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Accueil du site > Actualités > Politique > Le localisme n’est (surtout) pas du protectionnisme

Le localisme n’est (surtout) pas du protectionnisme

Le localisme est une doctrine qui repose sur le principe de proximité en vue de limiter l’empreinte écologique des activités humaines tout en sécurisant les structures environnantes du citoyen : économie, emploi, système social, patrimoine culturel, etc... La doctrine localiste pourrait donc passer pour une forme extrême de protectionnisme dans le sens où la priorité est donnée à l’offre la plus proche possible de la demande.

Or trois grandes vertus sont attribuées au libre-échange entre les nations : le bénéfice du choix pour les consommateurs, le développement économique de pays au marché intérieur nécessiteux et l’amélioration des relations diplomatiques par une collusion des intérêts commerciaux. On comprend bien dès lors que le protectionnisme présente de sérieux risques de ruptures économiques et donc de tensions à la fois nationales, sources de soulèvements intérieurs, et internationales, sources de conflits armés. La seconde guerre mondiale, par exemple, s’expliquerait en partie par l’épisode protectionniste des années 30 et nul besoin de rappeler la prudence que l’arme nucléaire nous impose aujourd’hui en matière d’équilibre planétaire. Donc si le localisme était une forme extrême de protectionnisme, la menace serait d’autant plus sensible.

Sauf qu’il existe deux différences capitales entre le localisme et le protectionnisme : la notion de frontières et la notion de compétition.

Le principe de proximité n’a en effet aucune frontière administrative car la proximité ne s’arrête pas à une commune, un département, une région, une nation ou un continent. Mieux encore : en dépassant les frontières pour trouver un bien le plus proche, le localisme efface totalement les barrières virtuelles entre les peuples et consolide ainsi les relations fraternelles, sans compromettre aucunement les identités particulières et les cultures communautaires qu’il faut cependant détacher impérativement des rapports économiques, ainsi une nation ou un groupement de nations ne peut plus désigner d’ennemi économique dès lors que tous les peuples - pour partie de leurs besoins - sont connectés d’un bout à l’autre de la planète. Finalement ce bénéfice est le même qu’avec la globalisation actuelle, sans la gabegie écologique, la dilution identitaire et autres déstructurations sociales qu’engendre la folle tempête mondialiste.

Par ailleurs le protectionnisme relève d’une logique de compétition entre les peuples, tandis que le localisme favorise au contraire le co-développement dans le sens la concurrence lointaine n’est plus une menace pour l’offre locale. Dans un modèle localiste, exploiter son savoir-faire à partir de quelques implantations ultra-productivistes et réserver ce savoir-faire aux consommateurs les plus offrants du marché global, autrement dit rester dans un schéma stratégique classique, diminue les espoirs de profits puisque les opportunités commerciales disparaissent à mesure qu’une offre concurrente se trouve plus locale. L’intérêt mercantile réside du coup dans le partage du savoir-faire par une offre démultipliée et adaptée à la demande locale, sans craindre la dévaluation canibalistique de ses propres produits sur d’autres marchés ni concurrence de produits contrefaits. En matière de santé, par exemple, l’Afrique pourrait enfin bénéficier de traitements au coût accessible sans que le laboratoire propriétaire d’un brevet entre dans une spirale ruineuse à l’échelle globale. Quelque part cette nouvelle donne économique mondiale est une nouvelle forme de globalisation mais reposant cette fois sur les flux dématérialisés de la propriété intellectuelle, pour une offre garantissant toujours du profit mais enfin accessible à tous.

En résumé le protectionnisme consiste à protéger un pré-carré contre l’extérieur, d’où l’aspect évident de "repli sur soi" d’un tel mécanisme, tandis que le localisme consiste à favoriser l’offre la plus proche de la demande au-delà des frontières et sans stratégie d’affrontement. En s’inscrivant d’ailleurs dans une démarche de répartition globale à la fois optimale, équilibrée et durable de l’offre, le localisme est moins protectionniste encore que la globalisation économique actuelle qui n’est finalement rien d’autre qu’un protectionnisme individuel contre le monde entier.

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44 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 8 avril 2009 19:33

    interessant
    toutefois, quest ce qui empeche d’acheter a cote et de revendre 10x plus cher ?


    • Yann 35 Yann 35 9 avril 2009 07:39

      Rien n’empêche effectivement d’acheter sur un marché localiste et de revendre beaucoup plus cher sur un marché non localiste et tant mieux ! D’une, ça ne rompt pas brutalement les exportations d’un marché qui se met au localisme donc la transition se fait progressivement et de deux, ça incite les autres marchés à passer eux-mêmes au localisme pour éviter la concurrence lointaine.


    • foufouille foufouille 9 avril 2009 09:46

      ce qui ne changera rien
      il suffit que le pays « local » soit beaucoup plus pauvre
      donc, il suffit de mettre la bukgarie a cote de la france


    • Yann 35 Yann 35 9 avril 2009 12:17

      Pourriez-vous préciser svp ?


    • foufouille foufouille 9 avril 2009 14:37

      simple
      rien que pour espagne ou italie, le smic est 600€
      en plus il suffit d’une chaine
      les ouvriers espagnols qui ramasse les fraises viennent du maroc et sont payes le minimum
      ensuite le bon patron francais importe ses fraises et les revend beaucoup plus cher
      meme exemple, pologne-allemagne-france


    • Yann 35 Yann 35 9 avril 2009 17:22

      Le localisme est un principe de proximité, donc par exemple pour un lillois la fraise la plus proche n’est pas la fraise d’Espagne. Mais comment faire pour que les consommateurs préfèrent une fraise plus chère ou remplace hors saison la fraise par un autre fruit ? En faisant déjà beaucoup de pédagogie pour expliquer l’intérêt de préférer une fraise plus locale que la fraise espagnole mais je sais aussi bien que vous qu’on préfèrera encore souvent la fraise moins chère pour conserver du pouvoir d’achat, ou la fraise hors saison pour se faire plaisir à n’importe quel moment. L’idéal serait donc de réduire la différence de prix entre la fraise locale et la fraise espagnole, par exemple en remplaçant la TVA par une taxe localiste (pourquoi pas une TDD : Taxe de Développement Durable) proportionnelle à la distance, du coup plus le producteur est proche de Lille, moins sa fraise sera taxée à la caisse tandis que la fraise de Catalogne serait plus taxée qu’aujourd’hui et la fraise andalouse d’autant plus encore. Vous allez me dire : mais c’est du protectionnisme ! Non, puisque par exemple la fraise catalane serait alors moins chère car moins taxée à Perpignan que la fraise nantaise, la nationalité de la fraise n’ayant aucune importance.


    • foufouille foufouille 9 avril 2009 19:38

      @ auteur
      il joue deja pas le jeu des code barres
      pour la bouffe impossible
      le reste peut etre durable, mais on est plus dans le consumerisme
      ton truc ressemble au capitalisme du debut


    • Yann 35 Yann 35 9 avril 2009 20:39

      Désolé, vu la formulation je ne comprends pas le sens de votre contribution, j’ai juste compris que vous comparez à la fin le localisme au « capitalisme du début », pourriez-vous nous en dire plus sur ce « capitalisme du début » ?


    • foufouille foufouille 9 avril 2009 20:59

      les codes barres definisse le lieu de production (200 a 299 code interne, autre jamais verifie) de plus, 66% ? pour le code national
      au debut, le capitalisme etait national


    • Yann 35 Yann 35 9 avril 2009 21:14

      Quand même foufouille, vous imaginez bien que le système des codes barres évoluerait ! Et tout produit, même alimentaire, a une origine traçable, à part évidemment les produits volés (et encore).

      Vous avez bien lu l’article ? Il n’est pas question de nation dans la doctrine localiste, donc pas question de capitalisme national.


    • foufouille foufouille 10 avril 2009 10:58

      @ auteur
      la tracabilite est illusoire
      les codes sont censes y servir
      ensuite comme pour les velos decathlon, il suffirait de plusieurs montage partiels dans des pays differents


    • Yann 35 Yann 35 10 avril 2009 11:28

      La traçabilité est évoquée plus bas dans un autre commentaire, dans tous les cas vous aurez plus de détails techniques dès qu’une proposition aura été élaborée. Et naturellement vous imaginez bien que les matières intermédiaires seront prises en compte dans le calcul de distance.


    • moebius 8 avril 2009 23:16

      le localisme c’est du bon protectionisme ou le protectionnisme c’est du mauvais localisme ?


      • Yann 35 Yann 35 9 avril 2009 07:44

        Les deux mon capitaine moebius ! En simplifiant on pourrait même retenir que le localisme présente les avantages du protectionnisme et de la globalisation actuelle mais sans leurs inconvénients et l’affaire est sérieuse dès lors qu’il s’agit de notre avenir à tous.


      • Yann 35 Yann 35 9 avril 2009 12:24

        Je vais quand même préciser et nuancer un peu : le localisme est une politique de moyen et long terme mais à court terme le protectionnisme et la globalisation actuelle apportent des avantages qui leur sont exclusifs.

        Par exemple le protectionnisme permet de doper simultanément toute l’économie d’un pays en favorisant les entreprises de manière uniforme, ce qui peut être intéressant dans un mécanisme ponctuel de relance mais ça ne peut pas être durable car les répliques extérieures annulent rapidement ce bénéfice, plus les risques déjà évoqués d’asphyxie et de tyrannie dans le pays si le protectionnisme vire à l’autarcie et d’embargo ou de guerre si le protectionnisme quand les autres pays se fâchent.

        Quant à la globalisation, elle permet ponctuellement d’améliorer le pouvoir d’achat du consommateur par une offre plus large en matière de prix de vente, mais ponctuellement seulement car le phénomène d’évasion commerciale fait que nous nous paupérisons par anticipation à mesure que nous ne soutenons plus l’activité locale par notre consommation.

        En résumé, si on pense simplement au quotidien on peut être tentés par le protectionnisme ou la globalisation actuelle mais si on pense aussi à son avenir et celui de ses enfants, le localisme apparaît bien plus souhaitable.


      • finael finael 9 avril 2009 00:23

        Je vous suis totalement, et j’irai même plus loin : il y a à peine plus de 50 ans, les villages et agglomérations rurales couvraient 80% de leurs besoins. Ce qui ne les empêchait évidemment pas d’échanger, de vendre, leurs surplus et d’acheter ce qu’ils ne produisaient pas.

        Comme vous le dites, le localisme n’est en rien le protectionisme.

        L’exemple de l’énergie est le plus frappant (tout le monde ne peut avoir de champ chez soi). En combinant énergie solaire, éolienne, hydraulique là où c’est possible et en réduisant le gaspillage énergétique de nos habitations, nous réduirions considérablement (20 à 30%) le besoins de centrales et de transport de l’énergie.


        • Yann 35 Yann 35 9 avril 2009 12:26

          En effet, pour un pays comme la France le localisme présente un grand intérêt en matière d’énergie que nous importons de plus en plus, surtout depuis 2003 où notre balance commerciale est plombée par une augmentation exponentielle de nos importations énergétiques.


        • pseudo 9 avril 2009 09:09

          Bizarrement nos trop chére député Européen demande des comptes lorsque une entreprise re-localise sa production en France mais pas lorsqu’elle délocalise !


          • PtitLudo PtitLudo 9 avril 2009 10:28

            Belle idée, mais seulement ça ne pourrai marcher que si l’on payait au juste prix les denrées produites à l’autre bout de la terre. Sans ce pré-requis, les produits locaux ne seraient consommés que par une élite à fort pouvoir d’achat qui se donnerai ainsi bonne conscience.

            Il faut donc d’abord se pencher sur les notions de différentiels sociaux, éducatifs, de santé, entre les pays, d’intégrer tous les coûts environnementaux (empreinte écologique, coûts de renouvellement des matières premières, de recyclage, etc ...). Voir à ce sujet l’excellent documentaire « Story of stuff ».

            C’est justement une question primordiale qui aurai dûe être abordée lors de ce fameux G20, parmi tant d’autres. Sans celà le localisme sera une pure utopie.


            • Yann 35 Yann 35 9 avril 2009 12:15

              En fait tout dépend du degré de localisme que l’on veut atteindre. Si on veut « un peu plus » de localisme, on peut commencer par de l’incitation via l’éducation citoyenne donc via l’information. Maintenant il est clair qu’un localisme « libéral », autrement dit une orientation spontanée à consommer local, restera limitée par la culture consumériste et les limites de notre pouvoir d’achat. Beaucoup resteront tentés, sinon tout le temps au moins souvent, d’acheter chinois parce que c’est moins cher et que ça permet de garder du pouvoir d’achat pour autre chose, par exemple un autre produit chinois... Donc si on veut « beaucoup plus » de localisme, ça passera nécessairement par l’action politique, notamment en matière de fiscalité, par exemple via une TVA localiste proportionnelle à la distance d’approvisionnement du produit fini et de ses matières intermédiaires. Evidemment il faudra là aussi beaucoup de pédagogie pour faire accepter aux autres nations, à Bruxelles, à l’OMC, etc... un autre modèle que le libre-échange dérégulé. Pas facile ! Je doute effectivement que l’on puisse compter pour le moment sur une orientation spontanée et soudaine de notre classe politique traditionnelle, en particulier celle de nos gouvernants actuels. Mais qui sait, peut-être que des candidats localistes se présenteront bientôt aux élections ?

              En résumé le localisme n’est donc pas une utopie, c’est déjà une réalité pour quelques concitoyens et ce peut-être étendu plus largement mais pour arriver à une véritable politique localiste, ce sera beaucoup plus ardu je vous le concède. Tout dépend de vous, de tous, de ctioyens consommateurs... et électeurs.


            • PtitLudo PtitLudo 9 avril 2009 14:07

              Donc si on veut « beaucoup plus » de localisme, ça passera nécessairement par l’action politique, notamment en matière de fiscalité, par exemple via une TVA localiste proportionnelle à la distance d’approvisionnement du produit fini et de ses matières intermédiaires

              Ben voilà, c’est quoi ça, sinon du protectionisme ? Comme vous le dites dans la foulée, c’est loin d’être gagné et je vous dit pas ce qu’il faudrai lâcher comme contreparties pour faire accepter ça à nos partenaires commerciaux.

              Quant à dire que ça doit être de la responsabilité individuelle, c’est toujours pareil, tout le monde est toujours pour plus de justice, d’égalité, de fraternité, d’aimer son prochain, etc ... tant qu’il a un toit, que son frigo est plein et qu’il a son bel écran plasma qui en jette.

              Ne vous trompez pas, je ne défend pas le système capitaliste, mais force est de constaté qu’il a tout fait pour rendre esclave les peuples et qu’aujourd’hui tout est fait pour que subsiste ce système destructeur.


            • Yann 35 Yann 35 9 avril 2009 17:48

              Ça ressemble à du protectionnisme mais c’est en réalité bien différent, d’où l’article d’ailleurs. Reprenons l’idée de taxe localiste en remplacement de la TVA avec l’exemple de la fraise évoqué plus haut : à Perpignan, la fraise catalane serait moins taxée que la fraise nantaise donc la France ne privilégie pas sa production nationale. Pour le café c’est encore plus évident : il n’y a pas (enfin je ne crois pas) de producteur français donc en France c’est le café ivoirien ou éthiopien qui serait moins taxé que le café brésilien, il n’y a donc plus aucune « préférence nationale » dans le mécanisme.

              Ensuite vous abordez le problème du pouvoir d’achat, et bien sachez contrairement aux idées reçues que beaucoup de consommateurs font déjà des économies en achetant directement aux producteurs locaux et pour le reste, là où il y a de grands écarts de prix entre le local et le lointain, la taxe localiste allègerait le coût du produit local et pèserait plus sur le produit lointain, beaucoup plus même si le produit vient du bout du monde (en l’occurence d’Asie pour le breton par exemple).

              Enfin vous supposez que nous devrions accorder de lourdes contreparties pour faire accepter au monde entier un modèle localiste. Et bien j’y opposerais une contrepartie très simple : nous ne passerons pas au localisme si vous nous proposez un modèle limitant la gabegie écologique, notamment en matière d’épuisement d’hydrocarbures ou d’épuisement des ressources naturelles lié à l’usure des moyens de transport et autres structures routières par exemple, et nous ne passerons pas au localisme si vous nous proposez un modèle qui ne promet pas à nos concitoyens de violentes restrictions en termes d’emploi, de couverture de soins ou de moyens de subsistance pour les retraités par exemple. Et si le monde entier découvre le localisme et ses bienfaits pour l’avenir de l’humanité, les citoyens de tous les pays en feront la demande à leurs gouvernants et ne les soutiendront surtout pas s’ils s’y opposent sur la place médiatique internationale.


            • Frabri 9 avril 2009 11:50

              Comme le disent des écologistes.
              « Penser global, agir localement, et réciproquement penser local et agir globalement »


              • Yann 35 Yann 35 9 avril 2009 13:02

                Tout à fait ! Et c’est une réflexion ouverte à tous, pas seulement aux écologistes.


                • plancherDesVaches 9 avril 2009 13:21

                  Yann35... Non.
                  TOUT est fait dans une société capitaliste pour tuer la concurrence et SURTOUT rendre le client captif. Faites du commerce, vous verrez.

                  Maintenant, il est clair que grâce à cette « chère » mondialisation, les différences entre niveau de vie des pays ET niveau de vie des individus dans chaque pays nous est apparue BIEN clairement.
                  Ainsi, ce n’est pas pour rien que notre petit pays a eu besoin de main d’oeuvre à faible qualification pour ramasser ses poubelles.... Et quand le chômage a augmenté, ils sont devenus « génants ».
                  Votre « localisme » peut donner un mot nouveau, à la mode, comme systémique, pro-actif, paradygme,... Tout au plus.


                  • plancherDesVaches 9 avril 2009 13:32

                    Et j’en rajoute une couche écolo.
                    Les déchets les plus polluants ont toujours été envoyés dans des pays où l’humain avait peu d’importance.
                    Coté brevets... : vous essayez de faire croire à qui qu’il est possible d’avoir des durées qui soient raisonnables, alors que l’état franchouillard les a récemment fait passer de 50 à 90 ans.. ????
                    Supprimer les brevets... ? Et les moyens de recherche, ils sont gratuits.. ????
                    Ouais : je suis chercheur bénévole.... Avec un bac plus 10...Mais j’aimerais bien avoir le smic, quand-même.
                    Hérésies de tous les cotés, votre article.


                  • Yann 35 Yann 35 9 avril 2009 13:46

                    Vous semblez accepter de vous soumettre plutôt que de vous engager pour agir, c’est votre choix.


                  • Yann 35 Yann 35 9 avril 2009 13:49

                    Pour les brevets vous n’avez pas compris l’article, il n’est pas question de les supprimer ni même d’en minimiser l’exploitation commerciale.


                  • Yann 35 Yann 35 9 avril 2009 17:57

                    Relisez bien l’article chantecler, ça n’est pas qu’une question de mots, nous ne sommes pas contraints au choix binaire entre frontières fermées ou ouvertes, ni même au choix variable entre frontières un peu plus fermées ou un peu plus ouvertes encore. Le localisme est une véritable alternative, une véritable 3ème voie si on veut.


                  • Tintin Tintin 9 avril 2009 18:17

                    L’idée d’une taxe proportionnelle a l’éloignement du lieu production est séduisante, mais comme toute mesure fiscale, elle est susceptible de servir des causes politiques bien plus que sa cause originelle, et donc de tendre vers une forme de protectionnisme a l’échelle locale.

                    Je préfère l’idée d’un libre-échange entre pays qui respectent un certain nombre de principes, éventuellement écologiques, même si la encore, les dérives populistes existent.


                    • Yann 35 Yann 35 9 avril 2009 18:38

                      Que craignez-vous précisément avec la taxe localiste ?

                      Et quels principes attendez-vous précisément des pays du G20 ?


                      • Tintin Tintin 9 avril 2009 19:45

                        Les risques seraient les mêmes que ceux observables a l’échelle nationale, en particulier que les élus cèdent aux sirènes du protectionnisme pour préserver les emplois parce qu’ils sont dans une logique de court-terme électoral.

                        Le respect des droits de l’homme pour commencer. Etant donné la difficulté d’établir de simples accords commerciaux, ce serait déjà un pas de géant.


                      • Yann 35 Yann 35 9 avril 2009 20:47

                        Désolé, votre réponse n’est pas précise, pourriez-vous nous donner des exemples concrets de risques liés au localisme (et non au protectionnisme) ?

                        Si certains pays du G20 respectaient parfaitement les droits de l’homme, ils y perdraient en compétitivité donc dans un contexte globalisé c’est bien peu envisageable... Vous sautez donc une étape, celle des relations économiques internationales.


                        • Tintin Tintin 9 avril 2009 22:05

                          Mon exemple ne concerne que le risque de dérive d’une taxe sur la provenance des produits, taxe dont la mise en oeuvre me parait pour le moins délicate. En quoi le localisme differe du nationalisme sur ce point ?

                          Ce serait envisageable si l’occident renonçaient a certaines subventions en échange d’un meilleur respect des droits de l’homme, mais c’est une option beaucoup trop coûteuse politiquement parlant, du moins dans l’état actuel de l’opinion.


                        • Yann 35 Yann 35 9 avril 2009 23:34

                          La taxe localiste est proportionnelle à la distance donc elle ne s’inscrit pas dans un territoire administratif délimité, c’est exactement ce que je dis dans l’article mais bon, c’est peut-être difficile pour nos esprits formatés d’imaginer autre chose qu’une fiscalité statique et nationale, d’où peut-être votre difficulté de compréhension.

                          Concernant le G20, si j’ai bien compris vous souhaiteriez une pression des pays occidentaux sur la Chine par exemple ? Si oui, je ne sais pas si vous savez qui prête tous les jours de l’argent à l’état français et sans qui ce serait le chaos en quelques jours...


                        • molloy molloy 9 avril 2009 21:13

                          @ l’auteur,

                           Intéressante cette notion de taxe de développement durable dans un de vos commentaires. Pour la calculer, on pourrait y inclure non seulement la dépense d’énergie consacrée à la fabrication et à l’acheminement de la production mais aussi le mode de fabrication (en gros, bio ou non).

                          Pour une pleine application du localisme, il serait également souhaitable de supprimer le maximum d’intermédiaires et de privilégier la vente directe comme on commence à la pratiquer avec par exemple les paniers de légumes bio.


                          • Yann 35 Yann 35 9 avril 2009 21:22

                            En fait ce n’est pas exactement la dépense d’énergie qui serait prise en compte mais simplement la distance, car seul un lieu de production et/ou de distribution est vérifiable à l’échelle internationale, toute autre donnée ne sera jamais fiable car il ne faut pas attendre de pays qui ne respectent déjà pas les droits de l’homme qu’ils jouent le jeu à 100% de la transparence sur leurs processus de fabrication et/ou de transport, et bien entendu il n’est pas imaginable qu’un pays accepte sur son propre territoire des contrôles inopinés par un autre pays. C’est pour ça par exemple que la taxe carbone ne se fera jamais.

                            Pour les intermédiaires, la réduction se fait naturellement dès lors qu’on rapproche le lieu de production du consommateur.


                            • Crevette Crevette 9 avril 2009 21:24

                              Bonjour à tous.

                              Je suis tout à fait d’accord avec le concept du localisme, qui me semble être une évidence !

                              Pour développer certains propos tenus plus haut, cela fait un moment que je le pratique moi même, et que j’incite mon entourage à le faire.

                              C’est déjà un fait qu’acheter l’alimentaire au marché bio local (par exemple) où ce sont des paysans du coin revient au même prix que l’alimentaire chimique du supermarché...
                              La qualité gustative et nutritive est de loin supérieure.

                              Parfois même, c’est moins cher, parce qu’il n’y a pas d’intermédiaires à engraisser.

                              J’imagine que le marché non bio est moins cher que la grande surface.

                              Et oui, zapper Edouard Leclerc et ses marges arrières, ça permet de faire vivre correctement nos paysans locaux (et d’en inciter d’autres à ne pas vendre à des prix injustes aux centrales d’achats), sans perdre d’argent dans des intermédiaires.

                              C’est gagnant/gagnant pour le producteur/consommateur/

                              En plus, il y a le côté humain du truc et la relation établie avec le producteur, avec qui on peut causer, lui procurer de la reconnaissance pour son travail et ses produits, établir une relation. (Elles sont bonnes vos pommes de terres ! Mais pourquoi vous n’avez pas plus de cresson ?...) Chacun y trouve une grande satisfaction.
                              Cela n’est pas possible dans l’univers industriel concentrationnaire de la grande surface.

                              Je trouve cette idée d’une taxe sur la distance de transport très bonne. C’est à creuser.

                              Je soutiens cette idée.


                              • molloy molloy 9 avril 2009 22:00

                                A Yann 35,

                                En fait ce n’est pas exactement la dépense d’énergie qui serait prise en compte mais simplement la distance

                                La provenance (et donc la distance parcourue) peut également être falsifiée.
                                Une taxe calculée sans la dépense énergétique est inutile. Le localisme, à mon sens, revient essentiellement à lutter contre les gaz à effets de serre et la pollution engendrée par la production. Toute autre approche relèverait de l’anecdote.


                                • Yann 35 Yann 35 9 avril 2009 22:24

                                  Avec les images statellites, même un particulier peut vérifier s’il y a bien une unité de production à un endroit déclaré, les flux de marchandises aussi sont vérifiables, et puis le risque pour le producteur c’est d’être tout simplement interdit de vente.

                                  La taxe localiste sert à mettre en oeuvre une politique localiste, si vous n’êtes sensible qu’aux avantages écologiques sans vous intéresser aux avantages économiques et sociaux, soit vous vivez dans un confort très réduit et vous ne vous souciez pas de la violence d’un passage collectif à votre mode de vie, soit vous êtes au contraire dans un confort tel qu’il vous fait oublier la condition de vos contemporains...

                                  Désolé de vous le dire ainsi, l’écologie c’est très important mais nous ne sommes pas que des plantes vertes.

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Yann 35

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