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Le gouvernement et Nicolas Sarkozy ferment les portes du logement, durablement

... Ou quand les moins favorisés sont pris en otage par un système hypocrite en organisant leur assujettissement qui constitue, pour longtemps (définitivement ?), un frein à une évolution sociale justement, légitimement et humainement souhaitée.

Les mesures empilées depuis dix mois transpirent une incohérence entre les efforts demandés aux plus modestes au niveau du financement de leur logement et les largesses accordées à ceux qui sont en situation sociale plus favorisée, voire largement privilégiée. Une vassalisation moderne contrainte par le logement s’organise et s’installe sans doute durablement dans notre pays.

Voici certains éléments qui m’ont interpellé et qui, pour certains, auraient mis des millions de citoyens dans la rue dans une lointaine ère préhistorique :

Il y a quelque temps Mme Boutin, ministre du Logement et de la Ville, annonçait une mesure aux airs d’une pub pour une marque de lessive : « la maison à 15 € par jour » ! Elle laverait semble-t-il plus blanc que la maison à 100 000 € de Borloo, avec, en prime, le gadget « Bonux » : l’acquisition en deux temps, le terrain n’étant pas compris dans le prix... on verra « ça » plus tard !

Ce dispositif sera financé par le 1 % patronal via le Pass foncier qui avancera le financement différé du terrain qui sera acquis, lui, par un organisme et vendu à l’acquéreur après la fin de l’emprunt de la construction.

Jugez donc par un exemple concret, des réalités d’un tel dispositif :

  • 15 € par jour = 450 € par mois ;

  • pour cette mensualité, on peut emprunter environ 67 000 € (67 000 € sur 20 ans à 5,20 % = 449,61 €/mois) ;

  • la surface financée (selon le dispositif Boutin) sera d’environ 85 m2, d’où le coût d’une construction s’élevant à 788,24 € le m2 (67 000 : 85 = 788,24) : il est à craindre qu’avec ce modeste tarif les conditions ne seront pas optimales pour construire un logement répondant à une exigence écologique (désormais nécessaire et préconisée dans le Grenelle de l’environnement) et ne pourront être « accessibles » aux personnes à mobilité réduite, les critères normatifs étant beaucoup plus coûteux à la construction ! ;

  • prix d’un terrain aujourd’hui (dans une région où les prix sont « abordables », l’exemple ne peut en aucun cas concerner Paris, le Sud de la France et autres villes littorales touchées par l’inflation immobilière) : 80 €/m2 ;

  • surface du terrain financée par le dispositif Boutin : 250 m2 environ ;

  • d’où un coût estimé du terrain à : 20 000 € (250 x 80 €). Dans 20 ans, coût du terrain (estimation) : 28 000 € environ (financement envisageable sur 6 ans : 453,54 €/mois, pour rester dans le « 15 € par jour »).

Donc

Pour l’acquisition d’une maison + terrain à 15 € par jour, soit 450 €/mois, il faudra la financer durant 26 ans en moyenne ! Si les prétendants à l’acquisition sont jeunes, ça peut se concevoir (on finance bien jusqu’à 35 ans !). Cependant, peut-on imaginer un tel plan de financement au (très) long cours pour des quadragénaires ou des quinquagénaires, entraînant ainsi un échelonnement qui continuera jusqu’à leur retraite ? S’ils n’ont pas aujourd’hui la capacité financière d’aller au-delà d’un tel budget, c’est que leurs revenus actuels se situent entre 1 500 et 2 000 € mensuels (condition nécessaire pour bénéficier du « Boutin nouveau »). Pas sûr que les pensions de retraites projetées dans 28 ans seront suffisantes pour absorber une mensualité de 450 € environ. Le plan Boutin organise ainsi le surendettement de retraités modestes de demain. Seront-ils alors obligés de revendre en bout de crédit (souffle ?) ces maisons à 15 €, les renvoyant à une régression sociale en les obligeant à réintégrer le parc locatif privé ou social.

L’acquéreur, primo-accédant, bénéficiera également du PTZ (prêt à taux zéro), et du fait de ses modestes ressources, obtiendra un différé de remboursement de 15 à 18 ans suivant ses revenus. Donc, au bout de 15 ans, le cumul des deux crédits contractés (prêt amortissable classique et prêt à 0 %) risquera fort de surendetter le bénéficiaire de ce dispositif. Pire encore sera la situation quand il faudra rajouter aux deux premiers, le crédit du terrain !

Une vraie bombe à retardement !

Avant cela, la loi dite TEPA (loi sur le Travail, l’emploi et le pouvoir d’achat) plus connue sous de nom de « paquet fiscal », du 21 août 2007, a mis en place des mesures (coûteuses) de défiscalisation d’une partie des intérêts d’emprunts pour les prêts contractés dans le cadre d’une acquisition en résidence principale, visant à relancer la croissance. Coût : 3,7 milliards d’euros.

Cette loi a également porté de 20 à 30 % le taux d’abattement applicable à la valeur de la résidence principale pour les propriétaires redevables de l’ISF (Impôt de solidarité sur les fortunes). Rappelons que cet impôt qui a été remanié à la baisse concerne les personnes qui détiennent un patrimoine net supérieur à 770 000 €. Coût estimé pour 2008 : 445 millions d’euros.

Coût total de la loi TEPA : environ 14 milliards d’euros PAR AN, dont 4,145 milliards seulement pour les mesures précédemment citées concernant la défiscalisation des plus nantis en matière de logement.

Et, enfin, dernièrement, Nicolas Sarkozy, lors du Conseil de modernisation des politiques publiques, a présenté une série de 140 mesures afin d’économiser 5 à 7 milliards d’euros par an. L’une d’entre elles concerne le logement social. En effet, il est prévu l’abaissement de 10 % des plafonds de ressources pour un logement HLM.

« La part des ménages français pouvant prétendre à un logement HLM a augmenté de moins de 60 % à près de 70 % en dix ans. Est-ce bien raisonnable ? », s’est interrogé le président. Je vous laisse méditer sur cette réflexion.

Comment peut-on à la fois :

  • Faire des cadeaux fiscaux coûteux permettant de satisfaire ceux qui ont la capacité financière suffisante pour se loger correctement ?

ET
  • Désengager l’Etat d’une nécessaire solidarité en matière de logement pour les plus modestes en leur demandant, à eux, de « payer » ce qu’il s’est permis d’offrir ?

ET
  • Donner l’illusion que les locataires à revenus modestes pourront devenir propriétaires dans des conditions convenables, sans risque de surendettement pour l’avenir, pour seulement 15 € par jour ?

    Tout cela n’est pas très sérieux, Mme Boutin,

    Tout cela est scandaleux, M. Sarkozy,

    Tout cela est dangereux pour notre société qui tend à se fragmenter de plus en plus par rapport au logement.

Le logement est un besoin vital, il est la base, avec l’emploi, de l’insertion sociale et il constitue le socle d’une construction familiale nécessaire à l’épanouissement de chacun.


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16 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 11 avril 2008 11:09

    C’est vrai que c’est une catastrophe

    Il existe en France un problème c’est que le mot "logement social" est inscrit et qu’il est maintenant indexé sur des revenus

    C’est pour cela que les groupes de HLM filialisent et développent des programmes de logements "intermédiaires" en direction des collectivités,car le mot "logement social = pauvre = problème = dépense sociale)

    Il aurait été facile de supprimer le mot "logement social" et id’ntroduire logement pour tous et en fonction des revenus et des impots que paye les personnes de fixer un loyer

     

     


    • foufouille foufouille 11 avril 2008 12:49

      pour une fois je suis d’accord avec lerma. il y avait d’autre solution. en rase campagne les maisons pourrissent depuis des lustres. l’etat pourrait les racheter puis les revendre aux pauvres.

      mais bon, les 1° problemes de banlieue datent de 80...........


      • foufouille foufouille 11 avril 2008 13:57

        1954 c’est l’appel de l’abbee pierre.... un pauvre n’ayant aucun pouvoir on lui jettent des miettes de temps en temps. du pain, des jeux, du vin et le cirque. les rapports du gouvernement me font toujours rire. tres vague et bcp de porte de sortie


      • valere valere 11 avril 2008 16:42

        Peut être qu’on pourra se loger à l’Elysée.

        Carla, qui se dit de gauche, ne pourra restée indifférente devant un parterre de gens affamés (pouvoir d’achat), au chômage (restriction des effectifs de la fonction publique/delestage des entreprises privées), ne pouvant plus voyager (suppression de la carte de famille nombreuses) et en mal de sommeil (pas de logement) !!!

        Une p’tite place ma p’tite dame ???


        • foufouille foufouille 11 avril 2008 20:07

          l’info montre que les politiciens sont tous des ripoux. prenons la bastille !!!


        • sisyphe sisyphe 13 avril 2008 12:09

          Le clown de service vient, jusqu’ici, sur un sujet si grave, ahanner ses pitreries.

          Va regarder tes dvd de Bigard, paillasse, et apprends ce que c’est que la simple décence en disparaissant du paysage ?


        • Blé 12 avril 2008 14:11

          C’est triste de constater qu’en 2008, ceux qui sont élus et payés pour préparer l’avenir ne font rien, économie de marché oblige.

          Dans les années 50, il était fréquent de voir des familles de 6 ou 7 personnes vivre dans une pièce, avec le lavabo et les toilettes sur le pallier.

          Je connais le cas d’une famille qui logeait dans ces conditions extrêmes, elle a mis les trois ainés en pension et les deux plus jeunes sont partis en aérium. Quinze jours plus tard,l’ un des deux enfants revenait dans un costume en sapin, dans un wagon spécial. L’enfant n’a pas survécu à la séparation d’avec sa mère.

          Il faut savoir qu’ à l’époque des trains entiers partaient des villes (surtout de Paris) vers les campagnes et bords de mer parce que la santé des enfants étaient déplorables pour cause de mauvais logement.

          Le logement c’est beaucoup plus qu’un toit, c’est le droit d’un enfant d’être traité comme une personne. Pour respecter ce droit la société a l’obligation de mettre tout en oeuvre pour que les parents, aient la possibilité de louer ou d’acheter un "toit" grâce à leur travail.(Ils ne demandent pas la charité)

          Quand j’entends la politique mise en place par le gouvernement, je ne peux pas m’empêcher de penser à cette époque. Aujourd’hui , en 2008, des enfants sont malades pour cause de mauvais logement.

           

           

           


          • armand armand 12 avril 2008 17:14

            Tant qu’on ne s’attaquera pas à la liberté du marché en matière de logement, le problème restera total ; Comme pour l’alimentaire et l’énergie.

            Boutin, comme Sarkozy, ne font que tortiller du cul pour ch...r droit, autrement dit, inventer des formules abracadabrantesques pour resolvabiliser la majeure partie de la population, exclue du logement social et bien à la peine pour suivre les augmentations faramineuses dans le parc privé.

            Un programme d’action fondé sur l’encadrement des loyers libres, la taxation des plus-values immobilières, même de la résidence principale quand la vente n’est pas destinée à un rachat immédiat, la lutte contre la pied-à-terrisation des centre-villes serait autrement plus efficace.

            Et ce programme, loin d’être une lubie à la Besancenot, ne ferait que reprendre les mesures des gouvernements gaullistes de l’après-guerre.

             


            • Kiwi 13 avril 2008 02:09

              A l’auteur : Ils sont beaux vos calculs, probablement vrais, sous Mitterrand et Jospin c’était mieux ?

              Je suis assez d’accord avec votre analyse. Il n’est pas normal que le prix des logements ne soit que spéculatif. Mais je ne sais pas trop quoi penser pour trouver une solution car c’est un problème d’offre et de demande. Quand la demande est supérieure à l’offre les prix grimpent. Rien à faire.

              Il faut augmenter l’offre, j’ai cru comprendre que le gouvernement s’y emploi. A part empêcher les étrangers d’acheter en France, comme les anglais par exemple, je ne vois pas trop de solutions.

              Je ne vois pas comment la taxation des plus-values immobilières, même si ca parait logique, pourrait aider les salaires moyens à accéder plus facilement a la propriété. Encore une fois, c’est par les aides financières que vous voulez régler le problème, mais cela ne va rien changer mis à part enfoncer encore plus la dette de l’état et laisser les prix de l’immobilier sans contrôle.

              Quant au PS, il me semble qu’ils ont été au pouvoir un certain temps, c’est vrai que la pauvreté avait beaucoup reculé à l’époque...

              Ce n’est pas tant l’analyse qui me gène, mais c’est d’essayer de nous faire croire que Sarko et sa bande sont à l’ origine de tous les maux. Je peux vous dire que ce n’est pas gagné pour le PS aux prochaines élections. Loin de la. Et quand vous dites ‘En France…’, arrêtez de croire qu’il n’y qu’en France qu’il y a ces problèmes, ailleurs c’est bien pire….

               

               


            • foufouille foufouille 14 avril 2008 12:46

              si l’etat veut il peut

              la taxation des mouvements financiers seraient reverses au caisse defictaires : secu, retraites

              une aide coute tjrs : utilisation des bureaucrates, controle des allocataires, temps perdu pour ceux-ci....

              le logement devrait etre indexe, y compris les ventes, sur par exemple les salaires ou l’indice de pauvrete

              en echange de ce renflouement des caisses par la finance, ttes les entreprises aurait droit a une exoneration des chazrges qui devrait etre totalement reverse sous forme d’augmentation de salaire. la croissance pourrait etre relance par la consommation ou l’epargne

              pour que ca marche il faudrait une "grosse" taxe et donc un bonne augmentation des salaires genre le smic a 1500


            • armand armand 14 avril 2008 15:08

              Justement, c’est bien le gouvernement Mitterrand qui, à peine élu en 1981, a décrété que les loyers étaient trop bas... je me souviens encore que mon proprio (j’étais étudiant alors) a été ’gentil’, à peine 15% d’augmentation, alors que certains en ont profité pour doubler.

              Je ne pense pas que ce soit uniquement une question d’offre en France. Depuis quelques années il y a une veritable fringale des plus aisés pour acheter de l’immobilier - résidences principales mais secondaires aussi, entretenue en particulier chez les plus jeunes qui ont oublié la crise de 1991-1995. On a laissé les gros proprios institutionnels liquider leur parc au moyen de ventes à la découpe, et on a ouvert les frontières aux gros fonds d’investissement qui dans certaines villes ont acheté des rues entières.

              De plus, pour ne pas risquer des ’subprimes’ les banques françaises ne prêtent qu’aux riches, excluant de fait tous les acheteurs potentiels qui ne sont ni rentiers, ni gros salaires, ni héritiers.

              Cela va-t-il nous prémunir contre un krach comme aux USA ?

              Je crois pour ma part aux effets d’annonce : le marché immobilier, comme tous les marchés, est réactif et ’psychologique’ autant que rationnel. Un gouvernement, ou même une mairie, qui déclarerait haro sur l’abus de résidences secondaires pour riches étrangers dans les centre-villes, sans même attendre des effets concrets, découragerait le secteur. Une bonne annonce générale, indiquant que le logement, comme l’alimentation et l’énergie, ne seront plus laissés au bon vouloir du marché, mais que des mesures drastiques risquent d’être prises, aurait sans doute un effet dissuasif.

              Mais il faut compter aussi sur une France de propriétaires, qui s’est fait plaisir en s’imaginant des plus-values virtuelles faramineuses, et qui croit au dicton ’la pierre ne baisse jamais’, alors même que l’histoire récente nous démontre le contraire.


            • foufouille foufouille 14 avril 2008 18:04

              miterrand = UM-PS

              si les plus riche ont acheter c’est a cause des lois robien. une taxe ne doit pas servir a une aide conditionne aux citoyens et non conditionnes aux entreprises. on ne doit pas non plus la donner a certains suivant des criteres soumis au bon vouloir des decideurs. le bon exemple est les allocations familiales : aide faible pour les tres riches mais econome en application. en plus ils ne sentent pas "voles"

              par contre un RMU creerait uniquement des emplois a temps tres partiels


            • Relka Wuyilu 13 avril 2008 11:05

              Excellent article... Hélas... tant la bombre qu’il présente est réelle.


              • judel.66 15 avril 2008 18:34

                Force Hyeres....

                vous etes agent immobilier.....pourquoi ecrivez vous des aneries .......... croyez vous que les mesures démagogiques prises par sarko en faveur des locataires deja surprotéges vont inciter les Français qui le peuvent a faire du locatif voila ce qui bloque , rencherit le logement en le rarefiant et doit etre dénoncé ......

                 

                croyez vous que l ’ ISF inquisition n’est pas un autre frein a la construction de locatif  !! .........remplissez donc un imprimé ISF et vous comprendrez pourquoi , au lieu de construire du locatif avec tous les em...........s que ça comporte souvent ,  il est plus rentable d’aller placer son argent en suisse..............

                 

                 

                 


                • foufouille foufouille 15 avril 2008 22:22

                  pour placer de l’argent en suisse faut vraiment etre blinder. les locataires ne connaissent que rarement leur droit. si les proprio n’amortissait pas sur 10a......et si ils ne louait pas des taudis hors DE PRIX .....le mieux pour toi c’est des sdf !!!!!!!!!!!

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