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Le PS qui prend l’eau fait feu sur le Front de Gauche

Inutile, je suppose, de dire de nouveau combien le traitement de la campagne peut être décevant : des mensonges de la presse (notamment écrite) aux mensonges du PS, le Front de Gauche subit un tir croisé nourri.

La preuve par la Police
 
Ainsi, pour l’humour (et la nouveauté de traitement) le meeting de Mélenchon à Lille, dans le fief même de Martine Aubry : à peine les organisateurs avaient ils donné le chiffre de la participation que le cosmos merdiatique parisien persiflait de tous côtés. Mais cette fois-ci la police a compté ! Il y a donc trois chiffres. Celui des organisateurs : 23 000. Celui de la police, reproduit par toute la presse locale : 20 000. Et le chiffre du journal « Le Monde » : 10 000 ! Ah les braves gens. Et, bien sûr, objectivité oblige, le « reportage » avance le chiffre des « organisateurs » pour mieux souligner l’absurde exagération. Manque de chance pour ce type de manipulation, le chiffre de la police (un ramassis de bolcheviks à la solde du Front de Gauche ?) souligne au contraire que la réalité de l’évènement. Mais cet amusant ridicule instruit.
  • Ainsi quand « Le Nouvel Observateur » nie purement et simplement l’événement de la Bastille et 120 000 personnes. Pas une ligne pas une photo… Et 6 000 à Nantes le 14 janvier, 10 000 personnes à Villeurbanne le 7 février, et 9 000 à Clermont-Ferrand le 14 mars, 4 000 à La Réunion le 22 mars…
  • Mélenchon « allié objectif de Sarkozy » (vieille expression héritée de la période du stalinisme), sous la plume de Patrick Jarreau dans Le Monde du 20 mars…
  • Mélenchon « meilleur allié de Nicolas Sarkozy », sous la plume de François Martin dans l'éditorial de « Midi Libre » le 28 mars…
Volonté de propagande manœuvrière ? Vous n’y pensez pas ! Si on prenait cela au sérieux il faudrait en conclure que quand la gauche grimpe cela profite à la droite… MDR !
Rassurez-vous, la logique est encore valable en ces temps où tout fout le camp : plus le Front de Gauche progresse, plus la gauche dans son ensemble progresse.
 
La preuve par les sondages
 
La preuve en partant des mêmes bases de départ que ces brillants analystes : les sondages ! Pour l’ensemble des sondeurs qui « voient » le Front de Gauche en progression, le total des intentions de vote de la gauche dans son ensemble augmente : +3 points pour CSA, +2 points en une semaine pour l’IFOP ou encore +1 point pour l’IPSOS. Et, pour être plus précis, la forte montée du Front de Gauche ne se traduit jamais par un effondrement des intentions de vote du PS :
  • Lorsque CSA observe 2 points supplémentaires pour le Front de Gauche, François Hollande reste stable.
  • Lorsqu’IPSOS nous fait progresser de 1,5 point, François Hollande ne perd qu’un demi-point.
  • Lorsque TNS Sofres voit une augmentation de 6 points pour le Front de Gauche, François Hollande perd 3,5 points.
La progression du Front de Gauche est donc avant tout la percée d’une force qui rassemble la gauche et qui conquiert l'adhésion de milliers de personnes désemparées qui ne savaient plus pour qui voter.
 
Confusion complète au PS : à droite toute ?
 
Car la percée du Front de Gauche effondre le beau plan stratégique de départ. Que faire, se demande-t-on dans le bureau du tout puissant Manuel Valls qui dirige tout ? Du coup, faute d’idées ou de programme à défendre c’est une suite ininterrompue d’agressions pleine de postures pontifiantes qui se succèdent. Plusieurs caciques du PS conseillent à Mélenchon de « réserver [s]es coups à Sarkozy ». Mais eux-mêmes font exactement le contraire dans des termes d’une violence incroyable.
 
D’où vient cette perte de sang froid ? En voici la raison : Hollande ne peut rompre l’ambivalence de sa stratégie politique (ni annoncer clairement qu’il veut moins de dépenses publiques pour le pays qu'il n'y en a aujourd'hui dans la France de Sarkozy, voir ci-dessous). Il comptait que le FdG serait quantité négligeable, obligés de voter sans discuter. Seule importait l’affection de François Bayrou. A cette heure, Bayrou est dans les choux et le FdG est une force incontournable. Et il n’a aucune stratégie de rechange. A qui la faute ? La droite, qui a vu la faille, presse là où ça fait mal. A qui la faute encore une fois ? Mélenchon n’avait-il pas prévenu qu’il en serait ainsi ? Qui a, dès décembre, publié tracts et brochures pour expliquer que l’idée d’unir sous un même joug, dans le même attelage, Bayrou et le Front de Gauche serait impossible ?
Comment sortir de cette situation pour le camp Hollande ? Plutôt que de s’interroger sur les moyens de se doter d’une nouvelle dynamique, l’état-major de campagne socialiste cherche à mettre en place un nouveau verrou de contrainte pour prendre le relais du désormais inutile « vote utile ». Trop d’abus n’abuse plus grand monde ! De plus voilà que Le Pen, est cantonnée à plus de dix points derrière le « prochain président »…
 
Les snipers du PS : Cahuzac au budget
 
Alors le PS envoie ses snippers et se donne l’air de regarder de haut la mêlée qu’il déclenche. Le premier à avoir dégainé est Jérôme Cahuzac, le conseiller budgétaire de François Hollande et son gardien du temple de l’orthodoxie financière.
Son idée est de verrouiller la situation en passant en force : Mardi 27 mars sur Public Sénat, il a affirmé que le programme de Hollande est « à prendre ou à laisser ». Pour soulager la violence de la charge il a bien sûr ajouté que le FdG serait déjà d’accord : « Jean-Luc Mélenchon et son parti ont passé un accord avec le PS pour que leurs candidats aient quelques circonscriptions avec quelque espérance de gains ».
Mélenchon a répondu très clairement dans son discours de Lille : "Soyez polis avec nous... C'est à prendre ou à laisser ? Très bien, on laisse !", "il n'y a aucune négociation et aucun accord ni avec Hollande ni avec le Parti Socialiste. Cahuzac ment donc avec aplomb". C'est d'ailleurs ce qu'a reconnu son propre camarade Christophe Borgel (responsable des élections au PS, et donc le premier informé) : « Jean-Luc Mélenchon a raison : il n'y en a pas eu ».
 
Les snipers du PS : Collomb aux Affaires etrangères
 
S’ensuit Gérard Collomb, le maire de Lyon, vieux complice de Hollande dans les grandes manœuvres d’appareil au PS. Dans Le Figaro du 29 mars, il explique avec des arguments de guerre froide : « Le modèle qu'il [Mélenchon] défend, on l'a essayé en URSS, au Cambodge, ça ne marche pas ». Jusqu'ici on n’entendait ces âneries que dans la bouche des soutiens de madame Le Pen. Désormais, le FN et le maire PS de la deuxième ville de France utilisent les mêmes mots contre le Front de Gauche. Mais comparer Mélenchon à Pol Pot est une nouveauté consternante dans l’infamie !
Et là, où sont les brillants socialistes qui inviterait Collomb à « réserver ses coups à l’extrême droite » ???
 
Les snipers du PS : Sapin au projet
 
La tactique suivante : demander avec prétention et arrogance que l'on « parle du projet » et pas seulement des « colères ». C'est ce qu'a réclamé Michel Sapin ce jeudi 30 mars sur Radio Classique et Public Sénat : « Il serait intéressant que chacun se détermine par rapport aux projets eux-mêmes et pas simplement par rapport à la sonorité de la voix ou par rapport à la couleur du discours ». Michel Sapin est le responsable du projet de François Hollande. Ce n'est pas n'importe qui au PS. Donc il sait qu’il pipeaute.
Pas de projet au Front de Gauche ? Pas de projet dans les discours de Mélenchon ? Leur programme est disponible depuis le mois de septembre. Il s'est vendu à plus de 300 000 exemplaires.
 
Les snipers du PS : Montebourg, l'arme secrète
 
Le plus fin pour la fin ? L'"ami" Montebourg, la caution de gauche de Hollande, qui déclare dans le JDD du 1er avril : "Mélenchon est le Georges Marchais des temps modernes [...] qui demand[ait] en 1978, le smic à 2 400 francs, aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon demande le smic à 1 700 euros, [...ce] serait très bien si on pouvait le faire, mais je crois que nous avons besoin, [...], d'aider les entreprises à se développer, et non pas à les déstabiliser. [...]si Georges Marchais avait été le candidat au deuxième tour face à Valéry Giscard d'Estaing en 1981, nous [Mitterrand] n'aurions pas gagné". 
C'est sûr ! Et Mitterrand n'aurait pas trahi toute la gauche dès 1982 ! Et le PS n'aurait pas libéralisé pendant 30 ans à tout va nos tous nos services publiques, nos transports, notre électricité, notre eau que nous avions pourtant payé de nos impôts !
 
Et le pire est que le PS a prévu de poursuivre sa trahison du peuple.
 
Feu sur les dépenses publiques
 
Mélenchon l’a exprimé à plusieurs reprises : les coupes massives dans les dépenses publiques qu’implique le projet de François Hollande sont très inquiétantes. Les fidèles gardes-chiourmes ont pourtant tout fait pour étouffer le sujet : le 1er février Mélenchon indique sur France Inter que François Hollande prévoyait de baisser les dépenses publiques de 50 milliards d'euros (tableaux présentés dans son programme aux pages 40 et 41 où Hollande y propose que la part des dépenses publiques dans la richesse du pays passe de 56,5% en 2012 à 53,9% en 2017). Cela signifie qu'il veut moins de dépenses publiques pour le pays qu'il n'y en a aujourd'hui dans la France de Sarkozy. Son projet représente une baisse des dépenses publiques de 2,6 points de PIB soit 50 milliards environ. L’animateur Patrick Cohen avait contesté ce chiffre, puis c'est Libération qui prétendait contrer « l'intox » de Mélenchon en qualifiant son analyse de « tordue ».
Et voilà pas que Jérôme Cahuzac, (toujours chargé du budget de l’équipe du PS) vient de confirmer très précisément l'ampleur de ces coupes dans Le Monde du 28 mars : Cahuzac donne malheureusement entièrement raison à Mélenchon.
Bien sûr, vous n'en lirez aucune mention dans Libération et n'en entendrez rien dans la matinale de France Inter. Voici donc la citation exacte de Jérôme Cahuzac dans Le Monde du 28 mars : « François Hollande a choisi, lui, de ramener le rythme de progression, en volume, de la dépense publique, de 1,7 % l'an ces dernières années, à 1,1 %. Avec des hypothèses de croissance assumées, cela diminuera la dépense publique de 2,6 points de PIB en 2017, soit une économie de 50 milliards d'euros. » C'est exactement les chiffres que Mélenchon a donnés, à la décimale près !
 
Feu sur les fonctionnaires
 
Chacun sait donc désormais à quoi s'en tenir quant au programme d’austérité du candidat socialiste. Et si vous n'avez pas bien compris, lisez encore Cahuzac : « Pour annuler le déficit public en 2017, il faut un effort de 4 à 5 points de PIB dans la mandature. Nous y sommes prêts. » « 4 à 5 points de PIB » représentent entre 80 et 100 milliards d'euros. Puis Cahuzac explique en quoi consiste l'austérité selon Hollande en prenant un exemple concret : « Clairement, cet objectif interdit la création nette de postes dans la fonction publique d'Etat pendant le prochain quinquennat ». Jérôme Cahuzac confirme ce que François Hollande a déjà reconnu : toutes les créations de postes seront compensées par des suppressions ailleurs. Dis autrement, pour créer 60 000 postes dans l'Education et 10 000 dans la sécurité publique, François Hollande va supprimer 70 000 postes de fonctionnaires supplémentaires. Je me permets donc de poser une question simple : où veut-t-il supprimer 70 000 postes de fonctionnaires supplémentaires dans les cinq prochaines années ? Où-juge-t-il que c'est possible ? Pourquoi ne le dit-il pas ?
 
Vive le Traité Sarko-Merkel !
 
Jérôme Cahuzac éclaire aussi dans cette interview un autre point épineux du projet de François Hollande. Je veux parler de l'avenir du Traité sur la stabilité budgétaire (TSCG) de Sarkozy et Merkel. Celui qui impose la « règle d'or » d'interdiction des déficits et prévoit des sanctions automatiques contre les Etats contrevenants. François Hollande dit vouloir « renégocier » ce traité. Mais depuis quelques temps, ses soutiens emploient d'autres mots. Il ne serait plus question de « renégocier » mais de « compléter » le TSCG. C'est-à-dire de lui ajouter un protocole pour la croissance mais d'accepter son contenu actuel. Une solution déjà mentionnée dans les Echos début mars où des proches de Hollande affirmaient officieusement qu'il s'agirait d'un protocole sans valeur contraignante. Au même moment, le porte-parole de la campagne socialiste, Bernard Cazeneuve avait expliqué lui aussi sur France Culture qu'il n'était pas question de changer le contenu du traité déjà signé mais de « faire en sorte que l’on mette, à côté de ce Traité sur l’austérité, un pacte de croissance ». C'est cette solution cosmétique que Cahuzac vient de confirmer dans Le Monde : « La France, et d'autres pays, sauront convaincre de la nécessité de compléter le nouveau traité européen par des mesures de relance et de croissance dans une claire répartition des tâches : aux Etats d'ajuster, à l'Europe de relancer ; et de le faire autant qu'il le faudra ! ». Ou encore : il y a « la nécessité d'une coopération européenne accrue et d'un traité qui, à la demande de la France, serait complété de mesures de croissance. »
Cette ligne, qui annonce l'austérité et renonce à refuser le traité qui l'institutionnalise, forme un tout cohérent.
L’austérité comme promesse d’avenir ? Sans moi.
 
A mort le vote utile ! Ah, il est déjà mort ?
 
A quel moment tout cela se déclenche ? A l’instant où le Front de Gauche est en passe de hisser Mélenchon plus haut que Le Pen ! Complicité objective avec l’extrême-droite ? Oui bien sûr même si elle est inconsciente. Car le fond de l’affaire est le suivant. Tant que Le Pen est troisième, la chanson du vote utile peut être passée en boucle. L’univers politique des quinze dernières années continue à ronronner avec ses rentes de situation et ses positionnements convenus ! Dès qu’elle n’y est plus, le verrouillage des deux premières places saute. Et les suivants de la file sont mis au pied du mur tout aussi fortement ! Dans cette manœuvre, la première bénéficiaire, madame Le Pen, prend toute sa place et vocifère, et, incroyable, avec les mêmes arguments que nombre des détracteurs du FdG. Notamment lorsqu’ils utilisent le registre grossier d’un anticommunisme nostalgique de la guerre froide. Chavez, Cuba, le Dalaï Lama sont ainsi régulièrement convoqués à la barre des témoins, sans oublier Pierre Lambert et les trois ans de trotskisme actif de Mélenchon il y a quarante ans de cela !
 
Et votons
 
Nous voyons comment depuis quelques semaines les intentions de vote pour le Front de Gauche relevées par les sondages sont à la hausse. Cette fois-ci cela correspond à ce qui est observé de toute part dans le pays. La marche sur la Bastille et sa première réplique à Lille en attestent.
 
Depuis le 28 aout, cela fait donc 7 mois, le Front de Gauche a proposé une offre publique de débat aux autres candidats de gauche. 7 mois ! 214 jours ! A ce jour la réponse a consisté dans cette suite d’injures. Les donneurs de leçon médiatique finissent toujours par être confondus par la réalité. Ce n'est qu'une question de temps.
 
Bref, il n’y a plus de raison de ne pas voter Mélenchon.



par Xtf17 mardi 3 avril 2012 - 89 réactions
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  • Par Pyrathome (---.---.---.52) 3 avril 2012 15:56
    Pyrathome

    Salut Chantecler,

    Le FdG ne manque pas d’air ...

    Tu devrais plutôt remercier le FdG qui mouille sa chemise à contrario du PS qui attend la bouche ouverte que ça tombe tout chaud.......
    Si la gauche gagne le 6 Mai, elle lui devra une fière chandelle, au FdG.....
    Mais tu as raison, il faut arrêter la petite géguerre fratricide, l’objectif commun est bien de chasser l’UMP et de marginaliser le FN, son chien de garde...
    Les deux gauche doivent discuter, c’est un impératif maintenant....mais ne brûlons pas les étapes pour autant, la vraie distribution aura lieu aux législatives.....

  • Par Pyrathome (---.---.---.52) 3 avril 2012 15:45
    Pyrathome

    Ce serait rigolo JLM président....

    Rien que d’entendre les grotesques assertions de certains et de certaines langues de P... , il faut croire que le tribun du FdG fait peur.......
    Robespierre, Staline, King jung , Polpot....et que sais-je encore...Mais plus ils essayent de le ridiculiser, plus il monte...
    La droite ferait monter le gars ? mais comment ? Les dizaines de milliers de gens venant à ses discours seraient-ils de l’UMP ? En arriver à cette allégation montre bien la tension exacerbée de la clique au pouvoir qui ne sait comment contrer un tsunami annoncé.... 
    Pour moi, la bonne raison de voter JLM est cette 6 ème république donnant plus de pouvoir au peuple et au parlement, en finir avec cette cinquième république bannière qui concentre tous les pouvoirs dans les mains d’un seul homme, ce n’est plus acceptable !!
    Même si Hollande est élu en fin de compte, il devra nécessairement prendre en compte une partie des propositions du FdG et notamment cette constituante impérative, il faut donc conférer à Mélenchon autant de force que ce peut !!
     
    Un merci à l’auteur pour la pertinence de ses propos !!.....

  • Par bigglop (---.---.---.204) 3 avril 2012 18:57
    bigglop

    Bonsoir à tous,
    Merci @Xtf pour votre enthousiasme et votre analyse.

    Simplement, Sarko et Hollande ne sont que les mains droite et gauche de l’oligarchie qui nous contrôle et qui est sûre de gagner.

    Le dernier débat, qualifié de démocratique, a été celui de 2005 sur le TCE. Les cadres du Parti Socialiste, favorables majoritairement au Oui et certains de leur succès ont autorisé un débat au niveau de leurs militants et qui s’est répandu dans la nation.

    Mais ils se sont piégés eux-mêmes et le Non l’a emporté à 54,68%.
    Ils n’ont jamais digéré cette défaite et surtout le vote noniste de leurs militants.
    Ils nous l’ont fait payer en 2008 par la ratification du Traité de Lisbonne, où par leur seule présence (et leur vote abstentionniste majoritaire) ils ont permis d’atteindre le quorum pour la ratification de ce traité.
    Le détail du vote
    En avril 2012, vient devant le Parlement la ratification, en urgence, du Traité sur le MES (Mécanisme Européen de Stabilité) pour lequel le Parti Socialiste et certains EELV/Verts viennent apporter courageusement leur soutien par une abstention massive.
    Le détail du vote des députés et des sénateurs 

    JM Ayrault a qualifié ce vote « d’abstention dynamique et agressive », belle langue de bois.

    Un peu plus tard, notre Petit Timonier a signé le TSCG (Traité sur la Stabilité, la Croissance et la Gouvernance économique et monétaire européenne) ou Pacte Budgétaire européen qui devra être ratifié par notre Parlement, après les présidentielles, en juillet 2012.
    Mais sans référendum !!!

    Notre Petit Timonier (Sarko) a répondu à la question posée par un journaliste sur la tenue d’un référendum sur le TSCG : Un référendum sur un Traité complexe de 200 ou 250 articles ? Allons , allons !!!

    Souvenons-nous de son action, ses paroles sur le référendum grec, avec un Hollande qui, en fait, s’abstient de se prononcer.

    Encore un énorme mensonge que personne n’a relevé, ni la classe politique, ni les médias mainstream (dont le travail est aussi de contrôler l’exactitude des propos) . En réalité, ce fameux TSCG comporte 16 articles. Oui, vous lisez bien, 16 articles et la preuve est Et ce triste sire qu’est Flanby-Hollande qui veut nous enfumer avec une renégociation du TSCG, sans le soumettre à référendum. Sa pseudo renégociation vise à ajouter une proposition de loi sur le relance européenne et le contrôle démocratique présentée et rejetée lors de la ratification du MES par le Parlement..

    En cette matière, que nous proposent les différents candidats :
    Hollande veut « renégocier » le TSCG en ajoutant son projet de relance européenne et de contrôle démocratique qui, fondamentalement, ne le remet pas en cause

    Sarkozy, chacun sait où il veut nous emmener.

    Bayrou ne veut pas d’un référendum et est favorable au Pacte Budgétaire

    Le Pen est pour une sortie de l’Euro et de l’UE, mais son projet n’est pas crédible 

    Dupont-Aignan veut sortir de l’Euro, mais n’est pas clair sur les conditions

    Mélanchon veut réformer l’Union Européenne, sa gouvernance de « l’intérieur », mais veut un référendum sur ce Pacte Budgétaire. Son positionnement par rapport au MES.

    Eva Joly veut soumettre le TSCG à un référendum. 

    Arthaud et Poutou sont contre le capitalisme financier, donc...

    Si ce TSCG est ratifié, nos Lois de Finances (Budgets) devront être soumises à l’approbation des instances européennes avant d’être votées par notre parlement.

    Un petit rappel : la règle d’or de Maastricht s’est fondée sur une dette publique maximale de 60% du PIB, un déficit annuel inférieur ou égal à 3% du PIB et avec un taux de croissance de 5% à l’époque

    Mais on compare pommes et poires, dans le sens où la dette est le cumul des soldes des emprunts antérieurs et ceux de l’année X majoré des intérêts mais dont les maturités (échéances) sont différentes (1 mois, 6 mois, 1 an à 10 ans) mais rapportée à un PIB annuel.

    Là, il y a comme un malaise !!!

    Aujourd’hui, l’Espagne tombe à son tour et ne pourra être sauvée, même avec l’aide du MES, les plans d’austérité car sa situation est bien plus grave que ce qui est présenté par les médias se voulant rassurants.

    De plus, le plan de restructuration de la dette grecque (PSI) n’a fait que retarder l’échéance sans rien résoudre

    En ce moment se « discute », le fameux Two Pack sur :

    Le renforcement de la surveillance économique et budgétaire des états membres connaissant ou pouvant connaître de sérieuses difficultés Le règlement établissant des dispositions communes pour le suivi et l’évaluation des projets de plans budgétaires et pour la correction des déficits excessifs des états de la zone euro. Ce Two Pack renforce les contraintes du TSCG comme le démontre l’analyse de Contre la Cour

    Entendez-vous les autres candidats parler du financement de notre système de retraite par répartition ?

    Lors de la réforme des retraites de 2010, Sarko a utilisé le Fonds de Réserve des Retraites (FRR) pour la financer, mais il faudra trouver plus de 200 mds € pour combler le gap démographique de 2018/2020.

    Ensuite intervient l’Union Européenne ou plutôt la Commission qui en 2005 dans le volet préventif et correctif du Pacte de Stabilité et de Croissance (PSC) précise deux dispositions relatives aux régimes de retraites :

    Toutes les évaluations des politiques nationales par le Coneil et la Commission prennent en considération la mise en œuvre de réformes des retraites consistant à introduire un système à piliers multiples avec un pilier obligatoire financé par capitalisation

    Le Six-pack qui fait partie du TSCG vise à une nécessaire harmonisation des régimes sociaux européens donc d’une réforme des retraites

    Mario Draghi enfonce le clou en affirmant que le modèle social européen est mort.

    Pour de plus amples détails, consulter le site Contrelacour

    Il n’y a pas de crise de l’Euro, mais une crise systémique des banques et institutions financières


  • Par leypanou (---.---.---.252) 3 avril 2012 15:33

    Que c’est agréable de lire dont on partage le contenu.

    Votre remarque concernant le tir groupé contre JL Mélenchon est parfaitement vérifiable sur les chaînes de télé. J’ai même appris que JM Aphatie est « malheureux » que JL Mélenchon refuse de participer à une de ses émissions quotidiennes sur RTL, certainement que JM Aphatie veut encore lui faire dire que Cuba est une dictature pour ses auditeurs (pour connaître un peu mieux JM Aphatie, cf le site ACRIMED).

    Le PS a trop souvent trahi les espoirs placés en lui, et l’abstention lors du MESF n’est que le dernier exemple. Pour que le FdG ne se « fasse pas avoir », il faut que devant les téléspectateurs, F Hollande accepte qu’il va modifier le système d’élections législatives pour qu’il y ait une partie de proportionnel, ou mieux.

    Tout électeur de FdG potentiel devrait, ne serait-ce que dans son entourage, faire de la propagande et casser point par point les programmes des autres candidats. Je prends toujours les tracts des autres partis pour étudier tranquillement chez moi. Que c’est agréable de casser un programme qu’on ne partage pas et que le défenseur ne trouve rien à dire. Et même si on n’arrive pas à convaincre l’interlocuteur, au moins, il ne passe pas du temps à mystifier un autre.

    Lors de sa comparaison stupide d’avec les années 81, A Montebourg s’est totalement discrédité. Finalement, ce n’est qu’un opportuniste de plus.

    J’espère que le FdG fasse 20% ou même mieux : ce n’est pas impossible, malgré l’acharnement médiatique contre le FdG.

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