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Accueil du site > Actualités > Politique > Le docteur Chirac et la prise de la pastille

Le docteur Chirac et la prise de la pastille

Le message du 14 juillet aura été sans fissure, comme il sied à une politique de « fermeté ». La France est très bien gouvernée, tout va à merveille. C’est dans le monde qu’il y a des problèmes, et de l’extérieur que viennent les dangers. Pour y faire face, la France doit être forte. Le moment n’est donc pas au débat stérile, mais à l’action derrière ce gouvernement à la gestion irreprochable. Un discours bien bétonné, comme si vraiment « il ne se passait rien » chez nous, mais que le peuple ne suit plus forcément, tellement on le lui a prodigué. Les évaluations bidon, les analyses et prévisions de complaisance, ça fait deux décennies qu’on en est submergés. A présent, c’est peut-être la dose de trop. Faut-il continuer à prendre au sérieux tous ces politiques et technocrates qui se présentent comme nos sauveurs ? Voici le résumé d’un conte que je viens d’entendre d’une voisine de supermarché.

Franchouillette, une "petite citoyenne", avait toujours été une fille robuste, joyeuse et sans soucis, qui faisait très confiance à ses docteurs. La vie était belle et la santé, excellente. S’il y en avait qui se plaignaient, c’étaient sans doute des gens à problèmes qui pour un rien cherchaient des histoires. Mais depuis quelque temps, Franchouillette ne va pas bien. Elle a mal partout, déprime, ne dort guère et se pose des tas de questions. Et si, tout compte fait, les gens avaient des raisons de se plaindre ?

Le docteur Chirac, son médecin traitant depuis une dizaine d’années, l’enjoint de ne pas s’en faire. Certes, dans un premier temps elle aura peut-être l’impression d’empirer. Mais ce sera superficiel et ensuite elle se portera très bien. C’est ce que disent les prévisions. Lors de la visite du 14 juillet, où il a surtout évoqué des drames qui se passent ailleurs et des généralités, il lui a fait prendre un nouveau médicament miraculeux : la pastille pour aller de l’avant. En aucun cas elle ne doit se laisser détourner de ce traitement, a-t-il insisté. En réalité, elle va déjà beaucoup mieux. Les analyses récentes le prouvent, même si elle ne s’en rend pas compte. Elle ne doit pas chercher à s’autodiagnostiquer, les médecins sont là pour faire ce travail. Quant au bilan de santé, il faut attendre 2007.

Mais Franchouillette ne sait plus trop où elle en est. Ces analyses sont-elles complètes, lui en fournit-on toutes les données ? Ce qu’elle sait, c’est qu’elle ne se sent pas bien du tout. A cause, notamment, de la médication que lui administrent en parallèle le docteur Breton et d’autres spécialistes du même cabinet. Il semblerait qu’elle doive modérer son train de vie et consommer moins. Qu’avant, elle avait la vie trop belle, mais qu’à terme c’est mauvais pour la santé. Il faut, lui dit-on, faire attention aux indicateurs. "Trop belle la vie" est un slogan qu’on lit même sur certaines annonces. Sauf que la "petite citoyenne" n’a aucune envie de sourire. "Aller de l’avant" est une autre phrase très répandue. Mais aller où, au juste ? Il fut un temps où elle se portait beaucoup mieux.

On lui prescrit la précarité d’emploi car, apparemment, c’est très stimulant et ça aide à garder la forme. Courir à droite et à gauche est excellent, lui dit-on. C’est comme ça qu’on devient quelqu’un d’actif et qu’on progresse. "Très stimulant", mais à la fin des courses elle n’a pas un rond pour partir en vacances. Quant à la "forme", aux "progrès"... Décidément, ce traitement ne lui plaît guère, pas plus que celui qu’avait voulu lui imposer le Dr. Villepin et qu’elle a refusé. D’ailleurs, elle a du mal à joindre les deux bouts mais les docteurs sont beaucoup mieux payés qu’avant ! Ce n’est pas très convaincant. Et pour ce qui est des séances de rayonnement international qu’on lui conseille aussi, Franchouillette se méfie des effets secondaires.

Va-t-elle continuer à prendre la pastille du docteur Chirac, à suivre le traitement du docteur Breton et de ses confrères... ? Franchouillette s’interroge. Elle a été voir le docteur Royal et le docteur Jospin, d’un cabinet concurrent où elle avait précédemment été soignée et qui lui propose à nouveau ses services. Mais elle a fini par comprendre qu’ils lui prescrivent les mêmes remèdes que son cabinet médical actuel, à la marque et aux excipients près. Au lieu de la pastille pour aller de l’avant, c’est celle de la "modernité". Une simple question d’étiquette et de présentation, car le principe actif est identique.

Comment y échapper ? Le pire est que tous les médecins appliquent la méthode unique : dans la vie, il faut en baver. A les croire, vivre sans soucis est très mauvais : on devient trop mou et trop gâté, on prend de mauvaises habitudes... Mais la "petite citoyenne" croit de moins en moins à ces traitements appelés "modernes" qu’avant on ne lui administrait pas à de telles doses.

Ces derniers temps, les uns comme les autres n’ont cessé de lui conseiller la thérapie dite "du coup de tête" consistant à lire, regarder et écouter un maximum de rubriques sportives à sensation. Il semblerait que, tout compte fait, son problème relève du blocage psychologique : elle refuse d’admettre que cette vie est une vallée de larmes. Il lui faut donc se distraire et cesser de se lamenter. Mais alors, le train de vie des docteurs... Pourtant, ils vivent vieux ! Et pourquoi autorise-t-on le loto, les concours à fric... si c’est si mauvais pour la santé des gagnants ? Franchouillette ne se satisfait pas des explications un peu trop faciles qu’on lui assène. Elle ne voit pas le rapport entre ce traitement et ses problèmes de santé quotidiens, et pense même qu’on cherche à lui donner des placebos. C’est inquiétant.

Car d’où viennent ces cauchemars, cette sensation d’âme en peine, ce mal-être général... qu’elle n’avait pas connus auparavant lorsqu’on la soignait par des méthodes plus "conventionnelles" ? Jadis, elle avait un emploi stable et son compte courant n’était pas en permanence au bord du refus de chèque, au travail elle n’avait pas peur de ses chefs, elle pouvait s’offrir un logement confortable et acheter la nourriture qui lui plaisait... A cette époque, elle n’avait jamais mal partout ni ne faisait ces crises d’angoisse. Trouver un autre médecin, mais où ? Il semble bien que ce soit devenu pareil dans tous les cabinets, d’après ce qu’elle entend à droite et à gauche.

Franchouillette se demande parfois si elle ne devrait pas en discuter avec d’autres patients pour envisager une solution différente. Elle sait qu’elle n’est pas la seule à se plaindre des traitements à la mode. D’autant plus que beaucoup de malades souhaiteraient être davantage associés à leur propre thérapie, mais on leur répond que ce n’est pas possible, qu’ils n’en ont pas les compétences. Il semblerait que le recours à l’un de ces cabinets professionnels soit obligatoire et qu’il faille se laisser faire par ceux qui "savent", et connaissent les protocoles. Apparemment, il n’existe pas d’autre alternative, car en aucun cas les malades ne doivent tomber dans n’importe quelles mains...

Au juste, en quoi sont-ils docteurs, ceux qui soignent Franchouillette ? On lui répond qu’elle n’a pas de souci à se faire. Qu’ils sont les plus compétents et prestigieux, formés dans les meilleures écoles d’administration de la santé du pays et de gouvernance des corps et des esprits. Des garanties imbattables. Si problème il y a, c’est une question d’adaptation des malades à ces traitements dont la pertinence n’est pas en cause. Il faut savoir admettre le bien-fondé des soins qu’on reçoit. Ce n’est pas d’emblée à la portée de tous, car il y a parfois trop d’inerties, mais les thérapies doivent suivre leur cours.

C’est aussi, semble-t-il, une question de génération. Car c’est tout jeune qu’il faut apprendre à se priver. Avec les prochaines générations, ça se passera mieux. Il suffit de voir la Russie, la Chine , l’Inde... des pays qui intéressent beaucoup les docteurs. Après tout, il s’agit d’une thérapie mondiale. Changer de temps à autre de cabinet médical peut éventuellement aider, sur le plan psychologique, à mieux supporter le traitement.

La "petite citoyenne" n’a pas fait les super-grandes écoles dont sont issus les docteurs qui la soignent. Elle ne comprend pas très bien leur "savoir unique" et, à dire vrai, n’y croit plus guère. En revanche, elle a lu les troubadours et se souvient de cet extrait de Guillaume de Poitiers :

"Malautz soi e cre mi morir ;
e re no sai mas quan n’aug dir.
Metge querrai al mieu albir,
e no·m sai tau,
bos metges er, si·m pot guerir,
mor non, si amau"

(Je suis malade et je me sens mourir ; et je n’en sais que ce que j’entends dire. Je voudrais un médecin comme je les aime, mais je n’en trouve aucun ; il sera bon médecin s’il parvient à me guérir, mais pas si j’empire.)

Malheureusement, il ne lui apparaît pas que les médecins de cette histoire satisfassent aux exigences pleines de bon sens du duc d’Aquitaine. Dont acte. En 2007, elle écrira le nom d’un troubadour sur son bulletin de vote.


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22 réactions à cet article    


  • Rocla, (---.---.150.242) 18 juillet 2006 12:44

    Finalement,

    Madame Franchouillette et Guillaume de Poitiers ,si j’ ai bien compris,ils ont la même maladie ?

    Rocla


    • Ingrid (---.---.3.200) 18 juillet 2006 12:55

      Ils ont surtout les deux des médecins minables, si j’ai bien comrpis le conte.

      Mais je ne crois pas que ceux de Guillaume de Poitiers étaient aussi nuls que ceux de Franchouillette. En ce moment, ça bat des records.


    • Adolphos (---.---.59.170) 18 juillet 2006 12:55

      Article bien long, pour chirac, dont tout le monde à compris qu’il ne changerait pas la politique suivi par Jospin, et qu’il fallait donc passer à autre chose.


      • Ingrid (---.---.3.200) 18 juillet 2006 12:58

        Hier, le sieur de Closets nous vendait, tout compte fait, la même politique que Chirac, Jospin, Raffarin, Villepin, etc... nous ont assenée. Vu sous cet angle, le conte n’est pas si long.


      • Rocla, (---.---.150.242) 18 juillet 2006 13:04

        On pourrait aussi parler des bien-portants.

        Rocla


        • (---.---.66.229) 18 juillet 2006 13:10

          Les bien-portants, les médecins en font partie, d’après le texte.


        • (---.---.66.229) 18 juillet 2006 13:15

          Si on va au fond des choses, ce qui se passe actuellement n’est que l’aboutissement de la stratégie de reprise en main progressive du pays mise en place à la Libération. C’est de 1945 que date la création de l’ENA, Sciences Po... Tous les partis politiques y ont trempé.


        • Adolphos (---.---.59.170) 18 juillet 2006 13:18

          Oui, mais non, parce que si l’on regarde les dépenses de l’Etat, dans les année 60 elles étaient comparable à ce qu’elles sont actuellement au USA, et il y avait plein emploi et pas de SDF. A partir des années 70, ca commence à augmenter, jusqu’à 40%, avant le grand bon en avant socialiste ou nous sommes toujours..


        • (---.---.66.229) 18 juillet 2006 13:22

          Ce sont Delors, Lamy, Peyrelevade... des « socialistes » qui en 1984 ont imposé la politique dite d’ « austérite ». « Austérité », pas pour toute le monde d’ailleurs.


        • Jesrad (---.---.20.126) 19 juillet 2006 11:42

          Qui a été invité au pique-nique de l’Elysée, ce 14 juillet dernier ? Il y a coulé bien du champagne, on y a acheté bien des voix. Et la facture est toujours pour les mêmes.


        • (---.---.66.229) 18 juillet 2006 13:53

          Colonisation, guerre de 1914-18, guerres coloniales... En 1945, « retroussez vos manches » ! Etc...

          L’oligarchie financière s’est bien servie des Français. Dans l’après-guerre, elle leur a fait miroiter un « bien-être en constante amélioration grâce au travail », elle a accumulé des capitaux énormes...

          A présent, elle s’en débarrasse car elle s’est montée une armée de métier et a trouvé ailleurs une main d’oeuvre moins chère.


          • Jesrad (---.---.20.126) 19 juillet 2006 11:46

            Je crois que vous vous trompez d’exploiteurs. L’« oligarchie financière » que vous dénoncez, c’est celle qui prend l’argent par la force des huissiers et des lois, qui le gaspille selon son bon plaisir pour remplir ses poches, celles de ses parents et amis, et vivre une vie de prince, et qui use des mêmes prétextes démagogiques usés pour exiger toujours plus de sacrifices de notre part, sans jamais en consentir un seul de sa part.


          • (---.---.51.251) 19 juillet 2006 12:50

            L’oligarchie financière, ce sont les détenteurs des plus grandes fortunes et des plus grands moyens financiers, ceux qui contrôlent vraiment les grandes banques et les grandes multinationales. C’est en effet les intérêts de cette oligarchie que servent « nos » politiques.


          • Rocla, (---.---.150.242) 18 juillet 2006 18:03

            Il serait assez étonnant de comparer l’ espérance de vie dans les années 1100 par rapport à 2007, existait-il des dentistes,des ophtalmos,et toutes sortes de métiers de ce genre,la simple aspirine étant une récente invention. C’ est vrai que trou de la sécurité sociale que nenni, gabelle,octrois et impots divers ,menus amusements pour paysans comblés par les charmes de la soupe à la chataigne.Ah ,c’ était le bon temps.On allait de croiser, quel plaisir.

            Rocla


            • (---.---.48.189) 18 juillet 2006 20:19

              Bien sûr, les espérances de vie ne sont pas comparables. Mais actuellement, les inégalités sociales deviennent de plus en plus féodales.

              Ceci étant dit, il me semble que le sens de la fin du récit est différent. Le duc d’Aquitaine dit qu’il n’aime pas les méthodes de ses médecins mais qu’il les jugera aux résultats. « Nos énarques » ne se laissent pas juger aux résultats, ils disent toujours que les résultats sont bons et que c’est nous qui n’y comprenons rien. Dans ce cas, autant voter pour un troubadour.


            • Rocla, (---.---.150.242) 18 juillet 2006 18:05

              lire « on allait se croiser »


              • vince (---.---.53.32) 18 juillet 2006 22:29

                Qu’est ce qu’on attend pour fou*** notre pied au c** des médecins ?


                • (---.---.241.179) 20 juillet 2006 18:56

                  C’est vrai, les docteurs espèrent bien habituer les Français, de génération en génération, à vivre de plus en plus mal. Les jeunes semblent avoir compris, au moins, cela :

                  http://fr.news.yahoo.com/20072006/202/62-des-jeunes-redoutent-une-vie-moins-facile-que-celle.html

                  " jeudi 20 juillet 2006, 8h20

                  62% des jeunes redoutent une vie « moins facile » que celle de leurs parents

                  PARIS (AFP) - Plus de six jeunes sur dix (62%) de 15 à 24 ans estiment que leur vie sera « moins facile » que celle de la génération de leurs parents..."

                  (fin de citation)

                  Il reste que les « solutions » que ces jeunes peuvent avoir en vue dépendent aussi de la propagande qu’on leur sert. Or, ces temps-ci c’est la pub de l’enseignement prétenduement « utile » mais rien sur le problème des délocalisations.


                  • CP (---.---.241.179) 20 juillet 2006 19:07

                    On remarquera également que les questions que posent les sondeurs sont très tendancieuses. Par exemple, que signifie ma phrse :

                    « Les jeunes considèrent par contre que la situation va »s’améliorer« en matière de technologie (97%), santé (75%), sécurité (60%) et libertés individuelles (54%). »

                    C’est quoi, une « améloration » dans le domaine de la technologie ? Tout dépend de qui pourra s’en servir, et à quelle fin ! Pareil pour la santé : la recherche médicale est une chose et la santé du plus grand nombre en est une autre. Quant à la « sécurité » et les « libertés individuelles », il serait intéressant de voir le questionnaire de plus près.

                    Car, juste avant, on lit que :

                    « Les jeunes considèrent en effet, à 72%, que l’état de l’environnement va »se détériorer« , de même que les retraites (71%), l’emploi (63%), les inégalités sociales (60%), le pouvoir d’achat (61%) et le racisme (50%). »


                  • CP (---.---.241.179) 20 juillet 2006 19:42

                    Lire « la phrase » au lieu de « ma phrse » dans mon précédent commentaire.

                    J’ajouterai qu’il serait important de mesurer la gravité des effets de « coupure générationnelle » dûs à des accords entre partenaires sociaux qui ont systématiquement, depuis les années 1980, sacrifié les générations suivantes. Ce qui a permis d’afficher une apparence de « bonne politique » sociale, alors que c’était tout le contraire.


                  • CP (---.---.241.179) 20 juillet 2006 21:52

                    On trouve une liste actualisée d’avril 2006 des membres de la Trilatérale à l’adresse :

                    http://www.geocities.com/benribqqq/trilateral2006.html

                    Voici les membres français, sauf erreur ou oubli de ma part :

                    « Edmond Alphandéry, Chairman, Caisse Nationale de Prévoyance, Paris ; former Chairman, Electricité de France (EDF) ; former Minister of the Economy and Finance »

                    « Jacques Andréani, Ambassadeur de France ; former Ambassador to the United States »

                    « Georges Berthoin, International Honorary Chairman, European Movement ; Honorary Chairman, The Jean Monnet Association ; Honorary European Chairman, The Trilateral Commission, Paris »

                    « Nicolas Beytout, Editor, Le Figaro, Paris ; former Editor, Les Echos, Paris »

                    « Jean-Louis Bourlanges, Member of the European Parliament (ALDE Group/UDF) and Chairman, Committee on Civil Liberties, Justice and Home Affairs, Brussels ; former President of the European Movement in France, Paris »

                    « François Bujon de l’Estang, Ambassadeur de France ; Chairman, Citigroup France, Paris ; former Ambassador to the United States »

                    « Henri de Castries, Chairman of the Management Board and Chief Executive Officer, AXA, Paris »

                    « Michel David-Weill, Chairman, Lazard LLC, worldwide ; Managing Director and Président du Collège d’Associés-Gérants, Lazard Frères S.A.S., Paris ; Deputy Chairman, Lazard Brothers & Co., Limited, London »

                    « Laurent Fabius, Member of the French National Assembly and of the Foreign Affairs Committee ; former Prime Minister & Minister of the Economy & Finance, Paris »

                    « Denis Kessler, Chairman and Chief Executive Officer, Scor, Paris ; former Chairman, French Insurance Association (FFSA) ; former Executive Vice-Chairman, MEDEF-Mouvement des Entreprises de France (French Employers’ Confederation) »

                    « Anne Lauvergeon, Chairperson of the Executive Board, Areva ; Chairperson and Chief Executive Officer, Cogema, Paris »

                    « Pierre Lellouche, Member of the French National Assembly and of the Foreign Affairs Committee, Paris ; President, NATO Parliamentary Assembly »

                    « Dominique Moïsi, Special Advisor to the Director General of the French Institute for International Relations (IFRI), Paris »

                    « Benoît Potier, Chairman of the Management Board, L’Air Liquide, Paris »

                    « Jean-Philippe Thierry, Chairman and Chief Executive Officer, AGF (Assurances Générales de France), Paris »

                    « Serge Weinberg, Member and Chairman-designate of the Supervisory Board, Accor ; Chairman, Weinberg Capital Partners ; former Chairman of the Management Board, Pinault-Printemps-Redoute ; former President, Institute of International and Strategic Studies (IRIS), Paris »


                    • Mizo (---.---.19.56) 21 juillet 2006 01:09

                      Ce n’est pas les docteurs de Franchouillette qui vont manquer dans les années à venir. Car tout est fait pour que rien ne puisse changer.

                      Comment préserver l’emprise de la pensée unique sur un pays qui connaît des tensions sociales croissantes ? Le directeur de l’Institut d’Etudes Politiques Richard Descoings :

                      http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Descoings

                      ancien conseiller de Michel Charasse, puis chargé de mission de Jacques Lang, fréquentant le Siècle depuis les années 1990, participant à la réunion de Bilderberg de 2006 :

                      http://www.ameriquebec.net/2006/06/18-liste-des-participants-a-la-conference-bilderberg-2006-a-ottawa.html

                      reçoit en ce moment des applaudissements de plus en plus consensuels de la part de la classe politique, y compris du site de l’UMP :

                      http://www.u-m-p.org/site/actualiteAffiche.php?IdActualite=1224

                      pour son expérience commencée en 2001 et consistant à « démocratiser » l’accès à Sciences Po. Le Député UMP Pierre-André Périssol écrit :

                      "... les modalités d’entrée à Sciences Po ont été allégées pour ces jeunes dont le bagage culturel et social, ne peut guère rivaliser avec celui de leurs condisciples, issus de milieux plus bourgeois.

                      Mais, le programme, non. Les études, non. Les examens, non. En conséquence de quoi, le diplôme que viennent de recevoir ces pionniers en la matière est resté le même...."

                      Bref, la pastille anti - « fracture sociale ».

                      Autrement dit : pas question de changer le fonctionnement institutionnel du pays, le rôle des filières Sciences Po et ENA, la manière dont la France est dirigée, l’emprise de ce genre d’ « élites » sur la politique et le pouvoir de décision... Mais « démocratisons » l’accès à quelques places parmi les « élites », de façon à créer une illusion d’égalité des chances.

                      Quousque tandem ?

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