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Accueil du site > Actualités > Politique > Le Retour Du 29 Mai 2005

Le Retour Du 29 Mai 2005

Finalement, cette primaire aura été une réussite. Elle aura permis de clarifier certains points. Et désormais, nous savons. Quel que soit le candidat du PS choisi dimanche, nous savons, oui, qu’il ne sera pas (ou : peut-être pas) du côté du peuple.
Peu importe les concepts de « gauche molle » ou de « gauche dure », ils ne sont que postures médiatiques.
La vérité, c’est que le PS ne portera pas les valeurs du socialisme. Mais celles du Triple A, de la finance et des marchés qu’ils espèrent, les «  impétrants », corriger à la marge.
Autant le dire de suite : c’est hautement insuffisant.

C’est insuffisant, car voué à l’échec. L’heure n’est plus à la gestion. Au Bayrouisme. Au raisonnable [*]. Mais à la contre-attaque.
Le temps est venu d’entendre les Todd, les Lordon. Et même, d’une certaine façon, les Montebourg, les Mélenchon. Avec toute la prudence qui, nonobstant, s’impose. Car ces derniers sont avant tout des politiques, non des idéologues purs et durs.
Bref, tout nous invite à la radicalité. Et cette radicalité, elle ne fut que trop peu portée, lors de la «  primaire citoyenne ».

Cependant, et quelle divine surprise ! Ce que cette primaire a révélé, ressuscité, c’est une ligne de fracture, celle du 29 mai 2005. Tant mieux ! Merci la crise ! Merci la finance ! Vous avez réveillé un essentiel. Et cet essentiel, c’est un « non » retentissant : non à ce système, non à la mondialisation ! Non, itou, à la moralisation du capitalisme, tant nous le savons, c’est mission impossible. Un attrape-couillons.

Alors bien sûr, d’aucuns rétorqueront que c’est pur fantasme. Quoi Montebourg ? Quoi Mélenchon ? Ça pèse combien ? 400 000 personnes pour l’un, potentiellement près d’un million pour l’autre. Mais vous êtes minoritaires ! Vous prenez vos rêves pour réalité, ma parole !

Et la dynamique, vous en faites quoi ? La force, le souffle, la ténacité.
Le combat n’a pas encore commencé, si je ne m’abuse ! Or qui sait, de ce qu’il accouchera.
D’un éléphant, vous croyez ?
«  D’une souris lepéniste ! » hurlent déjà certains !
Arrêtons-nous, sur ladite souris. Puisque vous insistez.

Car oui, il faut en causer. Tant elle nous ramène, aussi, au 29 mai 2005. A la fameuse ligne de fracture. Les deux France. Du moins, c’est ce que voudraient nous faire croire les journalistes, et autres éditocrates. Ces «  laquais », ces « valets » du système.

Le Pen défend la démondialisation ?
Donc, Montebourg, Mélenchon, Le Pen, c’est pareil (et Nicolas Dupont-Aignan, itou) !

C’est extraordinaire, non ? Mais c’est aussi ce qu’ils nous bavaient en 2005. Ah, les charlatans ! Todd a beau s’esbigner à dire, haut et fort, que non, c’est pas pareil, ils n’en ont cure. Normal ! Ils roulent pour le système. Pour que rien ne change.

La vérité, c’est que non, ce n’est pas pareil.
D’un côté nous avons le socialisme, et de l’autre, l’ultra-nationalisme.
D’un côté nous avons des adversaires du néolibéralisme, de l’autre des girouettes. Oui, parfaitement, des girouettes ! Car, pour qui s’en souvient, le Front national est avant toute chose, un parti qui, toujours, a défendu le système capitaliste ; ultra-libéral il est, ultra-libéral il demeure. Sa conversion à la souffrance du peuple, son intérêt soudain pour les classes populaires, n’est que pur opportunisme, dicté par une logique électorale. Et s’il combattit le système ce n’était point l’économique, mais le politique. En d’autres termes : les institutions, la Ve République.
Jamais le Front national n’a été du côté de ceux qui triment, qu’en bavent, qui désespèrent. En revanche, c’est bien le désespoir qui conduisit une partie de l’électorat (de gauche, souvent) à se tourner vers le FN. Il serait désolant, préjudiciable, que cette tendance lourde, enrayée temporairement en 2007, par un matamore, un fanfaron, se poursuivit en 2012.

Mais revenons à notre futur candidat du PS. Soit, il porte les thèmes de Todd, de Lordon, etc., un tant soit peu, soit il reste dans un trip social-démocrate, et Adieu Berthe !
Soit il incarne les valeurs du socialisme, aussi la colère du peuple, l’espoir, l’imagination, le combat contre le néolibéralisme, soit il se contente d’être une alternative au sarkozysme, ce dont on se fout royalement. Car quel intérêt, pour nous, d’avoir demain à l’Elysée, un Sarkozy vaguement social ? Or donc, un Hollande (sorte de Bayrou du PS) ou une Aubry (un delorisme pépère).

Il semble, malheureusement que le candidat du PS ne bougera pas d’un iota ; il restera social-démocrate, pauvre substitut au sarkozysme. Tant pis pour lui, dans ce cas… mais qu’il sache ceci :
Sarkozy, c’est (déjà) fini. Il se peut qu’il ne passe même pas le 1er tour de la future présidentielle ! Et cette obsession à vouloir le battre, cette invitation permanente à nous en débarrasser, notamment par le foutu « vote utile », c’est une diversion. C’est pour éviter de parler de socialisme, du peuple, et du « non » qui gronde, ce « non » que les médias complices contiennent, en rappelant, par exemple, combien le peuple est résigné.
Non, il n’est pas résigné.
En revanche, si la radicalité n’est pas dans le bon camp, il pourrait très bien voter FN, en masse.
Le FN, c’est lui, l’Adversaire. Oublier ça, c’est se tromper de combat. Todd et Lordon, l’ont compris. Quand est-ce que la « gauche », ou supposée telle, va le comprendre ?

Je m’en tape, moi, d’avoir le PS au pouvoir. Je m’en fous comme de l’an 40 de prendre une revanche sur (la droite, le sarkozysme, etc.). S’il n’est pas socialiste, l’élu, ça ne vaut rien. Ça ne changera pas mon quotidien. Je ne vivrai pas mieux. Je ne serai pas plus heureux. Mais peu importe…

Peu importe, car ce qui compte c’est qu’aujourd’hui nous avons un boulevard devant nous. Et c’est la crise qui l’a ouvert, ce boulevard. Il serait insensé de ne pas le prendre. De ne pas faire savoir, haut et fort, que nous ne voulons plus subir. Nous ne voulons plus être des variables d’ajustement. Des Kleenex. Des Molex.

Tout bien considéré, nous avons l’occasion de prendre non pas notre revanche, mais de poursuivre, reprendre, ce qui fut gagné, éphémèrement, le 29 mai 2005.
Cette date-là n’aura pas été inutile. Soit nous saisissons cette chance, soit nous remettons à demain. Mais rien ne dit, cette fois, qu’il y aura un « demain ».

En définitive, jamais une élection présidentielle, n’aura été, à ce point, importante. Cruciale.
- Sarkozy/Hollande/Aubry/Bayrou/Morin/Etc., c’est le choix de la résignation.
- Marine Le Pen, c’est le choix du repli (sur soi). Or, on ne lutte pas contre le néolibéralisme, la finance, les marchés, en se repliant. Mais en combattant. En affrontant, directement, ce qui nous broie.
Qui plus est, mais je l’ai dit, le FN-du-côté-du-peuple, c’est une énorme arnaque. Mais plus c’est gros, mieux ça passe, n’est-ce pas ?
- Or donc : le seul vrai choix, c’est Todd, c’est Lordon. Pour le moment, il n’y a qu’un candidat qui défend cette ligne : Mélenchon (avec toutes les réticences qu’il suscite, et que je comprends, d’autant que je les partage). Il conviendrait, pour que ce soit plus grand, plus fort, que Montebourg le rejoigne. Et Poutou. Et Arthaud.
Bref, tous nos étendards du 29 mai 2005.
Pour faire de ce jour, en 2012, une victoire, enfin pérenne.


[*] « Nous sommes des gens raisonnables au Parti socialiste ! » a rappelé Martine Aubry, lors du débat dit : décisif.
Eh bien, tant pis pour vous, alors…


NB : A lire d’urgence, si ce n’est pas encore fait :

« Le commencement de la fin  », ainsi que : « La démondialisation et ses ennemis » par Frédéric Lordon.
« Le Front national est un front antinational » et « Face au FN, il faut rompre avec deux concepts zombies : le libre-échange et l’euro » par Emmanuel Todd.
 


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36 réactions à cet article    


  • Nanar M Nanar M 14 octobre 2011 08:57

    100% d’accord avec cet article, comme devrait l’être toute personne lucide.


    • Kalki Kalki 14 octobre 2011 12:06

       

      Il n’y a pas de crise de la dette, il n’y a pas de crise économique.

      Il y a une crise de compétitivité qui est une fausse crise : la robotique et les systèmes informatiques existent ( et l’avancé de ceux ci dépendent aussi d’intelligence économique : et un travailler plus ne change rien en ce cas précis ). Il y a une crise politique globale, mais qui n’a rien à voir avec l’économie réelle …, soit la crise sociale … qui sert pourtant de fondement pour assoir un pouvoir totalitaire, sans réflexions DÉMOCRATIQUES sur la forme et le fond.

      • IL y a des choses qui ne doivent pas se marchander.
      An assessment of the costs and benefits of a great debt-write off for European countries

      Le professeur Evans a déclaré que ce que lui et ses collègues ont constaté « est stupéfiant ».

      • Les pays européen peuvent réduire leur dette totale de 64% grâce à l’annulation de la dette croisée interconnectés, prenant la dette totale de 40,47% du PIB à 14,58%
      • Six pays – Irlande, Italie, Espagne, Grande-Bretagne, France et Allemagne – peuvent amortir plus de 50% de leurs encours de la dette
      • L’Irlande peut réduire sa dette de près de 130% du PIB à moins de 20% du PIB
      • La France peut pratiquement éliminer sa dette – en la réduisant à seulement 0,06% du PIB

      Solutions :


    • MAIS OUI VOILA LE DUO GAGNANT POUR 2017 ...UNE VRAIE GAUCHE AVEC A MONTEBOURG PRESIDENT...JL MELENCHON 1ER MINISTRE.ET SEGO AU TRAVAIL...SANTE...FAMILLE

      ET POURQUOI PAS U N TRIUM VIRAT A LA TETE DE LA 6EME REPUBLIQUE


    • dawei dawei 14 octobre 2011 09:07

      "Il conviendrait, pour que ce soit plus grand, plus fort, que Montebourg le rejoigne. Et Poutou. Et Arthaud." et chevenement et cheminade


      • tchoo 14 octobre 2011 09:20

        Avez-vous eu une révélation ?
        j’ai du louper un épisode de la conversion !
        Mais je vous félicite de votre lucidité, enfin !


        • Jason Jason 14 octobre 2011 09:35

          Vous dites, parlant de la démocratie parlementaire : « Mais vous êtes minoritaires ! »

          C’est là le ventre mou de ce système et la tyrannie du nombre qui l’accompagne. En voulant plaire au plus grand nombre, la démocratie parlementaire dissout la radicalité. C’est son effet ultime, qui se manifeste par une moyenne, une mollesse qui, en fin de compte ne satisfait personne. Paradoxe. Jusqu’à l’élection suivante. Et le temps passe.

          Ce dont le Capital et les groupes d’intérêts se foutent bien tandis qu’on s’agite dans des réunions parlementaires vaines.

          Chiffres, arrangements, alliances de personnes au détriment des projets eux-mêmes, carrières, egos mal placés, c’est le spectacle affligeant qui fait de la France un pays de râleurs et d’éternels insatisfaits qui se sentent trahis par les institutions.

          On est dans la merde jusqu’au cou. Et on nous prêche :« Français, encore un effort ».


          • Furax Furax 14 octobre 2011 09:40

            Faisons un rêve...aujourd’hui et à cette heure...Montebourg demande à ses partisans de rester chez eux dimanche et rejoint Mélenchon !
            Sinon ce sera Le Pen au premier et au deuxième tour. Ces gens ne mesurent pas le niveau d’exaspération.


            • Furax Furax 14 octobre 2011 10:28

              J’ai rêvé cinq minutes ! Montebourg appelle à voter Hollande !
              Pour revenir au FN, ne vous y trompez pas, raisonner ne sert à rien. Ce vote est une grenade dégoupillée balancée dans le système. Le FN n’aura jamais une majorité à l’assemblée, tout le monde le sait.


            • Philippe Sage Philippe Sage 14 octobre 2011 11:07

              @Furax : Faux. Montebourg « n’appelle pas à voter Hollande » comme vous dites. Reprenez son ITW :

              "(...) je me refuse à donner une consigne de vote. Car dans le mot consigne, il y a l’image de la caserne et de l’enfermement qui est incompatible avec l’esprit de la primaire et de la VIe République. Chacun se déterminera au vu des choix exprimés par les candidats.« 

              Or donc, non, il n’appelle pas à voter Hollande.

              En revanche, en tant que membre du PS, il lui est difficile de s’abstenir à titre personnel.

               »A titre exclusivement personnel, je voterai donc pour François Hollande« dit-il.

              C’est donc »à titre personnel".

              Ne transformez pas ses propos. C’est malhonnête. Merci.

              L’ITW de Montebourg.


            • bernard29 bernard29 14 octobre 2011 12:16

              ben seulement, la réponse de Hollande au courrier de Montebourg, n’a pas permis à Montebourg d’écarter Hollande. C’est un problème pour vous alors.

              Non je crois que les amis de Montebourg , tentés par Mélenchon, et son camarade Mélenchon lui même d’ailleurs, doivent être assez génés.

              Mais c’est normal, puisque au deuxième tour, Mélenchon votera aussi Hollande. Peut être se désistera t’il d’ailleurs dès le premier tour des présidentielles. on ne sait pas ce dont les gens sont capables.


            • Furax Furax 14 octobre 2011 15:41

              à Philippe Sage
              Dont acte, je venais de voir passer l’info en bas d’écran sur I-Télé.
              Etant en plein dans le sujet, j’ai sauté sur mon clavier.
              De toutes façons, il y a bien longtemps que je ne vote plus par adhésion (vous ne me ferez jamais brailler "François ou Arnaud ou Jean-Luc président !) mais par tri et par rejet. Il ne fallait surtout pas DSK, c’est fait. Maintenant il faut balancer le président du Fouquet’s, c’est la priorité.


            • maxime 14 octobre 2011 15:48

              « Montebourg demande à ses partisans de rester chez eux dimanche et rejoint Mélenchon !

              Montebourg a indiqué ce matin qu’il voterait Hollande à titre personnel ; je suppose qu’il a déjà la perspective d’un beau poste après les élections 2012.

              Déçue ? Non, je m’y attendais ; s’il y avait des »révolutionnaires" au PS, ça se saurait !  smiley


            • Walid Haïdar 14 octobre 2011 18:29

              certes Philippe, mais bon, vous vous aveuglez volontairement là. Montebourg, our donner une consigne de vote, ne pouvait absolument pas se permettre de dire bêtement « j’appelle à voter Hollande » et en tous cas il n’a pas été assez bête pour cela.


              Cependant si son choix ne le concerne que lui (« à titre personnel »), il n’avait pas à le faire partager, car il est évident qu’il a parfaitement conscience que cette annonce n’est pas neutre : tout ceci est trivial.

              Il ne faut pas s’aveugler et accepter la réalité : Montebourg a préféré miser sur le gagnant probable. Ce n’est pas forcément indigne selon moi, dans la mesure où il n’envisage pas de quitter le PS pour aller vers sa gauche, où le FdG défend un programme fort compatible avec ses idées.

              Le choix de Montebourg n’est pas idiot dans la mesure où en annonçant cela il a plus que probablement négocié un bon poste au gouvernement. S’il devient ministre de la justice par exemple, on imagine bien tout le pouvoir qui sera le sien, fort du soutien populaire dont il jouira dans sa lutte contre la corruption.

              Cependant, en jouant la carte de l’unité du PS, carte qui se défend, franchement, il engage un pari fort périlleux mais qui pourrait payer (pour le PS).
              - soit Montebourg réussit à apporter une caution de gauche dans cette campagne et le PS rassemblera suffisemment large en séduisant des bords quasi-opposés.
              - soit les contradictions des deux lignes de campagne entammeront à la fois la crédibilité du PS et celle de Montebourg, avec à la clé une défaite pour le PS et une grosse casserole pour la suite d ela carrière de celui qui voudrait une « Nouvelle France ».
              - soit Montebourg restera discret et prudent, et laissera ainsi un boulevard à gauche pour le FdG qui aurait alors la place pour créer la surprise. Montebourg pourrait aussi, involontairement, renforcer les idées du FdG en étant actif pour le PS. en effet un électeur sentant que ce que dit Montebourg est clairement dans la ligne du FdG et pas du PS, si cet électeur est séduit, il votera FdG et pas Ps, peu importe l’encartage du Montebourg. D’ailleurs, de nombreux soutiens de Montebourg voteront Mélenchon.

              Bref, je ne saurait dire lequel de ces scénarios est le plus probable, mais j’ai quand même du mal à imaginer comment le PS pourrait faire la synthèse entre des mollusques qui croient que le peuple doit payer la crise (les centristes) et se débarrasser de ses services publiques, et des enragés qui veulent changer de système et de République, et faire raquer les banques plutôt que les services publiques.

            • Walid Haïdar 14 octobre 2011 18:37

              certes Philippe, mais bon, vous vous aveuglez volontairement là. Montebourg, our donner une consigne de vote, ne pouvait absolument pas se permettre de dire bêtement « j’appelle à voter Hollande » et en tous cas il n’a pas été assez bête pour cela.


              Cependant si son choix ne le concerne que lui (« à titre personnel »), il n’avait pas à le faire partager, car il est évident qu’il a parfaitement conscience que cette annonce n’est pas neutre : tout ceci est trivial.

              Il ne faut pas s’aveugler et accepter la réalité : Montebourg a préféré miser sur le gagnant probable. Ce n’est pas forcément indigne selon moi, dans la mesure où il n’envisage pas de quitter le PS pour aller vers sa gauche, où le FdG défend un programme fort compatible avec ses idées.

              Le choix de Montebourg n’est pas idiot dans la mesure où en annonçant cela il a plus que probablement négocié un bon poste au gouvernement. S’il devient ministre de la justice par exemple, on imagine bien tout le pouvoir qui sera le sien, fort du soutien populaire dont il jouira dans sa lutte contre la corruption.

              Cependant, en jouant la carte de l’unité du PS, carte qui se défend, franchement, il engage un pari fort périlleux mais qui pourrait payer (pour le PS).
              - soit Montebourg réussit à apporter une caution de gauche dans cette campagne et le PS rassemblera suffisemment large en séduisant des bords quasi-opposés.
              - soit les contradictions des deux lignes de campagne entammeront à la fois la crédibilité du PS et celle de Montebourg, avec à la clé une défaite pour le PS et une grosse casserole pour la suite d ela carrière de celui qui voudrait une « Nouvelle France ».
              - soit Montebourg restera discret et prudent, et laissera ainsi un boulevard à gauche pour le FdG qui aurait alors la place pour créer la surprise. Montebourg pourrait aussi, involontairement, renforcer les idées du FdG en étant actif pour le PS. en effet un électeur sentant que ce que dit Montebourg est clairement dans la ligne du FdG et pas du PS, si cet électeur est séduit, il votera FdG et pas Ps, peu importe l’encartage du Montebourg. D’ailleurs, de nombreux soutiens de Montebourg voteront Mélenchon.

              Bref, je ne saurais dire lequel de ces scénarios est le plus probable, mais j’ai quand même du mal à imaginer comment le PS pourrait faire la synthèse entre des mollusques qui croient que le peuple doit payer la crise (les centristes) et se débarrasser de ses services publiques, et des enragés qui veulent changer de système et de République, et faire raquer les banques plutôt que les services publiques.

            • Walid Haïdar 14 octobre 2011 18:38

              désolé pour le double post involontaire.


            • iris 14 octobre 2011 10:27

              Et si au2e tour lepen contre sarkosy ??
              un second mandat pour sarko-
              beaucoup d’employés et d’ouvriers vont voter lepen


              • dawei dawei 14 octobre 2011 16:21

                si c’est sarko vs lepen ?
                Beaucoup d’anti-lepen comme moi risque de voter lepen quand meme car ils sont encore plus anti-sarko qu’anti-lepen ... car dans les faits et dans les propos, sarko est encore plus d’xtrem droite que MLP  !


              • BHL=MST 14 octobre 2011 10:32

                Le FN est l’adversaire(...) Oui, oui. C’est aussi ce que dit la Pravda et ses journaputes, les syndicalistes du haut et du bas, le MEDEF, l’UMPS/MODEM/EELV/FG, la LICRA, la LGBT, le CRIF, j’en passe. Tout nous invite à la radicalité(...) Avec le même ennemi désigné que Parisot, Kosciusko-Morizet, Fourest & Belkhacem ( la dernière en date, trois boudins ça suffisait ) ? 


                • Fergus Fergus 14 octobre 2011 10:35

                  Bonjour, Philippe.

                  En accord avec vous sur les constats, je réaffirme que je voterai Mélenchon.

                  Mais je ne me fais aucune illusion : mon vote de 1er tour ne permettra pas d’amener une véritable gauche sociale au 2e tour. Impossible en l’état de la sociologie française. Dès lors la question qui se posera au 2e tour sera la suivante : faut-il aller à la pêche ou voter pour le candidat socialiste qualifié face à Sarkozy ?

                  Pour moi la réponse est absolument évidente : il faudra impérativement voter PS. Moins pour barrer la route à un 2e mandat de Sarkozy, potentiellement périlleux pour ce qui reste de droits sociaux, qu’en vue des législatives qui suivront. Comme vous le savez, les Français sont plutôt légitimistes, etd de ce fait ils enverront probablement à l’Assemblée nationale une majorité conforme à l’étiquette du vainqueur de la présidentielle. Ne pas voter PS reviendra donc à favoriser l’émergence d’une Assemblée de droite. Voter PS permettra en revanche de faire passer l’UMP à la trappe en dégageant des espaces à l’Assemblée. Des espaces qui pourront alors être le plus massivement possible utilisés par les tenants de la « gauche véritable » mélenchoniste pour gagner un maximum de sièges ou perser fortement sur l’appareil socialiste.

                  Le choix d’un vote ne doit jamais être épidermique mais pragmatique, même si les chances sont minces !

                  Cordialement.


                  • Fergus Fergus 14 octobre 2011 10:38

                    Erratum : peser fortement sur l’appareil socialiste.


                  • JL JL1 14 octobre 2011 10:44

                    Bonjour Fergus,

                    mon intervention ci-dessous montre que si nous sommes d’accord pour voter Mélenchon au premier tour, en revanche, si la finale oppose le PS à l’UMP, je crois que je n’irai pas voter : j’ai trop peur d’un coup de Jarnac : appelons ça le retour de baton de Mitterrand, ou bien l’argentinisation de la France, ou son héllénisation, ou sa ’PIG-isation’ si vous voulez.

                    Cordialement.


                  • Fergus Fergus 14 octobre 2011 11:20

                    Bonjour, JL.

                    Je comprends parfaitement vos motivations car je très proche de penser comme vous. Mais cela ferait le jeu de Sarkozy avec à la clé une nouvelle assemblée majoritaire de droite. D’où mon approche stratégique en vue des législatives, mais cela passe par un vote PS au 2e tour de la présidentielle. sans doute vais-je écrire un article dans ce sens dans les prochains jours.

                    Cordialement.


                  • JL JL1 14 octobre 2011 11:40

                    Fergus,

                    ne nous trompons pas de combat : le clivage PS UMP n’est pas le clivage de Français : c’est celui des nantis. Et leur guéguerre est authentique, tout comme est authentique la compétition entre deux équipes de foot. La différence avec le foot, c’est qu’ici, on trouve toujours les deux mêmes équipes en finale. Et ces deux équipes roulent pour les mêmes sponsors.

                    Que ce soit l’une que ce soit l’autre, ce sont toujours les mêmes qui en tirent profit, et les mêmes qui paient les pots cassés. Seules les méthodes changent : quand je dis que si le PS accède au apouvoir, la notre de la France sera dégradée, il mùe semble que ça mérite réflexion.

                    Moi je veux bien y croire, que ce vieux parti pourrait faire quelque chose de bien : par exemple, répondre favorablement à ça : http://www.eauxglacees.com/Appel-pour-l-abolition-des

                    Ou bien encore, faire comme ça : http://reflets.info/indignes-revolution-constitutionnelle-2-0

                    Mais, désolé, ce n’est pas Hollande qui en est capable ! Plus incapable que lui, je ne vois pas. Et à tout prendre, je préfèrerais que la droite reste au pouvoir et que le peuple, écœuré, descende enfin dans la rue pour virer tous ces gredins.

                    Le gagnant sait ce qu’il ferait s’il perdait, et le garde pour lui ; le perdant dit ce qu’il fera s’il perd, ... et perd. Ne portons pas Hollande au pouvoir trop tôt : nous perdrions tout.

                    Mélenchon est dans la droite ligne de ce grand mouvement mondial en train de se constituer et qui s’imposer institutionnellement en France, et c’est la seule chose qui doive nous motiver.


                  • JL JL1 14 octobre 2011 11:43

                    lire : « Si le PS accède au pouvoir, la note de la France sera dégradée, il me semble que ça mérite réflexion. »

                    N’avons nous rien appris ? Les marchés n’apprennent pas, mais eux, ils gagnent. Nous autres, le peuple, qui n’avons pas le pouvoir, ne pouvons nous permettre de renouveler toujours les mêmes erreurs.


                  • JL JL1 14 octobre 2011 10:38

                    Bravo, magnifique, j’aurais aimé écrire cet article.

                    Vous dites : « Je m’en tape, moi, d’avoir le PS au pouvoir. Je m’en fous comme de l’an 40 de prendre une revanche sur (la droite, le sarkozysme, etc.). S’il n’est pas socialiste, l’élu, ça ne vaut rien. Ça ne changera pas mon quotidien. Je ne vivrai pas mieux. Je ne serai pas plus heureux. Mais peu importe… »

                    Moi je ne m’en tape pas parce que les rapaces n’attendent qu’une chose : si un PS est élu calife à la place du calife, aussitôt la fameuse note AAA de la France sera dégradée. C’est à ça que sert le PS, rien de plus : à faire valoir la droite. On dit toujours : les marchés n’ont rien compris ! Peut-être, mais au moins, eux, ils gagnent. Le peuple non plus n’a encore rien compris : mais lui il perd. Il faut que cela cesse.

                    Si bien que la seule alternative correcte de 2012 est  : ou bien l’UMP reste aux affaires, ou bien on les vire pour un vrai président de gauche capable de leur dire : « qu’ils s’en aillent tous ».


                    • iris 14 octobre 2011 11:13

                      eva joly est aussi très convaincante-et ses paroles très réfléchies


                      • Robert GIL ROBERT GIL 14 octobre 2011 11:45

                        La seule ligne de rupture pour donner espoir au peuple et à tous ceux qui
                        souffrent du capitalisme, c’est le NON de gauche à la constitution européenne. Il
                        est complètement incohérent que ceux à gauche qui ont voté « non » passent des
                        accords avec ceux qui ont pris position pour le « oui » : ce sont deux choix de
                        société complètement différents. Ce ne peut être que des accords de
                        circonstances ! Mais apparemment le choix des appareils politiques sera une
                        nouvelle foi de privilégier les alliances stratégiques…..et économiques
                        nécessaire à la survie de certains. Voir :
                        http://2ccr.unblog.fr/2011/09/21/sondages-sondages/


                        • sisyphe sisyphe 14 octobre 2011 12:17

                          Finalement, stratégiquement, je me demande sérieusement s’il ne faut pas que ce soit Marine Le Pen qui soit élue présidente ! 


                          Parce qu’elle n’aura jamais de majorité à une Assemblée Nationale enfin plurielle, reléguant la présidente à un rôle d’inauguratrice de chrysanthèmes. 

                          L’élection présidentielle est une mascarade démocratique, et le rôle du Président de la Vème République, celui d’un despote, qui n’existe nulle part ailleurs dans les démocraties européennes.
                           
                          Renvoyons le (la) à sa fonction représentative, et élisons, aux législatives, ceux qui représentent les chances d’un vrai changement. 

                          Pour moi, ce sera Mélenchon au 1er tour, blanc au second, et tout pour les législatives. 

                          • Walid Haïdar 14 octobre 2011 18:45

                            content de vous voir prendre conscience que même si on est anti-présidentialiste (comme l’est d’ailleurs Méluche lui-même), il faut voter au premier tour pour créer une dynamique forte pour les législatives.


                            Une gros score de Mélenchon, même s’il ne passe pas au second tour, permettrait de faire un truc assez énorme aux législatives.

                            Mais je n’enterrais que très tard dans cette campagne, l’espoir de voir Mélenchon au second tour. N’oublions jamais le contexte dans lequel va se dérouler la campagne : le capitalisme et ses déboirs seront les alliés objectifs des idées de gauche !

                            Par contre Marine présidente je crois que vous hallucinez, et négligez sérieusement ses capacités de nuisance : en premier lieu, la neutralisation du législatif, car dans la droite ligne de son parti autoritariste, elle ne se gênra pas pour faire son hyper-présidente.

                            Et pi de toutes façons elle n’a aucune chance de rassembler assez de Français pour remporter le second tour : elle n’en a suffisamment que pour faire gagner automatiquement son éventuel adversaire au second tour.

                          • Imhotep Imhotep 14 octobre 2011 19:20

                            Tient un soutien à un article qui démonte non seulement les Primaires mais en plus les deux candidats. Pas mal. Quand c’est moi qui écris c’est au bazooka que ce pénible remonteur de rocher tire. Ce qui prouve son excellente bonne foi.


                          • chantecler chantecler 14 octobre 2011 13:35

                            Super !

                            Notre grand antimondialiste apporte son vote à F.H !

                            Et là ça change tout, ça décoiffe un maximum !

                            Persuadé que ceux qui ont voté A.M doivent pleurer de joie ...

                            Vive la politique politicienne soumise aux lobbies et aux tractations de postes ...

                            Il suffit d’écouter le FR2 de ce jour pour comprendre combien cette décision est subversive ...

                            Dites les écolos , vous allez laisser faire ça ?

                            Cr.


                            • roro46 14 octobre 2011 14:56

                              Il paraît qu’il faut se préparer à avoir un PS + sarkozy au second tour !
                              On nous le dit.
                              C’est fait.
                              Quoiqu’on décide de voter, à priori.

                              C’est bien la démocratie, le droit de vote ; la pparole du peuple.

                              Quoiqu’il en soit, et si on décide de suivre les consignes qu’on inocule dans notre inconscient,
                              ce serait donc soit hollande soit sakozy.

                              On en reprend donc pour 5 ans minimum de nucléaire.

                              On y pense à ça ??

                              On a oublié, déjà, que Fukushima est toujours là.

                              Que Tchernobyl est toujours là.

                              On a oublié, déjà, que cette question devait être un des enjeux des prochaines élections ?

                              Ou alors, est-ce que ce fameux « on » fait semblant de l’oublier pour mieux nous « inoculer » ?

                              N’oublions pas une chose, la principale : ce n’est pas la main de « on » qui mettra le bulettin dans l’urne ; c’est nous ; vous ; moi ; toi.

                              Nous sommes grands ; assez pour décider par nous même, pas par la main de « on ».
                              Enfin il paraît... Ne nous décevons pas.


                              • Walid Haïdar 14 octobre 2011 18:14

                                La solution n’est pas Mélenchon mais la mobilisation générale.


                                Le seul esprit dont nous avons besoin est l’esprit du peuple. Je voterai Mélenchon puis FdG aux législatives car il s’agit de la meilleure passerelle, en particulier par le biais de la constituante.

                                Mais le FdG et Mélenchon eux-même n’ont pas conscience de ce que cette constituante déclencherait.

                                Mélenchon parle de révolution citoyenne, mais il n’a pas conscience qu’à terme, c’est le statut même de politicien qui sera renversé. Je ne lui en tient aucune rigueur car la nature humaine empêche tout homme politique, sauf exception, de voir l’émergence de sa perte.

                                Il n’ont pas conscience de l’ampleur de l’extinction et de la renaissance qui se jouent, et pourtant ils ont conscience de quelque chose d’énorme. Le peuple non plus, n’a pas encore conscience de ce qui se joue.

                                L’équation est simple : se réaproprier son destin, non pas seulement en tant que nation, mais en tant qu’individu, famille, association, travailleur, entrepreneur, créateur, chercheur, militant, philosophe, producteur... avec comme horizon la réduction optimale des intermédiaires, des délégués, et de tous ceux qui décident pour d’autres.

                                Parallèlement va se jouer à terme la réduction drastique des activités de revente, c’est à dire du commerce par des agents non productifs, sans parler des publicitaires, qui seront anéantis par la reprise en main de l’appareil d’information par le peuple, qui n’aura plus besoin d’entendre autant de conneries à la seconde que nous en balancent les commerciaux à longueur de médias et à force de panneaux immondes...

                                • BHL=MST 14 octobre 2011 23:42

                                  Ils en ont besoin pour garder une allure correcte. Bien sous tous rapports. Montebourg, c’est Mélonchon qui s’est brossé les dents. 


                                • Philippe Sage Philippe Sage 15 octobre 2011 01:32

                                  @L’Enclume : Rien. On a l’habitude.

                                  Bien sûr que Mélenchon se rangera. Bien sûr qu’on est marron. Qu’ils se foutent de nous. Du peuple. De la sève. Des souffrances.
                                  D’abord, s’il était clair, net, Mélenchon, et je l’ai dit, il n’irait pas, le salopiaud, faire son kéké chez Ardisson. Ca, c’est une trahison. Jean-Foutre, va ! Avec tes « laquais » tes « valets », toi-même, pseudo-camarade, tu joues les « valets », les « laquais » !

                                  Ne votez pas ! Ne vous soumettez pas ! Jamais ! Abstenez-vous !
                                  Tant qu’ils se moqueront ainsi de nous.
                                  Telle est la seule réponse.
                                  Le mépris, pour ces imposteurs.
                                  Le silence.


                                • Jason Jason 15 octobre 2011 10:05

                                  @ Sage,

                                  Je vous soumets ma définition de nos démocraties : Les avantages de quelques-uns sous prétexte du bonheur pour tous.

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