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Le sarkozysme tel qu’il est révélé par Emmanuelle Mignon

Est-ce par audace, imprudence, sentiment de confiance, les confidences d’Emmanuelle Mignon livrées en décembre 2007 ressemblent à une divulgation de secret d’Etat. Les uns diront secrets de polichinelle et pourtant, la manière dont a été conduite l’interview (partie 1 ET partie 2), par Frédéric Martel et Martin Messika pour le site Nonfiction, livre quelques éclaircissements sur la méthode Sarkozy, la fabrication de son programme alors qu’il était candidat, ainsi que quelques éléments d’ordre idéologique. Ce long entretien avec la directrice de cabinet à l’Elysée dévoile certaines choses cachées de la politique et, par extrapolation, nous pourrions spéculer sur le sens exact du sarkozysme, qui est à la fois un savoir-faire politique et un savoir politique. Le tout doublé d’une idée, vague, bigarrée, composite, mais orientée, de ce que doit devenir la France. Mme Mignon vient de faire quelques apparitions dans les médias. Nul ne sait quel est le sens, ni s’il y en a un dans la partie que joue l’Elysée avec la France, mais en lisant avec attention les propos divulgués sur Nonfiction, nous avons quelques raisons d’être perplexes et puis, aussi, vigilants. On observera aussi quelques traits permettant de nous déprendre de fausses idées que l’on se fait du sarkozysme.

Pour commencer l’interprétation, une vue générale. Emmanuelle Mignon, jaugée comme brillante, perfectionniste, bref, une tronche comme on dit dans le jargon, a été missionnée fin 2004 par le futur candidat Sarkozy pour être directrice d’études à l’UMP. Cette fonction a été définie avec précision. Sa feuille de mission, organiser un certain nombre de conventions sur des sujets choisis comme sensibles, proches des préoccupations des Français, en recrutant des intellectuels et des experts, le tout en vue de la préparation d’un programme présidentiel devant être bouclée fin 2006. Ce qui, comme le reconnaît Mme Mignon, a offert un confort de timing fort appréciable. Deux ans, de quoi bien ficeler le projet. Et l’on découvre les précieux ingrédients ayant conduit Sarkozy à la victoire : le « temps long » et puis la précision, les détails, le professionnalisme. Aussi étrange que cela puisse paraître, la campagne politique s’est plus jouée sur une aptitude à préparer un concours que sur une réelle opposition entre deux options politiques. Un candidat à l’ENA disposant de trois ans de préparation a plus de chance de l’emporter face à un concurrent ne disposant que d’un an. Un candidat à l’IEP ayant reçu des cours particuliers des meilleurs professeurs sera reçu dans les premiers. Telle fut la stratégie gagnante d’Emmanuelle Mignon, attirer à elle tous les intellectuels et experts, les tester et choisir les meilleurs pour participer aux conventions thématiques.

Le principe ayant gouverné la campagne de Sarkozy, bien que non explicite car cela eût été grotesque, c’est de trouver à la France des problèmes, avérés certes, et de persuader les Français que Sarkozy c’est la solution. En une image, cela s’est joué comme un concerto pour orchestre de problèmes et un virtuose aux solutions. Pour ce faire, il fallait les meilleurs experts en problèmes et en solutions pour jouer cette partie et écrire la partition, ce que firent Sarkozy et Mignon. Bien répéter avant la présentation au public. Le Boston Consulting Group a d’ailleurs proposé des exercices pour apprendre la cohérence. Par exemple, répondre à une question posée par Mme Michu et le lendemain, par M. Glandu. La suite est connue, mais l’affaire n’a pas été pliée dans l’allégresse tant à l’UMP les personnalités et susceptibilités du staff sarkozien sont divergentes. Un maître mot, synthèse. C’est ce qui caractérise selon Mme Mignon notre président, qu’elle considère comme une éponge, dans le sens où il est capable de lire et entendre un nombre considérable d’informations, de les assimiler, d’en faire une synthèse, un amalgame diront les critiques, pour ensuite faire fonctionner la machine à idées et trouver des propositions érigées en solutions. Nous voyons un côté moderne mais pas forcément dans le bon sens du terme. Disons un côté avant-gardiste du genre à justifier une idée parce qu’elle n’a pas été proposée auparavant, à l’instar d’un artiste qui crée un précédent et passe pour un créateur parce qu’il est le premier à oser.

Cette posture « je trouve une solution », adoptée par le candidat, semble persister chez le président, si bien que d’aucun ont pu trouver que Sarkozy se croit encore en campagne. Mû par une sorte d’inquiétude. Se sentant obligé de trouver des solutions même là où il n’y a pas de problème. Il suffit alors de faire croire qu’il y a un problème, comme la publicité sur les chaînes publiques ou bien l’enseignement de la Shoah. Et récemment, cette saillie de Mme Mignon sur les sectes. Encore un problème que Sarkozy, à la faveur d’une mise au point nette, se pose en garant du combat antisecte et se veut rassurant. Car Sarkozy solutionne tout, y compris quand il n’y a pas de problème et cela risque de durer un moment, jusqu’à l’inversion dialectique où Sarkozy, de solution, deviendra problème pour les Français.

L’entretien avec Mme Mignon est fort intéressant par ce qu’il dévoile sur des experts et intellectuels de gauche qui, abandonnant leurs convictions, se sont précipités pour participer aux « études de l’UMP », si bien que l’ouverture à gauche, les compositions des commissions, les saillies sur Jaurès et Blum, tout cela était déjà inscrit dans la tête de Sarkozy en 2004. Les mauvaises langues diront qu’il suffit de quelques hochets, de la soupe et la gamelle, pour attirer les intellectuels de gauche dans cette aventure, dont ils se sont retirés du reste en 2006, refusant de soutenir Sarkozy, en toute légitimité comme le signale Mignon. Toujours est-il que les frontières idéologiques, les identités classiques ont été brouillées et que le sarkozysme est devenue une méthode et une idéologie alliant le pragmatisme, le réformisme comme mise en pratique des solutions, sorties de la boîte à idées, la croissance comme horizon et le spirituel comme solution des espérances citoyennes.

Un point qui n’est pas du détail. L’intéressée admet que la gauche « est moins conne » que la droite, qu’elle a plus d’idées, qu’elle sait mieux les défendre, mais que Sarkozy a réussi à inverser la tendance, du moins en 2007. Cette précision prend tout son sens si on revient au début de l’entretien où Mme Mignon admet s’être débarrassée de la majorité de ceux qu’elle juge comme les incapables de l’UMP, les notables en rentes de situation. Bref, aussi clair que la logique du maillon faible. C’est cela la méthode Sarkozy, prendre les meilleurs ou du moins les mieux adaptés dans une mécanique et mettre à l’écart les tocards. Après les avoir testés. Le test étant aussi l’un des ingrédients de la méthode Sarkozy, sondages à la clé, et, d’ailleurs, ses dernières annonces ont souvent été des tests, télé publique, devoir de mémoire... Ce que n’aime pas Sarkozy, c’est une France qui ronronne, alors, il donne de l’impulsion comme le dit sa conseillère très spéciale ; il est le général des bonnes volontés qui regardent dans la même direction que lui. Il est investi d’une inquiétude impatiente et veut que tout aille vite, c’est un homme pressé.

L’idée d’un Sarkozy ennemi des intellectuels ne tient plus. Même si ses goûts esthétiques sont risibles, Sarkozy pratique le sérieux et sait s’allier le compagnonnage d’intellectuels compétents et efficaces pour réaliser son dessein de mettre en mouvement le navire des réformes. Goethe aurait détesté cette forme d’intelligence. Le sens du collectif est largement présent. Un collectif que Mme Mignon a eu l’occasion de pratiquer dans sa jeunesse catholique à Ginette et chez les scouts. Un collectif qui est aussi mis en avant et fort prisé par Sarkozy lorsqu’il est question de religion. Où il voit dans les instances religieuses une manière de diriger les attentes, canaliser les souffrances morales, les espérances et répondre aux questions. Décidément, Sarkozy est un adepte de la solution, accordant une place spéciale aux spécialistes qui apportent des solutions, que ce soit pour la croissance nationale ou l’espérance des gens. Son mentor, ce serait Auguste Comte, ordre et progrès, voilà la devise de Sarkozy, épris de société poussée vers l’excellence et qui sait pratiquer le culte, un culte, pour répondre à ses espérances. Mais la culture ? Pas le problème de Comte, ni de Sarkozy !

Pour finir, quelques spéculations intellectuelles, au risque de se tromper, assumé par l’auteur. Il est faux de croire que Sarkozy est un libéral. Pour preuve, son cercle d’étude de l’UMP, dirigé par Mignon, a carrément liquidé le « think tank chiraquien » censé incarner la réflexion de droite, autrement dit Fondapol, alors qu’il a fait place aux analyses émanant de la République des Idées, livres que s’est procurée Mignon, laquelle consent à répondre d’un oui vague à la question sur le zigouillage de Fondapol. Ce qui au passage, confirme mes intuitions sur la teinte libérale, au sens noble, limite Benjamin Constant, que j’avais entrevue à l’occasion du dossier sur la jeunesse proposé par Fondapol. Institution qui pencherait plutôt pour l’indépendance comme valeur. Une valeur que Sarkozy doit redouter car le jour où les Français sauront pratiquer l’indépendance et réduire l’obéissance, la dépendance, la peur, ce sera la fin de Sarkozy. Parce que le citoyen aura découvert que la politique de Sarkozy repose sur des faux problèmes ou, du moins, sur des problèmes sans importance majeure, des détails, le diable logé dans les détails dixit Mignon, le diabolique Sarkozy, génial, mais qui ne prend pas les problèmes à la racine ; et la radicalité, elle rime avec liberté, et la fameuse statue, elle est sans doute ce crucifix qui pourrait faire fuir ce diable de Sarkozy qui semble redouter la liberté des citoyens et on le comprend car un citoyen indépendant sait relativiser les problèmes et trouver ses propres solutions. L’attaque la plus percutante qu’on puisse faire à Sarkozy, c’est de lui dire qu’il est inutile, sous réserve d’être habile en analyse et rhétorique. Analyse car il faut d’abord prouver qu’il est inutile.

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40 réactions à cet article    


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 22 février 2008 10:19

    Bonjour et bonne lecture


    • alberto alberto 22 février 2008 10:40

      Lerma fait la grasse matinée...


    • Djanel 22 février 2008 12:04

      lerma 4mn de retard


    • jps jps 22 février 2008 16:35

       

      Sarkozy est parfaitement cohérent dans ses dangereux projets. son livre sur les religions et son récent discours de Riyad vont clairement vers une utilisation politique des leaders religieux pour "moraliser" la vie publique.

      terrifiant : http://poly-tics.over-blog.com/article-16899356.html

       

       

      Nos enfants pourront être endoctrinés en toute impunité. Bientôt Tom Cruise chargé d’une mission par l’Elysée ? A quand un enseignement privé scientologue ?

      Savez-vous pourquoi Nicolas Sarkozy n’a cessé de faire des ronds de jambe auprès des musulmans (création d’instances nationales), des juifs (devoir de mémoire et parrainage par les enfants), catholiques (discours de Latran) ? La réponse est dans le propos de la directrice de cabinet de l’Elysée.
       

      Le but inavoué est que la scientologie ne soit plus considérée comme une secte. Pour ce faire, la définition de secte sera revue et corrigée afin que la scientologie soit classée mouvement religieux. Voilà le tour de passe-passe qui se prépare.

       


    • tvargentine.com lerma 22 février 2008 10:44

      Vous dites que vous recherchez un travail mais c’est plutôt pour obtenir de la compassion de vos lecteurs liberataires

      La réalité c’est que pour diffuser autant en censurant la différence,vous avez un contrat de service avec des objectifs à remplir

      A LIRE EN URGENCE POUR COMPRENDRE LE DUGUE 

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=36191

       


      • Gasty Gasty 22 février 2008 10:46

        Au ministères des problèmes :

        Madame la ministre des problèmes, est-ce que ma réponse a trouvé une question ?


        • Black Ader 22 février 2008 11:01

          Mon pauvre..

           

          Evidement que Sarkozy est un professionel ! Qu’est-ce que vous croyez que c’est le boulot de Pd ? C’est la gestion, rien de plus. Et Sarkozy vient du privé, pas de la glandouille des services publics. Il veut des résultat, et vite, car la concurence fait rage et demain il sera trop tard. Bon, avec les fonctionnaires, c’est pas gagné.

           

           

          "le jour où les Français sauront pratiquer l’indépendance et réduire l’obéissance, la dépendance, la peur, ce sera la fin de Sarkozy."

           

          N’importe quoi. Délire total. A part les voyoux et les terroristes, personne n’a peur de Sarkozy, qui protége les français contre les méchants immigrés et autres racailles.

           

           

          "Parce que le citoyen aura découvert que la politique de Sarkozy repose sur des faux problèmes ou du moins, sur des problèmes sans importance majeure, des détails"

           

          Oui, la France qui va faire faillite et une guerre "civile" déja bien visible, c’est sans doute des détail pour vous. Vous êtes décidement un incorigible 68hard, Ultra-égoisme et aprés moi le déluge !

           

          "Sarkozy qui semble redouter la liberté des citoyens et on le comprend car un citoyen indépendant sait relativiser les problèmes et trouver ses propres solutions."

          Mais bien sur ! La preuve, le citoyen, il lui faut 20% de HLM, tellement il est indépendant, et puis des sécu, des retraites, des écoles, des RMI, des ASEDIC, et 26% de la population payé par l’Etat, tellement il est indépendant ! On n’est pas aux USA, ici. Les gens ne sont pas libres, et ils trouvent cela trés bien.

          Pis c’est sans doute le citoyens qui va virer des fonctionnaires ? Déja qu’ils envoient chier les ministres et députés, alors le citoyens ! Tout ca, c’est n’importe quoi. Vous ignorez tout du fonctionnement concret des choses.

           

          "L’idée d’un Sarkozy ennemi des intellectuels ne tient plus. Même si ses goûts esthétiques sont risibles,"

          Rien ne vous autorise à juger les gouts esthétiques de M Sarkozy, que vous ne connaissez pas -sans même parler des votre, prolo perdu dans le 93, qui ne doivent donc pas être trés élevé en dehors du RAP et du TAG..


          • Bernard Dugué Bernard Dugué 22 février 2008 11:10

            Moi perdu dans le 93

            C’est ça, Bordeaux est dans le 93, on va dira ça

            Comme quoi vous anticipez le résultat de la politique scolaire de Sarkozy, écriture, calcul mental et basta, la géo, l’histoire, à la Trappes (héhé, hi Djamel ! )


          • jako jako 22 février 2008 11:11


          • Black Ader 22 février 2008 12:34

            "Comme quoi vous anticipez le résultat de la politique scolaire de Sarkozy, écriture, calcul mental et basta, la géo, l’histoire, à la Trappes (héhé, hi Djamel ! )"

             

            On peut trés bien vivre sans géo [ca sert à faire la guerre], quand à l’histoire, vu que ce n’est que de la propagande...

             

            Cela dit, vous n’avez pas à attaquer M.Sarkozy sur ses gouts, car vous n’êtes RIEN.

             

             


          • gül 22 février 2008 12:46

            @ BlackAder


          • JL JL 23 février 2008 18:09

            Selon Black ader : ""On peut trés bien vivre sans géo [ca sert à faire la guerre],"".
            Dites ça à Bush, à Total, à tous ceux qui pillent la planète ! 

            Ce Black est complètement dans le cirage.


          • Lady_V Lady_V 24 février 2008 22:47

            Bah si mon grand, ça sert à paraître moins c*n... Eventuellement à se déplacer (faut bien savoir où on va !), mais apparement il y en a qui sont bien calés au fond de leur trou de fesses et qui n’en bougeront pas, donc pour eux normal que la géo ne serve à rien. Et si l’histoire c’est de la propagande, alors ça rejoint l’autre bonne idée du président sur la Shoah... On comprend mieux, merci de nous avoir éclairés Black Ader, mais on était déjà au courant...

            Vous avez été martyrisé par votre prof d’histoire-géo au collège ? Il/Elle se moquait de vous ?

            Ne répondez pas, j’en ai rien à faire.


          • morice morice 22 février 2008 11:02

            "Est-ce par audace, imprudence, sentiment de confiance" même pas, c’est par pure connerie.Les conseillers sont RIVAUX, Guaino déteste Mignon et réciproquement, c’est donc à celui qui trouvera l’idée géniale pour SEDUIRE un président qui en est totalement dénué !!! Guaino a dit que Mignon ne pouvait pas comprendre car "elle n"a pas d’enfant"... lui qui vient d’avoir un bébé, le peut. Selon lui : c’est dire à quel NIVEAU se situe la réflexion en haut lieu : la COUR, la COUR, en perpétuelle séduction du maître de cour. Qui comprend rien à rien, fustige un patronat après lui avoir offert 15 milliards, dit le mardi le contraire de de qu’il a dit le lundi, ou ceq qu’un de ces conseillers en compétition lui a soufflé. C’est nul, complètement nul comme façon de gouverner. en revanche "L’idée d’un Sarkozy ennemi des intellectuels ne tient plus." Un gars qui choisit Hallyday comme chanteur préféré ne peut que se défier des intellos. Il les déteste tout en les admirant. On déteste-admire toujours ce qu’on est pas. " diabolique Sarkozy, génial" non : même pas. Entremetteur, manipulateur, oui. Mais pas génial. S’il l’était, il n’aurait AUCUN conseiller et écrirait lui-même ses discours.. a la rencontre avec la TV, visiblement, il ne savait pas ce qu’il y avait dedans : là c’était bien du Guaino, car c’est le seul à pouvoir se rappeler de Thierry La Fronde, Mignon est trop jeune. Faut oser, dans un discours présidentiel, mais Guaino ose tout tant qu’il est en cour. Audiard a dit.... 


            • Bernard Dugué Bernard Dugué 22 février 2008 11:22

              C’est Dany qui l’a dit, Sarkozy est génial, et je pense que oui, il a une certaine forme de génie, il est est fort, aussi, il faut trouver ses failles si on veut le contrer, sous réserve qu’une majorité de Français décident qu’il faille le contrer mais pour aller où ? La gauche n’a pas tant d’idée que ça, ou du moins, c’est dans le style catalogue des ressources, la bible des jeunes babs dans les années 75, trois tomes, plus de 1000 pages !


            • Serpico Serpico 22 février 2008 21:58

              Je regrette mais ce que vous appelez "génie" n’est que la manifestation de l’autorité suprème dans un pays où personne n’ose contredire la chef.

               

              Il abuse de son poste comme tout chef de bande : les voyous désignent toujours le cancre, le plus fort en gueule et le plus bagarreur. Dans le cas de Sarkozy, c’est le candidat de l’UMP.

               

              Maintenant, parce que le chef délire à tout va, on doit croire que c’est du génie ? non : le délire du chef est sublimé par celui qui le subit parce qu’on a intégré dans notre culture que le chef est, sinon infaillible, du moins excellent parce qu’il a été "élu".

               

              C’est comme pour Lady Diana : tout le monde répète qu’elle était belle par simple convenance ou convention. Pourtant elle était d’une mocheté indiscutable. Idem pour Rachida Dati. Le suivisme va jusqu’à proférer des énormités. Contre toute évidence.


            • ZEN ZEN 22 février 2008 11:12

              E.Mignon parle d’elle-même et de son patron :

              http://www.nonfiction.fr/article-455-la_machine_a_idees_de_sarkozy.htm


              • Bernard Dugué Bernard Dugué 22 février 2008 11:16

                En effet, Zen, c’est le lien portail qui ouvre vers les deux parties de l’interview que j’ai lu deux fois pour en extraire cette analyse qui vaut aussi comme interprétation. Au passage, on remarque le petit détail sur Mme Mignon qui a relu et amendé le texte complet, comme quoi, là, elle pourra pas démentir ses propos


              • Le péripate Le péripate 22 février 2008 11:13

                Un président inutile... Formidable trouvaille, que j’approuve tout à fait. Une présidence qui est une longue campagne, avec 100% d’abstentionnistes, quelle énorme dérision !


                • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 22 février 2008 13:26

                  Bonjour Bernard,

                  Je me demande ce qu’il est resté des meilleurs expert(ise)s exploité(e)s par NS dans les solutions très classiquement -je dirais même banalement- de droite qu’il a présentées lors de sa campagne ; depuis, il ne cesse de manoeuvrer en recul à propos des plus "novatrices" et des plus "libérales" d’entre elles.

                  Quant au flou, en, particulier budgétaire, de son programme, il n’avait rien à envier à celui du PS (que je ne confonds pas entièrement avec celui de SR). Si ce que tu dis est exact, alors tout ce travail n’a fait qu’accoucher d’une souris dont l’excitation de surface ne fait que combler un manque vertigineux de projet original.


                  • Bernard Dugué Bernard Dugué 22 février 2008 18:56

                    En effet, Sylvain, il manque une vision d’ensemble de la France chez Sarkozy, car tout semble artificiel et bricolé mais comme le Président sait bien jouer de l’esbrouffe, il fait croire qu’il va se passer quelque chose, qu’il a les solutions et qu’il agit (il s’agite) pour s’occuper des solutions devant les Français à problèmes


                  • Gilles Gilles 22 février 2008 13:30

                    Deux articles de Dugué coup sur coup sur à peu prêt le même thème.

                    je copie donc mes commentaires de l’un à l’autre

                    -----------------

                    Moi je sais. Cette dame à voici peu déclaré :

                    "Eh bien disons que… Je la fais brève : la gauche est moins conne. Il y a, de tradition, plus d’idées à gauche, même si, et c’est ce qui est intéressant, Sarko inverse la tendance. Par ailleurs, la gauche sait défendre ses idées. C’est aussi une tradition forte chez elle."

                    http://www.betapolitique.fr/La...

                    Outre cet aveu, que l’on connaisait déjà à gauche, que l’on aprécie venant d’une ultra catho ultra droite, qui colle avec les déclarations de C lagarde ("la France pense trop (à gauche bien sûr), au boulot maintenant") n’est ce pas là une volonté d’inverser la tendance,

                    Cette dame a décidé d’avoir des idées hautement philosophiques pour renouveler la société et de les défendre bec et ongles pour imprimer la marque de la nouvelle droite. Privatisation de l’education, instrumentalisation de la mémoire, mis au coeur de la société des mouvements "spirituels "ou pseudo spirituels (le scientologie est d’abord une entreprise commerciale attrape crétins) chargé d’induire "espérance" en un au delà prometteur que le pékin pourra questionner (y a t-il plus de pouvoir d’achat au Ciel ? Y a t-il vraiment pleins de vierges à déflorer ? Sucent-elles aussi ?).

                    Voilà, ces gens sont là pour renouveler la réflexion française, pour créer une nouvelle civilisation faisant fi des lumières aux mains des gauchistes (cad à gauche de la droite dure....même Fillon est taxé de gauchiste par Devedjian, alors..). Normal vous me direz, tout le monde a le drit de s’exprimer, sauf que là ils veulent remodeler nos institutions, notre manière de pensée par la loi et fissa fissa

                    Sauf que ces gens oublient que l’histoire des idées se sont des siècles d’histoire et que vouloir chnager la façon de penser d’un peuple ne se fera pas en un quinquénat. Que du bordel voilà ce qu’ils vont enfanter et tout ça pour être oubliés dans 6 ans


                    • Le péripate Le péripate 22 février 2008 16:32

                      Le lien ne marche pas. Est-ce celui-là ?


                    • Roland Verhille Roland Verhille 22 février 2008 13:37

                      étude utile et sérieuse, ses imperfections étant le lot de toute œuvre humaine. Elle tranche avec bien trop de litanies avec lesquelles on nous bassine sur Agoravox, et qui minent ses fondements.

                      Le temps de la perplexité semble être dépassé, les Français ne sont pas sots, ils semblent avoir tiré le rideau du spectacle politicien. Quel gâchis !

                      Le premier constat est très important : Nicolas Sarkozy a disposé comme aucun à la fois du temps et des moyens pour définir son programme politique. Il a rameuté force « intellectuels » et « experts » à cet effet. Résultat : une campagne électorale style exposé ENA où est attendu un discours brillant sur un sujet dont on ignore tout. Car le sujet, l’emploi et le pouvoir d’achat, n’a pas été traité lors de la campagne. Et les Français s’aperçoivent maintenant qu’il n’est pas et ne sera pas non plus traité dans l’action. Car ce sujet est connu des Français. Demander aux « intellectuels » et « experts » fossoyeurs du pays vivant aux crochets des coupables de leur ruine le diagnostic du mal et le remède, ce n’est pas la même chose  qu’aller voir un rebouteux faisant de son mieux pour soulager les gens.

                      Le deuxième constat, bien que peu étayé mais en réalité fondé, c’est celui de l’erreur de croire que Nicolas Sarkozy est un libéral. Il n’y a pas erreur chez ceux qui font de lui le chiffon rouge de l’ultralibéralisme ; chez ceux qui font de lui un leurre pour écarter le questionnement de leur propre liturgie. Nicolas Sarkozy semble avoir tout d’un petit Napoléon. Son action paraît se borner à tenter de sauver les meubles de l’outrancière étatisation du pays.

                      L’imperfection première du travail de l’auteur, c’est de consentir à Nicolas Sarkozy la capacité de choisir les meilleurs pour équiper la boite à outils de son action politique. Il devient de plus en plus manifeste qu’au contraire, il n’opère que des choix malheureux dans tous les domaines, et tous voient lesquels. Si on ne peut lui reprocher de ne pas être omniscient, on peut lui reprocher l’entourage qu’il s’est composé et qui le conduit à sa perte comme à celle des Français.

                       Une autre imperfection est d’expliquer que la politique de Sarkozy repose sur des faux problèmes. Au contraire, toute sa pernicieuse habileté a consisté à mettre en avant les vrais problèmes repérés par les Français, et à persuader les gens qu’en rompant avec les pratiques passées, il les traiterait, mais sans dévoiler son ordonnance. On peut craindre une vaste mystification. Là est le gâchis : le talent de convaincre les autres mis au service d’une mauvaise cause ; déformation professionnelle ?

                       


                      • Bernard Dugué Bernard Dugué 22 février 2008 19:05

                        Roland, pour répondre à vos critiques, d’après Mignon, Sarkozy choisit les meilleurs mais pas dans l’absolu, les meilleurs pour accomplir son dessein de changer la France dans l’esprit de sa rupture et comme le dit Mignon, celle-ci a viré ceux qu’elle a jugés incapables. Pour être de la partie, il faut être bûcheur, compétent et sarkompatible.

                         

                        Pour la question des problèmes, il a joué sur de vrais problèmes qu’ont les Français en les accentuant, mais actuellement, il invente des faux problèmes, la télé publique, l’enseignement de la Shoah, et les Français, ça les agace mais le guide est persuadé de sa vision et donc, il nomme des commissions pour lui prouver qu’il a raison.


                      • Roland Verhille Roland Verhille 23 février 2008 12:15

                        vu, OK


                      • Céphale Céphale 22 février 2008 13:40

                        Cet article est important.

                         

                        Il montre notamment que Sarkozy a mené campagne non comme un homme politique mais à la manière d’un chef d’entreprise. Un homme politique poursuit son projet en composant avec ses partenaires. Un chef d’entreprise poursuit son projet en s’entourant de collaborateurs de talent.


                        • JL JL 23 février 2008 18:37

                          A la différence qu’un pays n’est pas une entreprise, qu’un président de la République n’est pas le patron du pays. Votre propos Céphale est tout sauf "constructif". Comparaison n’est pas raison, et de la votre, l’on peut en dire tout et son contraire.


                        • tvargentine.com lerma 22 février 2008 14:16

                          OUI,j’ai demandé en tant que REDACTEUR que chaque jour ,la listes des votants soit affiché avec le nombre de voix par articles proposé

                          J’invite donc les commentateurs ici présent à exiger cette mesure de transparence ceci afin d’en finir avec la diffusion des articles des DUGUE,LA TAVERNE,MORICE,qui ecrivent tout et n’importent quoi sans rendre de compte et qui curieusement se retrouvent avec encore comme aujourd’hui plusieurs articles

                          En tant que rédacteurs et lecteurs,nous devons exiger cette mesure de transparence

                           


                          • Yohan Yohan 23 février 2008 11:13

                            @Lerma

                             

                            Je vois que tu ne prends pas ton tranxène. Je vais le dire à ton toubib


                          • morice morice 22 février 2008 14:50

                            Moi, j’ai demandé en tant que REDACTEUR qu’on vérifie les gens qui interviennent sous deux ou trois noms différents pour poste la même haine, c’est marrant Lerma... toutes ces demandes... 


                            • tvargentine.com lerma 22 février 2008 15:09

                              Oui,je comprend mes amis MORICE,DUGUE et LA TAVERNE qui écrit sous un autre identifiant ,mais c’est cela de la vrai transparence.

                              Cela permet une juste et vrai démocratie citoyenne dans la selection des articles à diffusées et je demande que d’autres rédacteurs et commentateurs reprennent cette idée

                               


                              • coati coati 22 février 2008 16:07

                                Sarko veut introduire le travail de mémoire à l’école, l’éducation morale, la politesse et je ne sais quoi encore.

                                On devrait surtout enseigner la Pensée. Très peu de gens la pratique. La télé, la fête et surtout le travail (quel qu’il soit) sont là pour nous abrutir et nous pomper notre énergie.


                                • ninou ninou 22 février 2008 19:41

                                  Très peu de gens la pratiquent  !

                                  C’est pas fair play...je sais...


                                • Philou017 Philou017 22 février 2008 22:45

                                  En fait, Sarkosy voudrait diriger la France comme une entreprise. On recense des problemes, on elabore des solutions avec des "experts" et on applique les solutions avec volontarisme.

                                  Sauf que un pays n’est pas une entreprise, encore moins la France. Une entreprise est une organisation relativement simple, avec des buts clairs et un contexte défini. Gérer un pays, c’est tout autre chose. C’est tenir compte de son histoire, de ses valeurs, de ses sensibilités, de ses idéaux. C’est proposer des solutions d’une façon qui soit acceptable, encore mieux soutenue, tout en étant réaliste sur ce qui est faisable. C’est surtout être à l’écoute. Des citoyens ne sont pas des employés, plutôt des employeurs.

                                  Ceci n’est pas dans le style de Sarkosy :

                                  "la politique, c’est avoir de la vision. Et la vision, ce n’est pas prédire le futur, mais l’inventer." Le rôle de l’homme politique, c’est d’inventer le futur que l’on souhaite à ses concitoyens, c’est de dire "voilà où je veux aller" et de faire en sorte que le pays y aille. Je pense que l’homme politique, c’est celui qui a l’imagination pour inventer le futur.

                                  http://www.nonfiction.fr/article-443-la_machine_a_idees_de_sarkozy__premiere_partie.htm

                                  Sarkosy veut imposer ses vues, et convaincre des gens qu’il a raison, pour entrainer les gens là où il veut aller. Un bon politique fait l’inverse. Il prend là où les gens veulent aller et il s’emploie à mettre en place une méthode qui soit acceptable.

                                  Un autre aspect, c’est que la politique, à mon avis, c’est avoir une vision du pays, de son avenir. Et ça, c’est pas un programme qu’on monte à partir de sondages. c’est l’aboutissement d’une reflexion personnelle. A mon avis, Sarkosy n’a aucune vision du pays. C’est un opportuniste qui prend les themes qui lui passent devant le nez. Je pense qu’on ne peut conduire aucune réforme, si on ne propose pas aux gens un projet identifiable. Quel est le projet de Sarko, j’en sais rien. Même pas maintenant.

                                  Un autre aspect discutable, c’est l’emploi d’experts et d’intellectuels. Les projets de Sarko sont nés de conventions de technocrates et autres intellectuels. Grosse erreur. Les experts sont tout sauf des politiques avisés. Ce sont des spécialistes souvent plein d’idées préconcues, et d’à priori. La derniere chose à faire, c’est de leur demander de faire un programme.

                                  Le programme, ça doit d’abord être les hommes politiques qui le pensent et le définissent. Ensuite, on va voir les experts pour savoir ce qui est faisable. On ne réforme pas l’education Nationale ou la Justice comme on remanie un service commercial.

                                  J’ai noté :

                                  "Beaucoup d’intellectuels disaient, pendant la campagne, que "le téléphone sonnait plus à droite qu’à gauche". Il semblait que vous, ou vos collaborateurs, les appeliez beaucoup, les consultiez beaucoup. C’est plutôt un compliment. "

                                  Pas étonnant que nos "intellectuels" soient si peu critiques, ils sont devenus des sortes de consultants. Compromis avec le pouvoir jusqu’au cou, apparemment.

                                  D’une maniere générale, je dirais que Sarkosy manque de sens politique. C’est un opportuniste, un manoeuvrier hors pair, mais sans profondeur.

                                  De plus, l’absence d’un quelconque projet politique d’envergure aurait du le faire rejeter par les Français. Mais, à l’époque du zapping, son discours a plu. Sarko est l’émanation de cette société de consommation et du zapping. Du clinquant sans profondeur.

                                  Espérons qu’il prenne un peu de graine et qu’il évolue.

                                   Et comme la gauche semble avoir peu d’idées, à nous les citoyens d’en proposer.


                                  • moebius 22 février 2008 23:44

                                    bla bla sarkosy bla bla bla

                                     


                                    • tvargentine.com lerma 23 février 2008 00:16

                                      Mr DUGUE participe à sa façon à la montée d’un nouveau fascisme ,un meeting-pot de libertaire,d’intolérance et d’arrogance sans parler du droit de censurer les articles des autres

                                      Voila Mr DUGUE,vous avez bien rempli votre mission,soyez content de la diffusion de haine


                                      • CAMBRONNE CAMBRONNE 23 février 2008 09:48

                                        BONJOUR A TOUS

                                         

                                        Excellent article de bernard Dugué qui nous change un peu de la daube dominante sur Avox depuis des mois , décrédibilisant leurs auteurs à force d’outrances haineuses et caricaturales.

                                        L’analyse est excellente même si on peut ne pas arriver aux mêmes conclusions .

                                        Il est évident à qui prend le temps de réfléchir cinq minutes que Nicolas sarkozy a une ligne de conduite et qu’il n’est pas seul . Maintenant le tout est de savoir si ses experts ne nous amménent pas droit dans le mur . C’est une possibilité , voire un risque majeur , pour l’instant je n’ai pas la réponse .

                                        Il y a eu une époque de notre histoire récente où l’Etat était constitué des meilleurs experts dans tous les domaines : Ce fut l’Etat français du Maréchal Pétain . Pas ou peu de politiques professionnels dans ce gouvernement là mais des experts .

                                        Les faits ont démontré que ce fut une des pires pages de notre histoire .

                                        Je crois aux vertus du suffrage populaire . Tous ces conseillers de l’Elysée, super cranes d’oeuf , me paraissent un danger .

                                        M de Villepin qui en fût un et ne fut jamais un élu du peuple sait de quoi il parle quand il signe un manifeste" républicain " inspiré surtout par la rancueur et la haine . Bayrou itou .

                                         

                                        Vive la république quand même .


                                        • JL JL 23 février 2008 18:40

                                          @ Cambronne : ""Excellent article de bernard Dugué qui nous change un peu de la daube dominante sur Avox depuis des mois "". Qu’attendez vous pour écrire de bons articles ?


                                        • Yohan Yohan 23 février 2008 11:06

                                          pour l’instant le programme du président tient plus du catalogue Manufrance

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