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La trêve hivernale du Politique ?

Nous vivons doublement le temps de la grande pauvreté, au niveau de la vie économique et sociale, tout autant s’agissant de la vie démocratique de notre pays. Comment le débat et la gestion d’un pays aussi important que le nôtre peuvent ils se limiter encore essentiellement au binôme réducteur UMP - PS ? Chacun accompagne de temps à autre en coulisse son propre prolongement, du MPF à Europe Ecologie, les scrutins restent d’autant plus ressentis comme faussés. La politique doit s’inscrire dans le mouvement naturel de la vie et du réel, et ne doit pas se contenter de la « représentation ».

L’émergence d’un nouveau « parti » attestant d’une majorité absolue, celui des abstentionnistes, interroge notre modèle en son coeur même. La politique se limite à un positionnement stratégique invitant les citoyens à adopter le même comportement. Cette obstruction d’un débat réel portant sur les idées, vide le sens même de l’acte du vote et de la relation aux élus. L’enjeu n’étant que de gagner des scrutins, l’action politique perd alors toute crédibilité d’action. Les attentes légitimes du peuple fondées sur des convictions, ne peuvent ainsi qu’être rapidement déçues. L’abstention massive invite d’abord toute la classe politique, à retrouver le courage de penser et d’agir. Telles sont précisément les lettres de noblesse de l’action publique."

Fin de la trêve hivernale pour la classe politique. Avec plus de 53% de majorité, le peuple vient logiquement de la jeter dehors…En 1998 la première tentative eut lieu avec 48 % d’abstention. Le peuple fût clément, l’UM-PS resta locataire des meubles et dorures des chambres du Pouvoir. Aux uns le local, aux autres, le national, et réciproquement. Après le lent rétablissement de la monarchie sous Mitterrand 1 et 2 durant 14 ans, puis 12 ans sous Chirac 1 et 2, le peuple a cru lors des élections Présidentielles dernières à une rupture possible de la Royauté Constitutionnelle. Avec plus de 80 % de participation, le brave peuple se donna ainsi à Nicolas Sarkozy. L’homme incarnait la jeunesse, le dynamisme, la sécurité. Les résidus des deux Régences interminables évoquées se rassemblèrent donc autour du nouveau Napoléon. La valse des courtisans fut rapide. Un nouveau monde commençait. Il n’y avait plus d’opposition. Le pays allait renaître. On serait tous riches. Les feignants pauvres et chômeurs auraient à se cacher, enfin.
 
Rapidement, le changement était manifeste et visible. A peine élu, le président ne cachait pas ses sorties en discothèques ni toutes ses amitiés dans les couvertures de magasines. La modernité arrivait. La politique serait enfin people. Un peu comme sous la première Régence de Tonton 1, durant laquelle toute une frange du Spectacle et du Journalisme était virée illico de la télévision, chacun nota l’apparition de nouveaux visages portant haut le statut de vedettes médiatiques. On serait les Etats-Unis à nous tous seuls. Obama n’aurait qu’à bien se tenir. Les prénoms dansaient alors dans le nouveau ciel de France. Les uns en pinçaient plutôt pour Rachida (devenue Avocate à Paris, Députée en Europe, bientôt Maire de Paris), si belle et toujours vêtue de la plus grande haute couture. Tout « volait » dans les hauteurs. Les autres ne juraient que par Rama. On admirait son esthétique aussi parfaite que ses notes de synthèses orales ponctuées de gestes mécaniques millimétrés des mains. Le nouveau ministre des Sports avait plein de campings et Casinos pour lui tout seul, et un accent à dévorer toute crue l’œuvre de Balzac en regardant un match de rugby. David Douillet nous tenait chaud sous les pièces jaunes. Rapidement, il serait Député, puis Ministre. Tout changeait. Bien sûr, le nouvel élu Elyséen pouvait compter surtout sur l’élue de son cœur pour émouvoir dans les chaumières. Outre un divorce haletant, la romance Elyséenne n’en finissait pas de chavirer nos cœurs éblouis. Il était beau et riche, elles étaient belles. On se pensaient tous VIP. La rolex pouvait enfin s’affichait ! Une ex mannequin chantonneuse mutée en première dame de France ne tardait pas à conférer à la Présidence de notre pays, un rayonnement universel inégalé jusque-là. La jeunesse bronzée triomphait enfin La population majoritairement âgée de notre pays versait sans cesse des larmes paternalistes bienveillantes. L’espoir crevait l’écran. Nous faisions tous notre footing avec notre nouveau Président. Il aimait la chanson Française comme nous.
 
Toute la volaille bobologique élevée sous Tonton Eternel se pressait bientôt aux soirées de la nouvelle Présidence, plus branchée que jamais. Etre de droite s’imposait comme le label de qualité durable, parallèlement à l’émergence de la new Top écologie comme pensée politique révolutionnaire. Tous les petits hommes seraient verts. Changer la société, ici et maintenant, relevait d’une philosophie surannée et étroite. L’enjeu serait à l’avenir de la planète, ou ne serait pas. Zorro faisait un grand retour. Il changerait la face du monde, chassant la vilaine pollution d’un rapide mouvement d’épaule. Tout le monde était ouvertement de droite et le paradis fiscal pointait à l’horizon. Après Obama, Blair, nous avions enfin notre héros, rien que pour nous. Il était formidable. Hélas, le chômage n’en finissait pas de pointer non plus.
 
Le footing du Président commença à recueillir moins de caméras. Une affaire d’état opposait notre nouveau Napoléon à un ancien Premier Ministre. Chacun comprenait que les Monarchies de Tonton 1 et 2 n’avaient pas l’exclusivité des scandales. On ne lavait déjà plus blanc.
 
Le peuple voyait bientôt des milliards d’euros "voler" au dessus de sa tête. Les salaires des grands patrons et amis du Pouvoir (depuis les Monarchies passées) ne pouvaient plus être cachés. Soudain le Président eut un malaise. Précisément, ce malaise devait bientôt gagner la France entière. Le film touchait à sa fin.
 
Les bobologues commencèrent à faire marche arrière, à Gauche toute !. Au local de la rue de Solferino, le portail électronique de télésurveillance retrouvait un peu de sa raison d’être. La candidate Royale coachée par un Agent d‘artiste s’en était allée. La fille du Président rêvé de tous les Français, un certain Jacques Delors, y travaillait sérieusement depuis quelques mois. Le marketing publicitaire retrouva en partie ses beaux quartiers bobos, et l’on songea à promouvoir une sœur jumelle d’Angéla Merkel. Le look fût travaillé jours et nuits pour lancer la nouvelle candidate présidentiable. Les paillettes ne faisant plus recette, la sobriété devint branchée. Le dimanche soir sur TF1, des élus de gauche caviar étaient de nouveau reçus. Les RG prévoyant une raclée pour le Pouvoir en place, il fallait bien faire monter au créneau la parti frère. Le désert pourrait ouvrir la porte à une révolte spontanée, autant occuper le terrain et les esprits.
 
Avec tant de pauvres jonchant nos rues, la médiacratie commence à réclamer un peu de roses pour apaiser sa mauvaise conscience, des roses, même un peu rouges. Chacun doit se mettre au vert en tout cas. Avant qu’un vrai courant n’émerge, on décida ainsi de remettre le concept « Gauche » en course manu militari. La démocratie est militaire, ou ne sera plus.
 
Les mois prochains, il n’est plus exclu qu’on nous serve pendant quelques temps un peu de Mai 81 réchauffé. La sauce pourrait être indigeste. Si la Présidence venait à tomber plus bas encore, la « Gauche » vaut mieux qu’une vraie crise, voire, de vrais courants de pensée politique. Comme nous le répète Jacques Maillot aux « Grandes Gueules » ( entretenir l’illusion de la liberté !) sur RMC, voter autre chose que PS ou UMP serait "une voix de perdue". La liberté serait donc bipolaire.
 
Avec un peu de chance, notre Napoléon (avec respect) pourra donc s’appuyer sur le plat réchauffé de Mai 81 pour retrouver toute sa flamboyante modernité, lors du scrutin de 2012. Autant que « l’opposition » à qui l’on a décidé d’attribuer à nouveau toutes les régions ait son heure de gloire, maintenant. Un échec apparent fonde souvent une victoire future !
 
S’agissant de la démocratie reposant sur le vote réel d’un citoyen sur deux, peut-être moins, qu’importe ! On l’a échappé belle, le scénario bipolaire saura encore fonctionner. L’UM-PS reste fraternellement maître, du jeu. Pour les 12 millions de pauvres, les 5 millions de chômeurs non officiellement avoués, les taux de suicides jamais égalés (200 par an dans le milieu paysan, des milliers de jeunes…), la dette millénaire… on en parlera plus tard, peut-être. De toute façon on a créé plusieurs soupapes, du Front de Gauche à Europemachin… S’il le faut, on agitera le chiffon Front National pour faire peur. Le peuple soumis reviendra alors vers l’UM-PS… La démocratie au garde à vous ! 1, 2, 1... Parti !
 
Telle est bien notre pseudo liberté de pensée parfaitement quadrillée, couvrant par avance et en permanence tout l’échiquier de débats fictifs, afin d’empêcher l’émergence de courants bien réels d’expression. La démocratie est fraternellement en coulisse, ou ne serait plus.
 
Si vraiment tout se dégrade en 2011 pour la Présidence, on trouvera bien l’occasion d’une manif d’étudiants ou de fonctionnaires pour faire gagner la supposée opposition. On a des syndicats pour quadriller à ce niveau, aussi. La France est le pays des Droits de l’Homme, puisqu’on vous le dit !
 
Les 53 % du PA (Parti Abstentionniste) ? On va les expulser rapidement, du débat. Comme de chez eux, ceux qui ne payent pas leurs loyers.
En politique, il n’y a pas de vraie trêve hivernale.
 
Guillaume Boucard
 

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1 réactions à cet article    


  • Ryls 27 mars 2010 03:52

    Je suis désolé mais ce n’est pas jouer leur jeu que de blablater de la sorte, sans vouloir être vexant ou impoli, ou même prétendre pouvoir faire mieux. Il sufffit !!! Nous devons justement nous insurger contre ça prendre position, ne plus laisser faire. Et arreter le soi-disant « politiquement correct » qui n’est ni plus ni moins qu’une auto censure. Mais enfin ils nous menent tous en bateaux et nous on ne dit rien. Prenons donc les rennes de notre grand Etat-nation, l’action civique est notre devoir le militantisme notre moyen. Oui on a 50 pour cent d’abstention, et encore oui c’est le gouvernement qui en est partiellement responsable mais c’est aussi la faute de chacun d’entre nous qui n’ose pas se sortir les doigts du ..l et qui n’ose pas proner ces convictions hauts et forts, mais qui préfére se cacher sous des critiques superficielles.

    Le travail a faire se trouve dans le fond, dans notre fond celui de chacun, la critique ne suffit plus.

    Engageons nous dans le changement proposons des idées nouvelles, (relayons plutôt des idées nouvelles ou qui existent déjà mais qui sont tues médiatiquement.)[par exemple Illich propose une évolution differente de la socièté et montre une allienaton de l’homme face à la place qu’ont pris les moyens de transports (voitures avions) dans nos sociétés dites modernes et évolués]pour moi je trouve que ça fait longtemps qu’on regresse.

     Ouvrons le débat à la reflexion, sur notre évolution et vers quoi voulons nous tendre et surtout pourquoi ????. Aujourd’hui les utopies sont sujets à raillerie c’est triste car du coup on s’installe dans un attentisme (si celà existe). Mais non, bougeons agissons et surtout unissons nous pour nous faire entendre.

    Excusez je me suis quelques peu emballé et peut-etre dérivé c’est peut-être hors sujet mais je pense que tout est lié.

    Pour en revenir un peu au sujet à l’heure actuelle ils nous menent en bateaux tous autant qu’ils sont, ils ne cherchent que leur propre réussite,leur propre intérêts, et puis dans un second temps peut-être à faire des avancées pour le peuple qu’ils gouvernent.

    Mais à cet heure de la mondialisatiion c’est abérant que nous citoyens, nous pensions et réflechisions pour notre petit confort personnels(d’abord), communautaires(ensuite), régionales(...), nationales(...), européens(...), et enfin internationnales. A ce train là nous sommes foutus et morts sas avoir même pus combattre. Pensez que les multinationales et différents consortiums agissent et planifient déjà à une envergure planétaire. Et que à l’heure d’aujourd’hui il n’existe aucune force en présence d’ordre internationale, aucune force d’opposition réunissants des travailleurs de toute la planète derrière une bannière commune et unifié face aux puissances dévastatrices ques sont les mutinationales et leurs délégations gouvernementales.
    Et celà fait presque un siècle que ça n’existe plus, depuis la fin de la troisième internationale ouvrière qui date du temps de l’URSS (avant guerre). Pour vous dire que ca fait un bail. Si nous travailleurs français, peuple fière et revendiquant notre forte imprégnation des droits de l’homme nous ne sommes pas capable de penser plus globale et internationale, nous ne méritons de nous sentir si fière de nos origines du temps des lumières.(sans vouloir faire nationalisme très mal palcés ni prétendre que nous soyons des élites ou que les francs des lumières en est était. Nous avons une histoire forte de révolution parfois très sanglante. Mais les hommes qu’ont constitués la france de la commune de la bastile et des autres ne serait pas fière de nous voir les bras balans avachis devant nos téléviseurs et ruminant les idioties qui tous les jours font notre soit-disant actualité.

     smiley

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