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Accueil du site > Actualités > Politique > Le Parti Socialiste : à la recherche de l’échec volontaire (...)

Le Parti Socialiste : à la recherche de l’échec volontaire ?

Je propose ici une hypothèse, discutable certainement, mais qui ne me paraît pas si absurde que cela. Est-ce que le gouvernement actuel tient tant que cela à garder le pouvoir ? Je m'explique. Le dernier premier ministre socialiste a été Pierre Bérégovoy (Je passe sur le cas de Lionel Jospin, à cause de la cohabitation.). Le parti socialiste est donc resté peu ou prou 10 ans dans l'opposition. On aurait pu penser que ce parti aurait mis à profit ce temps assez long pour élaborer des plans de réformes nets, précis , d'une part, et aurait égaiement pensé aux moyens de communications, à la pédagogie à mettre en œuvre pour proposer ces réformes et les faire accepter. Au lieu de cela, nous avons un parti qui a manifestement passé ces dix ans à des querelles d'ego destructrices et surtout stériles. Pourquoi ? Parce qu'en réalité, être dans l'opposition est infiniment plus confortable que de devoir affronter les problèmes...

Les trois premiers mois de Hollande seront un jour étudiés dans les écoles comme l'exemple parfait de tout ce qu'il ne faut pas faire. Il rejoint d'ailleurs en cela son prédécesseur à qui les français n'ont jamais pardonné les premiers jours qui ont suivi son élection. La liste des griefs est longue : impréparation, à peu près, dissonances, reculades, et j'en passe. Faisons un rêve. Qu'aurait dû faire ce parti ? La réponse est à la fois simple et sans doute complexe à mettre en œuvre. Il y avait une attente, comme chaque fois que ce parti arrive au pouvoir, le mot socialiste restant encore dans l’esprit des citoyens, accolé au mot social. C'est de moins en moins vrai, en ce sens que la politique actuelle du gouvernement ressemble de plus en plus à celle du précédent.

Qu'aurait-il fallu faire ? Répondre à l'attente, en proposant immédiatement un grand mouvement de collecte des doléances...je sais que ce terme évoque fâcheusement pour certains le Révolution (On se demande d'ailleurs pourquoi...). En 1789, Une synthèse - apparemment assez fidèle - des cahiers de doléances de chaque ordre et de chaque bailli ou sénéchaussée du territoire des trois ordres, et regroupée par thèmes et têtes de chapitre, fut remise à chaque député des trois ordres, avec mention de l'origine des doléances retenues, et, en préambule, les noms et adresses de villégiature à Versailles de chaque député des trois ordres. On peut imaginer qu'ainsi les députés - lesquels pour la plupart ne se connaissaient pas - ont pu ainsi se visiter, se regrouper et faire converger leurs revendications1. Comme ces cahiers, ou du moins une partie d'entre eux peuvent être lus, il s'avère que si un certain nombre de revendications étaient, disons farfelues, d'autres montrent le bon sens et l'acuité de la réflexion des français de l'époque. Ce ne sont ni de hautes considérations sur le régime qui constituent l'essentiel de ces cahiers, mais un profond souci d'y voir un peu plus clair face à une administration déjà surencombrée de lois particularistes auxquelles plus personne (sauf ceux à qui elles profitent) n'y comprend rien. Que dirait aujourd'hui le citoyen de 1789 en voyant l’entassement infini de lois et de règlements, qui font que, dans un nombre de plus en plus importants de cas, le juge fonde sa sentence sur des motifs erronés, car quelle que soit le problème, il est obligé de juger. L’article 4 du Code civil en disposant que « le juge qui refusera de statuer sous prétexte du silence, de l’obscurité ou de l’insuffisance de la loi, pourra être poursuivi comme coupable de déni de justice », impose au juge une obligation légale de juger, dans tous les cas. Que la loi soit silencieuse, obscure ou insuffisante, le juge doit juger2 ! Et qu'un petit nombre de personnes savent parfaitement jouer des obscurités ou des lacunes de la loi...En toute légalité, bien sûr. Le cas de Yahoo s'ajoute à la longue liste des sociétés qui utilisent tous les moyens légaux pour se soustraire au paiement de l'impôt : Jusque-là, les données des utilisateurs français de Yahoo ! étaient stockées en France. Elles seront, dorénavant, hébergées et protégées par les lois irlandaises. Yahoo ! veut faire de sa filiale de Dublin le siège central de la région EMEA. Les conditions d'utilisation seront modifiées à partir du 21 mars. Si Yahoo a choisi l'Irlande, La fiscalité plus légère pourrait en être le motif, même si Yahoo ! s’en défend. Par le passé, le fisc a déjà infligé un redressement fiscal à la société, car le groupe a, à l'instar de Google, « optimisé » ses revenus. Sans oublier que la filiale de Dublin serait connectée aux îles Caïman, paradis fiscal.

Il aurait été complexe, mais pas impossible d'organiser à partir de chaque commune, des réunions au cours desquelles les citoyens auraient pu s'exprimer librement, et envoyer leur message au gouvernement, qui aurait eu pour mission de l'étudier, d'en extraire toutes les propositions intéressantes, de les exposer aux français et le leur demander de les adopter (ou non) par référendum. On objectera qu’aujourd’hui le référendum fait peur aux gouvernements (il peut le perdre !) et les récents exemples de manipulations sont encore très présents. Mais jusqu'à preuve du contraire, c'est une photographie de l'état d'esprit d'une population. Et puis il y faut de la pédagogie. Un référendum se prépare, s'explique, se discute. Et c'est sur ce point qu'apparaît la faiblesse extraordinaire de ce gouvernement. Pratiquement tout ce qu'il propose, il l'explique mal. Que ce soit sur l'école, la fiscalité, la justice (trois parmi les principales demandes de clarification des français...) la communication est brouillonne. On peut être d'accord ou pas, mais il est hallucinant d'écouter soit une cacophonie, soit des mises au point déclarant que ce qu'untel avait déclaré n'engageait que lui, et surtout des rumeurs plus ou moins inconsistantes mais qui sont le résultat du cafouillage actuel. De même que j'écrivais plus haut qu'on étudiera un jour les premiers mois de Hollande comme l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire, de même on étudiera le cas de la propagation fulgurante de la rumeur sur l'enseignement de la théorie des genres à l'école. Sans entrer dans les détails (d'ailleurs très confus), il me paraît évident que la rapidité et la force de persuasion de cette rumeur est la conséquence directe de la stratégie gouvernementale, ou plutôt de sa non-stratégie, de son pilotage un peu au jour le jour....Derniers exemples en date : Le gouvernement reporte à 2015 (aux calendes...) les lois sur la famille, et annonce en même temps qu'il est prêt « sans tarder » à en examiner certains aspects ! Autre exemple significatif : Vincent Peillon veut-il geler l'avancement des fonctionnaires ? (Le Point.fr - Publié le 05/02/2014 à 22:05 )Selon "Le Figaro", c'est une proposition que le ministre de l'Éducation nationale a soumise mercredi au ministre délégué au Budget Bernard Cazeneuve. Selon Le Figaro, le ministre de l'Éducation nationale Vincent Peillon devait en effet proposer mercredi au ministre du Budget Bernard Cazeneuve de geler pendant deux ans les avancements automatiques à l'ancienneté et les promotions des quelque 5,2 millions de fonctionnaires enregistrés au dernier recensement. L'entourage de Vincent Peillon a néanmoins démenti formellement l'information auprès de RTL. Autrement dit, la communication du gouvernement passe par Le Point, Le Figaro ou RTL ! Qui peut s'y retrouver ?3

Peut-on alors penser que ce gouvernement, et ce parti sont dépassés par les événements ? Mon hypothèse est que, bien que cela ne soit jamais admis, ils sont le lieu d'une sorte de syndrome de la libération à venir, de l'échec salvateur. Être dans l'opposition, hurler contre ce que fait le gouvernement, c'est bien plus facile, et les avantages en sont multipliés à l'infini. On peut passer sans trop de mal pour un homme politique de conviction, sans presque jamais avoir à mettre réellement les mains dans le cambouis. Est-ce de cela que rêve le parti socialiste ? J'en suis convaincu...

Sur la toile, dans la presse et les librairies, les textes associant le PS à une machine à perdre sont nombreux. Ainsi, un article d'Atlantico sous la plume de Patrice Carmouze, auteur de l'ouvrage :"Comment perdre une élection présidentielle à coup sûr", se termine sur ces remarques : « Il n’est pas certain qu’à gauche tout le monde souhaite la victoire d’un socialiste à la présidentielle. Plusieurs notables du PS qui dirigent de grandes villes, des départements ou des régions savent que leur pouvoir serait fragilisé si le PS devait mettre en œuvre sa politique au plan national. Ils ne soutiendront donc leur candidat que du bout des lèvres. Quant aux écologistes, l’intérêt d’une victoire de la gauche ne leur apparaît pas clairement. Nombre d’entre eux pensent que le temps est leur allié et qu’une défaite des socialistes favoriserait une redistribution des cartes. Après tout, on le voit dans le débat sur le nucléaire, s’agissant des stratégies et des modèles de développement, les socialistes sont plus proches de la droite que des Verts. Enfin, le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon n’a plus aucune raison d’exister s’il fait, en cas de victoire du candidat socialiste, alliance avec lui. En revanche, un nouveau mandat de la droite lui permettrait de rendre son discours radical plus crédible ».4

Autre son de la même cloche, sous la plume d'Emmanuel Holmes : Cette cacophonie, cette fluctuation molle des convictions, ces promesses faites en dernier recours pour capter les voix des publics-cible (tels les 60.000 postes dans l'éducation), ce bateau qui tangue, cette voiture qui slalome, cet homme qui se faufile trop visiblement, nous conduisent tout droit vers la défaite.

Quand on sait que cet "observateur politique" (c'est ainsi qu'il se désigne) est hébergé par le Nouvel Observateur, cela ne manque pas de sel !5

Sur le Huffington Post encore, ces mots de conclusion de Natacha Polony interrogeant Manuel Valls..."plus les choses avancent, moins je me sens motivée à apporter ma voix à ce candidat, ou même à ce parti qui donnent à voir un spectacle bien affligeant, en plus de sembler n'avoir pour seul objectif que d'abattre le président en exercice.

Ne parlons pas de leurs tambouilles internes, portées en place publique, de leur linge de plus en plus nauséabond qu'ils ne semblent d'ailleurs pas trop décidés à laver, ne parlons pas de leurs croche-pieds, de leurs chausse-trappes qu'ils se tendent les uns aux autres, de leurs petites bisbilles, pique-nique douille c'est toi l'andouille, et de leurs autres amabilités."

Le Monde, dans son édition du 4 avril 2011, explique que : « Depuis des mois, sous la houlette de Martine Aubry, les travaux thématiques n'ont pas manqué, sur l'économie et la fiscalité, la sécurité et l'éducation, la santé ou l'international, la jeunesse ou la justice. Pour l'heure, il en est sorti une multitude d'orientations et d'idées, mais pas encore les trois ou quatre propositions vigoureuses et percutantes nécessaires pour structurer une stratégie et une campagne.". Le problème c'est qu'on attend maintenant non pas des propositions, mais des actes ».6

Même ceux qui sont à la tête de ce parti ne paraissent guère pressés de rentrer dans un gouvernement et d'éprouver les contraintes du pouvoir. : « Ceux qui disposaient soit du talent, soit des forces nécessaires pour ce genre d’exercice, ont préféré se tenir à l’écart. Barré par Martine Aubry, François Rebsamen a jugé que son influence serait plus forte s’il restait à la tête du groupe sénatorial. Quant à Pierre Moscovici, Vincent Peillon et même Manuel Valls, ils avaient fait le calcul, de longue date, qu’un portefeuille ministériel de haut rang satisferait plus que tout autre poste leur nouvelles ambitions....Ces choix de carrières disent à eux seuls la perte de statut d’un parti qui fut longtemps considéré comme un lieu de pouvoir à nul autre pareil. Entre le poste de premier secrétaire et un maroquin gouvernemental, les grands anciens du parti n’auraient pas hésité un instant. Dans le parcours fléché des éminences socialistes, la case Solferino est longtemps apparue comme le point de passage obligé vers la fonction suprême. Cette époque est désormais révolue. Harlem Désir est sans doute un camarade méritant, doublé d'un apparatchik de fer. Mais il faut une imagination débridée pour l’imaginer, demain, dans le rôle d’un leader politique de première bourre... A Toulouse, en coulisse, ces éminences roses se disputeront farouchement les postes d’un Conseil national dont elles savent pourtant qu’il compte pour du beurre. La vraie marque de la dissolution du PS, celle qu’on constate sans oser la revendiquer, la voilà donc affichée sans complexe. Hier, on se disputait le parti pour ce qu’il savait faire. Désormais, on se le partage par appartement pour que, durablement, il ne serve plus à rien et que la réalité du pouvoir de demain se règle dans d’autres cercles. »7

Pour (presque) couronner le tout, il faut lire ce que Florentin Gastard écrit dans Agoravox sous le titre : Qui veut la peau du Parti socialiste ?  « le PS semble avoir perdu une grande partie de ses idéaux depuis la création de la SFIO en 1905. Sa rupture avec l’aile communiste au congrès de Tours de 1920 en fut le premier signe. Son acceptation du néolibéralisme en 1982 en fut un autre, nettement plus inquiétant que le premier. Enfin, le souhait de certains de ses élus d’accepter le capitalisme et de pencher vers la social-démocratie européenne est la preuve que le socialisme en tant qu’idéologie est pratiquement mort au sein du Parti Socialiste, le socialisme à l’état pur prônant la disparition de la propriété privée des moyens de production (ce que l’on ne retrouve peut-être même pas au PCF et à la LCR...). Ainsi, comme la différence avec la droite de Nicolas Sarkozy se fait plus ténue, il n’y a plus aucune raison évidente de préférer cette conception du socialisme au libéralisme pur et simple. D’ailleurs, la politique extérieure que propose le PS est similaire à celle de la droite : même admiration béate devant Barack Obama, même acceptation du Traité de Lisbonne, même condamnation de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad en Iran, etc...

Une partie des fidèle des François Mitterrand, Jack Lang, Michel Rocard ou encore Jacques Séguéla, ne cachent pas leur affinité avec M. Sarkozy qui se plaisait à les occuper, entre missions diverses et présidences de commissions. De fait, si le parti est idéologiquement mort, il se pose surtout en s’opposant et est se définit à cet égard essentiellement négativement ; il se prononce contre telle ou telle mesure mais ne trouve plus rien à proposer, il n’a plus d’idées propres depuis l’acceptation de l’économie de marché. le problème du Parti Socialiste n’est plus une question de personnes, mais une question d’idées : seule une révolution intellectuelle à gauche aura raison, espérons-le, de ce parti sclérosé et en inadéquation avec lui-même, et de son allégeance traîtresse au libéralisme économique.

Tout ceci n'est guère engageant, surtout quand on songe que la plupart de ces observations sont issues de milieux proches de la Gauche. Toutefois, pour justes qu’elles soient, elles ne me semblent pas toucher au fond du problème, qui est la relation entre le parti socialiste et le pouvoir. De ce point de vue, l'analyse qui me semble la plus pertinente est celle de Gérard Grunberg 8. Il pose la vraie question : le Parti socialiste veut-il vraiment gouverner ? Et il ajoute que « Le Parti socialiste lui-même, et en particulier sa direction, doivent mieux assumer leur rôle de parti de gouvernement. Lorsque le Premier secrétaire du Parti socialiste, oubliant qu’il n’est plus le dirigeant d’SOS racisme, contredit immédiatement le président de la République, au milieu d’une grave crise politique, c’est l’ensemble du dispositif socialiste qui est ébranlé. Déjà, en 1981, lorsque Lionel Jospin prit la direction du Parti socialiste, il déclara étrangement que son parti serait « aux côtés du pouvoir ». Il traduisait le malaise d’un parti qui se retrouvait au pouvoir dans un régime politique qu’il condamnait en réalité à cette époque. Le socialisme français, une nouvelle fois et sous une nouvelle forme, était pris par le remords du pouvoir. Depuis l’élection de François Hollande les choses ont encore empiré. Ce parti semble oublier que ce sont les siens qui sont au pouvoir. Il est en apesanteur politique, ne sachant quel est son rôle, et regardant le pouvoir socialiste comme presque étranger à lui-même, se contentant de commenter son action, voire de la critiquer, comme si celle-ci ne l‘engageait pas. Repris par leur ancien remords du pouvoir, les socialistes veulent-ils vraiment assumer la responsabilité du pouvoir ? Si la réponse est oui, adopter une posture « contre le pouvoir » n’est-elle pas alors suicidaire ? Et si la peur de perdre leur âme au pouvoir les étreint à ce point, peuvent-ils demeurer un parti de gouvernement ? »

Toute la question est là !

Il serait intéressant de pousser les dirigeants socialistes dans leurs derniers retranchements pour savoir ce qu'ils en pensent vraiment. Gérard Grumberg, dans un autre article va semble-t'il au fond des choses quand il écrit que « Guy Mollet, dans son dernier grand discours politique, au Congrès d’Epinay en 1971, affirmait qu’il n’y avait plus désormais de solution pour le Parti socialiste dans le cadre du capitalisme. Si c’est ce que pense la gauche du Parti socialiste, il faut qu’elle le dise. Mais alors il lui faut abandonner l’ambition du pouvoir et réactiver le remords du pouvoir qui, avant 1971, a conduit longtemps le Parti socialiste à préférer être dans l’opposition. Gouverner ou s’opposer, il faut choisir !9

Il semble parfois que les personnes qui exercent le pouvoir n'en aient pas mesuré toutes les implications morales et psychologiques. Pour maîtriser le pouvoir, il faut faire la différence entre « pouvoir pour » et « pouvoir sur ». Lorsque le pouvoir que l’on exerce se base sur des valeurs, qu’il est conforme à notre institution et qu’il est indépendant de nos intérêts personnels nous sommes dans une posture de « pouvoir pour ». Ce malaise vis à vis du pouvoir me semble plus particulièrement toucher les responsables qui se disent, ou se pensent à gauche, que les autres. Sans doute quelque chose, dans leur éducation, leur fait penser que le pouvoir est forcément mauvais. Il y aurait ici une analyse à faire sur les liens entre une pensée de gauche et les racines judéo-chrétiennes de notre société.

Une dernière série de remarques paraît nous entraîner aux antipodes de la Gauche, mais ne m'en semble pourtant pas si éloignée. Il s'agit de l'essai qu'a consacré Marie-Eve Malouines à Nicolas Sarkozy : le pouvoir et la peur.

L'analyse détaillée de cet ouvrage bien construit et argumenté sort du cadre de cet article, mais il est intéressant de constater que si, selon elle, Le pouvoir est un antidote à la peur, c'est aussi un révélateur et un amplificateur des failles du premier personnage de l’État. Pour se rassurer, Nicolas Sarkozy a organisé une compétition incessante, dont il se doit d'être naturellement le plus fort. Ce mode de gouvernance fondé sur la peur et la méfiance met sous tension son entourage, ses ministres, tout l'appareil d’État, sans que les résultats soient probants en matière de réformes.

Disséquant la "rupture" prônée par le candidat lorsqu'il cherchait à conquérir le pouvoir, l'auteure montre que le président en son palais est du genre conservateur. Là encore à cause des peurs héritées de l'enfance. S'il pique régulièrement des colères, il ne limoge pas. Son entourage ressemble de plus en plus à un aréopage de patriarches : Claude Guéant (65 ans), Raymond Soubie (70 ans), Jean-David Levitte (64 ans), dont la présence le rassure...

Se pourrait-il que la peur soit, par-delà ce qui les sépare, le lien entre ces deux idéologies ? Chacun fait ce qu'il peut avec sa ou ses peurs. Mais entre le « je n'ai pas peur » de Sarkozy et le "Je n'ai pas la main qui tremble" d'Ayrault, la différence est sans doute plus mince qu'il n'y paraît.

1Wikipedia, cahiers de doléances.

2Le Conseil d’État a décidé aujourd'hui de renvoyer le sort de Vincent Lambert devant une formation collégiale. Celle-ci devrait décider du sort de ce trentenaire, dans le coma depuis 5 ans, dans le courant de la semaine prochaine. Vu l'ampleur des réactions sur ce dossier et la très grande difficulté des questions posées, le président de la section du contentieux du Conseil d'État, exclut que cette affaire soit tranchée par un seul juge. Il est exceptionnel de renvoyer une affaire en Conseil d’État à l'appréciation d'une formation collégiale, même si la procédure le prévoit. C'est arrivé lors de la modification du tracé des pistes de Roissy et également avec les risques engendrés par les travaux des Halles, à Paris. Cette formation peut comporter jusqu'à 17 juges. Elle est rarissime.

3(Le NO) : Vincent Peillon dément cette information mais "Les Echos" maintiennent qu'il existe une proposition de gel de l'avancement des fonctionnaires. Qu'en pensez-vous ?

- On ne sait pas pourquoi cette rumeur circule. Nous n'avons pas d'autres informations que celles publiées par la presse. La ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu elle-même dit ne pas savoir d'où cela vient.(Propos de Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, recueillis jeudi 6 février, par Louis Morice - Le Nouvel Observateur)

http://tempsreel.nouvelobs.com/social/20140206.OBS5385/fonctionnaires-le-gouvernement-doit-faire-taire-la-rumeur.html

4http://www.atlantico.fr/decryptage/comment-perdre-election-presidentielle-coup-patrice-carmouze-extraits-219813.html

5http://leplus.nouvelobs.com/contribution/218213-francois-hollande-la-machine-a-perdre-du-ps-est-lancee.html

6http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/12/11/2657980_le-ps-la-machine-a-perdre-est-elle-en-marche.html

7A Toulouse, en coulisse, ces éminences roses se disputeront farouchement les postes d’un Conseil national dont elles savent pourtant qu’il compte pour du beurre. La vraie marque de la dissolution du PS, celle qu’on constate sans oser la revendiquer, la voilà donc affichée sans complexe. Hier, on se disputait le parti pour ce qu’il savait faire. Désormais, on se le partage par appartement pour que, durablement, il ne serve plus à rien et que la réalité du pouvoir de demain se règle dans d’autres cercles.

8http://www.telos-eu.com/fr/la-gauche-dans-le-piege.html#sthash.g62J46GK.dpuf

9 http://www.telos-eu.com/fr/vie-politique/la-gauche-socialiste-a-peur-du-pouvoir.html#sthash.6GnbiUjQ.dpuf


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17 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 22 février 2014 09:25

    Bonjour, Robert.

    Ce qu’aurait dû faire Hollande ? De mon point de vue, mettre immédiatement sur pied une véritable politique socioéconomique conforme à ses promesses de campagne. Mais on savait que son tempérament foncièrement libéral ne le portait pas vers cela, mais plutôt vers une politique à la Schröder ou à la Blair.

    En conséquence de quoi, s’il avait été plus avisé et plus machiavélique, il aurait accepté la main tendue par Bayrou, mis en place un gouvernement resserré pour rompre avec les ineptes pléthores qui prévalaient, dressé un bilan au vitriol de la décennie précédente pour justifier les potions amères, et engagé dès les premières semaines la politique de droite qu’il entendait mener. En agissant ainsi, il aurait peut-être provoqué un schisme à gauche, mais il aurait provoqué le même schisme à droite et jeté les bases d’un large regroupement au centre. Bref, un scénario de cauchemar pour un type comme moi. Mais un scénario qui pouvait être gagnant pour lui.


    • claude-michel claude-michel 22 février 2014 09:54

      Le PS ne voulait pas du pouvoir...mais Hollande en rêvait...D’ailleurs depuis bientôt deux..il prouve (le PS) largement leur incompétence à gouverner.. !


      • JL JL 22 février 2014 11:50

        Article courageux de quelqu’un qui y croit encore.

        Le PS n’est que le duettiste de l’UMP, ces deux partis complices qui ont fait de notre démocratie une démocrature, selon le mot de l’un de leurs chiens de garde qui s’employait sur France Inter à nous désinformer copieusement sur les troubles en Ukraine.


        • Fergus Fergus 22 février 2014 13:11

          Bonjour, JL.

          Le PS n’est en effet qu’une version à peine plus soft de l’UMP. Seules différences positives pour le moment entre le sarkozysme et le hollandisme, les obligations (encore insuffisantes) faites aux élus en matière de transparence patrimoniale et de non-cumul des mandats.


        • JL JL 22 février 2014 15:28

          Bonjour Fergus,

          Le PS une version plus soft que l’UMP ? Je dirais que les domaines de prédilections et les styles sont différents. Seul le style peut être qualifié de plus soft pour l’un, décomplexé pour l’autre en effet. Des réformes de Sarkozy je disais qu’elles se faisaient à la hussarde. C’est aussi ce que disait Villepin, et qu’on peut qualifier de stratégie du choc. Mais l’ABCD de l’égalité relève aussi selon moi, de la stratégie du choc : le choc sur les esprits dès le plus jeune âge. Et ce choc là est bien plus traumatisant.


        • Fergus Fergus 22 février 2014 16:54

          @ JL.

          Très franchement, je ne comprends toujours pas le bruit excessif qui a été fait autour de l’ABCD. Je ne nie pas qu’il puisse y avoir, ici et là, des utilisations quelque peu tendancieuses, mais cela semble très marginal. Qui plus est, les très rares enseignants enclins à aborder la « problématique » du genre pouvaient très bien faire intervenir des personnes extérieures et s’appuyer sur d’autres documents que l’ABCD.


        • JL JL 22 février 2014 19:47

          Fergus,

          ce n’est pas le lieu ici pour en discuter.

          Là ce serait mieux :

          Puissance des lobbies, fin de la démocratie, retour à la barbarie

        • julius 1ER 22 février 2014 14:06

          Le parti socialiste est donc resté peu ou prou 10 ans dans l’opposition. On aurait pu penser que ce parti aurait mis à profit ce temps assez long pour élaborer des plans de réformes nets, précis , d’une part, et aurait égaiement pensé aux moyens de communications, à la pédagogie à mettre en œuvre pour proposer ces réformes et les faire accepter.

          @l’auteur,
          votre thèse se trouve dans cet énoncé, 10 ans de luttes stériles pour le pouvoir comme quoi la soupe est bonne et aucune idéologie de rechange si ce n’est l’adoption du tout marché qui est un désastre, n’en déplaise à Spartacus......
          je suis d’accord avec une chose c’est la faillite du PS pas du socialisme, ce n’est pas la même chose, mais reste à savoir ce qu’on veut bien mettre dans la clause « socialisme » au 21 ie siècle, pour ce faire il faut redonner le pouvoir aux citoyens avec l’initiative référendaire et non pas ânonner, « 6ie République » encore que certains socialistes ne s’en revendiquent plus beaucoup .... pour redonner du sens à la République et retrouver le sens du bien commun il faudra remettre en place des états généraux pour une nouvelle constituante, mais déjà il faut redéfinir ce qu’est le vivre ensemble, et surtout quel sens on lui donne et quels moyens........................mais là je crois que l’on ne peut malheureusement pas faire confiance aux spécimens qui nous dirigent ............ 

          • Fergus Fergus 22 février 2014 14:33

            Bonjour, Julius.

            Entièrement d’accord avec vous, le PS n’a plus rien à voir avec le socialisme. Ce n’est donc pas ce dernier qui doit être condamné, mais le parti qui a trahi ses valeurs pour s’aligner sur celle de la droite libérale.


          • serge42 serge42 22 février 2014 14:49

            Sarko 1er et Normal 1er ont simplement fait un passage de bâton !
            Un tour de passe-passe en somme.
            Et c’est bien cela que les français voulaient ?!
            Ils ont préféré Blanc Bonnet à Bonnet Blanc, un point c’est tout !
            Vous parlez à juste titre de valeurs, mais la seule valeur valable en politique est celle du pouvoir pour.....la place et le confort qu’elle amène !!
            Quel âne bâté irait compromettre ses intérêts personnels pour l’intérêt général ?
            Existe-t-il ou elle ?
            Et si il ou elle existait, cela finirait surement en suicide ?!
            En tout état de cause je cautionne complètement votre article, et pour le résumer, si je peux me permettre, le PS à l’instar de beaucoup d’autre est devenu un simple appareil à promotion personnelle dans un monde binaire de type nord-américain et le peuple et ses aspirations me direz-vous, et bien, qu’ils aillent se faire f.... moi j’ai un cour de golf avec un ami du Golfe !
            Bien à vous Robert.


            • VélociLactor 22 février 2014 18:33

              Bonsoir à vous,
              Je ne pense pas que le problème du gouvernement actuel provienne d’une culture de l’opposition. Si sa politique est si proche du précédent, c’est avant tout à cause d’une contrainte : l’UE.
              En effet, vous vous plaignez de l’entassement de lois et règlements, une bonne partie d’entre eux nous provient de Bruxelles, qui légifère sur à peu près tout en limitant notre marge de manoeuvre. Résultat : nous sommes contraint à des politiques d’austérité et ne pouvons relancer l’économie (par exemple par de grands investissement type keynésiens, ce qui correspondrait à l’idéologie de gauche) et en sommes réduits à ne parler que des seuls sujets sur lesquels nous avons encore un soupçon de compétence : les sujets sociétaux et les coucheries du Président, le reste se décidant ailleurs. C’est pour cela que votre idée de référendums massifs est, bien qu’enviable, actuellement irréalisable, car certains sujets et certaines réformes importantes (économie, commerce, immigration, etc ...) font partie des compétences réservées de la Commission européenne (qui, faut-il le rappeler, n’est élue par personne) et nécessiteraient de revoir les traités pour qu’on y touche.
              Dans tous les cas, le PS ne peut plus faire du social car l’UE l’interdit en monopolisant les flux financiers (qui régissent notamment les délocalisations, ce que le gouvernement ne peut donc interdire), en préconisant des politiques de plans sociaux et d’austérité (qui ont donné lieu au recul de l’âge de départ à la retraite par exemple), etc ... La ressemblance entre les politiques des deux partis provient de ce qu’ils ne s’opposent que sur des points de détail au regard des enjeux nationaux.
              Vous me direz qu’ils veulent changer l’UE ! Foutaises : la gauche fait campagne sur « une autre Europe » depuis 30 ans, de même pour la droite. L’ensemble de la sphère politique est au final accaparée par des « changeurs d’Europe », de Le Pen jusque Mélenchon, qui n’expliquent cependant pas que pour changer l’UE, il faut revenir sur les traités en les modifiant à l’unanimité, c’est à dire de mettre 28 pays d’accord à chaque fois, ce qui relève d’une probabilité infinitésimale.
              C’est pourquoi l’Union Populaire Républicaine de François Asselineau propose une sortie unilatérale de l’UE, de l’OTAN et de l’Euro, comme autant de facteurs qui restreignent la marge de manœuvre de la politique nationale. Boycotté par les médias, ce parti créé ex-nihilo compte aujourd’hui plus de 4000 adhérents (soit deux fois plus que le Nouveau Parti Anticapitaliste de Besancenot, pourtant médiatisé).
              Je vous invite à regarder la conférence de François Asselineau : « Les partis politiques respectent-ils l’intelligence des français ? » http://www.youtube.com/watch?v=AXr4UPnJSfQ


                • Ruut Ruut 23 février 2014 06:09

                  En fait c’est douloureux de voir la gauche gouverner avec les pleins pouvoirs.
                  C’est ça la démocratie.


                  • JL JL 23 février 2014 09:47

                    Le PS n’est pas la gauche.

                    Il faut croire que ça a été douloureux de voir l’UMP gouverner, puisque Sarkozy s’est fait jeter comme un malpropre.

                    Se faire virer comme un malpropre pour un président de la République, c’est ne pas être réélu à la fin de son premier mandat.


                  • zygzornifle zygzornifle 23 février 2014 10:14

                    Pas besoin de chercher l’échec.....il est la....


                    • zygzornifle zygzornifle 23 février 2014 10:15

                      Le parti Fauxcialiste nous fait chercher les chèques pour payer les impôts TVA et taxes diverses qu’il à multiplié comme le seigneur multipliait les pains .....


                      • epicure 23 février 2014 20:16

                        La raison :
                        le PS n’est plus un parti politique mais un parti de politiciens.

                        Il n’a plus de valeurs, ni d’idées, ce qui compte dans le parti ce sont les élus.
                        C’est devenu un parti de carriériste, dont la seule ambition « pour la nation » c’est d’avoir un poste d’élu.
                        Or un parti au gouvernement surtout en période de crise a toutes les chances de faire des mécontents, et cela risque de se répercuter sur toutes les élections, ce qui se traduit par des pertes de sièges, donc d’élus.
                        Pour 1 président et 50 députés et 30 ministres de plus, ils peuvent perdre des centaines ou milliers d’élus dans les mairies, le conseils régionaux etc....
                        Donc dans l’optique du parti c’est moins rentable, alors que dans l’opposition à Sarkozy, ils ont raflé tous les scrutins locaux et donc gagnés des centaines d’élus.

                        Ils n’ont pas d’idéologie, ni de volonté, donc il cèdent à toutes les pressions, notamment celles de l’Europe, du patronat, etc.... et même aux pressions de l’extrême droite sur les sujets où ils osent avoir une position affirmée. Du coup c’est une succession de retournement de vestes, de cafouillages, de reculs etc....

                        SI mélanchon est sorti du PS et créer le PG, c’est justement pour sortir de ce marasme qui ne fait pas bouger les choses. Le FdG est lui toujours cohérent critiquant les mêmes mesures que sarkozy pour les mêmes raisons, ce que ne fait pas le PS, sauf mouvement marginal ( la gauche du PS qui a voté contre les traités scélérats que leurs collègues ont voté ou laissé passé ).

                        Indépendamment de ça, la vrai gauche et Le Pouvoir, ce n’est pas une histoire d’amour parce que les vrais idées de gauches tendent à diluer le pouvoir et à rejeter la notion de pouvoir personnel. Le pouvoir de gauche est à l’aise dans des assemblées..
                        C’est tout le contraire de ce que nécessite une présidentielle, à qui il faut penser chaque matin en se rasant (ou en s’épilant), et avoir une grosse ambition personnelle pour sortir seul au sommet parmi 40 millions de citoyens.

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Llambias Robert


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