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Le PS dans l’euphorie électorale

Le Parti Socialiste vient de remporter les sénatoriales. Pour la première fois, le bastion de la droite tombe dans l'escarcelle de la gauche. Pourtant, loin du triomphalisme ambiant, la route pour conquérir l'Elysée reste semée d'embûches.

Ils jubilent. Ils ont réussi. Enfin. Après des années d’échec où ils ont fustigé cette institution « non démocratique », ils se félicitent aujourd’hui de cette prise historique, imaginant des lendemains aussi glorieux. Deux des pontes du parti, en campagne, sont même venus célébrer la victoire. Le Parti Socialiste a donc obtenu la majorité au Sénat et espère bien transformer l’essai le week-end prochain en ayant dans ses rangs le deuxième personnage de l’Etat. Puis viendra le triomphe en 2012, ils s’y voient déjà. Cependant, la route de l’Elysée est encore longue.
Le Parti Socialiste voit en cette victoire les prémices de la reconquête du chemin élyséen. Après le palais du Luxembourg, celui de l’Elysée est en point de mire. Mais ce n’est pas si simple. D’une part, cette victoire n’est que la confirmation des nombreux succès qu’a connus le PS ces dernières. Régionales 2004, Municipales 2008, Régionales 2010, sans compter les cantonales, le PS a fait le plein dans les élections locales. Or comme ce sont les élus locaux qui votent pour les sénatoriales, rien d’étonnant à ce qu’ils aient fait confiance aux candidats socialistes. On est loin de l’adhésion populaire martelée depuis des heures par des dirigeants ivres de joie. Attention à la gueule de bois électorale. Le PS est redevenu ce parti de notables provinciaux triomphant aux élections locales mais échouant lors des grandes échéances nationales. Pour la bonne et simple raison que le PS, Mitterrand de côté, n’a toujours pas saisi les contraintes de la Ve République.
Où en est le PS ? Le parti est encore groggy de la disqualification de son favori américain. Sans leader, il organise des primaires hasardeuses et dangereuses. Car contrairement à ce que le PS répète, les primaires citoyennes ne sont pas une « bouffée démocratique » mais un terrible aveu de faiblesse. Car dans la Ve République, la primaire c’est le 1er tour de l’élection présidentielle. Quant aux candidats, en tout point semblable, mis à part Arnaud Montebourg, leur querelle de personnes, leur haine réciproque et les petites phrases qui fusent, prennent le pas sur un débat d’idées aussi utile que salutaire. Quid de la mondialisation ? Quid de la dette ? Quid de l’éducation ? Des questions sans réponse tant le PS est sclérosé par ses contradictions. Il serait tout de fois malhonnête de dire que le PS n’a pas de projet. Il existe. Il a été établi avant la crise des dettes publiques le rendant ainsi caduc. Travailler plus prônait Nicolas Sarkozy. Dépenser plus lui répond le PS. Contrats aidés, embauche de fonctionnaires, le parti socialiste multiplie les promesses qui seront aussitôt oubliées lors de son arrivée au pouvoir. Sur ce point, Manuel Valls a raison, attention aux lendemains qui déchantent. Les socialistes qui ont la nostalgie facile, devraient méditer l’expérience mitterrandienne de 1981.
Enfin politiquement parlant, comment faire pour concilier la gauche du parti et l’aile social-démocrate. Si les sondages de Jean-Luc Mélenchon sont pour l’instant faibles, gageons que le tribun saura créer une dynamique. Son discours commencent à trouver des échos chez les classes populaires et le succès de ses livres montre un réel engouement pour le leader du front de gauche. Débordé sur gauche, le PS pourrait se tourner vers le centre. Mais l’abondance de candidats au centre (Bayrou, Morin, Borloo et même Villepin) pourrait affaiblir le candidat socialiste. Choisir ses orientations sera la clé du succès.
Bref, le tableau n’est pas aussi rose que veut bien le faire croire le PS. Le parti est dans une position extrêmement favorable. Comme en 2007. Crises économiques, rejet de la personne de Sarkozy, affaires, la gauche est idéalement placée. Comme en 2007. Les sondages donnent François Hollande et Martine Aubry vainqueur contre le Président sortant. Comme en 2007. L’égo de chacun, les querelles intestines et un projet plus qu’irréaliste pourraient contrarier les plans socialistes et empêcher une victoire programmée. Comme en 2007 !

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2 réactions à cet article    


  • Gabriel Gabriel 27 septembre 2011 10:29

    Ils feraient bien de la jouer modeste les petits pères. Ils bénéficient plus de l’effet anti Sarko que d’une adhésion à leurs soporifiques programmes. Qu’ils ne se trompent pas car si ils sont élus en 2012, ils ont intérêts à être efficace sinon ce sera le chaos.


    • Robert GIL ROBERT GIL 27 septembre 2011 10:58

      A chaque élection, la majorité des français vote soit pour l’UMP qui représente les intérêts du grand capital, soit pour le PS représentant ceux de la grande bourgeoisie. Ensuite une autre partie des électeurs choisissent entre Europe Ecologie, partisan du capitalisme vert, et le Front National qui a fait de la peur de l’étranger son fond de commerce. Dans tous les cas le salarié est perdant, car aucun de ces partis ne remet en cause le système, pire, ils le cautionnent en apportant chacun sa petite touche démagogique pour flatter son électorat. Voir :

      http://2ccr.unblog.fr/2011/09/21/sondages-sondages/

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