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Le massacre des bouquetins du Bargy en 8 points clés

 Emblèmes des Alpes, les bouquetins sont des animaux protégés ; ils sont interdits de chasse depuis 1962. Pourtant, en Haute-Savoie, dans le massif du Bargy, l’Etat a ordonné l’abattage, à l’aveugle, de centaines de bouquetins.

  1. Pourquoi un tel massacre ? Parmi les bouquetins du Bargy, certains sont atteints d’une maladie : la brucellose. En 2012, par un biais accidentel, la maladie a été transmise d’un bouquetin à une vache. Depuis, certains syndicats d’agriculteurs ont peur que l’événement se répète, et font pression pour que les bouquetins du massif du Bargy soient exterminés ; ce qui a conduit le préfet de la Haute-Savoie a demandé l’abattage de tous les bouquetins du massif. En octobre 2013, cette demande a été validée en partie par le ministère de l’Ecologie puisque le préfet a pu signer un arrêté ordonnant l’abattage à l’aveugle d’environ 70% des bouquetins du Bargy !
  2. Qu’est-ce que la brucellose ? La brucellose est une maladie animale et humaine. Chez les animaux, la brucellose est souvent asymptomatique, et se traduit essentiellement par des avortements, parfois par des arthrites. L’humain s’infecte principalement par le biais d’aliments au lait cru (le fait de chauffer du lait à 70°C durant quelques secondes inactive la bactérie). Les hommes ne se contaminent pas entre eux. Chez l’humain, la maladie s’exprime de multiples manières : elle peut être asymptomatique, mais se traduit le plus souvent par des épisodes de fièvre ; dans 70% des cas symptomatiques, il n’y a pas de complication. Lorsqu’une complication survient, il s’agit le plus souvent de douleurs articulaires chroniques, parfois lourdes. Le traitement se fait par des antibiotiques et, dans la plupart des cas, les symptômes disparaissent après quelques semaines. Lorsque la brucellose n’est pas traitée, son taux de létalité est inférieur à 5% ; sous traitement, ce chiffre est moindre. En somme, la brucellose est une maladie sérieuse qui peut se compliquer et qu’il faut combattre, elle est néanmoins rarement mortelle ; et dans la majorité des cas, les antibiotiques sont efficaces et préviennent les complications.
  3. Un risque extrêmement faible, une peur disproportionnée. En Bargy, la brucellose a commencé à infecter certains bouquetins en 1999. De 1999 à 2014, le seul cas de transmission de brucellose d’un bouquetin à une vache est survenu dans des conditions très exceptionnelles : vraisemblablement par le rarissime biais de l’ingestion d’aliments souillés par des produits d'avortement (probablement déplacés par un chien errant…) Durant près de 15 années, l’unique cas de contamination bovine est survenu alors qu’aucune surveillance sanitaire n’était en place. A présent, la surveillance des troupeaux et du lait est effective, et diminue considérablement le risque de contamination des vaches. D’ailleurs, en automne 2012, parmi plus de 12 000 animaux d’élevage testés, aucun n’était positif à la brucellose. S’appuyant sur ces données, les autorités scientifiques (ANSES, CNPN) ont affirmé, en septembre 2013, que le risque de transmission de la brucellose aux troupeaux bovins était « extrêmement faible », qu’il n’y avait aucune urgence à organiser des abattages massifs, et qu’il était nécessaire de prendre le temps de lancer de nouvelles analyses avant de se prononcer.
  4. Des abattages à l’aveugle, légalement douteux et contraire aux avis scientifiques ! Les bouquetins sont des animaux protégés par la loi française et par la Convention de Berne. En septembre 2013, le Conseil National de la Protection de la Nature a demandé à ce qu’aucun animal ne soit abattu avant d’être testé. L’Etat n’a pas respecté cette recommandation puisque des centaines de bouquetins ont été abattus sans subir de tests. Cette non-conformité remet en cause la légalité des abattages puisque la loi stipule qu’atteinte ne peut être portée aux bouquetins que s’ « il n’existe pas d'autre solution satisfaisante » ; et que dans le cas présent, les scientifiques ont affirmé qu’une solution moins radicale était plus satisfaisante. De plus, avant d’ordonner cet abattage, l’Etat n’a pas organisé de consultation publique, alors que face à un tel contexte, la loi, garante de la démocratie, impose le respect d’une procédure de participation du public.
  5. Des décideurs autoritaires refusant la transparence. En septembre 2013, face à la télévision publique, le préfet (qui, selon un journaliste à Libération, « est roublard, cachotier, adore les coups en douce et les coups de force ») a soit menti sur le calendrier soit usé d’une rhétorique sournoise, faisant ainsi le nécessaire pour prendre de vitesse justice et citoyens. Du jour au lendemain, sans que personne ne s’y attende, un arrêté a été signé et exécuté ; le massif a été bouclé par une centaine de gendarmes, et jusqu’à cent bouquetins ont été abattus par jour ! Pour le vice-président de la commission faune du Conseil National de Protection de la Nature, ces opérations se sont déroulées « en pure perte pour les scientifiques qui, par ordre du préfet, n'ont pu effectuer de prélèvements » ; ce qui a lourdement pesé sur les études en cours ! Tout a été donc fait pour qu’aucun contrôle ne soit effectué sur les animaux tués, et ce afin de masquer la réalité de chiffres pouvant remettre en cause la contestable pertinence des choix passés et à venir de l’Etat. (Il se pourrait que plus de 70% des bouquetins abattus ne fussent pas malades !) Par ailleurs, lors d’une première audience en référé, le représentant de l’Etat a donné, dans son mémoire en défense, une estimation chiffrée totalement déconnectée de la réalité, ce qui a considérablement nui à la justice !
  6. Quel avenir pour les bouquetins survivants ? D’octobre 2013 à mai 2014, plus de 230 bouquetins ont été abattus à l’aveugle, sans subir de tests. L’arrêté signé en octobre dernier autorise la poursuite des abattages à l’aveugle jusqu’à l’automne prochain : un grand nombre d’animaux est donc directement menacé. Parallèlement aux abattages à l’aveugle, des tests sont actuellement réalisés afin d’évaluer la proportion d’animaux malades. Suivant les résultats de ces tests, de nouveaux ordres d’abattage pourront être pris. Sachant qu’en 2013, le préfet a demandé l’éradication de tous les bouquetins du Bargy, il y a fort à craindre pour l’avenir. A cela s’ajoute que les tests sont réalisés, sans droit de regard de la société civile, par l’Office National de la Chasse (alors que les bouquetins sont interdits de chasse !) Cet organisme semble partial puisque selon le groupe de travail Bouquetins du Bargy, le vétérinaire de l’Office National de la Chasse en charge de l’affaire s’est déclaré favorable à l’abattage total.
  7. Existe-t-il un vaccin contre la brucellose ? Oui, un vaccin bovin existe. En stimulant la production d’anticorps, le vaccin complique le diagnostic de la brucellose (sans pour autant fausser l’analyse bactériologique, qui est la seule à permettre un diagnostic certain). Pour ce motif stratégique (et non pas pour des raisons de dangerosité), le vaccin bovin n’est actuellement pas pratiqué en France, mais il était autrefois obligatoire, et a joué un rôle décisif dans l’éradication de la brucellose bovine. Plutôt que de vacciner les bovins du Bargy, l’Etat préfère obliger les éleveurs à abattre un troupeau d’une vingtaine de têtes lorsqu’une seule vache est malade (et ce en traînant des pieds pour les indemnités !) De plus, les bouquetins sont des caprins, et un vaccin pour les caprins existe. Les scientifiques ont demandé à ce qu’une saisine soit lancée sur le sujet. Ils n’ont pas été écoutés, ce qui est regrettable, car si les bouquetins étaient vaccinés, la maladie pourrait ne plus se propager « à l'intérieur de l'espèce » ; et le risque de transmission aux autres espèces étant extrêmement faible, l’infection s’éteindrait ! Il faut préciser que les bouquetins sont faciles à approcher, et que peu d’animaux sauvages sont aussi faciles à vacciner. N’oublions pas que si la rage a aujourd’hui disparu du territoire français, c’est grâce à la vaccination animale, et non pas suite à l’éradication des chiens et des renards ! En outre, la transmission de la maladie entre bouquetins étant sexuelle, l’immuno-contraception des bouquetins malades pourrait être une alternative à leur abattage.
  8. Il est temps que la raison freine les élans d’un décideur politique qui a déjà révélé, par le passé, l’étendue de sa paranoïa sanitaire. L’actuel préfet de la Haute-Savoie est ainsi celui qui, sous un autre costume, s’est fait remarquer pour avoir « confirm[é] l’intention du Gouvernement français de procéder à la commande de 50 millions de doses […] de vaccins » contre le virus de la grippe A ! Mesure totalement disproportionnée ! Et maintenant, ce même homme nous demande l’extermination des bouquetins ! Comme quoi, lorsque la peur gouverne, tous les excès finissent par devenir admissibles ! Les bouquetins étant des animaux protégés, accepter des abattages de cette ampleur ouvre la porte à tous les débordements. De nombreuses autres maladies peuvent être transmises à l’homme par des animaux, notamment la toxoplasmose congénitale (par le chat), des septicémies consécutives à des morsures (par le chien), des infections aux staphylocoques dorés (par le bétail), la grippe aviaire (par les oiseaux), la maladie de Lyme, l’échinococcose, etc. Sachant qu’il y a à peu près autant d’arguments pour éradiquer les bouquetins du Bargy que pour exterminer une grande part du reste de la faune, quelles seront les prochaines campagnes d’abattage massif ? Pour quels impacts sur l’écosystème ?

 

Pour dire stop au massacre des bouquetins, signez la pétition sur :

http://www.sauvonslesbouquetins.com

Détails des sources : http://lebruitduvent.overblog.com/2013/12/la-vie-animale-comme-variable-d-ajustement.html Texte et photos : MS


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8 réactions à cet article    


  • Dzan 14 mai 2014 12:17

    Si un préfet attrape cette maladie, a t’on droit de les abattre tous ?


    • holodomore holodomore 14 mai 2014 13:23

      Encore un préfet taré... la profession en regorge . Une honte !
      Les écolos sont vraiment des merdes dans ce pays ...


      • Croa Croa 15 mai 2014 07:32

        Oui, si l’on en croit la propagande officielle, le seul a été Papon. Mais la vérité c’est que ces gens sont généralement de zélés irresponsables toujours à la pointe des tares de leurs époques !

        Ils oublient que les temps changent et que des têtes pourraient tomber ! smiley


      • alinea alinea 14 mai 2014 14:24

        Retour en barbarie !
        Comment se passent les abattages ? Quand ? À quelle heure ? Par qui, combien ? Il faut savoir tout ça et s’interposer ; comment se passe la « sortie » des corps ? Qui les tuent ?
        L’été arrive, il faut que la montagne se peuple ; ce qui est difficile à coordonner, c’est qu’il faut être sécurisants pour les bouquetins, et menaçants pour les tueurs !
        De tout coeur avec vous...


        • bluecat 14 mai 2014 17:12

          Quand il n’y aura plus d’animaux sur terre, qui deviendra « les nuisibles » ?




























          • Lisa SION 2 Lisa SION 2 15 mai 2014 11:45

            La brucellose sera une maladie en voie d’extinction après la défaite prochaine des européennes qui démontrera qu’elle n’est qu’un foyer bouquetin émissaire, destinée à armer le bras public / privé de la police / milice...
            Les Alpes et cette campagne mortelle sont le terrain de manœuvres idéal pour les luttes antifacistes / antiterroristes préfigurant l’avenir européen.


            • alinea alinea 15 mai 2014 11:50

                smiley  Lisa !!


            • Doume65 30 juillet 2014 11:42

              Abattons tous les européistes atteints de la brucellose !

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