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Accueil du site > Actualités > Politique > Le Pen, Onfray, Finkielkraut… les raisons d’une connivence (...)

Le Pen, Onfray, Finkielkraut… les raisons d’une connivence cachée

Les sirènes bêlantes de la gauche bobo squattant les rédactions de Libé du Monde ont lancé une alerte médiatique déclinée en anathèmes sur une possible complicité entre les positions du FN et les déclarations de quelques intellectuels très médiatiques comme le sont Alain Finkielkraut, Michel Onfray ainsi qu’Eric Zemmour sans oublier le romancier Michel Houllebecq pour compléter ce quartet exécutant une sombre mélodie sur le monde contemporain. Cette thèse de la complaisance voire complicité ne résiste pas à la pensée. On ironisera sur Laurent Joffrin si prompt à dénoncer les théoriciens du complot mais qui, face à la soi disante déferlante réactionnaire, applique les mêmes arguties que celles utilisées par les complotistes. Il n’y a ni complot ni complicité entre le FN et ces intellectuels jugés réactionnaires mais une simple connivence qu’on analysera sommairement en utilisant quelques propos de Heidegger concernant un détail essentiel dans la pensée de Nietzsche.

Quel serait le dénominateur commun entre le FN, quelques intellectuels mais aussi d’autres événements disséminés dans le monde ? On pourra penser aux mouvances islamistes passéistes, aux revendications identitaires affichées par un dirigeant de l’Inde souhaitant revenir aux fondamentaux de la culture hindoue émanée de l’époque védique. Ce dénominateur, c’est le ressentiment à l’égard du temps. Nietzsche disait : « la vengeance, c’est le ressentiment de la volonté contre le temps et son « il était ». ». Ce « il était » peut représenter la culture d’une époque ou alors un régime politique installé depuis des décennies. Auquel cas, l’UMPS incarne ce type de régime pour Marine Le Pen. Et la vengeance dans tout ça ? Eh bien si vous êtes attentifs aux discours du FN, vous verrez que des relents de justice sous forme de vengeance ou de punition sont largement disséminés dans les paroles qui parfois, sont suivies d’actes. Comme récemment la défection de Marine Le Pen dans l’émission des paroles et des actes. On peut y voir une stratégie efficace visant à faire passer le FN pour une victime de l’acharnement de l’establishment mais aussi la traduction d’un acte de vengeance perpétrée contre France 2 et son maître de cérémonie David Pujadas à qui Marine a botté les fesses car il serait à la botte de l’UMPS selon les dires de Marine.

Le phénomène de la vengeance traduit effectivement un ressentiment face au temps, avec des formes très différentes dues aux contextes dans lesquels elle transparaît mais aussi aux personnages dont le caractère et les intentions peuvent laisser parfois libre court à des comportements qu’on peut caractériser comme punitifs ou relevant d’une sorte de justice rendue au nom d’une légitimité personnelle. La légitimité contre la légalité. Un vieux thème décliné sous forme de tragédie dans l’Antigone de Sophocle.

Le ressentiment contre la réalité temporelle et les faits accomplis et s’accomplissant. Voilà ce qui détermine cette vengeance prenant souvent le tour d’une comédie qui se joue par exemple entre un Onfray et un Moix sur le plateau de Ruquier. Les gens se sont délectés, tels des gamins face à guignol rossant les vilains à coups de bâtons. Un œil averti saura également détecter une certaine punition commise par ce même Onfray à l’égard des égarements de Freud dans sa longue vie de clinicien du divan. Mais Onfray est-il un homme du ressentiment ? Ou alors si c’est le cas, ce ressentiment est élevé au rang d’une certaine hauteur philosophique que n’ont certainement pas les cadres du FN.

Et maintenant, un regard sur Finkielkraut et Zemmour. Peut-on voir de la vengeance chez ces deux là ? Je ne pense pas mais le ressentiment du temps est largement présent. Il faut donc inventer une formule qui permet de les inclure et que l’on pourra accoler à celle de la vengeance. C’est assez facile : « la nostalgie c’est le ressentiment de l’impuissance face au temps ». On comprend que l’impuissance est en quelque sorte l’opposé de la volonté, qui du reste va avec la puissance chez Nietzsche. Mais on ne commettra pas l’erreur de mettre la vengeance comme le produit de la volonté de puissance. La vengeance c’est que le résultat d’une volonté impuissante trahissant le ressentiment face au temps. Quant à la nostalgie, elle est carrément une impuissance sans volonté autre que celle qui motive la remémoration du passé non sans quelques relents mélancoliques ou même mélancomiques si l’on se réfère au spectacle donné par Finkielkraut. Pour compléter, si la vengeance est un ressentiment violent contre le « il était », la nostalgie se présente comme une louange adressée au temps et à son « il était ». Et Onfray, n’est-il pas aussi nostalgique mais cette fois en adressant des louanges à Camus ?

Et pour compléter ce tableau, un mot sur Houellebecq et son ressentiment littéraire fait de déploration et de pessimisme que l’on peu comprendre comme un ressentiment face au temps mais attention, ce temps n’est figuré à travers le « il était » mais le « il sera ». Houellebecq pense que la France ne voit rien dans l’avenir et donc, que les Français seraient dans un état de soumission, ou je dirais plutôt démission. Le pessimisme est aussi un ressentiment à l’égard de la volonté et surtout de la représentation de l’avenir.

Ces brèves analyses ont je l’espère permis d’établir une connivence assez ténue du reste entre le FN et quelques intellectuels marqueurs de notre époque. On pourrait aussi inclure dans la politique de la vengeance les propos de Jean-Luc Mélenchon, prompt à punir les financiers pour le volet économique et Mme Merkel dans le dossier europolitique. Il y a aussi un ressentiment face au « il était » incarné cette fois non pas dans une France identitaire mais révolutionnaire ou du moins, la France des années 1970 et des luttes sociales. Comme l’a bien vu Peter Sloterdijk, notre époque est marquée par un accroissement de la banque de la colère, qui est aussi une banque des ressentiments et des impuissances présente chez un corps social assez étendu, avec les déclassés, les délaissés et ceux qui craignent l’abandon. Néanmoins, la colère ni le ressentiment ne fait un programme politique. C’est la raison pour laquelle le numéro deux du FN n’est autre qu’un brillant technocrate, condition nécessaire pour un accès du FN au pouvoir. Mais comme le dit cette formule, nécessaire n’est pas suffisant.

La conclusion sommaire de ces notes et analyses, c’est que si lien il y a entre le FN et les intellectuels classés réac, ce n’est pas un lien objectif mais une sorte de connivence souterraine comme il en a existé et il en existe tant. Ce lien est aussi le problème du ressentiment qui détermine notre époque marquée par les médias, la technocratie et une absence de perspective collective. D’ailleurs, le collectif pas plus que la république n’a résisté à la puissance du monde technocratique, économiste et bureaucratique des dernières décennies. La « maladie du temps » est un signe de notre époque et de bien d’autres.


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46 réactions à cet article    


  • julius 1ER 24 octobre 2015 10:31

    La conclusion sommaire de ces notes et analyses, c’est que si lien il y a entre le FN et les intellectuels classés réac, ce n’est pas un lien objectif mais une sorte de connivence souterraine comme il en a existé et il en existe tant.


    @l’auteur,

    connivence, lien, identité de vues, analyses proches ou similaires, proximité, 
    tout cela est le terreau qui réactive le ventre de la bête qui comme chaque fois nous parle de ses intentions « pures » bien sûr...... et de jouer en permanence la victimisation d’un système injuste .... injuste c’est sûr, mais pas pour les raisons 
    invoquées !!!!
    la réalité c’est que le tous contre tous produit une dangereuse machine qui va s’emballer et devenir incontrôlable !!!!

    • Julien30 Julien30 24 octobre 2015 15:02

      @julius 1ER
      Même Onfray participe à la « réactivation du ventre de la bête » ? En fait dès qu’un type est de droite ou même est d’une gauche un peu moins rigide et sectaire que la vôtre il devient automatiquement un raciste et un suppôt du fascisme ? 


    • Passante Passante 24 octobre 2015 12:05

      sortir la vaisselle en or du temple pour égayer des courtisanes...

      vous allez finir comme le balthazar de rembrandt dugué, molo. 

      • Passante Passante 24 octobre 2015 18:49
        il faut tuer guy lux. stop.
        zitrone est derrière toutes les blondeurs télévisées. stop.
        zitrone est définitif, stop, comme staline, stop.
        il peut se survivre des décennies entières, strop.
        zitrone m’a tuer.

      • zygzornifle zygzornifle 24 octobre 2015 13:55

        comme la connivence entre le vice chancelier Hollande et la finance, le Qatar , l’Arabie saoudite les états unis etc...., comme les députés européens avec les grandes multinationales, les organismes bancaire , les labos, l’agro-alimentaire etc..... mais la c’est le pognon qui circule en torrent ....


        • Elliot Elliot 24 octobre 2015 14:27

          Michel Onfray, par exemple, communique de manière assez étrange pour un fondateur de l’université populaire. 

          Il y a certes des explications à toute évolution , les réalités changent, le poids de l’environnement social devient plus prégnant et l’on sait d’où vient le vent..

          Mais enfin tout se passe comme s’il avait abandonné la mission qu’il s’était donnée, ouvrir le peuple à la connaissance pour se laisser porter par les humeurs du moment et la nostalgie du bon vieux temps ( c’est une autre définition du populisme ).

          S’est mise en place une très réfléchie entreprise de consolidation du Front National par la réhabilitation d’une partie de son fonds de commerce, une sorte de stratégie de la tension seule capable selon ses initiateurs de garder à Hollande une chance de réélection.
          Il faut un FN au second tour et plus il affaiblira la Droite classique et plus le PS aura de chances de se retrouver challenger( à cela se limite aujourd’hui l’ambition du sortant être challenger de sa propre fonction )

          Les intellectuels dont il est souvent ( presque exclusivement ) question – on fait avec ce que l’on peut et en période de disette on est toujours l’intellectuel de quelqu’un – font partie du dispositif d’enfumage. 

          De manière consciente ( c’est-à-dire dans le cadre d’un engagement délibéré dans l’armée des supplétifs de Hollande ) ou inconsciente selon qu’ils répondent à des motivations plus mercantiles vendant aux médias ce qu’ils veulent entendre.

          Dans ces occurrences, seul le FN sort renforcé, si l’on en croit les sondages, mais sans encore suffisamment affaiblir le camp de la Droite dite républicaine.

          Là est en fait la raison de ce haro sur ce baudet de Joffrin ( critiquant Onfray ) : il a raté une séquence, il n’a pas compris que si toute la cavalerie se met au service des « bonnes questions » posées par le FN, c’est qu’il s’agit de persuader les Français perméables aux obsessions du FN que l’original est préférable à la pâle copie.

          Sans doute n’est-il pas vraiment besoin de citer Heidegger ou d’appeler la psychiatrie au chevet de toutes ces nostalgies puisqu’elles sont orchestrées par la politique.

          Il faut donc plutôt tresser des louanges aux merles blancs et quelles plus belles louanges que de les faire passer d’un plateau médiatique à l’autre comme une balle de flipper afin que nul n’en ignore de leurs vaticinations apocalyptiques !

          Il faut réhabiliter le Café du Commerce devenu un espace de vérités premières.

          Nos intellectuels sont surtout grands parce que le système en a décidé ainsi., ils sont grands comme la poudre à laver X lave plus blanc que blanc, ce n’est que de la com...

          Ils sont grands parce qu’ils éclairent un avenir insaisissable avec un projecteur dirigé sur le passé, comme sont pathétiques et rémunérateurs ( les lamentations bien conduites méritent salaire ) leurs combats d’arrière-garde et leur inadaptation aux temps nouveaux qui se profilent ne leur en déplaise et il en déplaît souverainement à certains au point qu’on les imagine bien finir leurs jours à radoter en maison de santé.


          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 24 octobre 2015 21:00

            @Elliot
            Je vous ai trouvé mieux inspiré.... Savez-vous qu’il arrive que le FN dise des choses vraies : par exemple, que l’euro est responsable d’une bonne partie de chômage. Et bien, c’est vrai, l’euro mark est 30% trop cher pour l’économie française.


            Immédiatement tous les incultes de Gôoche disent le contraire, juste parce que c’est le FN qui le dit. « La pluie mouille et le chômage tue ». Ils sont si bêtes, qu’ils iraient mettre leur linge dans l’eau, si le FN disait que l’eau sèche...

            Le FN est opposé aux vagues migratoires. Onfray dit qu’il faut accueillir les réfugiés, mais aussi s’occuper des Français dans la mouise. Sinon ils vont se sentir lésés et cela va diviser les Français.
            Il demande l’augmentation du SMIC.
            En quoi l’analyse d’ Onfray est mauvaise ? En quoi soutient-il le FN ?

          • Elliot Elliot 24 octobre 2015 21:30

            @Fifi Brind_acier


            Je vous mets au défi de trouver quelque chose dans mon commentaire qui soutiendrait que le FN a tout faux sur tout.
            Je n’en fais même pas mention sinon pour considérer que tout est fait pour que son poids soit supérieur à celui de la Droite classique : je n’évoque même pas le fait que cette perspective pût me déplaire.
            En réalité, non seulement je souhaite que la Le Pen soit au second tour mais aussi qu’elle l’emporte ( sans moi, cela va sans dire ) car c’est le meilleur vaccin possible pour la France : il reste à souhaiter que son passage sera bref et guérira au moins pour quelques dizaines années la France des solutions simplistes. 
            Simplement Onfray a tendance ces derniers temps de dire une chose et son contraire : il sait parfaitement que sortir les Français de la mouise est un problème structurel insoluble car ce facteur est un des moteurs du système ; il est inhérent à son fonctionnement et ce n’est pas l’accueil ou le refus de quelques milliers de réfugiés ( pour autant qu’on en trouve encore qui considèrent la France comme une terre d’accueil ) qui changera quoi que ce soit à la mécanique.
            Le simple fait de lier accueil des réfugiés et misère des Français est une preuve de confusionnisme, le problème est qu’il entretient sciemment cette confusion et c’est cela qui peut interpeller. 
            En tout cas c’est ce qui m’interpelle moi et pas le fait de savoir s’il y a lieu de contredire Marine Le Pen quand elle dit qu’il fait jour à midi. 
            Bien sûr qu’elle dit des vérités, le contraire serait dramatique pour son intégrité mentale. 


          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 25 octobre 2015 07:52

            @Elliot
            Mais Onfray est favorable à la sortie de l’ UE et à la souveraineté ! C’est bien ce que les chiens de garde lui reprochent. Et gâteau sur la cerise, il aggrave son cas, il vomit cette Gauche Charlie - Charlot, néo cons et euro-atlantiste, et il le dit sur la principale chaîne publique...Il est normal qu’on lui cherche des poux dans la tête et qu’on essaye de lui coller une étiquette d’extrême-droite.


            Moscovici a fait pareil avec Sapir sur la sortie de l’ euro. C’est aussi à cela que sert le FN, à salir les gens qui refusent de se plier aux injonctions de la pensée unique. C’est Emmanuel Todd qui le formule le mieux :
            «  Le FN souille la vision d’un avenir français heureux ».

            Rassurez-vous, le FN n’a aucune chance d’arriver au pouvoir, sinon, il serait totalement censuré. C’est bien parce que 87% des Français n’en veulent pas, qu’il est utilisé comme épouvantail.

          • France Europe République Fabien le chartrain 24 octobre 2015 14:40

            Le droit de penser et de s’exprimer d’un côté, le refus du dialogue et le dénigrement de l’autre : deux conceptions de la civilisation...


            • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 24 octobre 2015 21:38

              @Fabien le chartrain


              ... ou alors, la civilisation contre la barbarie.

            • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 24 octobre 2015 17:08

              Vengeance est un mot un peu fort pour décrire ces réactions envers une pensée qu’ils jugent étouffante, mais désir de revanche, certainement.


              • alinea alinea 24 octobre 2015 20:12

                Je suis étonnée que vous ayez écrit « soi disante » et non « soi-disant » comme il se devait !
                Ceci dit, l’impuissance est un fait ; le savoir, en souffrir rend violent ! Ça je peux en parler, j’en parle d’ailleurs souvent car je le vis quotidiennement. Il n’y a pas grand chose à dire de philosophique sur l’impuissance des gens actuellement ; certains ne le conscientisent pas et leur colère éclate d’ils-ne-savent-pas- d’où, ou presque ; quand on en a conscience, on sait bien que la colère est une impuissance !
                Nous sommes réduits à rien, et ça, c’est politique !
                Alors on cause sur Agoravox, ça soulage. Je parle pour moi, là, les autres, je ne sais pas !
                Sinon, cette manière de fourrer dans le FN quiconque se réfère à des temps meilleurs, brouille les cartes, rend tout glauque, inepte et renforce encore cette impuissance à combattre la bêtise ambiante. Le FN est une plaie, ne serait-ce que pour ça !


                • Jean Keim Jean Keim 24 octobre 2015 21:23

                  La pensée ne peut s’exprimer en dehors du temps, La pensée sublime ou triviale est dans le temps.

                  On peut penser qu’avant c’était bien, mieux ou pire, que demain sera ceci ou cela, la pensée fait des aller-retour entre le passé tel qu’elle le connaît et le futur qu’elle imagine, l’un servant à concevoir l’autre.
                  La pensée c’est du temps.
                  Le collectif n’a jamais jusqu’à maintenant réussi à s’affranchir des puissants parce que l’un ne peut exister sans les autres et vice-versa, le facteur commun est toujours la pensée. 
                  Quel est l’enseignement de ce constat ? 
                  De tout façon il est illusoire d’espérer que les puissants vont changer.

                  • Cypri1 Cypri1 25 octobre 2015 00:51

                    Cet absence de connivence peut aussi venir d’un cheminement intellectuel commun. Ils sont tout bêtement arrivés à la même conclusion. 

                    On a tellement eu l’habitude d’avoir des intellectuels bien pensant qu’on est surpris que certains sortent du discours unique qui prévaut depuis 20/30 ans. Pourtant c’est, et ça aurait toujours dù être leur rôle ; porter le débat, défendre des positions iconoclastes, alimenter l’agora de discours contradictoires ! Enfin, devrait on dire, la pensée unique est remise en question ! 
                    D’ailleurs rien de très nouveau, ils constatent le déclin objectif de notre pays et de sa perte d’influence dans le monde. Pour y remédier ils font référence aux modèles et principes qui s’appliquaient dans notre pays avant 68 (fruit d’au moins deux cents ans d’expérience tout de même). Essentiellement en prônant le retour à l’assimilation et à la réappropriation par chacun du grand roman national. 

                    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 25 octobre 2015 07:58

                      @Cypri1
                      Si vous voulez des débats contradictoires, il faut aller en Russie. Les journalistes ne coupent pas la parole aux invités, et il y a toujours autant d"invités pour que contre, mais bien sûr, c’est une dictature, donc ne le répétez pas....


                      Xavier Moreau, un Français qui vit en Russie depuis 20 ans explique comment se passent les débats sur les chaînes publiques russes. C’est à la fin de son intervention.

                    • lermontov lermontov 25 octobre 2015 06:54

                      Sacré Dugué.

                      « La vengeance est pour Nietzsche le ressentiment de la volonté contre le Temps. Ce qui veut dire maintenant : la vengeance est le ressentiment de la volonté contre le passer et son passé, contre le temps et son « il était ». Le ressentiment ne vas pas contre le pur et simple passé, mais contre le passer en tant qu’il ne laisse plus être le passé que comme passé, qu’il le laisse ainsi se pétrifier dans la rigidité du définitif. Le ressentiment de la vengeance va contre le temps, en tant que celui-ci réduit tout au « il était », et qu’il laisse ainsi s’en aller le « aller ». Le ressentiment de la vengeance ne va pas contre le pur et simple « aller » dans le temps, mais contre le fait qu’il laisse s’en aller le « aller » dans le passé – contre le « il était ». A cet « il était », le ressentiment de la vengeance demeure enchaîné ; de même d’ailleurs que dans toute haine se cache la dépendance la plus insondable à l’égard de ce dont elle voudrait au fond constamment se rendre indépendante, ce qu’elle ne peut pourtant jamais faire et qu’elle peut toujours d’autant moins qu’elle hait davantage ». [Heidegger, Cours du semestre d’hiver 1951-1952 in Qu’appelle-t-on penser]

                      Les choses sont simples : c’est la débâcle, la débandade généralisée. Il y a une éclipse de l’esprit, nulle idée nouvelle, nul espoir. Une sorte de fatalité, sur laquelle nul n’a de prise, que nous ne sommes pas même capables de comprendre, mène le monde. Dans cette destruction généralisée, ces mrdames ne trouvent rien de mieux que de s’accuser les uns les autres, trouver des bouc-émissaires, des petites causes simplistes. Leur rhétorique tient en un point : ’ça a déraillé à tel moment, par la faute de’. Le mot important ici est : ’dérailler’. Ne te méprends pas, Dugué, tout ceci n’est encore qu’un tour de passe passe du Moi pour se figurer qu’il a encore un quelconque pouvoir, alors que ce pouvoir se résume à la jactance, comme l’enfant qui chante dans le noir pour se rassurer.


                      • Jean Keim Jean Keim 25 octobre 2015 07:16

                        @lermontov


                        Panne de la pensée, aurait-elle fait le tour de ses possibles à la façon d’un enfant gâté que plus aucun jouet ne peut intéresser ? 

                        Il faudrait aller au delà de la pensée, ce que la pensée de par sa nature même ne peut que penser.

                        Il y a néanmoins une piste à creuser : quelle est la nature de la pensée, ce qui revient à comprendre ce qu’est la nature de l’ego qui est en fait la pensée qui se pense et qui pense qu’elle pense.

                        Observer la pensée ralentit son flux et permet des intervalles de silence.



                      • Vipère Vipère 25 octobre 2015 07:41

                        @Jean Keim

                        Vous m’interpellez au plus au point !

                        comment depasser la pensee ? smiley

                      • lermontov lermontov 25 octobre 2015 07:44

                        @ Jean Keim

                        La pensée n’est qu’un timide reflet de l’activité perceptive, dirigée vers l’interne et l’externe. C’est du fait d’autres éléments, qu’elle est devenue plus, une sorte de criaillerie autonome, déracinée, n’ayant plus de lien avec le corps.
                        Il y a une sorte d’éclipse de l’esprit qui est cyclique. La pensée est comme une torche qui éclaire un endroit sombre ; il faudrait qu’elle devienne plus vive et que le cercle s’étende.


                      • Jean Keim Jean Keim 25 octobre 2015 08:30

                        @Vipère


                        C’est comme se poser la question « comment taper dans un ballon », on tape tout simplement.

                        C’est le comment qui bloque, tant que la question nous maintient dans une recherche obsédante, la recherche occupe tout le champ et vient le moment où on baisse les bras, et la place est libre, c’est le lacher-prise très à la mode, seulement quand on entend dire « qu’il faut lacher prise » cela n’a aucun sens si c’est le fait d’une décision à prendre. 

                        Il est possible de percevoir qu’au moment précis où on tape dans le ballon, la pensée est absente, dans le cas contraire on ne fait que penser que l’on tape dans le ballon.

                      • Jean Keim Jean Keim 25 octobre 2015 08:44

                        @lermontov

                        ... S’étendre ! Mais la pensée ne demande que ça et elle ne fait que ça, là on est dans son domaine de prédilection qui est le savoir dans lequel elle puise et qu’elle enrichit sans cesse par des associations et des combinaisons nouvelles, en fait c’est l’activité de l’ego, quand à l’esprit, le vocable est tellement galvaudé qu’il en perd toute signification,

                      • alinea alinea 25 octobre 2015 13:10

                        @Vipère
                        « Ainsi le sage ne laisse pas aller ses pensées au delà de sa situation »

                        « Le coeur pense constamment. On ne peut changer cela. Mais les mouvements du coeur, c’est-à-dire les pensées, doivent se limiter à la situation vitale présente. Toutes les songeries et les spéculations qui vont plus loin ne font que blesser le coeur. »

                        Ken / L’immobilisation, la montagne ( Yi King)


                      • lermontov lermontov 25 octobre 2015 13:49

                        @ Jean Keim

                        D’une part, il me semble que tu te livres à une généralisation qui ne tient pas ; (l’intelligence est diverse et variée, strictement individuelle ; d’ailleurs, il semble que tu vis ainsi, estimant posséder une connaissance que d’autre non pas) ; d’autre part, tu sembles ne voir dans la pensée qu’une sorte d’activité mécanique. Stimulii internes et externes : l’ennui de l’homme moderne, c’est qu’il s’est coupé de lui-même, accordant qu’une importance démesurée à l’externe et méprisant l’interne.


                      • Jean Keim Jean Keim 25 octobre 2015 18:57

                        @lermontov


                        Notre pensée est un merveilleux outil mais rien qu’un outil, oui elle est variée, elle est strictement personnelle dans son contenu comme une empreinte digitale, elle s’exprime suivant une palette infinie depuis le trivial jusqu’au sublime mais comme un ordinateur (la comparaison s’arrête là, la pensée est une manifestation de la conscience) elle est limitée à un contenu, je suis toujours étonné que cette évidence ne doit pas perçue.

                        Mais la pensée n’est pas l’intelligence bien que cette dernière puisse se manifester par le canal de la pensée afin d’être intelligible.
                        Si on nous demande ce qu’est l’intelligence notre pensée élaborera une réponse puisée dans notre savoir et ainsi la réponse est limitée, en fait nous ne savons pas ce qu’est l’intelligence mais elle est souvent assimilée à une somme de connaissance, on dira d’un candidat qui répond à toutes les questions d’un jeu télévisé qu’il est intelligent et donc Google est intelligent n’est-ce-pas ! Et on oublie que Google n’existerait pas sans ceux qui l’ont conçu et le fond progresser et qui eux-mêmes mettent en œuvre des savoirs avec d’ingénieuses assiciations et combinaisons de données.
                        Les hommes modernes et les anciens également, vous, moi, tous nous sommes dans le jeu de la pensée. 

                        Je ne possède pas de connaissance spécifique, j’ai fait des études techniques modestes et un jour grâce à un ami j’ai lu une causerie retranscrite de Krishnamurti et depuis j’ai essayé tant bien que mal de caser cet enseignement dans mes repères mais c’était impossible tant ce qu’il exposait est destructeur et unique, alors j’ai abordé mon cheminement autrement et depuis qq. années il me semble fondamental que pour notre santé mentale et celle de la société (c’est la même approche) nous percevions la nature de la pensée, elle est le facteur commun de tous les membres de la communauté humaine en tant que processus, bien en amont des sentiments, des traditions, des cultures, des idiosyncrasies.

                        Je ne crois pas qu’il y ait de réelle différence entre l’interne et l’externe juste une question de ... pensée. 

                        Quand je m’exprime sur des sujets comme la pensée ou la conscience, je n’ai pas d’automatisme, à chaque fois je refais un cheminement mais bien entendu la pensée est là, elle joue un rôle smiley


                      • Passante Passante 25 octobre 2015 20:13

                        @lermontov


                        oui au niveau onfray, télé, etc., il s’agit bien de chansonnettes d’enfants dans le noir,
                        mais heidegger va plus loin, cet obscurcissement aurait un sens,
                        il serait préservation, pour l’avenir, 
                        entre temps, tout cela est affaire de regard, de re-présentation, rien de plus,
                        du platonisme à plein régime en stupide mode binaire,
                        en bref, la mort de dieu et l’arraisonnement technique du monde, et de l’homme 
                        c’est la même chose, un regard, rien que le regard, là,
                        & la solution toujours par l’ouïe.
                        et puis tout bonnement constater les dysfonctionnements du collectif :
                        à partir du moment où il fut lui-même, dans sa spontanéité d’intelligence sauvage, en décision, 
                        à partir donc de l’heure où il fut lui-même cadré en « manifs, »syndicats", assos, etc.
                        reste chacun sage comme une image.
                        mais comment ?
                        ben devant une image, ça devrait suffire, tu prétendrais pas être plus, quand même ?
                        dans le même qu’appelle-t-on penser, heidegger va longuement citer un texte terrible de nietzsche sur le pourrissement de toutes les institutions, texte magnifique, l’annonce de la fin, la prophétie de son architecture de la ruine, en vente dans toutes les pharmacies.

                      • lermontov lermontov 26 octobre 2015 00:00

                        @Jean Keim

                        Quand on parle (et pense) correctement, on dit ’intelligence de choses’. L’intelligence n’existe pas en soi, c’est une interrelation avec les choses (internes et externes). On retrouve cette notion d’interrelation dans l’expression ’vivre en bonne intelligence’. L’étymologie est révélatrice (inter-legere). On a confondu au fil du temps cette notion d’intelligence (faculté) avec l’intellect (organe, fonction).

                        Le problème de la pensée est justement lorsqu’elle n’est plus reliée au réel immédiat qui n’est autre que ...soi-même. Mais vu comment la plus belle chose qui soit, l’égoïsme, est diffamé depuis des lustres, je vais ramer pour justifier pareil point de vue.


                      • Jean Keim Jean Keim 27 octobre 2015 14:34

                        @lermontov
                        Je vous parle de ce que je perçois et vous me parlez de ce que vous croyez, dans les deux cas nous échangeons des pensées.

                        La pensée se manifeste dans sa réalité qui est différente souvent d’une autre réalité, ce qu’on peut dire de la pensée est que soit elle se situe dans le concret, le pragmatisme et là tout peut aller pour le mieux, soit elle est dans l’abstrait, le conceptuel, la croyance et dans ce cas elle n’est pas pertinente.

                      • lermontov lermontov 27 octobre 2015 15:04

                        @ Jean Keim

                        Et je crois quoi ?


                      • Jean Keim Jean Keim 27 octobre 2015 17:13

                        @lermontov
                        A chacun de le trouver ...


                      • lermontov lermontov 27 octobre 2015 22:12

                        @ Jean Keim

                        Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Mais, soyons concret, c’est vague ’la pensée’. Aussi, si tu peux éclairer le concept, ce que tu entends par ce ’la pensée’ qui te tient à toi tant à coeur.


                      • lermontov lermontov 29 octobre 2015 11:13

                        @ Jean Keim

                        Mouais, j’ai lu rapide et comme je l’appréhendais tu fais une confusion en appelant pensée ce qui n’est rien d’autres que les jugements moraux.
                        ’Pensée’ est un terme générique qui recouvre différentes activités psychiques différentes : la faculté elle-même, l’abstraction, l’opinion/jugement moraux (’je pense que...’).


                      • Jean Keim Jean Keim 29 octobre 2015 14:12

                        @lermontov


                        Effectivement la pensée découpe la pensée en différentes sortes de pensées, et de découpage en découpage, de pensée en pensée on perd le fil de ses pensées, encore faut-il le percevoir.

                        La pensée est un processus réduplicatif et réflexif.

                        Mouais, vous avez lu avec une appréhension, avec des a priori et vous avez trouvé ce que vous imaginiez , un jugement moral, c’est exactement le mouvement de la pensée smiley

                      • lermontov lermontov 29 octobre 2015 14:38

                        @ Jean Keim

                        ’jugements moraux’ est une notion de philo et de psycho ; ça se passe au niveau de ce que l’on appelle l’entendement. La pensée n’est en fait que la transcription de l’organique en psychologique ; en amont, il y a ce que l’on appelle perception, avec des stimulii internes (instincts, entre autres) et externes (sollicitations). De surcroît, quand bien même l’activité cérébrale/psychique est constante, même hors état vigile, elle demeure le plus clair du temps neutre ; c’est-à-dire qu’elle se livre à un tri (non hasardeux) parmi la part du réel à laquelle elle est confrontée.

                        Aussi, la pensée ne découpe rien et n’existe pas de façon autonome ; elle est part intégrante de l’être. On utilise simplement un même mot pour désigner des choses différentes et en l’espèce, il s’agit simplement de la justesse ou injustesse de perception du philosophe.


                      • Jean Keim Jean Keim 29 octobre 2015 17:59

                        @lermontov


                        Dans les faits la pensée est un processus inhérent à l’activité du cerveau, elle peut être visualisée par des techniques d’imageries médicales et il y a des facteurs déclencheurs comme un évènement où des stimulus. Elle n’est pas autonome mais fonctionne souvent en mode automatique.
                        La pensée fait bien un découpage dans le sens où elle morcelle un contenu qui est notre savoir mémorisé plus ou moins conscient.
                        Si la pensée était le plus clair de son temps neutre, elle serait silencieuse ou alors je ne comprend pas le sens que vous donnez au vocable « neutre ».


                      • lermontov lermontov 30 octobre 2015 11:23

                        @ Jean Keim

                        Il me semble que tu te livrs là à une confusion/indistinction car, dans l’activité pensée, il n’y a qu’une part qui renvoie à la mémoire, et donc au savoir. 

                        Notre affaire est mal embouchée. Je pense qu’il faut partir en premier lieu de la perception Au commencement était la perception. Ce n’est que tardivement que la mémorisation va se mettre en place. Et la mémoire est antinomique avec la perception car elle est pétrification de celle-ci.


                      • Jean Keim Jean Keim 30 octobre 2015 14:07

                        @lermontov
                        Il est possible que moi, vous ou nous deux nous soyons dans là confusions, il est possible également que nous ayons un problème de sémantique.

                        Au risque de me répéter j’expose ce que j’observe sans pour autant rejeter ce que peuvent en dire d’autres personnes.
                        La pensée dans l’instantanéité du déroulement effectif du processus ne peut produire qu’un contenu qui est un savoir mémorisé, cela est facile à observer et il y a entre deux pensées un intervalle inaccessible à la pensée, ceci n’est donc plus la pensée mais le cerveau pour autant n’est pas inactif mais de cet intervalle je n’en sais rien et je n’en dirais donc rien.


                      • psynom 25 octobre 2015 09:02

                        Au 21e siècle, siècle où l’on a inversé toutes les valeurs et le sens des mots, encore faudrait-il redéfinir le mot réactionnaire.

                        Le réactionnaire s’oppose au progressisme qui est de croire au progrès moral de l’humanité, et la volonté d’instaurer justice et progrès social.

                        Aujourd’hui le pouvoir qui se dit « progressiste » taille, petit à petit, très discrètement, mais très surement, dans tous les acquis sociaux et les libertés individuelles (sans aucune concertation démocratique). Le « progressisme » de nos politiques, soutenus par nos masses média, ne représente plus qu’un progrès vers le « consumérisme » et l’asservissement par l’endettement, au profit d’intérêts apatrides.

                        Le sens du mot « progressisme » a été inversé, mais, le réac resterait toujours celui qu’y si oppose...


                        • Trelawney Trelawney 25 octobre 2015 09:04

                          vous verrez que des relents de justice sous forme de vengeance ou de punition sont largement disséminés dans les paroles qui parfois, sont suivies d’actes. Comme récemment la défection de Marine Le Pen dans l’émission des paroles et des actes.

                          Rien que pour cela je plusinte.

                          Sinon, ne pensez vous pas que la certitude d’un avenir cauchemardesque, fait perdre tout repère à l’individu apeuré tels un animal aveuglé par les phares d’un véhicule fonçant sur lui ?

                          Alors on respire un coup, on prend du recul sur les événements et on agit en conséquence. La question n’étant pas « qu’est-ce qui va m’arriver ? » mais " que dois-je faire pour que ça n’arrive pas ?

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