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Accueil du site > Actualités > Politique > Le PS connaîtra-t-il le destin du PASOK ?

Le PS connaîtra-t-il le destin du PASOK ?

En Grèce, le PASOK a été littéralement annihilé par les évènements politiques et l’émergence de Syriza. A la tête du pouvoir début 2012, partenaire de la majorité jusqu’en janvier, il pèse aujourd’hui moins de 5% des voix. L’Espagne pourrait suivre demain avec Podemos. Et la France ?

 
Mêmes causes, mêmes effets ?
 
Même si la situation n’est évidemment pas la même, on peut faire de nombreux parallèles entre la situation de la France et celle de la Grèce et l’Espagne. On retrouve la même évolution de ces partis dits socialistes vers la social-démocratie, avant de virer eurolibéraux et appliquant les mêmes recettes économiques que la droite la plus bête et dogmatique, pour reprendre Paul Krugman, appliquant austérité, privatisations et recul des services publics, ouverture suicidaire du marché à la concurrence, et quête également suicidaire de la compétitivité alors qu’à trois mille kilomètres, il existe des pays où les salaires sont bien plus bas. Enfin, on y retrouve aussi un internationalisme volontiers antinational.
 
Bref, le PS Français ressemble beaucoup au PASOK, quasiment réduit à néant, et au PSOE, qui semble en prendre le chemin en Espagne avec l’émergence de Podemos. Où il apparaît qu’à trop mener des politiques proches de celle de la droite la plus dogmatique et bête (il existe des libéraux humanistes et pragmatiques), ce qu’on appelle politiquement la gauche, logiquement, finit par perdre ses électeurs, qui ne se retrouvent plus dans ces gouvernements. La troisième place aux élections européennes, ou dans les sondages pour les cantonales et les présidentielles peuvent indiquer que le PS suit un processus d’autodestruction, comme le PASOK et le PSOE, que le dernier passage au pouvoir a achevé.
 
Comparaison n’est pas raison ?

Dès lors, le scénario semble déjà écrit : en 2017, nous aurions à choisir entre Marine Le Pen et le candidat de l’UMP. Néanmoins, il y a plusieurs points de différences avec la situation de la Grèce et de l’Espagne. D’abord, même si elle est extrêmement violente, la crise que nous traversons ne l’est pas autant, ce qui n’est sans doute pas neutre dans la volonté d’un peuple de balayer l’ordre ancien. Ensuite, il ne faut pas oublier qu’à Athènes et Madrid, ce sont des forces de gauche plus radicale qui ont émergé, un réceptacle naturel pour l’électorat de ces partis pseudos socialistes qui avaient trahi socialement. Se tourner plus à gauche quand le centre-gauche regarde à droite semble assez facile.

Mais en France, après tout, le FN a récupéré sans vergogne l’électorat populaire, qui est passé de la gauche ou l’extrême-gauche à l’extrême-droite depuis des années. Du coup, le même avenir pourrait se dessiner pour le PS. Sauf que le parti dit socialiste s’est réinventé en Parti des classes moyennes et supérieures des centres-villes, protégées, ou qui profitent de la mondialisation, libéral, libertaire et européo-internationaliste. Du coup, l’OPA logique du FN sur les classes populaires des périphéries n’asphyxie pas complètement le PS qui a trouvé un nouvel espace politique. On peut alors croire que notre pays a évolué vers un tripartisme institutionnel dominé par le FN, l’UMP et le PS pour quelques années.
 
Cependant, ce raisonnement bute sur la bipolarisation naturelle de la vie politique. Il n’est pas courant que trois partis conservent un poids équivalent durablement. En général, deux finissent par se détacher. Et si le PS semble à date le plus menacé, ce scénario n’est pas le seul possible dans les années à venir…

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23 réactions à cet article    


  • fred.foyn Le p’tit Charles 26 février 2015 12:39

    Le PS n’existe déjà plus...comme l’UMP d’ailleurs...Le temps passe et les couillons s’en vont.. !


    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral 27 février 2015 05:52

      qu’ils disparaissent, apres tout ... ils sont incapables d’etre clairs avec eux meme 



    • Piotrek Piotrek 26 février 2015 12:40

      Bien sûr que le PS connaitra le sort du PASOK. Idem pour l’UMP et ND

      Car ce sont des repaires de magouilleurs (Cahuzac, Woerth...) qui n’appliquent jamais rien de leur idéologie respective. Incompétence ou corruption par les oligarques ? Peu importe, la majorité sera lassée.

      Ca ne veut absolument pas dire que le boulevard est ouvert pour le FN. Le FN aurait déjà du commencer à faire campagne pour 2017. Au lieu de ça, la PME politique ne fait que placer des pions, peaufine ses tracts et garde le seul rôle qu’ils ont jamais eu : l’opposition grossière.

      Le premier parti qui donne une alternative à la colère comme l’a fait SYRIZA face au LAOS (le FN Grec) et au KKE (le PC traditionnel grec) remportera le pactole.
      Les debout la république, les UPR et une hypothétique alliance de vraies gauche sont les mieux placées face aux extrèmes-extrèmes.


      • Fergus Fergus 27 février 2015 11:21

        Bonjour, Piotrek.

        Pas d’accord avec vous, le PS n’est pas dans la situation du PASOK, le parti grec ayant été très largement coulé par la corruption massive qui a caractérisé les pouvoirs successifs, de droite comme de gauche.

        Le PS n ’en est pas là, et il bénéficie de l’impuissance du FdG à devenir une alternative de gauche de nature à prétendre jouer les premiers rôles. La faute à des erreurs de stratégie et de leadership qui ont permis au FN de largement préempter les votes de classes populaires en déshérence. Dommage car il y aurait une belle carte à jouer en 2017 ! Mais elle passe par une large alliance FdG-Verts-Nouvelle Donne + éventuellement Dissidents du PS

        Plus probablement, c’est vers une situation comparable à celle qui a suivi les législatives de 1993 que l’on va aller. Et encore cela n’est-il même pas certain, tant l’UMP possède une capacité à s’auto-détruire en 2017 sous la forme d’un schisme entre une candidature très droitière et une candidature centriste, un scénario qui pourrait permettre au PS de tirer les marrons du feu contre toute attente.


      • Pere Plexe Pere Plexe 27 février 2015 20:00

        Le sort du PS, suite à la branlée attendue aux départementales,dépendra de la crédibilité de ses concurrents et à leur capacité à tenir un discours audible et cohérent.
        Pour l’instant la faiblesse des alternatives devrait limiter la casse.
        Mais peut être pas au point que le PS soit toujours parmi les trois « grands » partis.
        L’autre inconnue est le nombre d’alliances locales FN/UMP .


      • lsga lsga 26 février 2015 15:23

        Vu qu’en France, l’équivalent de Syriza c’est le Front National, je dirais plutôt que c’est l’UMP qui va connaître le sort du PASOK.

         
        Vu que le FN n’emportera jamais une présidentielle, le PS, lui, est solidement accroché au pouvoir. Merci qui ? Merci Marine !

        • zygzornifle zygzornifle 26 février 2015 17:21

          @lsga


          le PS a besoin de l’UMP pour gagner contre le FN et l’UMP a besoin du PS pour gagner contre le FN 
          le seul mot d’ordre étant de faire barrage .....

        • lsga lsga 26 février 2015 17:27

          @zygzornifle

          non non non : toi tu parles du passé.

          Là, on parle de ce qui est arrivé au PASOK, de l’avenir en France : un des deux partis de gouvernement qui se fait aspirer par son aile extrémiste. 

           
          En France, ce sera l’UMP qui va se faire aspirer par le FN.
           
          Mais, le FN ne peut pas gagner une présidentielle. C’est un parti qui a été fondé par des NAZI (pas des « néo », des nazis tout court, comme Léon Gaultier). Au niveau national, il y aura toujours au moins 60% des électeurs pour le bloquer. C’est tout l’intérêt du FN pour l’Oligarchie par rapport au Front de Gauche : le FN ne représente pas une menace réelle.
           
          Bref, comme je le dis depuis le début, on aura Hollande jusqu’en 2022. Merci qui ? Merci Marine !

        • Fergus Fergus 27 février 2015 11:27

          Bonjour, lsga.

          Pour le PS et le FN, cette analyse n’est pas fausse si l’UMP ne parvient pas à clarifier sa position vis-à-vis du FN ; or, les militants, très majoritairement radicaux, risquent d’entraîner le parti vers l’abîme sous la forme d’un schisme idéologique mortifère.

          Cela dit, le PS risque de traîner comme un boulet Hollande si celui-ci veut rempiler. Le meilleur atout du parti serait donc Valls, parfaitement compatible avec l’UDI et le Modem. Pas très folichon comme perspective, je vous l’accorde !


        • Garance 27 février 2015 11:33

          @zygzornifle


          Oui....le « Front Républicain » qu’ils appellent ça ces baltringues

          Sauf que là ils vont l’avoir dans l’os les pourris

          Ca eut marché mais ça marche plus

          C’est la panique à bord des pédalos : le tsunami arrive qui va submerger le « barrage ».....vont tous finir noyés les enfumeurs de première :->

        • lsga lsga 27 février 2015 17:31

          Fergus : Valls est un repoussoir pour une grande partie des électeurs de gauche. Je ne le vois pas se présenter avant 2022, et 2022, c’est loin. Mais si d’ici là le conflit mondial aura commencé, oui, Valls sera élu sans difficulté. 


        • Fergus Fergus 27 février 2015 23:29

          @ lsga.

          Un repoussoir, peut-être, mais le PS n’étant plus un parti de gauche, Valls pourrait trouver un assez large électorat dans un paysage politique recomposé entre le PS et le Centre.

          Bonne nuit.


        • lsga lsga 27 février 2015 23:37

          mais si, le PS est toujours un parti de gauche, le même qu’à l’époque de Mitterrand. c’est la gauche « républicaine », celle qui s’accommode du Capitalisme, et tente de s’y adapter comme elle peut en essayant d’être le moins dur que possible avec la classe moyenne. A une époque de mondialisation, ou le Keynésianisme n’est plus possible, ça donne François Hollande, voilà tout. 

           
          C’est la gauche révolutionnaire qui a disparu totalement du paysage en Europe, écrasée par l’État Providence, le réformisme social et le syndicalisme. 
           


        • Gauche Normale Gauche Normale 28 février 2015 01:16

          @lsga
          Vous qui semblez vous satisfaire d’un PS au pouvoir pour X temps, que pensez-vous de Gérard Filoche, un de ses militants ? Un type d’extrême droite ? Un stalinien ? Non : c’est le seul porteur de carte d’adhérent PS qui soit de gauche.


        • lsga lsga 2 mars 2015 15:38

          Filoche, c’est un « ex » communiste, plus précisément, un ancien mec qui se croyait communiste, qui ne l’était pas, et qui est partisan d’une bureaucratie étatique autoritaire dirigeant « pour » le peuple, mais sans lui. 


        • Esprit Critique 26 février 2015 15:47

          « Le PS connaîtra-t-il le destin ..... » C’est ce qui pourrait arriver de mieux pour la France....

          « le FN a récupéré sans vergogne l’électorat populaire »

          Vous ignorez tout de ce qu’est une démocratie. le FN ne récupère rien, ce sont les électeurs et citoyens qui sont dégoutés par certains politiciens menteurs, médiocres, incapables, malhonnêtes au minimum intellectuellement, qui décident en conscience de choisir autre chose ; dont ils pensent , a tord ou a raison , après des années de réflexion, que ça ne peut pas être pire.

          Tel est la réalité. Si on veut la changer , il est stupide de chier et baver sur le FN.

           il faut être franc, honnête , efficace, exemplaire, compétant.....etc

          Quand vous aurez compris ça vous pourrez aller voter !


          • zygzornifle zygzornifle 26 février 2015 17:19

            le PS est trop blindé de fric pour que cela lui arrive et même s’il disparaît il renaîtra sous un autre nom avec les mêmes parasites a sa tête car il a de l’oseille pour tout corrompre et acheter directement et indirectement.....


            • vesjem vesjem 26 février 2015 19:18

              il est une différence de taille entre d’une part la france et d’autre part la grèce , l’espagne ... ;
              les médias français sont 100% dans des mains « politico-financières » et donc aux ordres
              la propagande continuelle suffit à garder « à flot » les partis corrompus umps ,voire d’autres


              • Alren Alren 26 février 2015 19:38

                Le parti communiste français a déconcerté les électeurs cherchant une alternative à gauche du PS en s’alliant avec lui dans de nombreuses villes aux municipales. 


                Il semble que l’échec retentissant qu’il a subi à cette occasion a ouvert les yeux des vieux nostalgiques du Programme commun et des élus qui ne voulaient pas renoncer à l’honneur de leur mandat.

                S’il maintient une attitude claire d’opposition au PS « solférinien » pendant les campagnes des cantonales et des régionales, ces électeurs déconcertés pourraient accorder davantage de confiance au Front de gauche dont le PC apparaît comme l’élément le plus important malgré la célébrité de Jean-Luc Mélenchon.

                Si le Front de gauche dépasse un jour le PS dans une élection, le « vote utile » sera de la choisir dès le premier tour. un phénomène « boule-de-neige » pourrait alors s’enclencher

                Cela a toute chance de se produire si Syriza parvient à maintenir ses réformes sociales en Grèce contre ses ennemis de l’UE et démontre ainsi que la gauche radicale tient ses promesses, à la différence de la « sociale-démocratie ».

                • Rincevent Rincevent 26 février 2015 22:02

                  Le PS comme le PASOK ? Oui, quand les conditions qui poussent à la révolte seront les mêmes qu’en Grèce : 60 % de chômage chez les jeunes, par exemple. On n’y est pas encore, patience…


                  • Pere Plexe Pere Plexe 27 février 2015 19:50

                    ...il faudra expliquer à LH que 20 liens dans la même page utilisant des nofollow pointant vers son site n’améliorent son référencement que de manière marginale.


                    • Mmarvinbear Mmarvinbear 28 février 2015 04:09

                      Comparaison n’est pas raison. Le PS et le PASOK ne sont pas identiques, il est donc idiot de vouloir les comparer.


                      Le PASOK est un parti miné par la corruption, le clientélisme et le népotisme. Les Papandreou y règnent depuis des générations et personne d’autre ne peut accéder aux hautes fonctions du parti.

                      Le PS a connu des problèmes de corruption, mais le clientélisme est plus limité et le népotisme presque inconnu. Il a changé régulièrement de Secrétaire général, ce qui ne permet pas l’apparition d’une dynastie et surtout il a montré depuis 2 ans une réelle volonté de lutter contre l’affairisme interne.

                      Celles et ceux qui ont cru pouvoir se considérer comme exemptés des nouvelles règles à suivre ont toutes été virées et doivent faire face à la justice.

                      • Samson Samson 1er mars 2015 17:43

                        @Mmarvinbear
                        « Comparaison n’est pas raison. Le PS et le PASOK ne sont pas identiques, il est donc idiot de vouloir les comparer. »

                        Ils siègent simplement dans le même groupe au Parlement €uropéen et - leurs promesses n’engageant que ceux qui y ajoutent foi - manifestent le même zèle à gruger leurs électeurs pour mieux les soumettre aux diktats de la financratie.
                        Si même, gavé par la propagande de médias à la botte, l’électeur est - à juste titre ou non - réputé con, la duperie, comme sa patience, semblent maintenant atteindre leurs limites ! smiley

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