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Accueil du site > Actualités > Politique > Le localisme, seule issue pour le monde ?

Le localisme, seule issue pour le monde ?

A l’heure où le monde entier parle de refonder le système financier, à l’heure où l’on recherche en France un nouveau modèle économique et social, à l’heure où les partis politiques français ne savent plus très bien quelle doctrine adopter, voilà une véritable alternative au capitalisme et au socialisme : le localisme.

Le localisme est une doctrine politique qui consiste à privilégier ce qui est local sans toutefois se fixer de limites frontalières, favorisant ainsi la démocratie participative, la cohésion sociale et la production de proximité, donc l’emploi local et la préservation de l’environnement via une moindre empreinte écologique liée au transport de marchandises.

1. Application opérationnelle

• Fondements

Le localisme ouvert (ou néo-localisme) - qui doit être cosmopolite et diversifié - consiste à réorienter la vie humaine avec une gestion économique, sociale et politique de proximité. C’est toute la vie qui doit être reterritorialisée (Serge Latouche, Vivre localement), notamment les relations interpersonnelles. Il offre une alternative aux dégâts de la globalisation qui apparaissent progressivement : développement d’un consumérisme mondial que l’environnement ne peut pas supporter, notamment en termes de consommation d’énergie fossile et de pollution liée au transport de marchandises ; tendance à la destruction des règles sociales les plus élaborées au profit de la compétitivité ; dilution du vivre ensemble à travers des relations a-personnelles qui se développent avec les médias planétaires et les formes de collectivités abstraites ; etc...

• Géopolitique

La relocalisation, à la fois de la vie économique (rapprocher l’outil de production du consommateur), de la vie sociale (enrichir les relations humaines) et politique (mise en place d’une démocratie participative), passe notamment par une réorganisation du territoire en villages urbains (par exemple l’intercommunalité) permettant de satisfaire localement le maximum de besoins. Cette forme de localisme n’est toutefois pas l’autarcie, car certaines décisions et productions se feraient à des niveaux plus larges sur la base des institutions nationales et internationales existantes. D’ailleurs le localisme n’a pas de frontières géographiques mais le principe de rapprochement maximum est la règle : par exemple passer d’une unité de production d’un autre continent à une unité dans un pays voisin peut-être une réponse localiste satisfaisante voire ultime pour un bien en particulier.

• Production/Consommation

D’un point de vue technique, le localisme peut s’appuyer par exemple sur une taxation variable selon l’origine des produits finis et matières premières utilisées. Moins coercitif : le principe d’étiquette carbone, étroitement lié à la notion anglo-saxonne de kilomètres alimentaires ou food miles, peut orienter les consommateurs écoresponsables vers l’achat de produits locaux. En matière de commerce agroalimentaire, les AMAP entrent parfaitement dans le cadre d’initiatives localistes. Le localisme peut aussi donner lieu à des investissements publics dans l’appareil productif local ou encore à une promotion de l’économie sociale. Le recours à la mobilité inter-entreprises sous la forme d’une bourse d’échange de postes peut également permettre de limiter les flux quotidiens de véhicules individuels entre plusieurs territoires urbains.

Pour arriver à des distances d’échanges suffisamment limitées, la doctrine localiste induit une réorganisation structurelle de l’appareil productif via l’implantation d’une multitude d’unités de production de taille adaptée à la communauté urbaine correspondante.

• Système financier

Le localisme doit reposer sur des banques de gestion et d’investissement, en dehors de toute action spéculative qui fausserait le principe de proximité au profit de la rentabilité. Ce qui favorise l’implication de la collectivité dans le système financier, via des banques publiques ou coopératives voire la microfinance de manière plus marginale. Dans une forme approfondie du localisme intervient la notion de localisme monétaire.

• Philosophie

La doctrine localiste s’inscrit par nature dans un esprit humaniste, dans la mesure où l’activité locale est un moyen pour l’homme de subvenir à ses besoins et de s’épanouir parmi les siens, et non une fin visant uniquement la prospérité de personnes physiques ou morales. Les échanges de proximité favorisent l’interaction sociale et donc les relations humaines tout en nécessitant l’implication de tous dans l’effort collectif de production, d’où l’importance de la valeur travail.


2. Positionnement politique

Le localisme ne s’inscrit pas dans une vision "droite/gauche" de l’échiquier politique traditionnel. La doctrine localiste peut apparaître à la fois comme une alternative et comme une synthèse des modèles politiques depuis l’ère industrielle, apportant un certain équilibre entre les bienfaits et les excès de ces modèles politiques.

• Localisme et capitalisme : la doctrine localiste n’est pas en opposition avec le capitalisme dans le sens où elle n’entend pas limiter la création de richesses, au contraire l’économie de proximité favorise une répartition plus directe des richesses produites en s’appuyant fortement sur la participation de tous à la production (valeur travail). Cependant le localisme n’est naturellement pas compatible avec une économie de marché globalisée et dérégulée.

• Localisme et socialisme : le localisme n’entre pas non plus en opposition avec le socialisme dans le sens où la collectivité participe étroitement à l’activité économique locale en veillant à maintenir une cohésion sociale par un écart raisonnable des revenus et limitant au maximum l’évaporation de richesses dans le circuit financier international. De plus le localisme favorise l’emploi donc l’insertion par l’accès à un travail suffisamment rémunérateur.

• Localisme et nationalisme/régionalisme : comme il n’y a pas de limites frontalières dans la notion de plus proche origine des produits consommés, le localisme ne s’arrête pas à un territoire administratif. Par exemple on ne peut raisonnablement pas créer un pôle aéronautique dans chaque communauté urbaine, dans ce cas le localisme s’inscrit plutôt à une échelle continentale. En revanche la production agroalimentaire d’un département doit pouvoir subvenir en grande partie aux besoins de sa population. Par ailleurs le localisme ne repose aucunement sur l’affirmation d’identités particulières bien que la doctrine repose sur une organisation sociale de proximité consolidant de ce fait le patrimoine culturel.

• Localisme et protectionnisme : la doctrine localiste peut bien entendu apparaître comme une forme extrême de protectionnisme dans le sens où elle donne toute priorité à l’économie locale. En même temps il ne s’agit pas d’un protectionnisme d’état puisque le localisme n’a pas de frontières et défini une fiscalité progressive et non binaire (production interne/production externe). Ensuite le localisme ne concerne pas les services dématérialisés (Internet) ni les productions à très faible empreinte écologique (production hydro-électrique). Enfin l’organisation par petites unités de productions démultipliées par autant de communautés urbaines aboutirait très probablement à un marché globalisé de la propriété intellectuelle, c’est-à-dire à un commerce de licences entre sociétés du monde entier.

• Localisme et écologie : à l’évidence, le localisme s’inscrit fondamentalement dans la préservation de l’écosystème dans la mesure où l’objectif est de limiter au maximum l’empreinte écologique des échanges de biens, que ce soit en matière de consommation d’énergie fossile ou d’émission de CO² qu’en matière d’usure des équipements de transport mobiles (voitures, train,...) et statiques (routes, ponts,...). De plus la doctrine localiste intègre l’autonomie énergétique via une politique volontariste en matière d’économies d’énergie (développement de l’habitat passif, rationalisation de l’éclairage public,...) et de promotion des énergies renouvelables (panneaux solaires, éolien individuel, ...).

• Localisme et altermondialisme : le localisme représente plus un standard politique adaptable à n’importe quel territoire plutôt qu’une véritable volonté de politique mondiale. Dans ce sens, des notions telles que la décroissance ou le commerce équitable ne sont pas nécessairement liées à la doctrine localiste. Le localisme entre évidemment en opposition au principe de mondialisation libérale des échanges marchands de biens matériels mais reste dans une logique de libre-échange planétaire de biens et services immatériels (recherche, culture, etc...).


3. Limites du localisme

Au-delà d’une simple tendance politique individuelle, l’action localiste se heurte rapidement à des règles internationales du commerce comme celles de l’OMC, par exemple, qui visent plutôt à faciliter la mondialisation des échanges, ou encore comme l’Union Européenne dont la politique économique repose sur une libre circulation des biens. Cependant, compte tenu des menaces écologiques qui pèsent sur la planète et suite au krach boursier de 2008 mettant en évidence l’extrême fragilité du système financier international, le libéralisme total d’un marché globalisé est de plus en plus controversé.

Par ailleurs le localisme ne peut exister que par une politique très volontariste pour faire face aux lobbys industriels ayant tout intérêt à voir leur zone de chalandise extensible à l’échelle mondiale et cela implique également une refonte très importante de l’appareil productif existant par un éclatement en petites unités locales, d’où des investissements considérables accompagnés d’une nécessaire adaptation sur place de la main d’oeuvre et de l’ingénierie.

Dans la mesure où elle s’oppose au développement croissant des échanges commerciaux internationaux, la doctrine localiste apparaît pour certains comme un "retour en arrière". Les partisans du localisme démontrent alors la fiabilité de ce modèle par le fait que l’organisation des sociétés était localiste depuis les origines de l’humanité jusqu’à la révolution industrielle. Or c’est justement depuis le début de l’ère industrielle qu’a été enclenché un processus accru par le phénomène de globalisation, phénomène apparu seulement depuis la 2ème moitié du XXème siècle et mettant en péril le devenir de l’humanité face à des dégâts écologiques planétaires qui s’accompagnent de dégâts économiques et sociaux touchant les pays occidentaux à travers différentes crises de plus en plus rapprochées et de plus en plus violentes.


4. Initiatives localistes

• L’étiquette carbone


Le 29 janvier 2008, les enseignes du commerce et de la distribution, la FCD et le Medad ont signé pour cinq ans une convention écoresponsable. Inscrite dans le cadre du Grenelle de l’environnement, elle ouvre notamment la voie à un doublement, d’ici à trois ans, du nombre de produits bénéficiant d’un label écologique, une étiquette carbone.

La démarche expérimentale, et inédite en Europe, d’étiquetage environnemental des produits a d’ores et déjà débuté. Depuis le printemps 2008, deux magasins groupe Leclerc dans le Nord-Pas-de-Calais expérimentent l’affichage du coût en carbone - autrement dit leur « indice carbone » - des produits alimentaires. Le bilan CO2 des produits est indiqué à côté de leur prix et le bilan total des courses apparaît sur le ticket de caisse. De plus, les produits permettant de diminuer ce bilan sont signalés en rayons. L’opération est soutenue par le Conseil régional et l’Ademe.

Autre exemple, le groupe Casino, s’appuyant sur l’expertise de l’Ademe et de l’entreprise Bio Intelligence Service spécialisée dans le développement durable, propose aussi à ses clients de découvrir le coût en carbone de ses produits. Son indice carbone, exprimé en g de CO2 émis pour 100 g de produit, tient compte de la totalité du cycle de vie des produits de la marque. Quand l’emballage le permet, l’indice carbone est assorti d’une réglette indiquant l’impact environnemental (de faible à fort) et d’une information sur le taux de recyclage de l’emballage.

• Les AMAP

Une association pour le maintien de l’agriculture paysanne (AMAP) est, en France, un partenariat de proximité entre un groupe de consommateurs et une ferme locale, basé sur un système de distribution de « paniers » composés des produits de la ferme. C’est un contrat solidaire, basé sur un engagement financier des consommateurs, qui payent à l’avance la totalité de leur consommation sur une période définie par le type de production et le lieu géographique. Ce système fonctionne donc sur le principe de la confiance et de la responsabilisation du consommateur.

• La marque "Produit en Bretagne"

Fondée en 1993, l’association Produit en Bretagne est le premier réseau de décideurs économiques bretons, la 1ère marque régionale collective, et la 1ère démarche de marque régionale solidaire et durable en France. En 2008, la marque concerne 200 entreprises membres sur les 5 départements bretons (Loire Atlantique comprise).

Cette initiative est plus assimilable à du régionalisme qu’à du localisme pur dans la mesure où il s’agit bien de promotion de produits locaux, donc à distance de transport réduite, cependant l’intérêt localiste est moindre pour les consommateurs limitrophes de départements d’une autre région.

• Le Slow Food

Le Slow Food est un mouvement fondé en Italie en 1986 par Carlo Petrini en réaction à l’émergence du mode de consommation Fast food. Le mouvement cherche à préserver la cuisine écorégionale ainsi que les plantes, semences, les animaux domestiques et les techniques agricoles qui lui sont associés.

• Le microcrédit

L’activité de microcrédit ou microfinance encourage les microprojets au niveau local. Cela permet d’induire des mutations "à la base". Celles-ci sont souvent plus efficaces et ont un plus grand effet d’entraînement - en créant un maillage économique dans le pays - que certaines infrastructures ou certains gros projets industriels. Cet effet de levier permet d’agir efficacement auprès de ceux qui prennent des initiatives en s’engageant personnellement, c’est-à-dire les entrepreneurs ou les artisans.


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39 réactions à cet article    


  • Di Girolamo 12 novembre 2008 13:46

    La relocalisation est sans aucun doute une démarche essentielle en terme de solution à la crise mondiale globale dans laquelle nous entrons. Mais ce serait dommage de la réduire en la faisant entrer dans le clubs des "ismes."
    Face à la profondeur et gravité de la crise mondiale nous avons besoin d’une réorganisation globale de nos sociétés et ce à tous les échelons locaux, nationaux , européens, mondiaux. On ne pourra se contenter de "localismes" ici ou là en opposition avec les autres échelons.

    Sans aucun doute le changement ne viendra pas d’en haut , mais de la base et des mobilisation locales ; le local est donc d’abord un levier pour le changement global.

    Le tout début de ce processus de changement doit sans doute s’inscrire au départ dans le lancement , à cet échelon local ,de réflexions et recherches collectives participatives orientées vers la mise en oeuvre d’une nouvelle société. 


    • Je suis Fantomas 12 novembre 2008 14:14

      interessante reflexion


      • Antoine Diederick 12 novembre 2008 14:37

        c’est peut-être une solution, commencer par le local.....


        • Di Girolamo 12 novembre 2008 14:54

          L’enracinement local est en soi une contrainte ; c’est celle qu’on vécues les civilisations post industrielles , avant l’exploitation du pétrole ; la découverte et l’exploitation du pétrole ont fait voler en éclat cette limite et nous ont libéré ; d’où l’agriculture industrielle ;les grandes villes , les réseaux de transports etc 

          L a crise écologique , dérèglement du climat et raréfaction des ressources , la crise sociale , alimentaire , financière ...montrent que le système n’est plus tenable ; nous avons vécu à crédit sur des ressources qui vont disparaître et en plus de ça nous l’avons fait sans aucun souci d’humanisme et de partage ; nous avons vécu à crédit sur le dos de beaucoup de peuples , l’afrique notamment. 

          Penser que les organisations mondiales (ou nationales) vont avoir la sagesse de réorganiser le monde autour de nouvelles limites et d’une nouvelle sagesse est bien utopique.
          C’est à nous localement de nous réunir , de parler , de nous organiser pour reprendre le pouvoir ; sur nous mêmes.
          La politique ne peut plus se faire dans les partis ; nous avons besoin d’une démocratie directe , locale , participative , qui constate et imagine


          • Lisa SION 2 Lisa SION 2 12 novembre 2008 15:44

            C’est curieux, vous n’avez même pas parlé des locavores ?

            Une autre initiative qui va dans ce sens est l’abandon par la commission européenne du calibrage systématique des fruits et légumes, permettant d’éviter de jeter ceux qui sont difformes, oblong, tordus ou hors gabarits...



            • JL JL 12 novembre 2008 16:13

              Très intéressant. "Penser global, agir local " ?

              A ce sujet, on peut évoquer les SEL, et aussi les "Castors", et d’autres encore que j’ignore, sans doute.


              • JL JL 12 novembre 2008 16:22

                "Un système d’échange local (ou SEL) est un système d’échange alternatif, construit à côté du système dominant d’économie de marché. Les SEL sont des associations déclarées ou de fait à but non lucratif, implantés localement, et qui permettent à leurs membres de procéder à des échanges de biens, de services et de savoirs sans avoir recours à la monnaie traditionnelle."

                http://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_d’%C3%A9changes_locaux


              • Yann 35 Yann 35 12 novembre 2008 16:39

                Merci beaucoup pour vos suggestions qui vont enrichir la présentation générale du concept, d’ailleurs n’hésitez pas à vous inscrire par exemple sur Wikipedia pour compléter vous-même la page dédiée au localisme. smiley


                • daryn daryn 12 novembre 2008 16:52

                  Le problème du localisme est le risque de dérives communautaires. Il est par exemple difficile pour un Français d’imaginer les tensions pouvant exister encore aujourd’hui entre les anciennes cités-etats italiennes, unifiées en pays il y a a peine un siècle et demi. Dans la même veine, la construction européenne ne s’est pas faite spontanément mais bien sous l’impulsion de gens qui croyaient que l’interpénétration des marchés et la dépendance mutuelle qu’elle entraîne éloignerait le risque de guerre. 

                  C’est certainement un axe à creuser dans une optique de développement durable, mais il faudrait sans doute la compléter au moins par une mobilité accrue des populations, ce qui ne semble pas simple à mettre en oeuvre. 


                  • Yann 35 Yann 35 12 novembre 2008 17:11

                    Effectivement c’est un risque, c’est pour cela qu’il ne faut surtout pas négliger l’identité nationale et européenne. C’est pour cela qu’il faut aller vers une véritable Europe politique en abandonnant l’idée d’un libre-échange économique.

                    Il y aussi une démarche existante très localiste, il s’agit du co-développement. Si nous renforçons la solidarité internationale par un échange, marchand ou non, de connaissances techniques et culturelles spécifiques, alors nous gommerons l’effet communautaire de repli sur soi.

                    Je pense que tout le monde l’aura compris mais le localisme n’est ni du protectionnisme, donc encore moins de l’isolationnisme, ni du régionalisme identitaire.


                  • Di Girolamo 12 novembre 2008 17:12

                    Aujourd’hui on a internet qui permet de s’interconnecter entre les multiples espaces locaux et régionaux ; d’autre part la seule barrière contre les communautarismes c’est "le projet " ; relocaliser ne peut s’entreprendre que dans le cadre d’une vision collective globale et d’un projet national ...européen...mondial... A construire ensemble ..l’échelon local permettant l’amorçage.

                    Ce qui manque aujourd’hui dans nos société c’est bien ce lien du projet.


                  • fhefhe fhefhe 12 novembre 2008 16:54

                    Pas mal.....
                    A quand une présentation sur TFI...avec Pernaud sur le journal de 13h ?
                    Sans humour .....est-ce jouable pour une Politique Nationale ?
                    Neuilly sur Seine contre le Larzac ?

                     


                    • daryn daryn 12 novembre 2008 17:06

                      C’est sûr qu’on voit mal la production agroalimentaire du département 75 pouvoir subvenir en grande partie aux besoins de sa population...


                    • Yann 35 Yann 35 12 novembre 2008 17:14

                      Le localisme n’est pas l’autarcie non plus, il ne s’agit pas d’autosuffisance au niveau d’une commune, d’un département, d’une région ou d’un pays. Le localisme n’a pas de frontières, le principe est d’aller chercher les ressources au plus près, de les rapprocher si possible voire les remplacer s’il existe une alternative.


                    • Di Girolamo 12 novembre 2008 18:43

                      Relocaliser fait partie d’un projet global destiné à rendre l’organisation socio économique planétaire DURABLE ; dans ce contexte on peut se demander si les très grandes villes sont durables ? Et s’il n’y aura pas nécessité à un moment donné de mieux répartir la population et de réaménager le territoire .
                      Localiser pour relocaliser , faire du localisme est sans intérêt sans cette idée de répondre aux grands enjeux planétaires.


                    • Yann 35 Yann 35 12 novembre 2008 19:36

                      Pourriez-vous développer svp sur le problème des grandes villes ? Quelque part on pourrait se dire qu’une ville dense permet justement de réduire les distances et rend plus aisée l’utilisation des transports en commun.


                    • Di Girolamo 12 novembre 2008 20:28

                      Les grandes villes sont issues de l’industrialisation , de l’agriculture industrielle reposant sur l’exploitation du pétrole ; cela donne un shéma de campagnes industrielles peu peuplées , très spécialisées et disposant d’un réseau de distribution et transport important pour nourrir les villes .
                      Le pétrole s’épuise et ce simple fait va sans doute modifier ce shéma

                      D’autre part le réchauffement climatique sera dur à affronter en ville , sans clim ; et qui connait le système énergétique du futur ?

                      La tenaille changement climatique et raréfaction des ressources + l’insécurité issue de tensions sociales de plus en plus fortes , issue d’une répartition des richesses désastreuse risque de rendre les grandes cités difficiles à vivre .

                      Comme le dit Cochet : il faut penser l’impensable ; et relocaliser fait parti de cet impensable .


                    • Yann 35 Yann 35 13 novembre 2008 09:47

                      Je vois deux problématiques concernant les grandes villes : la perte de repères liée à l’impersonnalisation ou dépersonnalisation des habitants et de leur environnement, ce qui favorise des comportements très matérialistes, d’autant plus pour les citoyens les plus précaires en situation de survie ; et l’industrialisation d’un mode de vie au milieu de flux denses et interrégionaux ou internationaux, notamment en matière d’approvisionnements agroalimentaires. Personnellement j’habite tout près d’une grande ville, Rennes, qui est assez exemplaire grâce à ses cités à taille humaine et bien intégrées dans la ville, et grâce à sa fameuse "ceinture verte" qui a permis de préserver une production agricole au bord de la ville. Par exemple j’habite une petite bourgade rurale, je traverse des champs pour aller travailler et pourtant je suis à 10 km à peine d’une ville de plus de 200 000 habitants.


                    • Forest Ent Forest Ent 12 novembre 2008 19:04

                      Sans aller jusqu’au néologisme, il est certain que l’échec de la globalisation, son impact catastrophique sur l’alimentation et les sols, et l’épuisement progressif du pétrole vont tous faire tendre ensemble vers une moindre circulation des marchandises, et ce sera globalement une bonne chose. Il faut certes un peu de commerce international, mais pêcher des crevettes en Ecosse, les envoyer en Chine se faire éplucher pas cher pour revenir sur les rayons de supermarchés anglais (véridique) était sans doute excessif. Adieu sans doute aussi aux fraises en novembre.


                      • Yann 35 Yann 35 12 novembre 2008 19:32

                        Ne vous réjouissez pas trop vite Forest Ent, le localisme n’est pas encore le modèle politique dominant dans le monde !


                      • Forest Ent Forest Ent 12 novembre 2008 19:51

                        Ca peut changer vite. Après les grandes crises causées par le libre-échange, on constate un retour-éclair vers le protectionnisme. Par exemple, les US pourront être tentés de défavoriser Toyota et Nissan pour sauver Ford et GM.


                      • Di Girolamo 12 novembre 2008 20:33

                        Le protectionisme est une solution technique pour préserver notre système ; ce n’est pas un changement de paradigme ; si relocaliser c’est seulement cela , on ne changera pas grand chose .

                        La société a besoin d’un changement en profondeur  : pas d’économie verte , et de protectionisme économique .


                      • Yann 35 Yann 35 13 novembre 2008 09:37

                        J’ajouterais que le protectionnisme peut mener vers l’isolationnisme mais peut surtout provoquer à terme de nouvelles guerres. N’oublions pas la tendance protectionniste suite à la crise de 1929 qui a conduit à ce que nous savons... Il faut donc à tout prix éviter de fixer des limites frontalières au localisme.

                        Quant à l’économie verte ou "green business", elle existera bien mais l’escroquerie intellectuelle consiste à faire croire que cette économie compensera les pertes de production liées aux nécessaires économies écologiques et à la prohibition des productions écotoxiques.


                      • Lucie Vivien 12 novembre 2008 21:08

                        L’être humain a tout à gagner dans le localisme : moins de temps perdu dans les transports qu’ils soient communs ou individuels, produits alimentaires de meilleure qualité (la qualité AMAP), convivialité, proximité de ses proches, reconnaissance sociale... Mais il faudra beaucoup se battre pour le localisme car les actions de nos responsables politiques continuent à aller vers la centralisation économique et culturelle.


                        • Yann 35 Yann 35 13 novembre 2008 09:49

                          Pour ceux qui font de la politique, quelque soit le parti, on peut d’ores et déjà échanger sur le localisme avec les leaders.


                        • Céline Ertalif Céline Ertalif 12 novembre 2008 22:39

                          Je suis très heureuse de voir que les idées qui tournent autour de l’écologie et de la décroissance font du chemin. Cet article en fait découvrir une des voies.

                          La plus grande difficulté à faire passer ces idées se trouve bien souvent dans l’imaginaire collectif. On a reproché tant de fois aux écolos de renier le progrès, de prôner le retour à la bougie. En ce qui concerne le "localisme", il faut bien voir que la ville reste le signe de la liberté, que l’émigration des campagnes vers les villes a permis aux ruraux d’échapper à un contrôle social étouffant. Le local est encore largement soupçonné de contenir le repli à cause de cette longue histoire où l’individu était le prisonnier de la communauté rurale avant de trouver la liberté dans l’anonymat urbain. Ma propre mère m’a raconté - et ce n’était pas bien loin de Saint-Erblon d’où nous écrit l’auteur de l’article - qu’il fallait indiquer au prêtre où l’on allait à la messe dans le cas où l’on était absent de la paroisse le dimanche... Ce que je raconte là peut faire rire par son côté surrané, mais ça date des années 50 : moins de 60 ans, pas plus !

                          Je ne dis pas cela pour décourager, bien au contraire. Mais soyons bien conscients de la révolution intellectuelle que l’on propose. A mon avis, il faut favoriser les communications immatériels et les déplacements des personnes et faire payer le prix écologique des transports de marchandises.

                          Pour faire comme JL qui apporte sa pierre en évoquant les SEL, j’ajoute l’expérience des CIGALE.


                          • Pourquoi ??? 13 novembre 2008 06:51

                            @ Yann,

                            Merci pour cet article qui résume exactement ce que je pense depuis longtemps sans avoir réussi à le formaliser.
                            J’y réfléchis depuis longtemps sans savoir que d’autres le faisaient aussi.

                            J’y vois cependant un obstacle de taille : la propension humaine à vouloir toujours plus, à dominer toujours plus. C’est tout de même la raison essentielle du merdier dans lequel nous sommes (économique, écologique, social etc...)

                            Alors est-ce que l’éducation ne serait pas la condition sine qua non d’une telle réorganisation ?


                            • Yann 35 Yann 35 13 novembre 2008 09:55

                              Il faudra une politique très volontariste pour inverser la tendance au libre-échange auprès de nos partenaires internationaux, mais vous avez entièrement raison, il faudra aussi beaucoup de pédagogie auprès des citoyens, donc qui dit pédagogie dit éducation dès le plus jeune âge. Pour la pédagogie auprès des adultes, je pense notamment à une demi-journée citoyenne par an, facultative mais donnant droit par exemple à un petit crédit d’impôt (cessible à une ONG pour être citoyen jusqu’au bout) afin d’inciter au maximum la participation et accroître ainsi la responsabilisation.


                            • ZEN ZEN 13 novembre 2008 07:48

                              Intéressant, mais dommage que ce soit essentiellement du recopiage de l’article de Wiki...>localisme


                              • Yann 35 Yann 35 13 novembre 2008 10:48

                                Je sais bien, d’ailleurs je n’étais pas sûr que l’article passe sous cette forme là mais pour une première présentation du concept il fallait bien quelque chose d’assez didactique. Et puis c’est déjà suffisamment long à lire, si j’avais développé ça aurait pu décourager la lecture. Par contre plus nous serons nombreux à nous engager pour faire la promotion du localisme et plus il y aura des articles divers sur le sujet.


                              • ZEN ZEN 13 novembre 2008 11:24

                                Vous êtes pardonné , mon fils  smiley

                                Pour votre "punition" ,vous méritez que je reprenne votre article dans mon blog

                                Objections ? (merci de répondre sur le blog)


                              • takakroar 13 novembre 2008 09:48

                                C’est rafraichissant de voir naitre d’autres idées que celle de la mondialisation que l’on s’acharne à nous présenter comme inévitable. "Hors de la mondialisation, pas de salut".
                                Je suis agréablement surpris de voir que l’auteur de cette réflexion ne se fait pas flinguer, mais fait naître des "pourquoi pas ?"

                                Comment une telle organisation pourra se mettre place ?
                                Dans nos campagnes le transport est un vrai problème pour de plus en plus de monde. Des gens s’en sortent en produisant quelques légumes, des volailles, à vendre sur place. On aura de plus en plus d’activité qui se dérouleront localement. Les chéques emplois-service génèrent aussi ces emplois.

                                Tout ce qui a été conçu avec l’idée d’une nature inépuisable et des transports pas chers va inévitablement se détricoter et le localisme qui, de plus, redonne la première place à l’homme et au relationnel va naître insensiblement. Il est important de le théoriser comme le fait l’auteur pour ne pas qu’il se transforme en repli sur soi.


                                • Yann 35 Yann 35 13 novembre 2008 10:53

                                  Personnellement, comme je fais un peu de politique, ça fait des mois que j’échange avec mes "camarades" et les gens que je rencontre sur la nécessité future de revenir à plus de proximité et je crois qu’on m’a systématiquement répondu : "Ah oui, j’en suis convaincu(e) aussi !". Donc vu cette très forte attente, on se demande pourquoi la mondialisation est plus que jamais la règle aujourd’hui. Cela dit il ne faut pas être naïf : outre la nécessité d’une politique très volontariste en matière de relations internationales et de pédagogie, il faudra aussi lutter contre les lobbys, notamment les lobbys industriels qui risquent bien de ne pas trouver leur intérêt immédiat dans le localisme.


                                • NicolasBELOT 13 novembre 2008 12:26

                                  A toutes fins utiles, je tiens à vous remercier de cette contribution.
                                  Ce "localisme" mérite réflexion et je le partage en grande partie.
                                  Il me semble également que les sphères de décisions locales auront vocation à intervenir pendant la crise...
                                  Vous pourrez utilement aller voir le blog http://www.friedland.ccip.fr/360_eloge-naif-de-trois-vertus-pour-combattre-la-crise-la-confiance-la-solidarite-la-creativite/
                                  Bien à vous
                                  Nicolas


                                  • michel michel 13 novembre 2008 13:02

                                     Je preferre la notion de "proximité" à celle de "localité" qui est un cas particulier sinon c’est du bon
                                     sens smiley


                                    • Yann 35 Yann 35 13 novembre 2008 13:08

                                      Il se trouve que l’on parle de "produits locaux" et non "produits proches", d’un "système d’échange local" et non "système d’échange proche", de "journaux locaux" et non "journaux proches", des "élus locaux" et non "élus proches", etc... Et puis avouez que "proximisme" ou "proximisation" ça sonne moins bien... smiley


                                    • Gabriel BOURDON GOMEZ Gabriel BOURDON GOMEZ 13 novembre 2008 13:57

                                      Cette conceptualisation est fort intéressante. Je suis aussi partisan de favoriser le local ou du moins de limiter les distances concernant la production de biens et de services. Mais cela est intimement lié aux décisions, aux éxigences, aux controles et à la fiscalité à une échelle nationale et européenne, pour ce qui nous concerne. Allez expliquez cela au milliers de firmes qui ont leur ateliers dans l’ensemble de l’Asie du Sud Est exploitant la misère humaine. Produire locale, c’est à dire en Europe, serait une abérration pour eux. Et les dirigeants de ces pays ne veulent surtout pas les laisser partir. La Chine n’a pas intéret à renvoyer une partie de la production occidentale de son immense territoire. Elle tient ainsi un rôle capitale dans le commerce international. Le localisme ou le proximisme, oui, mais il est indissociable de la présence d’un garant crédible, et continental, de ce concept qui demande à rendre la proximité moins cher que la distance. Or les criantes inégalités géographiques, d’ordre économique, juridique et social rendent impossible à l’heure actuelle une orientation économiquement attractive d’une production locale...


                                      • Yann 35 Yann 35 13 novembre 2008 16:24

                                        L’amorce doit être citoyenne : si les consommateurs achètent de plus en plus de produits locaux (département, région, pays) et si les électeurs votent de plus en plus pour des localistes, l’avidité d’argent et de pouvoir sera à l’avantage du localisme.


                                      • Claude Guillemain Claude Guillemain 7 mars 2009 10:49

                                        Nous partageons l’essentiel de votre démarche.

                                        Voici notre "raison sociale" :

                                        Les axes principaux de notre démarche sont au nombre de sept :

                                        1) une nette prise de position en faveur du fédéralisme intégral selon Alain de Benoist , fondé sur le principe de subsidiarité et la généralisation, à partir de la base, des pratiques de la démocratie participative.

                                        Notre objectif c’est bien l’Europe des Peuples (et pas forcément l’Europe des régions administratives actuelles), éventuellement en passant par un stade intermédiaire (transformation des états nations en Fédérations au sein d’une Confédération européenne).

                                        Nous sommes en faveur du point de vue de Denis de Rougemont , de Olier Mordrel et de Yann Ber Kalloc’h, de Yann Fouéré, de Morvan Lebesque, de Proudhon et des idées personnalistes d’Althusius, qui mettent l’accent sur un fédéralisme ayant pour base des communautés de taille réduite. Nous estimons que le développement de la culture européenne se fait et se fera sous forme d’un réseau articulé autour de pôles urbains. Nous reconnaissons et soutenons l’émergence d’un régionalisme non teinté de nationalisme et critiquons l’État centralisé et le jacobinisme.

                                        Le problème à résoudre vis-à-vis des différentes propositions de fédéralisme et de gouvernement local qui naissent aujourd’hui ici et là, est sans doute celui de comprendre lesquelles proposent un réel fédéralisme et lesquelles ne proposent qu’une décentralisation ou une tendance à la sécession. Notre vision du fédéralisme encourage l’initiative de la base au niveau local avec pour but la construction d’une fédération de pouvoirs respectueux du principe de subsidiarité, capable de remplacer la société étatique et verticale par un réseau de pays et Régions fédérés.

                                        2) la lutte en faveur de l’autonomie locale et régionale.

                                        3) la critique de l’indépendantisme gauchiste (ou de l’ethnocentrisme) en tant que catégories relevant l’une et l’autre de la métaphysique de la subjectivité.

                                        4) la critique du système des partis, qui engendre une compétition féroce, alors que les partis traditionnels sont de toute évidence impuissants, en Bretagne comme en France, tout comme les gouvernements d’ailleurs, à faire face aux problèmes actuels. Nous croyons plus en la dynamique des associations.

                                        5) un soutien à une pratique maîtrisée du libéralisme. BREIZH 2004 n’envisage ni l’abolition de la propriété ni la disparition du politique, et préconise la réalisation de l’équilibre social par l’équilibre des contraires et des pouvoirs, dans le respect éminent du droit et des contrats

                                        La raison sociale de BREIZH 2004 réside en définitive dans une structure démocratique participative de contre-pouvoirs, proposée à tous ceux qui veulent trouver des solutions alternatives aux problèmes sociaux, dans une économie libérale, une société équitable et un système politique fédéraliste. Nous savons ce qu’il faut penser de l’égalitarisme "à la Française" qui a un goût de "je ne veux voir qu’une tête". Nous parlons plutôt d’Équité que d’une Égalité mathématique, autant théorique qu’indûment présentée comme objective. Notre ambition est d’exprimer les idées d’une France qui fait le pari de l’ambition et de la confiance afin de sortir de l’impasse à laquelle a mené la nomenklatura d’hier et d’aujourd’hui.

                                        6) la promotion de la liberté dans tous les domaines (liberté personnelles ET économiques), ainsi que la responsabilité des individus résultant naturellement de leurs libres choix.

                                        7) le rejet du mythe de la croissance infinie qui percutera fatalement un jour le mur des réalités. BREIZH 2004 propose de revenir à un monde dans lequel « l’être » compte plus que « l’avoir ». Un monde dans lequel nous réapprendrons à vivre comme « avant », mais avec les avancées technologiques du « demain », sans culte du perpétuel mouvement, sans envie à tout prix de "modernité".’

                                        BREIZH 2004 n’est pas une organisation liée à un parti.
                                        Nous ne prenons parti pour personne et nous ne présenterons de candidats aux diverses élections que si un groupe suffisant de personnes se retrouve autour des concepts énoncés ci-dessus.

                                        Le Programme de BREIZH 2004 est accessible sur notre site.

                                        Pour BREIZH 2004

                                        Le Président

                                        Claude Guillemain
                                        http://www.breizh-2004.org

                                        44, rue Léon Durocher
                                        22730 Trégastel

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Yann 35

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