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« Le coup d’Etat permanent des banques » : entretien avec Etienne Chouard

Etienne Chouard (portrait et itv audio ici) est pour beaucoup de journalistes « le père du non » au TCE. Plus précisément, il est à mon sens l’incarnation, icône parmi d’autres, du débat citoyen éclairé et passionné qui avait surgit (et pesé) lors du débat sur le traité constituant.

Militant alors contre le projet de constitution, le prof d’éco hyperactif à la voix caressante n’a pas depuis baissé les bras. Celui que j’avais invité en décembre dernier à débattre avec des jeunes leaders politiques et des chefs d’entreprise de « la politique de demain » m’a fait le plaisir d’accepter ce matin un petit déjeuner en tête à tête. Un matin particulier pour ce débat européen, toujours vif et plus que jamais faussé, à propos du « mini-traité » (de 3 000 pages imbuvables, contre environ 800 quand même pour le précédent texte) qui a conduit aujourd’hui Benoît Hamon à démissionner de ses fonctions au sein du Parti socialiste. Un « mini-traité » et un procédé qui divisent. Partout. Plus de 60 % des Français réclament un référendum.

Sur la table devant nous, outre deux cafés et un jus d’orange, traînent les livres de Jean-Pierre Chevènement et de Mélenchon. Hamon, Chevènement, Mélenchon, mais aussi Nicolas Dupont Aignan seront entendus, s’ils l’acceptent, dans le cadre de ces discussions informelles autour d’un café, à propos de notre avenir (de notre idéal ?) européen.

Qui souhaiteriez-vous également entendre à ce sujet ?

Est-il démocratique et républicain d’imposer par voie parlementaire un texte refusé par référendum (et qui croit que le drapeau ou l’hymne retirés des textes en sont moins existants) ? Il est « différent », ce « document », me direz-vous. Soit. Est-il plus clair ? Non. Est-il plus à même de défendre (et de renforcer) les droits des citoyens européens à disposer d’eux-mêmes ? Non. Et c’est en gardant en tête avoir personnellement milité pour le oui au référendum que je souhaite souligner combien ce texte-ci et surtout cette méthode me déplaisent. Le mot est faible... Mais que voulez-vous, avec « 3 déplacements, 2 sauvetages et une boulette » quotidiens du château, quel temps reste-t-il pour les questions de fond et de prospective ?

Est-ce que je joue, dans cet exercice, les journalistes ? Sans doute pas. Militant ? En aucun cas. Passionné (faire « quelque chose » de l’Europe me semble être l’un des grands rêves que devrait avoir notre génération et la suivante) curieux et insatisfait du traitement médiatique de ce « passage en force » et des positions actuelles des (ex)-candidats à la présidentielle - Bayrou ou Royal pour ne pas les citer, qui s’engageaient à exiger un référendum sur cette question et se rangent bien benoîtement derrière l’élection de qui vous savez à l’Elysée pour perdre l’occasion de l’ouvrir - je souhaite juste avec ces 5 entretiens vous proposer un autre regard. Des regards. Précis. Différents. « Anglés ». Inquiets parfois.

Il dit « Viol », il est usé, on le dit même « conspirationiste ». Entretien « uncut » d’un quart d’heure avec Etienne Chouard à propos de dispositions (l’article 104 du traité de Maastricht et le rôle des banques ou encore la soi-disante possibilité de référendum d’initiative populaire) qui n’ont rien pour lui plaire. Et à vous ?


europe 1/5 : entretien avec Etienne Chouard
envoyé par niconues

Vidéo captée avec un téléphone portable, ce mercredi 7 novembre 2007 à 11 heures, place du Châtelet, à Paris.

> Plus d’infos sur les sujets abordés avec Etienne Chouard ici sur son site.

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Les réactions les plus appréciées

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    Par Philippe Renève (xxx.xxx.xxx.123) 8 novembre 2007 13:55
    Philippe Renève

    Point de vue très intéressant.

    L’impossibilité pour les Etats de créer de la monnaie est un appauvrissement évident du rôle politique et économique de la puissance publique, c’est-à-dire de l’ensemble des citoyens, au profit du système financier privé. Tout est fait en ce sens depuis trente ans, et le dépouillement de l’autorité commune s’accélère spectaculairement.

    Les nécessités mercantiles du système bancaire et financier, pour le profit de quelques-uns, se substituent à l’intérêt général.

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    Par zoup (xxx.xxx.xxx.252) 8 novembre 2007 13:44

    Pensez à ceux qui n’ont pas du très haut débit et qui voudraient savoir ce qu’a dit Etienne Chouard sans voir la vidéo. Un petit résumé de l’entretien ne serait pas de trop....

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    Par Étienne Chouard (xxx.xxx.xxx.53) 9 novembre 2007 17:28
    Étienne Chouard

    .

    Bonjour à tous.

    Une réponse @ Fifilafiloche :

    Vous dites : "Fort heureusement que lorsque 13 pays partagent une monnaie commune, chacun n’est pas autorisé à créer de la monnaie selon son bon vouloir, imposant ainsi sa turpitude aux autres."

    Vous n’avez pas compris ce que je demande (avec Maurice Allais et quelques pointures en renfort, je suis loin d’être seul sur ma position) : c’est bien sûr la Banque Centrale Européenne - indépendante des exécutifs comme il se doit - qui devrait récupérer le pouvoir de création monétaire dont je parle, et non pas chaque État comme vous me le faites dire.

    D’ailleurs, le fait que ce soit "l’État nation" ou "l’État européen" qui crée la monnaie importe peu, à ce niveau de discussion où il faut sauver l’essentiel (la fonction régalienne maîtresse) : dans les deux cas, le produit de l’intérêt éventuel (perçu lors de la création monétaire) pourrait servir directement et intégralement à l’intérêt général (pour financer toutes sortes d’investissements publics, nationaux ou européens, au lieu de filer dans les poches très privées des banques privées.

    Vous dites ensuite : "Lorsqu’un État emprunte la monnaie, il est comptable de ses choix d’investissement. S’il s’agit d’investissement dans la paix sociale ne permettant pas de créer des ressources futures, il reporte sur les générations futures le poids de sa démagogie."

    Tout cela me semble sans aucun rapport avec ce que j’ai dit, puisque je vous parle de l’intérêt versé ou pas au créateur de la monnaie (et donc pas de l’opportunité des dépenses ou des crédits, qui sont un tout autre sujet).

    Pour progresser dans le débat, Fifilafiloche, puisque j’imagine que vous êtes soucieux comme moi de l’intérêt général et que vous faites sans doute passer cet intérêt général avant les intérêts particuliers, donnez-moi donc une raison, s’il vous plaît, une seule me suffira - du point de vue de l’intérêt général évidemment - pour payer d’un intérêt ruineux la monnaie que nous pourrions (*) tout aussi bien créer nous-mêmes (rigoureusement dans les mêmes quantités et en respectant rigoureusement les mêmes échéances de remboursement : toutes choses étant égales par ailleurs, donc).

    Quelle est la raison qui vous conduit intellectuellement à souhaiter payer cet hôpital (par exemple) "prix + intérêt versé à des acteurs privés" plutôt que seulement "prix" ?

    Qu’est-ce que gagne la collectivité à ce jeu de dupes ?

    Vous demandez ensuite : "De quels peuples parle-t-il ? Faut-il créer une Europe française, finlandaise, roumaine ou autrichienne ?"

    Une Europe européenne ira bien, qu’allez-vous chercher là ?

    Et pour moi, tous les peuples se valent et méritent d’être défendus (il faudra d’ailleurs, sans doute, qu’ils se défendent eux-mêmes) contre la cupidité des banquiers (car le processus de dépouillement des peuples de leur souveraineté monétaire par les banques privées semble universel).

    Vous dites ensuite : "L’Europe s’exonère de son ancien squelette national désarticulé pour muer vers un exosquelette fédéral à l’échelle continental. Je trouve l’Europe bien plus respectueuse des droits des individus que la France, qui s’est imposée aux Peuples qui la composent de façon beaucoup plus centralisatrice, et donc dictatoriale."

    Et bien nous ne sommes pas d’accord, voilà tout. J’ai précisément développé un manque criant de respect des peuples par leurs prétendus « représentants » dans mon document « Une mauvaise constitution qui révèle un secret cancer de notre démocratie » - voyez http://etienne.chouard.free.fr/Euro... . Comme je ne me paie pas de mots et qu’il ne suffit pas d’affirmer « nous sommes en démocratie » pour que j’en sois convaincu ipso facto, je vais lire les institutions et je contrôle les rouages institutionnels qui permettent aux citoyens d’exercer le précieux droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

    Et si - comme c’est le cas aussi bien en France qu’en Europe - je ne trouve RIEN, aucun rouage pour résister à un abus de pouvoir entre deux élections, alors oui, Fifilafiloche, je conteste le mot de « démocratie » et de « respect », parce qu’il faut que les mots aient un sens, et je parle d’escroquerie.

    Vous concluez : "Au moins, dans cette Europe, il y a une culture du dialogue... entre États !"

    Pour être précis, vous devriez dire : « entre chefs d’État », car c’est bien là le problème majeur de nos prétendues démocraties : les chefs d’États (et leurs ministres) s’autonomisent progressivement, jusqu’au point où nous sommes où ils se sont arrogé même le droit de créer et modifier les institutions, simplement par traité - loin des peuples, sans les peuples et même contre les peuples comme aujourd’hui -, ce qui est un gravissime abus de pouvoir, une forfaiture.

    Comme je le répète depuis plus de deux ans, « ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire eux-mêmes les limites de leurs propres pouvoirs », cela tombe sous le sens, et je ne sais pas quelles pulsions suicidaires (ou quel endoctrinement quotidien) vous conduisent à accepter cette invraisemblable régression qui consiste à voir des ministres écrire ou réviser la Constitution.

    Mais si vous gagniez, vous nous emporteriez avec vous dans la régression ; souffrez donc que nous résistions puisque nous avons peur de vos choix, aveuglément confiants dans tout chef élu, du seul fait qu’il est élu.

    Notre échange n’est qu’un débat (ne pas le dramatiser lui, ce n’est pas lui qui est dangereux) et c’est bien qu’il puisse avoir lieu.

    Merci de votre attention et de votre respect.

    Étienne.

    À lire :

    Reprendre le pouvoir sur notre monnaie : http://etienne.chouard.free.fr/foru...

    et

    Non, ce n’est pas "trop cher" : le financement des besoins collectifs est rendu sciemment ruineux par un sabordage monétaire étonnant : http://etienne.chouard.free.fr/Euro...

    (*) "Nous", cad les États, puisque l’État, ce n’est pas un étranger ou un ennemi, bien sûr : l’État, c’est nous tous qui mutualisons nos ressources.

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    Par Henri Alberti (xxx.xxx.xxx.175) 8 novembre 2007 19:35

    Cela me désole de voir un Etienne Chouard exaspéré, fatigué, en colère, mais qu’est-ce que je le comprends !!! Le bon sens et la logique n’opèrent plus, n’ont plus de prise depuis longtemps. Mr Chouard, je vous suis à 100%

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