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Accueil du site > Actualités > Politique > Le paradoxe français du moi et du nous

Le paradoxe français du moi et du nous

Depuis quelques années, nous sommes confrontés à une révolution conservatrice qui exprime la fin des certitudes des citoyens sur leur avenir. Les manifestations contre le CPE ne sont que l’épiphénomène du nouveau mal français. L’embrasement dans les banlieues n’est que le révélateur du désarroi d’une partie de la population. Les résultats du premier tour de la présidentielle de 2002 ne sont que le symptôme d’une incompréhension entre les citoyens et les politiques.

Le caractère français n’est pas étranger à ces difficultés. Nous sommes collectifs dans la pensée, individualistes dans les comportements. Mais le monde a changé. Arrêtons de nous illusionner sur une « certaine idée de la France », héritée des années soixante. Nous sommes engagés dans une compétition mondiale entre les entreprises, mais aussi entre les territoires. La concurrence s’exprime aujourd’hui entre les continents, les pays, les régions, les villes et même les quartiers. Un État n’a plus les moyens de garantir la solidarité et l’équité à tous les niveaux de la société, comme dans une économie fermée.

Par manque de réalisme, la France, cinquième puissance économique mondiale, pourrait faire faillite à moyen terme par la simple perte de ses entrepreneurs. « Mon fils, si tu ne fais pas bac plus cinq dans une excellente école, t’es foutu ! ». C’est cette idée qu’il faut détruire. Elle a conduit 250 000 jeunes Français, diplômés et non diplômés, à Londres, pour entreprendre. Au pays de Voltaire et de Rousseau, on continue à juger les gens sur ce qu’ils sont et non sur ce qu’ils font.

Alors, sommes-nous engagés sur le chemin du déclin ou du renouveau ? Comment transformer cette période de doute, de pessimisme, en opportunité pour adapter la société française aux enjeux de la mondialisation ? Tous les responsables politiques ou économiques réalistes font le constat d’une société bloquée, mal préparée à l’économie mondiale et cristallisée sur un modèle social hérité de l’après-guerre et complètement obsolète. Ce serait une erreur de trop s’inspirer de modèles élaborés dans d’autres environnements culturels. Par exemple, le modèle danois de la flexisécurité est intéressant, mais inapplicable tel quel, pour des raisons évidentes de financement actuel du système de protection social français.

Cependant, sans adaptation rapide du modèle français à la nouvelle donne internationale, le transfert d’activités et de richesses va s’accélérer. Une diminution du dynamisme économique entraîne mécaniquement la disparition d’emplois. À force de repousser les réformes fondamentales, celles-ci deviennent plus difficiles à réaliser et à accepter. Les citoyens préfèrent garantir leurs intérêts particuliers à très court terme plutôt que de privilégier l’intérêt général à moyen terme.

Il ne s’agit pas de retirer des droits aux salariés, jeunes et moins jeunes, mais de les déplacer sur les parcours professionnels et personnels. Une approche psychologique simple peut nous aider à mieux comprendre les situations sociales actuelles. C’est le principe des 3M : tout individu a besoin d’un minimum de sécurité, d’un minimum de reconnaissance, d’un minimum d’avenir. L’évolution de la société a, peu a peu, dilué ces minimums vitaux qui conditionnent le désir d’agir de chaque être humain dans le mille-feuilles de l’inefficacité des politiques publiques.

1) Un minimum de sécurité pour vivre ! Personne ne peut vivre dans un sentiment d’insécurité permanente. Même les caractères ambitieux, entreprenants, individualistes, ont besoin de solidarités collectives pour s’accomplir. À l’inverse, les sociétés humaines ne sont pas obligées d’abandonner les plus faibles. Alors, pourquoi en donner le sentiment, avec les banlieues ou le CPE ! L’État français ne répond plus de manière satisfaisante à son rôle protecteur pour un nombre croissant de citoyens.

2) Un minimum de reconnaissance pour survivre ! Personne ne peut vivre sans la reconnaissance de son utilité sociale et familiale. Le mot le plus souvent entendu, pendant la crise des banlieues, c’était le respect. Beaucoup de salariés ont le sentiment de ne plus être utiles à leur entreprise puisque ce n’est pas un problème de délocaliser. Les entreprises françaises ne valorisent pas assez leurs salariés et ne reconnaissent pas assez le potentiel de ceux qui souhaitent l’intégrer, notamment des jeunes.

3) Un minimum d’avenir pour entreprendre ! Si en 1995 l’ascenseur social était en panne, aujourd’hui même l’escalier est très difficile à emprunter. À court terme, les réformes sociales seront douloureuses pour les plus fragiles. Mais ne pas les faire détruirait le modèle social actuel, qui précisément les protège. La dimension psychologique de l’économie est essentielle pour comprendre les comportements des dirigeants, des consommateurs, des salariés. Chacun devrait avoir l’envie de réaliser un projet professionnel, personnel ou social.

Le raisonnement cartésien appliqué à l’action publique montre aujourd’hui ses limites. L’accumulation de lois, de décrets, de dispositifs, de structures, etc., anéantit les effets attendus des moyens publics. Plus aucun citoyen ne comprend la volonté des gouvernants. C’est le moment de refonder en France un contrat social sur la base de ces 3M pour pouvoir entreprendre enfin les réformes économiques vitales et incontournables. C’est le paradoxe français du moi et du nous : « Les autres doivent changer, je les y encourage vivement, quant à moi... ! ». Les blocages sont autant dans les structures sociales que dans les têtes.

Peut-on sortir de cette situation par le haut ? Oui, sans doute. Les démocraties modernes qui nous entourent privilégient le contrat ou la négociation. A minima, un dialogue social doit s’engager sur la flexibilisation des postes de travail et la sécurisation des parcours professionnels. Mais les réformes devront aussi porter simultanément sur la faiblesse des capitaux dans l’économie française et sur les incitations à rattraper le retard sur les technologies d’avenir pour assurer le développement économique, donc la création de richesse et d’emplois. Les indicateurs à suivre ne sont pas ceux que l’on pense. Le taux de croissance ne fait que constater une ambiance économique. Le nombre de dépôts de brevets, le nombre d’entreprises toujours en activité deux ans après leur création. Ce sont des indicateurs du dynamisme. Le nombre de personnes touchant le RMI, le temps moyen pour retrouver un emploi, le volume des aides sociales, les intérêts de la dette publique, doivent diminuer. Ce sont des indicateurs d’immobilisme.

Dans ce paysage, la réforme de l’État est indispensable pour réorienter les moyens financiers. Elle se situe à deux niveaux. Premièrement, il y a trop de niveaux de décisions en France : les communes, les intercommunalités, les départements, les régions, les services de l’État. Il y a au moins une structure décisionnelle de trop. Deuxièmement, plus de fonctionnaires doivent acquérir la culture du résultat. C’est-à-dire intégrer dans leur travail au quotidien le B-A BA du management, « objectifs, moyens, résultats », pour les responsabiliser et permettre la coordination de l’action publique.

Mais, en France, chaque proposition de réforme provoque des envolées lyriques des catégories concernées par la remise en cause des « fameux droits acquis », qui bloquent toute avancée du système. Donnons donc aux territoires qui le souhaitent le droit d’expérimentation de nouvelles pratiques. C’est déjà le cas avec la concession de services publics pour l’aide à la recherche d’emploi dans certains territoires. Rien n’empêche d’aller au-delà pour l’aide aux entreprises, la formation supérieure et continue, la gestion des aides sociales...

Il faut reconnaître au moins aux Français la compétence de transformer les enjeux politiques et sociaux en grèves et en défilés protestataires. Mais leur pragmatisme fait souvent défaut au moment d’imaginer des réponses concrètes. Les Irlandais s’appuient sur leur faible coût de main d’œuvre, les Anglais font du dumping fiscal, les Scandinaves valorisent le principe d’égalité. Alors, quel est l’avantage concurrentiel à valoriser pour l’équipe France ? Sans aucun doute sa jeunesse, son niveau de culture générale, les compétences professionnelles et la propension des Français à s’insurger en permanence. Donnons les moyens de le faire à ceux qui veulent entreprendre dans l’économie, la culture, l’humanitaire. Les créations d’emplois, l’évolution des mentalités et des comportements suivront.

Le politique ne peut plus se contenter d’exprimer des intentions basées sur des valeurs souvent banales. Pour être entendu, le discours doit être franc, concret, engagé. Personne ne reprochera à un politique d’essayer de faire bouger les choses. Nous avons besoin d’acteurs politiques entreprenants plutôt que d’hommes politiques colmatant les brèches du modèle français. Depuis trop d’années, on se contente de rafistoler un système qui devient chaque jour plus inefficace.

Le vrai rendez-vous des Français avec eux-mêmes se produira en 2007, au moment de l’élection présidentielle. Celui qui l’emportera sera le candidat capable d’imposer des réformes douloureuses mais en même temps de proposer un contrat gagnant-gagnant à chaque Français.


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53 réactions à cet article    


  • l1dit (---.---.54.30) 3 avril 2006 11:00

    J’ai beaucoup aimé la nouvelle application du R.A.S (les 3M ou les trois z’aime) un peu de poésie dans ce marasme ne fait pas de mal. Mais pour revenir au fond, que proposeriez-vous en terme de « contrat 3z’M » si je peux l’appeler ainsi ? Lorsque vous dites que personne ne reprochera à un homme politique d’essayer de faire bouger les choses,compte tenu du caractère contestataire des français (que vous soulignez d’ailleurs) j’émets quelques réserves tout de même ! Mais peut-être avez-vous voulu dire « à un homme politique de gauche » ?


    • Wacheux Frédéric Wacheux Frédéric 3 avril 2006 13:06

      Pour traduire politiquement le principe des trois M, il faut sans doute réunir deux conditions. D’une part, passer d’une société de conflit à une société de contrat. Les syndicats français doivent devenir des interlocuteurs responsables et les pouvoirs publics des acteurs imaginatifs. D’autre part, réformer l’Etat. Les finances publiques ne sont plus orientées vers l’aide à la création de valeurs humaines et de richesses financières. Si ces deux conditions sont réunies, on peut imaginer de remettre à plat le système de protection sociale. Pourquoi, ce qu’on réussit les canadiens, les belges, ... ne serait pas possibles en France ?


    • zoï (---.---.58.60) 3 avril 2006 11:55

      L’un des problèmes de la réforme est que ceux qui la mettent en oeuvre,les hommes politiques,ne veulent pas en entendre parler pour eux même. Quid d’une réforme des institutions politiques ou,plus modestement,des privilèges que s’octroyent sur notre dos les politiciens ? Avant de vouloir réformer les autres,il faut se réformer soi-même. Ceci dit,je suis d’accord avec vous.


      • Wacheux Frédéric Wacheux Frédéric 3 avril 2006 13:09

        C’est le même constat qui m’a conduit à avoir une action politique militante. Je ne pense pas que la politique sera réformée de l’extérieur ou par le rejet. Nous somme un Pays encore centralisé où trop de décisions passent par le pouvoir politique.


      • Fishlord (---.---.3.77) 3 avril 2006 12:30

        Article intéressant mais qui a l’immense défaut, comme beaucoup d’autres ici, de faire l’ombre sur deux aspects absolument fondamentaux du problème, ce qui conduit à des propositions très sympathiques, mais qui ne contiennent aucune esquisse de début de solution, du fait de la non-prise en compte de ces aspects. Certaines phrases comportent d’ailleurs, des sous-entendus vraiment contradictoires, soit par l’assimilation involontaire d’un langage « réformiste » qui masque une réalité de réformes ultra-libérales, soit par la défense de ces mêmes « réformes »

        Je cite :

        1) « À force de repousser les réformes fondamentales, celles-ci deviennent plus difficiles à réaliser et à accepter ».

        J’en conclus donc, d’après les dires de l’auteur, que (nous ?) avons « repoussé » des « réformes fondamentales ».

        Il faudrait être clair. Cette phrase est typique d’un discours qui, soit peine à sortir de la phraséologie ultra-libérale, soit essaye en définitive de défendre cette idéologie. En réalité, cela fait plus de 20 ans en France, que des gouvernements libéraux sont au pouvoir et ont mené toutes les réformes qu’ils ont voulu. Celles qui ont été repoussées se comptent sur les doigts d’une main et concernent principalement les jeunes (CIP ? de Balladur, CPE), voire aussi le traité Constitutionnel dont les partisans ont longuement argumenté sur le fait qu’il ne changeait rien à l’Europe actuelle, ce qui est à peu près vrai. Donc, je pose solennellement la question sur ce présupposé extrêmement flou, confus et tendancieux :

        Quelles sont les réformes « fondamentales » qui ont été repoussées ?

        Je veux bien en débattre mais à priori, je ne vois pas. je pense que c’est de la pure INVENTION, qui va généralement dans le sens du verbiage ultralibéral (volontaire ou non).

        J’insiste sur le terme de « réformes fondamentales » que l’auteur utilise et lui demande de me clarifier son point de vue :

        Quelles sont-elles ? Qui les a repoussées et quand ?

        En guise de réflexion, je suggère aux fanatiques du « réformisme » de considérer que le mot en soi n’a pas valeur de sésame. Les réformes, ce n’est positif que si elles vont dans le BON SENS. Celui d’une meilleure répartition des fruits du travail, d’une meilleure cohésion de la société, bref, d’une réforme ou une MAJORITE de français, et non une MINORITE, y ait quelquechose à gagner. Par définition d’ailleurs, un pays n’est compétitif et entreprenant que si la majorité s’y retrouve. L’idée des « 3M » peut être une idée de réforme dans le BON SENS. par contre, des réformes dans le MAUVAIS SENS, j’en ai vu passer. Donc, quand vous parlez d’avancer ou de réformes, soyez gentils d’indiquer le sens de la marche.

        Je vous laisse méditer sur la portée éventuellement « fondamentale » d’une réformette ridicule comme le CPE.

        2) Je cite encore : « Celui qui l’emportera sera le candidat capable d’imposer des réformes douloureuses mais en même temps de proposer un contrat gagnant-gagnant à chaque Français ».

        Là nous avons l’exemple parfait du verbiage libéral que l’on nous sert depuis 20 ans de réformes libérales, tous gouvernements confondus, et dont les résultats sont les causes de la crise d’aujourd’hui. L’idée du faire plus avec moins. C’est une idée totalement aberrante mais qui sert parfaitement les idées de ses maîtres. Comme d’habitude, ce qui doit être douloureux dans l’esprit de ceux qui professent cette philosophie de comptoir contradictoire, c’est réservé aux salariés. En effet, en France, pays actuellement englué dans une économie de rentiers qui ont mis le pays en coupe réglée, il y a une règle tacite chez tous les chiens de garde libéraux : Aucun effort ne doit être demandé aux rentiers. Je pense que l’auteur de cet article partage encore ce point de vue.

        Par conséquent, ces grandes et belles réformes nécéssaires, les « 3M » de l’auteur, restent inéluctablement INFINANçABLES, l’Etat étant étranglé par sa propre dette, qui je vous le rappelle, est de l’argent des impôts, 2e poste de l’etat, qui sert à rembourser les emprunts et à assurer, année après année, toujours plus d’argent à ces fameux...rentiers (même processus que la dette du tiers-monde : l’état leur emprunte, pour pouvoir les rembourser). Et si on compte sur les salariés, qui ne peuvent plus consommer étant donné les faibles salaires et leur précarité, pour faire de grandes réformes, alors la garantie que ça ne puisse pas marcher faute de financement est de 100 %.

        Alors, bravo pour ton article. Mais tant qu’on se pose pas la question de « qui va financer », il reste un morceau de littérature supplémentaire dans le genre « YAKA ».

        Fishlord


        • Wacheux Frédéric Wacheux Frédéric 3 avril 2006 12:57

          Je suis d’accord avec le commentateur précédent. La réforme n’est pas une fin en soi. Mais, ce n’est pas sur pour ou contre le libéralisme qu’il faut réagir mais par rapport à la société que l’on souhaite. Pour faire du social, il fait être un pays riche. Pour être un pays riche, il faut des entreprises performantes. Or, pour y parvenir, il faut accepter la compétition mondiale. Ce n’est pas la France qui imposera ses règles du jeu. Je préfère être dans un pays dynamique et pragmatique économiquement qui se préoccupe des plus faibles que dans un pays pauvre qui se gargarise de principes théoriques qu’il ne peut pas appliquer.


        • eb (---.---.197.251) 3 avril 2006 18:41

          Pouvez-vous s’il vous plaît réagir au commentaire de Fishlord et nous éclairer sur les « réformes fondamentales » (leur titre + en quoi leur caractère est « fondamental »). Merci


        • Wacheux Frédéric Wacheux Frédéric 4 avril 2006 01:12

          Il y a les réformes évidentes au niveau de l’Etat (pour réorienter les financements publics, comme je l’indiquais dans l’article) :
          - Suppression d’un niveau de décision (conseil général ou régional ou autre) ;
          - Réeffectation de certains fonctionnaires vers d’autres missions (savez-vous qu’l y a 150.000 fonctionnaire à Bercy et 10.000 sur tout le territoire français pour gérer les politiques de l’emploi) ;
          - Non remplacement de fonctionnaires dans certaines fonctions ;
          - Economie sur le train de vie de l’État et des élus (voir l’exemple Suédois) ;
          - ... etc ...

          Bref moderniser pour permettre d’investir sur l’enseignement, la recherche, les job center, l’aide à la création d’entreprise, ...

          Il y a les réformes liées à l’évolution de la société :
          - Allongement de la durée de vie au travail (est-ce choquant aujourd’hui de travailler jusqu’à 65 ans pour beaucoup de professions ? ;
          - Remplacement des 26 contrats de travail actuels par un contrat unique et des garantiés dans les parcours professionnels ;
          - Développer les fonds de pension pour garantir les retraites et assurer l’indépendance de l’économie française ;
          - ... etc ... Bref s’adapter au monde moderne Je ne souhaite pas allonger ce catalogue qui pourrait donner l’impression d’un programme électoral.

          Mon propos est surtout de faire évoluer les comportements et la manière d’aborder les problèmes. Je ne refuse pas le débat idéologique, à condition qu’il se traduise à un moment par des propositions concrètes. Les américains ont une phrase assassine sur les débats infinis des français : « So What ? ». Nous sommes d’accord sur les valeurs, discutons plutôt des projets.


        • José (---.---.21.118) 3 avril 2006 12:40

          Toujours cette fameuse parabole du sauver providentiel qui viendra sauver la France en 2007 et la laver de tous ses maux : niveau imagination, c’est un peu pathétique...


          • éric (---.---.166.26) 3 avril 2006 12:40

            Toujours la même logique sur la globalisation ultra-libérale. Ce mode de fonctionnement des économies n’est pas une loi de la nature mais une voie choisie par les hommes. Il est tout à fait possible de choisir un autre modèle de société. Arrêtons le Darwinisme économique.


            • Wacheux Frédéric Wacheux Frédéric 3 avril 2006 13:15

              Je ne sais pas si vous voyagez dans d’autres pays. Ce qui est mon cas. Je n’ai pas l’impression de voir les anglas, les américains, les canadiens, ... plus malheureux que nous. Donc, ne fustigez pas a priori les sociétés qui ont choisi d’autres modèles de société. Tout est ouvert, ce qui est important c’est que le débat citoyen influence les choix politiques. Mais vu le nombres de RMIStes, de chômeurs, jeunes et moins jeunes, ... en France, je nai pas l’impression que notre situation soit particulièrement enviable pour les autres.


            • thierry (---.---.122.242) 3 avril 2006 14:01

              Moi je ne suis pas certain que les français envient les américains ou les anglais. Evidemment les chiffres peuvent nous dire ce qu’ils veulent (comme nous faire croire qu’il y a 5% de chomage en angleterre) mais la réalité du terrain est autre chose. En Angleterre par exemple, il suffit de voir pour constater des manifestations de retraités qui se plaignent car ils n’ont rien pour vivre ; il suffit de compter le nombre de personnes en dessous du seuil de pauvreté ou encore la façon dont les soins sont remboursés donc accessibles !

              En France, finalement, on a un système qui est beaucoup plus juste, basé sur la solidarité entre les citoyens. Et quoi qu’on en dise, le libéralisme base ses fondements sur les intérets individuels. C’est à dire qu’il minimalise tout le collectif au strict minimum. Je pense qu’il faut s’en écarter de ces idées libérales. Il faut repenser notre système en gardant à l’esprit cette solidarité spécifique à la France. Quand je vois des patrons qui manifestent avec des banderoles « Oui au CPE, non à l’ISF », là je me dis qu’il y a un problème.


            • Al-Capone (---.---.191.137) 4 avril 2006 08:38

              Je suis jeune, et quand je vois que les interets sur la dette sont le 2ème poste de depense de l’Etat, je deteste la solidarité citoyenne au detriment des generations futurs.

              Les jeunes devront travailler pour payer le passé, pas le futurs. je deteste cette solidarité aveugle.

              Je n’envie pas du tout l’avenir de mes enfants, j’envie bcp plus les rentes de mes parents !


            • thierry (---.---.122.242) 4 avril 2006 09:34

              Al capone, la dette de l’état n’est pas uniquement due à nos parents. Elle a été augmentée et au augmentée encore au cours des 30 dernières années par des politiques libérales qui ont ammené à réduire les rentrées d’argent de l’état notamment par la baisse flagrante des charges payées par les entreprises (la fameuse fausse équation « baisse des charges + augmentation de la précarité implique croissance et baisse du chomage »). On a réduit les entrés d’argent sans réduire les dépenses. Et aujourd’hui, elle est tellement forte qu’on peut nous faire croire tout et son contraire avec cette dette.

              Un état solidaire c’est possible ! Mais évidemment, la politique libérale actuelle vise maintenant à baisser les dépenses de l’état en priorité. Alors que la solution serait plutot d’augmenter les recettes...


            • Al-Capone (---.---.191.137) 4 avril 2006 13:59

              Travailler 40 ans, et validée 42 ans de cotisations, c’est etre solidaire !

              http://www.retraites.gouv.fr/article407.html

              Et comme vous le faites si bien remarqué, cela fait 30 ans que la dette enfle. C’est exactement la generation de mes parents.

              J’ai quand meme bcp mal a comprendre cette solidarité !

              Alors je vous le redit, je deteste cette solidarité au profit d’une generation, les papy boomers. C’est ce que je pense, et je crois que j’aurais bcp de mal a changer d’avis.


            • YAKA (---.---.2.36) 8 avril 2006 10:38

              tout a fait d accord avec toi ERIC !

              la mondialisation n est pas liberale par nature ! c est un choix fait par quelques hommes et qu ils veulent appliquer a tous ! La mondialisation n est que la consequence de centaines et miliers d années de progres techniques et scientifiques (christophe colomb a contribué a la mondialisation)qui ont permis aux hommes de se déplacer et communiquer de + en + vite et loin ! la technique, le progrès n etant pas liberal par nature, la mondialisation ne l est donc pas non plus !


            • nathan52 (---.---.102.41) 9 avril 2006 19:30

              Bonjour Cher Professeur, J’ai lu avec intérêt votre article. Je tire d’autres analyses sur la situation de 2002 et sur l’embrasement des cités en 2005 mais je partage vos autres idées. Je suis chef d’entreprise après avoir eté Rmiste. Je suis militant UMP et pourtant contre le CPE parcequ’une loi ne peut pas relancer l’économie d’un pays. Je suis contre aussi l’immigration choisie. Pourquoi recourir à de la main d’oeuvre étrangère quand on n’est pas capable de motiver un chômeur sans emploi qui pourrait bien travailleur dans différents secteurs ? Pourquoi vouloir faire venir du personnel de grand niveau quand on n’est pas capable de retenir ses chercheurs ?Il faut changer la mentalité française et son égo, accepter la compétition mondiale, prendre les bonnes décisions et foncer. Je prends l’exemple de ma ville qui est la première ville a accueillir le Rafale. Combien a réellement coûté cette avion à la France et combien surtout la france va en vendre dans le monde étant donné que celui-ci est déjà dépassé du fait de la durée de sa mise en place. Nous avons eu le même problème avec le Famas. Notre pays ne réagit pas assez vite du fait maintenant d’une multitude de commissions, de prises de décisions qui doivent passer entre plusieurs mains. C’est devenu typhiquement français de se déresponsabiliser à tous les niveaux à un tel point que vous anéantissez les forces vives d’un pays. Je suis pour une grande réforme mais est elle possible dans notre pays. Nous avons trop véçu au dessus de nos moyens à tous les niveaux nous avons créé une classe de privilégiés. Les classes moyennes ont été les oubliés de la république comment inverser la tendance. Pour réformer, il me semble aussi nécessaire de changer le visage politque comment faire confiance à un personnage politique qui s’est ait contentér et a profité de l’ancien système. Salutations.

              DAVID


            • philippe (---.---.171.175) 3 avril 2006 13:22

              certes,mais comment reformer un pays qui a la culture de l’immobilisme et donc, de la revolution ?

              etat des lieux : *une classe dirigeante de hauts fonctionnaires incapables de gerer ou reformer le pays. *une classe dirigeante dont la seule politique de l’emploi consiste a engager encore plus d’autres fonctionnaires , augmenter les impots,ou depenser de l’argent en des mesures inutiles,et ce depuis plus de 30 annees. *une classe dirigeante qui a reussi a faire passer presque 60% de la population active sous son controle direct ou indirect [30% de fonctionnaires,20% de chomeurs,10% de paysans ou membres d’associations subventionnes].

              reformer la france desormais, ce serait reduire le nombre des fonctionnaires ou autres tributaires de l’etat, et donc faire passer le taux de chomage a 40% a court-terme. mais qui va voter cela ? meme si les francais du prive le souhaitaient,ils seraient en minorite.

              *lorsque les pays voisins ont entame leurs reformes,ils avaient des dirigeants courageux et capables d’expliquer leurs choix, nous ne les avons pas. *ces pays avaient des fonctionnaires ou dependants de l’etat autrement moins nombreux,nous ne les avons pas. *ils avaient aussi des populations capables de penser et voir la realite, au lieu de ressasser les memes symboles vides de leur sens et mettre la tete dans le sable,nous ne les avons pas.

              alors,les francais affoles ,comme par le passe, laches par une classe politique inepte et immobiliste [pensez 1940 et la ligne maginot ], mais bien a leur image et refusant de regarder la realite en face, vont sombrer dans l’invective [regardez certaines reactions dans agoravox], l’ineptie et le ridicule politique [petain en 1940, le pen au deuxieme tour en 2002],et la violence urbaine [les annees 30,les banlieues d’aujourd’hui]

              la situation est figee. a moins d’un homme providentiel, visionnaire et ayant compris la manie bien francaise pour les belles paroles meme mensongeres [de gaulle et l’algerie ]et qui les feraient donc s’engager dans la voie de la reforme sans qu’ils ne le realisent ? peu probable .

              donc, appelons donc la faillitte de tous nos voeux, et la la france sera la obligee de reformer et de s’adapter au monde moderne [avant ,bien entendu, de se figer de nouveau et provoquer la prochaine adaptation brutale].


              • Fred (---.---.155.75) 3 avril 2006 13:28

                Malheureusement j’ai bien l’impression que la seule facon pour que les choses changent en France passe par un depot de bilan du pays.


              • (---.---.59.50) 3 avril 2006 15:11

                Toujours dans la finesse ...


              • (---.---.19.14) 3 avril 2006 15:46

                « certes,mais comment reformer un pays qui a la culture de l’immobilisme et donc, de la revolution ? »

                Encore et encore des clichés.


              • olivier (---.---.229.136) 3 avril 2006 15:58

                Mais ca le merite d’etre vrai.


              • bombadil (---.---.44.141) 8 avril 2006 11:38

                les clichés ont celà de rassurant qu’ils enferment notre pensée dans des lieux-communs où par une seule phrase on réduit l’effort de pensée et d’investigation plus profond.

                Les clichés sont peut-être agréables mais heurtent toujours ceux auxquels ils s’adressent parcequ’en essence ils sont absolument réducteurs. (type un musulman a plusieurs femmes)ou (un boudhiste médite toute la journée)

                Les clichés, comme leur nom l’indique, tentent toujours de figer un aspect d’une identité, pas pour clarifier une vision ou une observation, mais pour rassurer celui qui l’exprime sur la différence de l’autre.


              • Fishlord (---.---.3.77) 3 avril 2006 13:58

                Je cite :

                Je suis d’accord avec le commentateur précédent. La réforme n’est pas une fin en soi. Mais, ce n’est pas sur pour ou contre le libéralisme qu’il faut réagir mais par rapport à la société que l’on souhaite. Pour faire du social, il fait être un pays riche. Pour être un pays riche, il faut des entreprises performantes. Or, pour y parvenir, il faut accepter la compétition mondiale.

                Si vous êtes d’accord avec moi, alors répondez donc aux questions que je vous pose sur ces fameuses « réformes fondamentales » que nous aurions rejetées. Et sur les moyens de vos réformes suggérées.

                Vous faites une série d’affirmations qui vous paraissent être la simple expression du bons sens. Je conteste votre fausse démonstration dans ses plus grandes lignes.

                1) Tout d’abord, et même si je ne suis pas contre l’économie de marché, j’estime qu’elle est devenue actuellement une dictature (des esprits surtout). Le choix d’une société plus ou moins libérale est, contrairement à ce que vous prétendez LE COEUR MEME du choix de société qui se pose à nous. Vous esquivez la question sans aucune justification.

                2) « Pour faire du social, il faut être un pays riche ».

                C’est une proposition totalement fausse. Les pays les plus riches du monde, Etats-Unis et Royaume-Uni en tête ne sont pas des modèles de pays où l’on « fait du social », comme vous dites. Avant d’être riche, commme condition, il faut : - le vouloir et analyser correctement les causes - proposer une réforme qui soit acceptable DE LA MAJORITE des français (pour une fois : ça suppose ne plus gouverner en faveur des minorités : voici notre vrai terrain d’affrontement : l’intérêt général et la démocratie).

                Ensuite, vient la question du financement. On ne finance pas quelque chose d’inefficace ou d’injuste. ces deux points sont à débattre AVANT. D’ailleurs, il ne s’agit pas de « faire du social ». Tant qu’on en reste à cette mentalité, on évacue complètement la question de la refondation économique et démocratique indispensable à notre pays. Depuis le RMI, on a « fait du social » en parallèle avec les baisses de charges aux entreprises, supposées faire baisser le chômage. « Faire du social », c’est une politique à courte vue qui a lamentablement foiré. Si vous voulez des réformes « fondamentales », et non pas les réformettes libérales qui continuent à précariser et à vendre les biens de l’Etat sans aucun résultat économique ou social, alors on peut commencer par plus de démocratie.

                Par ailleurs, vous êtes dans une grande confusion idéologique, ou d’une grande mauvaise foi. la France est un pays riche, l’un des plus riches de la planète. Bien assez pour « faire du social ». Le Vénézuela, qui malgré son pétrole, est un pays de loin plus pauvre que la France, « fait du social ». Alors, trouvez-moi un argument moins spécieux, s’il vous plaît.

                3) « Pour être un pays riche, il faut des entreprises performantes ». Certes. mais comme il ne faut pas compter sur elles pour « faire du social », il faut bien que l’Etat s’en charge, ou les y oblige. Ou bien qu’elles paient un peu plus de charges pour cela, surtout celles qui engraissent des actionnaires. Je ne vois, vraiment pas en quoi le fait d’avoir des entreprises performantes, qui, comme le souhaitent les libéraux, paieraient de moins en moins de charges, peut aider à « faire du social ». Encore un mystère. Faut m’expliquer, vraiment, ça doit être un tour de magie que je ne connais pas. C’est vous qui l’établissez alors, expliquez-moi. 4) Quand à accepter la « compétition mondiale »....personne dans le monde n’a encore proposé le CPE, il n’y a pas donc de compétition pour cela. et si vous croyez que nous arriverons à concurrencer la Chine, en faisant pression sur les salaires, ce que les gouvernements libéraux français (sauf un peu sous Jospin) ont fait depuis 20 ans, au lieu de privilégier de FINANCER l’EDUCATION et la FORMATION, comme l’ont fait le Royaume-Uni et les Etats-Unis, alors j’espère vivement que vous ne deviendrez pas un responsable économique. Il n’y a rien de plus ABERRANT que d’imaginer continuer à faire pression sur les salaires pour survivre économiquement. Mais c’est ce qu’on continue à faire depuis 20 ans en France avec des « réformes fondamentales ». Est-ce celles-là dont vous parlez ? Alors, vous semblez confondre économie et idéologie, j’en suis désolé.

                En conséquence, vous pouvez dire que vous êtes d’accord avec moi si vous le voulez ; moi, je ne suis PAS DU TOUT D’ACCORD AVEC VOUS.

                Et j’attends avec impatience de savoir ce que vous considérez être des « réformes fondamentales ». C’est d’ailleurs un argument FONDAMENTAL de notre discussion, n’est-ce pas ?

                Fishlord


                • celmartiti (---.---.44.15) 3 avril 2006 14:11

                  D’accord avec Eric ,la position de Mr Wacheux se révèle être sur le fond trés fataliste, adoptant l« évidence » que la logique économique ultralibérale ,qui gagne tous les pays et bientôt tous les secteurs de la vie sociale et bientôt privée , est un horizon indépassable . Voyez certains ouvrages récents de quelques responsables du « réacteur capitaliste » diagnostiquant dans le système entrepreneuriale et financier néolibéral actuel la cause des dysfonctionnements de nos sociétés et de l’impuissance grandissante des Etats (voir les travaux de Stiglitz,Peyrelevade,Artus,Bebear,etc...qui ne sont pas spécialement des gauchistes ou des altermondialistes). Certes,leurs positions ne sont pas toujours cohérentes et sont parfois pleines d’arrière-pensées, mais ils« vendent la mêche » et pointent les vrais problèmes, dont les autres ne sont que des épiphénomènes.A approfondir...Rocard ,qui a parfois des éclairs de lucidité désenchantée,ne disait rien d’autre,ce matin sur France-culture : vous pouvez le réécouter sur le site de cette station.


                  • Olivez (---.---.14.214) 3 avril 2006 15:03

                    On répète à l’envie que des centaines de milliers de jeunes quittent la France pour y entreprendre ou trouver un travail. Les chiffres varient en général de 1 à 2 millions de jeunes. Mais ces chiffres n’auraient de sens que s’il étaient comparés au taux des jeunes qui quittent les autres pays européens et en fonction du niveau de diplôme. Quelqu’un dispose-t-il de ces chiffres ?

                    Si on en disposait, on pourrait clairement constater si oui ou non les jeunes diplômés (ou non) quittent plus leur pays en France qu’ailleurs. Sans données, tout raisonnement à l’emporte pièce n’a aucune valeur. Il est normal d’avoir des français à l’étranger ! Il y a aussi des anglais en France, des américains au Royaume Uni, des suédois aux USA, etc !


                    • El_Che (---.---.33.228) 3 avril 2006 17:42

                      Demian,

                      En disant « Et donc a contrario, faudrait-il ne pas tenter son bac plus cinq, et donc faire l’économie des bonnes écoles. » vous négligez le fait que, oui, nombre de jeunes gens feraient mieux de reconnaître qu’ils ne sont pas faits pour des études longues, au lieu de s’enferrer dans des études qui vont les conduire vers le « zéro diplôme », « zéro métier » et « chômage garanti ».

                      L’hypocrisie consistant à vouloir envoyer 80% d’une classe d’âge au bac était, de l’avis même des professeurs qui étaient chargés de l’appliquer, une ineptie puisqu’eux voyaient très bien que beaucoup d’élèves en étaient incapables.

                      Mais elle était, et est toujours, alimentée par l’angoisse des parents, pour qui les filières manuelles, techniques, etc.. vont nécessairement confiner leurs enfants dans un moins-disant social, tout à l’encontre du fameux « ascenceur social républicain ».

                      Et pourtant. Des bac+5 travaillent (en CDI à plein temps !) au comptoir des fast-food et aux caisse de supermarchés, tandis que des plombiers ou des maçons -pas polonais du tout- roulent en Mercedes et se font construire de superbes maisons.

                      Personne ne souhaite renvoyer les intellectuels aux champs, Pol Pot l’a fait et on a vu ce que ça a donné. Mais il serait peut-être temps de se rendre compte que tout le monde n’a pas vocation à devenir un intellectuel !

                      J’abonde d’ailleurs largement dans le sens de la volonté de permettre aux jeunes de démarrer l’apprentissage dès 14 ans, ce qui évitera bien des dérives déliquantes chez ces élèves qui sont stockés jusqu’à 16 dans des « classes poubelles » par ceux-là même qui hurlent à la simple évocation de ce crime de lèse-EducationNationale.

                      Ces mêmes jeunes, après quelques années d’expérience professionnelle, se découvriront sans nul doute des remors d’avoir quitté le système scolaire trop vite. Mais là.. qui va les accueillir ? A part les Chambres de Commerce, personne. Il fallait faire votre Bac+5 dès le départ, les enfants ! Et on retombe dans la vieille angoisse des parents (dont je suis).


                    • Guillaume (---.---.66.24) 3 avril 2006 17:18

                      Pourquoi toujours parlé du libéralisme et de la mondialisation comme LA solution unique et inévitable ? La mondialisation est peut être la meilleur solution économique (a discuter), elle implique aussi de nombreux changement sociaux que l’on est en droit de refuser. De quel droit veux t’on nous imposer un modèle sans un débat démocratique préalable ? Vous pouvez aussi trouver de tres interesante discution (en anglais) sur ce theme sur http://www.opendemocracy.net/home/index.jsp


                      • Z (---.---.107.66) 3 avril 2006 17:37

                        Quand les théoriciens de l’économie et de la politique prendront-ils enfin la mesure des véritables dangers qui nous menacent dans les toutes prochaines décennies ?

                        Vous aurez beau connaître tous les rouages de l’économie, toutes les législations, tout le fonctionnement des multinationales et des systèmes sociaux des différents pays, tous vos beaux discours ne resteront que pur verbiage tant que vous ne vous mettrez pas dans la tête qu’une crise énergétique énorme (pour ne pas parler de la crise environnementale) nous attend à très moyen terme et qu’aucune énergie alternative ne nous permettra de remplacer ne serait-ce que la moitié de notre consommation une fois que les prix du pétrole auront commencé à flamber. Nul ne sait l’ampleur de la crise sociale mondiale qui en découlera.

                        Oui, on a besoin de sécurité. Oui, on a besoin de reconnaissance. Oui, on a besoin d’avenir. Mais le peu d’avenir que nous avons est chaque jour détruit un peu plus par les ravages des économies productivistes, de gauche ou de droite, et dont l’ultralibéralisme est la forme la plus abjecte et la plus nuisible.

                        Vous êtes complètement à côté de la plaque, Monsieur Wacheux, Professeur des Universités. Vous faites fi de toutes les mises en garde des scientifiques. Vous préférez croire celui qui dit que tout va bien même si celui qui dit que tout va mal est le seul à apporter des preuves de ce qu’il dit. Vous êtes enfermé dans votre pensée étriquée de manager qui est à mille lieues de la réalité physique de notre monde. Et ce qui est grave, c’est que la majorité des décideurs sont dans le même cas que vous. Je m’adresse à vous ici, mais ce qui ressemble à une attaque personnelle se veut en réalité un message destiné à tous.


                        • Wacheux Frédéric Wacheux Frédéric 4 avril 2006 01:27

                          Je n’ai pas l’impression d’avoir évoqué la dimension écologique dans l’article. L’ultra productivisme de l’agriculture ou de l’industrie, ne sont pas une voie d’avenir bien entendu. De toute façon, la création de richesse ne se situe plus dans ces secteurs. Evidemment, tout le monde espère que les USA signeront le protocole de Kyoto et que les chinois le respecteront. je suis optimiste sur la nature humaine ! je crois au principe de don et de contre don de Marcel Mauss. A condtion, que la société soit adaptée et permette à chacun d’exercer sa liberté. La première étant de vivre de son travail, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Encore une fois, j’adhère à tous les principes humanistes avancés. Mais « So What ? ».


                        • Wacheux Frédéric Wacheux Frédéric 4 avril 2006 01:34

                          J’ai négocié avec la CGT, il y a quelques jours. Un actionnaire américain a racheté leur papéterie il y a quelques années. Aujourd’hui, pour des raisons libérales de coût de revient, il délocalise en Pologne. Vous pouvez critiquer la décision de cet actionnaire américain et même le taiter de salaud. Mais rien, ni personne, en France ne pourra sauvegarder les emplois de ces 326 ouvriers compétents, conscienceux et dévoués. « So What ? ». Je ne sais pas qui est à coté de la plaque, ni qui est en dehors de la réalité. Je vous invite à relire la fable de la Fontaine : la mouche du coche.


                        • Z (---.---.107.66) 4 avril 2006 11:15

                          Ce qui est à côté de la plaque, justement, c’est de ne pas avoir évoqué la dimension écologique dans l’article ! C’est de placer l’emploi avant toute chose ! Vous pouvez bien reporter la responsabilité écologique sur les autres (les USA, la Chine, c’est toujours les autres de toute façon). La ratification du protocole de Kyoto par les USA permettra peut-être (!) de limiter le changement climatique de manière à ce qu’il ne soit pas trop grave, mais il ne changera en rien les problèmes de pénurie d’énergie, et les conflits qui en découleront inévitablement. Si l’on ne se prépare pas, on court droit à la catastrophe. Maintenant, que vient faire le principe de don et de contre-don là-dedans, vous pouvez expliciter ? A quoi pensez-vous, concrètement ?

                          J’ai lu « La Mouche et le Coche ». Je suis la mouche, admettons... C’est sans doute la façon la plus élégante que vous ayiez trouvé pour me dire de retourner jouer dans ma cour. Mais vous pensez sans doute être le cocher, alors que vous êtes plutôt le moine qui dit son bréviaire.

                          Maintenant regardons en détail ce que vous me dites :
                          - « L’ultra productivisme de l’agriculture ou de l’industrie, ne sont pas une voie d’avenir bien entendu. » Donc vous estimez que l’agriculture et l’industrie doivent redevenir à des modes moins productivistes ? Pourquoi ? Parce qu’ils sont extrêmement pétro-dépendants et que les réserves de pétrole diminuent à vitesse grand V et qu’aucune énergie de substitution non-fossile ne peut rivaliser en quantité. Puis :
                          - « De toute façon, la création de richesse ne se situe plus dans ces secteurs. » Et pourquoi la création de richesse se situe-t-elle dans d’autres secteurs ? Uniquement parce que les gens bénéficient de l’agriculture et de l’industrie ultra-productivistes et peuvent donc se soucier d’autre chose que de produire leur nourriture et leurs objets de la vie courante.

                          Ne voyez-vous pas qu’il est urgent de changer de paradigme ? Je n’ai évoqué aucun principe humaniste. Ce n’est pas de l’idéologie. Ce ne sont que des faits.

                          Au risque de me répéter (car je l’ai dit de nombreuses fois en d’autres lieux), je vous prie de lire le livre « Le plein s’il vous plaît », de Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean. Il y est proposé une mesure qui ferait peut-être mal dans un premier temps mais qui nous éviterait bien d’autres souffrances futures : une plus grande taxation de l’énergie, principalement des produits pétroliers. Mais le mieux est que vous le lisiez par vous-même.


                        • ifelhim (---.---.117.59) 3 avril 2006 17:50

                          Si plus de gens lisaient les rapports de la cour des comptes, ils comprendraient d’où vient le problème et quelles sont les réformes à faire.

                          La première, c’est de supprimer (au moins) un étage à notre pyramide étatique. On va me dire que le problème, c’est que cela entraîne une baisse du nombre de fonctionnaire, mais à moins d’une immigration massive, de toute manière, cela arrivera en raison du « papy boom ».

                          La deuxième, c’est d’oser la simplficication juridique et réglementaire. Nous avons des tas d’experts, des lois pléthorique et cela entraine un joli cafouillage qui draine les energies des personnes dotées de toute la bonne volontée possible.

                          La troisième est de simplifier notre fiscalité. On parle sans arret de l’alléger alors qu’il faudrait plutot, et AVANT, la simplifier, pour savoir qui paye combien et où va l’argent. Actuellement, c’est un flou artistique (surtout sur la manière dont les fonds sont utilisés)...

                          La quatrième enfin, est celle des mentalités. Les rapports de la cour des comptes nous apprennent ainsi que des millions partent en fumée, creusant le trou de la sécu, parce que des personnes se font prescrire chaque année, sans véritable raison médicale, un petit séjour d’un mois en thalasso... Le pire c’est que les médecins, pour garder leurs clients, s’ils ne veulent pas se retrouver au chomage technique, doivent jouer le jeu. Que dire des personnes qui vont jusqu’à 15 fois par mois chez le medecin ou autre spécialiste, même sans raison, là où une ou deux consultations mensuelles suffiraient ?

                          Le libéralisme n’est pas une fin en soi, certes, la solidarité, d’accord, mais il serait temps aussi d’être un peu responsable et de s’assumer au lieu d’attendre quelqu’un pour nous materner...

                          Si certains sont choqués, c’est leur problème. Je veux bien d’un système solidaire mais un système qui déresponsabilise, laissant la porte ouverte à tous les abus, je ne suis pas d’accord, or c’est la situation actuelle. On déresponsabilise de la même manière les jeunes des banlieues. Le plus choquant, à ce propos, c’est qu’en parlant des jeunes « des banlieues » voir des « cités », c’est qu’on les stigmatise alors même qu’une partie du problème vient justement du fait qu’on les place dans une case spéciale.


                          • berlande (---.---.59.73) 3 avril 2006 21:56

                            vrai !

                            d’autres évolutions simplificatrices sont possibles, par exemple dans l’enseignement supérieur public, où les processus de décision sont paralysés par des mécanismes trop démocratiques et où il n’y pas de responsabilisation (acune évaluation)


                          • berlande (---.---.59.73) 3 avril 2006 22:08

                            Dans cette page, le mot « ultra-libéral » apparaît à 6 reprises. C’est assez typique d’une partie des commentaires agoravoxiens.

                            Le plus amusant est celui de Fishlord : « Cette phrase est typique d’un discours qui, soit peine à sortir de la phraséologie ultra-libérale »

                            C’est en l’occurrence Fishlord qui peine à sortir des ornières dans lesquelles s’enfoncent depuis plusieurs années une certaine gauche française, ressassant quelques formules incantatoires fatiguées (les communistes l’ont longtemps pratiqué...).

                            L’article de Frédéric Wacheux tente de prendre de la distance et surtout ne stigmatise personne, il est positif et cherche à identifier le positif qui nous permettra à tous de sortir par le haut de ce blocage. Changeons de point de vue. Beaucoup d’autres sociétés occidentales ou orientales croient plus en l’avenir que nous. Et n’ont pas peur de créer de la richesse.


                          • fishlord (---.---.3.77) 3 avril 2006 19:16

                            Je suis bien d’accord avec toi, ifelhim, bein que je sois plus revendicatif. Je le suis parce que je pense que le système politique français est un système qui déresponsabilise. Et ces sont nos élites, au premier chef, qui sont totalement irresponsables. Si on veut rentrer dans des cas particuliers, les mois en thalasso c’est rien à côté des quadruples ou quintuples retraites de certains élus, si ce n’est leur pantouflage croisé CA de Grandes entreprises - portefeuilles ministériels.

                            Il nous faut, avant tout, un système politique plus démocratique (faisant plus appel à la démocratie participative et au référendum) et surtout, PLUS CONTROLE.

                            On ne peut pas epérer qu’une société « se responsabilise » toute seule ; ça ne s’est jamais vu nulle part. Si elle ne le fait pas, c’est que ses institutions sont totalement inadaptées et non-démocratiques.

                            Avez-vous une idée du nombre de commissions où des gens, nommés par le gouvernement, (entre autres), non élus et donc, ne rendant pas de comptes « démocratiquement » parlant, décident de la vie de leurs concitoyens en France ???

                            Je pense que le chiffre serait effrayant.


                            • (---.---.167.63) 3 avril 2006 20:51

                              Je pense que tu fais erreur en disant que les mois de thalasso c’est rien a coté de la retraite de certains elus. C’est bien l’inverse je pense car c’est l’effet de masse qui fait les deficits abyssaux que nous devons combler chaque année. 3 brebis galeuses se prennent des retraites a 10 000 euros par mois, c’est rien si 2 millions de francais abuse la secu de 100 euros. Dans les 2 cas c’est malhonnete, mais dans le 2eme cas ca revient beaucoup plus cher a la societe.

                              Tout le monde connait forcement quelqu’un qui a abusé un jour ou l’autre du systeme que ca soit secu ou assurance chomage. On ne peut pas se plaindre de nos elites si nous nous comportons de la meme facon, c’est trop facile.


                            • gem (---.---.117.250) 3 avril 2006 20:50

                              « Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre » et « crier comme un sourd »...

                              Des réformes indispensables, qui vont dans le bon sens, « Celui d’une meilleure répartition des fruits du travail, d’une meilleure cohésion de la société, bref, d’une réforme ou une MAJORITE de français, et non une MINORITE, y ait quelquechose à gagner » ? Chiche, Fishlord : supprimer le statut de la fonction publique, et imposer à l’état les contraintes de droit commun. Définir les postes de professeurs en fonction des besoins, au lieu de définir les classes en fonction des professeurs disponibles et d’envoyer les jeunes sans expérience au casse-pipe en ZEP. Voilà qui répond parfaitement à votre définition. Chiche ?

                              Mais c’est tellement plus commode de sortir son révolver (anti-libéralisme) quand on entend le mot culture (réforme)...


                              • (---.---.29.66) 3 avril 2006 21:54

                                HS : Le plus choquant, c’est quand même la stigmatisation d’un pragmatisme ostensible....


                                • berlande (---.---.59.73) 3 avril 2006 22:13

                                  Dans cette page, le mot « ultra-libéral » apparaît à 6 reprises. C’est assez typique d’une partie des commentaires agoravoxiens.

                                  Le plus amusant est celui de Fishlord : « Cette phrase est typique d’un discours qui, soit peine à sortir de la phraséologie ultra-libérale »

                                  C’est en l’occurrence Fishlord qui peine à sortir des ornières dans lesquelles s’enfoncent depuis plusieurs années une certaine gauche française, ressassant quelques formules incantatoires fatiguées (les communistes l’ont longtemps pratiqué...).

                                  L’article de Frédéric Wacheux tente de prendre de la distance et surtout ne stigmatise personne, il est positif et cherche à identifier le positif qui nous permettra à tous de sortir par le haut de ce blocage. Changeons de point de vue. Beaucoup d’autres sociétés occidentales ou orientales croient plus en l’avenir que nous. Et n’ont pas peur de créer de la richesse.

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