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Le pouvoir en voie de féminisation

L’année 2005 a-t-elle été l’année de la femme ? La réponse est positive, si l’on en croit une étude réalisée par l’Union interparlementaire, l’organisation internationale des parlements, dont l’objectif est d’œuvrer à "la paix et la coopération entre les peuples et à l’affermissement de la démocratie représentative".

En 2005, un parlementaire élu sur cinq était une femme. Ce chiffre porte sur l’analyse de résultats provenant de 39 élections parlementaires s’étant déroulées dans le monde. Depuis dix ans, cette féminisation du pouvoir se confirme, même s’il convient de la relativiser : en 1995, la proportion de femmes élues dans un parlement s’élevait à 11,3 %. Elle est passée à 15,7 % à la fin de l’année 2004, puis à 16,3 % à la fin 2005.

Dans neuf pays, plus de 30 % des candidats élus ou réélus à un mandat parlementaire sont des femmes. Les pays scandinaves, sans surprise, se hissent aux deuxième et troisième places : Suède (45,3 %) et Norvège (37,9 %). La première place revient... au Rwanda, où 48,8 % des membres (sic) de la Chambre basse sont des femmes, et le pourcentage est de 34,6 % au Sénat. Andorre, le Burundi, la Nouvelle-Zélande et la Tanzanie ont également envoyé au moins 30 % de femmes dans leurs parlements respectifs.

La France se classe au 85e rang avec 70 femmes élues à l’Assemblée nationale, soit 12,2 % des 577 députés (élections de 2002), et 56 femmes élues au Sénat sur 331 sièges, soit 16,9 %. Comme le font remarquer nombre de politologues et de femmes, ce classement n’est guère flatteur pour notre pays, qui s’emballe par ailleurs pour les embardées médiatiques de Ségolène Royal et bientôt pour celles de Françoise de Panafieu...

Le rapport souligne que certains pays qui élisent des femmes en nombre important depuis les années 1980 semblent avoir atteint un "plafond" en matière de représentation féminine. C’est le cas de Danemark et de la Norvège, "où se pose maintenant la question de savoir comment dépasser ce cap."

De tels résultats posent la question des quotas : "Sur les 39 pays ayant tenu des élections en 2005 à une chambre basse ou unique du Parlement, 15 ont mis en place des mesures spéciales comme l’application volontaire de quotas". Ces quotas ont été soit imposés aux partis politiques (Argentine, Bolivie, Honduras, Burundi, Libéria...), soit fixés en réservant des sièges aux femmes (Afghanistan, Tanzanie).

Les défenseurs de la parité y trouveront leur compte : "Dans les pays ayant introduit des quotas pour les élections de 2005, la moyenne de la représentation des femmes est proche du double de celle des pays qui n’ont pas recouru à ces mesures : 26,9 % contre 13,6 %."


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6 réactions à cet article    


  • Scipion (---.---.57.110) 1er mars 2006 11:36

    « .... au Rwanda, où 48,8 % des membres (sic)* de la Chambre basse sont des femmes, et le pourcentage est de 34,6 % au Sénat. »

    On se demandait pourquoi le pays est si heureux, si prospère, si stable et si bien géré.

    Maintenant, on sait !

    * Vous préféreriez « membresses » ?


    • (---.---.62.234) 1er mars 2006 20:42

      Le pouvoir s’en fout des sexes. La violence qu’exerce sur nous le pouvoir serait-elle mieux supportable si elle est exercée par une femme ?

      Pierre Bourdieu dans son livre « La domination masculine » décrit bien les conditions que doit remplir une femme pour accéder à un « haut poste » dans la hiérarchie professionnelle.

      Les conditions nécessaires pour accéder au pouvoir ont été dictées par les hommes en correspondance directe avec leurs propres caractéristiques et idées qu’ils se font du monde du travail : réactivité, compétition, disponibilité, agressivité, dynamisme, etc. Résultat : les hommes se trouvent privilégiés pour occuper les postes importants.

      Les femmes qui veulent accéder au pouvoir doivent se conformer à ces contraintes pour ne pas être disqualifiées. Au final, on obtient un comportement masculin exercé par des femmes. Est-ce de cette forme de féminisation dont on a besoin ?

      Ce phénomène dans le monde professionnel n’est pas très loin de celui du monde politique.


      • marie (---.---.253.203) 1er mars 2006 23:24

        L’idéologie masculine s’articule autour de 3 valeurs : la Puissance qui justifie le Pouvoir qui lui même assure la Possession. Ces trois valeurs combinées constituent la « virilité ». La virilité constitue l’ensemble des qualités attribuées aux hommes et qui permettent de justifier leur pouvoir sur les femmes. Mais la virilité ne constitue pas une qualité mesurable et dès le plus jeune age le garçon doit sans cesse prouver sa force, sa puissance, son courage, bref son absence de ce qui est socialement considéré comme féminin (faiblesse, timidité, peur, ...). La comptétition permanente (sportive, sociale, économique, etc.) constitue un instrument de mesure de la virilité grace à laquelle chacun accepte sa place (le gagnant et le perdant).

        La féminité quand à elle est constituée des qualités attribuées aux femmes (par la société masculine) : douce, sexy, charmante, sentimentale, tendre... bref que des qualités qui prédisposent objectivement à la course au pouvoir.

        Bien sur les hommes apprécient qu’une femme soit « aussi » intelligente, à condition de ne pas renier sa « féminité ». Dans le cas contraire, ils acceptent qu’une femme soit un vrai mec (et c’est un compliment !) et elle doit se battre sur le même terrain avec les mêmes arguments et gagner (Tatcher, Parisot, ...)

        Les femmes sont donc entré dans la course, mais mesurer leur valeur dans cette compétition permanente pour le pouvoir et la domination ne constitue pas une nécessité vitale pour elles. En réalité, le pouvoir ne se féminise pas, ce sont des femmes qui se virilisent et qui deviennent de parfaites représentantes des valeurs dominantes masculines.

        D’autres valeurs communes permettront certainement, un jour, à chacun de trouver sa place, les forts, les faibles et les autres...


        • Antoine (---.---.17.251) 2 mars 2006 15:39

          Partant du principe que la recherche du pouvoir est une névrose, je pense que plus personne n’échappe à cette maladie qui, ici dans ce cas est de type compensatoire.

          L’accession des femmes aux pouvoir est un mouvement historique mais il est facilité par le fait que la gestion de la Cité est de plus en plus « fonctionnalisée ». C’est à dire que ces métiers se rapprochent du métier de fonctionnaires. Les hommes et femmes politiques sont de plus en plus proches ou issus de la classe des fonctionnaires.

          Et donc en démocratie sur fond de consumérisme, de production de masse les enjeux politiques ne sont plus les mêmes surtout en temps de paix.

          La politique n’a pas de sexe, le pouvoir non plus, je crois.

          Ce qui me fait sourire, ce sont ces fameux quotas. Il me font penser à de la « discrimination positive ».

          Pour en revenir à la politique, mon sentiment est que faire de la politique, être en politique n’est pas la même chose que penser politique. En tous cas, il faut être un peu « crazy-dingo » pour faire de la politique car on ne s’expose qu’à la passion du moment et à l’indifférence du temps qui passe sinon à l’ingratitude (pour celui ou celle qui croit pouvoir changer les choses).

          Oh, serai-je un sceptique ? Sans doute.


          • Cergy - Osny 2008 (---.---.234.70) 8 mars 2006 10:50

            Le site de l’assemblée des femmes (http://www.assemblee-des-femmes.com)

            Depuis 1975 et sa reconnaissance officielle par l’ONU, la Journ ?internationale des Femmes se d ?ule tous les 8 mars. Elle c ?bre la lutte historique...


            • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 13 mars 2006 14:33

              Ségolène alors !….. la nouvelle Jeanne d’Arc !

              Jeanne d’Arc : http://images.google.fr/images?q=tbn:R4DZntgDbGYpeM:http://www.marypages.com/JeannedArc.jpg

              Ségolène Royale : http://www.poitou-charentes-vacances.com/images/RoyaleS.jpg

              Plus les français ont le moral dans les chaussettes, plus la cote de popularité de Ségolène monte, …alors serait elle celle que la France attend depuis de nombreuse années !

              Je pense que dans le monde actuel, que nous vivons un grand bouleversement avec ses libertés et ses excès, mais avec aussi ses doutes.

              Depuis quelques année, (voir depuis quelques mois ) en politique un certain vent de féminisation semble souffler, à l’instar de la Lettonie, de l’Irlande, de la Finlande, de Philippines , du Sri-Lanka, de l’Indonésie, et plus récemment de l’Allemagne, du Libéria de du Chili, des femmes ont été portées au pouvoir.

              . Nos compatriotes préoccupés par le chômage, l’ insécurité, la perte de certaines valeurs , la monter du laxisme pour certains, l’arrivisme pour d’autres, etc, les français et les française tels sœur Anne ne chercheraient ils pas celui ou celle qui serait capable de leur redonner espoir !,.. alors Ségolène attendue comme la nouvelle Jeanne d’Arc, c’est à dire celle qui peut leur redonner espoir !

              Le 8 mars 1975, les Nations Unies commencent à observer la Journée internationale de la femme et adoptent en 1977 une résolution pour inviter chaque pays de la planète à célébrer une journée pour les droits des femmes. ( source : http://www.france5.fr/actu_societe/W00137/6/107239.cfm )

              Le 08 mars est la journée internationale de la femme, 2007 sera t’elle l’année Ségolène ? L’avenir seule connaît la réponse ,.. et c’est dans 14 mois !

              Gilbert Spagnolo dit P@py

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