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Accueil du site > Actualités > Politique > Le coup de Jarnac de Raffarin

Le coup de Jarnac de Raffarin

Dites 25. Le duc du Poitou a frappé. Un coup de poignard dans le dos du souverain qui avait refusé il y a quelques mois de lui octroyer, au titre de sa servilité d’antan, le Palais du Luxembourg. Fronde pour certains, simple mouvement d’humeur pour d’autres, quoi qu’il advienne on peut faire confiance à l’Elysée pour conserver précieusement la liste des conjurés.

Dans une tribune publiée ce 1er novembre dans le Journal du dimanche, Jean-Pierre Raffarin et vingt-quatre autres sénateurs UMP ont annoncé qu’ils ne “voteront pas en l’état” le projet de suppression de la taxe professionnelle, réforme voulue par Nicolas Sarkozy. Même si le dernier mot reviendra à l’Assemblée, la manœuvre, faute de majorité UMP au Sénat, bloque l’adoption du budget 2010.

L’affaire prend une allure de bataille navale. Pas encore d’abordage. On se contente d’un combat à distance au son du canon de longue portée. “Ma capacité à reculer sur la taxe professionnelle, c’est zéro de chez zéro” a prévenu le chef de l’Etat.

Jean-Pierre Raffarin avait pourtant tiré la première bordée dès le 14 octobre sur RTL : “Je ne peux accepter un recul de la décentralisation”, “Nous modifierons le texte. Et je suis optimiste sur un changement radical.”

A défaut d’en être officiellement investi, l’ancien Premier ministre s’est auto-désigné grand chambellan protecteur des territoires et de leur édit, les lois de décentralisation de 2003 et 2004.

Jean-Pierre Raffarin semble subitement découvrir la volonté centralisatrice de Nicolas Sarkozy. Une stratégie gouvernementale qui consiste à mettre fin à l’autonomie fiscale des collectivités et donc, à les rendre dépendantes de la manne de l’Etat.

La manœuvre n’a pas échappé à l’Association des régions de France qui précise dans un communiqué : “L’Assemblée nationale, avec le rejet de l’amendement sur la taxe foncière proposé par des Parlementaires élus régionaux, poursuit le processus d’étranglement financier des Régions : si le Sénat ne modifie pas le texte, désormais, les Régions ne voteront plus qu’à peine 10% de leurs recettes. (…) En perdant cette taxe foncière sur les propriétés bâties, les régions ne disposent plus ni d’une fiscalité mixte ni d’aucun vote de taux en matière de fiscalité directe. C’est la disparition de toute autonomie fiscale et financière. (…) Dépendantes à 90% de la dotation de l’Etat, les Régions n’auront plus de marge de manœuvre. Elles ne seront plus à même d’assurer leurs services publics régionaux de proximité mis en place depuis 2004″.

Une vision en contradiction avec la Constitution qui grave dans le marbre “l’autonomie financière et la maîtrise par les collectivités d’une partie déterminante de leurs ressources” mais, Nicolas Sarkozy n’aime pas se sentir tenu par le carcan du droit.

Le projet de réforme est une façon subtile d’imposer la réduction du périmètre de la puissance publique voulue par l’exécutif aux collectivités territoriales constituées en de réels contre-pouvoirs locaux.

La dermite de Jean-Pierre Raffarin n’a pas que des origines psychosomatiques. Elle est également contagieuse. Le sénateur de la Vienne n’est pas aussi seul que pourrait le laisser penser la poignée de sénateurs qui lui ont emboîté le pas. Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, a beau tenter de minimiser les réserves sur la suppression de la taxe professionnelle en affirmant que tout le monde est d’accord, qu’il s’agit simplement d’une demande de précisions, il est bien le seul à le croire. Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée, dit par exemple comprendre “parfaitement les réserves” des sénateurs de la majorité.

L’ancien Premier ministre cristallise à la fois un rejet du caporalisme imposé par Nicolas Sarkozy à l’UMP mais aussi, une réelle résistance de la province au tempo d’enfer dicté par l’Elysée. Un certain bon sens paysan qui se refuse à mettre la charrue avant les bœufs et préfère prendre les choses dans l’ordre. Commencer par débattre de la réforme territoriale avant d’aborder la question de la taxe.

Les crispations de la majorité témoignent également d’un refus républicain à l’égard d’une injustice fiscale trop flagrante. Le transfert de charges supplémentaires de charges sur les ménages et un nouvel allégement à l’égard des entreprises dans une période marquée par la paupérisation des classes moyennes.
 

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17 réactions à cet article    


  • morice morice 2 novembre 2009 12:06

    non, un simple urticaire : si Raffarin était révolutionnaire, ça se se saurait... n’avait-il pas commis juste avant l’élection de 2007 l’ouvrage le plus flagorneur jamais écrit à propos de....Sarkozy ?



    « Mon cher Nicolas, J’ai envie de prendre le temps de te parler de cette fonction que tu veux conquérir. Ici, je veux te raconter la France de toujours qui doit aller de pair avec cette société de demain que tu imagines avec ambition. Tu vas hériter d’une France en cristal, qu’il faut manier avec délicatesse. Une France qui croit sa beauté menacée, qui se crispe sur le passé. Une France à qui il faut redonner confiance, sans tout chambouler. Je sais ce qu’exige cette charge très particulière. Je connais notre pays. J’ai connu ses présidents. J’ai vu venir de loin ton adversaire principale, Ségolène Royal. Je mesure ses forces et ses faiblesses. Je te parlerai d’elle. Et je te parlerai de toi. »

    « C’est toi que je soutiens, Nicolas. Je ne me vois pas être ton Premier ministre, on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve », ajoute-t-il. « Ta météo personnelle est comme celle de la Bretagne, il fait beau plusieurs fois par jour ».

     


    Jean-Pierre Raffarin « apprécie » aujourd’hui dans Nicolas Sarkozy un homme « qui ne ment pas », qui « sait rire, chanter, être adorable et amusant quand (il) se détend ». « Ta force est ton authenticité », dit-il.

     

    Il est aussi admiratif des « impressionnants mollets » de cet homme qui mange des « œufs au jambon » ou des « omelettes au fromage » au petit-déjeuner, ou encore de ses « performances de joggeur ». 


    bref, à part les omelettes et le fromage, Raffarin n’a jamais rien eu à dire de... consistant.


    • Alpo47 Alpo47 2 novembre 2009 13:11

      But... the Yes needs the No... to win against the No ....


    • jltisserand 2 novembre 2009 12:10

      Enfin ! pourvu qu’ils finissent par se réveiller car ça fait in bout de temps qu’ils sont traités comme des petits délinquants ces bonnes gens du parlement et de sénat. Ils en ont marre d’être au garde-à-vous ?


      • morice morice 2 novembre 2009 16:16

        ou l’âne du poitou ?


      • Laury 2 novembre 2009 12:44

        Les Français n’ont que faire de ses politiques « politiciennes » et pour une fois voila une bonne
        « Rafarinade » Il faut décentraliser et priver le roi de toutes ses entrées d’argents aux quelle il n’a
        pas droit les impôts doive « majoritairement » aux régions et non pas dans les poches des magouilleurs parisiens !
        Raffarin a raison cette gabegie a assez duré.
        Pour faire le grand Paris nous dans nos régions rien a foutre !!!


        • ASINUS 2 novembre 2009 13:05

          meme si cela n est pas sans arrieres pensées de sa part ce monsieur ce senateur
          as parfaitement raison se priver de l aprouver au motif qu il est ump c est faire preuve a mon sens d aveuglement


          • curieux curieux 2 novembre 2009 14:35

            Encore une Raffarinade de plus. Ce bonhomme n’a plus aucune crédibilité. Et finalement il votera pour.


            • norbert gabriel norbert gabriel 2 novembre 2009 15:20

              Raffarin dans la résistance ??? le chouan du Poitou ??? le monde vacille sur ses bases... le Ben Laden du marais poitevin ?? c’est une révolte, une jacquerie, ou une érvolution ??


              • morice morice 2 novembre 2009 16:14

                trop hilarant là !!! 


              • zelectron zelectron 2 novembre 2009 15:59

                Pauvre Raffarin...il vient de se tirer une balle dans le pied, sans compter que la taxe professionnelle va obliger les collectivités à apprendre le nouveau mot à la mode dont elles n’avaient jamais entendu parler auparavant : économiser !
                Assez de rond-points avec sens giratoires, de feux rouges ressemblants à des vespasiennes si dithyrambiquement décrites dans Topaze !
                En conclusion Mr. le Sénateur reprenez vous : c’est au service de vos concitoyens que vous êtes et certainement pas à la défense de vos intérêts personnels, sinon il pourrait vous en cuire.
                Vous êtes sommé de consacrer votre énergie aux dépenses productives et non pas aux pots républicains. (cela vaut pour l’opposition aussi)


                • ASINUS 2 novembre 2009 17:01

                  @zelectron c est maniere de voir pas fausse pour les vespasienes
                  d ailleurs mais j ai bien peur que cela ne soit
                  que le transfert de la charge du collectif sur le contribuable lambda , je suis d accord avec vous les entreprises n utilisent pas les routes a deux trois voies et leur giratoires elargis
                  ainsi que les zone industrielles defiscalisée eclairées electriquement d abondance , je suis hilare comme vous en sachant que les memes entreprises n encombre pas de leur dechets les maigres depots decheteries que nous pauvre citoyens moyens continueront a subventionner pour que les pleurnichards patrons français deja champions de la dette aux urssaf et autres caisses tricheurs de haut vols et defiscalisés d abondance« 
                    »qu importe
                  de ce prevaloir du plus fort taux de prelevement quand on n en paye rééllement que le quart" bref mon cher zelectron merci pour votre humour


                • morice morice 2 novembre 2009 16:15

                  « Assez de rond-points avec sens giratoires » et ben le voilà le slogan révolutionnaire qui va renverser Sarkozy !


                  • Radix Radix 3 novembre 2009 11:21

                    Bonjour Morice

                    Si on les remplace par des rond-points sans sens giratoire, cela va faire un carton !

                    Radix


                  • Laury 2 novembre 2009 16:20

                    Bonsoir norbert gabriel Vous sembler douter de ce brave Jean-Pierre qui as eu un réveil certe
                    tardif mais peu-être salutaire pour que le « Peuple de France » celui du bas, puise a nouveau
                    parler des sénateurs que nous avons finie de mettre dans le même sac que les députés a la
                    soldes de N..........
                    Il était question de supprimer le sénat qui ressemble a un vieux moteur qui donne ses dernières
                    ruades .Une dissidence venant en plus d’un soutien de très longue date voila qui devrais faire
                    réfléchir le « tout petit Nicolas »
                    Et donc il est urgent d’attendre !!!!


                    • Wazix23 2 novembre 2009 16:48

                      Le roi nu n’est plus qu’un tocard... Alors faut bien flatter dans le bon sens son électorat, les sénateurs ne sont-ils pas élus en partie par les maires, alors évidement. . . . Plus sûr pour garder sa place.


                      • moebius 2 novembre 2009 22:07

                        le probléme entretient un rapport étroit avec la taxe professionnelle....me semble t’il que, n’est t’il pas ? non est ce ?..que....


                        • moebius 2 novembre 2009 22:10

                          le roi ringard peut bien se promener nu avec des plumes dans le derriere pour amuser les enfants mais the problém is not here dans la tenue des feathers 

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