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Accueil du site > Actualités > Politique > Le véritable coup d’État de Mai (2/3) : la crise de mai (...)

Le véritable coup d’État de Mai (2/3) : la crise de mai 1958

En mai 2008, il est à la mode en France de commémorer les 40 ans de la révolte étudiante de mai 1968. Pourtant, il y a cinquante ans, en mai 1958, se passait une vraie révolution. Deuxième partie.

Dans l’article précédent, on a vu comment René Coty a été élu. À l’image d’une République desservie par une classe politique incapable de s’entendre.


3. Explosif mois de mai 1958

C’est donc un homme absolument pas préparé à la plus haute charge de la République qui doit faire face à l’une des crises les plus graves de la République. Un hasard qui aurait pu montrer que cette IVe République, décidément, était vraiment nulle. En fait, pas autant que cela…

Tout au long de son mandat, René Coty est vite apprécié des gens pour sa modestie (sa femme s’écria lors de l’élection inattendue de son époux : « Et dire que je viens de rentrer mon charbon pour l’hiver ! »).

Hélas, dès le 1er novembre 1954, une insurrection fit démarrer la guerre d’Algérie qui entraîna impuissance et instabilité ministérielle pendant tout son mandat.

En mai 1958, René Coty a déjà 76 ans.

La situation intérieure française est très chaotique, proche de l’insurrection.

De Gaulle continue de recevoir de plus en plus de responsables politiques. Il laisse entendre que son retour est d’actualité car la IVe République n’a plus d’autre solution miracle que son retour au pouvoir : la dissolution a déjà été essayée en décembre 1955, Pierre Mendès France a déjà gouverné en 1954, la constitution d’un gouvernement d’unité nationale est peu réalisable.

Seule, son épouse y est hostile. De Gaulle le sait bien et sait qu’à 67 ans, il lui reste encore peu à vivre pour finir ses mémoires. Mais le sentiment de vouloir reprendre sa revanche sur 1946 a sans doute été plus fort.

Les principaux lieutenants du gaullisme échappent au contrôle de de Gaulle lui-même : Lucien Neuwirth, Michel Debré, Jacques Foccart et Léon Delbecque sont très actifs pour imposer son retour, Jacques Chaban-Delmas est déjà allé à la soupe dans un gouvernement de la République maudite et a créé une antenne gaulliste à Alger, et Jacques Soustelle n’a plus vraiment de contact avec de Gaulle. Olivier Guichard dira cependant dans ses mémoires que de Gaulle « savait tout, bien entendu ».

Tous militent en Algérie pour une solution de Gaulle. Mais l’Algérie des pieds noirs était pendant la guerre surtout derrière le général Giraud, et de Gaulle n’est qu’une solution par défaut, pas par choix.

Le 15 avril 1958, le gouvernement de Félix Gaillard est renversé. Pendant plusieurs semaines, les députés sont incapables de se mettre d’accord pour investir un nouveau gouvernement.

Le 8 mai 1958, Pierre Pflimlin (que j’ai eu la chance de rencontrer à plusieurs reprises entre 1990 et 1995) est chargé de former le gouvernement. À Alger, tout le monde s’enflamme.

Le ministre résident, socialiste, Robert Lacoste, évoque auprès des militaires un risque de « Diên Biên Phu diplomatique ». Les cinq officiers les plus gradés en Algérie adressent alors à leur autorité un message très menaçant : « L’armée, d’une façon unanime, sentirait comme un outrage l’abandon de ce patrimoine national (l’Algérie). On ne saurait préjuger sa réaction de désespoir. ».

Le 11 mai 1958, un influent directeur de journal algérois ancien pétainiste, Alain de Sérigny, demande à de Gaulle de revenir au pouvoir.

Aucun de ces événements n’est du fait direct de de Gaulle lui-même, mais de leaders politiques en recherche de solution face à l’impuissance de Paris.

Le 13 mai 1958, à Paris, par un sursaut républicain, le gouvernement de Pierre Pflimlin est enfin investi par l’Assemblée nationale. Mais, à Alger, la foule s’empare du siège du gouvernement général et conduit le général Massu à créer un comité de salut public « pour faire cesser ce bordel ».

Même les sbires de de Gaulle sont en dehors du coup : Soustelle était réclamé par les émeutiers pour les diriger, mais il a été retenu à Paris. Léon Delbecque et Lucien Neuwirth, gaullistes notoires, font partie du comité de salut public, mais c’est Massu qui dirige l’ensemble, surtout pour maintenir l’ordre et pas pour s’insurger contre le régime. Alors que Félix Gaillard avait donné les pleins pouvoirs pour le même objectif au général Raoul Salan.

Le 15 mai 1958, devant la foule algéroise, Salan, devenu président du comité de salut public, en arrive à appeler solennellement au retour de de Gaulle en criant à la fin d’un discours très embrouillé : « Vive de Gaulle ! ».

Le même jour, de Colombey-les-Deux-Église, de Gaulle envoie un simple communiqué à la presse dont il a pesé longuement tous les termes :

« La dégradation de l’État entraîne infailliblement l’éloignement des peuples associés, le trouble de l’armée au combat, la dislocation nationale, la perte de l’indépendance. Depuis douze ans, la France, aux prises avec des problèmes trop rudes pour le régime des partis, est engagée dans ce processus désastreux.

Naguère, le pays, dans ses profondeurs, m’a fait confiance pour le conduire tout entier vers le salut.

Aujourd’hui, devant les épreuves qui montent de nouveau vers lui, qu’il sache que je me tiens prêt à assumer les pouvoirs de la République. »


Le 16 mai 1958, pour signifier la défiance de l’armée, le général Ély, chef d’état-major général démissionne. L’Assemblée nationale vote l’état d’urgence pour trois mois, ce qui incite Guy Mollet à questionner sur les intentions de de Gaulle, admettant ainsi implicitement que son retour au pouvoir est d’actualité.

De Gaulle sent que la partie va réussir ; appelé par les deux bords du régime (gauche mendésiste opposante au régime et ultras pour l’Algérie française), il compte occuper l’espace entre ces deux ailes, occupé actuellement par un personnel politique impuissant dont il lui faut pourtant obtenir la caution.

Le 19 mai 1958 au palais d’Orsay, de Gaulle tient une conférence de presse où il fait comprendre que le recours qu’il évoquait quelques jours avant se concrétise, et se tient « à la disposition du pays ».

C’est au cours de cette conférence de presse que de Gaulle demande : « Pourquoi voulez-vous qu’à 67 ans je commence une carrière de dictateur ? » expliquant : « La République, il fut un temps où elle était reniée, trahie par les partis eux-mêmes et, moi, j’ai redressé ses armes, ses lois, son nom ! »

Tous les caciques du régime qui se délite viennent auprès de de Gaulle : Antoine Pinay le 22 mai 1958, Guy Mollet qui lui écrit le 26 mai 1958 et, surtout, Pierre Pflimlin lui-même, le chef du nouveau gouvernement, qui rencontre clandestinement de Gaulle à Saint-Cloud dans la nuit du 26 au 27 mai 1958.

La lenteur des discussions inquiète de Gaulle car l’aile gauche rassemblée autour de Pierre Mendès France fait marche arrière, réalisant que le retour de de Gaulle va faire mal au parlementarisme, et craignant que les ultras d’Algérie prennent de l’ascendant sur le général : le 18 mai 1958, des émissaires du comité d’Alger sont venus à Toulouse pour mettre en place des comités dans le sud de la France et surtout, le 24 mai 1958, les parachutistes corses se mettent sous les ordres du colonel Thomazo d’Alger, faisant craindre l’imminence d’un coup d’État à Paris.

Pour ces raisons, de Gaulle décide d’accélérer le processus en le boostant un peu et en égratignant au passage la susceptibilité de Pierre Pflimlin qu’il vient de quitter (avec la promesse de se revoir !) par la publication le 27 mai 1958 à midi de ce communiqué resté célèbre : « J’ai entamé hier le processus régulier nécessaire à l’établissement d’un gouvernement républicain capable d’assurer l’unité et l’indépendance du pays », alors que Pflimlin n’est pas encore démissionnaire !

Des mots assez vagues ("processus" et pas "procédure") laissant entendre que tout est désormais plié, puisque ça a été fait "hier". Or, il ne s’était encore rien passé. C’est là du grand bluff gaullien, celui qui fait transformer les républiques par ses seuls mots.

La suite du communiqué renvoie les officiers Massu et Thomazo à leurs fonctions subalternes et redonne aux chefs de l’armée en titre leur plein rôle de maintenir les forces armées exemplaires (alors que de Gaulle n’a aucune légitimité à donner des consignes à l’armée). Apparemment juste à temps, car les hommes de Massu auraient dû sauter sur la métropole le lendemain avec l’accord de Michel Debré et de Jacques Foccart (mais de Gaulle n’en aurait été personnellement averti que le 28 mai 1958).

Toutefois, la menace d’un putsch à Paris a suffi pour que Pierre Pflimlin démissionne le 28 mai 1958 juste après un large vote de confiance, un peu comme Paul Reynaud démissionnant le 16 juin 1940 alors que son maintien aurait évité le recours au maréchal Pétain.

La gauche se met alors à manifester entre la place de la Nation et la place de la République pour s’opposer au diktat militaire.


Dans le prochain article
, alors que l’idée d’un retour au pouvoir de de Gaulle fait son chemin avec la nécessité de le vêtir d’une procédure démocratique convenable, on verra que celui qui aura finalement permis la résolution de la crise n’est autre que le chef suprême de ce régime des partis, René Coty.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (29 mai 2008)


Pour aller plus loin :

De Gaulle, la vie, la légende de Philippe Ratte, éd. Larousse (novembre 2000).

La conférence de presse du général de Gaulle du 19 mai 1958.

La Constitution de la Ve République (4 octobre 1958).


Liste des articles du sujet :

Premier article : un brave homme élu par hasard.

Deuxième article : la crise de mai 1958.

Troisième article : le coup de force de René Coty.


NB : j’ai évoqué dans ce texte le "Sénat" pour une simplification du langage et une meilleure compréhension, mais il va sans dire que l’appellation exacte de la seconde chambre entre 1946 et 1958 est le "Conseil de la République".




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77 réactions à cet article    


  • morice morice 30 mai 2008 10:26

     La théorie du complot appliquée à DeGaulle ? Il est temps...


    • Mr Mimose Mr Mimose 30 mai 2008 23:15

      Oui, ça sent à plein nez la théorie du complot, voir même du négationisme, ou va t’on chercher des idées aussi farfelues ?


    • snoopy86 30 mai 2008 10:30

      Bonjour Sylvain

      Belle série d’articles, qui rappelle à juste titre que ces événements de mai 58, peu commémorés, ont eu beaucoup plus d’influence sur notre histoire que ceux qui suivront plus tard.

      Je crois néanmoins relever une petite erreur lorsque vous écrivez :

      "Même les sbires de De Gaulle sont en-dehors du coup : Soustelle était réclamé par les émeutiers pour les diriger, mais il a été retenu à Paris. Léon Delbecque et Lucien Neuwirth, gaullistes notoires, font partie du comité de salut public mais c’est Massu qui dirige l’ensemble "

      Jacques Massu, immense soldat, était lui-même un inconditionnel fidèle de Charles de Gaulle, et les gaullistes en ont fait un président du comité de salut public du fait de son énorme popularité tant auprés de l’armée que auprés des pieds-noirs à la suite de la "bataille d’Alger"

       


      • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 30 mai 2008 11:34

        Bonjour Snoopy,
         

        Merci de ce commentaire.

        Sans nul doute que Massu était gaulliste, mais il me semble qu’il n’a agi non pas en tant que tel, mais en tant qu’officier qui voulait éviter une pagaille qui risquait de dégénérer. La direction du comité a ensuite été laissée à Salan qui avait reçu avant ce 13 mai la légitimité du gouvernement de Félix Gaillard.

        Il est cependant très difficile de faire la part des choses entre les différents témoignages. Je pense que De Gaulle n’était à l’origine de rien, mais savait tout, laissait faire et l’évolution de la situation l’avantageait. Mais je peux me tromper, sans doute y a-t-il plusieurs thèses et les proches de De Gaulle n’agissaient peut-être pas tous dans le même sens d’ailleurs...

        Cordialement.
         


      • snoopy86 30 mai 2008 12:27

        @ Sylvain

        Ce dont bien des survivants peuvent témoigner, c’est que début 1958, les gaullistes et notamment Delbecque Neuwirth et Debré, organisèrent une "tournée des popotes" destinée à s’assurer le soutien de l’armée si nécéssaire. On était bien dans une logique de coup d’état...J’ai du mal à imaginer que celà se soit fait sans l’assentiment du général...

        Rappelons que les deux militaires les plus proches de De Gaulle étaient Massu et le propre gendre du général Alain de Boissieu, lui-aussi ancien de la 2éme DB et présent en Algérie à cette époque.


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 2 juin 2008 02:42

         @ l’auteur : J’étais à Paris en mai "58, vous aussi je présume, et je me souviens que peu de gens doutaient que de Gaulle n’ait été vraiment à l’origine de tout. Ce dont la majorité ne lui faisait pas grief, d’ailleurs. au contraire. Je me souviens d’être sorti d’un bar le nez en l’air, comme tout le monde, quand quelqu’un a crié" "ils arrivent" . On attendait que les paras descendent incessament, droit sur les Champs-Élysées et personne ne s’attendait à une quelconque résistance... Le soir, dans le 5e s’était un peu plus musclé...

        PJCA

        P.S. TOUT est complot


      • morice morice 30 mai 2008 11:34

         Ah, Snoopy qui ADMIRE Massu, tortionnaire d’Alger... ce n’est pas neuf, ça... on lui rappelle un échange de propos :

        "Alors, Massu, toujours aussi con ? » Massu : « Pour vous servir, mon général ! »


        • morice morice 30 mai 2008 11:35

           Alors, Snoopy, toujours admiratif ? 


        • morice morice 30 mai 2008 11:36

           "voulait éviter une pagaille qui risquait de dégénérer." euh, Sylvain... vous oubliez l’homme là...


        • snoopy86 30 mai 2008 11:43

          L’imam de Tourcoing est fidèle à lui-même, toujours défenseur des poseurs de bombes enturbannés...

          Oui j’admire Jacques Massu, et qu’il ait fait exécuter 3 cocos et douze assassins ne me choque pas...

          S’il était populaire à Alger, c’est qu’il avait mis fin à la terreur

          Relis donc un peu sa biographie :

          http://www.ordredelaliberation.fr/fr_compagnon/661.html

           


        • snoopy86 30 mai 2008 11:45

          et c’est trés bien que tu viennes faire un peu de buzz sur l’excellent article de Sylvain...


        • Traroth Traroth 30 mai 2008 14:00

          C’est comme cela que je reconnais mes ennemis, personnellement : ceux qui admirent les bouchers.


        • Mr Mimose Mr Mimose 30 mai 2008 23:23

          Snoopy, dit

          "Delbecque Neuwirth et Debré, organisèrent une "tournée des popotes" destinée à s’assurer le soutien de l’armée si nécéssaire"

          Morice, ne perdez pas votre temps à repondre à ce genre d’individu qui voit des complots partout, "une tournée des pototes pour s’assurer le soutien de l’armée", et les petis bonhommes verts aussi ?


        • Mr Mimose Mr Mimose 30 mai 2008 23:48

          Vu les commentaires haineux de snoopy, je n’ose imaginer ce que son père à du faire la-bas. La pomme n’est pas tombée très loin de l’arbre on dirait.


        • ZEN ZEN 30 mai 2008 11:53

          Massu , dans ses mémoires ,a reconnu que la torture était une "connerie"... et a renvoyé la responsabilité aux politiques de l’époque


          • snoopy86 30 mai 2008 12:09

            Alger à l’époque :

            15 septembre 1956 bombe dans un cinéma 24 blessés civils

            24 septembre 1956 : 9 attentats, 3 morts 5 blessés civils

            30 septembre 1956 : bombes au milk-bar et à la cafétéria : 3 morts, 60 blessés, presque tous étudiants...

            17 novembre 1956 : grenade dans un café, 3 morts

            28 novembre 1956 : 4 bombes, 10 blessés

            3 janvier 1957 : bombe dans un trolleybus 2 morts

            22 janvier 1957 : attaque d’un bus 7 morts, 3 blessés

            26 janvier 1957 : 3 bombes dans 3 cafés 4 morts 50 blessés

            10 février 1957 : 3 bombes dans les stades, 12 morts, 45 blessés

            3 juin 1957 : 3 bombes, 8 morts 90 blessés

            9 juin 1957 : bombe au casino 9 morts 85 blessés....

            Le Garde des Sceaux du gouvernement Guy Mollet qui a défendu devant le parlement la remise des pleins pouvoirs à l’armée s’appelait François Mitterrand 

             


          • ZEN ZEN 30 mai 2008 13:35

            Sans justifier certaines pratique du FLN , on peut aussi faire la liste des exactions de l’OAS...


          • Traroth Traroth 30 mai 2008 14:01

            Ou de l’armée...


          • morice morice 30 mai 2008 11:59

             "Oui j’admire Massu", il dit l’autre. Il ose. Dire qu’il approuve ça, comme Bush a pu le faire. En oubliant qu’il y avait des Vidal-Naquet, heureusement.  Snoopy, vous êtes une des HONTES de ce site.  L’être humain véritable ne torture pas ses semblables, Snoopy. 


            • snoopy86 30 mai 2008 12:10

              Momo, j’ai une folle envie de t’emmener en corvée de bois...et je t’emmerde en attendant...


            • snoopy86 30 mai 2008 12:13

              Au passage, il a été démontré que Bigeard n’était pas à Alger à l’époque des faits que cite ta pseudo-terroriste. C’est un faux grossier...

               


            • ZEN ZEN 30 mai 2008 12:20

              "Corvée de bois" : (pour les non initiés) :

              pratique assez courante consistant, dans certaines sections, à "laisser" partir un prisonnier (algérien), sur lequel ne pèse aucun soupçon particulier (sauf de faire partie de l’ALN) , et de le flinguer dans le dos avant de faire disparaître son cadavre..

              .Plus élaboré, mais plus coûteux ,jeter le type vivant d’un hélico. Les colonels argentins ont retenu la leçon...

              Cela m’a été raconté plusieurs fois par des appelés comme moi , traumatisés après coup

              Des ressemblances avec certaines pratiques de l’armée nazie...

              Un appel au meurtre vis à vis de Maurice ?...ou une parole malheureuse ?


            • snoopy86 30 mai 2008 12:31

              Monsieur le retraité pontifiant,

              Interpretez celà comme vous voulez...Je m’en bats les c...


            • ZEN ZEN 30 mai 2008 12:39

              @ Snoopy

              Loin des interprétations...ce sont des faits, dont beaucoup d’anciens d’AFN pourraient vous parler , souvent après un très longue période de silence.... J’ai une bonne documentation là-dessus...Mais puisque je pontifie, comme vous dites...


            • ZEN ZEN 30 mai 2008 12:11

               

               

              Dans le journal Le Monde du 23 novembre 2000, p.1 et 10-11, le général Jacques Massu reconnaît une fois de plus que "la torture avait été généralisée en Algérie ! Elle a ensuite été institutionnalisée avec la création du CCI (centre de coordination interarmées) et des DOP (dispositifs opérationnels de protection) , et institutionnaliser la torture, je pense que c’est pire que tout ! Mais je n’y suis pour rien.".

              Et il s’interroge sur la question de savoir d’où venait l’ordre à Paris, des militaires ou des civils.
              Quant au général Paul Aussaresses, coordinateur des services de renseignements à Alger en 1957, il reconnaît avoir fait procédé à des actes de torture, avoir fait enfermer environ 3 000 suspects de terrorisme dans des camps où ils étaient interrogés sous torture et éventuellement exécutés, et avoir exécuté personnellement lui-même "des types haut placés au sein du FLN", 24 exécutions sommaires. Le général Aussaresses ne veut pas accuser les pouvoirs civils de l’époque :"Affirmer qu’il nous donnait des ordres dans ce domaine serait faux et, surtout, s’abriter derrière, cela reviendrait à dire que les militaires se dégonflent et qu’ils se déchargent de leurs responsabilités".

              Le général Aussaresses refuse tout acte de repentance alors que le général Massu dit que :"Si la France reconnaissait et condamnait ces pratiques, je prendrais cela pour une avancée".


              • snoopy86 30 mai 2008 12:20

                @ Zen

                La plupart des officiers qui ont servi en Algérie, dont mon père qui y fut officier de renseignement pendant 5 ans, partagent le point de vue de Massu.

                Quant à Aussaresses c’est malheureusement un provocateur gâteux...


              • Traroth Traroth 30 mai 2008 14:08

                Gestapo ou Abwehr ?


              • Traroth Traroth 30 mai 2008 14:11

                Aussares est devenu un parai le jour où il a déballé. Bizarrement, les gens comme vous avaient beaucoup d’admiration pour lui, avant...

                Donc, votre père, il était boucher à la Gestapo ou dans l’Abwehr ?


              • snoopy86 30 mai 2008 14:25

                Emprisonné à quinze ans, je ne peux dire si ce n’est par la Gestapo ou l’Abwehr...

                Comme son ami Helie Denoix de Saint-Marc, déporté à Buchenwald

                http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9lie_de_Saint_Marc

                Comme Déodat de Puy-Montbrun, patron des commandos de l’air à Alger, torturé par la Gestapo

                Comme des centaines d’autres qui ont poursuivi en Indochine et en Algérie leur engagement au service de la France Libre

                Mais puisque vous venez de décrocher un magnifique point Godwin, je me doute que vous préférez ceux-là :

                http://www.tellthechildrenthetruth.com/gallery/pages/troops_jpg_jpg_jpg.htm

                 


              • Traroth Traroth 30 mai 2008 14:36

                Ah, le point Godwin, merveille du terrorisme intellectuel...

                Je compatis devant les souffrances qu’il a subit, mais ça n’excuse rien. Avoir subi un traitement arbitraire n’excuse pas d’en faire subir aux autres. Personnellement, entre Marcel Bigeard et Klaus Barbie, je ne vois tout simplement aucune différence. Un tortionnaire d’un coté, un tortionnaire de l’autre.

                Mais là où je vous trouve vraiment formidable de malhonneteté intellectuelle, c’est quand vous cautionnez la torture tout en affirmant qu’untel ou untel ne l’aurait pas pratiqué, alors que si vraiment c’était le cas, il n’aurait rien de particulier pour attirer votre malsaine admiration.

                En fait je dirais même plus loin : torturer ou faire torturer, où est la différence ?


              • Traroth Traroth 30 mai 2008 14:52

                D’une manière générale, il est frappant de constater à quel point les anciennes victimes font d’excellents bourreaux. C’est vrai avec la maltraitance d’enfants, mais aussi avec les résistants ou avec Israël.


              • 1984 30 mai 2008 15:30

                "Comme des centaines d’autres qui ont poursuivi en Indochine et en Algérie leur engagement au service de la France Libre"

                entre les deux mon coeur balance devant tant de connerie !


              • Traroth Traroth 30 mai 2008 15:47

                Enorme ! Je n’avais même pas relevé cette phrase !

                Encore une chose, Snoopy : En face Bigeard et de Massu, à Alger, il y avait aussi des gens qui s’étaient fait trouer la peau pour libérer la France, hein ! Sauf que leur peau n’avait pas la même couleur. Un peu plus de gratitude (concrétisée par un traitement plus égalitaire) aurait peut-être pu éviter tout cela.

                Vous consulterez avec profit la liste des gens enterrés au Mont-Valérien. Vous remarquerez peut-être que tous ne venaient pas de métropole.


              • snoopy86 30 mai 2008 15:58

                Traroth

                Ils n’étaient pas seulement en face, il y en avait aussi de notre côté et il n’est nullement question de racisme...

                Que vous le vouliez ou non, une grande partie des combattants professionnels d’Algérie étaient des anciens de la France Libre...

                Fin 1958, j’avais 8 ans. Mon père, dans la grande illusion de " tous français de Dunkerque à Tamanrasset" avait fait venir sa famille en Algérie. C’étaient Saïd et Mustapha, deux kabyles fellaghas ralliés et anciens d’Indochine qui venaient me chercher à l’école ou dormaient en travers de notre porte quand il partait "en opérations". Quatre ans plus tard il sera mis aux arrêts pour les avoir rapatrié en France et leur avoir ainsi évité le sort réservé aux harkis...


              • Traroth Traroth 30 mai 2008 16:26

                Mais toute l’histoire entre la France et l’Algérie est une question de racisme. C’était un endroit où les Blancs devenaient riches en faisant "suer le burnou", ça n’est un secret pour personne. Et c’est précisément pour cette raison qu’ils ont voulu, à juste titre, être indépendant. D’ailleurs, vous parlez des harkis : étrangement, au moment de quitter l’Algérie, les "frères d’armes" locaux ont eu comme un problème. Mais aucun racisme là-dedans. Et ceux qui ont eu la chance de pouvoir partir se sont retrouvé parqués comme des bêtes dans des bidonvilles en métropole. Toujours aucun racisme, bien entendu...

                "Que vous le vouliez ou non, une grande partie des combattants professionnels d’Algérie étaient des anciens de la France Libre" : je ne me souviens pas l’avoir contesté.


              • snoopy86 30 mai 2008 19:46

                salauds de pieds-noirs !!!!

                à l’évidence tu n’en as pas rencontré beaucoup Traroth....


              • rocla (haddock) rocla (haddock) 30 mai 2008 12:25

                Snoopy ,

                 

                T’ en fais pas , c e Morice il est pas entier , sa pensée est tronquée .

                 

                Les " pas lui " c ’est des crétins .


                • morice morice 30 mai 2008 12:27

                   Continuer à vouloir me tuer, Snoopy, vos méthodes sont connues et vos opinions extrémistes aussi. Agoravox s’est fait envahir par des gens comme vous, qui ne souhaitez PAS de voix citoyenne : vous ne souhaitez qu VOTRE VOIX d’extrême droite et c’est tout, et avez déjà tenté à plusieurs reprises de faire taire ceux qui informent. Vous, vous ne souhaitez pas que l’on sache ce qu’à fait Massu : vous admirez un tortureur. Repenti, lui. Pas vous ! quand à Bigeard..

                  • Le général Massu déclare au Monde qu’il vous a vu pratiquer personnellement la gégène.

                  Ah non ! Non ! Je n’aurais même pas pu regarder ça.

                  • Il l’a même écrit dans l’un de ses livres, Le Soldat méconnu, publié en 1993 aux éditions Mame.
                  • Oui, oui, je le sais. On parlait plus de Massu que de Bigeard...

                   


                  • morice morice 30 mai 2008 12:32

                    Snoopy : "La plupart des officiers qui ont servi en Algérie, dont mon père qui y fut officier de renseignement pendant 5 ans".... officier de renseignement ??? NON ?

                    Il a donc lu du Bigeard, votre papa... félicitations, c’est donc devenu héréditaire... 


                  • snoopy86 30 mai 2008 12:45

                    Tu es un âne doublé d’un salopard....

                    Le vieux monsieur que tu insultes, a été résistant à 15 ans, eu sa première citation par De Gaulle en 1945, 2 blessures en Indochine et sa légion d’honneur à titre exceptionnel en Algérie.

                    Ton lien est complètement con, le renseignement est une spécialité de l’école d’Etat-major et Bigeard, bien que grand soldat, n’y constitue nullement une référence.

                    Si tu veux des précisions demande à Cambronne...

                     

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