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Accueil du site > Actualités > Politique > Le budget 2014, ou : scolies sur « des nouilles encore »

Le budget 2014, ou : scolies sur « des nouilles encore »

Ce qui est bon pour les entreprises sera bon pour les ménages,

C'est ce qu'a déclaré sur LCP le rapporteur général du Budget à l'Assemblée, Christian Eckert (PS).

La logique annoncée du budget 

On aurait préféré lui entendre dire : « Ce qui est bon pour les travailleurs et les ménages sera bon pour les entreprises ».

Comme il prend ses auditeurs pour des courges, il a approfondi  : « On ne peut pas avoir des entreprises sans salariés et des salariés sans entreprises. Il faut équilibrer les choses. Le premier problème du pouvoir d'achat dans notre pays, c'est le chômage. Donc, ce qui est bon pour les entreprises sera aussi à terme et assez rapidement bon pour l'emploi et donc pour le pouvoir d'achat des ménages ».

Le chômeur se dit de son côté que s'il avait du travail, ce ne serait pas mauvais pour son entreprise, mais il sait très bien que si le budget n'est pas favorable à son ménage dans l'immédiat, il y a peu de chances pour que cette entreprise ne soit autre chose qu'un fantôme qui hante ses nuits blanches.

En tous cas le rapporteur PS a annoncé la couleur : il s'agit d'un budget plus favorable aux entreprises qu'aux ménages.

Le côté « socialiste » du budget

Ce qui vient corroborer les raisonnements de ses auditeurs, qu'ils soient chômeurs ou en ménage ou les deux à la fois, c'est que le même s'est félicité de la fin du gel du barême de l'impôt sur le revenu et de l'instauration d'une décote pour les plus bas revenus.

« Cela fait un petit milliard et demi d'euros d'amélioration du pouvoir d'achat pour les ménages. Compte tenu des contraintes budgétaires qui restent présentes -la croissance, on sent des frémissements mais ce n'est pas encore inscrit dans la durée-, cela va dans le bon sens », a estimé le rapporteur général du Budget.

Ou bien le rapporteur reconnait ainsi implicitement, sans crainte de se contredire, que toute amélioration du pouvoir d'achat ne peut qu'être bonne pour l'économie.

Ou bien, - ce qui paraît beaucoup plus vrai et proche de ce qu'un socialiste peut atteindre comme limite dans le cadre de la pensée socialiste à la sauce social-libérale, - il dissocie complètement le bien-être des ménages de la relance par l'accroissement de leur demande, leur consommation, pour ne voir dans cette mesure, « le petit milliard » accordé, que son aspect philanthropique.

Pour résumer le contenu de cette pensée : les faveurs accordées aux entreprises sont supposées redonner vigueur (dans un proche avenir) à la consommation, mais la consommation, elle, n'est que pure perte.

Activité industrielle et consommation

Quand les entreprises sont supposées remises sur pied, la consommation ne participerait pas à l'activité économique, c'est du gaspillage en somme.

Par contre, la consommation de matières premières par les entreprises relève, elle, de la saine activité économique.

Ce qui est assez logique et confirmé par le fait qu'il faut satisfaire dans le même temps la demande des entreprises sur ce qu'elles nomment « le coût du travail », c'est-à-dire le loyer qu'elles sont tenues de verser au détenteur de la force de travail qu'elles exploitent pour assurer leurs profits ; ce « coût du travail » n'étant au fond que ce qui permet au travailleur de consommer pour entretenir sa force de travail.

D'autre part, « le petit milliard » du rapporteur est croustillant si l'on se rappelle que l'Etat a accordé 20 milliards d'euros aux entreprises par le Crédit impôt compétitivité, financés en partie par une augmentation de la TVA, le plus injuste des impôts : de 7 à 10%, et de 19,6 à 20%, déjà votée en 2012.

Le contre-chant profond du Ministère de l'Economie

Et dans le droit fil de ces mesures, le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a officialisé ce mercredi le fait que la prochaine réforme sur l'imposition des entreprises visera à compenser la hausse des cotisations sociales des entreprises prévue dans le projet de loi sur la réforme des retraites.

Ce qui est le plus éclairant, au delà de les ratiocinations sur les attendus du Gouvernement au budget qu'il propose : l'Elysée et Matignon entendent tenir leurs engagements auprès de la Commission européenne, en parvenant à 3,6% de déficits publics en 2014, puis en repassant sous le plafond européen des 3% fin 2015, comme réclamé également par Bruxelles.

La France n'a d'ailleurs pas le choix, depuis la ratification du dernier traité européen comprenant la règle d'or budgétaire et les nouvelles prérogatives de contrôle de Bruxelles sur les budgets des 28.

« Le rythme de réduction des déficits ne va pas aussi vite que nous le voulons », a reconnu le ministre délégué au Budget Bernard Cazeneuve, estimant que c'était le fait « essentiellement de la conjoncture européenne et internationale ».

Conséquence directe : 18 milliards d'efforts supplémentaires.

Pour y parvenir, le gouvernement a fait ses choix :

  • 3 milliards d'euros de recettes à trouver en plus, surtout dans la poche des particuliers à travers la fin de certaines niches fiscales
  • 15 milliards d'euros d'économies dans les dépenses de l'Etat

« C'est un projet de loi de finances offensif et juste qui soutient la croissance d'aujourd'hui et prépare la croissance de demain », a commenté Pierre Moscovici, évoquant un projet « courageux, réformiste », qui « n'a pas été facile à conduire ».

Mieux que la droite : le social-libéralisme

Il ne faudra pas compter sur l'Etat pour participer au soutien de la croissance, c'est le rôle dévolu aux entreprises qui nous feront bientôt voir ce que nous allons voir.

Concrètement, mis à part l'Education nationale et à un degré moindre l'Intérieur et la Justice, tous les services de l'Etat vont voir leurs effectifs poursuivre leur diminution.

Les missions de services publics vont aussi en prendre un nouveau coup, avec de nouvelles coupes claires dans les budgets d'intervention de l'Etat. Le détail de ces coupes viendra plus tard.

Les services publics d'un côté, les particuliers de l'autre, vont supporter la majeure partie des 15 milliards d'économies budgétaires. Les entreprises, elles, seront bichonnées.

Des économies à la hache. C'est donc ce qu'a promis le gouvernement ce mercredi en annonçant les objectifs de son projet de budget 2014.

Quinze milliards d'économies sur le budget de l'Etat. L'effort est qualifié par Jean-Marc Ayrault de « sans précédent ». Même la droite au pouvoir n'avait jamais osé.


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7 réactions à cet article    


  • rocla+ rocla+ 12 septembre 2013 09:45

    Des nouilles encore ?


    Il est interdit de s’ enrichir dans ce pays .

    Plus que des nouilles molles .

    • Dwaabala Dwaabala 12 septembre 2013 11:07

      Bonjour,
      Il est interdit de s’ enrichir dans ce pays . Pas à tout le monde.


    • howahkan Buddha 12 septembre 2013 11:05

      ben oui banane ,seul il est impossible de s’enrichir, et je dirais même plus de survivre, il faut donc bien aller le voler sur le travail des autres...c’est ce que fait aussi l’armée us, pour l’instant beaucoup s’en foute car ça semble être loin, mais les bruits de bottes se rapproche t il y aura toujours les même éternels couillons pour dire : on ne savait pas....avant d’être exécuté..Laissé a eux mêmes ,sans intervention colonialiste, les peuples trouvent toujours les moyens pour vivre....
      business = guerres, crimes, toujours....derrière chaque guerre il n’y a que ce seul motif..business,profit,riche.........= guerre et meurtre de masse

      que ceci soit écrit et que ceci soit répété...


      • LE CHAT LE CHAT 12 septembre 2013 12:55

        faut pas s’étonner qu’ils préfèrent parler de 2025 que de 2014 !!!!


        • Dwaabala Dwaabala 12 septembre 2013 13:05

          Et c’est contagieux puisque ma Mutuelle emboîte le pas : son avenir pour 2025, mais ses administrateurs ne sont sans doute pas éloignés de ceux qui président aux destinées de la France.


        • Kern Kern 12 septembre 2013 18:54

          Voilà ce qui arrive lorsque l’on est gouverné par des incapables



          D’une taxe à l’autre

          D’un impôt à l’autre

          Pourquoi ?

          Faire perdurer Hollande ?

          Misère..misère...pauvres de nous..... smiley  smiley   smiley

          • Kern Kern 12 septembre 2013 19:01

            Heureusement que les américains dont pourtant il lèche le bas du pantalon de leur président sont là pour nous faire rire



            Pas très reconnaissants nos amis des States

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