dangereux .
        .


        • spartacus1 spartacus1 3 octobre 2008 14:53

          Marx dogmatique ? J’imagine Alcodu que vous n’avez jamais rien lu de Marx !

          Qu’une bonne partie des gens qui se sont réclamé où qui se réclament de Marx soient dogmatiques, cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Mais Marx lui-même est au contraire tout à fait ouvert.



        • spartacus1 spartacus1 3 octobre 2008 15:00

          Encore un tout petit complément partiel à propos des droits de l’homme.

          Alcodu, pensez-vous que la santé fait partie des droits de l’homme ?

          Si votre réponse est oui (ce que j’espère, sans y croire compte tenu de votre message) alors il faut bien dire que le pays phare du libéralisme, les USA, sont loin, mais alors très loin, de respecter les droits de l’homme à cet égard.
          Près de la moitié des étatsuniens n’ont aucune couverture médicale. En Floride il y a plus de 2000 morts par année faute de soins médicaux. Comme je ne dispose que des chiffres concernant la Floride, je me permet de faire une extrapolation, cela représente plus de 40’000 morts par année aux USA par manque de soins médicaux. Et ces gens là se disent civilisés !


        • ZEN ZEN 3 octobre 2008 16:50

          Alcodu n’a rien compris à la pensée de Marx , quand il dit ::
          "Marx n’a rien compris aux Droits de l’Homme de 1789. Il fait un contre-sens complet sur leur interprétation
          les « droits de l’homme », distincts des « droits du citoyen, » ne sont rien d’autre que les droits du membre de la société bourgeoise, c’est-à-dire de l’homme égoïste ."

          Cette phrase, isolée de son contexte, est une critique de la manière dont la bourgeoisie a détourné de son sens la formule révolutionnaire , pour légitimer ses propres intérêts...


        • Daniel Roux Daniel R 3 octobre 2008 19:59

          "Marx a très mal mesuré les conditions de vie misérables des ruraux et le formidable progrès que représentait pour eux la condition ouvrière."

          Je dois vous contredire là-dessus.

          La condition ouvrière était si horrible qu’en 1848, constatant la dégradation permanente de la santé de ces malheureux, la droite au pouvoir à créée le corps des Inspecteurs du Travail et émis les premières lois de protection sociale sur le modèle allemand.

          Les accidents et les maladies font des ravages. Les conditions de travail sont si pénible pour les hommes, les femmes et les enfants, qu’elles provoquent un taux de mortalité plus élevé dans la classe ouvière que dans les autres classes sociales.

          A lire :

          http://www.bmlisieux.com/litterature/gambier/gambie09.htm



        • Daniel Roux Daniel R 3 octobre 2008 20:02

          @ alcodu

          "Marx a très mal mesuré les conditions de vie misérables des ruraux et le formidable progrès que représentait pour eux la condition ouvrière."

          La condition ouvrière était si horrible qu’en 1848, constatant la dégradation permanente de la santé de ces malheureux, la droite au pouvoir a créé le corps des Inspecteurs du Travail et émis les premières lois de protection sociale sur le modèle allemand.

          Les accidents et les maladies font des ravages. Les conditions de travail sont si pénible pour les hommes, les femmes et les enfants, qu’il provoque un taux de mortalité plus élevé dans la classe ouvière que dans les autres classes sociales.


        • William7 3 octobre 2008 15:19

          Quand je lis ce qu’Engels écrivait en 1845,...je me dis qu’en effet, il n’y a rien de plus actuel.

          Et finalement la vulgate et les antiennes libérales sont plus vieilles que ces idéologues qui parlent d’antiennes marxistes.

          . Le rapport de l’industriel à l’ouvrier n’est pas un rapport humain, mais une relation purement économique. L’industriel est le « capital », l’ouvrier est le « travail ». Si l’ouvrier ne veut pas se laisser enfermer dans cette abstraction, s’il affirme qu’il n’est pas le « travail » mais un homme qui, il est vrai, possède entre autres la faculté de travailler, s’il s’avise de croire qu’il ne devrait pas se laisser vendre et acheter en tant que « travail », en tant que marchandise, sur le marché, l’entendement du bourgeois est alors comme frappé de stupeur. Il ne peut comprendre qu’il puisse avoir avec les ouvriers d’autres rapports que ceux de l’achat et de la vente, et il ne voit pas en eux des hommes mais des « mains » (hands), puisque c’est ce nom qu’il leur jette constamment à la face ; et, comme dit Carlyle, il ne reconnaît pas d’autre relation d’un homme à un autre homme, que celle du paiement comp­­tant. Même les liens entre lui et sa femme ne sont - dans 99 % des cas - qu’un « paiement comptant ». L’esclavage misérable dans lequel l’argent tient le bourgeois marque même le langage, du fait de la domination de la bourgeoisie ; l’argent fait la valeur de l’homme ; cet homme vaut 10,000 livres (he is worth ten thousands pounds), c’est-à-dire il les a. Quiconque a de l’argent est « respectable », appartient à « la meilleure catégorie de gens » (the better sort of people), est « influent » (influential) et ce qu’il accomplit fait époque dans son milieu. Le sordide esprit mercantile imprègne la langue tout entière, tous les rapports humains sont tra­duits en formules commerciales expliquées sous forme de catégories économiques. Com­mande et fourniture, demande et offre, supply and demand, telles sont les formules à l’aide desquelles la logique de l’Anglais juge toute la vie humaine. Voilà qui explique la libre concurrence partout, voilà qui explique le régime du « laissez-faire » et du « laisser-aller » dans l’administration, dans la médecine, l’éducation et bientôt aussi dans la religion où la domination de l’Église d’État s’effondre de plus en plus. La libre concurrence ne veut pas de limites, pas de contrôle d’État ; tout l’État lui pèse, son vœu le plus cher serait d’être dans un régime tout à fait dépourvu d’État, où chacun pourrait exploiter son prochain à cœur joie comme dans la « société » de notre ami Stirner, par exemple. Mais comme la bourgeoisie ne peut se passer de l’État, ne serait-ce que pour tenir en respect le prolétariat qui lui est tout aussi nécessaire, elle utilise le premier contre le second et cherche à tenir l’État le plus possible à distance en ce qui la concerne.

          la suite ici
          http://www.marxists.org/francais/engels/works/1845/03/fe_18450315_11.htm
           


        • Gilles Gilles 3 octobre 2008 16:01

          Effectivement. A quleus mots prêts ça aurait pu être écrit aujourd’hui

          Mais ne prenez pas Seb59 au sérieux ! Lui même avoue qu’il n’entrave rien à la philosophie et pionçait pendant les cours.... alors de là à comprendre des textes aussi longs et complexes...ouh là là là

          Ce gars est un inculte aigri, conscient de ses limites intellectuelles et qui pour amenuiser son aigreur verse dans la haine de l’autre et le cynisme en disant : "Marx roulait pour lui,comme tous les dirigeants de ce monde, les religieux, et meme ceux des pays du moyen orient"


          Et le comble de la bêtise crasse, méchante et dangereuse :

          "L’invasion militaire de l’Irak et de l’Afghanistan et son cortège de massacres, de torture et de souffrances infligées aux populations innocentes"

          Vachement innocentes les populations. Je suppose que vous considerez aussi les terroristes comme des saints.


          Tout irakien et tout afghan de 0 à 99 ans tué est un terroriste, que se soit dit !

          Vous enrôler ce genre de mec dans une milice, lui filez un flingue et lui assurez une impunité, je peux vous assurer que tous les gens qu’ils détestent (presque tous...) vont saigner !


        • Senatus populusque (Courouve) Courouve 4 octobre 2008 10:13
          Actuel, Engels, quand il se réjouissait de la conquête de l’Algérie par la France ?



          Frederick Engels in The Northern Star
          Extraordinary Revelations. — Abd-El-Kader. — Guizot’s Foreign Policy
          Source : M.-E. C.W. Volume 6, p. 469 ;
          Written : in mid-January 1848 ;
          First published : in The Northern Star, January 22, 1848.
          A curious document has just been published and distributed ["Réponse de M. Petit, ex-receveur des finances A Corbeil, aux calumnies répandues à l’occasion de son procès en séparation."] as if for a New Year’s gift to the Chamber of Deputies. It is a statement of facts explaining how a certain M. Petit got the place of a tax collector (receveur particulier) at Corbeil, near Paris, and has been published by M. Petit himself. M. Petit has been forced to this act in consequence of a suit for separation pending between himself and his wife, and in which action it had been alleged that he had bought his place by prostituting his wife to a gentleman intimately connected with M. Guizot. He now declares in his publication —
          “Yes, my place was bought, as all places are bought now-a-day ; but it was bought not with prostitution, but with hard cash only.”
          Then he goes on to detail how he first aspired to the office of a Councillor Referendary at the Court of Accounts. How the ministry promised him that place, if he only could procure the resignation of one of the councillors ; how the minister’s secretary intimated to him, which of the councillors would most likely sell their charge ; how he then, for 15,000 francs, procured the wished-for resignation ; how then he was told he must procure a resignation of a Councillor Referendary, not of the second, but of the first class, as the government wanted such a one in order to fulfil a promise made by them on their coming into office ; how by makeshifts of different sorts, the difference of price of the two resignations was made up ; how at last the resignation was procured ; how then the ministry wanted not only a resignation like that tendered, but one of a higher degree still, of a Master Councillor ; how this new resignation was also procured by the means of “cash down” ; how finally it was offered to M. Petit to accept the tax collectorship of Corbeil, rather than the place in the Court of Accounts ; how M. Petit accepted this ; how then the different resignations were signed and exchanged against the amounts of money stipulated ; and how, two days later, the whole of the royal ordinances were published, accepting the resignations, and promoting and naming the several individuals concerned, to the offices stipulated by the transaction.
          These are the principal facts of the matter. There are some others of less importance, proving how M. Petit, as soon as he was once hooked by having paid the first sum, was made to pay more and more. But these I pass over. I only mention, that in the publication of M. Petit all the names are given in full.
          You will easily imagine what a noise this little pamphlet has made in Paris. All papers are full of it, and the more so, as the Minister of Finance (to which department the Court of Accounts belongs) under whose direction the above transactions took place, had openly denied anything of the sort ever having occurred, when questioned about it in the Chamber by M. Luneau. M. Luneau, at the time, declared the sale of places in the above department to be a matter of public notoriety. Known to the majority, as well as to the opposition. Known to every one, in short, except, it appeared, to the minister himself. M. Lacave met this by a flat denial.[251] Now the matter has come out in a manner which makes all burking impossible. And yet, although all Paris has been full of it for almost a week past, the government has not opened its mouth.
          We only repeat the words of M. Dupin the elder, pronounced when M. Luneau brought the matter forward in the Chamber —
          “It was hardly worth while to make a revolution to abolish the venality of places, if this infamous system is suffered to lift up its head again.”
          The next subject occupying the papers is the capture of Abd-el-Kader, [252] and the resolution which the government will come to as to his future location. There is no doubt they will confirm and execute the Duke D’Aumale’s promise, and send the Emir to Egypt. [253] It is curious that almost all the papers of the Opposition, from the National to the Constitutionnel, demanded the breach of that promise. Now, there is no doubt the promise was granted conditionally, and leaving the government free to confirm, or not to confirm it. The refusal of confirmation would not directly imply, as the Sun has it, an infamy. But there is no doubt, either, that a similar act on the part of any other government, particularly the English, would have been treated by those very same papers as the most infamous treason. It is evident, that, it being impossible to replace matters in the same state as they were when Abd-el-Kader conditionally surrendered, it would imply a want of generosity of the first order to refuse to him the confirmation of the conditions of surrender. But in such questions these national papers are blind, and would commit the same acts for whose commission they blame others. The only two papers which have spoken in favour of confirming the treaty with Abd-el-Kader, are the Presse and the Réforme. The first, a monarchical paper, wanted it confirmed, because the government could not give the lie to a son of the king, to a son of France ; thus reviving the old title of the princes of Royal blood before the revolution.
          “No”, said the Réforme, “the matter is a delicate one — the honour of our country is implied ; in such matters we had better be too generous than too narrow, and therefore, confirm the word given, were it even that of a prince.”
          Again, the Réforme alone has taken the right view of the matter.
          Upon the whole it is, in our opinion, very fortunate that the Arabian chief has been taken. The struggle of the Bedouins was a hopeless one, and though the manner in which brutal soldiers, like Bugeaud, have carried on the war is highly blamable, the conquest of Algeria is an important and fortunate fact for the progress of civilisation. The piracies of the Barbaresque states, never interfered with by the English government as long as they did not disturb their ships, could not be put down but by the conquest of one of these states. And the conquest of Algeria has already forced the Beys of Tunis and Tripoli, and even the Emperor of Morocco, to enter upon the road of civilisation. They were obliged to find other employment for their people than piracy, and other means of filling their exchequer than tributes paid to them by the smaller states of Europe. And if we may regret that the liberty of the Bedouins of the desert has been destroyed, we must not forget that these same Bedouins were a nation of robbers, — whose principal means of living consisted of making excursions either upon each other, or upon the settled villagers, taking what they found, slaughtering all those who resisted, and selling the remaining prisoners as slaves. All these nations of free barbarians look very proud, noble and glorious at a distance, but only come near them and you will find that they, as well as the more civilised nations, are ruled by the lust of gain, and only employ ruder and more cruel means. And after all, the modern bourgeois, with civilisation, industry, order, and at least relative enlightenment following him, is preferable to the feudal lord or to the marauding robber, with the barbarian state of society to which they belong.
          M. Guizot has laid before the Chambers part of the diplomatic correspondence relating to Switzerland and Italy. The first proves again that he has been regularly done by Lord Palmerston, and both prove the intimate alliance France has entered into with Austria. That was the last infamy which as yet had been spared to Louis-Philippistic France. The representative of tyranny, of oppression attained by means the most infamous, — the country of stability and reaction, the ally of France, as reconstituted by two revolutions ! Deeper she cannot sink. But this is quite well. The deeper the bourgeoisie brings down this country, the nearer draws the day of reckoning. And it will come, before the bourgeoisie think of it. There is a party they do not take into account, and that party is the noble, the generous, the brave French people.
          The dispute between the Réforme and the National. has been submitted to a jury selected by both parties. All hostilities are suspended. By the end of this month the decision will be given. May it be as it will, we hope the Réforme will continue in the only course which can save the Democracy of France.
           

        • Senatus populusque (Courouve) Courouve 4 octobre 2008 10:18

          Traduction partielle :

          "En somme, à notre avis, c’est très heureux que ce chef arabe [Abdel ­Kader] ait été capturé. La lutte des bédouins était sans espoir et bien que la manière brutale avec laquelle les soldats comme [Thomas] Bugeaud ont mené la guerre soit très blâmable, la conquête de l’Algérie est un fait important et heureux pour le progrès de la civilisation. Les pirateries des Etats barbaresques, jamais com­battues par le gouvernement anglais tant que leurs bateaux n’étaient pas molestés, ne pouvaient être sup­primées que par la conquête de l’un de ces Etats. Et la conquête de l’Algérie a déjà obligé les beys de Tunis et Tripoli et même l’empereur du Maroc à prendre la route de la civilisation. Ils étaient obligés de trouver d’autres emplois pour leurs peuples que la piraterie et d’autres méthodes pour remplir leurs coffres que le tribut payé par les petits­ Etats d’Europe. Si nous pouvons regretter que la liberté des bédouins du désert ait été détruite, nous ne devons pas oublier que ces mêmes bédouins étaient une nation de voleurs dont les moyens de vie principaux étaient de faire des razzias contre leurs voisins ou contre les villages paisibles, prenant ce qu’ils trouvaient, tuant ceux qui résistaient et vendant les prisonniers comme esclaves. Toutes ces nations de barbares libres paraissent très fières, nobles et glorieuses vues de loin, mais approchez seulement et vous trouverez que, comme les nations plus civi­lisées, elles sont motivées par le désir de gain et emploient seule­ment des moyens plus rudes et plus cruels. Et après tout, le bourgeois moderne avec sa civilisation, son industrie, son ordre, ses « lumières » relatives, est préférable au seigneur féodal ou au voleur maraudeur, et à la société barbare à laquelle ils appartiennent."


        • masuyer masuyer 4 octobre 2008 13:01

          Courouve,

          merci d’avoir mentionné ce texte.

          bien sur vous ne l’avez pas mentionné innocemment. A vous lire, je pense souvent à ces ex-mao devenus néo-cons. Comme je ne sous-estime pas votre grande culture, j’aurais pourtant souhaité que vous remettiez ceci dans un contexte. La pensée de Marx et Engels a tenté d’embrasser la philosophie, l’économie, la politique, l’histoire, etc... Elle est nourrie de philosophie hegelienne et chose courante au XIXè siècle est positiviste, basée sur la foi dans "le progrès". Cette foi s’est d’ailleurs largement répandu et malgré des soubresauts de nostalgie(’"c’était mieux avant"), le sens commun possède une foi inébranlable dans le "progrès", toute tentative de critique de la "société de consommation" se voyant opposer un "tu veux revenir à l’âge des cavernes" péremptoire, à gauche comme à droite.

          Les progressistes du XIXe siècle étaient majoritairement favorables au colonialisme, à l’instar des réactionnaires et conservateurs, et ne différaient que les justifications. Pour autant, il est malhonnête de passer sous silence l’évolution de la pensée "coloniale" des progressistes (voir par exemple Rosa Luxemburg, fine théoricienne marxienne).

          Pour finir, ce passage de Engels devrait au moins vous ravir, tant on sent à quel point l’envie de "civiliser les sauvages" semble vous animer.


        • Cug Cug 3 octobre 2008 15:30

           C’est sur que Marx doit bien se marrer de là ou il est !



          • William7 3 octobre 2008 15:41

            En conséquence, tant qu’existe cette division, il reconnaît certes comme nécessaire la colère du prolétariat contre ses oppresseurs, il y voit le levier le plus puissant du mouvement ouvrier à ses débuts ; mais il dépasse cette colère, parce qu’il représente la cause de l’humanité tout entière et non seulement celle des ouvriers. D’ailleurs, il ne vient à l’idée d’aucun communiste d’exercer une vengeance personnelle ou de croire d’une façon générale, que le bourgeois peut individuelle­ment dans les conditions actuelles agir autrement qu’il ne le fait.

            Tiens, la preuve que Rouillan avait très mal lu ses classiques marxistes.


            • Le péripate Le péripate 3 octobre 2008 16:33

               Très drôle de voir un enseignant marxiste s’insurger de ce que les enseignants seraient jugés comme marxiste... Cherchez l’erreur.


              • Christophe Christophe 3 octobre 2008 19:53

                @Péripate,

                Vous savez, on peut lire Marx sans s’attacher à toutes ses idées. N’est-ce pas le principe du philosophe que de lire aussi bien ce qui l’attire que ce qui lui répugne ? Pour avoir des arguments, il faut lire aussi bien les ouvrage abordant les idées qui sont les notres que les idées que nous combattons.

                Les procès, a priori, sont tout autant dogmatiques que les dogmes dénoncés.

                Marx reste un grand philosophe, que ces idées nous plaisent ou non ; alors pourquoi faire en sorte qu’il ne soit plus enseigné.


              • Le péripate Le péripate 3 octobre 2008 21:12

                 Tout à fait. D’ailleurs le Marx du début a beaucoup de choses pour me plaire. Par exemple le concept de lutte des classes, s’il n’est pas hypostasié, ne manque pas de pertinence. Il y a un Marx libéral. Qui dénonce ceux qui s’arrogent des avantages indues. Les avantages de la noblesse d’Etat. Mais, malgré tout, il reste un penseur relativement mineur, une fois expurgé de ses emprunts et de ses énormes erreurs. Derrière l’histoire de la première internationale, il y a surtout la figure d’Engels. Ne pas oublier non plus que cette organisation avait son siège dans la libérale Angleterre, et pas ailleurs.


              • jaja jaja 6 octobre 2008 06:21

                "La libérale Angleterre" ? C’est à dire cette Angleterre capitaliste et impérialiste, adepte de la politique de la canonnière coloniale dans le monde entier et de la misère effroyable des ghettos londoniens...
                Cet État surpuissant, la Rome du XIXème siècle, qualifié de "libéral".

                Et dire que ces mêmes libéraux nous expliquent à longueur de post que libéralisme et capitalisme ce n’est pas du tout la même chose et que ce n’est pas bien de confondre les deux...


              • alcodu 3 octobre 2008 17:07

                Voici un article sur Marx et les droits de l’homme

                La position de Marx est édifiante.

                Non seulement il n’a rien compris aux Droits de l’Homme mais en plus il ouvre grand la porte vers le totalitarisme.
                .


                • spartacus1 spartacus1 3 octobre 2008 18:49

                  Ta référence, d’un groupuscule droitiste, en parlant de Marx  :
                  A t-il lu le texte ? pourquoi les biens et le fruit de son travail se sont-ils transformés en "fortune" ?

                  La seule et vraie question, c’est que la fortune ne vient qu’en exploitant les autres, par confiscation de la plue-value du travail, les travailleurs ne recevant que, strictement, les moyens de survivre et d’être aptes au travail. Dès lors, toute fortune est illégitime.

                  De toute ma vie, 66 ans maintenant, je n’ai jamais vu quelqu’un faire fortune uniquement avec le produit de son seul travail. Certains, j’en fait partie, ont pu vivre confortablement, mais jamais faire fortune sans exploiter autrui, d’une manière ou d’une autre.

                  Et puis, cette notion d’illégitimité du capital est ancienne. Voir J.J. Rousseau in "
                  Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes (1755)" :
                  Le premier qui, ayant enclos du terrain, s’avisa de dire : "Ceci est à moi" et trouva des gens assez simples pour le croire fut le vrai fondateur de la société civile. Gardez-vous d’écouter cet imposteur, vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n’est à personne. 
                  Quand les héritages se furent accrus en nombre et en étendue au point de couvrir le sol entier et de se toucher tous, les uns ne purent plus s’agrandir qu’aux dépens des autres. De là commencèrent à naître la domination et la servitude.



                  Quant à ta référence, "gauche libérale", quel magnifique oxymore ! Pourquoi pas, après tout "droite étatiste" pendant que l’on y ait.

                  Ah, à propos d’étatisme, j’imagine que tu ne sais pas que le but ultime du marxisme c’est le dépérissement de l’état ?



                • Cascabel Cascabel 3 octobre 2008 20:53

                  La seule et vraie question, c’est que la fortune ne vient qu’en exploitant les autres, par confiscation de la plue-value du travail, les travailleurs ne recevant que, strictement, les moyens de survivre et d’être aptes au travail. Dès lors, toute fortune est illégitime.

                  N’importe naouat.



                • William7 3 octobre 2008 21:15

                  Pour une auteure comme Nancy Fraser, Karl Marx effectue dans la première partie de la question juive une critique du libéralisme encore inégalée à ce jour.


                • Le péripate Le péripate 3 octobre 2008 21:30

                   Ca m’intéresse. Vous auriez un lien ? Même en anglais.


                • William7 6 octobre 2008 23:34

                  Je n’ai pas de liens, il faut lire son ouvrage : "Qu’est-ce que la justice sociale" ? Je pense qu’elle explique cela dans une note de bas de page.


                • Cascabel Cascabel 3 octobre 2008 20:42

                  Marx a été assez intelligent pout ne pas être marxiste.


                  • Cascabel Cascabel 5 octobre 2008 12:54

                    " Moi au moins je ne suis pas Marxiste"

                    Karl Marx.



                  • Cascabel Cascabel 6 octobre 2008 09:54

                    @ Sisyhe

                    Avez-vous moinssé la boutade de Marx, ou le fait de l’ avoir relevée ?
                    Dans les deux cas c’est amusant.


                  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 6 octobre 2008 14:57

                    Jésus a été assez intelligent poour ne pas être jésuite.


                  • Cascabel Cascabel 6 octobre 2008 17:15

                    Ou juif.
                     smiley


                  • finael finael 3 octobre 2008 20:48

                    Juste quelques précisions :


                    - Marx n’a jamais prôné la révolution. Pour lui le système devait s’effondrer de lui-même.

                    J’ai publié moi-même, il y a 12 ans 2 articles sur "Le Capital" - refusés par Agoravox l’année dernière, mais ils sont sur mon site :

                    http://www.finael.fr/finaelb/marx1.html

                    et

                    http://www.finael.fr/finaelb/marx2.html


                    Il est très intéressant de noter qu’il a lui même mis en garde contre la transformation de son travail en dogme :

                    [On ne saurait] métamorphoser mon esquisse historique de la genèse du capitalisme dans l’Europe occidentale en une théorie historico-philosophique de la marche générale, fatalement imposée à tous les peuples (...) pour en arriver en dernier lieu à cette formation économique qui assure (...) le développement intégral de l’homme".


                    • Cascabel Cascabel 3 octobre 2008 20:57

                      Marx a écrit tout et son contraire, vous pouvez lui faire dire ce que vous voulez.


                    • finael finael 3 octobre 2008 22:41

                      Il est clair que vous n’avez jamais rien lu de lui : vous confondez avec la bible


                    • Cascabel Cascabel 5 octobre 2008 12:51

                      Cela me fait un point en commun avec les communistes.
                      Pour ce qui est de la lecture de Marx, je vous jure y avoir mis de la bonne volonté. J’ai essayé.


                    • Michel Maugis Michel Maugis 22 octobre 2008 18:31
                      @Cascabel :
                       
                       
                      Il reconnaît n´avoir jamais rien compris de Marx en disant
                       
                      "Pour ce qui est de la lecture de Marx, je vous jure y avoir mis de la bonne volonté. J’ai essayé."
                       
                       
                      Ce qui lui permets de dire, juste avant :
                       
                      "Marx a écrit tout et son contraire, vous pouvez lui faire dire ce que vous voulez."
                       
                       
                      Conclusion : Cascabel dénigre ce qu´il ne comprends pas,..ou peut être qu´il comprends que trop bien l´essentiel.
                       
                      Le marxisme est un outil extraordinaire de compréhension du monde pour le changer vers plus d´humanité.
                       
                      Et ça, Cascabel comme Bush, ne le veut surtout pas.
                       
                       
                      Michel Maugis

                    • Michel Maugis Michel Maugis 22 octobre 2008 19:12
                      @finael
                       
                      "Marx n’a jamais prôné la révolution. Pour lui le système devait s’effondrer de lui-même."
                       
                      Oui et Non.
                       
                      Pour le marxisme "révolution" est le passage de toute chose d´un état qualitatif au suivant par accumulation quantitative des contradictions internes existant en elle.
                       
                      Il y a même retour après un cycle à la qualité initiale, mais à un degré supérieur de qualité.
                       
                      Communisme primitif et ignard -> esclavagisne -> féodalisme -> capitalisme ->socialisme et dans un avenir très lointaIn communisme de nouveau mais moderne et scientifique.

                      glace -> eau -> vapor -> eau.
                      oeuf -> poussin -> poule -> oeuf 
                       
                      La connaissance du marxisme rend l´occurrence de la révolution comme forcément prônée par ceux qui ont la conscience de ce mouvement.
                       
                      C´est la grande différence de l´esprit, la seule chose consciente d´elle même et donc qui peut influer sur son propre mouvement, d´ou l´apparition des idéologies.

                      C´est justement l´appréciation de l´existence simultanée des conditions subjectives et objectives qui rend la révolution plus ou moins réalisable ou non.
                       
                      Dès lors, donner une explication du changement révolutionnaire du mode de production (qui est une des choses) comme une conséquence inéluctable d´une loi universelle de la Nature en mouvement, ne peut qu´aboutir à prôner son occurrence une fois que les esprits en ont pris conscience.
                       
                      C´est pourquoi, l´utopie du socialisme d´avant Marx, est devenu le socialisme scientifique après lui.
                       
                       
                      Michel Maugis

                    • morice morice 3 octobre 2008 21:42

                       profondeur de pensée du posteur "Marx roulait pour lui,comme tous les dirigeants de ce monde, les religieux, et meme ceux des pays du moyen orient."... Seb59 ne roule pas, lui, il court après sa connerie...

                      première phrase du manifeste " L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes »"

                      parler de la lutte des classes, c’est "rouler pour soi" ??? Seb59 n’a rien lu de Marx. Mieux : il n’a jamais rien lu d sa vie...

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Auteur de l'article

Mohamed Belaali


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