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Accueil du site > Actualités > Politique > La Vème République, morte depuis longtemps

La Vème République, morte depuis longtemps

Les campagnes électorales sont toujours un moment privilégié pour les candidats d’en appeler aux mânes. François Hollande se retourne vers Mitterrand en allant à Jarnac et en essayant d’adopter le ton du vainqueur de 81 dans les discours. Pour Nicolas Sarkozy, c’est la quête gaullienne orthodoxe, la référence aux fondements de la Vème République qui l’emporte parfois. Le 15 janvier dernier le Président de la République était ainsi à Amboise pour rendre hommage à Michel Debré, le père de Jean-Louis, l’initial Premier Ministre du général de Gaulle en 1958, l’un des fondateurs reconnus de cette Vème République. C’était le centième anniversaire de sa naissance. Jean-Louis Debré, le fils, actuel Président du Conseil Constitutionnel, que l’on sait très proche de Jacques Chirac, était à Amboise fort discret même si présent sur la photo. En revanche, accompagné d’Yves Guéna, un autre gaulliste historique, il a fait le voyage de Strasbourg au siège de l’ENA pour parler justement de cette constitution et de ses « évolutions » "Je ne veux pas faire de politique, mais le premier engagement politique de mon père a été radical-socialiste", a-t-il souligné. Un fait demeure, de révision en révision, la constitution de la Vème République a été progressivement complètement dénaturée. Cette évidence ne se veut pas un jugement sur le fond de ces révisions, mais un simple constat.

Le dernier avatar est bien sûr l’instauration du quinquennat avec son corollaire, l’inversement du calendrier, les législatives succédant immédiatement à l’élection présidentielle. Cette réforme réalisée en période de cohabitation Jospin-Chirac cherchait justement à rendre ces cohabitations plus difficiles. Outre le fait que cette supercherie n’assure aucunement l’éradication définitive de la cohabitation, c’est de surcroit le plus dur coup porté à la constitution. Un vrai Président de la République, d’une vraie vème République, avait tous les moyens d’éviter une cohabitation dont il aurait voulu se dispenser. En premier lieu la démission "le peuple venant d’être consulté, ne me donne pas les moyens de la politique que j’entends pratiquer, je m’en vais" Il pouvait également reconnaître le « divorce » entre une opinion « législative » et sa propre réflexion, dissoudre l’assemblée et demander à ce peuple de confirmer ce divorce ou de corriger son premier mouvement. Puis comme disait de Gaulle, se soumettre ou se démettre … Enfin, pourquoi définitivement condamner cette cohabitation ? Nous voyons bien que nous ne fréquentons plus ces « sommets » ou le peuple était appelé simplement à confirmer ou infirmer son dernier vote en en connaissant parfaitement les conséquences politiques. Les parlementaires n'appréciaient pas du tout de telles hésitations, lesquelles pouvaient rendre leur situation très précaire. Dans la campagne actuelle, l’élection présidentielle, nous assistons à la pollution de cette élection fondamentale par celle des législatives. Les sortants font leur compte, essayent d’humer l’air du moment, de deviner le vainqueur. L’exemple le plus frappant et récent est celui des négociations alambiquées entre le PS et EELV pour quelques circonscriptions. Mais il ne saurait être question de passer sous silence les tribulations parfois ubuesques entre le Nouveau Centre, le MODEM et l’UMP. Nous sommes bien loin de la Vème République des fonds baptismaux. Pourquoi pas ? Mais alors n'invoquons pas les mânes.

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12 réactions à cet article    


  • grievement BLESSEE AVEC CHIRAC mise a mort en 2007 PAR

    le VOYOU DE LA REPUBLIQUE..........SARKOZY


    • Defrance Defrance 25 janvier 2012 11:12

      Et maintenant on a un .... qui ne respecte même plus la loi ! 

      Le père Pàl a déjà usurpé la nationalité Française en ne faisant pas les cinq ans d’engagement dans la Légion étrangère ! 

      Après s’être inscrit hors délai ( problème identique a Rama Yade qui a des ennuis à Colombes) le fils n’a pas utilisé son VRAI NOM ! 

       La presence de la particule pouvait lui couter des milliers de Voix sans compter les sarcasmes comme Nazi-Bonsaï ... ( de Villiers comme Dupont Aignan sont pénalisés par leur noms ! 

      Sous quel nom va t il se présenter en 2012 ? Nagybócsai Sárközy Nicolas ou Sarkoléon ?

      Il faut remercier l’auteur de ce Blog qui va libérer la France d’une page sombre de son Histoire où l’axe Auteuil Neuilly Passy à réussi a prendre le pouvoir de manière illégale !

      2007-2012 : Pas de président mais un imposteur qui est en infraction avec la loi du 6 fructidor de l’an II (6 février 1793) qui vise à empêcher quiconque de porter d’autres nom et prénoms que ceux inscrits à l’état-civil.

      Nicolas SARKÖZY de NAGY BOCSA est en complète violation de la loi et tombe sous le coup du code pénal ! (articles 433-19 et 433-22)

      Article 433-19

      Modifié par Ordonnance n°2000-916 du 19 septembre 2000 - art. 3 (V) JORF 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002.

      Est puni de six mois emprisonnement et de 7500 euros d’amende le fait, dans un acte public ou authentique ou dans un document administratif destiné à l’autorité publique et hors les cas où la réglementation en vigueur autorise à souscrire ces actes ou documents sous un état civil emprunt :

      1° De prendre un nom ou un accessoire du nom autre que celui assigné par l’état civil ;

      2° De changer, altérer ou modifier le nom ou l’accessoire du nom assigné par l’état civil.

      Article 433-22

      Les personnes physiques coupables de l’une des infractions prévues au présent chapitre encourent également les peines complémentaires suivantes :

      1° L’interdiction des droits civiques, civils et de famille, suivant les modalités prévues par l’article 131-26 ;

      2° L’interdiction, pour une durée de cinq ans au plus, d’exercer une fonction publique ou d’exercer l’activité professionnelle ou sociale dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise ;

      3° L’affichage ou la diffusion de la décision prononcée dans les conditions prévues par l’article 131-35.

      Article 433-22 modifié le 6 août 2008

      Les personnes physiques coupables de l’une des infractions prévues au présent chapitre encourent également les peines complémentaires suivantes :

      1° L’interdiction des droits civiques, civils et de famille, suivant les modalités prévues par l’article 131-26 ;

      2° L’interdiction, suivant les modalités prévues par l’article 131-27, soit d’exercer une fonction publique ou d’exercer l’activité professionnelle ou sociale dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise, le maximum de la durée de l’interdiction temporaire étant porté à dix ans, soit, pour les infractions prévues par les articles 433-1, 433-2 et 433-4, d’exercer une profession commerciale ou industrielle, de diriger, d’administrer, de gérer ou de contrôler à un titre quelconque, directement ou indirectement, pour leur propre compte ou pour le compte d’autrui, une entreprise commerciale ou industrielle ou une société commerciale. Ces interdictions d’exercice peuvent être prononcées cumulativement

      D’après la loi, l’attribution du nom de famille s’opère lors de la déclaration de naissance de l’enfant auprès de l’officier d’état-civil et non selon les besoins des campagnes de communication des candidats à une élection.

      La règle veut qu’il prenne le nom de son père né : nagybócsai Sárközy et devenu par engagement dans la légion étrangère Sarközy de Nagy-Bocsa, puis exempté et rendu à la vie civile après trois ans ou trois mois (selon les sources)

      Il aurait pu y ajouter le nom de famille de sa mère : Mallah, ce qui aurait donné une déclaration légitime à l’état-civil Nicolas Paul Stéphane Sarközy de NagyBocsa-Mallah.

      La loi du 6 fructidor de l’an II est d’ordre public. Elle s’impose donc à tous et plus particulièrement aux magistrats et institutions d’État.

      La loi du 8 janvier 1993, entrée en vigueur le 1er février 1994, prévoit la possibilité d’un changement de nom pour un patronyme à consonance étrangère. Toute une procédure est alors nécessaire afin de demander le changement de son patronyme. Le demandeur doit avant toute chose, faire publier la modification envisagée au Journal officiel et dans un journal désigné pour les annonces légales dans l’arrondissement des personnes concernées. Selon le journal officiel du 1er janvier 2005 texte 3/146, il s’appelle effectivement : Nicolas SARKÖZY de NAGY BOCSA.

      Par Conséquent, après la validation illégale des comptes de Campagnes de Chirac et Balladur le Conseil constitutionnel et la Commission nationale de contrôle de la campagne en vue de l’élection présidentielle (CNCCEP) ont donc validé illégalement l’élection de Nicolas Paul Stéphane SARKÖZY de NAGY BOCSA !

      La Justice pourrait aussi invoquer l’Article 313-1 par le fait que le nom « simplifié » lui à permit de capter les voix de certains « anti étrangers » et:ou « anti noblesse » et par conséquent augmenter ses revenus en devenant président et eventuelement permettre de ne pas devoiler tout son patrimoine ?

      Une plaine a été déposée le 7 mai 2007 :

      L’élection de Nicolas Sarkozy est illégale

      A Monsieur le doyen des juges « d’instruction » Tribunal de grande instance de Paris 4, boulevard du Palais PARIS

      Plainte avec constitution de partie civile auprès de Monsieur le doyen des juges « d’instruction » siègeant par devant le tribunal de grande instance de Paris* Pour : Le président de « la Polynésie française », des Françaises et des Français René, Georges, HOFFER, né le 28 février 1955 à Strasbourg (FRANCE - 67), BP 13722 98717 - PUNAAUIA, TAHITI

      Contre : Monsieur Nicolas SARKÖZY de NAGY-BOCSA, 52, boulevard Malesherbes - 75008 et/ou palais de l’Elysée, rue du faubourg Saint-Honoré 75008 PARIS et Monsieur et Madame le/la « sage », membre du conseil constitutionnel Jean-Louis DEBRE, Guy CANIVET, Renaud DENOIX de SAINT MARC, Olivier DUTHEILLET de LAMOTHE, Jacqueline de GUILLENCHMIDT, Pierre JOXE, Jean-Louis PEZANT, Dominique SCHNAPPER, Pierre STEINMETZ, Jean-Eric SCHOETTL, secrétaire général sis 2, rue Montpensier 75001 – PARIS

      Les plus hautes juridictions sont elles corrompues à ce point elles aussi !


      • Defrance Defrance 25 janvier 2012 11:14

         Merci Jhuss, 

            Ceux qui liront cela veront qu’une VI ou VII ne sert a rien, il suffit be revenir a la VRAI Vème et d’encabanner tous les voyous ? 


        • non SEULEMENT NOUS NE SOMMES PLUS EN REPUBLIQUE ET EN DEMOCRATIE

          _a l’assemblée nationale accoyer n’arrive pas a discipliner ses amis ...a chaque question d’un député de gauche.................le ministre interrogé répond en agressant la gauche....détournant la question 

          IL FAUT REMPLACER CE PETIT ROQUET D ACCOYER AVANT QUE CA DEGENERE
          SI LA DCRI DE SQUARCINI EST AUX ORDRES DE SARKO....C EST TRES GRAVE...A QUAND UN COUP D ETAT ????????????DE LA DROITE POPULAIRE....C EST CE QUE VOUDRAIT NOTRE EMPEREUR DE POCHE DOUBLE D UN VOYOU.................. ?????


        • non667 25 janvier 2012 15:18

          Pour Nicolas Sarkozy, c’est la quête gaullienne orthodoxe, la référence aux fondements de la Vème République qui l’emporte parfois.

          le valet du N.O.M. faire référence au père« du droit des peuples(tous ,pas seulement la france )  : à disposer d’eux mêmes » montre à quel point les politiques peuvent être impunément hypocrites (qui parmi eux ont relevé l’imposture ? ) et les gogos avaler n’importe quoi !


          • non667 25 janvier 2012 15:20

            j’ajoute

            Discours de Phnom-Penh, 1er septembre 1966

            Retour    Mis en ligne le 16 octobre 2006

            Dans la capitale du Cambodge, pays neutre dans le conflit qui oppose les USA et le Vietnam du Sud au Vietnam du Nord (communiste), et devant 200 000 personnes, le Président français critique les États Unis alors en plein conflit au Vietnam, et réaffirme le droit des peuples à disposer d’eux mêmes. Ce discours sera reçu comme une véritable gifle par les Américains. A peine énoncés, ses propos font le tour du monde. La réaction outrée des Américains est pourtant difficilement explicable ?

            En effet ! Que dit le Général ?

            Il rend un hommage vibrant et sincère aux valeurs de liberté qui fondent la démocratie américaine.

            Tous les journalistes s’accordent à dire que c’est l’un des plus nobles et des plus habiles que le Général ait jamais prononcés. Le souverain a rendu un hommage particulièrement appuyé à ce « Saint Georges » moderne qui ose « défendre la justice, le bon droit et la paix », même contre le gré de ses alliés.

            Quand il prend la parole, Charles de Gaulle sait déjà que la résolution du conflit algérien, le passé de la France en Indochine et surtout sa réputation internationale de champion des indépendances vont l’autoriser à manifester une franchise dont peux de chefs d’Etat font preuve.

            En 1968, c’est à Paris que s’ouvrira la conférence qui mettra fin à la guerre du Vietnam.

             

            Entendre le discours - cliquez ici
             

            L’amitié, la confiance ! Oui ! Entre le Cambodge et la France, quelle que soit la diversité des origines et des latitudes, que d’affinités, en effet ! De part et d’autre, une histoire chargée de gloires et de douleurs, une culture et un art exemplaires, une terre féconde, aux frontières vulnérables, entourée d’ambitions étrangères et au-dessus de laquelle le péril est sans cesse suspendu. Le fait, qu’il y a un siècle, les deux nations associèrent pour un temps leurs destinées a pu, certes, aider le Cambodge à maintenir son intégrité tandis que la France y trouvait un très utile concours. Mais, ensuite, ayant, d’un commun accord, séparé leurs souverainetés et donné comme base à leurs rapports une amicale coopération, voici que l’estime et l’affection que se portent mutuellement les deux peuples sont aujourd’hui plus grandes que jamais.

            Cette estime et cette affection, il me faut dire que, pour nous Français, elles sont amplement justifiées par ce que fait le Cambodge, depuis qu’il y a treize ans il a repris l’entière disposition de lui-même. Nous voyons le Royaume, malgré de graves difficultés, agir en faveur de l’équilibre et de la paix dans la région du monde où il se trouve, tout en maintenant sa personnalité, sa dignité, son indépendance. Nous assistons, sous l’impulsion très dynamique de Votre Altesse Royale, à un développement intérieur, dont des centaines d’écoles, d’hôpitaux, de dispensaires, des milliers de petites et de moyennes entreprises, des milliers de kilomètres de routes et de pistes, des dizaines de milliers d’hectares de plantations - le tout réalisé par des ingénieurs, des experts, des travailleurs cambodgiens - attestent d’année en année la vigueur et l’étendue. La devise « Le Cambodge s’aide lui-même », que Votre gouvernement a inscrite sur tous les chantiers, est, pour le peuple khmer, un motif de juste fierté et, pour d’autres, un encourageant exemple. Nous constatons, au surplus, que cet effort national ne détourne nullement votre pays de recourir à la langue et à la culture françaises, ainsi qu’aux professeurs, aux techniciens, aux médecins, aux industriels français, pour aider à ses propres progrès, tout en utilisant des concours fournis d’ailleurs et en faisant légitimement en sorte que les réalisations accomplies sur son territoire aient été voulues par lui et le servent directement. Au total, nous voyons le Cambodge, bien qu’il demeure fidèle à ses antiques traditions, s’ouvrir délibérément à la civilisation moderne et, grâce à une rare stabilité intérieure, accomplir pas à pas, au profit de tous ses enfants, une remarquable transformation.

            Mais, tandis que le Royaume avance dans la bonne voie, pourquoi faut-il qu’à ses frontières la guerre provoque un déchaînement de massacres et de ruines qui menace son propre avenir ?

            Ces malheurs, le Chef de l’État khmer les avait prévus, mais il avait aussi indiqué à temps ce qu’il convenait de faire pour les conjurer, à condition qu’on le voulût de bonne foi. Au lendemain des accords de Genève de 1954, le Cambodge choisissait, avec courage et lucidité, la politique de la neutralité, qui découlait de ces accords et qui, dès lors que ne s’exerçait plus la responsabilité de la France, aurait seule pu épargner à l’Indochine de devenir un terrain d’affrontement pour les dominations et idéologies rivales et une sollicitation pour l’intervention américaine. C’est pourquoi, tandis que votre pays parvenait à sauvegarder son corps et son âme parce qu’il restait maître chez lui, on vit l’autorité politique et militaire des États-Unis s’installer à son tour au Viêt-Nam du Sud et, du même coup, la guerre s’y ranimer sous la forme d’une résistance nationale. Après quoi, des illusions relatives à l’emploi de la force conduisirent au renforcement continuel du Corps expéditionnaire et à une escalade de plus en plus étendue en Asie, de plus en plus proche de la Chine, de plus en plus provocante à l’égard de l’Union Soviétique, de plus en plus réprouvée par nombre de peuples d’Europe, d’Afrique, d’Amérique latine, et, en fin de compte, de plus en plus menaçante pour la paix du monde.

            Devant une telle situation, dont tout donne, hélas ! à penser qu’elle va aller en s’aggravant, je déclare ici que la France approuve entièrement l’effort que déploie le Cambodge pour se tenir en dehors du conflit et qu’elle continuera de lui apporter dans ce but son soutien et son appui. Oui ! La position de la France est prise. Elle l’est par la condamnation qu’elle porte, sur les actuels événements. Elle l’est par sa résolution de n’être pas, où que ce soit et quoi qu’il arrive, automatiquement impliquée dans l’extension éventuelle du drame et de garder, en tout cas, les mains libres. Elle l’est, enfin, par l’exemple qu’elle-même a donné naguère en Afrique du Nord, en mettant délibérément un terme à des combats stériles sur un terrain que, pourtant, ses forces dominaient sans conteste, qu’elle administrait directement depuis cent trente-deux ans et où étaient installés plus d’un million de ses enfants. Mais, comme ces combats n’engageaient ni son bonheur, ni son indépendance et qu’à l’époque où nous sommes ils ne pouvaient aboutir à rien qu’à des pertes, des haines, des destructions, sans cesse accrues, elle a voulu et su en sortir sans qu’aient, de ce fait, souffert - bien au contraire ! - son prestige, sa puissance et sa prospérité.

            Eh bien ! La France considère que les combats qui ravagent l’Indochine n’apportent, par eux-mêmes et eux non plus, aucune issue. Suivant elle, s’il est invraisemblable que l’appareil guerrier américain vienne à être anéanti sur place, il n’y a, d’autre part, aucune chance pour que les peuples de l’Asie se soumettent à la loi de l’étranger venu de l’autre Pacifique, quelles que puissent être ses intentions et si puissantes que soient ses armes. Bref, pour longue et dure que doive être l’épreuve, la France tient pour certain qu’elle n’aura pas de solution militaire.

            A moins que l’univers ne roule vers la catastrophe, seul un accord politique pourrait donc rétablir la paix. Or, les conditions d’un pareil accord étant bien claires et bien connues, il est encore temps d’espérer. Tout comme celui de 1954, l’accord aurait pour objet d’établir et de garantir la neutralité des peuples de l’Indochine et leur droit de disposer d’eux-mêmes tels qu’ils sont effectivement, en laissant à chacun d’eux la responsabilité entière de ses affaires. Les contractants seraient donc les pouvoirs réels qui s’y exercent et, parmi les autres États, tout au moins les cinq puissances mondiales. Mais la possibilité et, à plus forte raison, l’ouverture d’une aussi vaste et difficile négociation dépendraient, évidemment, de la décision et de l’engagement qu’aurait auparavant voulu prendre l’Amérique, de rapatrier ses forces dans un délai convenable et déterminé.

            Sans nul doute, une pareille issue n’est pas du tout mûre aujourd’hui, à supposer qu’elle le devienne jamais. Mais la France estime nécessaire d’affirmer qu’à ses yeux il n’en existe aucune autre, sauf à condamner le monde à des malheurs toujours grandissants. La France le dit au nom de son expérience et de son désintéressement. Elle le dit en raison de l’œuvre qu’elle a accomplie naguère dans cette région de l’Asie, des liens qu’elle y a conservés, de l’intérêt qu’elle continue de porter aux peuples qui y vivent et dont elle sait que ceux-ci le lui rendent. Elle le dit à cause de l’amitié exceptionnelle et deux fois séculaire que, d’autre part, elle porte à l’Amérique, de l’idée que, jusqu’à présent elle s’en était faite, comme celle-ci se la faisait d’elle-même, savoir celle d’un pays champion de la conception suivant laquelle il faut laisser les peuples disposer à leur façon de leur propre destin. Elle le dit compte tenu des avertissements que Paris a depuis longtemps multipliés à l’égard de Washington quand rien encore n’avait été commis d’irréparable. Elle le dit, enfin, avec la conviction, qu’au degré de puissance, de richesse, de rayonnement, auquel les États-Unis sont actuellement parvenus, le fait de renoncer, à leur tour, à une expédition lointaine dès lors qu’elle apparaît sans bénéfice et sans justification et de lui préférer un arrangement international organisant la paix et le développement d’une importante région du monde, n’aurait rien, en définitive, qui puisse blesser leur fierté, contrarier leur idéal et nuire à leurs intérêts. Au contraire, en prenant une voie aussi conforme au génie de l’Occident, quelle audience les États-Unis retrouveraient-ils d’un bout à l’autre du monde et quelle chance recouvrerait la paix sur place et partout ailleurs ! En tout cas, faute d’en venir là, aucune médiation n’offrira une perspective de succès et c’est pourquoi la France, pour sa part, n’a jamais pensé et ne pense pas à en proposer aucune.

            Où donc, mieux qu’à Phnom-Penh, aurais-je pu formuler cette attitude et cette espérance, puisque ce sont aussi celles du Cambodge, puisque le Royaume, au milieu de l’Indochine déchirée, apparaît comme un modèle d’unité et d’indépendance, puisque l’amitié active de nos deux gouvernements et de nos deux peuples est aujourd’hui plus vivante que jamais, puisqu’en voici la preuve inoubliable !

             

            Interviewé le 20 août 1966 - quelques jours avant la visite au Cambodge du président de la République française - par François Chalais, de l’O.R.T.F., le prince Norodom Sihanouk déclarait  : "Depuis le retour au pouvoir du général de Gaulle, la France accorde un soutien résolu à notre politique d’indépendance, de paix et de non-alignement, ainsi qu’à la défense de notre intégrité territoriale. Elle consent, en outre, une aide inconditionnelle généreuse à notre édification nationale. C’est l’unique puissance occidentale qui reconnaisse sans réticence ni équivoque l’authenticité de notre neutralité et les progrès que nous avons réalisés par nos propres efforts et sacrifices.« 

            ...


          • MR
            ECRIVEZ UN ARTRCLE

            VOTRE COMMENTAIRE EST TROP LONG

             a l ’ump il reste tres peu de gaullistes... UNE POIGNEE alors....parlez nous de l’avenir de la FRANCE DANS LA CEE et oublions le passé...l UMP L A FAIT EN CASSANT LES AVANCEES SOCIALES DONNEES PAR LE CNR donc le gaullisme est mort...ils l’ont tué par la course au FRIC les élus compris...et leurs amis banksters...avocats d’affaires et marchands d’armes


          • Richard Schneider Richard Schneider 25 janvier 2012 16:02

            Bon article. Il résume bien l’évolution du régime de la V° République.

            Il faut quand même que l’auteur reconnaisse que la Constitution gaulliste était taillée sur mesure pour ... de Gaulle. 
            L’évolution du régime au cours des années 2000, si elle n’a pas altéré ses fondements, n’en a pas moins changé la donne :
            - l’inversion du calendrier concernant les législatives (voulue par Jospin) et la réduction du mandat présidentiel,
            - les « réformes » (inachevées ?) introduites par Sarkozy,
            font que la V° semble se transformer en un régime présidentiel à l’américaine - mais incomplètement : où sont les élections intermédiaires en France, par exemple, qui restreignent sérieusement les pouvoirs du président US ? 
            D’accord pour dire que les cohabitations (surtout celle entre Chirac-Jospin) aient été des périodes de grands troubles institutionnels.
            Peut-être - mais c’est dans l’air du temps - va-t-on évoluer vers une VI° République chère à Montebourg. Instaurer un équilibre satisfaisant entre l’AN et l’exécutif n’est, cependant, pas chose aisée. Que les « experts » en droit constitutionnel prennent le temps qu’il faut avant de décider dans ce domaine, tout en tenant compte de la volonté du peuple - qui n’est pas prêt de se voir déposséder de SON élection présidentielle.

              • Olivier Perriet Olivier Perriet 25 janvier 2012 22:12

                C’est malheureusement vrai :
                les législatives qui viennent juste après la présidentielle, sont complètement déconsidérées.
                Les électeurs vont-ils voter contre le parti du président qu’ils viennent d’élire et qui n’a encore rien eu le temps de faire ?
                Résultat : 50 % d’abstention aux législatives...


                • TSS 26 janvier 2012 10:14

                  la 5ème republique a été devoyée dès son premier utijisateur ... !!


                  • momo momo 26 janvier 2012 10:21

                    Je vais encore passer pour un empêcheur de penser en rond mais il fait rappeler que le créateur de la 5ème fut De Gaulle qui, reprenaant certain aspects de Vichy, définit une république présidentielle. Rappelons ce que Mitterrand écrivaot à l’époque dans son « coup d’état permanent ». En quoi Sarközy, super-président, est-il différent.

                    Là n’est qu’un faux débat, il y a des questions bien plus importante que cette querelle constitutionnelle dont se foutent éperdument les français qui se lèvent tôt.

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