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Accueil du site > Actualités > Politique > Le décompte des corps en Irak entre 2003 et 2008

Le décompte des corps en Irak entre 2003 et 2008

En 2015 cela faisait 12 ans que la guerre d’Irak était commencée par les États-Unis.

La section Médecine de la Librairie publique des sciences des États-Unis a publié en ligne le 15 février 2011 les plus valides statistiques à cette époque sur les civils irakiens tués directement par des actes de guerre dans les 5 premières années (2003-2008) de l’invasion de l’Irak par le gouvernement Bush.[1]

La prochaine fois que vous discuterez du bien-fondé ou de l’absence de justification de cette guerre qui suivit l’attentat aérien sur les Tours jumelles de New York, vous aurez les bons chiffres en main. Vous pourrez comparer le nombre des victimes civiles de New York avec celui des victimes civiles irakiennes, lesquelles n’avaient rien à voir avec l’attentant du 11 septembre

 

Le Décompte des corps

Le « Décompte des corps en Irak » est un projet non gouvernemental britannique dont les auteurs ont colligé les rapports médiatiques et officiels, ainsi que les témoignages d’informateurs identifiant les victimes civiles tuées entre mars 2003 et mars 2008 : hôpitaux, morgues, policiers, témoins ; parents, ONG.

Parmi les médias on eut recours à Reuters, Associated Press, Agence France Presse, Voices of Iraq, Al Jazeera English. On vérifia la date et le lieu de chaque mort violente pour éviter les doublons ainsi qu’un total de 18 variables par individu tué, telles que le sexe, l’âge, l’armement utilisé, le nom, l’occupation, les témoins, les blessures, l’auteur, une cible identifiable, etc.

 

Définitions

Civil : Une femme, un enfant (moins de 18 ans) ou un homme non-combattant, victime directe de la guerre.

Auteur inconnu : sans uniforme et visant une cible civile. Il peut s’agir de combattants dans le conflit confessionnel (sectarian) entre chiites et sunnites, ou de criminels profitant du désordre. Ils sont présumés Irakiens

Milice Anti-Coalition : miliciens sans uniforme mais ciblant la Coalition, surnommés insurgents par les autorités Américaines. Les cibles peuvent être des bases Américaines ou Alliées, des points de contrôle de la police iraquienne, des soldats Iraquiens ou d’autres cibles gouvernementales. 

Troupes de la Coalition : majoritairement Américaines, identifiées par leur uniforme. Avec l’aide quasi symbolique de 48 pays (d’où le terme Coalition) dont l’Angleterre. Le Canada brillait par son absence grâce au gouvernement de Jean Chrétien.

Exécution : mise à mort extrajudiciaire de toute personne capturée ou enlevée, incluant les combattants capturés

Événement de courte durée : opération de guerre de moins de 2 jours où au moins un civil a perdu la vie

Événement de longue durée : opération de guerre de plus de 2 jours où au moins un civil a perdu la vie

 

Auteurs

92 614 victimes purent être suffisamment documentées quant aux Auteurs, sur quelque 108 107 victimes irakiennes. De 2003 à 2008 le taux moyen fut de 1 518 victimes par mois. 

68 396 (74%) sont des Auteurs non identifiés qui visent des civils.

11 516 tués (12%) furent victimes des troupes de la Coalition. On peut conclure que les envahisseurs sont directement responsables d’une mort civile sur huit. Noter cependant qu’au cours de la première année de l’invasion, la Coalition fut responsable de 52% des morts parmi les civils, soit 7 252

9 954 (11%) périrent victimes des miliciens Anti-Coalition (Irakiens).

2 227 (2,4%) parmi les victimes civiles, se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment, et s’étaient retrouvées prises entre deux feux.

521 (0,6%) furent victimes de policiers ou soldats Irakiens

 

Victimes

Dans un sous-groupe de 60 481 victimes on put associer la démographie aux auteurs et aux méthodes de 14 196 incidents de guerre de courte durée (< 2 jours).

 

On a pu identifier l’âge et le sexe de ce sous-groupe chez 22 066 victimes.

17 939 sont des hommes constituent (29,7% des 60 481 identifiés)

1 981 sont des femmes (3,3%) dont 299 (12%) sont des filles de moins de 18 ans

2 146 sont des enfants de moins de 18 ans, soit 3,5%, dont 559 garçons (26%) et 299 filles (13,9%)

Sur 1 515 cadavres on ne put déterminer le sexe, soit 2,5%

Sur 36 900 cadavres on ne put déterminer l’âge, soit 61%

 

Chez les femmes et les enfants, les victimes des troupes de la Coalition (Américains) furent de 764 par mois et les tués par des auteurs Anti-Coalition (Irakiens) furent de 528, pour un total de 1 292 par mois.

En 2006 le risque annuel pour un irakien de mourir par les armes était de 91 par 100 000, soit 1 sur 110 habitants par année. La quatrième année après l’invasion, 2006-7, fut globalement la pire : 30 571 victimes civiles.

32 133 (34,7% de 92 614) périrent lors d’événements de guerre de longue durée (> 2 jours) impliquant au moins une mort de civil, regroupées collectivement dans les rapports des hôpitaux et des morgues.

 

Méthodes meurtrières quand l’assaillant est inconnu

19 321 civils Irakiens périrent d’exécution paramilitaire par des inconnus (unknown perpretators) présumés Irakiens, dont 5 697 avec torture

1 763 furent victimes du feu de mortiers

1 561 moururent d’une mine cachée sous la route (roadside bombs)

8 086 périrent par coups de feu (small arms gunfire)

5 363 furent tués par l’explosion de bombes suicidaires portées par des iraquiens Anti-Coalition

soit dans leur voiture (3 029 explosions, 7 tués par explosion)

soit sous leurs vêtements (2 320 explosions, 11 tués par explosion).

2 384 périrent de projectiles tombés des airs, surtout dans la première année de l’invasion. Ils furent victimes de la Coalition

 

Les incidents de guerre les plus meurtriers par incident furent l’attentat suicidaire à cible civile (19 tués par incident) et les attaques aériennes (17 morts par attaque).

 

Exécutions

La plupart des morts par exécution furent extrajudiciaires. Le motif peut être l’enlèvement pour rançon, l’échange de prisonniers, un motif politique ou confessionnel (sectarian) entre chiites et sunnites. L’objectif peut être de déstabiliser les autorités, intimider l’ennemi, punir les collaborateurs avec l’envahisseur. Les auteurs inconnus sont Irakiens et comprennent des policiers, des soldats, des groupes Anti-Coalition ou confessionnels, voire des criminels qui profitent du désordre.

 

Torture

5 697 portaient des marques de torture parmi les d’exécutions extrajudiciaires de prisonniers. La torture avant exécution présente certaines caractéristiques de survenue. Sa fréquence varie selon le gouvernorat. Parmi les 27 050 morts directes à Bagdad, 43% furent victimes d’Auteurs inconnus (Irakiens), et 3 863 (14%) portaient des marques de torture. Par contre à Wassit où l’on compte seulement 1 503 victimes directes, 57% furent exécutées, dont 21% après torture. Elle varie aussi selon l’intensité du niveau général de la violence : plus il y a de tués dans une période et une région donnée, plus il y a de cas de torture. Noter qu’on laisse souvent les corps à découvert, pour envoyer un message, pour terroriser.

 

Auteurs et victimes

Chez les hommes, 66,9% des tués furent victimes d’Auteurs inconnus (Irakiens), dont 32% par exécution. 25,8% furent victimes d’auteurs Anti-Coalition (Irakiens), dont 7,9% par attentat suicidaire. Seulement 4,1% tombèrent aux mains de la Coalition (Américains), dont 2,2% par des coups de feu.

Chez les femmes, 68,8% furent victimes d’Auteurs inconnus dont 21% par coup de feu. 8,7% furent tuées par des auteurs Anti-Coalition dont 4,0% par attentat suicidaire. 15% furent tuées par la Coalition (Américains) dont 9,7% lors d’attaques aériennes non discriminatoires.

Chez les enfants, 52,2% furent victimes d’Auteurs inconnus (Irakiens), dont 9,8% par des coups de feu. 16,5% furent victimes d’auteurs Anti-Coalition (Irakiens) dont 7% par attentat suicidaire. 21,8% furent tuées par la Coalition dont 13% lors d’attaques aériennes non discriminatoires.

Retenir que si un homme irakien non combattant est tué par un acte de guerre il a 4,1% d’être victime des Américains. Pour une irakienne la probabilité est de 15%. Pour un enfant elle est de 21,8%. La Coalition s’avère nettement moins discriminatoire dans ses méthodes, et son indice de guerre sale est élevé.

 

Indice de guerre sale

L’Indice de guerre sale est le pourcentage de femmes et enfants par rapport au nombre total de civils tués. Cet indice fut de 18,7% durant la période 2003-2008. Ce chiffre est près des 19,7% rapportés par le gouvernement irakien pour 2009.

Le choix des armes est un déterminant. Les plus sales armes sont le mortier, dont l’indice est de 79% (auteur inconnu visant une cible civile), le véhicule piégés abandonné en zone civile, indice de 54%, et l’attaque aérienne (bombe, missile), indice de 69%.

Il y eut 8 086 tués par un coup de feu (gunfire) par des Auteurs inconnus, dont 629 femmes ou enfants. Quand l’auteur était connu, les tirs de la Coalition (Américaine) tuèrent 178 femmes ou enfants, 31%, tandis que les Anti-Coalition (Irakiens) tuèrent 25 femmes ou enfants, soit 2%.

Les trois quarts des victimes civiles étaient visées par les combattants. On pourrait s’attendre à moins de saleté (en ne visant que des hommes) quand une arme à main est utilisée, car la cible est en vue (fusils, mitrailleuses). C’est vrai pour les auteurs Irakiens mais moins vrai pour les auteurs Américains où les bavures ne sont pas occasionnelles : manque d’entraînement ; manque de surveillance « éthique » ; force excessive lors des raids à domicile dans les quartiers urbains, lors des contrôles routiers et aux points de contrôle (checkpoints). Wikileaks a révélé plusieurs bavures.

Parmi les 22 066 dont le sexe et l’âge purent être confirmés, cet indice de saleté fut de 79% pour les tirs de mortier par l’un ou l’autre des camps, de 54% pour les bombes explosées dans un véhicule abandonné et de 69% pour les attaques aériennes. Cet indice fut plus élevé parmi les victimes de la Coalition que parmi celles des forces Anti-Coalition, tant pour les tirs aériens que les coups de feu au sol.

Il est clair que l’attaque aérienne tue majoritairement des civils. Cette stratégie manque nettement de discrimination et doit être remise en question.

L’indice de saleté chez les victimes de la Coalition (Américains) fut de 51% mais 5 fois plus élevé que les 10% chez les victimes des forces Anti-Coalition (Irakiens). Autrement dit, quand un civil est tué par les Américains, une victime sur deux est une femme ou un enfant. Quand un civil est tué par les Irakiens, une victime sur dix est une femme ou un enfant.

 

Commentaires

Sont reconnus des crimes de guerre, par ordre descendant de gravité, d’utiliser la torture des prisonniers, de tuer intentionnellement des enfants et des femmes ainsi que des hommes non combattants. On entre dans une zone grise lorsque par imprudence ou indifférence on ne fait pas la discrimination entre combattants et civils dans un même lieu attaqué.

Les Américains devraient éviter de bombarder les zones habitées par des civils – depuis les airs ou par des mortiers - et leurs soldats ne devraient pas tirer sur des civils. La Coalition, quelle que soit l’année de l’invasion ou l’armement utilisé, a plus souvent mené une guerre sale en tuant proportionnellement plus de femmes et d’enfants que les Irakiens ne l’ont fait.

On pourrait bien affirmer pour s’en laver les mains que les tueries entre Irakiens relèvent d’une guerre civile puisque 88% des morts violentes sont directement attribuées aux Iraquiens - mais cette guerre a été déclenchée par l’invasion américaine.

 

Autres conséquences sur la population

On estime à quelque 250 000 les blessés civils dont plusieurs sont devenus des invalides. Et à quelque 4,7 millions les réfugiés à l’intérieur du pays (2,5 M) ou à l’extérieur (2,2 M). Tous victimes civiles de cette guerre déclenchée par l’administration Bush et l’aide quasi symbolique (au plus 10% des effectifs) de quelque 48 pays.

Ces chiffres n’incluent pas les morts violentes de combattants Irakiens. Ni les morts civiles non violentes résultant des effets à court et à long terme de la destruction des infrastructures sanitaires, de la contamination de l’environnement par des matériaux explosifs (dont résultent des malformations congénitales parfois horribles), des conditions sanitaires des réfugiés, etc. Ces chiffres ne concernent que les premiers cinq ans de cette guerre sale et injustifiée.

 

Malformations censurées

Mondialisation.ca nous apprend en 2015 que « En violation de son propre mandat, l’OMS continue de censurer les preuves découvertes en Irak montrant que l’usage par les militaires américains d’uranium appauvri et d’autres armements n’a pas seulement tué de nombreux civils, mais que cela a causé une épidémie de malformations de nouveau-nés et d’autres graves problèmes de santé publique. En refusant de diffuser ce rapport, l’OMS protège de manière efficace l’armée et le gouvernement américains de toute poursuite, alors que ces derniers sont responsables de cette catastrophe sanitaire. Un rapport de l’OMS et du Ministère irakien de la Santé sur les cancers et les malformations à la naissance devait être rendu public en novembre 2012, mais les officiels ont repoussé indéfiniment sa sortie. À ce jour, écrit Denis Halliday, le rapport de l’OMS est toujours ‘classifié’ » [2]

 

Auteur : Pierre Biron, Montréal, Québec, Canada

 

Référence [1]

Hicks MH-R, Dardagan H, Guerrero Serdán G, Bagnall PM, Sloboda JA, et al. (2011) Violent Deaths of Iraqi Civilians, 2003–2008 : Analysis by Perpetrator, Weapon, Time, and Location. Public Library of Science Medicine 8(2) : e1000415. doi:10.1371/journal.pmed.1000415

 

Référence [2]

Denis Halliday, “WHO Refuses to Publish Report on Cancers and Birth Defects in Iraq Caused by Depleted Uranium Ammunition,” Global Research, September 13, 2013, http://www.globalresearch.ca/who-refuses-to-publish-report-on-cancers-and-birth-defects-in-iraq-caused-by-depleted-uranium-ammunition/5349556


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11 réactions à cet article    


  • fred.foyn Le p’tit Charles 20 novembre 2015 12:21

    Edifiant+++++++++++++

    Merci au criminel Bush et consort...pour avoir mis la chaos dans ce pays...

    • eric 20 novembre 2015 12:29

      "Vous pourrez comparer le nombre des victimes civiles de New York avec celui des victimes civiles irakiennes, lesquelles n’avaient rien à voir avec l’attentant du 11 septembre"

      Bon cela veut dire qu’il faut approximativement encore combien de morts en plus des 120 pour rétablir une égalité paritaire et juste avec le nombre de victimes des bombardements français dans différents pays musulmans qui n’ont rien a voir avec nos mitrailleurs et explosés du week-end dernier ?


      • julius 1ER 20 novembre 2015 15:21

        On va se prendre à regretter le temps de la guerre froide avec « zéro mort » en Europe !!!!

        et où le Capitalisme n’était pas fou !!!!

        • Garibaldi2 20 novembre 2015 17:44

          @julius 1ER

          Mais on vous dit que l’Europe c’est la paix (faudra aussi en parler aux ex-Yougoslaves) !.


        • COVADONGA722 COVADONGA722 20 novembre 2015 20:35

           yep , tout conflit génère son lot de dégâts « colateraux » et il n’est pas anodin qu’une des stratégies des combattants irakiens était de d’attaquer au milieu de civils.« Falloujah a été déclenchée sur initiative sunnite sans permettre a le population sunnite de se mettre a l’abri au préalable

          Reste que c’est une constante dans les interventions US depuis la Normandie le Vietnam l Irak, conflit différent mais ou il est fait peu de cas des civils dans les zones de feu .
          Par comparaison pour le même type d’action la même densité d’opposition en » Irak secteur bassorah par exemple" l’armée anglaise a provoquée moins de pertes civiles .
          Il semble une évidence que même ci elle sont inévitable l’armée us en Irak a délibérément quasi systématiquement choisi d’ignorer la présence de non combattants.

          • njama njama 21 novembre 2015 10:41

            @ Pierre Biron
            "Mondialisation.ca nous apprend en 2015 que « En violation de son propre mandat, l’OMS continue de censurer les preuves découvertes en Irak montrant que l’usage par les militaires américains d’uranium appauvri ... "

            NON, NON, l’auteur de l’article paru sur Mondialisation.ca Denis Halliday méconnaît les règles de fonctionnement de l’OMS. Il n’y a aucune violation de son mandat, l’OMS l’observe à la lettre.

            l’OMS n’est pas indépendante, elle est subordonnée à l’AIEA par cet ACCORD WHA 12-40, ce qui fait que depuis 50 ans (1949) l’OMS censure toute étude sur l’impact de l’industrie nucléaire.
            "Chaque fois que l’une des parties se propose d’entreprendre un programme dans un domaine qui présente ou peut présenter un intérêt majeur pour l’autre partie, la première consulte la seconde en vue de régler la question d’un commun accord.« 

            L’AIEA est la seule agence à dépendre du »Conseil de Sécurité" (voir shéma de l’organisation partielle des Nations Unies), lequel regroupe 15 pays dont 5 sont membres permanents : les États-Unis, le Royaume-Uni, la Fédération de Russie, la Chine et la France. Ce sont toutes des puissances nucléaires civiles et militaires et quasiment toutes exportatrices de technologie nucléaire.
            Ces 5 pays, membres permanents du Conseil de Sécurité déterminent la politique de l’AIEA. Les 10 autres membres (ou pays) ont seulement un mandat de 2 ans.

            Accord WHA 12-40, ARTICLE III Demande de renseignements et de documents :
            "1° L’AIEA et l’OMS reconnaissent qu’elles peuvent être appelées à prendre certaines mesures restrictives pour sauvegarder le caractère confidentiel de renseignements qui leur auront été fournis. Elles conviennent donc que rien dans le présent Accord ne peut être interprété comme obligeant l’une ou l’autre partie à fournir des renseignements dont la divulgation, de l’avis de la partie qui les détient, trahirait la confiance de l’un de ses Membres ou de quiconque lui aurait fourni lesdits renseignements, ou compromettrait d’une manière quelconque la bonne marche de ses travaux."



            • njama njama 21 novembre 2015 10:47


              Appelons un chat un chat, l’OMS est sous le joug de l’AIEA depuis cet Accord WHA 12-40 du 28 mai 1959 , par lequel l’OMS doit déclarer toutes ses intentions d’études à l’AIEA et travailler avec ou céder la place à l’AIEA. L’accord précise qu’aucune des deux agences ne doit subir de nuisances de la part de l’autre : Le nucléaire ne doit donc pas pâtir d’études médicales qui pourraient l’entraver.

              Ainsi donc, aussi longtemps que perdurera le pacte diabolique qui enchaîne l’OMS à l’AIEA, l’opacité sera de mise et la plus épaisse possible pour tout ce qui touche au nucléaire.

              La catastrophe de Tchernobyl et la santé
              par Michel Fernex, Professeur émérite, Faculté de Médecine de Bâle, ex-membre de Comités Directeurs de TDR (Programme spécial de Recherche pour les Maladies Tropicales), OMS.

              Ce texte publié en mai 2000 décrit et dénonce une situation et des faits d’une gravité exceptionnelle, dont l’origine est à rechercher dans l’existence d’un accord formel peu connu, conclu entre l’OMS et l’AIEA. Cet accord limite l’OMS dans l’information des populations sur les conséquences d’accidents comme celui de Tchernobyl, s’il n’y a pas l’accord préalable du lobby nucléaire. Les scientifiques qui enfreignent cette règle ont leur carrière compromise. Ils risquent la prison.
              http://www.bioeco.org/docs/328.pdf


            • njama njama 21 novembre 2015 11:01

              La censure sur tout ce qui touche au nucléaire ne date pas d’hier ... !!!

              AMERICAN GROUND ZERO
              LA GUERRE NUCLÉAIRE SECRÈTE

              CAROLE GALLAGHER MIT 1993

              PDF téléchargeable>> http://www.dissident-media.org/infonucleaire/American_Ground_Zero.pdf

              Paru aux Etats-Unis en 1993 *, ce livre a été traduit en français à l’initiative de deux membres d’un groupe antinucléaire parisien aujourd’hui disparu. Puis, il fut proposé à divers éditeurs, grands, comme petits. Tous ont renoncé à le publier, essentiellement semble t-il pour des raisons financières. C’est pourquoi ce livre est maintenant publié en ligne sur Internet.

              * http://www.amazon.com/American-Ground-Zero-Secret-Nuclear/dp/0262071460

              Le 27 janvier 1951, quelques minutes avant les premières lueurs de l’aube, un bombardier B50 de l’Air Force tourna à gauche au-dessus des genévriers et des arbres de Josué [ Yucca du sud-ouest des États-Unis] et lâcha une bombe atomique dans le désert, à l’ouest de Las Vegas. La lumière de l’éclair réveilla les fermiers habitant plus au Nord, dans l’Utah. La secousse fit voler en éclats des vitres dans l’Arizona. Les radiations se répandirent dans toute ’Amérique, contaminant les sols de l’Iowa et de l’Indiana, les côtes de la Nouvelle Angleterre et les neiges de l’État de New-York, au Nord.

              Ainsi commençait le programme d’expérimentation scientifique le plus prodigieusement téméraire de l’histoire des États-Unis d’Amérique. Durant les douze années qui ont suivi, les acteurs gouvernementaux de la guerre froide firent exploser 126 bombes atomiques atmosphériques dans les 2 150 km2 du site d’essais du Nevada. Chacun des nuages roses qui dériva au-dessus des plateaux et des vallées interdites appartenant aux terrains d’essais atomiques contenait des doses de radiation comparables à la quantité relâchée en 1986 après l’explosion du réacteur de Tchernobyl.

              Les États-Unis ont condamné l’Union soviétique pour avoir passé sous silence le désastre de Tchernobyl pendant trois jours, empêchant ainsi les Ukrainiens et les Européens de prendre des mesures contre les radiations. Mais de leur côté, les patrons de l’industrie des armes nucléaires américaines ont, pendant 30 ans, tout fait pour sauvegarder le secret médical et scientifique, afin de camoufler la contamination de vastes zones de l’Amérique du Nord résultant des explosions atomiques sur le site d’essais du Nevada.

              Extraits :
              page 53 in témoignage de Pat Broudy

              "Ils ont détruit des documents, et tout ça a été révélé pendant le procès. Finalement le gouvernement a admis qu’on connaissait les dangers des radiations depuis le début des années quarante. On savait que ça causait des cancers, on savait que ça pouvait causer des aberrations chromosomiques, mais on a considéré que ça valait le coup de sacrifier quelques hommes pour le bien du pays.”

              page 42 in témoignage de Ted Przygucki

              (photo) Cages pour les animaux cobayes près du point zéro à Frenchman Flat 1990.

              “Alors que lors de ma visite guidée du site d’essais des officiels du Departement of Energy ont nié l’existence d’expérimentations sur les animaux à l’époque des essais en atmosphère, les vétérans de l’atome ont certifié avoir vu des animaux et des humains enchaînés dans des cages près du point zéro.
              Frenchmen Flat est le site de 27 explosions atmosphériques et était jonché de détritus de motels, d’abris anti-atomiques expérimentaux fait de matériaux divers, de chambres forte, de tanks, de camions, de morceaux de ponts et d’autoroutes... et de cages.

              Page 40 témoignage de Robert Carter

              Après l’essai, quelques gars de la section eurent des motifs supplémentaires d’être choqués et épouvantés. Alors qu’ils balayaient la zone pendant leurs manœuvres, certains d’entre eux avaient vu des cages et des clôtures. Certaines contenaient des animaux brûlés au point d’en être rendus méconnaissables. Quand Carter m’a dit que les autres renfermaient des êtres humains menottés et enchaînés aux clôtures, je commençai à douter de sa crédibilité. Je savais qu’un aspect clinique de la dépression profonde était la paranoïa, et peut-être même la détonation avait-elle déclenché chez lui un épisode psychotique. Peut-être s’était-il agi d’une sorte d’hystérie de masse chez des hommes soumis à un stress psychologique et physique aussi dur.

              Toutefois, pendant les trois années suivantes, je recueillis la même histoire, chaque fois venant d’hommes ayant participé au tir de Hood. Le récit du sergent des Marines, Israel Torres, figurant dans un dossier juridique constitué par l’avocat William A. Fletcher et publié dans le Whashington Law Review, était identique à celui de Carter. Effectivement, quand les soldats déclaraient avoir vu des restes d’êtres humains brûlés et entravés sur le champ de bataille nucléaire, on les soumettait au même programme de “déconditionnement” psychiatrique

              J’ai vu une autre chose horrible... Là-bas dans le désert après avoir été décontaminés et nous être installés dans nos camions. Nous n’avions fait que peu de chemin quand l’un de mes hommes a dit : “Bon Dieu, regardez ça !” Je regardai dans la direction indiquée et ce que je vis m’horrifia. Il y avait des gens sur une palissade - une clôture faite de chaînes avec du fil de fer barbelé attaché au sommet. Leurs cheveux tombaient et leur peau semblait peler. Ils portaient des jeans mais pas de chemise... Mon Dieu, mon Dieu, c’était épouvantable. Alors que j’étais à l’hôpital, je dis à mon infirmière ce que j’avais vu. Le lendemain lorsque le docteur m’examina, il dit : “l’infirmière m’a raconté une histoire peu banale. Parlez-moi de ces gens que vous dites avoir vu au site d’essais du Nevada ?”
              ...


            • vachefolle vachefolle 21 novembre 2015 11:48

              La guerre en Irak décidée par les US a partir d’un mensonge d’état a été une énorme erreur politique et diplomatique.

              Mais si vous postez cet article au moment des attentats de Paris, alors vous devriez avoir la décence de rappeler qu’un seul pays occidental a eu le courage de s’y opposer à l’époque, la France qui a réussi a tirer l’allemagne.

              Alors qu’on ne sorte pas maintenant l’excuse Bidon de la guerre en IRAK pour justifier les attentats en France.


              • njama njama 21 novembre 2015 12:19

                @vachefolle
                une énorme erreur politique et diplomatique.
                sans se tromper, on peut dire un CRIME


              • COVADONGA722 COVADONGA722 21 novembre 2015 14:12
                COVADONGA722 30 décembre 2011 14:56

                yep quand l’histoire jugera , elle dira que l’occident à fait tomber un dictateur qui lui était utile « l’histoire se fout de la morale ». Quand l’histoire jugera nous découvrirons que les civils aux commandes de cet acte de brigandage international on fait les choses avec comme unique raison la prévarication et le pétrole.Quand l’histoire jugera elle dira que les politiques ont sciemment ordonnés au troupes us de ne pas maintenir l’ordre ce qui nous a valu « a nous le monde entier » la destruction et le pillages de trésors inestimables qui pour êtres natif de Our n’en appartenaient pas moins a l’essence de nos civilisations

                Quand l’histoire jugera nous découvrirons que les politiques ont laissé l’armée irakienne se débander sans la purger et que littéralement les gus sont rentrés chez eux avec la haine le matos et en ayant perdu la face.Quand l’histoire jugeras elle éplucheras les journaux de marche de l’armée us et découvriras que 55% des pertes sont dut a des débordement des manquement et l’inaptitude atavique des yankee à appréhender des cultures différentes « la comparaisons est facile avec les zones tenus par les britanniques et leur connaissance du monde arabe et de l’attitude à avoir avec les civils » Quand l’histoire jugeras elle découvriras que l’on a laissé agir une division de marines sans contrôle « il existe un rapport du sénat us » pendants 7 jours à Falludja .
                Quand l ’histoire jugera elle dira que les états sont des monstres froids mais que l’état us c’est montré particulièrement indifférent ignorant et délibérément éradicateur d’une culture multiséculaire .Quand l’histoire jugera prenez garde que les historiens ne découvrent que les dirigeants us ont été manipulés par des dirigeants d’un autre état de la région.
                Et in fine quand l’histoire jugera elle décrétera que le boucher Saddam méritait certes la corde mais que d’autres sous d’autre cieux méritaient aussi le gibet dans cette affaire ;

                Asinus : ne varietur

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Pierre Biron


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