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Le lièvre et les lévriers

Le dimanche 17 février, Julien Dray déclarait sur Europe n° 1 qu’il était « prêt à assumer les fonctions de premier secrétaire » du Parti socialiste à l’issue du prochain congrès.

Julien Dray n’est pas un débutant en politique. Il serait même plutôt un fin connaisseur de l’appareil socialiste, de sa tectonique, de ses composantes et des règles politiques de base qui s’appliquent à ce genre d’exercice.

Il connaît notamment les deux écueils que tout candidat à la candidature de premier secrétaire doit intégrer :

  • Le temps de la déclaration
  • Le mode de scrutin

Le temps de la déclaration de candidat au poste de premier secrétaire doit respecter l’essence du Parti socialiste, c’est-à-dire ses élus. Or, en ce moment, les élus sont attelés à leur réélection. Et les déclarations de congrès sont assez mal venues, et mal vues. Pour Dray, se déclarer candidat à un tel poste, à trois semaines du premier tour des municipales, c’est se caricaturer dans un rôle d’apparatchik quand les troupes sont au combat.

Le mode de scrutin du premier secrétaire du PS est un scrutin uninominal direct, c’est-à-dire une élection du chef par les adhérents, après le vote des motions de congrès. Probable que François Hollande tente de changer ces règles au printemps par une convention nationale, pour un congrès en octobre. Mais ces modifications viseront sûrement à renforcer la place du chef plus qu’à revenir sur cette « présidentialisation » du poste de premier des socialistes.

Un combat de popularité

Même si on peut le regretter, le combat pour le premier secrétariat sera donc aussi un combat de popularité. Et, dans ce cas, soit les ténors décident de ne pas briguer le mandat, et Dray peut avoir ses chances, soit les ténors entrent dans la danse, et le cas de Julien Dray sera réglé assez simplement.

Le député de l’Essonne connaît bien ces deux règles. N’étant pas suicidaire, sa déclaration de candidature vise donc un autre but, celle du lièvre qui fait courir les lévriers.

Dans le rôle des lévriers, on trouve dans le désordre :

  • Pierre Moscovici, chauffant la place à DSK,
  • Manuel Valls, rénovateur aile droite,
  • Benoît Hamon, rénovateur aile gauche,
  • Vincent Peillon, chauffant la place à Royal, et surtout pour lui,
  • Arnaud Montebourg, l’assoupli,
  • Claude Bartolone, chauffant la place à Fabius.

En embuscade se trouve ensuite François Rebsamen.

La tactique de Dray est assez simple : soit les ténors décident de ne pas briguer le poste de premier secrétaire, et le combat se jouera au plus malin et au plus soutenu de tous ces lévriers.

Soit les ténors s’en mêlent, et Dray fait le ménage sur le terrain de jeu par sa tactique de lièvre.

Place nette

C’est sans doute ce second scénario qui a ma préférence : à ce jour, de tous les ténors encore en lice au PS, une seule tient la corde. Ségolène Royal reste encore la mieux placée pour conquérir le poste de première secrétaire. Scoop : Dray travaille pour Royal !

Et cette dernière se donne les moyens d’aller chercher le poste suprême : elle reste populaire chez les militants, elle se positionne comme la meilleure opposante à Sarkozy, et s’active ainsi pendant les municipales.

Elle a en plus l’argument qui fera taire les autres : contrairement à ce que l’on veut faire croire, la meilleure façon de porter le PS à la victoire à la présidentielle, c’est bien d’être le chef de la gauche dans les quatre à cinq ans qui précèdent l’élection. La stratégie de faire chauffer la place par un autre, ou de déconnecter les débats pour ne les résoudre qu’au dernier moment a déjà été jouée en 2007.

Elle est donc légitime, en tant que candidate à la candidature pour 2012 à occuper le poste de première secrétaire.

Le PS ferait une erreur à trop retarder le choix de son chef, déconnecté de sa doctrine et de sa stratégie. Le congrès de 2008 ne devra pas être un faux nez comme l’ont été les précédents.

La contre-offensive Delanoë reste également un risque limité pour Royal : comme elle, il n’a pas de corpus idéologique sérieux. Et il a le handicap de ne pas être soutenu par tous les anciens jospiniens, les strauss-kahniens et les fabiusiens ne le portant pas forcément haut dans leurs cœurs.

Reste pour Royal un handicap de taille : elle n’a pas la main.

Si, en 2007, elle avait capté à elle les fleurs des victoires aux régionales, portant la symbolique d’une femme socialiste qui gagne et qui dirige, la probable victoire de la gauche aux municipales ne pourra lui être attribuée. C’est sans doute pour cela que Rebsamen est pour le moment silencieux, et que Montebourg comme Hollande visent la présidence d’un Conseil général.

La victoire potentielle aux municipales est sans doute l’atout de Delanoë.

Dernier handicap pour Royal, le people, la superficialité, le manque d’ancrage à gauche, sa faiblesse pour défendre les libertés publiques ne lui permettent pas d’occuper pleinement la place d’opposition/proposition face à la droite et à Sarkozy.

Victoire aux municipales, symbole des réformes de la gauche, gestionnaire efficace et sobre, structuré(e) sur le fond...

Qui possède aujourd’hui ces atouts au PS ?


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4 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 26 février 2008 13:38

    Vous écrivez "Le dimanche 17 février, Julien Dray déclarait sur Europe n°1 qu’il était « prêt à assumer les fonctions de premier secrétaire » du Parti socialiste à l’issue du prochain congrès"

    Mais comment se fait-il que vous soyez le seul à écouter ce bouffon ex-troskiste qui aura instrumentalisé l’immigration,l’intégration,les banlieues pour mieux cacher la misère de la politique économique et sociale et d’intégration du Mitterandisme

    Franchement,vous nous décevez beaucoup


    • dalat-1945 26 février 2008 16:53

      Excellent commentaires. En plus je dois avouer que que Julien Dray a une tête qui ne me revient pas du tout.

      C’est un peu un satyre (regardez le bien), intelligent mais un satyre tout de même, doublé d’un bouffon avec des airs de Raspoutine.

      Ah le trotskisme, çà peut mener loin !Julien Dray est une personne politiquement inutile et dangereux pour le PS et les autres.

      Les français ne veulent plus voir, ni entendre ce genre de machin pervers.

      Dalat_19451

      PAFAC (Parti Anti Fachiste et Anti Communiste de France)


    • Redj Redj 26 février 2008 18:57

      C’est peut-être parce que le parti socialiste n’a de socialiste que le nom...


    • adryan barlet 26 février 2008 19:34

      Bravo pour la Sozialistische Stammtisch Strategie ! on se croirait au bistrot apres une reunion de cellule !

      L’ennui c’est que nos partis ne sont que des associations de nullos qui n’ont rien à proposer ! Chacun vise le fauteuil, voire le strapontin près de la fenêtre pour les anciens cancres nostalgiques, mais de dessein politique : Nib.

      Pour un peu, Le Pen ferait figure de penseur... ! Merde, Dray/ Sego/Rebsamen contre Fillon/Lagarde/Debré quoi rêver de mieux comme cauchemar ? Arlette reviens, fais-nous rire !

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