Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > Le Manifesto à l’épreuve des faits (1)

Le Manifesto à l’épreuve des faits (1)

Il n’aura échappé à personne que le parti socialiste présente aux élections européennes un programme qui sera défendu dans toute l’Union européenne par les « partis frères » qui composent le PSE (parti socialiste européen).

Le programme dont la traduction est sujette à caution est disponible ici . Il compte 6 chapitres que nous allons donc, comme promis (lire ici), confronter à la réalité.
 
Parfois, nous le comparerons à la pratique du pouvoir du parti socialiste en France, au nom du fameux droit à l’inventaire (concept d’origine jospiniste), mais le plus souvent, nous recourrons au présent, car bon nombre de partis socialistes ou sociaux démocrates, qui ont élaboré et signé ce programme politique, gouvernent actuellement.
 
manifesto.jpg
Le 1er chapitre "relancer l’économie et éviter le retour des crises financières" compte trois parties que nous allons une à une décrypter :
  • Donner un cadre aux marchés financiers pour l’économie réelle, l’emploi et la croissance ;
  • Une stratégie européenne pour une croissance écologique et innovante, créatrice d’emplois ;
  • Mettre la modernisation de l’économie au service des travailleurs et des entrepreneurs.
1. Donner un cadre aux marchés financiers pour l’économie réelle, l’emploi et la croissance.
Le Manifesto affirme d’emblée :
La tempête sur les marchés financiers a démontré l’efficacité de l’action commune des Européens pour éviter l’effondrement du système bancaire et stabiliser les marchés.
Il s’agit sans doute d’une allusion au plan de relance de 200 milliards d’euros de la commission européenne.
 
Rappelons que plusieurs sommets et mini sommets furent nécessaires pour que les pays membres s’accordent a minima sur ledit plan dont le montant est ridiculement bas en comparaison des plans adoptés par les états membres et des milliards d’euros engloutis en Bourse cet été par la BCE..
 
Deux fronts s’affrontaient, d’un côté la France et l’Italie, favorables à une surveillance et un contrôle plus serré des agences de notation, de l’autre, l’Allemagne et le Royaume-Uni préconisant la souplesse en matière de régulation et des mesures de relance de l’économie.
 
Entre les deux, les présidents de l’Euro-groupe Juncker et de la commission européenne, Barroso, demandaient le respect du pacte de stabilité et de croissance .
 
Dans cette Europe divisée, chaque pays a été contraint de se débrouiller tout seul en élaborant des plans nationaux, plus importants financièrement que celui de l’Union : plan de sauvetage des banques, plan de relance de l’économie, plan de soutien à la consommation, et plan particulier pour sauver une industrie nationale comme celui en faveur de l’industrie automobile en France. Pour plus de détails, on vous conseille la lecture de la note de l’institut Thomas More, peu suspect de sympathies bolchéviks...
 
Le 29 septembre dernier, le PS regrettait l’absence d’unité :
Il faudrait d’abord coordonner nos politiques économiques, et notamment nos politiques budgétaires. Il se trouve qu’il y a des États en Europe qui ont mieux géré leurs finances publiques et qui ont la capacité pour intervenir, notamment l’Espagne.
Quelques mois plus tard, le PS présentait un contre-plan de relance :
Nous sommes profondément inquiets de voir que notre pays est devenu l’un des seuls en Europe à ne pas avoir un plan de relance digne de ce nom.
Il est évident que si l’action des pays de l’Union avait été commune et efficace comme le prétend le Manifesto, le PS n’aurait pas présenté de contre-plan de relance...
 
2. Une stratégie européenne pour une croissance écologique et innovante, créatrice d’emplois.
 
On peut lire :
"Cette action partira de la stratégie de Lisbonne déjà adoptée..."
Lancée en l’an 2000, la stratégie dite de Lisbonne (2000-2010), malgré une révision à mi-parcours, se solde d’ores et déjà par un échec économique et social.
 
Aucun des objectifs, pourtant modestes, n’a été atteint : taux d’emploi global de 70 % d’ici 2010, taux d’emploi de plus de 60 % chez les femmes, taux d’emploi de 50 % chez les travailleurs seniors, croissance économique annuelle d’environ 3 %...
 
N’oublions pas que cette stratégie a permis la dérégulation du marché, la flexibilité accrue du travail et le dumping social... en lieu et place d’un modèle social européen !
 
Par conséquent, il est particulièrement inquiétant que le Manifesto du PSE propose pour les années 2010-2020 une nouvelle stratégie qui prend comme modèle celle de Lisbonne qui s’achève !
Aussi, avec une telle méthode, les objectifs de croissance écologique et innovante, et créatrice d’emplois ne sont que des vœux pieux... On appelle ça des promesses...
 
3. Mettre la modernisation de l’économie au service des travailleurs et des entrepreneurs.
 
En deux minuscules paragraphes, cette sous-partie conclut brièvement le premier chapitre du Manifesto. Elle n’apporte rien de neuf en reprenant l’essentiel des missions du Fonds Européen d’Ajustement à la Mondialisation et en réaffirmant son soutien à l’économie sociale.
 
Le PSE ne précise pas si cette modernisation de l’économie procurera un meilleur pouvoir d’achat, de meilleures conditions de travail et de nouveaux droits sociaux aux travailleurs... A priori, ces derniers n’auront que le devoir droit de se former pour conserver leur emploi...
 
Conclusion provisoire :
 
Inexact, imprécis, incomplet et confus sont les mots qui s’imposent après la lecture de ce premier chapitre du Manifesto.
 
On relève aussi l’absence de critique ou de réserve sur la politique menée par l’Union européenne.
Finalement, les propositions sont très très classiques, convenues, sans une once d’imagination...
 
(à suivre)

Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (4 votes)




Réagissez à l'article

1 réactions à cet article    


  • Kalki Kalki 17 avril 2009 11:20

    Quand est ce qu’une idéologie a perdu ?

    Quand elle accepte l’idéologiee et les thèses , et les mécanismes mentaux de l’idéologie contre laquelle elle s’oppose, devenant une idéologie de plus en plus ’faible’ , jusqu’à mourrir.

    Le socialisme (sous la forme qu’elle est actuellement encore concut) pourrait être perdu.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès