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Le Pen et le Grand Marché Transatlantique

L'argument phare des anti-Le Pen : la signature du Grand Marché Transatlantique. Pour ceux qui ne savent pas ce que c'est, plusieurs articles sur AgoraVox en font un bon résumé. Et là, à une semaine de l'élection, surprise : un communiqué de Bruno Gollnisch vient faire s'effondrer le mythe d'une Le Pen mondialiste.

Le Front National au service du Nouvel Ordre Mondial ?

Le Pen était donc accusée par certains de faire le jeu du Nouvel Ordre Mondial en ayant voté pour ce Grand Marché Transatlantique. Accusation plus ou moins absurde pour qui a pris la peine de se renseigner sur le véritable parcours de la famille Le Pen, qui bien qu'ayant des prises de position extrêmes et xénophobes (au sens véritable de la peur de l'étranger) n'en a pour autant été que des plus nationalistes, ayant toujours loué la culture française et les attributs de la patrie.

Il fallait donc s'en remettre à son instinct pour se persuader que Le Pen n'était pas au service de l'oligarchie mondiale. L'obstacle psychologique était de taille. Mais c'était sans compter sur un récent communiqué du conseiller de Marine Le Pen aux Souverainetés, titre pour le moins étonnant soit dit en passant, qui tombe, à sept jours des élections, à pic pour rassurer ceux qui pouvaient avoir des doutes.

Dans ce récent communiqué intitulé Non ! Le FN ne soutient pas le marché transatlantique, Bruno Gollnisch fait donc savoir, entre autre :

"L’un des votes incriminés porte non pas sur l’ensemble d’un texte (RC6-0209/2008) mais sur un amendement, dont le rôle, comme chacun sait ou devrait savoir, est de modifier le texte initial. L’autre vote porterait sur une autre résolution (B6-0280/2008). Là, c’est pire : cette résolution n’a pas été mise aux voix."

D'après les tenants de la thèse selon laquelle Le Pen serait en faveur de ce Grand Marché Transatlantique, le site Votewatch, qui recense les votes des députés européens, indiquerait qu'elle aurait approuvé son adoption.

Seulement, comme vient très justement le faire remarquer Gollnisch, ce vote concernait un amendement concernant le paragraphe 4 du texte original. Notons au passage que Le Pen s'est abstenu le même jour à propos d'un autre amendement, concernant cette fois le contenu du document se situant après le paragraphe 37.


Mais pour quoi a donc voté Le Pen ?

Le fameux paragraphe 4 a connu l'évolution suivante :

Le Parlement Européen :

4. estime que les résultats atteints par le CET depuis sa création démontrent que le marché transatlantique ne peut s'établir avec du travail administratif uniquement, mais que la réalisation de cet objectif nécessite une orientation politique forte et continue ; encourage le CET à poursuivre ses efforts de façon résolue ;

4. estime que les deux administrations devraient établir d'ici au sommet de 2009 entre l'Union européenne et les États Unis une feuille de route exposant comment concrétiser, dans un cadre spécifique, l'engagement à long terme de réaliser le marché transatlantique ;

C'est donc pour l'adoption de cette modification qu'a voté Le Pen, la résolution à propos du Grand Marché Transatlantique n'ayant, selon Gollnisch, même pas été mise aux voix. Démocratique Europe.

Ce vote ne représente donc en aucun cas le souhait du Front National de fondre la France dans un bloc atlantique qui volerait sa souveraineté à la France. J'en fais même l'interprétation personnelle inverse : le second paragraphe me paraît moins sujet à prises de libertés de la part des décideurs que le premier, où l'ambiguïté de l'expression "une orientation politique forte et continue" laissait la porte ouverte à tous les débordements.

Il n'existe donc à l'heure actuelle aucune preuve militant en faveur de la soumission de Le Pen à l'oligarchie mondiale. Hollande, Sarkozy et Bayrou, tous trois membres du club Le Siècle et favorables à l'instauration d'un Nouvel Ordre Mondial, ne peuvent manifestement pas en dire autant.




par Al West mardi 17 avril 2012 - 42 réactions
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  • Par latortue (---.---.---.28) 17 avril 2012 11:27
    latortue

    MBDX33
    quand on veut tuer son chien on l’accuse de la rage cessez donc sans arret Messieur les pro mélenchon de dénigrer sans savoir vous écoutez gentiment votre aboyeur professionnel qui dégoise des mensonges sur le FN .
    voici par contre des vérités sur la gauche vérités qui ne vous ferons peut être pas plaisir .si on veut fouiller un peu dans les poubelles de l’histoire on trouve des choses qui ferons surement plus rougir la gauche que le FN


    http://www.youtube.com/watch?v=GE7P2HkUTl0&feature=related


    une partie de la gauche antiraciste des années 1920 et 1930, mobilisée autour de la LICA s’est massivement ralliée au pacifisme en 1938, avant de rejoindre le régime de Vichy ou les mouvements ultra collaborationnistes. A l’inverse, il souligne que la droite républicaine mais aussi les partis « nationaux » – Camelots du roi ou Jeunesse patriotes – ont joué un rôle décisif dans l’essor de la Résistance française à ses débuts.

    René Belin, numéro 2 de la CGT déclare à la revue anti-raciste « Droit de vivre » en juin 1939 : « La classe ouvrière est profondément anti-raciste. Je suis entièrement d’accord avec l’action de la LICA ». Cela ne l’empêche pas de devenir ministre de la production industrielle et du travail du maréchal Pétain et de figurer parmi les signataires du statut des Juifs du 8 octobre 1940.

    Gaston Bergery, membre du parti radical, écrit en 1936 « Le racisme et l’antisémitisme sont contraires à l’idée de Nation… C’est la diversion, le recherche du bouc émissaire, et c’est là une opération abominable ». Cependant, il vote les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940, devient un militant actif de la Révolution nationale et de la collaboration, avant d’être nommé ambassadeur du maréchal à Moscou puis à Ankara.

    Georges Bonnet, député radical-socialiste, ministre des affaires étrangères en 1938 et 1939, président d’honneur du « Deuxième congrès international du rassemblement mondial contre le racisme » déclare en 1938 « La France doit donner l’hospitalité à tous ceux dont la vie est menacée ». Pourtant, lui aussi devient un notable de Vichy et approuve la rencontre de Montoire entre Pétain et Hitler dont il salue le « caractère historique » car « marquant le début d’une organisation nouvelle de l’Europe dans laquelle la France et l’Allemagne, chacune avec son génie, doivent tenir une place… »

    Gratien Candace, député de gauche de la Guadeloupe proclame en janvier 1939 que « le racisme est la plus grande honte politique et sociale du XX ème siècle ». Lui aussi vote les pleins pouvoir au régime du maréchal Pétain et entre dans le « Conseil national » de Vichy. Charles Pivert, militant à la SFIO déclare lors d’un congrès de la LICA que « le fascisme comme le racisme, est un état de régression sociale ». Pourtant, il adhère sons l’occupation à une organisation collaborationniste « France-Europe » et écrit dans la revue « Germinal ». Eugène Frot, député socialiste, plusieurs fois ministre, est membre d’honneur « du centre de liaison des comités pour le statut des immigrés » (lié à la LICA). Il vote pour Pétain en juillet 1940, intègre le Conseil national de Vichy et « l’amicale lavaliste ».

    II/ Intellectuels, écrivains, journalistes

    L’auteur cite divers intellectuels et écrivains, connus pour leur engagement humaniste et antiraciste, dans les années 1920-1930 qui se sont ralliés au régime de Vichy, par pacifisme, et ont soutenu, à des degré divers, le principe de collaboration : Georges Blondel, René Laforgue, Marcelle Capy, Jean Cocteau, Jean Giono, Maurice Rostand, Marcel Aymé, Pierre Benoit, Jacques de Lacretelle, Marcel Jouhandeau, André Thérive.

    Les journalistes sont nombreux à avoir ainsi basculé de la défense des bons sentiments humanitaires et anti-racistes à un soutien inconditionnel du régime du maréchal Pétain : Emile Roche et Pierre Dominique (« La République  »), Robert de Beauplan, Stéphane Lauzanne (rédacteur en chef du Matin), Léon Bailby (Le Jour), Alain Laubreaux (l’Oeuvre,  journal de gauche avant l’occupation). Certains vont même prendre des positions pro-allemandes : Pierre-Antoine Cousteau (rédacteur en chef de Paris-Soir) ; Jean Luchaire (patron des Nouveaux Temps), homme de gauche dans les années 1920 et 1930, devenu hitlérien après l’occupation.

    III/ Personnalités de l’ultra-collaboration

    Deux sont particulièrement célèbres :

    Marcel Déat, député SFIO, crée l’Union socialiste républicaine en 1935 et soutien le Front populaire, membre du comité de vigilance antifasciste, chantre de l’antiracisme dans les années 1920 et 1930 : « Il n’y a pas de pays qui soit plus réfractaire que la France à la notion de race, elle qui est l’admirable résultante historique de mélanges constants et de métissages indéfinis »… Les bons sentiments de Marcel Déat le conduisent au pacifisme (« Mourir pour Dantzig, non !), puis le transforment en partisan fanatique de la collaboration avec le Reich hitlérien.

    Jacques Doriot dirige les Jeunesses communistes à partir de 1923, maire de Saint Denis en 1931, haut responsable du PCF, il crée sont parti populaire français en 1936. Dans les années 1920, il est l’avocat passionné de l’antimilitarisme et de l’anticolonialisme. Contrairement au reste du Parti communiste, il est proche de la LICA, condamne avec véhémence le racisme et l’antisémitisme. A partir de 1940, il prône l’intégration de la France dans l’Europe nationale socialiste, crée la légion française des volontaires qui combat en Russie aux côtés de la Wehrmacht.

    L’auteur ne se limite pas à ces deux noms et présente le parcours de nombreuses personnalités, plusieurs centaines, venues de la gauche, dans les années 1920-1930 le plus souvent socialistes ou communistes, qui ont ainsi basculé du culte des bons sentiments humanistes à l’engagement ultra-collaborationniste, par exemple : Marc Augier (mouvement des auberges de jeunesse), Jean-Marie Marcel Capron (maire d’Alforville, PC), Jean-Marie Clamamus (maire de Bobigny, PC), Paul Perrin (député SFIO de la Seine), André Grisoni (radical-socialiste, maire de Courbevoie), Maurice Levillain (président du conseil général de la Seine – SFIO), Barthélémy Montagnon, Paul Rives (SFIO), René Château (député radical-socialiste, membre de la ligue des droits de l’homme), Claude Jamet (proche des communistes et des socialistes), Camille Planche (SFIO), Léon Emery (ligue des droits de l’homme, comité de vigilance anti-fasciste), George Dumoulin (CGT, SFIO), Maurice Ivan Sicard (venu de l’extrême gauche anti-fasciste), Pierre Thurotte (SFIO), Pierre Bonardi (LICA), Adrien Marquet (SFIO, maire de Bordeaux), etc.

    la résistance trouve en grande partie ses origines dans la droite française, la droite républicaine mais aussi dans les mouvements nationalistes comme les Camelots du Roi, les Jeunesses Patriotes, dont de nombreux militants ont refusé de suivre Maurras lorsque celui-ci a approuvé l’accord de Munich, l’armistice et la Collaboration. Parmi ces initiateurs de la Résistance française se trouvent notamment D’Estienne d’Orves, Rémy, Pierre Fourcaud, Maurice Duclos, André Dewavrin, Loustanau-Lacau, Marie-Madeleine Fourcade, Colonel Groussard, Pierre Nord, le Colonel arnould, Henri Frenay, Pierre de Benouville,  Charles Vallin, les frères François et Henri d’Astier de la Vigerie, etc.

  • Par Al West (---.---.---.179) 17 avril 2012 12:02

    Je copie/colle la réponse qu’aurait faite Marine Le Pen à un internaute l’interrogeant par courriel à ce sujet :

    Pour être tout à fait précis, le vote auquel vous faites référence est une vote sur un amendement au texte et non sur le paragraphe 4 du dit texte et encore moins sur l’ensemble.

    Certains amendements sont parfois moins nocifs que le texte initial et contribuent quand ils sont adoptés, à édulcorer l’ensemble.

    Sachez que les députés du FN votent systématiquement contre tout accord de libre-échange que la Commission signe avec le reste du monde. Ils s’opposent également au marché transatlantique qui est un marché commun avec les Etats-Unis établi selon des règles inéquitables.

    Bien cordialement

    Marine Le Pen

  • Par Al West (---.---.---.179) 17 avril 2012 10:29

    Vous considérez ce qu’ils ont voté sans prendre en compte ce que cela remplace. Le second paragraphe 4 est moins pire que ce qu’il était avant, puisque le premier laissait la possibilité de faire tout et n’importe quoi au vu de l’expression ambiguë utilisée. C’est un moindre mal qu’ils ont voté.

  • Par Al West (---.---.---.179) 17 avril 2012 11:06

    Attendez, s’ils avaient voté contre cet amendement, vous avez conscience qu’ils auraient légitimé le premier paragraphe ? Ce premier paragraphe qui dit clairement ce qu’il dit : il faut dépasser le cadre administratif. Alors que le second paragraphe, encore une fois, se cantonne, lui, à des décisions administratives.

    Soyez honnête, si Marine Le Pen avait voté contre, vous auriez été le premier à dire qu’elle ne voulait pas d’un allégement de ce grand marché transatlantique. Ce vote est parfaitement cohérent pour qui est contre l’instauration de cette zone euro-états-unienne.

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