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Accueil du site > Actualités > Politique > Le « procès » de l’hébergement d’urgence en Ile-de-France (...)

Le « procès » de l’hébergement d’urgence en Ile-de-France !

L’Observatoire du Samu social de Paris vient de rendre public un rapport de 444 pages, appelé « Enfams : Enfants et familles sans logement personnel en Ile de France »

Cette étude fort sérieuse, documentée part d’un échantillon aléatoire composé au premier trimestre 2013 de 801 familles hébergées en Ile de France.

Il s’agit là de l’hébergement en hôtel social, en centre d’hébergement d’urgence (CHU), de réinsertion sociale (CHRS° ou pour demandeurs d’asile (CADA)

Cet échantillon représente 10 280 familles, donc environ 35 000 personnes.

Ne sont pas comptabilisées des familles en caravanes ou dans d’autres types d’hébergement institutionnels.

Le rapport est édifiant :

  • Une pauvreté importante voire extrême : 80% de cette population vivent sous le seuil de pauvreté ;
  • Un état de santé inquiétant ;
  • Une vie plus que difficile avec des difficultés pour faire à manger ;
  • Une déscolarisation massive causée par les déménagements fréquents et par les blocages administratifs ;
  • Un isolement social : les hôtels sont souvent dans des lieux désertiques
  • Des difficultés pour avoir accès aux distributions alimentaires

Deux extraits de la synthèse sont particulièrement éclairants

« La pauvreté des familles se manifeste également au niveau des conditions de vie. La plupart des hébergements collectifs peuvent être considérés, selon les critères d’équipement utilisés dans d’autres enquêtes, comme surpeuplés et privés de confort. Par exemple, dans 21% des cas, il n’est pas possible de cuisiner ni dans les parties privatives ni dans les parties collectives de l’hébergement ; 29% des familles n’ont pas non plus de toilettes ou de douche dans leur chambre. Dernière illustration : 41% des enfants doivent partager le même lit qu’un de leur parent. Enfin, il suffit de rappeler l’interdiction fréquente de recevoir des visites dans la plupart des établissements étudiés pour comprendre ce qui sépare l’hébergement du logement.. »

« Cette forte mobilité résidentielle a des répercussions multiples, notamment sur la socialisation des enfants. La non scolarisation des enfants entre 6 et 12 ans, au moins 10 fois plus importante qu’en population générale, est associée à la survenue de déménagement(s) dans l’année écoulée. »

 

Cet hébergement d’urgence dure souvent très longtemps.

Des familles en arrivent à rester neuf ans dans des centres d’hébergement….C’est ce qu’on appelle en France de l’hébergement d’urgence !?

Espérons que ce rapport ait une utilité sociale et politique

L’hébergement d’urgence ne devrait durer que quelques jours et les familles accueillies devraient l’être dans des conditions décentes.

Il existe en France des bâtiments vides et libres qu’il suffirait d’aménager et il serait possible d’ouvrir des résidences socialisées comme les foyers de jeunes travailleurs.Quant au coût financier, il serait moindre que celui actuel.

Rappelons que les chambres d’hôtels coûtent très cher….Quant au coût humain, sanitaire et social de l’hébergement d’urgent actuel, il est à un niveau très élevé.

 

Jean-François Chalot


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6 réactions à cet article    


  • philippe913 3 octobre 2014 10:23

    oui, faire en sorte que le logement social redevienne du vrai logement social, réellement réservé au 15-20% de la population en grande difficulté, alors que maintenant, 60-70% de la population y est éligible, rendant l’accès compliqué aux personnes en grande difficulté, et étant l’équivalent d’une rente, d’un nième privilège pour les autres.


    • foufouille foufouille 3 octobre 2014 10:56

      il y a des logements vides en province.


      • Jean Keim Jean Keim 3 octobre 2014 17:36

        Il y en a partout aussi à Paris ... Vide ne signifie pas uniquement inoccupé mais également occupé occasionnellement pour quelques raisons que ce soit, un émir, un rentier etc. ... CQFD


      • foufouille foufouille 3 octobre 2014 20:07

        à louer. même des HLM vides


      • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 3 octobre 2014 17:30

        Quels sont les « bénéficiaires » de ces logements d’urgence ? D’où viennent-ils ? Qu’est-ce qui les y a conduits ?


        • Montdragon Montdragon 3 octobre 2014 19:54

          90% n’ont pas la nationalité française, chiffre « omis » par M. Chalot.
          Ce sont de très frais débarqués pour l’essentiel.
          La pauvreté ne s’endigue pas en ouvrant les vannes, mais là on touche à la ligne rouge...hein Chalot ?
          On attend toujours un article de l’UNAF sur les tutelles au fait....vautours.

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