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Accueil du site > Actualités > Politique > Le PS pourra-t-il « récoler » les morceaux ?

Le PS pourra-t-il « récoler » les morceaux ?

Le grand parti démocratique de gauche s’est révélé grande organisation clanique à tendance mafieuse, avec ses électeurs fantômes, ses bourrages d’urne, ses faux en écriture et ses menaces en tout genre. Une régalade pour l’UMP, qui n’en attendait pas tant, et une bonne partie de plaisir à venir pour Hollande, qui devra trancher.

L’opposition attendait le nom de la nouvelle cheftaine du grand parti qui allait devoir chercher les poux sur la tête des Sarkozy’s boys, et voilà qu’en guise de couronnement on assista l’autre nuit à l’avènement d’un délicat bordel, une chienlit comme on en espérait pas tant, un micmac digne du PC de la grande époque, ou de n’importe quelle élection dans nombre de pays d’Afrique qui ne se respectent pas. Et tout cela n’est finalement pas très étonnant, comme dirait Manuel Valls, lieutenant vexé de Royal, qui assure qu’on revient là à des méthodes d’un autre âge, expression reprise par Royal et d’autres de ses lieutenants. Mais de quel « autre âge » parlent-ils tous ? Et s’ils le connaissent si bien, est-ce à dire qu’ils ont déjà trempé, dans leur jeunesse, dans quelques pratiques de ce genre ? Si les langues viennent à se délier, autant qu’elles avouent tout, du passé comme du présent, de ces étranges coutumes qui semblent monnaie courante chez les socialistes. On sous entend clairement depuis quelques jours que le PS est vérolé depuis des lustres par des combines douteuses, ou tenu par quelques éléphants et leurs « familles », comme toute organisation mafieuse est tenue par certaines familles, qui veillent scrupuleusement à ce que rien ne leur échappe. Si cela est vrai, c’est très embêtant pour la future première secrétaire, qui devra d’abord faire un grand ménage pour assainir la maison. Si cela n’est pas vrai, les accusateurs à tort doivent être poursuivis pour diffamation.

A l’origine de tout ce déballage cocasse, les 42 voix d’avance accordées à Martine Aubry au bout d’une nuit de comptes et de mécomptes, samedi dernier au petit matin. Vendredi soir, dès 23 heures, des « rumeurs » relayées notamment par l’agence Reuters et émanant selon l’agence de « proches de Ségolène Royal » faisaient état d’une « large victoire » de la dame du Poitou, citant même dès cette heure là des pourcentages aux alentours de 52 à 53%. Ces chiffres furent presque immédiatement contestés, avant minuit, par « des proches de Martine Aubry », qui évoquaient un « score très serré ». La suite fut une bataille de communiqués entre les deux camps avant donc l’annonce « officielle » d’une victoire d’un poil d’éléphant de Martine Aubry avec 42 petites voix d’avance sur sa rivale poitevine. « Une seule voix suffit » pour l’emporter, avouera Royal sur TF1 le lendemain soir, « une seule voix » mais pas ces 42 là. Pas question pour la dame people d’accepter sa défaite. Elle préfère parler de « victoire volée », et répète à l’envie, par l’intermédiaire de son perroquet Valls que « tout le monde sait » qu’elle « a gagné ». Tout le monde sauf, donc, Martine Aubry, qui propose de calmer les choses, de s’asseoir à sa table, et de commencer à discuter avec elle, tous ensemble. D’un côté une bonne gagnante, sauvée de justesse, de l’autre une mauvaise perdante, écartée de justesse. La première veut se mettre au boulot, l’autre veut un nouveau vote. Au milieu coule le Parti.

Ce pauvre François Hollande, malhabile parfois mais sympathique souvent, méritait sans doute une meilleure sortie. Le voilà contraint à mettre en place à la va vite une « commission de récolement », puis de convoquer un conseil spécial chargé de proclamer le cas échéants le nom de la nouvelle première secrétaire du parti. La faute aux éléphants, sans doute, qui n’ont pas voulu disparaître aussi facilement et ont tout fait, peut-être même un peu trop, pour rester en vie encore un peu, eux qui se sont vus toute la nuit de vendredi à samedi mourir à petit feu, avant de ressusciter miraculeusement au petit matin, mais aux prix de quels efforts douteux, ou de quelles mises en scène discutables ? La faute aussi à Martine Aubry, terne, si terne dans sa campagne de l’entre deux tours, aussi convaincante qu’un bouclier fiscal, aussi emballante qu’un derby du nord, la créatrice des 35 heures ne sera pas parvenu, malgré le soutien aigri de Delanoë, malgré toute la bonne volonté du plutôt bon Hamon, à récupérer ne serait-ce que les trois quarts de ces voix qu’on lui servait sur un plateau. La faute aussi, à Royal, évidemment, finaliste à la dernière présidentielle, elle qui s’est toujours proclamée si « populaire » auprès des militants mais qui n’a manifestement pas su faire fructifier son crédit gagné en mai 2007, qui n’a pas su profiter de cet « élan » qui s’était soi disant levé à cette époque. Ses timides 50% sont un échec pour elle, qui ne convainc plus, au maximum, qu’une moitié d’un Parti qui affiche aujourd’hui moitié moins de militants que l’UMP. Entre une ex candidate détestée, des vieux schnoks qui s’accrochent à leurs fauteuils et des plus jeunes pas encore prêts, Hollande se disait bien que les choses pourraient être compliquées, mais il ne devait pas s’attendre à tel capharnaüm. Ce n’est pas de divisions qu’il s’agit, mais d’une multiplication des ego, de haines recuites et de rancunes tenaces qui rendent ingouvernable ce parti désormais secondaire, cocasse mais secondaire, qui aura quoiqu’il arrive du mal à redevenir crédible avant 2012.

Alors, quelle est la meilleure solution pour sortir de cette crise ? Recompter, d’abord, ou faire comme si. Valider ensuite l’élection de Martine Aubry. Passer à autre chose. Revoter serait la pire des solutions, ce serait transformer la crise en farce. On sait déjà, avec les révélations de chaque camp, qu’on a « triché » ou « commis des erreurs » des deux côtés. Que chaque camp a utilisé la même arme, plus ou moins intelligemment, plus ou moins discrètement. Si la manière est contestable, étant donné que c’est manifestement, « une façon de faire » au PS, il faut en prendre acte, faire avec, et confirmer le résultat annoncé samedi matin. Et à ceux qui crieront à « l’immoralité », on rappellera que la morale n’a rien en faire en politique, ne s’en servent que ceux, ou celles, qui après avoir profité d’un système en sont soudain victime.

En sortant du frigidaire ses ambitions, Ségolène savait dans quel panier de crabe elle se jetait, qu’elle ne joue pas aujourd’hui la vierge effarouchée, personne n’est dupe. Elle a joué et perdu, mais elle ne doit pas se montrer déçue : ce n’est vraiment pas un cadeau qu’elle laisse à Martine Aubry.


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13 réactions à cet article    


  • geko 24 novembre 2008 10:36

    Article caustique voir cynique mais terriblement vrai !

    S.R. est en train casser "son" jouet comme une sale gamine ! Et de constater une fois de plus que les partis sont sclérosés par le carrierisme politique !

    Pendant ce temps Sarko ricane et finit de dézinguer la république ! Quand le gros merdier qui s’annonce deviendra effectif le retour de baton risque bel et bien d’être violent, très violent  !


    • spartacus1 spartacus1 24 novembre 2008 10:54

      J’espère bien que le PS ne puisse rien recoller.

      Viviement que l’on reparte sur des bases plus saines en ayant éliminer les carriéristes de tout poil.


    • noop noop 24 novembre 2008 10:41
      Le PS vit la fin d’un cycle. La fin d’une impulsion, celle de François Mitterrand.
      Que sont les "éléphants" ? Sinon des hommes et femmes politiques qui ont cru à leur "pouvoir" individuellement, alors qu’ils n’en étaient que des « héritiers ». Les héritiers d’un génie politique. Certains ont eu à la fois le courage, mais aussi l’orgueil de vouloir en faire l’inventaire de cet héritage. Mais tous on agit comme si cet héritage était une rente à perpétuité… Il fallait travailler. Les éléphants se sont révélés être de « super » militants, peut-être à l’exception de Fabius (je le dis d’autant plus facilement que je n’apprécie pas le bonhomme), des super militants rien d’autre. Pas de vision, pas d élan, juste un mode de fonctionnement partisan pour tenter de préserver le pactole. Ca n’a pas suffit.
      Si vous ajoutez à cela une spécificité de la gauche récente, qui est son aversion du « chef », du leader forcement suspect de dérive totalitaire, jamais assez collectif, une aversion érigée en dogme, vous avez le décor, simple, pour une vraie crise. Elle est là.
       

        • oncle archibald 24 novembre 2008 11:36

           

          Ce qui serait encore le mieux serait que chacune des catcheuses précise ce qui différencie son programme de celui de sa rivale. Faire revoter sur un projet imprécis serait sans doute inutile puisque cela ne clarifierait rien. Le merdier actuel n’est que le résultat d’une absence de débat sur le fond. Aussi hypocrites l’une que l’autre, avec des supporters inconditionnels prêts à falsifier le vote des deux cotés, elles ont bien mérité toutes les deux ce qui leur arrive.

           

          Pour qu’un Socialiste ait une chance de s’installer un jour à l’Elysée il faudrait d’abord qu’il ait un programme clair et crédible, sans avoir peur de dire ce qu’il pense des autres organisations politiques qui se situent légèrement à sa droite ou légèrement à sa gauche et comment il compte bien s’entendre avec elles pour un jour pouvoir gouverner. Ce travail n’a pas été fait et elles paient l’addition. Normal ! Les seuls qui rigolent sont Bayrou, Besancenot et bien entendu le petit Nicolas. 

           

          Les temps ont changé, les moyens de communication, de comparaison, de critique en direct aussi. Segolene voulait refaire le coup de tonton François, prendre d’assaut le parti et ensuite étendre aux avoisinants, mais ça n’a pas marché. Peu importe qu’elle ait 49,5 ou 51,5 % des voix, c’est bien plus grave que cela.

           

          Attention : ceux qui font élire un député ou un président ne sont pas les militants d’un parti mais les électeurs de base. le pauvre couillon lambda qui ne les intéresse qu’un jour tous les cinq ans et qui en a ras le bol d’être traité comme un pion. 


          • La Taverne des Poètes 24 novembre 2008 14:33

            Recoller les morceaux des tatas flingueuses qui se sont dispersées "façon puzzle" ?

            "On rappellera que la morale n’a rien en faire en politique" : Bien voyons ! et "vive Sarko" ?


            • wesson wesson 24 novembre 2008 14:35

              mouais, comme aurait pu l’écrire la taverne,

              à force de racoler les bayrouistes, le PS doit maintenant racler les bulletins de votes pour récoler les morceaux...

              Tout cela ne m’inspire qu’un seul mot : Pathétique !


              • MAIKEULKEUL 29 novembre 2008 18:20

                Article parfaitement agencé pour les fofolles du nabot

                D’ailleurs, ils sont tous là, et parlent de leurs fanfreluches.

                Attendez ! Ca se met en place, et vous n’allez pas rigoler.

                Vous avez déjà oublié que vous avez perdu toutes les autres élections, et que vos fondamentaux sont dans les choux.

                Vous avez vu l’élection d’Arcachon où votre poulain devait passer haut la main ! En plein marasme du congrès PS, les électeurs ont mis en tête le socialiste qui n’en est pas revenu.

                Occupez-vous de votre basse-cour.

                Nous nous occupons des vrais problèmes en devenir


                • Emmanuel Goldstein Emmanuel Goldstein 30 novembre 2008 02:31

                  M. Massoulier, j’apprécie en général vos articles. 

                  Mais là désolé. Je suis taxé de "mafieux", alors que je pense que le seul moyen de faire front contre le sarkozysme est de rassembler le plus d’hommes et de femmes autour du projet que le plus grand parti de la gauche d’aujourd’hui. Le Parti Socialiste qui n’a rien de mafieux. 

                  Le PS, Monsieur, est un parti démocratique, le seul parti en France à faire des élections en interne. Ni l’UMP, ni le Modem, ni le parti communiste ne font des élections aussi régulières. Entre le système démocratique du PS et le vote à main levé du modem et les élection à 94% à l’UMP, je résiste, et j’en reste au Parti Socialiste/ 

                  Tout ce que vous faites, en tapant sur le PS, Monsieur, c’est de diviser la base du rassemblement nécessaire pour faire front au sarkozysme et à la droite la plus dure que ce pays ait connu depuis 1944. 



                  • geko 30 novembre 2008 12:55

                    Maffia : "association secrète servant des intérêts privés par des moyens plus ou moins illicites" Petit Robert

                    Je laisse au lecteur l’interprétation du terme dans le cas présent.


                  • claireopale claireopale 30 novembre 2008 14:59

                    La gauche et la droite = même politique c’est à dire appauvrir les français moyens
                    les partis extrêmes = des idéologies de goulag




                    • MAIKEULKEUL 1er décembre 2008 01:10

                      Vous avez vu les guignols du nabot, malgré les tombereaux de fientes déversés à travers vos médias sur le PS,

                      C’EST LE CANDIDAT SOCIALISTE QUI A ETE ELU CONTRE TOUTE ATTENTE à ARCACHON

                      Ne prenez ni les électeurs ni à fortiori les Français pour des zozos

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