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Le Pen et les mots

J’ai déjà eu l’occasion de faire remarquer la richesse du vocabulaire de Jean-Marie Le Pen. En voici un exemple concret. Je l’ai entendu ce soir au JT de PPDA, parlant de Royal, Bayrou et Sarkozy, qui pour lui sont « les représentants d’un système qui a mené la France au désastre  », nous expliquer «  qu’ils vont essayer de l’amodier »...



Connaissez-vous le verbe amodier ? Je n’en trouve que quelques centaines d’occurrences sur Yahoo...

Si vous ne le connaissez pas, vous aurez peut-être le réflexe d’ouvrir le Petit Larousse :

Amodier. v.t. Concéder par amodiation.

Bon, c’est un de ces jeux de piste qu’affectionnent les lexicographes. Allons voir amodiation :

Amodiation. n.f. DR. Exploitation d’une terre ou d’une mine moyennant une redevance périodique.

Le Petit Robert donne à peu près les mêmes définitions.

Mais alors, que cherche à nous dire Jean-Marie Le Pen ? Quel rapport avec l’agriculture ou les mines ? En fait, ce verbe a un homographe, encore moins fréquent, qui signifie « aménager ». Le premier amodier vient de modius, « boisseau, muid (de blé) », le second de latin modus, « mesure » (comme mode, modérer, etc.). Ce deuxième amodier est si peu fréquent qu’il n’est même pas dans les dictionnaires courants.

Étonnant, tout de même, pour le champion supposé du populisme !

par Jean Véronis (son site) mardi 13 mars 2007 - 127 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Bill (xxx.xxx.xxx.11) 13 mars 2007 10:21
    Bill

    Et puis plus je m’intéresse à cette campagne, et plus je me dis que ces discours ont une autre "gueule" que ceux de ses adversaires. Quant une choses est juste, il faut l’avouer ! Un extrait de son discours de Lyon, retranscris dans le blog d’Yves Daoudal (http://yvesdaoudal.hautetfort.com/) :

    "Le Progrès, la Modernité interdiraient de s’inspirer, de défendre, d’évoquer même les valeurs qui firent notre Histoire, notre destin et notre grandeur ! Ces valeurs fondatrices de toute nation civilisée, de toute société humaine !

    Eh bien, je vous affirme que malgré ce qu’on vous dit, nous sommes les gardiens des valeurs qui font le monde civilisé, et ce combat que vous menez, que nous menons, c’est le combat immémorial de la Civilisation contre les Barbares.

    C’est clair, nos ennemis sont ceux qui depuis des millénaires sous des formes diverses glorifient les instincts plus que l’effort, la veulerie plus que l’énergie, la soumission plus que la résistance. Ceux qui refusent les contraintes et les responsabilités. Ceux qui exigent des droits et refusent les devoirs. Ceux qui ne croient à rien et n’ont pas de Patrie charnelle !

    Nous croyons, nous, à l’enracinement, car chaque Peuple porte en lui même l’écho assourdi des temps anciens, celui qui fera la musique des lendemains heureux.

    N’en déplaise aux piètres penseurs de notre siècle, les Traditions ne sont pas le retour a un passé mort.

    Qu’est-ce que la tradition ?

    La tradition n’est pas la transmission de n’importe quoi, mais du Beau et du Vrai mesurés à l’aune de l’expérience humaine. « Elle est ce qui donne un sens à la vie et l’oriente. Elle porte en elle la conscience du supérieur et de l’inférieur, du spirituel et du matériel. Elle est son être éternel. Elle lui donne ses principes, ses vérités permanentes, capables de traverser les fluctuations temporelles. Elle est ce qu’il y a de plus ancien et de plus proche. Elle est la traduction d’une façon unique d’être des hommes et des femmes devant la vie, la mort, l’amour, l’histoire, le destin. Elle porte les principes qui transcendent la vie, les pensées et les actes. »

    Voilà notre idéal et notre espoir, il tient en un mot : habiter un monde et s’y enraciner. Etre de quelque part, appartenir à une lignée, à une histoire, parler et penser dans une langue, que l’on reçoit à son insu et qui forme notre perception de tout ce qui nous entoure.

    Nos racines, nos liens ancestraux, ceux de la culture et des valeurs, nous font hommes et femmes réels, liés à la nature, héritiers sans mérite, dotés d’une identité, même quand nous la refusons. Loin d’être des fardeaux inutiles, ce sont là, en réalité, les fondements de la liberté. Cette liberté personnelle que nous ne séparons pas de la responsabilité individuelle, qui donne à l’être humain sa grandeur et sa dignité. Cette dignité, ce respect des hommes et des femmes de mon pays, qui m’entraîna toujours quel qu’en soit le prix, à lui dire la vérité, valeur essentielle s’il en est !

    Et aussi :

    Nous ne discutons pas Dieu.

    Nous ne discutons pas non plus la Patrie , c’est-à-dire la Nation dans son intégrité territoriale et morale dans sa pleine indépendance, dans sa vocation historique. (...)

    Nous ne discutons pas la Nation.

    Nous ne discutons pas la famille. C’est le berceau de la vie et le creuset de l’éducation des enfants. (...)

    Nous ne discutons pas le travail ni en tant que droit ni en tant qu’obligation : le travail est une gloire et un bonheur. Il peut être plus ou moins utile, d’une valeur économique plus ou moins grande, mais, moralement, il est toujours également digne. (...)

    Nous ne discutons pas l’autorité. Elle est un fait et une nécessité. Elle est un droit et un devoir, devoir qui se nie lui-même s’il ne s’exerce pas, droit dont le fondement principal est le bien commun. (...)

    La liberté est un bien précieux des Nations et des hommes mais il ne peut y avoir de liberté contre la vérité ni contre le bien commun. Concilier les impératifs de liberté et d’autorité reste la mission principale des responsables politiques. Ce juste équilibre fonde leur légitimité, et elle mesure leur valeur."

    Evidement, on peut ne pas être d’accord... Mais on ne peut pas dire que ce texte ne vaut rien !

    Retranscris par Bill

  • Par troll (xxx.xxx.xxx.128) 13 mars 2007 12:37

    desole mais le discours de Le Pen apres celui de Chirac est le seul qui m’a plu... heureusement qu’il y a encore des gens comme lui pour ne pas manier la langue de bois... j’espere qu’il ne sera jamais president mais il faut avouer qu’il a une trempe que tous n’ont pas smiley

  • Par Bill (xxx.xxx.xxx.11) 13 mars 2007 12:43
    Bill

    Mais Le Pen n’utilise pas que des mots désuets, il les utilise au bon moment, et selon l’auditoire.

    Avez-vous déjà entendu le matin dans la campagne, les premiers oiseaux qui chantent, alors que le paysan s’en vient, très tôt ? Avez-vous déjà senti cette odeur au lever du jour, de la terre, et regarder le soleil se lever, au milieu de cette nature ?

    Le Pen en visitant les agriculteurs au salon, n’a pas parlé de "renouveau" paysan, il a parlé d’un "nouveau matin des paysans". Il n’y avait pas de mot plus éloquent devant ses fils de la terre !

    "Mesdames, Messieurs,

    Comme moi aussi je viens au Salon de l’agriculture depuis 20 ans, année électorale ou pas, faites- moi l’amitié de penser que je suis ici, bien plus que par sympathie, empathie, ou même au nom d’un simple combat politique.

    Non ! Je suis ici non pour des raisons politiques, même si au demeurant dans mon cas elles sont nobles, mais pour des raisons génétiques. Chez les Le Pen en effet, de générations en générations, et des deux côtés, à l’exception de mon père, patron pêcheur, mais c’était aussi un laboureur..., de la mer il est vrai, on est paysan de père en fils.

    Moi, je n’ai donc pas appris l’agriculture en trayant les quartiers généraux des multinationales à Neuilly, ou en faisant des photos de petits cochons roses rue Solférino, mais en regardant ma mère faire vivre une famille, par un labeur de toutes les saisons, sur un lopin de terre à la Trinité.

    C’est donc en "homme de Terre" et non en "homme de vent", des marchés financiers planétaires que je suis ici. Enfant de paysans chez les paysans. Homme aux racines, chez les femmes et les hommes enracinés.

    ...

    Mesdames et Messieurs, je suis ici pour annoncer cette bonne nouvelle : le matin des paysans arrive.

    Voilà pourquoi : "...

    http://www.up.univ-mrs.fr/veronis/D...

    Le matin des paysans ! Quelle belle formule !

    Bill

  • Par maxim (xxx.xxx.xxx.180) 13 mars 2007 10:11
    maxim

    amodiation.....amodier....amodiateur

     bail à ferme d’une terre.....
     affermer une terre à quelq’un...
     celui qui afferme la terre....
     affermer ,donner à prendre à ferme ou à bail....

    ref /quillet 1948 dictionnaire de la langue française....

    il y a des mots ,d’autres sont roturiers ;certains sont tendres,d’autres brutaux ;d’aucuns sont fins,d’autres grossiers ;il y en a d’heroiques,d’emphatiques,de honteux,de sales,des riches et des pauvres.

    li faut savoir choisir,car il n’y a pas de synonymes ;chaque pensée doit s’exprimée par le mot qui lui convient,il faut donc dans un sens,créer son vocabulaire...

    les mots sont la matiere premiere de la pensée....

    Le Pen maitrise bien notre langue ,c’est le b- a- ba de la communication .....

    j’avais dejà utilisé cette formule : ce qui se conçoit bien s’enonce clairement......

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