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Accueil du site > Actualités > Politique > Le MoDem survivra-t-il aux municipales ?

Le MoDem survivra-t-il aux municipales ?

Pris dans la tourmente des défections de ses principaux lieutenants, le parti de François Bayrou, créé sur mesure à l’occasion des dernières élections, joue sa dernière carte lors des élections municipales à venir. Mais a-t-il encore un avenir politique, pris en tenaille entre l’ouverture sarkoziste et la recomposition de la gauche ? Seule une analyse approfondie des mille premières villes de France permet d’envisager une réponse à cette question.

Un scrutin défavorable

C’est sans doute le scrutin le moins favorable pour l’émergence d’un parti nouveau, tant les situations sur le terrain dépendent de barons locaux, de luttes anciennes, d’accords électoraux contre nature et surtout, d’une organisation nationale et fédérale parfaitement huilée. L’ancienne UDF bénéficiait de nombreux atouts dans ce domaine, ainsi que d’accords sur le plan national aussi bien que local avec son frère ennemi, le RPR.

A présent que l’UMP a avalé tous ses rivaux à droite, le MoDem se retrouve bien seul sur le terrain et ne doit sa survie qu’à ses militants et à ses deux leaders nationaux : François Bayrou et Marielle de Sarnez.

Rappelons quelques chiffres pour situer les enjeux.

Lors des élections municipales de 2001, les résultats du premier tour dans les mille premières villes de France (équivalant à plus de la moitié de la population totale) donnaient le palmarès suivant :

- RPR : 17,3 %

- UDF : 10,6 %

- RPF (de Villiers) : 1,6 %

- DL : 4,0 %

- Divers droite  : 12,9 %

- FN : 2,8 %

- MNR (Mégret) : 2,2 %

- TOTAL DROITE : 51,4 % (46,4 % sans l’extrême droite)

- PS : 27,9 %

- PC : 6,9 %

- PRG : 1,0 %

- MDC (Chevènement) : 0,7 %

- Verts : 3,1 %

- Divers gauche  : 4,3 %

- Extrême gauche  : 2,8 %

- TOTAL GAUCHE : 46,7 % (43,9 % sans l’extrême gauche)

On sait que sous les étiquettes "divers" se placent fréquemment les dissidents de tout poil issus des partis traditionnels majoritaires (voir Neuilly !). Mais ceci donne un instantané intéressant du paysage politique national, à comparer avec les élections législatives les plus proches, soit celles de 1997 et 2002. Entre ces deux élections, un événement majeur est venu modifier profondément la donne politique : la création de l’UMP !

Ainsi, en 1997, l’UDF obtenait encore 15% des voix, alors qu’elle ne recueillait plus que 5% en 2002 ! La tornade blanche est passée par là et a réduit le parti du centre à sa plus simple expression. Mais sur le terrain, 272 candidats UDF se sont présentés aux élections municipales précédentes, souvent en tant que représentants uniques de la droite locale. 67 d’entre eux ont d’ailleurs été élus au premier tour et 48 au second. Voilà bien la seule raison authentique du départ des anciens lieutenants de Bayrou. Elus le plus souvent au niveau local, ils ne devaient leur siège qu’à la présentation d’une liste d’union avec la droite gaulliste. Seuls quelques indépendants farouches ont osé braver l’omnipotence du RPR. Dans 72 villes de plus de 10 000 habitants, des "triangulaires" ont opposé des candidats de la gauche plurielle, du centre et de la droite gaulliste.

340 investitures centristes en France

En investissant plus de 340 listes autonomes dans la majeure partie des départements français, le MoDem augmente sensiblement le nombre de prétendants dans les villes de plus de 10 000 habitants. D’autre part, une centaine de chefs de file participeront à des listes d’union, soit à droite, soit à gauche. Dans la plupart des cas, il s’agit de la reconduite de listes de maires sortants, dans lesquelles des conseillers municipaux UDF étaient élus.

On peut noter qu’un tiers des maires élus sous l’étiquette UDF se représenteront sous la couleur orange (28 maires sur 95), alors qu’à peine 6 d’entre eux se présenteront sous la bannière Nouveau Centre, ce qui prouve encore le peu de poids électoral du concurrent centriste. La plupart des autres maires élus en 2001 en tant qu’UDF ont rejoint l’UMP ou se présenteront comme "divers droite".

Le plus intéressant est d’observer dans quelles villes les nouveaux candidats MoDem se présentent massivement, sans grande chance de succès.

Paris en premier lieu. Vingt candidats, contre seulement quatre en 2001, dont Didier Bariani, qui avait été battu dans une triangulaire contre un RPF et Michel Charzat. L’implantation de l’UDF était faible en 2001. Le score cumulé de Lepage et Bayrou dépassait à peine les 10% lors du premier tour des présidentielles en 2002. En 2007, Bayrou a réuni près de 21% des suffrages parisiens aux présidentielles. Si cette tendance se confirmait, dans une fourchette entre 15 et 20% aux municipales, le MoDem pourrait certainement devenir le premier allié de Delanoë.

Plus intéressant encore est le nombre de candidats du MoDem dans les banlieues "rouges" de la capitale. Plus de 130 centristes se présenteront en Ile-de-France, dont plus de la moitié face à des maires sortants de gauche, notamment communistes en Seine-Saint-Denis. Rappelons ici également les très bons scores de Bayrou au premier tour de la présidentielle (19% dans le 77, 22% dans le 78, 20% dans le 91, 21% dans le 92, 17% dans le 93, 20% dans le 94, 19% dans le 95). Dans de nombreuses villes de droite comme de gauche, il faudra compter sur des triangulaires difficiles au deuxième tour, sauf accords locaux de désistement. Une ville comme Poissy, par exemple, qui compte plus de 35 000 habitants, avait vu un jeune candidat MoDem bien résister face à Jacques Masdeu-Arus, maire depuis 1983, malgré la vague bleue des élections législatives de juin dernier. Il avait alors conservé près de 14% des voix au premier tour, contre 21% pour Bayrou dans la même ville aux présidentielles.

Des villes seront particulièrement intéressantes à observer, où la droite traditionnelle a toujours bénéficié de l’appui des centristes et devra compter, désormais, avec une liste concurrente.

Marseille est également significative. Alors que l’UDF n’y présentait aucun candidat en 2001, la liste menée par l’ex-vert, Jean-Luc Benhamias, risque de récolter les fruits de l’usure du pouvoir et de la discorde traditionnelle entre gauche et droite phocéennes. Malgré tout, les résultats de la présidentielle, moins favorables au MoDem, ne laissent entrevoir qu’un résultat ne dépassant pas 15% sur l’ensemble de la ville, sauf miracle. Quelle sera l’attitude des électeurs des quartiers populaires face à une liste "multiculturelle" ? Aux dernières législatives, le résultat s’était situé dans une fourchette de 3 à 8% des suffrages. Les sondages du début février créditaient 5% d’intentions de vote à Benhamias. Trop peu pour peser sur un deuxième tour.

A Lyon, la situation est beaucoup plus complexe, après le ralliement du candidat investi par Bayrou à la liste de Dominique Perben. La nouvelle liste, menée tambour battant par le jeune Eric Lafond, aura beaucoup de difficultés à surnager dans ce panier de crabe. La défaite de Perben ne faisant aujourd’hui plus aucun doute, le MoDem se rapproche ostensiblement de Gérard Collomb. Les derniers sondages parus accordaient une large avance au socialiste, soutenu même par Anne-Marie Comparini, candidate malheureuse du MoDem aux législatives de 2007. Pourtant, dans une ville historiquement centriste, Bayrou avait obtenu 20% des votes aux présidentielles. Le MoDem, selon toute logique, ne devrait pas faire moins de 10 à 15% des voix en se présentant dans l’ensemble des arrondissements. Il deviendrait ainsi un allié utile pour la gestion de la ville.

Des triangulaires en vue dans de nombreuses villes

D’autres villes seront particulièrement intéressantes à observer, comme Toulouse, ville traditionnellement UDF. Ici aussi, le rapport de force droite-gauche dépendra fondamentalement de l’apport des voix du MoDem. Le maire sortant, Jean-Luc Moudenc, UDF rallié à l’UMP, ne peut gagner la mairie sans l’appoint du centre. Les derniers sondages parus donnent 41% d’intentions de vote pour sa liste, contre 37% pour les socialistes. Il existe cependant un réservoir de voix à gauche de 12%, répartis entre les alternatifs et l’extrême-gauche, ce qui inverse le rapport de force. Restent 8% d’intentions de vote pour le MoDem. Comment réagiront-ils et pour qui balanceront-ils au second tour ? La ville tombera certainement à gauche, avec ou sans eux.

A Nice, la création d’une liste "Arc-en-ciel" réunissant des candidats PRG et le MEI (Mouvement écologiste indépendant d’Antoine Waechter) jouera certainement un rôle important dans la constitution d’une majorité au second tour. En effet, la droite est déchirée entre Christian Estrosi, représentant officiel de l’UMP, et Jacques Peyrat, maire sortant, ex-FN. La gauche l’est tout autant, entre deux candidats socialistes. De même que le centre, puisque Rudy Salles, ancien soutien de Bayrou, viendra défendre les couleurs du Nouveau Centre ! Situation extrême où tous les camps se retrouvent divisés. Apparemment, Peyrat était donné battu par les premiers sondages, mais ceux-ci étaient parus avant la chute de Sarkozy dans l’opinion et les différentes controverses concernant le "droit du sol" et l’immigration. L’électorat niçois, traditionnellement de droite conservatrice, n’élira certainement pas un MoDem à la mairie, mais toutes les voix compteront pour le second tour.

Reste la question de Pau et de la candidature de François Bayrou à la mairie de cette ville. Ici, ce sont les socialistes qui mènent la danse. Héritiers de la ville de Labarrère, ils se déchirent de manière très peu orthodoxe. L’un, Yves Urieta, le maire sortant, est allé chercher le soutien de Nicolas Sarkozy, l’autre, Martine Lignières-Cassou, joue la ligne dure de la gauche. Tout le monde a cherché à débaucher les membres des autres listes, provoquant même un déplacement exceptionnel du chef de l’Etat pour soutenir son candidat "d’ouverture". Selon un sondage paru le 15 février, Bayrou serait battu au deuxième tour en cas de triangulaire, d’une courte tête. Certains supposent même que son soutien à Juppé à Bordeaux ne servirait que de monnaie d’échange pour garantir un succès au second tour, grâce au retrait de la liste PS-UMP. Tout cela est très complexe et, vraisemblablement, peu probable. Quoi qu’il en soit, la victoire ne tiendrait qu’à un fil dans tous les cas de figure.

Victoire ou défaite ?

Bien d’autres villes feront l’objet de luttes acharnées, et seront l’enjeu de partages des voix de second tour. En ces temps de pseudo ouverture, de recomposition de la gauche, de revanches électorales, d’effondrement de la cote de confiance du président, de trahisons neuilléennes, de revirements de bord divers et variés, le seul indicateur objectif pouvant signifier que le MoDem a réussi ou échoué est le nombre de voix reçues dans les mille premières villes de France. En 2001, l’UDF avait obtenu un million de voix dans ces villes de plus de 10 000 habitants, soit 10,6% des suffrages exprimés.

Ce résultat, rapporté au nombre de candidats présentés par le MoDem, nécessiterait que chaque liste réalise en moyenne 21% des suffrages exprimés pour atteindre un chiffre comparable. Un objectif qui paraît bien inatteignable, lorsqu’on le compare aux résultats des législatives (7,5% en moyenne par candidat). Un pronostic raisonnable situerait donc le nombre de suffrages entre 7 et 15% en moyenne, soit entre 300 et 600 000 voix à l’échelle nationale. Nous sommes bien loin des résultats de la présidentielle, et c’est la loi de ce type de scrutin.

Reste la capacité à gagner quelques municipalités, ici ou là. Les maires sortants restés fidèles pourront-ils conserver leur poste ? Rien n’est moins sûr pour Hervé Chevreau à Epinay-sur-Seine, Bruno Joncour à Saint-Brieuc, Vincent Delahaye à Massy, Nicole Rivoire à Noisy-le-Sec, Alain Cazabonne à Talence, Geneviève Darrieusecq à Mont-de-Marsan... qui ont tous cherché ou obtenu le soutien de l’UMP pour conserver des chances d’être élus. La situation est plus facile (peut-être ?) pour Jean-Marie Vanlerenberghe à Arras ou Didier Borotra à Biarritz... qui peuvent s’appuyer sur une image consensuelle et un bilan positif.

Les législatives avaient vu plus de 500 candidats MoDem affronter courageusement ce scrutin sans réel espoir de réussite. Parmi eux, un quart seulement avaient dépassé le seuil des 10%. Combien de ces valeureux soldats osent se représenter aux municipales pour une bataille perdue d’avance ? Quelques-uns ont choisi de tenter l’aventure des cantonales. Plusieurs, dont le plus célèbre est Jean-Marie Cavada, ont changé de camp. Enfin, une douzaine se présentent, comme Gilles Artigues à Saint-Etienne, avec l’espoir de rééditer ou de dépasser un score supérieur à 15%, ce qui leur permettrait de se maintenir au second tour.

Quel que soit le résultat final du MoDem en nombre de maires élus ou non, l’important pour Bayrou est d’obtenir autant de conseillers municipaux que possible afin de peser sur les prochaines sénatoriales, entre autres, et de prouver ainsi qu’il peut résister encore. Il faut tenir jusqu’aux prochaines élections, bien plus favorables : les européennes en juin 2009.


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15 réactions à cet article    


  • L'Hérétique L’Hérétique 3 mars 2008 10:26

    Merci pour ce bel article très intéressant.


    • tvargentine.com lerma 3 mars 2008 11:53

      Avec François BAYROU et avant lui LEPEN,se ferme la période de l’histoire de France qui aura marqué la flambée du populisme.

      Après ces élections la France aura éradiquer ses maux que représentait le populisme en politique

      Espérons que la remise en cause de la pensée unique au sein du PS qui aura amené les partis de gauche dans une voie sans issue pourra apporter ici aussi un changement radical


      • donino30 donino30 3 mars 2008 12:26

        Municipales ou pas, oh que oui le Modem a de l’avenir. L’UMP a fini d’achever son électorat par ses non-réformes (par exemple, Xavier Bertrand lui même a reconnu que la réforme des régimes spéciaux coûtera plus chère au contribuable sur les 20 prochaines années que si il n’y en avait pas eu...). Le président fatigue tout le monde avec ses pitreries.

         

        Coté PS c’est comme d’habitude le néant absolu et la critique pour la critique. L’UMPS commence à sérieusement s’essoufler... Le FN a quasi-disparu et n’a de toute façon jamais rien proposé qui tienne la route, ce n’est pas demain que ça commencera. L’extrême gauche vit pitoyablement hors du temps... Que nous reste t-il, franchement ??? F. Bayrou, si il joue bien le coup remportera la mise en 2012, j’en suis sûr. Si il trouve le bon slogan. Il ne fera rien de plus que les autres mais sera néanmoins couronné par un vote de dépit. A moins d’un improbable homme providentiel, je ne vois pas comment il pourrait en être autrement.


        • anamo 3 mars 2008 14:01

          Article intéressant, on lit l’introduction et la conclusion. Et là tout est dit.

          Le paysage politique a changé. N.Sarkozy a cassé les repères, attaqué les fondements et galvaudé bien des femmes et des hommes de la république. Alors les chiffres !


          • La Taverne des Poètes 3 mars 2008 14:18

            L’élection de François Bayrou jouera une influence sur la santé du MoDem après les Municipales. A noter que Bayrou à Pau vient de loin car la gauche était fortement majoritaire en 2001 (plus de 57%). Avec les Verts, cela faisait autour de 70 %. Donc ceux qui pensent que Bayrou ne peut être élu alors qu’il était en tête des sondages jusqu’à récemment, devrait se souvenir de ces chiffres qui ont bien évolué en faveur du Béarnais.

            Dans tous les cas, il ne faut pas que les électeurs du MoDem se démobilisent. Il faut aller mettre son bulletin dans l’urne car une seule défection peut coûter. Il faut savoir en effet que dans les communes de plus de 3500 habitants, les listes qui ont obtenu au moins 10% des suffrages exprimés peuvent se maintenir au second tour. Ce qui permet de négocier avec les camps adverses, de se voir renforcer par fusion de listes ayant atteint au moins 5 %, d’obtenir des sièges par le jeu du scrutin proportionnel (sauf communes < 3500 hab où s’applique le scrutin majoritaire). Bref d’influer sur la politique locale et de permettre à des élus du MoDem d’émerger plus tard avec une expérience acquise.

             

             


            • werbrowsky werbrowsky 4 mars 2008 02:42

              Merci pour votre commentaire.

              Je pense également que la victoire est possible pour Bayrou à Pau, d’autant plus que le sortant PS soutenu par Sarkozy, ça fait franchement désordre !!!

              Par contre, une chose que les commentateurs disent rarement, c’est que la vie politique de Bayrou ne s’arrêtera pas avec une victoire ou une défaite à Pau. Bien d’autres hommes politiques ont connu des revers aussi importants et ont fini par atteindre leur objectif. Je rappelle à tous les lecteurs que l’UDF de Giscard était à des kilomètres au-dessus des scores de celui de 2001.

              Bayrou a commencé à retrouver un niveau électoral un peu plus en accord avec sa place socio-politique. Il lui reste quatre années pour préparer la Présidentielle, qui reste la clé de voûte du système politique français.


            • Voltaire Voltaire 3 mars 2008 17:08

              Une bonne analyse.

              En terme de voix, il est assez difficile de prévoir ce que le MoDem obtiendra finalement. Quelques luttes internes, finalement assez peu nombreuses mais très médiatiques, dans des grandes villes comme Lyon ou Strasbourg où le MoDem aurait pu jouer un rôle majeur, auront certainement eu un effet négatif.

              En revanche, le mODem pourrait faire mieux que prévu en raison du contexte national : dans beaucoup de villes moyennes où seules 3 ou 4 listes s’affrontent, dont une liste MoDem, celui-ci sera en mesure de récolter des suffrages non-négligeables de la part des électeurs modérés déçus du "Sarkozysme". On remarque aussi la progression récente de la liste MoDem à Marseille, pasée de 4 à 8-9% dans les sondages.

              D’autre part, le MoDem a très bien négocié sa participation à des listes d’union, que ce soit à Bordeaux, Dijon ou Grenoble au premier tour, et sans doute à Lille, Paris ou Marseille au second. En terme d’élus, il pourerait donc se retrouver avec autant de sonseillers municipaux que l’UDF en 2001, voire plus. Ceci devait assurer au MoDem le maintien du nombre de ses sénateurs, élus par les grands électeurs.

              D’un point de vue médiatique en revanche, vous avez raison de signaler que le nombre de mairies de grandes villes gagnées ou sauvées par le MoDem sera faible, et donc peu visible (Pau, Arras, peut-être Metz, constitueront des exceptions). La faute à un type de scrutin majoritaire qui favorise les deux partis dominants. Le MoDem devrait néanmoins faire beaucoup mieux que le FN, et de nombreux nouveaux conseillers municipaux constitueront un vivier important de futurs candidats à des élections nationales. La situation sera en revanche sans doute catastrophique aux cantonales cette année, mais 2010 sera probablement plus favorable.


              • werbrowsky werbrowsky 4 mars 2008 02:50

                Très juste, mon cher Voltaire !

                J’attends également avec beaucoup de curiosité les résultats des candidats MoDem dans les banlieues des grandes agglomérations. Je rappelle que les 525 jeunes candidats aux législatives ont tout de même obtenu plus de 8% en moyenne. Pour peu que les candidats aux municipales obtiennent des résultats similaires et leur pouvoir de nuisance au deuxième tour sera énorme.


              • vivelecentre 3 mars 2008 21:12

                Enfin un sujet sur les élections !!

                J’en profite pour poser une question qui me taraude et qui me semble bien dérangeante

                Le modem a décidé de transcender les clivages classique et de soutenir les maires dont ils estiment que le bilan est satisfaisant et les projets proches de leurs idées (lesquelles ? mystère perpétuel..)

                Soit , dont acte , imaginons que c’est un nouveau moyen de faire de la politique , loin des querelles partisanes gauche gauche , droite droite

                Ainsi , notons les soutiens spectaculaires accordés à Juppé et Darcos( non ce n’est pas pour la paix des braves en Aquitaine, qu’allez vous imaginez , c’est pas parce que Bayrou est candidat à Pau que..), ou à l’actuel maire de dijon, ancien directeur de campagne de sa concurrente de l’opposition, Mme Royal

                Soit, s’ils sont particulièrement bon pour leur ville, tout va bien !

                Ainsi le modem s’engage pour des idées et non pas des étiquettes.

                DONC , pourquoi avant de leur confier éventuellement notre confiance et par conséquent notre vote au premier tour ( et au second en cas de situation " gagnable") ne nous disent ils pas clairement avec qui ils s’allieraient au deuxième tour dans le cas ou il serait dans la situation de devoir le faire

                En clair , peuvent ils nous le dire de façon a savoir et ne pas avoir la mauvaise surprise qu’il ne s’agit pour nous malheureusement du camp que l’on souhaitait rejeter

                A Paris notamment, comment peut on être sur qu’ils ne feront pas alliance avec Delanoé ( cas le plus probable)ou avec mme de Panafieu ( cas de surprise électorale peu réaliste) .

                Il me semble difficile pour certain centriste parisien de conviction libérale européenne et sociale de voter pour une liste modem qui se diluerait dans une majorité gauche plurielle parisienne

                De la même façon, un électeur de tendance social démocrate pourrait il accepter de voter pour un modem qui retrouverait sitôt le deuxième tour ses anciennes alliances avec la droite parisienne ?

                Il ne s’agit pas de se ranger dans un camp ou dans l’autre mais de dire clairement les choses pour éviter de faire apparaître une certaine hypocrisie dans cette mystification qui consisterait a attendre le deuxième tours pour choisir le plus offrant ( en nombre de place)

                Je ne peux croire que le modem qui dit vouloir faire de la politique autrement ( sans que l’on sache ce qu’est cet "autrement" sic)n’agisse pas que dans un combat politicien ou la manoeuvre consisterait a attendre le dernier moment pour choisir le camp des vainqueurs !

                D’une façon générale , il faut vraiment que le modem annonce ses préférences de travail , avec tel ou tel autre candidat /équipe sur la base de projet commun ou négocie et ceux dès maintenant . En plus cela renforcera les votes du premier tour en faveur du modem pour qu’il soit plus en position de peser sur les orientation future voir ,être en position de remporter des élections pour leur propre compte.

                Bayrou dit que le modem n’a pas (plus) vocation a faire une force d’appoint, mais s’il veut une adhésion , il faut au moins que ce soit une force de proposition et au cas par cas pour les municipales que cette proposition corresponde a un vrai projet avec tel ou tel autre équipe

                Avant LE PREMIER TOUR. sinon beaucoup de gens ne confieront pas aveuglement leur vote au modem sans savoir clairement avec quelle équipe ils envisageraient de travailler le cas échéant !

                Alors messieurs dames candidats modem de listes indépendantes, dites nous franchement quel seraient vos choix d’alliance du deuxième tour afin que nous puissions sereinement vous confier notre vote !

                Le cas contraire consisterait a donner un cheque en blanc

                Cette question decoule simplement du fait que le modem adopte une demarche differente ou le principe est de ne pas vouloir s’identifier à un camp en particulier

                Il n’empeche que l’electeur a le droit de savoir ce qui sera fait, in fine , de son vote.


                • Thomas Thomas 4 mars 2008 00:39

                  "Avant LE PREMIER TOUR. sinon beaucoup de gens ne confieront pas aveuglement leur vote au modem sans savoir clairement avec quelle équipe ils envisageraient de travailler le cas échéant !"

                  Je ne partage pas tellement cette analyse. Si le MoDem annonce d’emblée son ralliement au 2ème tour à la liste X, il s’expose d’une part à ce que les sympathisants de X prennent le raccourci qui consiste à voter pour X au 1er tour, d’autre part à ce que les sympathisants de Y l’évitent d’emblée.

                  Comme le disait ces jours ci RIchard Moralès (candidat MoDem de Villeurbanne) en réponse à la question de son ralliement de 2ème tour : "si je parle, je n’intéresse plus personne".

                  En ne prennant pas d’engagement de cet ordre, d’une part le MoDem se donne une (petite) chance d’être en 2ème position et d’être en situation d’être rallié, d’autre part il garde toutes ses options ouvertes pour une négociation de 2ème tour, qui se jouerait en parfaite connaissance du poids de chaque liste et non du poids supposé.

                  Enfin, l’électeur n’est pas trompé puisqu’au premier tour il vote pour une liste véritablement indépendante et au second, il vote en pleine connaissance des alliances passées.


                • werbrowsky werbrowsky 4 mars 2008 03:09

                  Je crois qu’il ne faut pas confondre les enjeux.

                  Votre commentaire est exact dans un cadre national, beaucoup moins au niveau d’une élection municipale. L’enjeu du MoDem, c’est la survie à l’échelle nationale par la reconstruction d’une base locale. Je pense que le programme réel du mouvement sera bien plus clairement établi à l’occasion des Européennes. Les valeurs de Bayrou, telles qu’exprimées lors de la campagne présidentielle sont clairement et profondément centristes et, de ce fait, peuvent s’accomoder de certaines politiques de droite comme de gauche au niveau local.

                  Quelle est la différence essentielle de pensée économique ou politique d’un social-chrétien ou d’un démocrate-chrétien avec celle d’un social-démocrate ou d’un gaullo-républicain (style Séguin) ? Comme le disait Giscard à une certaine époque : deux français sur trois sont d’accord sur un bon nombre de points essentiels.

                  La reconstruction passe certainement par ce qui peut apparaître comme des contorsions au niveau national, mais c’est toute la difficulté à résoudre aujourd’hui. Je ne pense pas que le mouvement soit réellement menacé par de nouvelles défections tonitruantes, sauf peut-être Mercier à Lyon (et je dirais que ce ne serait peut-être pas plus mal dans ce cas-là). Tout dépend de l’ampleur des résultats dans les grandes villes.

                  Enfin, rappelons que si Juppé est un gaulliste pur jus, c’est bien un européen convaincu, excellent ancien ministre des affaires étrangères. Ni lui ni Darcos ne sont dans l’agressivité verbale caricaturale des Estrosi, Dati, Yade ou autres. Rebsamen est aussi celui qui a tendu le premier la main au MoDem entre les deux tours de la Présidentielle, contre l’avis de Hollande et de la gauche du PS.

                  Aujourd’hui, tout le monde rêve au PS d’une coalition arc-en-ciel allant de Besancenot à Bayrou. Du côté du MoDem, Bayrou rêve plutôt d’une coalition orange allant du PS aux pro-européens de l’UMP, ce qui est une contradiction politique peut-être moins difficile à tenir sur le long terme.

                  Rappelons que la politique, c’est avant tout une question de leadership. Sarkozy l’a prouvé (pour le pire) à droite, Ségolène est en train d’échouer à gauche, Bayrou réussira peut-être au centre.


                • vivelecentre 4 mars 2008 06:45

                  Merci de ces deux réponses, mais je maintiens que cela peut être contre productif pour le modem de ne pas se situer dans un contexte donné

                  La question se pose obligatoirement pour le modem, lorsqu’il y a une liste indépendante, compte tenu du fait que contrairement à tout les autres parti, le modem a choisi de ne pas faire le choix entre la gauche et la droite.

                  Même si en raisonnant en terme de stratégie , cela peut sembler idiot de dévoiler à l’avance toute ses cartes, il s’agit d’une question d’honnêteté intellectuel et de respect de l’électeur 

                  Encore une fois , j’ose croire que compte tenu de la volonté du modem de faire de la politique autrement, il ne s’agit pas de se vendre au plus offrant

                   exemples :

                  A Paris , un électeur centriste sera t’il satisfait devoir l’équipe Modem se fondre dans la majorité socialiste et vert ?

                  Un électeur social démocrate sera t’il satisfait d’avoir soutenu finalement le camp PAnafieu et la vieille garde de la droite parisienne Glosguen et consort ?

                  Idem à Marseille et dans un certain nombre d’autre ville

                  Non je crois qu’au minimum, le modem a tout intérêt à dire avec qui il ne travaillera pas ou il ne s’alliera pas

                  Par exemple , qu’il dise clairement à Paris qu’il ne feront jamais alliance avec l’équipe Panafieu Cavada Gloasguen dans l’hypothèse ou ils seraient majoritaires..

                  Question de respect de l’électorat et donc de confiance , et de ne pas apparaitre comme une formation opportuniste mais avec des principes et des idées !

                   


                  • Voltaire Voltaire 4 mars 2008 09:48

                    En dehors du problème strictement stratégique, où effectivement annoncer à l’avance une alliance avec l’un ou l’autre camp peut s’avérer suicidaire, je pense que vous sous-estimez aussi la réalité de la difficulté de passez des accords sur la bse d’un projet commun.

                    Pour ne prendre que l’exemple de Paris, Mme de Sarnez a ainsi indiqué qu’elle pourrait travailler avec Mr Delanoë, mais qu’il demeure des divergences sérieuses en terme de projet. Cette situation est sans doute identique dans de nombreuses villes : en réalisant un très bon score au premier tour, le MoDem se met en situation de peser sur le projet de son futur partenaire. Plutôt que de réclamer que le MoDem indique à l’avance avec quel partenaire il s’alliera, je pense que la bonne demande est de préciser quels sont les éléments incontournables de son projet dans chaque ville. Cela permet alors de préparer des accords sur une base plus claire, sachant que la proportion du projet du MoDem qui sera acceptée par son partenaire sera plus ou moins importante en fonction de son score.

                    Enfin, il est aussi important de préciser que, dans un certain nombre de villes, le MoDem ne fera pas d’accord au second tour, malgré son intérêt évident. Soit parce que les projets sont trop éloignés, soit parce que les circonstances politiques ne le permettent pas, soient par ce que la personalité des têtes de listes des autre spartis ne sont pas compatibles avec le projet du MoDem.

                    Pour ne prendre que ma propre ville en exemple, la liste MoDem, qui pourrait faire un score important, a annoncé qu’elle ne ferait pas d’alliance au second tour : elle revendique un mandat unique pour le maire et une gouvernance plus ouverte, alors que le député-maire UMP sortant s’y refuse, mais ne peut s’allier avec la liste de gauche menée par un fabiusien anti-européen, qui défend un projet trop éloigné. Un tel cas se reproduira sans doute dans beaucoup de villes des Hauts de Seine, où les élus UMP sont devenus infréquentables, mais où les listes de gauche, comprenant souvent des communistes, sont aussi peu compatibles avec le MoDem.


                  • yvanbachaud2007 4 mars 2008 08:53

                    Bonjour,

                    Le modem qui n’a pratiquement pas d’élu n’a qu’une chance de pouvoir intervenir efficaement dans la vie politique c’est de disposer au plus vite du référendum d’initiative citoyenne souhaité par plus de 80% des Français qui leur permettrait de proposer l’abrogation de tout ou partie d’une loi ou d’en proposer de nouvelles directement aux citoyens.

                    Au niveau des communes des listes modem ont fait signer par les 10 PREMEIRS de leur liste un engagement à instaurer une procédure " réaliste" de RIC communal. NANTES, STRASBOURG, VILLEURBANNE, PERPIGNAN

                    A LYON La liste de ERIC LAFOND a le RIC dans SON programme.

                    Le modem POURRA METTRE EN PLACE le RIC dans les villes selon les modalités proposées par le Rassemblement pour l’Initiative Citoyenne et pourra ainsi donner la parole aux citoyens que 98% des candidats veulent priver de toute reprise de parole pendant les 6 ANS ;

                    A LYON le Conseil des citoyens associations déclarée en 2002 ne demande qu’à être " réactivée" pour contrôler les procédures de RIC.

                    Voir le billan des réponses des candidats dans une cinquantaine de villes sur www.ric-france .fr COMMUNIQUES et tenez en compte en vous ABSTENANT MASSIVEMENT puisque le vote blanc n’est pas un suffrage exprimé, si au moins le garde fou qu’est la " consultation" à la demande de 20% des inscrit n’est pas signée par la liste..

                    C’est une honte 98% des listes veulent un chèque en blanc .Dénoncez partout ce fait

                    Yvan BACHAUD


                    • vivelecentre 5 mars 2008 16:39

                      Enfin !

                      Bayrou a annoncé que pour Paris ; il dirait avant le premier tour avec qui il pourrait s’allier !

                      De Sarnez , plus prudente continue quand m^me a donner des signes en faveur de Delanoé et de tirer a boulet rouge sur Panafieu

                      Il ne fait maintenant nul doute que si les sondages se confirment c’est à dire que les verts n’atteignent pas 5% et le modem dépasse 10%, une nouvelle alliance se profile pour Paris

                      En tout cas , cela me semble beaucoup plus sain que les choses soient publique avant le premier tour , les électeurs ne se sentiront pas trahi par des alliances inattendues et l’électeur centriste pourra faire son choix en connaissance de cause

                      Cela ne retire en rien au credo du modem de choisir plus des hommes ou des projets qu’un camps ou une étiquette

                      Pour Paris , c’est maintenant clairement Le Ps et Le Modem ensemble ! 

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