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Accueil du site > Actualités > Politique > Le Larzac est dans l’Aveyron !

Le Larzac est dans l’Aveyron !

Un documentaire sur le Larzac fait beaucoup parler de lui. Extrait avec paysages et vieux résistants... La critique encense dans une large unanimité. Je me contenterai de rappeler quelques données.

Quels sont les atouts naturels de l'Aveyron ? Une AGRICULTURE bien peu traditionnelle, avec deux traits caractéristiques : la captation de la terre et la montée en puissance de l'agroalimentaire.
Le nombre d'exploitations est passé de 15.700 en 1988 à 10.700 en 2000. Le nombre d'exploitations de plus de 100 hectares a augmenté de 60 % dans la même période. La variété des activités diminue, au profit de l'élevage de brebis laitières pour les industriels du Roquefort... L'agrotourisme offre une (modeste) porte de sortie.
Dans ce contexte, le sud du département ne tire absolument pas son épingle du jeu. C'est pourtant là que s'étend le camp militaire du Larzac (source : Insee).

Sur quoi se base aujourd'hui l'économie de l'Aveyron ? Un TOURISME de classe moyenne, à faible valeur ajoutée. Le potentiel patrimonial est réduit. Ce qui existe est exploité à fond. Le meilleur exemple est le site de la petite ville de La Cavalerie. Chaque habitant semble transformé en templier pour les touristes. Le parc d'attraction n'est visiblement pas l'objectif recherché par les responsables du parc naturel des Grands Causses ... ?
Le Comité Département du Tourisme de l'Aveyron affiche son objectif : une affluence en hausse. Il constate toutefois que l'activité repose sur l'accueil par des particuliers (gites). Les touristes recherchent la nature. Autant dire que le bénéfice économique est limité : moins de 30 € par jour et par personne. Quand le Comité met en avant le viaduc de Millau, l'arrivée d'une nouvelle autoroute ou encore l'ouverture de l'aéroport 'low cost' de Rodez, on perd de vue la logique environnementaliste (source).

Quel est le bilan démographique ? En terme de CROIT NATUREL, le département de l'Aveyron stagne et vieillit : 278.300 habitants en 1975 contre 275.900 en 2008. Si l'on 'extrait' les trois vallées (Tarn, Aveyron et Lot), la déprise est brutale (source). Le paysage du plateau échantillonne ce qui pourrait devenir le désert français... (image satellite). Ce que l'on observe dans cette partie méridionale du Massif Central renvoie à une problématique plus générale : l'augmentation de la taille moyenne des exploitations ('Le bon sens paysan et la spéculation') en lien ou non avec l'extension des zones urbanisées ('Les villes boulimiques se nourrissent des campagnes anorexiques') résulte d'une logique PRODUCTIVISTE. Houellebecq a récemment cru jeter un pavé dans la mare, après bien d'autres ('Cochon qui rit').

Alors l'armée aurait-elle changé l'économie du sud du département en élargissant le camp militaire du Larzac ? Sans doute pas. Mais que dirait-on aujourd'hui, si l'on fermait d'autres camps, en Champagne ou dans le centre de la Bretagne ? Je gage que le mot emploi reviendrait comme un leitmotiv. Il me paraît en tout cas juste de rappeler ce que le plateau est devenu.

Ce n'est pas parce que les années 1970 (et le Larzac) sont à la mode qu'il faut perdre tout regard critique.

Incrustation : carte postale


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11 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 26 novembre 2011 11:14

    Bonjour, Bruno.

    Mis à part ce qui reste d’agriculture et d’activités militaires, deux domaines qui ne constituent guère des voies de développement économique, le Larzac, comme les causses Noir et Méjean voisins, doit jouer la carte de la sauvegarde d’un patrimoine karstique exceptionnel, avec ses gorges, ses grands espaces désertiques, ses chaos dolomitiques, sa flore particulière, son patrimoine architectural spécifique, ses dolines et ses lavognes, ou bien encore ses parcelles de lin aux fleurs bleues mêmées de coquelicots. Il suffit de se balader à pieds entre La Couvertoirade et Le Caylar pour se convaincre que le Larzac est avant tout cela, en sauvant ce qui peut l’être des élevages de brebis et en développant encore les gîtes ruraux ou les centres d’accueil scolaires. Mais il est vrai que le Larzac souffre d’un défaut : le Méjean est beaucoup plus spectaculaire et quiconque y est allé une fois y randonner, ne serait-ce qu’une fois en tombe définitivement amoureux...


    • Clojea Clojea 26 novembre 2011 11:50

      Bonjour. Pour l’Aveyron, comme le Lot, ce sont des départements peu peuplés. Mais la richesse touristique est présente et inégale. Il est sur que les touristes vont priviligier un passage à Conques, ou Belcastel par exemple plutôt que le fin fond de l’Aveyron. De même pour le Lot. Rocamadour attire énormément de gens, alors que des villages classés comme Autoire ou Carennac en attirent moins. Les Causses Noir et Méjean sont sauvages et ne peuvent attirer qu’un tourisme vert, peu lucratif, en dehors des deux mois d’été.
      Ce sont des départements ruraux et ils doivent le rester, ne serait-ce que pour la qualité de vie. Pas d’armée, pas de gaz de schiste, pas trop d’industrie, c’est bien.


      • Fergus Fergus 26 novembre 2011 14:09

        Bonjour, Clojea.

        Autoire, Carennac et Loubressac, trois magnifiques villages lotois en quelques kilomètres à pieds. Et de superbes balades aux alentours...


      • Clojea Clojea 27 novembre 2011 11:11

        Salut Fergus. Je vois que tu connais la région, un de ces quatres, faudra que l’on se voit.... A +


      • Bruno de Larivière Bruno de Larivière 26 novembre 2011 15:51

        Donc, les ploucs (= citadins) sont là pour donner des sous, applaudir (éventuellement participer) aux luttes héroïques... Mais le reste du temps, qu’ils restent chez eux !

        Vous comprendrez que je manque d’enthousiasme pour vous suivre...


      • Fergus Fergus 26 novembre 2011 17:12

        Bonjour, Ekaterina.

        J’ai moi aussi du mal à vous suivre, et j’ai rarement vu les tas d’immondices que vous décrivez sur les Causses. En quoi le tourisme rural, dilué dans les villages et les hameaux, est-il si problématique ? En général, il amène des gens plutôt respectueux de l’environnement et qui contribuent à faire vivre les artisans de la région, comme ceux de Nant par exemple, à deux pas de chez José Bové.

        Quant aux Allemands et aux Néerlandais, reconnaissons qu’ils contribuent, par leur goût pour ce pays et leur pouvoir d’achat, à relever sur les Causses (comme ils l’ont fait naguère en Ardèche) des maisons qui tombaient en ruines et auraient fini en tas de pierre sans eux. Sachez qu’il en va de même en Bretagne, dans les Monts d’Arrée, où des hameaux entiers, condamnés à une ruine inéluctable, ont été sauvés par les Britanniques. Dans les Causses, beaucoup vont même jusqu’à financer de leur poche la restauration des toitures en couvertures de lauzes à l’ancienne, et cela coûte extrêmement cher.

        Encore faut-il ne pas se tromper d’objectif pour la mise en valeur touristique de la région, et ne pas céder aux sirènes d’un tourisme de camps de vacances ou de parcs d’attractions, les sites caussenards méritent infiniment mieux que cela !


      • larzacien du nord 26 novembre 2011 18:24

        Euh ? elle est où la pizzeria à Nant ?


      • henry_jacques henry_jacques 26 novembre 2011 18:53

        En quelque sorte vous prononcez le mot exact : des ploucs !
        Avez-vous déjà observé le comportement de ces hordes déferlantes ?
        Cà vaut le coup d’oeil !

        Enfin libéré du patron, de son job à épée de Damoclès, il faut le voir se comporter le ’’Toutou’’.
        Désinhibé qu’il est,en pleine illusion de liberté pendant le séjour
        En terrain conquis qu’il est ! Ni bonjour, ni excuse. Il a tout laissé à Paris ou ailleurs.

        L’autochtone est pour lui un être rustique, tout juste bon à ramasser les ordures qu’il sèment aux quatre vents.

        Pour avoir habité Barcelone durant 5 ans dans le quartier touristique de Santa Maria de la Mar , j’ai eu tout loisir de me ’’gaver de ces porcs’’.

        Alors, que les ’’amoureux’’ de la nature, nous foutent la paix !
        Qu’ils laissent cette région magnifique à la beauté sauvage en paix, libre de vivre à son rythme et en osmose avec la nature.
        L’on a guère besoin de leur aumône de citadins...


      • henry_jacques henry_jacques 26 novembre 2011 19:48

        A l’attention de larzacien

        A votre place, au lieu de chercher la pizzeria, j’irai plutôt à ce restaurant qui se trouve à une cinquantaine de mètres. Je me permets de vous le recommander.

        Cordialement.

        Le Ménestrel

        Place Saint-Jacques - 12230 NANT

        Tél : 05.65.62.26.88

        menestrelnant@orange.fr


      • larzacien du nord 26 novembre 2011 18:21

        Bruno, je n’ai pas l’impression que vous ayez récemment fréquenté l’Aveyron ou le Larzac.
        Je ne crois pas non plus que vous ayez été voir « Tous au Larzac »...

        Alors je vais apporter quelques précisions :
        - l’Aveyron se repeuple depuis 1999, année où la baisse de population s’est arrêtée
        - Le Larzac est dans l’Aveyron, mais pas seulement : le sud du plateau est dans le Gard
        - la majorité des exploitations ovines du Larzac ne produisent plus pour Roquefort, mais transforment elle-même ou par l’intermédiaire de coopératives comme celle des Bergers du Larzac.
        - le camp militaire de la Cavalerie devrait fermer ses portes d’ici deux ou trois ans. Il ne compte que 138 emplois permanents pour 3000 hectares.
        - il y a aujourd’hui plus d’exploitations agricoles sur le Larzac qu’en 1971.
        - le tourisme du sud-aveyron fondé sur l’histoire et les espaces naturels se développe en effet régulièrement. Le classement des Causses et cévennes au patrimoine de l’humanité par l’Unesco devrait permettre à la fois d’y développer le tourisme et de sauvegarder les sites.
        En empêchant les projets comme celui d’un golf à l’Hospitalet heureusement arrêté par la municipalité élue en 2008.


        • Bruno de Larivière Bruno de Larivière 26 novembre 2011 19:56

          Qu’il faille avoir un minimum de recul par rapport à « l’économie » touristique, c’est une évidence. Je l’ai écrit ici ou plus récemment à propos de la Corse .

          Maintenant, le discours des (bons) sauvages qui refusent l’arrivée des malotrus me laisse assez froid. Ceux qui veulent leur bout de campagne pour eux auront un jour besoin de leurs concitoyens : en cas d’hiver terrible et de panne électrique, par exemple... Et puis la ville moche, ils sont bien forcés d’y faire des courses, de s’y faire soigner, d’y envoyer leurs enfants étudier : etc.

          Alors, un peu de mansuétude, voire même d’amour du genre humain ?

           :)

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