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Accueil du site > Actualités > Politique > La victoire des révoltés du Roannais

La victoire des révoltés du Roannais

Madame Lebranchu avait annoncé fièrement à l'Assemblée Nationale le regroupement forcé de vingt communes au grand Roanne...Tout s'annonçait bien pour ceux qui rêvent de construire de grandes communautés de communes et d'agglomération, coûte que coûte, y compris contre l'avis des maires concernés et de la population locale.

De nombreux maires, opposés à cette annexion ont eu le courage de démissionner de leurs mandats, provoquant de nouvelles élections.

Malgré les pressions exercées, malgré la volonté exprimée par la Préfète, les urnes ont donné raison aux révoltés.

156 élus sur les 158 démissionnaires sont réélus dès le premier tour avec une participation exceptionnelle même dans les 11 communes sur les 12 où une seule liste était en présence.

A Renaison où deux listes étaient en compétition, celle conduite par Jacques Thirouin, ex maire de la ville a été élue par 76 % des votants, battant par là même la liste soutenue pas son ancien premier adjoint.

La démocratie s'est exprimée et a tranché.

Il ne reste plus à la Préfète de démissionner et de laisser la place à un nouveau représentant de l'Etat mandaté pour être à l'écoute de la population ou de ne pas mettre en place le grand Roanne.

Certains commentateurs, mauvais joueurs et surtout pseudos démocrates affirment que les élus qui refusent les regroupements sont des frileux et des rétrogrades qui défendent leurs propres intérêts.

Les résultats des élections municipales prouvent que la population, elle, suit les élus démissionnaires et partagent leur combat.

Il ne s'agit pas de l'affrontement entre ceux qui veulent rester dans leurs prés carrés et ceux qui veulent mutualiser les moyens pour plus d'efficacité au service des citoyens.

Les élus « révoltés » demandent l'abrogation des schémas départementaux de coopération intercommunale (SDCI) imposés et que s'applique la libre administration communale et le libre regroupements.

Ils s'étaient prononcé, non contre toute coopération mais pour un projet, celui de « Plaine et Côte Roannaise » qu'ils avaient conçu et construits.

Dans d'autres départements des élus de toutes tendances organisent eux aussi la résistance.

La victoire des élus du Roannais est un avertissement pour le pouvoir et un encouragement pour l'entrée en résistance de ceux qui sont attachés à la République.

 

Jean-François Chalot
 


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7 réactions à cet article    


  • gegemalaga 23 mars 2013 10:00

    bon :

    si les communes sont regroupées , elles n’existent plus comme entitées ; alors ? pourquoi ces elections ??

    si je compte bien : 20 communes et 158 elus...  
    donc pour nos 36.000 communes française : 570.000 elus

    mais , si au lieu de les regrouper ( comme l’Italie , ou l’Espagne) , on les multipliaient ...
    chaque français , en plus d’etre electeur ,
    se verrait aussi élu !!

    et c’est c’a que Charlot appellerai un « attachement à la Republique » ... !
    pauvre France !!
    gegemalaga

    • Michel DROUET Michel DROUET 23 mars 2013 11:34

      Bonjour gegemalaga

      Vous n’êtes pas loin du compte : il y a 520 000 conseillers municipaux, dont dertains sont également conseillers communautaires (2600) et 16000 conseillers syndicaux (eaux, transports, ordures ménagères...) qui sont aussi des conseillers municipaux. Ajoutons à cela 4054 conseillers généraux, 2091 conseillers régionaux.

      En ajoutant les députés, sénateurs et députés européens, on arrive à près de 560 000, mais si on compte en individus, cela fait beaucoup moins en raison du cumul des mandats et des délégations.

      Cela constitue un record en Europe et sans doute au-delà.

      La démocratie locale trouve t-elle son compte dans cet empilement (sans compter les dépenses qui doublonnent) ? A vous de le dire. Pour ma part, j’ai déjà une idée précise.

      Vous pouvez également lire l’article publié aujourd’hui sur ce site : « Décentralisation : un projet de loi à mettre au pilon »


    • PASDUPE 23 mars 2013 11:05

      C’est une bonne nouvelle pour les communes. Les français d’une manière générale y sont très attachés et dans ce cas précis, leur volonté, exprimée par le vote, doit être respectée par les « décideurs » qui ont de plus en plus la très fâcheuse manie de vouloir imposer leur seul point de vue. Ce qui est parfaitement inacceptable.

      Pour la préfète, c’est un discrédit total.

      Je crois qu’ils sont de plus en plus nombreux, qu’ils soient préfets, députés, sénateurs, ministres, à devoir faire face à une défiance grandissante de la population, voire une exaspération, face à leurs actes, leur absence d’actes, leurs agissements digne du « fait du prince ». A croire que la France leur appartient et qu’ils sont donc en droit d’en faire ce qu’ils veulent. Nous représenterions alors à leurs yeux qu’une entrave à leurs desseins.

      Le divorce est consommé.

       


      • Michel DROUET Michel DROUET 23 mars 2013 11:24

        Bonjour Chalot

        C’est dans votre nature de valoriser les luttes et je n’y suis pas opposé.

        Maintenant, votre article manque de précisions.

        Un ex maire réelu par 76 % des votants, cela ne veut pas dire grand chose, c’est avant tout le nombre de votants par rapport au inscrits qui est important et donne une idée de l’état de notre démocratie. Or, on constate que le nombre d’abstentions s’accroit d’année en année par désintérêt et aussi parce que les citoyens ne comprennent plus rien au système de gouvernance locale.

        La seconde chose à savoir, c’est la nature de l’information qui a été délivrée aux électeurs et s’il y a eu une véritable information dans le sens « éducation populaire » à laquelle je suis également attaché. Est-ce qu’on leur a fait état de tous les enjeux ou bien s’est t-on contenté d’agiter le chiffon rouge en leur disant qu’ils n’auraient plus de Maire, par exemple ?

        La question du cumul entre Maire ou Conseillers municipaux et délégué aux communautés de communes fait sans doute partie des non-dits et a sans doute également joué (la peur de perdre son influence pour l’élu...)

        Bref, il n’est pas exclu que cette victoire soit à relativiser.

        Post scriptum pour pasdupe : en raison du cumul de mandats, il y a fort à parier que les élus que vous citez, soient aussi des élus locaux qui cherchent à préserver leur pré carré avant tout pour faire carrière.


        • CHALOT CHALOT 23 mars 2013 12:25

          Le taux de participation est important, plus d’un électeur sur 2 voire deux sur 3


          • Antenor Antenor 23 mars 2013 13:28

            Sur l’ensemble du territoire concerné, les élus qui ont voté en faveur du projet représentent 82 % de la population. Il aurait été plus juste d’organiser un référendum à l’échelle de tout le Roannais plutôt que de laisser les citoyens otages de leurs édiles.

            http://rhone-alpes.france3.fr/2013/03/17/elections-dans-le-pays-roannais-apres-la-vague-de-demission-de-janvier-217853.html

            C’est le même problème qu’à Lyon, les nantis de l’Ouest sont bien contents d’utiliser les services publics de l’agglomération financés par les urbains mais ils ne veulent surtout pas mettre la main à la poche.

            Ce ne sont pas les communes qui sont appelés à disparaître mais les petites communautés de communes justement créées pour des histoires de gros sous afin d’échapper à la nécessaire restructuration territoriale.

             


            • Michel DROUET Michel DROUET 23 mars 2013 20:35

              Bonsoir Antenor

              Votre lien fait apparaître des éléments qui ne sont pas indiqués dans le billet de Chalot et c’est effectivement le problème rencontré dans beaucoup de Départements, à savoir que les habitants des communes périphériques veulent bien utiliser les services de la ville centre, mais sans payer ou bien encore ne pas partager leurs recettes fiscales lorsqu’elles en ont.

              En fait, nous sommes dans des cas typiques d’égoisme, voire de la peur des autres (dès fois qu’on nous imposerait des logements sociaux avec de la « racaille », comme je l’ai entendu pas loin de chez moi...).

              Tout cela est « mixé » et resservi de manière biaisée par les élus qui entretiennent la confusion auprès des électeurs, élus qui ont peur d’être noyés dans des intercos plus grandes et qui tiennent à garder leur prestige.

              Donc, avant de se réjouir de la « révolte » des élus, il est nécessaire de décoder les situations et de les exposer afin de faciliter la compréhension.

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