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Accueil du site > Actualités > Politique > Le match républicain qui a modernisé la démocratie

Le match républicain qui a modernisé la démocratie

Un débat de bonne tenue, long, qui n’a rien apporté de plus dans les projets présidentiels, mais qui était nécessaire pour la bonne hygiène de la démocratie.

Comme des millions de Français, j’ai regardé le débat tant attendu par les médias entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ce 2 mai 2007 au soir.

Deux fortes personnalités au sommet de leur forme, à l’ego renforcé par leur bon score respectif du premier tour, cela ne pouvait que produire un débat télévisé dense, intéressant et direct.

Donc, rien de figé, ce qui est sain pour la vie démocratique.

Prenons d’abord la durée : le débat a duré très longtemps, deux heures trente, et malgré le fait que Sarkozy fût le premier à parler, Royal avait toujours deux à cinq minutes de temps de parole d’avance sur lui, avance que lui concéda d’ailleurs bien volontiers Sarkozy.

Le look des deux intervenants.

Nicolas Sarkozy paraissait très calme, et au tout début, paraissait même légèrement endormi, les paupières tombantes (plus que d’habitude). Son challenge était de se montrer en homme calme, serein, qui ne se mettait pas en colère. Il y est parvenu sans cependant le transformer en homme gentil (il est tellement dépeint en homme méchant que ça lui aurait servi). Peut-être manquait-il de sourire parfois.

Ségolène Royal portait un tailleur sombre très présidentiel. Pas facile pour une femme de se montrer présidentiable au niveau du look, elle a dû tout inventer. Sarkozy portait son costume habituel, elle s’est voulue plus solennelle. Seule la couleur blanche des chaussures pouvait étonner, mais pour un débat télévisé, c’est un détail d’autant plus futile qu’il n’est pas visible. Donc, sur le look, Royal a réussi à se donner une allure de crédibilité.

En revanche, son visage avait des traits tirés. Larges cernes sous les yeux, mascara qui me paraissait un tantinet trop insistant (mais je ne suis pas spécialiste du maquillage, donc je ne sais si celui-ci était nécessaire ou pas). Bref, j’ai senti une Ségolène Royal fatiguée. J’avais presque mal pour elle. Épuisée par la campagne ? Alain Duhamel estimait quelques jours avant sur RTL que faire un grand meeting (à Charléty) la veille d’un débat aux enjeux médiatiques si importants était soit une preuve d’amateurisme électoral (hypothèse rejetée par l’éditorialiste), soit la preuve d’une énorme confiance en soi.

Et tout au long de ce débat, Ségolène Royal ne cessait de sortir son "pacte présidentiel" comme un robot, en survolant de nombreux sujets, ne permettant d’ailleurs pas à Sarkozy d’approfondir certains d’entre eux, avec une voix à la fois monocorde et monacale, comme si elle récitait par cœur un discours mille fois déjà entendu, en répétant certains mots pour se remémorer la suite.

Du coup, j’ai eu droit en plusieurs exemplaires à toute la ‘sémantique royaliste’ : ‘tout se tient’ (au moins trois fois), ‘ordre juste’ (et ‘juste’ utilisé très souvent, ‘impôt juste’, ‘autorité juste’ etc.), les fameux ‘gagnant-gagnant’ et "donnant-donnant"... c’est étrange qu’elle ne tienne qu’un même discours sur la forme depuis six mois. Elle a sorti cependant une ‘mitterrandade’ ("laisser le temps au temps") avec son "l’emploi va à l’emploi".

De son côté, Sarkozy s’est montré plus doux, une voix plus suave, faisant parfois quelques fautes de français ("émerger" au lieur d’ "émarger", "perein" comme masculin de "pérenne", ou un auxiliaire au singulier au lieu du pluriel), avec cependant quelques regards fuyants qui pouvaient laisser comprendre quelques agacements, parfois une utilisation de la troisième personne pour parler à son interlocutrice.

Mais généralement, la confrontation fut frontale, chacun regardait l’autre au fond des yeux, direct. Royal a, semble-t-il, trouvé une posture, le dos droit, la tête légèrement inclinée vers le bas et les yeux quasi-mitraillettes, pour se montrer offensive. Le ton, hélas, de Royal, fut trop solennel, trop pompeux, trop déclamatoire, et à la longue, c’est un peu fatigant pour les oreilles.

Systématiquement, quand elle avait la parole, Ségolène Royal l’utilisait pour placer avec un style incantatoire son baratin habituel, ce qui avait parfois un léger goût de confusion. À deux ou trois reprises, Sarkozy a dû dire stop pour ne pas survoler mais rentrer dans le détail des choses (PPDA semblait aussi affolé que tant de sujets fussent évoqués si rapidement).

Et à plusieurs reprises, Royal a joué (comme elle le sait si bien) à la maîtresse, voulant piéger Sarkozy par des questions multiples et insignifiantes de connaissance. Elle y est parvenue quelquefois d’ailleurs, mais ce qui m’a rendu mal à l’aise, c’est cette volonté délibérée de vouloir faire trébucher son rival au lieu d’exposer plus en détail des idées dont la concrétisation était sans arrêt remise à des discussions ultérieures, à des débats participatifs, sans donner une seule piste sur ce qu’elle proposerait elle-même.

Et à cet égard, Sarkozy a su bien exprimer que si, sur des sujets importants, la concertation était nécessaire, pour toutes les décisions quotidiennes au sommet de l’État, il faut avoir déjà une idée de leur contenu (ce qui ne semble pas être le cas pour Royal).

Prenons maintenant quelques bribes du fond.

Sur la dette publique à réduire, je n’ai entendu les solutions d’aucun des deux candidats. Sarkozy a été très habile en proposant de dépasser le manichéisme et de mettre d’accord droite et gauche pour résoudre ce problème. Il évoque les 15% du coût de la dette sur l’ensemble des dépenses publiques et les 45% du coût du salaire des fonctionnaires. Donc, la suppression d’un poste sur deux des fonctionnaires en départ à la retraite ferait faire des économies à l’État. Sauf que pour l’instant, je ne sais pas quels postes dans quels services. Royal n’a pas assez insisté sur cela.

Au contraire, Royal a répliqué en évoquant le viol d’une policière, ce qui m’a paru très malvenu, et a évoqué la nécessité de faire raccompagner tous les agents de l’État jusque chez eux la nuit. Sarkozy n’a donc pas raté de dire que s’il fallait un fonctionnaire pour protéger chaque fonctionnaire, on n’en sortirait pas.

Sur le fameux slogan de Sarkozy, "travailler plus pour gagner plus", qui ne me paraît que démagogique et pas du tout conforme à la réalité économique, Royal a avancé quelques arguments convaincants en rappelant que les 220 heures supplémentaires de la loi Fillon n’étaient utilisées qu’à moitié, et donc favoriser les heures supplémentaires ne serviraient à rien.

Sarkozy a répondu en parlant suppression de charges, mais personne n’a pu comprendre comment ça pourrait créer de l’emploi et Ségolène Royal a mis longtemps avant de rappeler que les heures supplémentaires dépendaient avant tout de la charge de travail des entreprises et pas du bon vouloir des salariés (d’autant plus que dans la réalité, beaucoup d’heures supplémentaires réelles ne sont pas, aujourd’hui, décomptées).

Concernant un institut d’experts économiques chargé de juger le programme économique des deux candidats, Royal s’est montrée très arrogante en voulant énerver Sarkozy, en disant que cet institut était à la solde du Medef. Hélas pour elle, Sarkozy a mieux convaincu en rappelant que le président de cet institut avait été l’un des experts économiques de Lionel Jospin à Matignon.

Sarkozy s’est montré plus pédagogue que Royal. Ainsi, au lieu de parler de façon exhaustive de son programme (comme elle), il n’a fait que marteler quelques idées simples (parfois simplistes). Ce comportement est généralement efficace et se base sur le marketing publicitaire : répéter pour faire assimiler.

Parmi l’une des idées qui me paraissait très convaincante et très réaliste : les Français ne veulent pas forcément plus de vacances, mais plus d’argent pour payer leurs dettes, leurs charges etc. Avec ce soupçon de simplisme : à quoi ça sert d’avoir des RTT si on n’a pas de quoi se payer des loisirs.

Royal a répondu par une tirade sur l’avancée sociale de la réduction du temps de travail, mais à quoi ça sert aux demandeurs d’emploi, d’avoir plus de congés ?

Cela dit, Royal s’est trouvée satisfaite que le principe de la durée légale n’était pas remise en cause par Sarkozy comme ce dernier était heureux de comprendre que Royal proposait une remise en cause des régimes spéciaux des retraites (cette dernière cherchant d’ailleurs à l’attaquer sur la retraite des parlementaires, argument d’autant plus démagogique et insignifiant que Sarkozy en était d’ailleurs d’accord).

Puis, bataille de chiffres sur le fonds pour le financement des retraites. Sarkozy a assuré que les lois Fillon ont pérennisé le financement des retraites jusqu’en 2020, ce qui me paraissait vite dit, et peu crédible, mais peu contesté par Royal qui s’est alors enfoncée dans une inconsistance très forte à propos de la mise en place d’une taxe sans pouvoir dire, malgré les nombreuses relances de Sarkozy assez tenace sur le sujet, quel était son taux, son assiette, et l’objectif de recettes. Une sorte de chèque en blanc inquiétant.

Sur la matière grise, la recherche, l’innovation, le discours de Royal était bien sympathique, mais incantatoire et sans rien de concret.

Sarkozy a montré beaucoup d’audace et d’habileté en disant qu’il était favorable à ce que la présidence de la commission des Finances à l’Assemblée nationale soit confiée à un membre de l’opposition. En effet, c’est ce que proposait depuis bien longtemps Royal (Royal le lui a d’ailleurs gentiment rappelé). Et récupérer ainsi des propositions très ponctuelles et précises donne aussi le niveau de l’aplomb de Sarkozy.

Sur le boucler fiscal, et les impôts sur le patrimoine, Sarkozy a donné l’exemple d’un mari qui fait de la fraude fiscale, puis qui décède et c’est à l’épouse de tout payer. Au lieu d’évoquer maladroitement le cas fiscal d’une personne en particulier (riche héritière : serait-ce Liliane Bettencourt, je n’en sais rien ?), à la place de Royal, j’aurais plutôt traité cet exemple de sexiste, avec ce modèle de mari qui travaille et crée de l’activité et d’épouse au foyer.

J’ai retrouvé la maîtresse d’école qui distribuait les copies quand Royal a évoqué son 16/20 en écologie et le 08/20 seulement de Sarkozy. J’aurais préféré savoir le pourquoi de ces notations d’on ne sait qui.

Sur le nucléaire, le débat était pitoyable. Royal a gagné en partie en faisant "avouer" à Sarkozy qu’il ne savait rien de l’EPR (« Je ne connais pas le dossier mais je sais être cohérent ») ni de la troisième ou de la quatrième génération, mais Royal pas plus, en évoquant la capacité de réutiliser les déchets d’uranium sans visiblement connaître le principe du surgénérateur.

Et Sarkozy a été d’autant plus convaincant qu’il était péremptoire sur les réserves en uranium : 50-60 ans sur les gisements connus et d’après les chercheurs, deux siècles et demi (je ne sais pas où il est allé les chercher ces deux siècles) mais Royal a rectifié en disant que ça dépendait évidemment du nombre de centrales nucléaires construites dans le monde.

Sur l’école, Royal a donné des objectifs complètement irréalistes : limiter à 600 élèves la capacité des collèges, et à 17 le nombre d’élèves par classe. Rendre obligatoire la scolarisation dès trois ans n’a pas non plus de sens alors que la scolarité s’allonge sans cesse avec les études, en ne répondant pas concrètement sur le besoin du coup de deux millions de places supplémentaires en crèches (Royal a refilé le problème aux collectivités locales !).

Sarkozy n’a pas été moins irréaliste en voulant par exemple que ceux qui sont dans des filières professionnelles puissent devenir aussi ingénieurs.

J’imagine que c’est ça le ‘volontarisme’, professer des objectifs inatteignables. Sarkozy l’a répété aussi : il n’y a pas de fatalité. Cela change des précédents gouvernants, mais ça peut aussi faire peur.

Sur les handicapés, répondant à Sarkozy qui voulait permettre la scolarisation des enfants handicapés, Royal s’est montrée très sincère et crédible, en disant que le gouvernement sortant avait annulé toute son action ministérielle en faveur d’eux, je voyais que ça venait du cœur, de ses tripes, elle devenait bonne communicante.

Hélas, elle a ensuite dérapé et pendant cinq minutes, a pataugé dans sa ‘saine colère’ qui ne paraissait pas pertinente face au sang-froid dont doit faire preuve un chef d’État. Sarkozy a semblé très amusé de cet incident (« Calmez-vous ! ») alors que les critiques de colère et d’énervement lui revenaient d’habitude à la figure.

Sur l’Europe, les argumentations de Royal et de Sarkozy paraissaient crédibles toutes les deux, malgré la grande différence d’approche, mais sur la Turquie, Royal a montré encore des doutes.

Sur la Chine aussi, les deux ont été convaincants.

Sur l’immigration, je n’ai pas compris pourquoi Sarkozy parlait des infirmières bulgares alors que l’affaire libyenne n’a rien à voir avec la France. Mais concrètement, les deux candidats ont été d’accord pour un traitement au cas par cas des régularisations des sans-papier. Sans doute avec des approches différentes aussi.

Et puis ensuite, entre la poire et le fromage, en deux minutés, on s’est amusé à changer de République. Sarkozy a alors avec raison rappelé que dans la rue, il n’avait entendu personne lui demander de bouleverser les institutions, sans pour autant exclure de réviser quelques points particuliers.

Royal semblait vouloir tout réformer, n’était même pas sûre du numéro de République qu’elle voudrait, et a déclaré vouloir rendre des comptes devant les députés, mais à quel titre ? ne serait-elle pas élue par l’ensemble du peuple français ? Ce serait devant lui seul de rendre des comptes.

Dans sa conclusion, Sarkozy a repris son évocation du 22 avril 2007, la France m’a tout donné, je dois le lui rendre. Et a donné ses deux priorités : 1° le plein emploi, 2° maîtriser l’immigration. Dommage que l’immigration vienne en priorité numéro deux, il me semble qu’il y ait d’autres sujets prioritaires.

Quant à Royal, elle a sorti son argument final à ceux qui hésitaient, à ceux qui hésitaient d’élire une femme à la Présidence de la République. Dommage de terminer par une tirade sexiste, car Royal, qui a montré sa solidité, méritait beaucoup mieux que ça.

Sur France 3, parmi les réactions, j’ai surtout noté que Thierry Saussez (proche de Sarkozy) résumait les choses ainsi : Sarkozy a fait dans le comment alors que Royal a excellé dans le pourquoi. Et qu’il y a eu une victime collatérale : François Hollande, dont la proposition de nouvelle CSG a été rejetée sèchement par les deux candidats.

Bref, il est évident que chaque camp dira que son poulain a gagné. Mais à mon sens, les deux ont sans doute gagné : Sarkozy n’a pas fait d’impair et Royal a montré sa combativité. En fait, le véritable gagnant, ce sera la personne qui sera élue le 6 mai 2007.


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56 réactions à cet article    


  • indecis 4 mai 2007 12:44

    bravo, superbe analyse, enfin quelqu’un qui ne prend pas parti ni pour l’un ni pour l’autre et qui décortique pas à pas le débat. Moi même je pense qu’il y a du bon et du mauvais chez les deux candidats. « J’ai fais un réve », votons pour elire (un ou une) president(e) et le perdant(e) serait par default premier ministre. Utopie quand tu nous tiens !!!!


    • voxer7 4 mai 2007 13:44

      Bien d’accord avec toi. Pour une fois qu’une personne ne veut pas nous faire passer leur favori pour un messie qui serait soit-disant le seul à pouvoir changer les choses ou qui aurait le monopole des bonnes idées. Je suis aussi d’avis que les deux candidats du deuxième tour ont chacun des bonnes et mauvaises idées. Je trouve de plus qu’ils présentent une meilleure finale qu’en 2002 dans laquelle, pour reprendre des slogans de la rue lors des manifestations, il fallait choisir entre un escroc ou un fasco. J’espère que Ségo et Sarko seront plus que des démagos.


    • ARMINIUS ARMINIUS 4 mai 2007 17:01

      Ce n’est effectivement qu’un rêve, d’après France-Inter aujourd’hui, ce serait M.A.M premier ministre, et ça sa relève du cauchemar ! Un tandem Royal/ Strauss-Kahn aurait été beaucoup plus à la hauteur pour sortir de l’ornière dans laquelle le gouvernement sortant nous a précipité ces dernières années. Mais non ! on prend les mêmes et on recommence ! Quel président de la république française a traité les français de « veaux » ?


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 4 mai 2007 22:15

      Le temps est suspendu, le 6 mai, Royal sera élue Présidente

      Une étrange atmosphère plane en ce moment. Sorte de sentiment de temps suspendu, d’attente mystique, comme si une bascule de l’Histoire se préparait sans qu’on sache dans quel sens. L’élection n’est pas jouée. Les sondages peuvent se tromper. Un sursaut de dernière minute n’est pas à exclure. Ce ne sont ni les instituts de sondage, ni les médias aux ordres qui placent le bulletin dans l’urne mais des âmes qui en glissant un nom dans une enveloppe, sont seules avec leur conscience, comme dans un confessionnal où elles seraient à la fois le confesseur et le confessé. Les dieux du Ciel observent avec attention. Le mur du temps se met en place. C’est ce mur qui jadis, ouvra la voie au peuple de Moïse pour sortir d’Egypte.

      Nous voilà plongé dans une veillée eschatologique. Sarkozy n’hésite pas à la jouer histoire, passion, mystique, cathédrales, mémorial de la Résistance. Et la joue messianisme dans son dernier grand meeting. Notamment en remettant une couche sur un mai 68 qu’il faudrait bannir de l’Histoire française. Ce qui est une honte. Comme si Sarkozy situait mai 68 comme De Gaule avait placé la Collaboration. Voyons comment on peut transcrire tout ça en utilisant un texte sacré qu’on n’hésitera pas à pasticher.

      « Laisse-nous servir les Egyptiens car nous aimions mieux servir les Egyptiens que de mourir dans le désert ! Moïse répondit au peuple : ne craignez rien, restez en place et regardez la délivrance que l’Eternel va vous accorder en ce jour car les Egyptiens vous ne les verrez plus jamais » (Exode, 14, 10)

      « Laisse-nous servir les assistés et les 68-ards car nous aimions mieux servir les 68-ards que de mourir dans le travail ! Sarkoïse répondit au peuple : ne craignez rien, restez en place et regardez la délivrance que l’Eternel va vous accorder en ce jour car les 68-ards vous ne les verrez plus jamais » (Sarkode, 14, 10)

      A quoi servira l’élection de Sarkozy ? Les choses vont vite rentrer dans l’ordre. La majorité silencieuse ne se mettra pas en mouvement. Elle est telle un troupeau qui a peur et veut se protéger. Tout le contraire de l’élan sarkozien. D’ailleurs, Sarkozy manie les contradictions et le faux comme rarement un politicien l’a fait dans ce pays. Il voit dans les cathédrales un symbole de la France alors que celle-ci n’existait pas à cette époque et que la flèche des cathédrales est le symbole de la foi religieuse. Il prêche le n’ayez par peur de Jean-Paul II alors qu’une bonne partie de son électorat a justement peur, des délocalisations, des incivilités, des immigrés, des banlieues, des assistés qui mangent leur pain etc. Et si l’UMP met véritablement en œuvre son programme de coercition contre les précaires, les travailleurs, la société, alors la rue sera au rendez-vous.

      La France, c’est le pays de la Raison, et en ce pays, les manœuvres grotesques de Sarkozy ne peuvent pas s’imposer ou alors ce ne serait plus la France.

      GW Bush a menti au peuple américain et au monde en faisant croire qu’il y avait des armes de destruction massive en Irak. Sarkozy ment en accablant la génération de mai 68, maladroite mais si généreuse, une génération qui a permis les accords de Grenelle et des tas d’avancées sociales. Sarkozy profane l’Histoire de France. L’élire, c’est comme marier sa fille avec celui qui l’a violée.

      La France aime se faire prendre disait Villepin. Sarkozy a doublé la mise. La France aime se faire violer ! Telle est la vérité de la campagne menée à droite et dont les abstentionnistes, surtout de gauche et du centre, devront assumer les conséquences.

      Voilà pourquoi le 6 mai vous allez élire Ségolène Royal, non pas pour son tailleur et ses beaux-yeux, non pas parce qu’elle est du PS, un peu parce qu’elle est de gauche, surtout parce qu’elle est placée au bon endroit, là où le destin d’une nation voit que les aiguilleurs de l’Histoire bougent les rails et qu’il faut sauter dans le bon train.


    • Docteur Spin 4 mai 2007 23:37

      MARIANNE ET LE LAPIN BLANC

      Je ne comprendrais vraiment pas que les gens qui soutiennent Nicolas Sarkozy n’aient pas ouvert les yeux à la suite de ce débat. Quelles sont leurs attentes d’un peuple envers un président ? Quelles sont les valeurs de ces electeurs qui se disent citoyens modeles ? Je suis d’autant plus inquiet que, comme tout le monde, j’en trouve dans ma propre famille !

      La droite a puisé ses racines dans le Gaullisme et pourtant ses valeurs d’aujourd’hui n’en ont jamais été aussi éloignées. Je ne suis pas un historien de la cinquième république mais j’avais un grand-père qui avait participé activement à la résistance durant la guerre pour me rabâcher les grandes lignes du Général. Feu le vieux était pourtant, comme beaucoup de personnes âgées, très réac à la limite de l’extrême droite. Je suis certain que dans son envie « d’emmerder le monde » il aurait préféré voter Le Pen que Sarkozy au premier tour et choisir Mme Royal ou le vote blanc au second. Pourquoi ? Malgré le dégoût que je porte, comme beaucoup de gens vivant en milieu cosmopolite, pour le FN, je crois que la personne la plus désabusée, la plus cynique et la plus fataliste, s’il lui reste un brin d’humanisme, se reconnaîtra plus en monsieur Le Pen qu’en monsieur Sarkozy. Le Borgne a des idées mauvaises et d’un autre âge mais il a tout de même une envie de grandeur de la France sincère et ses électeurs veulent de la morale encore plus que de la justice. Or explicitement le discours du petit Nicolas fait de la France un pays suiveur de la mondialisation là où tous les autres candidats de l’extrême droite à l’extrême gauche en font un pays qui montre l’exemple au monde, comme elle l’a fait au cours de son histoire.

      Et c’est là que j’en viens à Mme Royal en laquelle je ne croyais pas trop avant ces quinze derniers jours et force est d’admettre que j’ai trouvé son discours cohérent et son programme clair. Certes sa politique est ambitieuse et les mauvaises langues d’en face diront qu’elle propose une utopie irréalisable. Mais les évènements majeurs sont souvent considérés comme des utopies avant qu’ils ne se produisent, n’en est-il pas ainsi de la révolution française ! Remarquez que pendant la guerre, un bon paquet de poules mouillées pensaient la libération impossible et prenaient la domination allemande comme une fatalité. Il y en avait certainement de pareils en RDA qui croyaient que le rideau de fer entacherait à jamais le paysage et qu’il faudrait s’y résigner. En ce sens monsieur Sarkozy est soutenu par ceux qui profitent du chaos actuel et ceux qui ont baissé les bras à l’idée de le combattre. Explicitement, monsieur Sarkozy n’est pas un artisan de la rupture, et même pas de la fracture, il fait partie de ceux qui cultivent le cancer de la France en la faisant aller de l’arrière. Certains disent qu’un autre monde est possible, mes potes et moi pensons qu’il est inévitable et qu’il est déjà là. Je n’attends pas d’un président qu’il soit fataliste.

      Alors on peut bien critiquer, dire que la politique de la mère Royal est irréalisable. Moi même, je ne suis pas convaincu mais elle a le mérite d’exister et demander aux citoyens des efforts de concertation là où celle de monsieur Sarkozy souhaite leur imposer des efforts de rendement. Sans stigmatiser cette vieille France réactionnaire, je persiste à croire que même monsieur Le Pen a un sens du dialogue social plus accru que celui de monsieur Sarkozy. S’il faut parler de mineurs délinquants, lui même doit juger meilleur un encadrement militaire qui « foutrait un bon coup de pied au cul de quelques petits cons » est meilleur pour un jeune que l’isolement, l’inactivité et l’inutilité carcérales. Il ne faut pas dire que les RTT et les 35 heures empêchent les français de partir en vacance faute de salaires suffisants et ensuite épiloguer sur les petite retraites et l’abandon des personnes âgées. Quand on bosse 35 heures, on a peut être pas de quoi se payer souvent des vacances mais on a le temps d’amener ses enfants voir leurs grands-parents. Et d’ailleurs ce n’est pas en renforçant la peur des vieux et la frustration des jeunes que ça fera des familles unies et heureuses. Dieu (s’il existe) sait pourtant combien les personnes âgées peuvent avoir un rôle fondamental dans l’éducation des jeunes et leur apprentissage du respect.

      Je n’épiloguerais pas sur les idées de monsieur Sarkozy en matière de développement durable ou de recherche. Je crois là aussi que sa concurrente a prouvé qu’elle avait le dossier bien en main malgres cette boulette des chiffres sur le nucleaire. Je n’attends pas d’un president qu’il me repete des chiffres appris par coeur. Madame Royal m’a convaincu de la logique de son raisonnement concernant les enjeux économiques et écologiques de la recherche et donc de l’éducation. Le manque de connaissance ou d’intérêt du candidat de l’UMP sur ces dossiers est parfaitement effrayant et au-delà, il faut y comprendre que pour lui, la lutte contre le réchauffement global n’est pas une priorité mais juste un sujet qu’il faut vaguement évoquer avec la mine concernée, avant de s’attarder sur la fiscalité ou sur l’adhésion de la Turquie à l’Europe. Là aussi il y a dialogue en cours et ça prendra le temps qu’il faudra mais la brutalité ne résoudra rien. Une démocratie sans dialogue où seule la productivité compte, ça s’appelle une république bananière.

      Cela me fait penser à la façon dont le candidat Sarko, mal à l’aise, a sorti son argument « plan alzeimher » sur la question des retraités. Mais est-ce que c’est un argument ? Pense-t-il vraiment être le seul des candidats à avoir cette priorité ? Pourquoi ne pas aussi dire « le Sida et le Cancer sont des problèmes graves ! Y avez-vous pensé madame Royal ? » On peut bien critiquer son coup de gueule sur les enfants handicapes, la saine colere n’est peut etre pas la sienne mais belle et bien celle de ses electeurs, de l’ensemble de la gauche et visiblement de pas mal de monde au centre. Sa colere n’est pas justifiable ? Et celle du gnome et de ses partisans qui applaudissent l’appel au Karsher ?

      Remarquez qu’on peut douter de la sincérité de Monsieur Sarkozy concernant la détresse des personnes âgées. Il est l’exemple même du carriériste dans tout ce que cela implique d’opportunisme et d’égoïsme. N’a-t-il pas compris que le mot important c’est pas JE mais NOUS ? Il nous a fait la démonstration de ses capacités à la façon d’un matraquage publicitaire pour des crédits à la consommation. Remarquez que la pub pour l’endettement de ceux qui peuvent pas payer cash fonctionne tres bien. Cependant les publicités, elles tournent en boucle trois semaines et après il y en a d’autres. Le matraquage publicitaire « Nicolas Sarkozy - tête de gondole » dure depuis 1995 ! Et dire qu’il n’a même pas hésité à venir au 20heure pour s’expliquer sur ses problèmes de couples. Crois-t-il vraiment que les Français lui demandaient des comptes sur sa vie privée quand on se rappelle à quel point les histoires de secrétaire du président Clinton les faisait sourire. Je suppose que Jean Marie Bigard, Dominique Farrugia, Laurent Gerra et Christian Clavier, ses ardents soutiens, trouveront là quelques idées comiques à mettre en Scène. Grâces à sa médiatisation, on la connaît sa vie privée, on la connaît son enfance et sa jeunesse et bon sang, qu’est-ce qu’on s’en moque ! Certes Ségolène Royal est elle aussi une enfant de la com et comme tous les annonceurs, on peut juger de la qualité du produit. La photo sur l’emballage est toujours plus sympa à regarder que le produit mais là encore, elle nous vend du dialogue là où l’autre nous vend de la peur. En tant que citoyen consommateurs que nous sommes, nous devons choisir entre de la lessive pour laine et de l’eau de javel. En attendant, la miss nous propose un contrôle accru de la publicité pour les crédits à la consommation et de celle destinée aux enfants. Nicolas Sarkozy ne propose pas cela !

      S’il faut évoquer la culture, on peut se demander qu’est ce que cela évoque à Monsieur Sarkozy quand on voit la détérioration des programmes télévisés depuis le 1er Loft Story qui correspond O Coincidence aux 5 années de pouvoir de l’UMP. Certes les soutiens de Ségolène Royal ne sont pas folichons... Emmanuelle Beart est une quiche et je n’ai jamais vu un film pas casse pied avec Charles Berling. Question de goût personnel. que les centristes se rassurent, j’aime pas non plus Vincent Lindon. Je trouve que Grand Corps Malade est carrément rasant mais franchement, les gens qui votent Sarkozy savent-ils qui est Doc Gyneco ou Steevy du Loft ? Je passait mon bac en écoutant du vrai rap à l’époque où Doc Gyneco chantait « Je dois sacrifier un Poulet » sur des instrus pourries, depuis il traîne son regard défoncé sur les plateaux de télé et fait des cassettes vidéos porno pour ressembler aux rappeurs de Los Angeles. Une bien belle image de la culture et de la jeunesse ! En tout cas, pour un futur président qui dit vouloir karsheriser les racailles, il s’est acoquiné avec un sacré stéréotype !

      C’est pour toutes ces raisons que je ne peux pas croire que cet homme sera notre président parce que là encore, c’est une question de morale et que si madame Royal n’est pas parfaite, elle mérite plus que lui ces hautes responsabilités. Bon sang, au début je n’étais pas chaud mais vous l’avez entendue parler de la place de la France dans le monde là où son adversaire lui lançait des piques à propos de sa visite en Chine ? Voilà une voix qui va se faire entendre et Georges Bush et ses potes un peu partout sur la planète pourraient bien se faire redresser les bretelles. Vous croyez vraiment que Georges Bush se rappelle qui est Nicolas Sarkozy. Il a dû lui trouver un surnom sympa comme à tous ses lèches bottes. Vous imaginez Nicolas Sarkozy prendre la parole au micro des nations unies ? Vous l’imaginez réconcilier Israéliens et Palestiniens ? Vous l’imaginez présider une conférence pour la paix ou contre le rechaufement global ? Vous imaginez sa tête dans les livres d’histoires ? Le seul livre où je vois sa tête, c’est Télé 7 Jours.

      Dites moi que Ségolène va passer et que nous oublierons vite ce monsieur Sarkozy qui a de toutes façons déjà manqué le rôle de sa vie : celui d’un président qui redonne de l’espoir et de la fierté dans le cœur d’un peuple. Qu’il se rassure, qu’il devienne président ou pas, il est déjà rentré dans la mémoire collective des français comme l’homme trop pressé. Alice au Pays des Merveilles avait le Lapin Blanc, la France aura eut Sarkozy.


    • JL JL 5 mai 2007 09:30

      Docteur Spin, bravo. Pas un mot n’est de trop dans ce très long commentaire.

      Bernard Dugué, vous écrivez : « La France, c’est le pays de la Raison, et en ce pays, les manœuvres grotesques de Sarkozy ne peuvent pas s’imposer ou alors ce ne serait plus la France. » Hélas, l’état UMP a entrepris de changer tout cela depuis 2005, pendant que Chirac se gobergeait à l’Elysée. L’élection de N. Sarkozy serait la clé de voûte de l’édifice.

      La France n’est peut-être déjà plus la France : à la radio une journaliste disait « Ségolène Royal veut inverser le cours de l’histoire ». Cela illustre parfaitement l’esprit formaté de tous ces gens des médias.


    • jps jps 5 mai 2007 09:43

      Tendance. Le sondage que TF1 ne publiera pas : Royal 49,7%, Sarko 50,3 (source : 3C Etudes). Plus une marge d’erreur de 3%. : http://poly-tics.over-blog.com/article-6552766.html


    • JL JL 5 mai 2007 10:31

      à Bernard Dugué, vous écrivez : «  »La France aime se faire prendre disait Villepin. Sarkozy a doublé la mise«  »

      Cela c’est ce qu’ils croient, parce que « le pouvoir rend fou » !


    • CAMBRONNE CAMBRONNE 5 mai 2007 13:56

      BERNARD DUGUE

      Que vous arrive t’il ? est ce l’exhaltation de cette fin de campagne qui vous fait déparler ?

      Vos propos ne sont pas du tout ceux que vous tenez habituellement et j’espère que vous reprendrez votre sang froid .

      Je vais voter Sarkozy demain et je n’accepte pas votre mépris .

      Non je n’ai pas peur et ce sont ceux qui vont voter ROYAL qui ont peur .ils ont peur du changement et de perdre leurs droits acquis .Ils ont peur du mouvement car l’immobilisme est de votre coté .

      Vous dites qu’à l’époque des cathédrales la France n’existait pas ? C’est quoi la France ? Celle qui est née en 1789 où celle de clovis ?

      C’est un débat et non une certitude , ce sont deux points de vue et je vous trouve aussi sectaire que votre candidate .

      Je suis serein car elle ne passera pas en raison du bon sens des Français .

      Passez quand même un bon Week end et à Lundi .


    • Ben 5 mai 2007 17:07

      Essayer de leurrer ses adversaires est de bonne tactique, essayer de se leurrer soi même est de l’imbécillité.


    • Philippe D Philippe D 4 mai 2007 14:27

      @ Sylvain Je suis en général d’accord avec vos analyses mais pas cette fois, ou tout au moins pas dans sa conclusion.

      Le décryptage du débat correspond en gros avec ce que j’ai ressenti (sauf sur le nucléaire ou l’attitude de donneuse de leçons et l’approximation de SR a détruit complètement son crédit)

      Sans vouloir entrer à nouveau dans la querelle qui a gagné qui a perdu, qui a été traitée ad nauseum hier sur Avox, quelque chose m’est apparu clairement à la fin de ce débat : Ségolène n’a pas les compétences nécessaires pour prétendre à la fonction.

      On ne peut pas arriver en fin de parcours avec un discours aussi creux, vague, flou, remettant toute perspective d’un commencement de direction à plus tard, après un hypothétique débat citoyen censé trancher sur tous sujets et qui ne ferait qu’enliser le pays dans des débats inutiles, sans fin et improductifs.

      Je me suis remémorré certains passages du livre de Besson, que j’avais trouvé alors un peu durs, concernant l’impréparation de la campagne de SR, son habitude de décider en solitaire de nouvelles options importantes qui remettaient totalement en cause par exemple le chiffrage du programme, à charge pour les experts de jongler comme ils pouvaient pour essayer de refaire cadrer le chiffrage avec les nouvelles lubies de la candidate.

      Comment par exemple apprécier cette idée nouvelle, qu’elle nous a sorti en plein débat, de raccompagner les fonctionnaires femmes (pourquoi seulement les fonctionnaires d’ailleurs). Comment une prétendante à la présidence peut-elle sortir une ânerie aussi grosse à ce moment, si ce n’est par aveuglement et confiance extrême en son propre génie, en l’occurence très difficile à admettre pour les autres. N’est-ce pas la complètement discréditant.

      Pour terminer sur un autre sujet, toujours au chapitre idioties, ses déclarations de ce matin sur RTL, que je juge indignes d’une candidate au 2° tour de l’élection présidentielle.

      Pour finir je pense que l’on vient d’échapper, sans vraiment s’en être rendu compte au plus grand danger qui nous menaçait : Ce n’était pas finalement NS le « diabolique » qui était le plus dangereux mais SR la visionnaire qui risquait de nous entraîner dans des directions imprévisibles et fort risquées.

      Et pourtant je n’étais vraiment un adepte de NS au départ de ce round !


      • aristide 4 mai 2007 17:07

        Une idée ridicule de faire raccompagner les femmes fonctionnaires de police à leur domicile le soir ?

        Allez dire ça au Canadiens et aux Allemands ?

        A Montréal, les bus raccompagnent les femmes, travaillant le soir, aux pieds de leurs immeubles, tandis qu’en banlieue, les patrouilles du soir peuvent ramener les policières.

        A Berlin, les taxis sont gratuits pour les femmes à partir de 3 heures du matin.


      • Doctor Feelgood Doctor Feelgood 4 mai 2007 19:33

        «  » son habitude de décider en solitaire de nouvelles options importantes qui remettaient totalement en cause par exemple le chiffrage du programme, à charge pour les experts de jongler comme ils pouvaient pour essayer de refaire cadrer le chiffrage avec les nouvelles lubies de la candidate.«  »"

        Idem pour Sarko.

        Beaucoup disent que Ségolène n’avance aucun chiffrage de son programme.

        Pour ma part, je préfère ne pas entendre un étalage de chiffres, surtout lorsqu’ils sont faux ou voire trafiqués !

        A ce titre, je prends juste un exemple :

        Dans son programme initial qui devait avoisiner les 30 milliards, Sarko parlait d’une baisse de 4 points d’allègement de charges pour les entreprises. Ses conseillers en économie lui ont fait remarquer que cette mesure à elle seule représentait un manque à gagner pour l’état de d’environ 70 milliards !

        Sarko ne s’est pas démonté et à dit que cet allègement ne serait que de 2 points au lieu de 4... Apparemment son programme a été validé sur cette base puisqu’il a été chiffré au environ de 40 milliards.

        Or, hier dans le débat, Sarko affirme qu’il baissera bien les charges des entreprises de 4 points, soit 70 milliards... De manque à gagner pour l’état !!!

        J’en déduis que s’il en est ainsi pour d’autres chiffres, il y a de quoi s’inquiéter !

        A quoi sert un programme à géométrie variable ?


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 4 mai 2007 21:48

        A Aristide. A Montréal, les bus la nuit laissent descendre à demande plutôt que de s’en tenir aux arrêts programmés. Gentil, mais ce n’est pas vraiment « raccompagner à domicile », ce qui serait, disons charitablement, « complexe ».

        Quant au texte lui-même, chapeau à l’auteur pour une analyse tout a fait professionnelle. C’est ce type d’analyse plutôt que le débat lui-même qui me semble prometteur d’une meilleur discussion politique en gestation. Arrêter le « bruit » médiatique pour qu’on puisse entendre les messages. http://www.nouvellesociete.org/620.html


      • JL JL 5 mai 2007 09:44

        Philippe D., savez-vous que besson signifie jumeau ? Ils sont deux, celui qui œuvrait pour Ségolène, et celui que vous citez.

        Quoi ? C’est pas vrai ? Alors, Besson est un schizophrène, qui a rallié (si l’on peut dire pour un traître) celui qui dit tout et le contraire de tout.

        En disant tout et son contraire, Sarkozy crée un sentiment d’insécurité. Puis il se présente comme le champion de l’ordre, rassurant ainsi les peureux et les imbéciles. En effet, seuls ceux qui croient, à l’inverse de ceux qui savent, se laissent duper. Ségolène Royal est peut-être catho, mais les adeptes de la pensée magique lui préfèrent Sarkozy.

        La pensée magique ! L’apparence plutôt que le fond ! Le mandarinat plutôt que la compétence ! Tout cela que mai 68 a remis en cause, Sarkozy veut le liquider. Demain il va dire que les lumières ont obscurci le ciel et sont responsables du réchauffement planétaire. Et les Besson applaudiront.


      • Reinette Reinette 4 mai 2007 14:35

        " Aujourd’hui, le candidat s’incline devant vous, et peut-être trop bas ; demain, il se redressera et peut-être trop haut.

        Il mendiait les votes, il vous donnera des ordres. (...) Le fougueux démocrate n’apprend-il pas à courber l’échine quand le banquier daigne l’inviter à son bureau, quand les valets des rois lui font l’honneur de l’entretenir dans les antichambres ? L’atmosphère de ces corps législatifs est malsain à respirer ; vous envoyez vos mandataires dans un milieu de corruption ; ne vous étonnez pas s’ils en sortent corrompus...

        Au lieu de confier vos intérêts à d’autres, défendez-les vous-mêmes ; agissez ! "

        Elisée Reclus, 26 septembre 1885


        • tipaul 4 mai 2007 14:38

          A propos des fautes de français, je m’en veux de ne pas avoir pensé à prendre un papier et un crayon au début pour les noter. Dans les 30-40 premières minutes, Mme Royal en a fait une bonne dizaine, dont certaines vraiment énormes je trouve (les phrases n’avaient plus de sens...) Plus une ou deux assez amusantes. Ensuite ca c’est bien tassé, je mets tout ca sur le compte du trac du début d’émission, d’autant qu’on avait commencé par la partie sur laquelle elle est supposée être la plus « faible » (le programme économique)

          Merci de m’avoir confirmé que j’avais bien compris « pérein » comme masculin de « pérenne », parce que sur l’instant, j’ai trouvé ca tellement amusant que j’ai cru avoir mal entendu smiley


          • Gilbert 4 mai 2007 15:07

            Très bonne analyse. J’aimerai la compléter par une analyse « comportementale » :

            La position de Ségolène Royale était droite, plutôt rigide pour imposer une certaine prestance, le regard et les propos visaient directement Sarkozy, peut-on comparer cela à une attaque frontale ?

            La posture de Sarkozy etait plus relachée/ décontractée. Au début du débat, il contient son agacement avec un stylo qu’il abondonne par la suite. Son regard se perd dans ses notes (on peut noter que cela lui sert pour reprendre systématiquement les questions posées par Ségolène, qui n’attendait pas vraiment de réponses apparemment).

            Ségolène bascule de gauche à droite ( il ne s’agit pas d’un jeu de mot politique) mais jamais vers Sarkozy. Sarkozy par contre se rapproche d’elle pour tenter de dialoguer et de trouver des points d’entente ( les « je suis d’accord avec vous » étaient assez nombreux de la part d’un adversaire) , il procède de la même façon avec les journalistes. Il essaye visiblement de justifier ses arguments à la fois à Ségolène mais aussi aux journalistes. Je pense aussi que le fait de s’adresser aux journalistes l’empêche également de se faire interrompre, Ségolène a ainse plus de mal de s’introduire dans un dialogue ou elle est evoquée à la 3eme personne.

            Je ne sais pas si les attaques à répétitions de Ségolène en face d’un candidat qui essayait de dialoguer la valorise vraiment, compte tenu qu’elle prône les dialogues.Cela dit, elle a montré sa combativité.

            Sarkozy était calme, peut être trop de la part d’un candidat qui met l’action en premier, et qui lui a permis d’avoir les 31%, cette « action tranquille » se mélange mal à un concept de changement.


            • JL JL 5 mai 2007 09:51

              à Gilbert, Valérie Pécresse disait hier soir à France Inter que Nicolas Sarkozy avait regardé PPD pendant le débat, parce qu’il ne « trouvait pas » le regard de Ségolène Royal.

              Tout le monde sait que Sarkozy regarde toujours un autre que celui à qui il parle. Mais regardez le bien, dans la vidéo proposée par Didu. Vous noterez que cette fois, il regarde la caméra, donc ses interlocuteurs. Mais il ne tient pas en place ! Il est incapable de vous regarder sans gigoter.

              Valérie Pécresse disait n’importe quoi. Et Nicolas Sarkozy n’est pas net, qui ne sait pas regarder en face sans se sentir en faute. Est-ce parce que tout son personnage ment ?

              Regardez bien cette vidéo proposée, elle mérite le détour : http://www.sarkozy.fr/


            • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 4 mai 2007 15:36

              En complément de ce que je viens d’écrire, il y a aussi une pirouette faite d’humour et d’ironie de Nicolas Sarkozy à connotation sexiste qui est passé, à ma connaissance, inaperçue, voir :

              http://rakotoarison.over-blog.com/article-6552498.html

              Quant aux erreurs sur les handicapés, le nucléaire et les fonctionnaires, j’ai collecté les dépêches sur ce lien :

              http://rakotoarison.over-blog.com/article-6550567.html

              Je n’avais pas osé parler des 17% de Royal et des 50% de Sarkozy sur la part du nucléaire dans l’électricté française car c’était aberrant, notamment les 17% et je m’étais dit que j’avais mal entendu, que ça devait être 77% (le nombre exact est 78%).


              • pierrem 4 mai 2007 15:59

                Les 17% correspondent à la part de la consommation d’energie nucléaire par rapport à la consommation totale d’energie (transport compris). Cependant Ségo parlait bien d’energie electrique où l’energie nucléaire correspond à 78% de la production d’electricité. Elle s’est donc bien trompée. Mais les 50% de sarko ne corresponde pas à grand chose. Certains les rapprochent de la part d’indépendance energétique globale de la france (50,5% en 2006). Mais bon c’est tiré par les cheveux et encore plus à coté de la question que ségolène. Là, il faut être honnête les sarkosyste, Sarko a dit ça au pif. smiley


              • pierrem 4 mai 2007 15:43

                Bon l’article est intéressant, et si on sent que l’auteur penche nettement pour sarko, au moins l’auteur aura essayé d’avoir une vision honnête du débat à défaut d’être objectif.

                Je partage entièrement sa conclusion : « il est évident que chaque camp dira que son poulain a gagné. Mais à mon sens, les deux ont sans doute gagné : Sarkozy n’a pas fait d’impair et Royal a montré sa combativité. »

                Reste que je ne laisser passer un titre si malhonnête « Le match républicain qui a modernisé la démocratie ». Ce débat m’a fait vraiment regretter le Jospin/Chirac de 1995. Mais il a été révélateur de la décadence de la démocratie dans notre monde post-moderne. La politique a, durant cette présidentielle, profondément régressé, se transformant en une propagande sans précédent dans notre histoire. On a jamais vu une campagne qui s’est autant basée sur l’affectif, le sensationnel, la passion (enfin si il y eu les législative de 1932 en Allemagne). Tenter de rameuter toujours plus des voix a un coùt... Celui de la valeur même de ces voix... Si on se base sur les bas instincts (peur, haine, etc..) des personnes comment considérer cela commentaire un progrès ? Et cela est vrai pour les DEUX candidats !!!! C’est sur, les candidats ont été excellent pour brasser du vent dans les meeting mais tous aussi médiocre les uns que les autres sur les dossiers un peu techniques ou sur les principes de fond. Match Nul 0-0

                Je ne vois pas en quoi une campagne et un débat aussi mauvais sur le fond a-t-il grandit la république ou la démocratie... La forte participation du 1er tour rappelle plus la chant du cygne (un peu comme l’euphorie de la bourse avant un crack) de la démocratie dans les années 30 qu’un réel regain de démocratie.


                • bernard29 candidat 007 4 mai 2007 16:13

                  je suis d’accord avec « pierrem ».

                  Vous ne répondez pas au titre de votre article. En quoi ce débat a modernisé la démocratie.

                  de ce débat il ne restera rien. C’était nul sauf sur un point, l’analyse comportementale des concurrents. et là je vous re-cite ce que j’ai mis sous l’article qui en parle

                  « langage symbolique et comportemental du débat. »

                  D’emblée, première image, Ségolène est droite comme un I et Sarko, courbé et appuyé sur sa table. C’est ce qui m’a frappé. Il ne se redressait pas, je trouvais ça bizarre. Eh bien c’était une stratégie. Sarko a voulu montrer en permanence que ségo est une femme dominatrice et que le lui ne l’était pas, dominateur.

                  revoyez toutes les facettes du débat, à partir de cet objectif fixé par Sarko. Et vous êtes obligés de convenir qu’il a réussi. Tous les articles parlent de Ségo « maîtresse d’école », qui fait la leçon. En plus, plus vous la laissez parler plus elle s’enfonce car elle surfe de phrases en phrases jusqu’à plus soif et papillonne d’un sujet à l’autre. Il faut donc la laisser parler. Un gentil fasse à une maîtresse d’école, dure, agressive, et même colèrique, ne regarde jamais les yeux dans les yeux. Soit un gentil baisse les yeux soit il détourne le regard. le mieux c’est de regarder quelqu’un d’autre.

                  sarko était fatigué après son débat, parce que conserver une telle attitude qui ne lui est pas familière, pendant un si long débat, ça doit épuiser même moralement. Contenir sa nature n’a pas du être facile pour lui. Rester poli, calme, mielleux meême sans être ironique et méprisant, est un sport de combat pour lui.

                  Mais il a montré, le caractère de ségo, celle qui veut montrer le chemin, qui parle de tout, (alors qu’elle avait dit que Sarko était une personne qui savait tout sur tout lors d’une autre émission), qui s’emporte, qui est dirigiste, elle ne tient pas compte des questions, c’est elle qui dirige le jeu. Il a montré que Ségo ne correspond pas à son projet de société de la démocratie participative, où on écoute tout le monde, où chacun à la parole, ou tout le monde se respecte.

                  Sarko était sans aucun doute frustré parce qu’il ne devait pas sortir de son jeu de l’élève alme qui répond à la maîtresse, ne pas s’énerver, ni monter au front. Il devait rester « zen », et ce n’était sans doute pas facile pour lui.

                  A mon avis, les conseillers en communication de Sarko ont réussi leur coup.

                  Ah pour votre information, je vote ségolène en particulier en raison de ses promesses de « rénovation démocratique ».


                  • aristide 4 mai 2007 17:19

                    Oui, c’est exactement là que se situe la manipulation !

                    Un exemple :

                    La polémique autour des droits des handicapés bat on plein et l’on ne peut que s’en féliciter. Enfin, les Français prennent conscience du problème On s’interroge suur l’oportunité ou l’oportunisme de la colère de Ségolène Royal, mais personne ne s’interroge sur qui a mis le feu, mis le sujet sur la table. Nicolas sarkozy avait certainement parfaitement anticipé la réaction de la dame.

                    Voilà donc de quoi occuper l’espace médiatique en cette fin de campagne. Voilà comment occulter par un sujet grave et sensible l’ensemble des autres questions !

                    Pour info, consulter la réaction d’une personne de terrain :

                    http://tf1.lci.fr/infos/sciences/sante/0,,3441234,00-scolarisation-alibi-enfants-handicapes-.html

                    Dans cette campagne nous, électeurs, ne nous serons concentrés que sur chaque point, l’un après l’autre, sans jamais prendre la mesure de l’ensemble. Chaque semaine aura apporté son nouvel écran de fumée et le morcellement du débat. Pourtant l’invite de Ségolène Royal est clair : « tout est lié » !

                    Pour cela, entre autre, je lui conserve ma voix.


                  • JL JL 5 mai 2007 10:02

                    à Aristide : Valérie Pécresse disait hier soir à Alain Bédoué (france Inter) que Nicolas Sarkozy avait regardé PPD pendant le débat, parce qu’il ne « trouvait pas » le regard de Ségolène Royal.

                    Tout le monde sait bien que Sarkozy regarde toujours un autre que celui à qui il parle. Mais regardez le bien, dans la vidéo proposée par Didu. Vous noterez que cette fois, il regarde la caméra, donc ses interlocuteurs. Mais il ne tient pas en place ! Il est incapable de vous regarder sans gigoter.

                    Nicolas Sarkozy n’est pas net. Est-ce que c’est parce que toute sa personne ment, quand il ne s’adresse pas à une foule dont on sait que le QI est égal au plus bas de celui de ses participants ? Une foule qu’on peut faire rugir de plaisir quand enlui désignant des boucs émissaires.

                    Regardez bien cette vidéo, elle mérite le détour :

                    http://www.sarkozy.fr/


                  • JL JL 5 mai 2007 10:09

                    Je reviens de lire le début du commentaire de Sharko ci-après, où il dit que Sarko a manqué une réplique.

                    Cela me fait penser que Sarkozy a une fois de plus, reconnaissons lui ce mérite, fait un hommage (du vice) à la vertu lorsqu’il a dit à Mme Royal que la capacité à garder son calme faisait partie des qualités nécessaires à un chef d’état.

                    En effet, Ségolène a manqué la réplique qui eût fait mouche, si elle avait dit qu’en l’occurrence il devait parler pour lui !


                  • JL JL 5 mai 2007 10:25

                    On a dit que c’était un débat de premiers ministres.

                    C’est faux, et Ségolène Royal, qui avait préparé un débat de présidentiables, est tombée dans un piège, dont elle s’est sortie fort bien.

                    Quel était le piège ? Sarkozy n’est pas un vrai présidentiable, et la démonstration en a été faite : il s’est présenté comme un bon élève, calme et gentil mais prometteur, il s’est présenté en candidat premier ministre.

                    Qui est le vrai Sarkozy ? Celui qui harangue les foules en s’adressant aux instincts les plus bas, ou l’hypocrite qui n’ose pas regarder la maîtresse en face, tout en lui donnant en douce, des coups de pieds de l’âne ?

                    Qui imagine un individu pareil dans les instances internationales pour représenter le France ? A part pour trahir, comme il l’a déjà fait ?


                  • moebius 4 mai 2007 16:56

                    Sarko favoris des sondages n’avait aucune raison d’etre agressif. L’objectif de Nico était de conserver son avantage. Aparemment les deux ont réussi leur pari si tel était le leur mais étant de gauche je donnerait un net avantage à Ségo en votant pour elle dimanche


                      • Catafalque 4 mai 2007 17:50

                        Mère Marie-Ségolène de la compassion à deux balles nous a refait le coup de la « saine colère », après celui des saines indignations contre le machisme de ses rivaux. Une indignation préfabriquée en bois aggloméré disponible en kit chez Ikea. La sainte nitouche aux saintes colères a seulement réussi à nous prouver le vide sidéral de sa vision politique : il aura fallu qu’elle attende (longtemps) une allusion à l’un de ses rares « faits d’armes » pour sortir le grand jeu, les PPDA et Chabot étant trop aux ordres du pouvoir pour mettre à l’ordre du jour son autre combat héroïque (perdu contre Allègre, celui-là) : la circulaire du string à l’école. Sarkozy n’a donc guère eu de mérite à l’envoyer au tapis, malgré son attitude finale recroquevillée et grotesque, il lui suffisait de la laisser s’y prendre les pieds,

                        Pourtant, sa gentillesse préfabriquée, à lui, lui faisait dire du bien de sa rivale en guise de conclusion. « On n’arrive pas là par hasard », disait-il en parlant d’elle. Pas grave, il pouvait bien lui faire cadeau de cette énormité en même temps que d’un temps de parole superflu, tant celui qu’elle avait utilisé elle-même lui était bien plus profitable. Car il le sait bien, le caporal Nicolas, dans sa ford intérieure en excès de vitesse, et comme tous les petits copains du parti socialiste, qu’elle est là par hasard. Des mois qu’il jubile de l’absence d’un adversaire sérieux pour arrêter son « ascenseur social ». Il aura fallu qu’une fraction importante de nos concitoyens (en majorité des hommes, d’ailleurs, tous d’affreux machos) aient pensé qu’il serait temps qu’une femme nous représente, pour qu’on se rabatte sur une apparatchik mitterrandienne suffisamment éloignée des dossiers d’avant-plan pour donner une impression de virginité. Malheureusement, l’habit blanc et les incantations bras ouverts ne font pas la vierge, encore moins la prophétesse, et avec les résultats qui s’annoncent dimanche, il y en a qui doivent s’en mordre les doigts jusqu’aux omoplates.


                        • fadas 4 mai 2007 18:56

                          Bon article dans l’ensemble, bien construit et objectif. Par contre là ou je ne suis pas d’accord c’est lorsque vous dites que leur argumentation a été crédible sur l’europe ! Que nenni ! Royale n’a cessée de baratiner un discours qui se voulait protecteur mais complétement détaché de la réalité : un président de la république ne peut rien décider seul en europe, il y a un systeme institutionnel a respecté et les décisions se font à 27 !!!! (et oui tout ça.....) Quant à Sarkozy il est resté bien vague en se contentant du stricte minimum avec son « europe politique ». Je trouve tout de même consternant que les futurs dirigeants du 2eme pays européen, et qui plus est un de ses fondateurs, ne cessent de disserter dans le vent sur des sujets franco-franchouillard ( mais important j’en conviens). Quid de l’europe de la défense ?! Quid de la place de l’europe dans le monde ?! Quid du rôle de la France dans le monde ?! Quid des programmes internationaux sur l’environnement ?! Il serait tant que les politiciens comprennent que la France n’est pas le centre du monde et que l’avenir de la planète se joue à un autre niveau que la Région Poitou ou que la banlieue Parisienne...


                          • grangeoisi 4 mai 2007 19:22

                            Le débat fut assez curieux : les deux prétendants se foutaient du tiers comme du quart de faire étalage de connaissances approfondies des dossiers, quitte à dire de véritables âneries, mais on en était à soigner son image, montrer son endurance, et assurer ce pourquoi on était venu : pugnacité ( soit disant.. ben ça doit pas être tout rose tous les jours pour les collaborateurs) d’un côté , sûreté, flegme et copinage appuyé vers Patrick ( tant pis pour Arlette) de l’autre.Et pour le reste... on a beaucoup blablaté.


                            • Patrick Dussert-Gerber Patrick Dussert-Gerber 4 mai 2007 21:41

                              Excellent article, en effet. Les 2 ont joué leur rôle et la maîtrise de Sarkozy lui a donné, à mon sens, un net avantage, car c’était certainement lui qui avait le plus à perdre face à la pugnacité de Royal. Elle en a fait trop, tout simplement. Trop sur sa « saine » colère (4 ou 5 minutes la-dessus, on en avait marre) d’autant plus que l’on apprenait le lendemain que cette attaque n’était pas du tout justifiée (confer Claude allègre, en effet). Trop sur le « flou », ne pas répondre sur une taxe, ne pas répondre sur la Turquie, ne parler que des « partenaires sociaux ». On ne peut pas à la fois dire « je » suis capable d’être présidente, et ne prendre aucune responsabilité quand il le faut. Comme Bayrou, elle a joué, elle a... Bon vote.


                              • Emin Bernar Paşa Pacha 4 mai 2007 22:21

                                oui marie ségolène vaincra !


                                • Senatus populusque (Courouve) Courouve 4 mai 2007 22:25

                                  De toutes façons, c’est elle ou le chaos, comme elle a dit ce matin à Lorient.


                                • mada 4 mai 2007 23:18

                                  Pourquoi les journaux ne relèvent ils pas la folie de l’idée émise par Ségolène Royal d’accompagner les policiers ? cette idée apparement préparée montre une absence totale de bon sens ! Pour moi, c’est le tournant, car en montrant son manque de bon sens, Ségo se disqualifie !

                                  Le dernier discours de Nicolas Sarkozy à Montpellier montre une haute idée de la France et son ambition pour la Méditerranée !


                                  • didu didu 5 mai 2007 02:31

                                    Selon sarkozy.fr, l’election est prévue pour samedi soir !!!

                                    http://www.sarkozy.fr/

                                    Grosse BOURDE !!


                                    • JL JL 5 mai 2007 10:16

                                      « On » a dit que Nicolas Sarkozy avait regardé PPD pendant le débat, parce qu’il ne « trouvait pas » le regard de Ségolène Royal.

                                      Tout le monde sait que Sarkozy regarde toujours un autre que celui à qui il parle. Mais regardez le bien, dans la vidéo proposée par Didu. Vous noterez que cette fois, il regarde la caméra, donc ses interlocuteurs. Mais il ne tient pas en place ! Il est incapable de vous regarder sans gigoter.

                                      Nicolas Sarkozy n’est pas net. Est-ce que c’est parce que toute sa personne ment, quand il ne s’adresse pas à une foule dont on sait que le QI est égal à celui du plus idiot des participants ? Une foule qu’il peut faire rugir de plaisir quand il lui désigne des boucs émissaires sans avoir besoin de regarder une seule intelligence droit dans les yeux ?

                                      Regardez bien cette vidéo, elle mérite le détour.


                                    • Denis89 5 mai 2007 09:32

                                      Bonjour à tous,

                                      j’espère pour mes enfants (4) une France de la discussion et de l’efficacité. Je critique très vivement les députés qui se comportent comme des gamins dans une cour de récréation à brailler et s’invectiver ... Quel modèle pour l’éducation !

                                      A ce jeu malheureusement, Madame Royal, a eu ces derniers jours et notamment durant le débat, un comportement très proche de ces chers députés infantiles, faisant preuve d’une intolérance dont elle affuble volontiers les autres.

                                      Dans un débat au contenu organisé et accepté, elle n’a pas respecté grand chose :
                                      - ni l’ordre prévu des sujets
                                      - ni les journalistes (quasi absents et à mon avis incompétents dans le cas présent)
                                      - ni les temps de parole
                                      - ni l’écoute des arguments ou réponses de son concurrent
                                      - et encore moins les français qui étaient en droit d’attendre un débat de haut niveau avec des explications claires sur des objectifs clairs
                                      - quant à sa colère calculée sur les handicapés et ses insultes ... C’était pitoyable de fausseté (pour plus d’infos, voir http://www.handicap.gouv.fr/article.php3?id_article=11)

                                      Dernier point qui me parait important et vraisemblablement preuve de sa soif de pouvoir : elle n’a pas cherché à trouver avec son concurrent des points d’accord sur des solutions permettant de guider (ou sauver) la France. Ce n’est pas son objectif. Elle veut le pouvoir et les problèmes de la France ne semblent pas réellement l’intéresser.

                                      Je reste persuadé qu’il y a de part et d’autre de bonnes idées à prendre, comme la remarque de Monsieur Bayrou qui lors de son débat avec Madame Royal a évoqué la nécessité pour la classe politique de cesser ses joutes partisanes pour trouver et mettre en oeuvre des solutions pérennes sur le long terme ...

                                      Ces solutions que nous attendons tous et auxquelles il faudra participer. Il est bien évidemment illusoire de croire que le Président trouvera seul les solutions et que l’Etat seul les mettra en oeuvre.

                                      C’est en ce sens que l’approche de Monsieur Sarkozy me paraît plus cohérente avec la situation actuelle, même si sur certains sujets il devrait s’inspirer de ses concurrents. C’est lui le premier (dans son programme) qui a proposé d’offrir à l’opposition une capacité de contre-pouvoir (sauf erreur, ça ne figure pas dans le pacte présidentiele, bien que Madame Royal l’ait repris comme argument à plusieurs reprises dans sa campagne)

                                      Madame Royal m’a paru avoir un comportement de monarque, d’enfant gâté, avec des caprices d’artiste (ce que semblent confirmer ses proches du PS qu’elle a malmenés depuis le début). En fait, elle ne respecte rien depuis le début. C’est une girouette. Elle utilise le système à des fins strictement personnelles ... je lui concède volontiers que ce comportement est l’apanage des élus :=)))

                                      Je ne pense pas qu’elle puisse gouverner sainement le pays dans ces conditions. Certes ses souhaits de discussions avec les partenaires sociaux partent d’un bon sentiment et sont nécessaires, mais d’ici à ne répondre à aucune question et s’en remettre à eux en permanence ... quel était l’intérêt du débat ? Autant faire un débat avec eux !

                                      Depuis 35 ans les gouvernements successifs ont généré l’inertie et l’endormissement de la France, n’est-il pas temps de nous prendre par la main et de choisir un candidat qui propose des solutions, aussi imparfaites soient-elles, mais qui vont dans le sens d’une solution d’espoir.

                                      N’oublions pas que le Président de la République, contrairement à ce que certains essayent de faire croire, n’est pas un monarque totipotent, il est contrôlé par le système et par nos droits constitutionnels.

                                      Sans tomber dans l’excès du « marche ou crève », je resterai plus sobre avec cette devise à méditer en ces temps de mondialisation « Qui n’avance pas recule » ... Monsieur Einstein a encore frappé la vie moderne du sceau de la relativité :=)))

                                      La stagnation pour de nombreux points est à mon avis du côté de Mme Royal qui malheureusement a fait preuve encore hier d’un manque de civisme évident.

                                      NB : je ne considère pas Monsieur Sarkozy comme étant parfait non plus :=))

                                      Bonne soirée à tous et votez nombreux.

                                      Denis


                                      • archieleach 5 mai 2007 09:56

                                        Pour une fois, pas un mot de ma part sur les commentaires partisans et peu objectifs pour rester sur la veine de l’article. Rien a dire trés bon article, trés juste, ca change des articles qui disent tout et surtout n’importe quoi sur ces élections et qui permettent a certains d’exprimer des commentaires qui parlent de Goebbels, Hitler, Mao, Vichy... Ségo s’est perdu toute seule dans le TSS, too much et pas assez precise sur son programme. En 2007, les francais veulent voter pour un programme pas contre quelqu’un, elle aurait du retenir la lecon du 1er tour.

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