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Accueil du site > Actualités > Politique > Le compte des rythmes....

Le compte des rythmes....

L'aménagement des rythmes de l'enfant et notamment des rythmes scolaires peut s'effectuer dans des bonnes conditions si deux conditions sont remplies :

  • le lancement d'une vraie concertation avec les syndicats enseignants, les parents d'élèves, les personnels d'animation et les mouvements d'éducation populaire ;

  • un engagement ferme et définitif du gouvernement de prendre totalement à sa charge sur le budget de l'Etat, et lui seul les dépenses nouvelles occasionnées par ce changement.

Si au début, ce sont les syndicats d'enseignants, poussés par leur base qui se sont opposé à une réforme aux forceps, aujourd'hui ce sont des municipalités qui refusent de payer les frais d'une telle réforme...Ici ce sont des conseils municipaux qui ne mettront en chantier la réforme qu'en septembre 2014 et même d'autres qui refusent carrément d'entrer dans le dispositif imposé.

De qui se moque le gouvernement lorsqu'il demande aux municipalités de financer l'animation péri et post scolaire dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires ?

Comment ces municipalités pourront elles faire face à ces nouvelles dépenses alors que l'Etat baisse de 4,5 milliards d'euros les dotations aux collectivités locales ?

Les élus ont vite fait leurs comptes :

s'ils appliquent la réforme dès septembre 2013, il leur faudra débourser en déduisant l'aide de l'Etat donnée la première année, entre 100 et 150 € par enfant scolarisé.

Des bruits persistants et surtout le fait que le contrat d'objectifs et de gestion entre l'Etat et la Caisse Nationale d'Allocations Familiales ne soit pas encore élaboré font craindre le pire :

L'aide de l'Etat de 50 € par enfant scolarisé risque d'être prise sur le fonds d'action sociale des CAF.

Ne risque t-on pas de voir baisser les subventions versées aux structures de proximité et notamment aux Centres sociaux ?

Si demain les CAF doivent financer toutes les écoles, il y a fort à parier qu'il y aurait alors la fin de la « discrimination positive » et en effets pervers :

le départ de fonds dédiés aux quartiers difficiles pour le financement partiel de toutes les collectivités territoriales .

Quant à l'aide pérenne complémentaire apportée aux communes en difficultés, elle risque de découler d'un redéploiement.

C'est toute l'action sociale des CAF qui est en péril.

Si demain la dotation de l'Etat n'augmente pas d'une manière significative, les commissions d'action sociale des CAF et les Conseils d'Administration seront contraints d'effectuer des choix difficiles et de rogner sur les subventions données à des associations et structures qui maintiennent et développent du lien social dans les cités, les villes et les villages.

Jean-François Chalot


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7 réactions à cet article    


  • mac 16 mars 2013 09:03

    Le problème de l’école ne vient pas spécialement des rythmes scolaires mais de programmes inadaptés et de méthodes pédagogiques, souvent venues d’en haut, et qui sont parfois très contestables. Certains enseignants qui voient le « massacre » de l’intérieur tentent de faire de la résistance en s’exposant éventuellement aux remontrances de leur hiérarchie.


    Certains élèves perdent parfois l’équivalent de plusieurs années dans ce collège que l’on dit « unique » où ils n’y apprennent que fort peu de choses et feraient mieux d’avoir deux fois moins d’heures de cours à condition qu’elles soient adaptées à leur véritable niveau.
    Les niveaux deviennent tellement disparates qu’un mauvais élève de troisième se ferait parfois largement devancer par un très bon élève de CM2 dans certaines disciplines. C’est ça la réalité qu’il ne faut sans doute pas avouer.
    Bref on s’intéresse à la quantité quand il faudrait s’intéresser à la qualité...



    • mac 16 mars 2013 09:11

      J’ajoute que lorsque j’entends parler de concertation avec les syndicats d’enseignants, j’ai un peu tendance à sauter au plafond.

      Il y a bien longtemps qu’un certain nombre d’enseignants (peut-être la majorité d’entre-eux ?) ne se reconnaissent plus dans leur syndicats et encore moins dans leurs représentants !

      • Danièle Dugelay Danièle Dugelay 17 mars 2013 02:58

        Eh bien, ils ont tort ! S’ils ne se reconnaissent pas dans les syndicats existants - et il en est de nouveaux - qu’ils en créent un à leur goût. L’important, c’est d’être représenté. J’ai toujours été syndiquée tout simplement parce que l’union fait la force, même maintenant alors que je suis retraitée depuis 13 ans. Les râleurs, surtout à bon escient, qui ne se donnent pas les moyens de défendre leurs opinions n’ont pas grand chose dans la tête. Au contraire, il faut renforcer nos syndicats face à toutes les menaces qui s’annoncent contre le monde du travail. Surtout, n’oublions pas que, dans le secteur privé, il ne doit pas y avoir un seul patron qui ne soit pas syndiqué.


      • credohumanisme credohumanisme 18 mars 2013 11:53

        Vous dites des bêtises il y a de nombreux patrons qui ne sont pas syndiqués.


      • Michel DROUET Michel DROUET 16 mars 2013 09:11

        Bonjour Chalot

        Le raccourcissement de la semaine à 4 jours par la droite n’avait pas beaucoup fait de vagues dans le milieu enseignant et des parents d’élèves.

        Ceci étant, avant l’application d’une réforme, je suis pour qu’une concertation approfondie ait lieu.

        Sur les dépenses nouvelles, je suis un peu réservé : pourquoi l’Etat devrait-il tout prendre à sa charge ? Certaines villes ont les moyens de financer la mesure mais préfèrent consacrer leurs finances à la gloire de leurs édiles (Lyon, par exemple avec son inénarrable Gérard Collomb) en poursuivant des programmes d’investissement démesurés. C’est le cas également de maires de droite, avec les motifs idéologiques en plus.

        Pour beaucoup de petites ou moyennes communes, on veut poursuivre la politique du rond point, des aménagements urbains inutiles et des caméras de surveillance.

        L’investissement est le maître mot, pour le plus grand profit des groupes de construction qui essorent les budgets locaux. 

        Dans tous les cas on ne veut surtout pas avoir à recruter du personnel supplémentaire pour le péri scolaire ou avoir à conventionner avec des associations ou des mouvements d’éducation populaire. C’est dommage, par les temps qui courrent un peu de création d’emploi ne ferait pas de mal. 


        • mac 16 mars 2013 09:26

          Le raccourcissement de la semaine à 4 jours par la droite n’avait pas beaucoup fait de vagues dans le milieu enseignant et des parents d’élèves


          Il faut arrêter avec cela. Si la semaine à été réduite pour les élèves, les enseignants du primaire n’ont théoriquement pas eu de réduction de leur temps de travail puisque celui-ci doit être compensé par des cours de soutien aux élèves en difficultés le midi ou en fin de journée ainsi que des réunions pédagogiques certains mercredi.

          Par contre, si on avait enlevé directement une demi-journée de cours devant des enseignants pour la remplacer par des activités « periscolaires » organisées par des employés communaux, nous aurions eu un tollé général. Mais là, un gouvernement de droite a supprimé cette demi-journée et un gouvernement « socialiste » la réintroduite sous forme periscolaire. C’est beaucoup plus subtile et provoque beaucoup moins de réactions. L’allégorie de la grenouille en quelque sorte...

        • TESTANIERE TESTANIERE 16 mars 2013 15:01

          Le Ministre de l’Éducation Nationale et le Gouvernement sont passés à côté d’une occasion historique d’engager un vaste débat sur la rénovation de l’école, ses rythmes scolaires, son financement, sa sectorisation, ses programmes, ses diplômes,...bref un mouvement de réappropriation de l’école de la République par ses citoyens.

          Mais nos dirigeants veulent ils vraiment de cela ?

          Ou préfèrent-ils continuer à agir par décrets - le projet de Loi fait souvent référence à ces « décrets » - pris dans l’intimité de cabinets obscurs par les même pisse copies que ceux qui peuplaient les ministères passés, parce que les mouches ont juste changé d’âne ?

          L’avenir de l’École Publique et Laïque est consubstantiel à celui de la République parce que les deux se sont construites ensemble : comment séparer le débat de l’École et celui de l’acte III de la Décentralisation ?

          La question des rythmes est indissociable de ce débat....

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