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Accueil du site > Actualités > Politique > Le triomphe de la gouvernance ou comment se passer des élections

Le triomphe de la gouvernance ou comment se passer des élections

Alors que le gouvernement cherche à tout prix à réduire les dépenses publiques et que, comme on dit, les petits ruisseaux font les grandes rivières, il est une dépense récurrente qui pourrait aisément disparaître sans causer plus d’émoi que cela au sein de la classe politico-médiatique à droite comme à gauche. Je veux parler des sommes non négligeables engagées quasiment tous les ans pour organiser des élections ou plus exceptionnellement des référendums.

Je suis conscient de ce que cette proposition a de choquant au premier abord. Dans un bel élan général d’indignation on m’accusera de vouloir signer l’arrêt de mort de notre démocratie.

Pourtant, il s’agira-là, pour l’essentiel, de contestations de pure forme car, aujourd’hui, les élections ne sont déjà plus organisées que pour le principe et pour donner aux citoyens le sentiment qu’ils ont encore leur mot à dire.

De la démocratie à la gouvernance en passant par le gouvernement représentatif

Il y a fort longtemps existait la démocratie. Cela se passait en Grèce. Chaque citoyen pouvait participer au fonctionnement politique de la cité. La plupart des « magistrats » n’étaient pas élus mais tirés au sort. Ceux qui voulaient prendre un rôle actif dans les institutions participaient aux tirages au sort qui désignaient régulièrement les membres de la boulée et les juges. L’élection existait aussi mais se limitait, pour l’essentiel, à la désignation des généraux et des comptables. Puis la démocratie s’est éclipsée à la fin de l’Antiquité.

Au 18ème siècle, les révolutions américaine, anglaise et française ont ouvert une voie nouvelle : le gouvernement représentatif. Ce n’est plus le peuple qui décide mais ses représentants élus. Le tirage au sort a totalement disparu au profit de l’élection.

Ce gouvernement représentatif est le nôtre mais aujourd’hui il disparaît à son tour.

Alors que le tirage au sort évitait une professionnalisation de la fonction politique, l’élection y a conduit de manière croissante. Aujourd’hui, les hommes et femmes politiques sont des professionnels. Le commun des citoyens n’a aucune chance de devenir député. Parallèlement à cette professionnalisation, on constate un décalage toujours plus grand entre la composition de la classe politique et celle de la société française. Au sein de l’Assemblée Nationale élue l’année dernière, 2,6 % des députés sont des employés (pour 28,6 % dans la population) et 0,2 % des députés sont des ouvriers (pour 23,1 % de la population). A l’opposé, 81,5 % des députés sont cadres ou catégories supérieures (pour 15,5 % dans la population).

L’élection mène donc, non pas à la démocratie, mais à l’aristocratie voire à l’oligarchie.

Ce régime de gouvernement représentatif est donc déjà fort éloigné de ce que les athéniens appelaient démocratie.

Et pourtant, ce régime tend à disparaître à son tour au profit de la « gouvernance ». La gouvernance n’est pas le gouvernement. Un gouvernement gouverne, décide … La gouvernance consiste à administrer en ne sortant jamais d’un cadre prédéfini. Un gouvernant fait de la politique, fait des choix, oriente la société. Avec la gouvernance, on élimine la politique. Celui qui est au pouvoir doit simplement faire en sorte que le système socio-économique tel qu’il est défini au préalable fonctionne de manière immuable et efficace. Nul n’est plus doué pour la gouvernance qu’un expert ou un technicien dépourvu de toute passion.

La gouvernance actuelle s’exerce dans le cadre imposé de l’économie libérale.

Jusqu’à la chute du Mur de Berlin, il existait deux systèmes antagonistes. Le modèle communiste avait ses graves défauts mais il avait le mérite de rappeler au tenant du modèle capitaliste qu’une alternative existait et que le système devait être acceptable par tous faute de quoi l’autre modèle pourrait attirer les déçus. L’effondrement du bloc de l’Est a rompu la digue. Le système capitaliste désormais sans rival a dérivé vers le modèle que nous connaissons aujourd’hui, un capitalisme financiarisé où seul compte le rendement à très court terme de l’investissement, où dumping social et fiscal sont de mise et où la concurrence libre et non faussée est tel un onzième commandement.

La fin de la politique

La gouvernance implique que, quel que soit le résultat des élections, le vainqueur respect le cadre imposé. Une bonne gouvernance veut que le marché soit soumis à une régulation minimum qu’elle soit sociale ou environnementale, que la place de l’Etat soit limitée à ses fonctions de base …

Les élections présidentielles et législatives de l’année dernière et la politique du gouvernement actuel donnent un exemple frappant de ce que la gouvernance implique.

Un individu tombé dans le coma au mois d’avril 2012 qui se réveillerait aujourd’hui et à qui on dirait que :

  • Le traité Merkel / Sarkozy a été ratifié sans qu’une virgule n’y ait été changée,
  • Les dépenses publiques baissent,
  • La TVA pesant sur les consommateurs augmente,
  • Les charges patronales baissent,
  • Une nouvelle réforme des retraites est annoncée,

penserait légitimement que l’alternance n’a pas eu lieu et que la droite est toujours au pouvoir.

On lui répondrait que le PS est bien arrivé au pouvoir mais que le « principe de réalité » s’est imposé à lui. Le principe de réalité est, avec la gouvernance, le nouveau mot à la mode et ils vont de paire. Ce principe de réalité est le cadre imposé. Un principe ne se discute pas. Il est là et il faut faire avec. Les dirigeants confrontés au principe de réalité doivent gérer de leur mieux avec le peu de pouvoir qu’on leur laisse. Ce cadre, cette « réalité » pourraient être remis en cause par le politique, pas par la gouvernance.

La gouvernance exclut également tout recours au référendum par lequel le peuple pourrait remettre en cause ce cadre. En 2005, sûrs qu’ils étaient du résultat, nos dirigeants se sont dit qu’ils pouvaient faire ratifier la Constitution Européenne par référendum. Bien mal leur en a pris et soyez sûrs qu’on ne les y reprendra plus. Les français ayant, à une assez large majorité, dit non à la construction européenne telle qu’elle était menée, fondée sur une libéralisation à outrance, le Constitution fut renommée Traité de Lisbonne est ratifié par le Parlement …

Deux traités engageant l’avenir de la France ont été ratifiés en 2012 et aucun des deux n’a été soumis à référendum …

Vous rappelez-vous les visages saisis d’horreur des dirigeants européens lorsque le Premier ministre grec eu, au mois d’octobre 2011, l’idée « folle » de proposer un référendum afin que le peuple grec donne son avis sur le plan d’austérité qu’on se proposait de lui infliger ?

Le cadre étant strict, les élections ont donc perdu toute importance. Mieux, la très bonne gouvernance implique qu’on élimine purement et simplement les élus du système.

L’union Européenne, laboratoire d’expérimentation de la gouvernance

Les institutions européennes ont, en la matière, donné l’exemple. Le déficit démocratique au niveau européen est régulièrement dénoncé mais rien ne change, bien au contraire.

L’institution communautaire par excellence, la Commission, dispose du monopole d'initiative en matière législative et est quasiment irresponsable politiquement puisqu’elle ne peut être censurée par le Parlement qu’à la majorité des deux tiers. Les commissaires sont donc indépendants et ont peu de compte à rendre. Leur légitimité démocratique est très limitée. On pourrait penser qu’il s’agit d’une faiblesse mais, au contraire, dans le cadre de la gouvernance, il s’agit d’un atout. Les commissaires ne sont pas soumis à la pression, toute relative, que subissent les élus de la part du peuple. Ils n’ont donc pas à se préoccuper des doléances et revendications du peuple, celles-ci n’allant, en général, pas dans le sens de ce que la Commission estime être l’intérêt de l’Union. La Commission œuvre donc paisiblement au renforcement constant des principes du libre échange sans que son action ne soit contrainte par une opinion publique par forcement favorable comme le rejet de 2005 l’a démontré.

Le pouvoir législatif au niveau européen est donc déjà soumis à la gouvernance.

La politique monétaire subit le même sort. La BCE est totalement indépendante et donc irresponsable politiquement. Les Traités lui ont donné pour unique mission de limiter l’inflation. La politique monétaire se résume à cela. Le cadre est strict et peu importe que cette obsession de l’inflation engendre un chômage de masse en Europe et qu’en période de crise on se prive d’un outil précieux pour relancer l’économie.

Le semestre européen, dernière avancée de la bonne gouvernance, soumet le pouvoir budgétaire des Parlements nationaux au contrôle de la Commission Européenne !

Voilà comment, de petits pas en petits pas, les élus se sont vu retirer le pouvoir législatif, le pouvoir monétaire et le pouvoir budgétaire. Si ça ne vous avez pas frappé plus tôt, rassurez-vous, c’était fait exprès.

La dernière marche : supprimer les élections

De manière quelque peu provocatrice, j’ai tout à l’heure parlé de supprimer les élections puisqu’elles étaient devenues inutiles. Eh bien figurez-vous que certains semblent y penser très sérieusement.

Il y a quelques semaines Mario Monti a donné sa démission de la Présidence du Conseil italien. Cette démission implique l’organisation de nouvelles élections législatives permettant de dégager une nouvelle majorité qui soutiendra le prochain Président du Conseil et son gouvernement. Il convient ici de rappeler que Mario Monti qui fut commissaire européen au Marché intérieur en 1995 puis commissaire européen à la Concurrence en 2000 avant de devenir, en 2005, consultant pour Goldman Sachs. Au mois de novembre 2011, il était nommé Président du Conseil italien et prenait la tête d’un gouvernement composé entièrement de techniciens et qui ne comprenait aucun parlementaire. Ainsi, Monti mettait en place en Italie la gouvernance qu’il avait déjà pratiquée au niveau communautaire : des gens non élus gouvernent sans se soucier de ce que le peuple pense. Monti ayant démissionné, on pouvait raisonnablement s’attendre à ce que, soit il se retire du jeu politique, soit il tente de se maintenir au pouvoir en gagnant les élections. Eh bien non ! Mario Monti a annoncé qu’il ne se présenterait pas aux élections mais n'excluait pas de rester au pouvoir après le scrutin ! En résumé, celui que les médias appellent avec respect le « Professore » entend rester au pouvoir quel que soit le résultat des futures élections !

Une nouvelle étape est franchie. Jusqu’ici ceux qui étaient élus menaient tous la même politique contraints qu’ils étaient par le cadre strict de la gouvernance mais les apparences étaient sauves : les hommes changeaient et faisaient mine de ne pas être d’accord. Désormais, on ose dire ouvertement au peuple que quel que soit son vote, le gouvernement ne changera pas !

 


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36 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 6 février 2013 09:12

    pourquoi ils se generaient ? Apparement le peuple est content, je ne le voie pas contester cette situation ( a part un saut d’humeur de temps en temps ici ou la)...donc les elites ont raison de profiter du systeme et de le forger a leur seul avantage. Qui ne dit mot consent, qui ne fait rien accepte !


    • lionel 6 février 2013 12:24
      Robert Gil bonjour,

      Le peuple subit une campagne de guerre psychologique commise par des ingénieurs sociaux psychopathes. Celui qui est manipulé, hypnotisé, empoisonné, traumatisé, conduit au chaos intérieur, est -il responsable d’en être victime ?

      De plus en plus de gens savent ce qui se passe.



    • rotule 6 février 2013 14:20

      Bêêêêêê ... les moutons vont à l’abattoir, conduits par le berger !
      Et je ne suis pas sûr que le nombre de moutons rebelles augmente. L’ingénierie du berger ayant fait des progrès !


    • Alpo47 Alpo47 6 février 2013 11:17

      Merci pour cette description exhaustive de l’évolution de notre système.

      En effet, la « démocratie » (mais en avons nous déjà eu réellement ?) est de plus en plus confisquée, en douceur, par les politiques professionnels et les technocrates.
      L’enfumage permanent des médias et les techniques de manipulation des populations, naturellement basées sur la peur ... font que quasiment personne ne s’exprime pour dénoncer et proposer un autre système crédible et REELLEMENT démocratique.

      Très incertain est notre avenir ... si aucune ré-action ne s’amorce.


      • taktak 6 février 2013 11:39

        La gouvernance ce n’est qu’un stade supplémentaire de la démocratie capitaliste ou l’essentiel du pouvoir est dans les mains de la classe dominante, la classe capitaliste. Effectivement les structures supra-nationales telle que l’UE sont les outils de cette « gouvernance » totalitaire. Vous dites stade suivant supprimer l’élection. Mais c’est déjà le cas avec l’indépendance (de la volonté des peuples) de la BCE et de la commission entièrement dévouée au service de la classe capitaliste européenne. Les rares fois où les peuples se sont prononcés sur l’UE leur avis, leur souveraineté, a été piétinée.

        Ne nous berçons pas d’illusion sur le caractère profondemment totalitaire de l’UE et de l’euro. Ils ne sont pas « redressable ». Si l’on veut faire « place au peuple », il est indispensable de sortir de ce carcan, de le dénoncer pour reconstruire sur des bases saines.

        Enfin, je veux faire part d’une réflexion politique : si la gouvernance est l’euphémisme de la dictature de la classe capitaliste (du 1%), la démocratie - tant que la répartition des richesses n’a pas été effectué et les classes au sens socio-économique du terme abolies - n’est ce pas la dictature du peuple, des travailleurs bref des 99%. Pour reprendre un terme que les partisans de la bonne gouvernance, de la négociation, de la concertation et du compromis juge archaique, ou même violent, la vrai démocratie est ce que ce n’est pas a contrario la dictature du prolétariat (c’est à dire de ceux qui vivent de leur travail et non de l’exploitation du travail des autres)


        • TSS 6 février 2013 11:43

          Le parlement européen n’a pratiquement aucun pouvoir que celui de regarder passer le train

           (legislatif) !! l’Europe est gouvernée par des gens qui ne sont pas elus et qui font ce que

           ce que bon leur semble, ce sont eux les vrais patrons ,les lois européennes primant sur les

          nationales ,Alors oui ! pourquoi voter... !!


          • Allguilty 6 février 2013 12:04

            Pour élire celui/celle qui nous fera sortir de l’Europe et de sa dictature ! 


          • lionel 6 février 2013 12:26

            Sortie de la dictature européiste !

            Sortie de la misère de l’euro !
            Sortie de la ruine morale et financière de l’OTAN !

            UPR

          • lambda 6 février 2013 14:10

            @ TSS

            Une réalité se fait jour (il est temps) ! pour les gens de comprendre à quoi sert un bulletin de vote

            Le bulletin de vote est la chaine qui met en servitude les citoyens en donnant la légitimité à ceux qui vont gouverner en leur nom et ceux là, servent les intérêts de leurs maitres quelque soit le parti au pouvoir

            Le suffrage universel est une vaste escroquerie dans l’état actuel de la démocratie

            Si les banksters ont pu mettre des non élus au pouvoir c’est avec la complicité de ses larbins qui sont dans les Gouvernements et ont pu permettre ces impostures

            Nous sommes nous le peuple 99% - Nos oppresseurs : 1%

            Il nous faut changer le système et E.Chouard entre autres nous en donne les clés

            http://www.youtube.com/watch?v=sM0Cafj1oy0&feature=related

            http://etienne.chouard.free.fr/Europe/

             

             


          • sirocco sirocco 6 février 2013 22:33

            <<Elections, piège à cons !>>

            Finalement, n’y avait-il pas du bon dans ce vieux slogan soixante-huitard ?

            Bon, je sors...


          • marko 6 février 2013 13:34

            « Le fascisme est l’idéologie qui remet —de force— l’état au service des possédants quand les élections n’y suffisent plus. » Henri Guillemin


            • Pyrathome Pyrathome 6 février 2013 14:16

              On peut au moins faire une chose très simple :
              Œuvrer pour une abstention massive aux européennes......
              Ne plus participer à cette mascarade, serait un bon début !!..


              • sirocco sirocco 6 février 2013 22:36

                De toute façon, quand le peuple vote, les politiques n’en tiennent pas compte, alors...


              • Nord 8 février 2013 08:41

                Bonne idée, Pyrathome. Ou bien un vote blanc massif sans prôner l’abstention dans ce cas. 


              • Shawford Agoranymous42 8 février 2013 08:50

                Yep, c’est une idée qu’elle est bonne chaton !


              • Traroth Traroth 6 février 2013 15:01

                L’avènement de la cacocratie...


                • joelim joelim 6 février 2013 15:50

                  Une comparaison éclairante de 4 mn de Vladimir Boukovsky, célèbre dissident soviétique : Union européenne, la nouvelle union soviétique ?


                  Que le totalitarisme de l’UE se répande dans les régions (ne parlons pas de pays, cette notion n’existerait plus dans le nouveau Reich) n’est pas étonnant.

                  • alberto alberto 6 février 2013 16:12

                    Ils se passent des nos élections, mais pas de notre pognon !

                    Salaire moyen d’un commissaire : environ 23000€ net/mois + une indemnité de résidence, 15% de ce qui précède + indemnité de frais de représentation, à peu près 1000€/mois...

                    Ce n’est pas tout : quand il quitte son poste (ils sont nommés pour cinq ans) il continue de percevoir une indemnité de 12000€/mois pendant 3 ans même si la plupart retrouve assez rapidement du boulot, (bizarrement dans des boîtes de lobbying  smiley )

                    Pour l’heure, ils s’assoient sur les mesures de rigueurs qu’ils imposent par ailleurs aux populations laborieuses de l’espace européen en s’octroyant une rallonge de 3,7% pour l’exercice 2013 : l’inflation zéro sur les salaires, ce n’est pas pour eux.
                     Elle est pas belle la vie ? smiley


                    • loph loph 7 février 2013 12:07

                      Hélas Alberto, on accorde plus d’importance à des trucs accessoires comme le pognon qu’à un rapport aux choses réelles que sont par exemple la subsistance par des moyens purement naturels, mesurer son influence sur soi même plutôt que d’un point de vue social, et cætera.

                      Ces commissaires, et bien d’autres de cet acabit, se sont largement détournés des questions purement vitales pour ne plus se préoccuper que d’accumulation d’influence et de pérennité d’un système dit civilisateur, ou progressiste, ou capitaliste ou collectif selon le point de vue qu’on en a. Mais jamais ne le remettons-nous en question. Trop préoccupés que nous sommes de nous même, on s’enferme dans nos propres impasses...

                      Il n’empêche, ma réalité ne fait qu’un temps, et là dedans, mon capital est moi même, loin des considérations monétaires et sociales prenant le pas sur pas mal de choses !

                      Bien à vous Alberto, la vie mérite d’être vécue même si elle est avilie par notre propension à la saloper...


                    • Mycroft 6 février 2013 18:19

                      Hmm, analyse simpliste sur les élections. Elles n’engendrent une professionnalisation de la politique que parce qu’on ne limite pas les mandats. Il suffit de fixer la règle : jamais plus d’un mandat dans une vie, qu’il soit local ou national pour supprimer cette professionnalisation. Une règle simple à mettre en place et qui ne coûte rien.

                      Ces gens là agissent ainsi parce qu’on les laisse le faire. La politique, c’est l’affaire de tous. Mais ça, les gens l’ont oublié.


                      • sirocco sirocco 6 février 2013 22:40

                        « Il suffit de fixer la règle : jamais plus d’un mandat dans une vie... »

                        Mais les seuls à pouvoir changer la règle, ce sont eux ! Ils ne voudront jamais. C’est comme si on attendait d’eux qu’ils diminuent leurs revenus...


                      • mrdawson 7 février 2013 12:57

                        Il suffit de voir comment ils réagissent lorsqu’on suggère qu’ils ne doivent pas cumuler plusieurs postes...


                      • TSS 6 février 2013 19:04

                        Aujourd’hui la police a empeché,« manu militari », les gens de chez Mittal Europe d’acceder

                         au parlement européen !

                        Valls ,avec le soutien de CFDT,traite les representants CGT d’Aulnay de terroristes !

                        Sachant que Fillon,en 2011et en catimini , a autorisé le tir à balle réelle pour reprimer les

                        manifestations, quand allons nous assister au point de convergence de ces 2 vecteurs ce

                        serait une 1ère depuis les années 50... !!


                        • loph loph 6 février 2013 23:59

                          Bien. À la lecture de cet article très fouillé me semble-t-il, j’en conclu qu’il reste le choix entre les diktats naturels, et l’émergence d’une classe opérante qu’on peut assimiler à un gouvernement totalitaire.

                          Ça ne m’étonne guère, puisque nous poursuivons en tant que collectivité des idéaux qui n’ont pas grand chose à voir avec le réalisme. À mes yeux, investir dans le développement d’un type d’organisation supplantant au fur et à mesure les équilibres initiaux nécessaires à l’existence de la vie, ne pouvait conduire qu’à des excès, manifestes depuis belle lurette (amoco cadiz, tchernobyl, déforestation de masse...).

                          Ce qu’annonce cet article, c’est que maintenant, il existe des gestionnaires dépassant les cadres nationaux, qui n’ayant plus de compte à rendre puisque les systèmes sont bien installés (tels des parasites sur un corps vivant) s’arrogent les rênes.

                          En poussant un peu plus loin le raisonnement, vu l’automatisation industrielle, la mise en coupe de l’agroalimentaire par quelques acteurs comme unilever, ou les acteurs tel monsanto pour ne citer que celui là, l’activité peut très bien se passer de la majorité des actifs.

                          Il ne resterait plus qu’à attendre que cette humanité débarrasse le plancher naturellement, pour mettre en coupe le reste selon un schéma directeur qui instrumentaliserait la surface du globe au profit de cette élite rentrant alors en possession Du pouvoir.

                          Ce qui ne serait que la suite logique de l’accumulation à laquelle nous participons activement en œuvrant dans une certaine mesure pour notre bien être, mais surtout pour la pérennité de cette civilisation phagocytant le milieu terrestre et accessoirement ses équilibres vitaux.

                          Prochain épisode : l’extinction de masse de la biosphère ? Car l’humain ne peut commander aux éléments et à leur imbrication les uns avec les autres...

                          Ah que mon terme me paraît doux et accueillant, parfois. Quant au cycle naturel, il y a belle lurette que nous nous essuyons les pieds dessus, emportés que nous sommes par la course éternelle (ou peu s’en faut à notre échelle) du globe dans sa rotation sur lui même.

                          Merci en tout cas à Les Bulles d’avoir fait ce point, maintenant je vais aller me mettre la chanson Champagne d’Higelin, et apprécier quelques bulles tant que c’est encore possible !

                          Cordialement,

                          loph


                          • lionel 7 février 2013 17:26

                            Loph,


                            Bonsoir, vous avez fait une intervention très pertinente et très belle. Que les bulles vous apportent la joie, quelques pas de danse, un beau pied de nez à la face des « fâcheux » et un beau sourire à l’absolu et au retour inéluctable à la source.

                          • loph loph 8 février 2013 16:28

                            Merci Lionel,

                            Ce qui serait étonnant, c’est que les « fâcheux » reviennent à des préoccupations tenant plus compte des réalités terrestres.

                            J’entends par contre parler de ci de là de mouvances ou de dynamiques initiés par les milieux dits professionnels tendant à se remettre en phase avec le contexte naturel. Tant mieux.

                            Mais j’assiste toujours à des prises de contrôles qui ne lassent pas de m’agacer (ressources énergétiques, appropriation territoriale, conglomérats supra national à la monsanto ou à la gazprom). J’en prends ombrage, mais essaye de tourner mon attention vers d’autres points clés.

                            En revanche, ces patrons du cac 40, ou d’autres, les « fâcheux », font preuve de certitudes qui enferment tout le milieu dit civilisé dans une vision des choses aberrante. Pour qu’au final, on atteigne tous le même terme physique, que cette emprise est vaine...il est vain d’attendre autre chose de la vie que cette issue finale.

                            Et c’est là où votre commentaire tombe bien, il montre que tout n’est pas acquis à la cause défendue (voir imposée) par ce courant de pensée voyant tout à l’aune du profit qui peut en être retiré.

                            En sus, la réalité (et toutes ses facettes) ne pourra elle pas être niée, et mieux vaut maintenant savoir s’en contenter que tomber dans des excès que l’humain a entretenu de tout temps, jusqu’à ce que les réalités le rattrapent... et continuent leur mouvement bien indépendamment de sa volonté !

                            Oui, cette vie là vaut la peine d’être vécue...


                          • Ricquet Ricquet 7 février 2013 09:56

                            Merci pour l’article, mais il y a quelques erreurs...

                            Notamment quant à l’accession au pouvoir de tout un chacun.
                            (Examine les contenus du site de l’U-P-R)
                            Tu verras qu’il y en a qui relève les manches, et qui avec beaucoup de pédagogie donnent des analyses et des recettes...
                            Certes, il faut des parrainages, et aussi des relais d’information pour être entendu et crédible.
                            (et comme chacun sait, ceux ci sont entre les mains de 3 groupes (Lagardere, Dassault et Bouygue) qui décident du traitement à donner à tel où tel évènement selon leur caractère d’influence)
                            (ex : rien ou propagande d’annihilation sur les « farfelus complotistes » (sujet traité hier sur ce site, alors que c’est un sujet majeur de ce siècle qui interroge !)
                            (à contrario le mariage pour tous qui est un amuse gueule fait la une sur plusieurs semaines...)
                            Aujourd’hui donc (selon l’U-P-R, ceux sont les américains qui sont aux manettes de l’U.E, mais aussi hélas de la presse qui divulgue ce qu’il faut croire et ne pas croire. dire et taire...
                            Les gouvernements ne gouvernent plus que 3 fois rien et donc j’apprécie ton cynisme sur l’idée d’économiser les bulletin de votes qui ne sont qu’un simulacre de démocratie.
                            (les vidéos des conférences de M Asselineau sont un pavé dans la mare de l’U.E.
                            Je vous invite à les visionner à commencer par celle ci : http://www.u-p-r.fr/videos/conferences-en-ligne/qui-gouverne-la-france
                            Aidons nous...

                            • Aldous Aldous 7 février 2013 12:37

                              Ha ? Ca commence à se voir le defiit democratique ?




                              • Jean-Louis CHARPAL 8 février 2013 02:59

                                Excellente et très complète analyse !

                                Depuis 30 ans, depuis le triomphe de l’ultralibéralisme, n’existent plus dans les démocraties que des alternances bidons, et ces démocraties ne sont plus que des coquilles vides.

                                Seuls des gens et des organismes non élus dirigent l’économie de la planète.

                                Il n’est pas éxagéré de parler de fascisme économique mondialisé.

                                Il ne manquerait plus que, suite à la clochardisation galopante des peuples d’ Europe découlant des politiques austéritaires, celle-ci bascule dans l’extrême droite.

                                Le fascisme économique et le fascisme politique feraient leur jonction ! La situation aurait le « mérite » d’être claire.

                                La seule solution vers le haut sera l’arrivée au pouvoir dans un maximum de pays européens de vraies gauches, composées de démocrates réellement progressistes, qui supplanteront les sociaux libéraux, comme l’homo sapiens a supplanté l’homme de Néandertal (lol) . 

                                 

                                 


                                • BA 8 février 2013 05:32

                                  En mai 1974, le peuple français a élu Valery Giscard d’Estaing. L’objectif prioritaire de VGE était la construction d’une Europe supranationale, anti-populaire, anti-démocratique, anti-sociale.


                                  Depuis mai 1974, le peuple français vote TOUJOURS pour des ouistes de droite, pour des ouistes du centre, pour des ouistes de gauche.

                                  Depuis mai 1974, il n’y a eu qu’une seule exception : le référendum du 29 mai 2005 portait sur l’instauration d’une Constitution européenne. C’est la seule fois où les nonistes ont été majoritaires.

                                  Mais même ce vote du 29 mai 2005 a été bafoué : trois ans après ce référendum, la Constitution européenne était re-baptisée « Traité de Lisbonne » et elle était votée par le Parlement ! ! !

                                  Le système est verrouillé.

                                  Il faut détruire le système.

                                  • Ruut Ruut 8 février 2013 07:22

                                    Le citoyen trace son chemin sans les lois qui existent.
                                    si les lois ne changent pas trop, le citoyen reste content.
                                    Pour le moment tout est instable.

                                    La révolte populaire est de plus en plus proche et ce n’est pas une bonne chose.

                                    Mais nos politiques ne font pas leur travail.


                                    • Ricquet Ricquet 8 février 2013 08:32

                                      ils ne font pas leur travail ? smiley

                                      ils font même le contraire de ce qu’ils disent...
                                      Et puis un politique aujourd’hui ça sert à quoi ?
                                      Parader dans les palais, accessoirement se goinfrer de petits fours ou monopoliser l’antenne, pour le reste, tout ce décide à Bruxelles et donc aux USA.
                                      La gouvernance : tout est dans le mot. 
                                      (pour le « triomphe de la gouvernance » : j’aurai pu dire tout est dans les maux)
                                      Un fiasco.

                                      • citoyenrené citoyenrené 10 février 2013 09:51

                                        merci pour ce rappel nécessaire,

                                        particulièrement pour la non-représentativité de l’Assemblée Nationale....chiffres objectifs

                                        il semble en effet qu’une dictature de technocrates soit l’objectif de certains, à quand le retour de bâton révolutionnaire ? 2013 serait indiqué pour cela

                                        déjà que cette Ve république monarchique, autocratique, est la négation de la démocratie, ce n’est pas assez pour les fous furieux de l’ultralibéralisme qui veulent mettre à niveau les salaires avec ceux du Bangladesh,

                                        la cupidité et la soif de profit rend fou, et fous nous sommes d’accepter des irresponsables politiques à la tête de nos nations, à la tête de l’Europe


                                        • Dominique TONIN Dominique TONIN 10 février 2013 10:08

                                          @ l’auteur,

                                          A fond sur l’analyse que vous faites de la situation en France et plus globalement en Europe.
                                          OUI, il serait salvateur que nous revenions à un pendant de la démocratie Athénienne, des personnes lambda s’y sont déjà attelées.
                                          Mais il y a des problèmes que vous connaissez pour en avoir parlé :
                                          1- Hollande a déjà annoncé que l’idée de JOSPIN de changer les parrainages des élus par 150 ooo signatures d’électeurs, ne serait pas retenue.(trop compliquée à mettre en place selon lui).
                                          2- La classe des carriéristes politiques ne voudra jamais céder un m² de son pré carré. Hollande en sait qqchose c’est un carriériste politique qui a été également tte sa vie été un pur produit AOC (appellation d’origine cumularde ou Corrézienne)
                                          3- Ce sont les banquiers qui par leur financement des campagnes politiques choisissent leur poulain. Ils prennent en général les plus obéissants les plus serviles.
                                          4- Tous les médias sont entre les mains des grands industriels et marchand de canons, également amis des politiques. Quand on sait que c’est le matraquage des images est des meetings qui remportent les suffrages, il ’y a pas loin de la coupe aux lèvres !
                                          Partant de ces qques constatations, il sera très difficile en 2017 de pouvoir présenter une candidature autre que celle de l’UMPS de 2012 !
                                          A moins de ressortir les faux et les fourches et de monter à Paris !

                                          • ecolittoral ecolittoral 10 février 2013 12:43

                                            « Bêêêêêê ... les moutons vont à l’abattoir, conduits par le berger. »12 plus et 1 moins...moi !

                                            Nous avons 12 moutons qui se sont reconnus.

                                            S’abstenir de voter ? Que faites vous des abstentionnistes ?
                                            Dans le passé, ceux qui sont parti à l’abattoir sont ceux qui se croyaient maîtres, au dessus du peuple.
                                            Doit on parler de moutons ou de colère contenue ? Contenue jusqu’à quand ?
                                            Quelle est la « bricole » qui va mettre le feu aux poudres ?
                                            Croyez vous qu’un vote tous les cinq ans équivaut à penser que le votant restera tranquille pendant 4 ans, 11 mois et 29 jours ? 
                                            Les moutons comptez vous ! Vous n’êtes pas si nombreux que ça.

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