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Accueil du site > Actualités > Politique > Le Président de l’Assemblée nationale réhabilite Napoléon III contre (...)

Le Président de l’Assemblée nationale réhabilite Napoléon III contre la République

Dans son hommage à Philippe Séguin, le mardi 12 janvier, Bernard Accoyer a rappelé que Philippe Séguin avait écrit un livre dans lequel, « rompant avec la tradition héritière de Victor Hugo, il entreprit de réhabiliter la mémoire de Napoléon III, substituant au personnage caricatural de Badinguet la vision d’un empereur moderniste et soucieux du bien commun, qui équipa et enrichit la France ».
 
André Bellon, président de l’Association pour une Constituante [1] et ancien président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, a réagi le jeudi 14 janvier en déclarant : « Prendre parti pour l’auteur d’un coup d’État dont le premier acte fut d’arrêter des députés, fusiller et déporter nombre d’opposants et critiquer Victor Hugo qui lutta pour la République et dut s’exiler pendant 18 ans est, de la part du Président de l’Assemblée nationale, particulièrement grave et incongru. Mais ce n’est pas un acte isolé. On savait déjà que le ministre Christian Estrosi  [2] veut rapatrier les cendres de l’empereur (mort en exil après le rétablissement de la République en 1871) et qu’il considère que le coup d’Etat n’était pas grave puisqu’il y a eu plébiscite ensuite.
 
Les autorités actuelles de la France verraient-elles dans un régime autoritaire et liberticide, mais très libéral sur le plan économique, le modèle à suivre ?
 
On peut comprendre qu’il n’y ait pas de réaction durant l’hommage funèbre, mais on s’étonne de l’absence de protestations à l’issue de la cérémonie. Jusqu’à quand va-t-on voir se développer, sans oppositions sérieuses, une idéologie antirépublicaine au sommet de l’État ? »
 
Bernard Accoyer, qui soutient la politique du gouvernement (...de Nicolas Sarkozy), s’était déjà fait remarquer avec le film sorti le 4 novembre dernier, Walter Retour en Résistance (voir un petit aperçu avec la bande-annonce à 1 min 40 s).
 
Il avait rajouté concernant le réalisateur de ce film : « Les méthodes utilisées par Gilles Perret sont scandaleuses. Il fait un amalgame entre deux périodes qui n’ont rien à voir. Ce sont des procédés d’idéologues, les mêmes qu’utilisaient les staliniens. Je me sens profondément choqué et trahi. » [3]
 
Amalgame, almagame…
 
M.Denis Kessler, ancien vice-président du M.E.D.E.F, déclarait en 2007 : « Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme...
A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »
 
Le Grand Paris de Sarko est-il à mettre en parallèle avec la reconstruction de Paris par le Baron Haussmann sous le Second Empire ? Le Second Empire pour comprendre le monde d’aujourd’hui ?
 
J.G.
 

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24 réactions à cet article    


  • njama njama 16 janvier 2010 11:48
    Victor Hugo / Napoléon le Petithttp://www.republique-des-lettres.fr/1654-victor-hugo.php
    En janvier 1852, Louis-Napoléon Bonaparte — Napoléon III — signe le décret d’expulsion de Victor Hugo qui s’est violemment opposé au coup d’État du 2 décembre 1851. Réfugié à Bruxelles, Victor Hugo lui répond en août 1852 par la publication d’un texte de combat intitulé « Napoléon le Petit », l’un des plus brillants pamphlets politiques jamais écrits contre un despote.
    ...

    • Flo Flo 16 janvier 2010 11:52

      Signalons qu’Adolphe Thiers, triste figure de cette période lamentable, possède de nombreux points communs avec notre minable président. La taille n’étant pas le moindre.


      • Antoine Diederick 16 janvier 2010 12:22

        oui, du coup je me disais :« Il faut chercher le Tiers » .

        Le tiers manquant.....

        bien vu, cherchons le tiers du régime smiley


      • Karl-Groucho 16 janvier 2010 11:55

        Eh bien ! C’est simple :

        Vive la Commune, citoyens !

        Et, en cliquant sur le lien, dans ma petite revue de presse du matin n’arrête pas le pélerin, je me pensais (intérieurement, hein), que c’était à mettre en parallèle avec les déhonnorantes déclarations collabos (puisqu’ouvertement anti C.N.R.) de Kessler. Paf, c’est déjà dans l’artik’ ! Évident !

        Merci. Voilà un artik’ bref, concis, précis, exact... Ce qui change agréablement des innombrables défécations névrotiques, xénophobes, racistes, etc. qui, de plus en plus, engorgent la cuvette d’Agora Vox.

        C’est la Canaille
        Eh bien, j’en suis !


        • Antoine Diederick 16 janvier 2010 12:12

          bonjour,

          ya un article « Monde Diplo » sur ce thème....

          Sarko prépare 1870 smiley

          c’est évident maintenant !!!!!  smiley

          Le règne de Napoléon III, a vu un vrai boum économique qui s’est terminé après Sedan .....

          cela ressemble a aujourd’hui, non ?

          « Voyez de quelle histoire vous vous réclamez pour découvrir ce à quoi vous rêvez »....


          • Indépendance des Chercheurs Indépendance des Chercheurs 16 janvier 2010 12:22

            L’Europe occidentale voudrait se présenter comme un exemple de civilisation et de démocratie avancées, mais la réalité est qu’elle est pleine de monarchies encore à ce jour. La réhabilitation de Napoléon III correspond à l’influence des lobbies aristos en France et dans les pays voisins.

            Même sur le site de la United Grand Lodge of England, on trouve des rois à la tête des « famous masons ». Voir :

            http://www.ugle.org.uk/what-is-masonry/famous-masons/

            en même temps, d’ailleurs, que le fondateur de l’apartheid Cecil Rhodes.

            Napoléon III a été désavoué par les milieux financiers à cause de sa défaite de 1870. A cette défaite avait largement contribué la politique d’exportation de capitaux français et britanniques vers l’Allemagne.

            Des délocalisations comme celles de la période récente (qui ont conduit notamment à la montée rapide de la Chine), mais un siècle et demi plus tôt.

            A partir des années 1870, les milieux d’affaires rejeteront conservateurs et libéraux pour soutenir les « républicains opportunistes » partisans d’une grande expansion coloniale et d’une politique de la canonnière particulièrement musclée.

            Ce fut la doctrine de l’impérialisme protectionniste, basée sur le verrouillage de vastes zones de la planète. Mais les intérêts économiques défendus par ces gouvernements resteront les mêmes que sous Napoléon III.

            Voir aussi, dans notre page d’auteur :

            http://www.agoravox.fr/auteur/independance-des-chercheurs

            les liens fournis dans nos commentaires des 15 et 16 janvier 2010.

            Les aristocraties européennes ont plongé le continent dans des guerres sans fin depuis le Moyen-Age (Croisade Albigeoise, etc...). Le problème est que les « républicains » ont trop souvent fait pareil. Exemple : la « grande expansion coloniale » des Gambetta, Ferry, Freycinet, Brisson, Waldeck-Rousseau... Avec un service militaire obligatoire qui était de cinq ans depuis 1872.

            Il faudrait commencer par un grand désaveu historique de toutes les guerres continentales et assimilées, y compris celles des prétendus « grands rois » comme Charles V et François I. Plus les guerres coloniales qui ont conduit notamment à deux guerres mondiales, etc...

            Cordialement
            Le Collectif Indépendance des Chercheurs


            • Indépendance des Chercheurs Indépendance des Chercheurs 16 janvier 2010 12:38

              Voici un exemple du jargon « républicain opportuniste » raciste des années 1880. Pour ne pas citer à nouveau Jules Ferry sur les « races supérieures » et les « races inférieures », ont peut prendre cet extrait de Léon Gambetta :

              « La civilisation européenne aura à lutter un jour contre la subversion de la race chinoise... La France doit conserver son rôle de soldat de la civilisation. Dans le choc qui aura lieu, la civilisation latine, dont la France est la tête, doit préparer son terrain sous peine d’être écrasée et annihilée en Asie Centrale entre la race anglo-saxonne et la race slave. Il faudra donc que la France s’établisse au Tonkin... afin de mettre la main sur l’Annam, sur le Royaume du Siam et sur la Birmanie et d’avoir ainsi barre sur les Indes, et d’aider la civilisation européenne contre la race jaune. »

              (fin de citation)

              Cité par Pierre Guillen dans « L’expansion 1881-1898 » (Collection Politique étrangère de la France, Imprimerie Nationale, Paris 1984) p. 180, se référant à une lettre de Léon Gambetta du 15 décembre 1882, citée par Dietrich Brötel dans Französichen Imperialismus in Vietnam. Die koloniale Expansion und die Errichtung der Protektorates Annam-Tongking, 1880-1885, Zurich, Atlantis, 1971.

              Et, pour ceux qui penseraient que la notion de « race humaine » n’avait pas le même sens à l’époque que dans des périodes plus récentes, les liens :

              Paul Broca, les femmes et les “sauvages” (I)
              Paul Broca, les femmes et les “sauvages” (II)
              Paul Broca, les femmes et les “sauvages” (III)

              A noter que ces théories de Paul Broca et d’autres auteurs avaient été élaborées du temps de Napoléon III. Mais Broca avait été un oppositeur à Napoléon III. En 1880, il devint sénateur à vie sur proposition de l’Union Républicaine de Léon Gambetta.


            • Le Canard républicain le canard républicain 16 janvier 2010 12:51

              Georges Clemenceau, farouche opposant à la colonisation :
              http://www.xn—lecanardrpublicain-jwb.net/spip.php?article31

              Aimé Césaire et la page du républicain Quinet :
              http://www.xn—lecanardrpublicain-jwb.net/spip.php?article64

              Florence Gauthier, historienne, L’aristocratie de l’épiderme. Le combat de la Société des Citoyens de Couleur 1789-1791, Paris, CNRS, 2007. Livre remarquable :
              http://www.xn—lecanardrpublicain-jwb.net/spip.php?article241

              Cordialement.


            • armand armand 16 janvier 2010 14:46

              « L’Europe occidentale voudrait se présenter comme un exemple de civilisation et de démocratie avancées, mais la réalité est qu’elle est pleine de monarchies encore à ce jour. La réhabilitation de Napoléon III correspond à l’influence des lobbies aristos en France et dans les pays voisins. »

              Messieurs les pseudo-chercheurs, par cette phrase vous intégrez pleinement la catégorie des bouffons.


            • Indépendance des Chercheurs Indépendance des Chercheurs 16 janvier 2010 15:32

              « Messieurs les pseudo-chercheurs, par cette phrase vous intégrez pleinement la catégorie des bouffons. »

              Comme argument, on ne peut pas dire que ça aille très loin. Les pays de l’Europe occidentale, en dehors de la Suisse qui l’a réussie d’émblée au XVI siècle, ne sont pas parvenus, globalement, à mener à terme une révolution bourgeoise digne de ce nom. Le preuve, la situation actuelle : combien de monarchies ? Or, les monarchies sont un héritage du système féodal.

              Pire, les guerres européennes commencées par l’Eglise et les féodaux au Moyen-Age, et porsuivies par des prétendus « grands rois », ont été reprises et amplifiées par des gens qui se disaient « républicains ». Exemple : la « grande expansion coloniale » française qui a ouvert la voie à la première guerre mondiale. C’était très explicite dans le discours de Jules Ferry du 28 juillet 1885, voir pour le texte intégral :

              Le discours de Jules Ferry du 28 juillet 1885 (I)

              ou encore :

              Jules Ferry, “républicains opportunistes”, colonialisme (I)

              Jules Ferry, “républicains opportunistes”, colonialisme (II)

              Jules Ferry, “républicains opportunistes”, colonialisme (III)

              Jules Ferry, “républicains opportunistes”, colonialisme (IV)

              Quant à Clemenceau, voir plus bas notre commentaire de 13h56.

              On pourrait encore ajouter que ce fut pendant que Clemenceau était président du Conseil, en 1919, que l’assassin de Jaurès, Raoul Villain, fut acquitté par un jury populaire en mars 1919. Voir :

              http://fr.wikipedia.org/wiki/Raoul_Villain

              Ce qui semble refleter une certaine ambiance ultra-chauvine qui avait été répandue dans le pays. Les conditions humiliantes imposées à l’Allemagne, et la répression contre le mouvement ouvrier de cette époque, joueront sans doute un rôle déterminant dans la montée du nazisme et du fascisme une décennie plus tard.

              Une autre donnée essentielle de la première guerre mondiale, outre l’effroyable boucherie cautionnée par des « unions sacrées », fut la montée des Etats-Unis, devenus la première puissance mondiale suite à cette guerre entre puissances européennes.


            • Indépendance des Chercheurs Indépendance des Chercheurs 16 janvier 2010 13:56

              A propos de Clemenceau, il est exact qu’il s’opposa à la « grande expansion coloniale » dans les années 1880, alors qu’il était dans « l’extrême-gauche » de l’époque (vocabulaire des actes parlementaires). La « gauche » et le « centre » étant des partisans de Gambetta, Ferry et associés.

              Mais le « retour en politique » de Clemenceau depuis 1902 fut très différent. Wikipédia écrit, par exemple à propos de son mandat de président du Conseil de la période 1906- 1909 :

              http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Clemenceau

              Il s’illustre par sa férocité (...) et contre les mouvements sociaux, réprimant dans le sang la grève des mineurs du Pas-de-Calais et la révolte des vignerons du Languedoc, ou quand il fait répandre par la presse le bruit qu’il a payé le billet de retour du « meneur » Marcelin Albert afin de le déconsidérer, ce qui lui vaut le surnom de briseur de grèves.

              (...)

              Il se donne lui-même le surnom de « premier flic de France ». Il soutient parallèlement la fondation de la police scientifique par Alphonse Bertillon et des Brigades du Tigre par Célestin Hennion

              (fin de citation)

              Clemenceau fut à nouveau président du Conseil du 16 novembre 1917 au 18 janvier 1920, s’impliquant à fond dans la première guerre mondiale qui n’était qu’une guerre entre puissances impérialistes pour des zones d’influence, notamment coloniales. A propos de l’attitude de Clemenceau à la tête du Conseil pendant la guerre, Wikipédia écrit :

              « Ni trahison, ni demi-trahison : la guerre ! » proclame-t-il. Dans sa politique intérieure, Georges Clemenceau s’emploie à mater énergiquement toute tentative de révolte, de mutinerie ou de grève dans les usines. (...) il pourchasse les pacifistes (...) « Je fais la guerre, je fais toujours la guerre », dit-il le 8 mars 1918 à la tribune de l’Assemblée, pour résumer son jusqu’au-boutisme.

              (fin de citation)


              • armand armand 16 janvier 2010 14:43

                « Indépendance des chercheurs » trouve rien de mieux que de citer Wikipédia ? Bizarre...

                En tout cas les réformes de la police voulues par Clémenceau mirent fin à une période de grande insécurité, issue en partie de la division des polices, de leur immobilité, des faibles effectifs de la seule police vraiment nationale, la Süreté. C’est bien à son actif.

                Votre vision de la guerre de 1914 est partielle et partiale - rivalités coloniales certes, mais volonté expansioniste allemande qui se serait soldée par l’annexion de la France jusqu’à Dijon, contre volonté de la France de reprendre les provinces arrachées en 1870. Il y a à la fois « Kiel et Tanger ».
                En tout cas, votre phrase à l’emporte-pièce fait réellement douter de vos qualités de chercheur !


              • Le Canard républicain le canard républicain 16 janvier 2010 14:43

                Clemenceau est complexe.
                Pour le découvrir, il est sans doute nécessaire de lire le livre de Michel Winock :
                http://www.xn—lecanardrpublicain-jwb.net/spip.php?article225
                Je préfère cette référence à celle de wikipédia.
                Cordialement.


              • Indépendance des Chercheurs Indépendance des Chercheurs 16 janvier 2010 15:58

                En l’occurence, il s’agissait de citer un résumé synthétique accessible en ligne de la biographie de Clemenceau, et pareil pour Villain. Wikipédia n’est pas moins objective que d’autres sources. Mais personne ne nie les faits rapportés dans les extraits de Wikipédia que nous citons.

                Clemenceau était à « l’extrême-gauche » parlementaire au moment de la « grande expansion coloniale » des années 1880, mais il ne l’était plus en 1902 ou 1906. A fortiori, en 1917-1920. De toute évidence, les intérêts qu’il défendait avaient changé.

                Il serait très souhaitable que l’ensemble des comptes rendus existants des débats des instances parlementaires françaises de toutes les époques soient mises en ligne à la portée (gratuite !) de tous les citoyens.

                Le collègue qui a diffusé le texte intégral (officiel) du discours de Jules Ferry du 28 juillet 1885 (Journal Officiel du 29 juillet 1885) a été obligé d’aller le chercher à la Documentation Française, et de faire des photocopies papier de microfilms. C’est dire...


              • armand armand 16 janvier 2010 14:37

                L’« Indépendance des chercheurs » aurait avantage à présenter nommément ses membres, pour qu’on puisse juger de leur sérieux.
                Leur présentation de l’histoire est pour le moins partiale.

                Quant au soutien apporté par Accoyer à la réhabilitation de Napoléon III, ce phénomène est loin d’être scandaleux, et correspond à un droit d’inventaire, débarrassé enfin de l’effet Victor Hugo, qui poursuivit jusqu’au bout sa vindicte contre l’homme du Coup d’Etat, entraînant avec lui l’opinion de la IIIème République.

                Certes, Napoléon III s’empara du pouvoir d’une manière sanglante. Mais faudrait-il rappeler que la Seconde République était éllé aussi issue d’un soulèvement armé, et qu’elle s’est empressée, avec Cavaignac, de fusiller les ouvrires par milliers au cours des journées de Juin, préfigurant la répression contre la Commune.

                Se distinguant largement de celui qu’on voudrait nous faire passer pour son successeur actuel, Napoléon III avait la fibre sociale, autorisa les syndicats, tenta de pardonner à tous les conspirés de l’attentat d’Orsini en 1958, montrant pour le coup une totale absence de rancune (à opposer à l’acharnement de De Gaulle après le Petit Clamart).
                NIII a fondé l’Union latine des monnaies européennes, aurait voulu créer une structure anticipant les Nations Unies, et, surtout, envisageait en Algérie un « grand royaume arabe » - ce qui nous aurait évité les événements sanglants du XXe siècle.
                Sur le plan intérieur, il évoluait vers un plus grand partage du pouvoir - peu avant la guerre de 1870 de nombreux (futurs) communaurds faisaient partie des élus, et l’empereur proclamait qu’il laissait désormais la politique à la Chambre tandis qu’il s’occupait de la défense. Il s’est laissé entraîner, hélas, dans la Guerre de 1870, trop affaibli devant une conspiration belliciste autant en Allemagne qu’en France.


                • Indépendance des Chercheurs Indépendance des Chercheurs 16 janvier 2010 16:31

                  Ah, c’est donc une défense de Napoléon III au nom du « droit d’inventaire ». Mais le premier « inventaire » à faire sur Napoléon III, c’est la transformation de la République en Empire. Ce n’est pas une broutille. Et quel en fut le bilan ? 1870, la Commune de Paris, etc...

                  Quant à la prétendue « modernité » de Napoléon III, c’est un fait que la montée de l’Allemagne grâce aux exportations de capitaux britanniques et français fut déjà évoquée par Marx avant la signature du traité franco-britannique de libre échange de 1860 et qui ressemble fort à une manoeuvre défensive de la part de ces deux puissances dans un contexte de rivalité continentale.

                  Sous Napoléon III également, se développa une politique d’expansion coloniale déjà considérable (jusqu’à attaquer la Chine conjointement avec l’Angleterre), avec en prime la tentative de mainmise sur le Mexique qui se solda par un échec et par un gâchis financier et humain.

                  Et ainsi de suite, sans oublier, en effet, le projet de « royaume arabe » directement sous la houlette de l’Empereur...


                  • L. D. T. L. D. T. 16 janvier 2010 22:04

                    Ce qui ne serait pas mal, ce serait de reconnaître l’intangibilité de la France dans les républiques comme dans les monarchies... On reprendrait notre histoire d’une meilleure manière que de la façon dogmatique et ignare au vu de ce qu’ont été les monarchies(Napoléon, Louis-Philippe, Napoléon le Sans Talent).


                    • Indépendance des Chercheurs Indépendance des Chercheurs 17 janvier 2010 10:44

                      « Ce qui ne serait pas mal, ce serait de reconnaître l’intangibilité de la France dans les républiques comme dans les monarchies »

                      Cet exercice paraît difficile. Napoléon III avait déclaré, par exemple : « Je suis l’empereur des Français et des Arabes ». En clair, il s’agissait dans son esprit d’un Empire avec un Empereur à sa tête et dont chaque composante devait être subordonnée à l’autorité impériale.

                      C’est la logique de toutes les monarchies. Si elles parviennent à « s’agrandir », alors elles finissent par s’octroyer le droit de remanier les « composantes » de leur royaume ou de leur empire.

                      D’ailleurs, la France actuelle a résulté elle-même d’une série d’annexions.


                    • brieli67 17 janvier 2010 00:00

                      http://archives.ac-strasbourg.fr/pedago/lettres/Victor%20Hugo/index.htm


                      de Victor Hugo son Napoléon le Petit en e-book. VH aurait pu rentrer plus tôt de son exil et ne pas attendre 18 ans : ses amours ? ses oeuvres futures ? Il n’a plus que peu écrit après ses 53 ans...

                      Chez les Bonap’’ , on intervient et contrôle à deux  l’Histoire, Lucien au 18 brumaire ....et le bâtard de demi-frère de L-Bonaparte : le Duc de Morny, sa disparition en 1865 sonne le glas du Second Empire.

                      Autour du Clèm ’ 
                      Il y a un siècle
                      La Belle Epoque, au jour le jour, comme si vous y étiez  
                      de l’Histoire comme on l’aime....

                      Sur le fonds, pourquoi cette réhabitilisation ? Nos familles/clans dirigeants émanent pour la plupart des « nobles » et chefs du Tiers-Etat, récupérés par les Bonapartes I et III. Il y a un manque patent de renouvellement, c’est l’endogamie tant décrite et décriée.
                      voir les débats Grandes Ecoles versus l’Université

                      Des dynasties, des parentèles, des « pièces rapportées » .. 
                      tout un magma à décoder lors des « rallyes »...





                      • Hieronymus Hieronymus 17 janvier 2010 05:57

                        Ce coup la d’accord avec Seguin
                        l’histoire a ete tres injuste avec Napoleon III ou plutot le souvenir qui en est transcrit
                        il faut dire que chaque regime a toujours pour souci premier de decrier le regime precedent, la III republique ne pouvait donc que diffamer le II empire, mais en France s’ajoute une rigidite ideologique qui se traduit par des dogmes de pensee qui perdurent parfois un temps impressionnant, ainsi l’ancien regime (avant la revolution) aurait ete une tyrannie abominable, plus pres de nous toujours impossible de tacher d’analyser objectivement le role de Petain durant la II guerre mondiale sans provoquer des cris d’orfraie ds l’auditoire, bref idem pour Napoleon III celui-ci semble vouer a une malediction perpetuelle alors que :
                        - jamais ds son histoire sauf peut etre durant la IV republique, la France ne s’est autant modernisee, autant enrichie en si peu de temps et n’a connu autant de progres social que durant les 18 ans du second empire alors qu’on fait (a tort) dater tous les progres sociaux de la III republique
                        - Louis Napoleon Bonaparte n’etait nullement un tyran sanguinaire, il etait effectivement bonapartiste cad une forme de regime populiste mais soucieux du bien commun et qui beneficiait d’une tres large popularite, aussi il n’etait pas belliciste comme son oncle et savait se montrer clement envers ses adversaires
                        alors pourquoi une aussi mauvaise renommee ?
                        la (mes)aventure mexicaine a mis du plomb ds l’aile au regime mais le coup de grace a bien sur ete la deroute de Sedan face a la Prusse et les conditions humiliantes de la defaite mais plus que tout cela, ce qui a joue negativement pour sa posterite c’est l’acharnement feroce de notre grand Victor Hugo (moraliste = raseur) dont les ecrits pesent toujours tres profondement sur notre inconscient collectif (ex. : les miserables => les voleurs sont des malheureux / les delinquants sont des victimes de la societe) on ne soupconne pas a notre epoque combien la « pensee » de ce romantique (donc irrealiste) a faconne le discours moral de la gauche francaise, perso si je suis vaguement de gauche je pense qu’il faut qd meme etre lucide sur ce profond endoctrinement inconscient produit par notre « grand » V.H.


                        • Indépendance des Chercheurs Indépendance des Chercheurs 17 janvier 2010 10:58

                          Le développement du capitalisme en France dans cette période ne doit rien de particulier à Napoléon III, qui a surtout conspiré en permanence contre la République jusqu’à la renverser et dont le lobby a profité de la prospérité économique du pays.

                          Pendant cette période, l’Allemagne s’est développée grâce aux exportations de capitaux françaises et britanniques, et Napoléon III s’est fait battre en 1870. Où est la « modernité » ? Précisément, si les milieux financiers et industriels ont lâché Napoléon III, c’est parce qu’ils lui reprochaient de ne pas avoir été à la hauteur des enjeux de son époque.

                          Les années 1870 se solderont également par une défaite des conservateurs et par la montée des « républicains opportunistes » au nom, précisément, de la « modernisation ».

                          Quant à la politique coloniale, elle engagea la France dans une bien mauvaise voie.


                        • brieli67 17 janvier 2010 12:06

                          Les immigrés allemands à Paris au 19ième siècle de Mareike Koenig
                          Mini-conférence en allemand, en boche
                          terme « klassik » dans la prose du nervi « militaire » universitaire Armand à la fleur de Lys au col de sa veste, toujours prompt à imposer ses idées parcellaires , ses interprétations compassées fût-ce par poings américains, en regrettant les duels au Pré Carré du passé...

                          http://formations.enst.fr/conf_allemand/conf6_immigres/

                          dossiers thématiques que vous pouvez retrouver : http://www.histoire-immigration.fr/

                          La voirie, les ordures, le transport, l’artisanat ... la pègre étaient entre les mains des Allemands à Paris. C’est la Prusse lors de la Commune/Siège qui a « karchérisé » et renvoyé ce « prolétariat » au bercail ou à Cayenne ... avec la complaisance de « Foutriquet » - A. Thiers
                          « La République sera conservatrice ou ne sera pas ! »


                          • armand armand 17 janvier 2010 13:03

                            Messieurs les Chercheurs,

                            Aucune réponse aux faits que j’ai signalés, sauf que vous partez du principe contestable qu’une monarchie ou un Empire, fussent-ils parlementaires, limités, symboliques, c’est « moins bien » qu’une république, fût-elle « pseudo », massacreuse de ses ouvriers, et coloniale de sucroît.
                            Quant à lidée grotesque d’une réhabilitation de NIII par les « aristos » actuels, allez en parler avec Raphael Dargent, vous le feriez beaucoup rire.

                            Brieli,
                            Vos attaques systématiquement « ad hominem » témoignant d’une animosité maladive n’appellent aucune réponse, sinon celle que vous semblez appeler de vos voeux.
                            Adressez-vous à la rédaction pour me faire parvenir vos coordonnés, et on pourra convenir d’une rencontre pour vider cette querelle.


                          • WINSTON WINSTON 18 janvier 2010 13:01

                            Les commentaires acrimonieux, irrespectueux y compris de l’article lui enlève toute force et intérêt. Un parfait exemple de ce qu’il faut éviter. Défoulement 100% et impact 0%.

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