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Accueil du site > Actualités > Politique > Le grand flicage

Le grand flicage

Le vent mauvais qui souffle sur la France ne devrait pas ébouriffer le grand blond avec des chaussures noires qui fait fonction de ministre de l’intérieur. Fouché en herbe à l’humour douteux, Brice Hortefeux, ardent défenseur des auvergnats a encore sévi. Deux nouvelles “bases de données” destinées à renforcer les moyens d’enquête de la police ont été créées par des décrets publiés dimanche au Journal Officiel.

La méthode devient classique pour le gouvernement. Attendre un fait divers, s’en saisir et faire passer à la hussarde et en catimini un texte qui attendait au chaud son heure dans un tiroir. A défaut d’être brillant, Brice Hortefeux est un ministre laborieux et appliqué. Il rebondit ainsi opportunément sur les incidents survenus le 10 octobre à Poitiers n’hésitant pas à faire porter la responsabilité des désordres au maire de la ville. Dans une lettre au député-maire de Poitiers Brice Hortefeux a regretté, “l’attitude non coopérative” de la ville et sa “fin de non recevoir” à l’aide sollicitée par les services de renseignement deux jours avant la manifestation violente du week-end.

A en croire le ministère de l’Intérieur, la France a peur. Suffisamment pour balayer d’un revers de main toutes les critiques qui dénoncent une dérive liberticide.

Le retrait du fichier Edvige fin 2008 qui prévoyait de collecter des renseignements sur les opinions politiques ou la sexualité n’a pas découragé les adeptes du fichage généralisé. Les “bases de données précises” qui viennent de voir le jour portent d’une part sur les atteintes à la sécurité publique en ciblant bandes, hooligans et groupuscules et, d’autre part, sur les postulants à des fonctions dans la police, la gendarmerie ou sur des sites sensibles.

Une circulaire adressée dimanche aux préfets et dont l’AFP a eu connaissance dresse la liste des données enregistrées et des dérogations éventuelles, comme celle permettant une référence à l’origine géographique, “parce que l’appartenance à un même quartier ou le partage d’un lieu de naissance peuvent jouer un rôle déterminant dans les phénomènes de bandes“, explique la place Beauvau.

Cette disposition inquiète plusieurs organisations. SOS Racisme demande que le gouvernement retire de l’article 3 du décret la dérogation portant sur l’origine géographique des personnes. Remplacer le critère ethnie par origine géographique, “c’est nous prendre pour des abrutis“, a déclaré Samuel Thomas, vice-président de SOS Racisme. L’association parle de trahison du ministère de l’Intérieur qui avait accepté l’an dernier une recommandation de la commission Bauer visant à exclure des fichiers les données relatives aux origines raciales ou ethniques.

La forme retenue, un décret publié un dimanche, a suscité l’ire du PS qui a demandé l’adoption d’une législation et donc un débat au Parlement. “La méthode choisie est une fois de plus celle d’un pouvoir qui veut passer en force sur tout, tout le temps, qui refuse le débat démocratique, écrase le parlement et sa propre majorité“, a déclaré la député socialiste Delphine Batho qui rappelle dans un communiqué qu’un consensus avait émergé quant à la nécessité de légiférer sur les fichiers de police.

De fait, la commission des Lois de l’Assemblée nationale a adopté en mars un rapport proposant 57 propositions pour mieux encadrer l’usage des 58 fichiers de police et de gendarmerie officiellement recensés dans le pays afin, “d’assurer “le strict respect des droits et libertés des citoyens, mais aussi la performance des instruments“.

Les parlementaires suggéraient notamment de proscrire définitivement le fichage des élus, militants syndicaux ou associatifs, d’encadrer strictement le fichage des personnes mineures, d’améliorer la mise à jour des fichiers afin de limiter les erreurs et de sécuriser davantage l’accès des enquêteurs à ces outils, pour empêcher toute vente de données.

Les fichiers posent le problème de leur accès et de leur mise à jour. Des personnes innocentées ou relaxées peuvent ainsi demeurer dans les fichiers. Alex Türk, président de la Commission nationale informatique et liberté, estime que, “sur environ 30 millions de personnes fichées au Stic, plus d’un million ne devrait pas y figurer” et, “qu’une quinzaine de fichiers ont une base légale douteuse ou n’en ont aucune“.

Cette propension à la collecte de données est parfaitement illustrée par la multiplication des fichages ADN et, à son corollaire, la multiplication des procès pour refus de prélèvement.

Ils sont en effet de plus en plus nombreux à refuser de figurer dans le Fichier national des empreintes génétiques, le Fnaeg. La sénatrice Marie-Christine Blandin (Verts) se déclare effrayée par les conséquences du fichage génétique et fait le tour de France des tribunaux pour soutenir les récalcitrants.

La procédure est toujours la même. Une convocation au commissariat ou à la gendarmerie pour offrir un échantillon de salive. Le refus considéré comme une infraction passible d’un an de prison ferme et de 15 000 euros d’amende. 519 récalcitrants ont été condamnés en 2007.

La politique de fichage génétique a été élargie en 2003 lorsque Nicolas Sarkozy était ministre de l’intérieur. Les infractions banales et les personnes suspectées ont été introduites, la sanction pour refus a été alourdie, et surtout les officiers de police judiciaire ont été habilités à ordonner un prélèvement, alors que seuls les magistrats avaient ce privilège.

Un contexte à apprécier à l’aune de la phrase prêtée à Benjamin Franklin :”Celui qui est prêt à sacrifier un peu de liberté pour obtenir un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre.”

Crédit photo : Wikipédia

 
 

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27 réactions à cet article    


  • Paul Cosquer 20 octobre 2009 11:05

    Liens vers les décrets :

    Décret n° 2009-1249 du 16 octobre 2009 portant création d’un traitement de données à caractère personnel relatif à la prévention des atteintes à la sécurité publique

    Décret n° 2009-1250 du 16 octobre 2009 portant création d’un traitement automatisé de données à caractère personnel relatif aux enquêtes administratives liées à la sécurité publique





    • Gazi BORAT 20 octobre 2009 11:25

      Aaahh.. La police française et ses fichiers..

      André Tulard, inspecteur de police au départ puis responsable administratif ensuite se fit remarquer en 1939 par un très pratique « Fichier des Communistes »..

      Mais il devint célèbre par son très efficace fichier à 4 entrées : un sous-fichier alphabétique, un sous-fichier par nationalité, un sous-fichier par domicile, un sous-fichier par profession, soit quelque 600 000 fiches, qu’on prit l’habitude d’appeler le « fichier Tulard ».

      http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2306

      Excellent fonctionnaire, il s’éteignit en 1967... sans jamais avoir été inquiété.

      Son fils, continuant son oeuvre de manière plus pacifique, compose aujourd’hui des dictionnaires du cinéma, où il met en fiches acteurs et réalisateurs.

      http://livre.fnac.com/a1952368/Jean-Tulard-Dictionnaire-du-cinema

      Le Fichier Tulard, voué à la destruction en 1946, fut néanmoins conservé (pour le cas où ?..) aux archives des Anciens Combattants jusq’en 1991..

      gAZi bORAt


      • tvargentine.com lerma 20 octobre 2009 12:57

        Personnellement ce que je demande à « SOS RACISME’ organisation bizness qui a enrichi les »julien dray et compagnie" c’est qu’il rembourse l’argent public détourné

        Cette organisation ne cherche qu’à coller à l’actualité pour exister et pour faire oublier son passif desastreux.

        Oui,l’Etat à raison de créer des bases de données pour enfin éviter les multi-récidivistes
        de recommencer en toute inpunités

        Le temps de passer à la modernité est arrivé et c’est aussi cela la rupture

        http://www.tvargentine.com/


        • Gazi BORAT 20 octobre 2009 13:25

          @ LERMA

          Mais pourquoi donc continuez vous à faire figurer un lien vers le site le plus calamiteux du web, depuis que Ségolène Royal a relooké le sien ?

          La typo « Walt Disney » !! Même la Madone n’aurait pas osé..

          Et ce picto de la pampa argentine.. Brrr.. rien qu’à penser au charnier qui se trouve dessous, j’en ai des frissons !

          gAZi bORAt


        • vince733 20 octobre 2009 14:30

          @lerma

          Soyez gentil : achetez vous un cerveau, un dictionnaire, un Bescherelle, et seulement après avoir appris à vous servir de tout cela, revenez discuter sur les forums !!!


        • pat30 pat30 20 octobre 2009 15:24

          @ Lerma,

          Encore la vésicule biliaire qui vous travaille ! Avez vous pensé à une décoction de ciguë ?


        • Bernie Bernie 20 octobre 2009 17:34

          @ Gazy : merci de m’avoir fait franchir le pas et cliquer sur ce lien intrigant en guise de signature, je n’avais jamais osé, de peur d’y voir quelque chose d’immonde, dans la ,lignée des posts de l’auteur. Mais j’ai bien rit, je ne pensait pas que de tels sites existaient encore, tout en frontpage, magnifique ! De suite, l’argentine me paraît plus sympathique.


        • johnford johnford 26 octobre 2009 01:00

          @Lerma
          Vous avez raison, c’est l’hyper-modernité et c’est aussi la politique sécuritaire pour laquelle ont vôté les français en majorité ; à eux d’en subir les conséquences. Le plus gênant étant tout de même l’omniprésence de caméras de surveillance en tout lieu, vous ne trouvez pas ?


        • Marcel Chapoutier Marcel Chapoutier 20 octobre 2009 14:59

          Lerma est un nostalgique du temps des généraux argentins ou l’on pouvait arrêter torturer n’importe qui, il suffisait pour cela d’être soupçonné d’humanisme, ça a été un des pire régime que l’Amérique du sud ait connu...Ces imbéciles criminels sadiques ont pour la plupart échappé a un juste châtiment, ils auraient dû être tous pendu à l’ancienne sur la place publique...


          • Marcel Chapoutier Marcel Chapoutier 20 octobre 2009 17:00

            L’ami Brice (celui qui déteste les auvergnats) a réussi a faire passer par décret deux de ces fichiers qui permettent de donner de plus en plus tout les pouvoirs au ministre de la police au détriment des libertés publiques attaquées comme jamais. C’est un véritable atavisme chez nos poulets en chef, ils veulent à tout prix ficher tout le monde afin d’avoir le moins possible de boulot plus tard.

            Quand il y a une très forte opposition à un fichier comme Edvige, nos gouvernants refondent leur copie en changeant uniquement les termes, si ce n’est pas de la roublardise ça. Mettez les dehors par la porte, ils rentrent aussitôt par la fenêtre…Après on s’étonne que le peuple en ait ras la casquette de cette bande de loustics qui passent leur temps à dépenser sans compter (au frais du contribuable) tout en diminuant les remboursements sécu, c’est une honte, on est pas sorti de l’auberge…


            • zeus_90 20 octobre 2009 19:21

              Que ne feraient ils pas pour pouvoir quantifier et notifier les antis. Bienvenue aux vieilles méthodes d’antan. Allons enfants de l’anti-patrie, votre jour de gloire est arrivé...
              Ces méthodes me font gerber.


              • karquen karquen 20 octobre 2009 20:23

                Ne peut-on :
                1 - donner les moyens à l’éducation et à la République d’avoir des citoyens épanouis ?
                2 - avoir des salaires « responsables » pour tous pour éviter les soucis induits par la violence des personnes dans la disette et au RMI...
                3 - créer un fichier simple, dont le conssenssus n’est pas contestable puisque voulu par tous et pour les citoyens vraiment dangereux, avec une envelloppe conséquente pour donner à la justice des moyens de faire son boulot ?

                Quand je vois les milliards défiler en Bourse ou pour les traders, je me dit que simplement 10 % de tout cet argent pourrai faire fonctionner un pays en diminuant 90 % de ses problèmes....


                • chips 20 octobre 2009 20:31

                  Et la constitution dans tout cela ?

                  Certains sont étonnés (pas dans les partis politiques) qu’ils soient possible de fliquer tout le monde, y compris si notre constitution confère des droits aux citoyens.

                  quels droits ont-ils d’ailleurs ?


                  • bo bo 21 octobre 2009 10:42

                    Excellente initiative, à soutenir.....


                  • BA 20 octobre 2009 21:44

                    Brice Hortefeux ? Une vieille connaissance. Dans les années 1993-1995, la guerre fait rage à l’intérieur de la droite française. Quels sont les deux clans qui s’affrontent ?

                    1- Le clan du Premier ministre Edouard Balladur, son directeur de cabinet : Nicolas Bazire, le ministre du Budget Nicolas Sarkozy, le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy : Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur Charles Pasqua, le ministre de la Défense François Léotard, le directeur de cabinet de François Léotard : Renaud Donnedieu de Vabres, le conseiller de François Léotard : Hervé Morin.

                    2- Le clan du patron du RPR Jacques Chirac.

                    Edouard Balladur et Jacques Chirac sont tous les deux candidats à l’élection présidentielle de mai 1995.

                    Quel a été le budget de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995 ?

                    Réponse :

                    Le compte de campagne de M. Edouard Balladur est arrêté comme suit (en francs) :

                    - Dépenses : Mandataire : 83 846 491 ; Partis politiques : 5 929 628 ; Avantages en nature : 0 ;
                    Total : 89 776 119 francs.

                    - Recettes : Mandataire : 85 676 060 ; Partis politiques : 5 929 628 ; Avantages en nature : 0 ;
                    Total : 91 605 688 francs.

                    http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/depuis-1958/decisions-par-date/1995/compte-balladur-1995/decision-compte-balladur-1995-du-11-octobre-1995.10707.html

                    Edouard Balladur ne pouvait pas compter sur l’aide financière de son propre parti politique, le RPR. En effet, pendant la campagne présidentielle de 1995, le RPR finançait le candidat Jacques Chirac.

                    Questions : en 1995, où le clan Balladur-Sarkozy a-t-il trouvé ces 90 millions de francs ? Comment le clan Balladur-Sarkozy a-t-il pu financer la campagne présidentielle d’Edouard Balladur ?

                    Lisez cet article :

                    Affaire de Karachi : la Direction des Constructions Navales confirme la piste de rétrocommissions en France.

                    Les juges d’instruction Marc Trévidic et Yves Jannier, chargés de l’enquête sur l’attentat de Karachi, disposent désormais au dossier de deux documents explosifs issus de la Direction des constructions navales (DCN). Ils confirment, noir sur blanc, la piste du versement de rétrocommissions en 1994-1995 à des responsables politiques français en marge d’un important contrat d’armement avec le Pakistan, selon des témoignages et documents exclusifs recueillis par Mediapart.

                    L’attentat de Karachi a causé la mort, le 8 mai 2002, de quinze personnes dont onze employés français de la DCN qui travaillaient à la livraison de sous-marins Agosta vendus, en 1994, au Pakistan, par le gouvernement de l’ancien premier ministre Edouard Balladur.

                    Selon une enquête interne à la DCN, menée en 2002 sous le nom de code « Nautilus » par un ancien agent de la Direction de la surveillance du territoire (DST), Claude Thévenet, les causes véritables de l’attentat, initialement imputé à la mouvance Al-Qaida, seraient en réalité liées au non-versement de commissions occultes dues par la France à des officiels pakistanais (politiques et/ou militaires), comme l’avait révélé Mediapart en septembre 2008.

                    L’arrêt de ces paiements fut le fait, en juillet 1996, du nouveau président de la République, Jacques Chirac. Celui-ci aurait alors suspecté son rival de l’époque, Edouard Balladur, d’avoir financé illégalement sa campagne présidentielle de 1995 à la faveur de deux gros contrats d’armement signés sous son gouvernement. L’un avec l’Arabie saoudite (contrat Sawari 2) ; l’autre avec le Pakistan (contrat Agosta).

                    Le mécanisme mis en place aurait alors consisté à récupérer, par le biais de rétrocommissions, une partie de l’argent initialement versé dans le cadre de ces contrats à deux intermédiaires libanais, Ziad Takieddine et Abdulrahman El-Assir.

                    Le directeur de la campagne électorale de M. Balladur était aussi son ministre du budget pendant la cohabitation de 1993-1995 : Nicolas Sarkozy.    

                    S’il n’existe, pour l’heure, aucune preuve matérielle d’un lien entre l’arrêt du versement des commissions et l’origine de l’attentat, l’affaire de Karachi permet aujourd’hui de mettre en lumière les obscures pratiques financières qui entourent certains grands contrats d’armement internationaux. Elle réveille le spectre de la corruption et du financement illégal de la vie politique française qui en découle.

                     

                    Dans le cas du Pakistan, les juges Trévidic et Jannier ont récupéré ces derniers mois deux documents saisis lors d’une perquisition au siège de la DCN dans le cadre d’une affaire financière annexe, mais dont certains éléments ont été versés au dossier antiterroriste. Ces documents, non signés et non datés, mais extrêmement circonstanciés, font partie d’un lot de notes dont la première d’entre elles est à en-tête de la DCNI, une filiale de la DCN chargée de la commercialisation de son matériel de guerre.

                     

                    Ils évoquent les moyens pour la DCN et sa filiale DCNI de récupérer les sommes qui n’ont pas été versées aux intermédiaires du contrat Agosta. Ceux-ci devaient toucher, au total, 4 % du montant global du contrat (825 millions d’euros) jusqu’à ce que le versement de 15 % des commissions – soit environ 5 millions d’euros – ait été stoppé net en 1996 par Jacques Chirac, le reste ayant été déjà payé dans un délai inhabituellement court pour ce type de contrat.

                    Des commissions bénéficiant à « des intérêts français »...

                    Dans l’un de ces documents, titré « Concultancy agreement 12 juillet 1994 – Reprise de provision », il est clairement indiqué que l’intermédiaire missionné par la DCN a agi en « violation de la clause prohibant les retours des commissions en France ». C’est la première fois que l’hypothèse des rétrocommissions est évoquée aussi frontalement dans un document émanant de la DCN. Il est également indiqué, sous la rubrique « Discussion », que la DCN serait en droit de réclamer « le remboursement des commissions déjà réglées ».

                     

                    « Bien entendu, la violation de cette disposition [interdisant le versement de rétro-commissions] devra être établie, preuve à l’appui. Nous partons du principe que cette preuve pourra être apportée bien que DCNI ne dispose à notre connaissance d’aucun élément à cet égard, en dehors des déclarations et instructions en provenance des autorités françaises. » Il n’est pas inutile de relever la certitude avec laquelle il semblerait que la « preuve » de ces rétrocommissions, qui ont toujours été prohibées par le droit français, « pourra être apportée »…

                     

                    Le document en question date, selon toute vraisemblance, de l’été 2000 puisqu’il évoque l’entrée en vigueur « d’ici deux ou trois mois » de la convention OCDE contre la corruption d’agents étrangers dans le cadre des marchés d’armement. Or, celle-ci date de septembre 2000.

                     

                    Dans une autre note, similaire dans sa forme, mais également non datée et non signée – ce que l’on peut comprendre vu l’extrême sensibilité du sujet –, on peut lire que « la DCNI a décidé en 1996 d’interrompre le versement dû au Consultant après avoir été informé par les autorités françaises du fait qu’une partie des commissions était susceptible de bénéficier à des intérêts français ».

                     

                    Le document, qui fait expressément référence au contrat du 21 septembre 1994 (date de la signature du contrat Agosta avec le Pakistan), indique par ailleurs que « les commissions ont été versées jusqu’au 15 juillet 1996 avec quelques retards en 1995 ayant fait l’objet d’une relance du consultant en octobre 1995 ». Puis que les paiements ont été « bloqués » en juillet 1996 « sur instructions des autorités françaises faisant état de retours illicites de tout ou partie des commissions en France ».

                    L’interdiction de se livrer à tout versement de rétrocommissions était, d’après la DCN, mentionnée dans l’article 9 du contrat signé avec les intermédiaires.

                     

                    L’auteur de la note va plus loin. « Compte tenu des sanctions pénales frappant les faits de corruption commis en France, écrit-il, cette disposition contractuelle est fondamentale et sa violation constitue une rupture contractuelle justifiant la résiliation du contrat. »

                     

                    L’Elysée suit l’affaire de près.

                    On lit encore, comme une confirmation, que « la DCNI a décidé en 1996 d’interrompre le versement dû au Consultant après avoir été informée par les autorités françaises du fait qu’une partie des commissions était susceptible de bénéficier à des intérêts français […] L’arrêt des paiements n’a, de manière surprenante, entraîné aucune réaction de la part du Consultant, resté silencieux jusqu’ici ». Ce silence est interprété par les juristes de la DCN comme une « forte présomption d’acquiescement ».

                     

                    Mais en cas de « réclamation » de la part du « consultant », il est envisagé par l’entreprise de se rapprocher des « autorités compétentes afin d’établir les faits constitutifs de la violation de l’article 9 », dont « il n’existe pas de preuves matérielles à notre dossier », souligne l’auteur anonyme du document.

                     

                    Selon la même note, l’original du contrat liant la DCN à ses intermédiaires n’aurait pas été détruit et serait jalousement conservé dans le coffre d’un notaire suisse, comme l’avait déjà souligné l’ancien directeur financier de la DCN, Gérard-Philippe Menayas, dans un mémo datant d’avril 2008.

                     

                    M. Menayas avait pour sa part confirmé, le 14 mai 2009, dans le bureau du juge Trévidic, l’étroitesse des liens unissant les intermédiaires El-Assir et Takieddine et le gouvernement Balladur : « Il est parfaitement exact que Ziad Takieddine a été imposé à la DCNI par le pouvoir politique ainsi qu’Abdulrahman El-Assir. Quand je parle de pouvoir politique, c’est le ministre de la défense [François Léotard] ou son cabinet. Je sais que El-Assir et Ziad voulaient intervenir dans les contrats saoudiens mais, en 1996, ils ont été écartés par le nouveau gouvernement, étant donné leur proximité avec l’ancien. »

                    La révélation de l’existence de notes issues de la DCN mentionnant le possible versement de rétrocommissions à destinations des balladuriens, à l’époque où Nicolas Sarkozy était l’un de ses ministres les plus influents et son directeur de campagne, n’est pas pour rassurer l’Elysée, qui suit de très près les développements des affaires impliquant la DCN.

                     

                    Déjà, dans un rapport de synthèse du 5 mars 2007, les policiers de la Division nationale des investigations financières (DNIF) ont fait ainsi allusion à une note découverte lors d’une perquisition à la DCN.

                     

                    D’après les enquêteurs, celle-ci « retrace les agissements du représentant de la DCNI au Luxembourg, Jean-Marie Boivin, d’août 1994 à 2004, avec notamment la création des sociétés Heine et Eurolux. Elle fait ainsi apparaître que la création de la société Heine au second semestre 1994 s’est faite après accord de Nicolas Bazire, directeur de cabinet du premier ministre Edouard Balladur, et du ministre du budget Nicolas Sarkozy, et fait un lien entre le financement de la campagne électorale de M. Balladur pour l’élection présidentielle de 1995  ».

                     

                    Confinée jusqu’ici à quelques témoignages épars, la piste des rétrocommissions et du financement politique occulte est donc en train de prendre une nouvelle ampleur avec, pour la première fois, des documents émanant de la DCN qui lui donnent corps. Même si aucune preuve formelle n’est encore à la disposition de la justice.

                     

                    http://www.mediapart.fr/article/offert/cf9dde56c3421bc95c3186b4e77456e2


                    • chips 20 octobre 2009 22:30

                      @razzara

                      Toute activité politique est proscritent, ils ont pensé a tout.

                      Sauf si il y a un risque pour la sécurité publique.

                      Une notion floue, qui est un danger pour la sécurité publique ??? Celui qui écrit sur agoravox, sur son blog même pour des raisons futiles ? la réponse est oui ...


                      • plancherDesVaches 21 octobre 2009 00:57

                        Ouaich... il faudrait être tout de même raisonnable.

                        1) la police a bien évidemment besoin d’informations. Mais là, on fait TOTALITAIREMENT du délit de présomption de culpabilité.
                        2) le lieu de naissance est évidemment du racisme obligé.
                        3) ficher les mineurs, ça pue.

                        Mais bon, Vichy a dû laisser des traces nauséabondes qu’il est bon de humer pour de « grands » hommes....


                        • ELCHETORIX 21 octobre 2009 01:59

                          le N.O.M. avance ses pions pour le fichage des populations de la planète sauf leurs élites du BILDERBERG .
                           LE BIG BROTHER est en marche inexorablement et insidieusement
                          le site : syti.net vous éclairera à ce sujet.


                          • morice morice 21 octobre 2009 09:25

                            Merci Mr Moreigne, ravi de vous lire vous qui vous faites rare. J’ajouterais à votre propos le barouf perpétuel à propos des « bandes », avec ce qui semble bien être des manipulations de manifs par des gros bras de la police. Cela fait longtemps qu’on le constate sur les photos des manifs. Il y a des encagoulés qui me paraissent douteux, et ce régulièrement depuis deux ans. Le Canard Enchainé l’avait suggéré, on souhaiterait une enquête plus approfondie des médias sur le phénomène. Derrière ces manips on sent bien les techniques anciennes, celles du GUD d’où sont sortis un bon nombre de ministres actuels. Je songe à l’un d’entre eux, dont on a pas le droit de parler du passé sur FR3 ... celui-là me semble beaucoup plus actif dans ce domaine qu’il ne laisse entendre. Bref, on crée de la violence, on l’entretient et après on crée au loup et on sort... un nouveau projet de lois !


                            « A en croire le ministère de l’Intérieur, la France a peur » ; oui, mais on, la crée : c’est la technique de G.W.Bush pour la guerre au terrorisme ". Le cadavre de Ben Laden si pratique, c’est la technique Hortefeux.

                            Il n’y a pas que la police en cause, il y a aussi les escouades de barbouzes qui visitent les maisons et ne piquent que les ordinateurs : j’ai déjà écrit là-dessus, ça continue il semble bien. Ce pouvoir pue. Fort.

                            • azhrael 21 octobre 2009 09:37

                              une petite question pour ma compréhension.
                              Certes ces fichiers existent et ont été créés d’un manière pas très démocratique, mais j’ai du mal à comprendre le risque.
                              Le gouvernement va finir par ficher tout le monde à terme (en tout cas, ça reste dans la logique) mais je n’arrive pas à comprendre les effets perverts et en quoi cela représente un risque.
                              Ils veulent me ficher ; soit ! Mais cela ne m’enpechera ppas de penser.

                              Si quelqu’un peut m’apporter son point de vue, je suis preneur car je ne saisis pas l’impact.

                              Merci


                              • David Meyers 21 octobre 2009 09:48

                                Et tous ces fichiers ne serviront finalement à rien pour la sécurité des citoyens. Car à force de mettre tout et n’importe quoi, on finit par recenser tout le monde et son contraire et faire un fichier Bis de la sécu de l’insee des impôts et autres trucs qui existent déjà.

                                De plus, les « truands » (je ne parle pas de « voyous » afin de ne pas écorcher certains ministres qui en prendraient ombrage) sauront (savent déjà) tout faire pour éviter les pièges de ces fichages incontrôlables et donc peu utilisables.

                                Mais la politique pénale consiste à mettre le maximum de « batons » dans des cases et enfermer tout un chacun pour un non ou pour un non, pour une cass toi ou pour un j’t’e vois.

                                Reste une question à 200ME : le boss de la sté qui a raflé le marché de la mise en place informatique du réseau est-il un ami (de 30 ans) de Monsieur le Président ?


                                • chips 21 octobre 2009 12:35

                                  @ Azhrael :

                                  Ce genre de fichiers peuvent être utilisés en cas de prise de pouvoir par la force.

                                  Rien de plus facile avec ces fichiers de surveiller voir de mettre en prison tout ceux qui seraient susceptible de se révolter contre des dictateurs. Voila ou est le vrai danger.

                                  Même en démocratie, il suffit de décréter l’état d’urgence, pour mettre des citoyens fichés car « suceptible » en liberté surveillé , à l’isolement , sous contrôle judiciaire, limiter la liberté d’expression de ces mêmes individus etc ...

                                  Quelles sont les vrais motivations qui poussent à la création de fichiers de cette nature ?


                                  • Gio 21 octobre 2009 20:49

                                    Voius avez peur de vous même ?
                                    Dans ce cas arrêtez surtout d’écrire sur ce site : il en restera des traces et vous serez fichés à vie.
                                    STOP STOP ....... SILENCE RADIO et enfilez vos manteaux gris ou bruns avant de sortir.
                                    L’idiotie n’a pas de limites chez certains !

                                    Jojo


                                    • TSS 25 octobre 2009 20:18

                                      il faudrait s’interesser au projet européen « INDECT » flicage tout azimuth

                                      (cameras,telephones,internet)avec croisement de toute information et fichier au niveau de

                                      l’Europe !!

                                      tout est prevu pour eviter des soulèvements intempestifs,l’Europe a peur ! surtout leurs

                                       dirigeants... !!

                                      au fait !l’article 138 qui protegeait les internautes vient d’être abrogée avec la complicité de

                                      Mme Trautmann (PS). UMPS même combat... !!


                                      • johnford johnford 26 octobre 2009 00:51

                                        Ce nouveau fichier de renseignement est une version soft d’edvige et elle est acceptable. C’est un outil indispensable pour les policiers si ils veulent faire de la prévention. Il vaut mieux que ce soit géré par la police et de manière modérée, que par des organismes privés dénués de tout scrupules.


                                        • TSS 26 octobre 2009 10:27


                                          ah !ah !ah ! humour ?


                                        • johnford johnford 26 octobre 2009 17:51

                                          @ ahahah ;p
                                          pour une fois non ; disons que ça fait partie de la dérive sécuritaire dans laquelle on se trouve embarqués suite au vote sarko ; et si la police ne s’en charge pas, ce sera des organismes privés.. ils iront beaucoup plus loin et je parle du facteur humain.

                                          @râleurs
                                          Ce qui est drôle chez les français c’est de s’opposer à ce fichage et d’être sur Facebook, vous vous fichez tout seuls les gens et si vous vous renseignez bien ils sont propriétaire du contenu de vos pages, ils en font ce qu’ils veulent..

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