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Le déclin de la gauche antilibérale : une pièce en trois actes

Le premier tour de l’élection présidentielle est une défaite pour la gauche antilibérale (référence a l’article de Max « L’extrême gauche, grande perdante de l’élection présidentielle »). Ce résultat n’est pas étonnant et ce déclin se décline en trois actes, cette élection étant le dernier acte d’un changement radical du paysage politique à gauche.

Le courant antilibéral trouve un écho dans la gauche extrême mais également au sein du Parti socialiste. Certains affichent clairement qu’ils ne sont pas des partis de gouvernement, d’autres comme le PC ou une aile gauche du PS (certains la qualifient de deuxième gauche) assument leur désir de gouverner et sont forcément un peu moins radicaux.

Acte 1 : Le traumatisme de 2002

Le choc de la présidentielle 2002 a été un coup de boutoir énorme pour toute la gauche. Pas de candidat de gauche au deuxième tour. Tout a été dit sur le traumatisme de l’électorat de gauche. Ce premier échec n’est pas directement attribué a l’extrême gauche, non, mais en ce séisme a été le début du déclin de la représentativité de l’extrême gauche.

Acte 2 : Victoire !, non à la Constitution, oui a l’Europe

Une victoire pour le non a la constitution. Et pourtant je pense que c’est une défaite pour les partisans de l’antilibéralisme. En effet, le non était extrêmement divers, incluant a la fois un rejet violent de l’Europe pour la droite nationaliste et également l’espoir de construire une Europe plus juste et plus sociale pour les tenants du non de gauche. La défaite dont je parle n’est pas dans le résultat mais dans l’incapacité de capitaliser sur ce résultat. Il est très difficile de construire une dynamique sur un non. L’hétérogénéité du camp des vainqueurs a empêché toute avancée alternative pro-européenne venant du camp du non. Deuxième effet, cette fois dans le rapport entretenu entre le PS et les partis plus à gauche. Cette relation est complexe et fragile. Ce non au référendum, soutenu par une partie du parti en contradiction avec le vote des militants, a non seulement fragilisé et brouillé le discours du Parti socialiste, mais a également rendu difficile le lien avec sa gauche, créant déjà une dérive, une attraction vers le centre.

Acte 3 : Présidentielle 2007

Plusieurs événements se combinent pour dresser le portrait du paysage politique et souligner la défaite de la gauche antilibérale.


- Morcellement des candidatures à l’extrême gauche
- Candidate PS représentante de la ‘première gauche’, la ‘droite du PS.
- Phénomène du vote utile affaiblissant l’extrême gauche.
- Très faible score de la gauche antilibérale : 9% (O. Besancenot, M.-G. Buffet, A. Laguiller, J. Bové, G. Schivardi)
- Bon score du centre Le vote utile pour le PS conséquence de 2002 a probablement fait beaucoup de mal à la gauche antilibérale...mais celle-ci a été incapable de se présenter unie, capitalisant sur ce qu’elle pensait être la victoire de ses idées au référendum sur la Constitution européenne. Cette victoire n’était pas entièrement la sienne et seule une unité de candidature aurait pu apporter un peu de poids, un peu de représentativité. Au lieu de cela, nous avons eu là le troisième acte d’un déclin, qui, avec la force de la droite traditionnelle et la montée du centre, dessine un nouveau paysage politique.

La suite ?

Quelles sont les grandes lignes de forces ?
- Renforcement au centre : La faiblesse de la base antilibérale renforce par contraste l’attractivité du centre. Devant l’échec des partis à sa gauche, le PS devrait continuer son orientation vers le centre. La force de se mouvement, la possible scission du parti dépendront du résultat de dimanche.
- Marginalisation de l’antilibéralisme. Si la gauche traditionnelle se recentre, accepte de se placer dans le cadre d’une économie de marché,.la gauche antilibérale, morcelée avec une base électorale faible, va se retrouver isolée. Son attitude consistant à ne pas être ‘un parti de gouvernement’ contribue à la couper de la gauche plus traditionnelle plus modérée dans ses attaques contre le capitalisme. Le paysage politique bouge, les élections sont un révélateur car les idées sont passées au prisme de l’électorat. Pour avoir oublié 2002 et cru que la victoire du non était sa victoire, la gauche antilibérale a continué de perdre son électorat. Un espoir tout de même en la personnalité d’Olivier Besancenot qui est le gagnant parmi les candidats de la gauche extrême. Son âge, son ton, son discours, apportent un peu de fraîcheur. Il assume sans complexe sa critique de l’économie capitaliste et présente sa vision d’une société plus juste. Il pourrait être le rassembleur, et pourra peut-être tirer les leçons de cette défaite en trois actes afin de reconquérir une certaine base électorale.




par Jimd (son site) jeudi 10 mai 2007 - 7 réactions
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  • Par non666 (---.---.---.210) 10 mai 2007 16:07
    non666

    Vous etes un optimiste.

    Ce que vous semblez ne pas avoir vu est pourtant evident.

    Ce n’est pas la defaite de la gauche « antiliberale » qui est en cours, c’est juste son changement de numero 1.

    Le PC est a l’agonie depuis la chute de l’union sovietique. Quand on est aux ordres de Moscou depuis 1920 et qu’il n’y a plus personne pour donner des ordres et montrer l’exemple du « bilan globalement positif », etre le leader de la gauche marxiste est beaucoup plus dur !

    L.O qui etait devenu « populaire » avec arlette la mitraillette vient de perdre sa sirene. Le changement de « leader » affiché a d’ailleurs été deja tenté il y a quelques années, mais la nouvelle etait moins mediatisable, beaucoup trop rouge et on voyait bien trop le couteau depasser entre les dents...

    Non, ce n’est pas vraiment la fin de la gauche marxiste couleur gros rouge qui tache. C’est juste le passage de temoin entre un PC moribond et le petit facteur sous le regard permanent du mentor Krivine

  • Par jak (---.---.---.164) 10 mai 2007 11:34

    Beaucoup de qualificatifs peuvent définir ce qu’on attends de Besançenot, ESPOIR, me parait incongru, sauf peut-être pour les casseurs.

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