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Accueil du site > Actualités > Politique > Leçon de démocratie

Leçon de démocratie

Ce que les citoyens plébiscitent vraiment

Une petite bruine froide et maussade a vidé la place de ses manifestants, mais je brave les intempéries pour prendre le temps de discuter avec Juan.

— Alors, monsieur l’élu, comment ça se passe, dans les cuisines de la démocratie locale ?

— Très bien, je démissionne à la fin du mois.

— Bah, pourquoi ?

— Parce que c’était une promesse de campagne.

Juan — appelons-le Juan — fait partie de ses personnes que je ne peux m’empêcher de croiser depuis que j’ai débarqué au bled, cela fait… un sacré bout de temps, déjà. Certains y verraient un signe du destin, mais plus prosaïquement, j’appellerai cette tendance :

Les habitus minoritaires convergents.

En gros, cela revient à dire que si l’on adopte le mode de vie ou la vision du monde de la majorité, on se retrouve immanquablement perdu dans la multitude à pousser son caddy le samedi matin, applaudir des millionnaires égocentriques en short qui tapent dans un ballon ou avoir la satisfaction d’avoir régulièrement laissé choir un bulletin gagnant dans l’urne.

Par contre, si l’on appartient à une minorité, une minorité réellement restreinte, on finit immanquablement par retomber encore et encore sur le même petit cercle de personnes qui ont étrangement une foultitude de points communs avec soi.

La première fois que j’ai rencontré Juan, c’était vraiment il y a très longtemps et c’était à une install party Linux. Pour les Windowsiens par défaut qui pensent que PC = Windows, il s’agit en fait d’aider les béotiens à installer sur leur machine un système d’exploitation libre et gratuit qui fonctionne sous Linux. Il existe une multitude de distributions (des Linux préconstruits et pratiquement prêts à faire tout ce que vous avez besoin de faire avec un ordinateur dès livraison) et à l’époque dont je vous parle, il est vrai qu’il était parfois ardu de choisir et de paramétrer sa distribution Linux quand on était néophytes. C’est pour cela que, régulièrement, des geeks barbus en tongs se réunissaient le soir dans les arrières-boutiques d’associations locales, pour aider les gens à passer du côté lumineux de l’informatique.

Sauf que Juan n’était pas barbu et en tongs.

J’ai recroisé Juan un peu plus tard dans une manif et, bizarrement, malgré cet étrange handicap qui m’interdit de reconnaitre les gens avant une demi-douzaine de rencontres décontextualisées, j’ai compris que je l’avais déjà vu.

La réforme des retraites nous ouvrira un boulevard de discussions très régulières et c’est donc sans une trop grande surprise que je le retrouverai au milieu d’une dizaine de militants, le soir où je pousse pour la première fois la porte du local du parti des Alternatifs rouge et vert du département pour proposer mes services pour la dernière des élections des conseillers généraux.

Si nous avons tous perdu cette fois-là, Juan persévère et finit par décrocher un siège au bled-en-chef.

L’accoutumance mortifère

Et nous revoilà, de nouveau réunis par une énième indignité législative, à parler sous le crachin de sa prochaine libération.

— Ah, oui, je me souviens, on avait parlé d’un truc dans le genre. Quelque chose sur l’usure du pouvoir…

— Oui, ça va me faire du bien d’arrêter. C’est que ça bouffe du temps et de l’énergie.

— Mais pourquoi un an ? Pourquoi cette promesse ?

— Parce qu’on est contre le cumul des mandats, y compris dans le temps, contre la professionnalisation de la politique : le temps que je passe à mon mandat, je ne le consacre qu’à ça, pas à manœuvrer pour me maintenir ou prendre plus de pouvoir.

— Oui, c’est logique, ça élimine le carriérisme ou le risque de corruption. Mais souvent, les élus que je connais argüent de la nécessité de porter un dossier sur la durée.

— Il n’y a pas de problème avec ça : ma suppléante les a tous suivis, je lui transmets tout en partant.

— Oui, mais, il y a la connaissance des arcanes, des réseaux, des personnes, de savoir qui voir pour tirer tel levier…

— C’est précisément ce qu’il y a à éviter. L’entresoi, le copinage…

—… les petits meurtres entre amis… Mais un an, ce n’est pas trop court pour mener à bien une action politique ?

— Non, si tu te consacres vraiment à ça et pas à bétonner ta position… et puis c’est bien assez, je suis crevé.

Des fois, j’ai l’impression d’être un Padawan qui asticote Yoda pendant tous les entrainements, sauf que mon Yoda me dépasse d’une bonne tête… comme l’immense majorité de la population.

J’en profite pour lui demander son avis sur un ami politique commun, un élu au long cours qui a planté justement le parti aux dernières élections pour rallier les socialos sur lesquels nous ne nourrissions pas de grandes illusions.

— Il a fini par succomber à l’appel du pouvoir ?

— Non, pas vraiment. Je pense plus qu’il a eu peur du vide.

— Peur du vide ?

— Oui, c’est le problème quand tu es élu : tu deviens quelqu’un d’important, quelqu’un qui compte. Tu deviens quelqu’un tout court. On te sollicite pour ceci ou cela. Tu participes aux décisions importantes. Tu travailles sur des projets d’avenir. Tu te sens utile. Et tout ça, il n’a pas voulu le perdre. Il sait que c’est son dernier mandat. Il ne voulait juste pas se retrouver tout seul à côté de son téléphone qui ne sonne plus.

— Du coup, tu ne lui en veux pas d’avoir trahi tout ce en quoi il avait cru, tout ce qu’il avait défendu ?

— Non, je n’approuve pas, mais je comprends.

— La politique, comme une drogue… C’est marrant que tu m’en parles. Je viens de voir une série géniale qui parle de ça… tu sais, du gars qui a fait The Wire et Treme. L’histoire d’un jeune maire idéaliste qui se prend dans la gueule la férocité du pouvoir. Il y a une scène absolument énorme et prenante où il revoit sa meilleure amie un an après qu’elle ait perdu les élections et où elle raconte son extrême solitude, son sentiment d’abandon et d’inutilité depuis que son téléphone ne sonne plus et où elle lui explique à quel point ça lui manque, la politique. D’ailleurs, à la fin, ils se battront comme des chiens l’un contre l’autre pour avoir le dernier siège. Plus d’amitié qui tient… C’est un peu ça qui lui est arrivé à Machin, bien plus qu’une trahison…

— Oui, c’est bien ça.

— Oui, du coup, je comprends bien mieux ton choix de t’en tenir à un an de mandat… avant que ça ne devienne une drogue. Que tu te retrouves à promettre tout et n’importe quoi pour juste un mandat de plus…

Le sens démocratique

Je n’avais jamais encore vu les choses sous cet angle. Le fait que le pouvoir ne corrompt pas particulièrement, mais qu’il rend accroc, ce qui induit des tas de comportements très déplaisants pour nous tous. Du coup, je commence à comprendre la profondeur et la portée du choix de Juan.

— D’un autre côté, comme élu d’un mouvement très minoritaire, tu ne peux pas espérer réellement changer les choses ou faire passer un projet. Donc bon, ce n’est pas très important de se maintenir en place. C’est même un peu frustrant, non ?

— C’est pour cela qu’il est tout de même important d’être là, toujours là, d’intervenir régulièrement sur toutes les questions et de toujours apporter notre point de vue, nos idées, notre vision dans tous les débats.

— Mais ça sert à quoi ? Au final, ce sont toujours les mêmes Yolus qui l’emportent et qui imposent le même genre de politique qui nous ruine, nous asservit et dégrade irrémédiablement notre biosphère.

— Ça sert à amorcer le changement. À faire vaciller les certitudes. À cultiver de nouvelles idées. C’est long, c’est fastidieux et c’est ingrat, le changement.

— Oui, je comprends bien, mais ce n’est pas comme si nous avions le temps. On n’a plus le temps, ça urge.

— Oui, mais c’est le temps de la démocratie.

— Oui, mais c’est absurde. Et si la majorité, elle ne veut que des trucs pourris ? Si elle n’en a rien à foutre de laisser des ruines à nos enfants ? Si tout ce qu’elle veut, c’est pousser un caddy le dimanche ou avoir une plus grosse voiture que celle du voisin ?

— C’est exactement ça la démocratie : les gens qui choisissent eux-mêmes.

— Mais si la démocratie, c’est la fin de notre espèce ?

— Pareil. Tu ne peux pas croire à la démocratie que quand ça t’arrange. Parce que sinon, ce n’est plus la démocratie.


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51 réactions à cet article    


  • César Castique César Castique 2 juillet 09:28

    « ...les élus que je connais argüent de la nécessité de porter un dossier sur la durée. »



    Quand l’engeance politique passe la main à une cadence trop rapide, il reste l’engeance bureaucratique pour assurer la continuité.


    Il n’a pas encore été démontré que la cité y gagne au change...


    Par contre, si l’on appartient à une minorité, une minorité réellement restreinte, on finit immanquablement par retomber encore et encore sur le même petit cercle de personnes..."


    Ça, c’est tout simplement dû à l’étroitesse du Boulevard du Groupuscule...

    • Daniel Roux Daniel Roux 2 juillet 09:49

      Et c’est à ce moment que Hollande et Jupé se pointent avec leurs beaux discours élitistes.

      Sur le gouvernement par le peuple :

      « Les hommes d’état ne suivent pas le peuple mais le guident en lui proposant des projets. Le peuple les accepte ou les refuse. C’est ça la démocratie. »

      Sur la volonté du peuple :

      « Ce sont les élus de proximité qui représentent la volonté du peuple. »

      Sur le mandat impératif :

      « La société est changeante. Il faut s’adapter et prendre des décisions en fonction des évènements. »

      Sur les faits de trahisons et de mensonges flagrants des électeurs par leurs élus :

      « On ne trahit que ceux qui sont assez stupides pour croire en nos promesses et en nos mensonges. Vos emplois ont été délocalisés, la nation est ruinée et vous voyez bien que nous continuons à nous goberger à votre santé. Malgré cela, vous continuez à élire ceux qui vous mentent et vous trahissent. Pourquoi on changerait une méthode qui nous fait gagner à tous les coups ? »

      Et l’avenir de nos enfants ?

      « Les nôtres s’occuperont des vôtres, comme nos pères se sont occuper des vôtres. Pour le reste, on avisera au fur et à mesure, en dégraissera si nécessaire, comme en 14. »


      • Fergus Fergus 2 juillet 10:00

        Bonjour, Monolecte

        Excellent article qui met le doigt sur ce qui est le plus souvent le ressort de la carrière politique (à tous les niveaux) : la dope existentielle qui rend accros les élus, paniqués à l’idée de ne plus être au centre de l’attention - ou tout simplement plus utiles - dans la sphère de leur pouvoir électif dès lors qu’ils abandonnent tout mandat.

        Et pourtant ces élus se farcissent de multiples et fastidieuses corvées (week-ends compris). Et, lorsque des problèmes surgissent (même s’ils n’en sont pas responsables), ils en prennent plein la gueule. Etre élu, c’est le plus souvent un job de chien. Mais l’euphorie des victoires et le puissant sentiment d’être celui par qui passent toutes les décisions l’emportent sur le reste, parfois au détriment d’une vie de famille qui part en lambeaux.

        « Tu ne peux pas croire à la démocratie que quand ça t’arrange. Parce que sinon, ce n’est plus la démocratie. »

        Ô combien vrai ! Voilà une réflexion que beaucoup feraient bien de méditer.


        • Fergus Fergus 2 juillet 10:02

          A commencer par les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes qui, persuadés de leur victoire, ont tacitement validé le principe du référendum et refusent maintenant d’en accepter le verdict ! 


        • Auxi 2 juillet 17:12

          @Fergus
          Sans doute. Je regrette toutefois que ce référendum ne soit pas nominatif : si l’aéroport est rentable, les bénéfices seront réservés exclusivement à ceux qui ont voté pour. MAIS : si, comme on peut le parier sans grand risque, l’aéroport devient un désert de béton et de ferrailles rouillées éclairés et chauffés en permanence, à eux, et à eux seuls la facture ! En Europe, il existe des dizaines d’aéroports où il passe, à tout casser, une vingtaine de clampins par an. Croyez-vous naïvement qu’on en a tiré les leçons ? Que non ! Car Vinci a prononcé la formule magique qui fonctionne à tous les coups : sakrédézemplois. Essayez, vous verrez, ça marche pour tout, toujours, quel que soit le sujet du débat.


        • Auxi 2 juillet 17:14

          @Tous


          « …éclairé et chauffé », pardon.

        • Fergus Fergus 2 juillet 17:56

          Bonjour, Auxi

          « il existe des dizaines d’aéroports où il passe, à tout casser, une vingtaine de clampins par an. »

          Certes, mais ce n’est pas le cas de Nantes. Le trafic de Nantes-Atlantique - l’aéroport en service - progresse en moyenne de 8 % par an depuis une décennie. Qui plus est, NDDL, si le projet voit le jour dans le détestable climat actuel, devrait probablement récupérer le trafic voyageurs de Rennes et voir se créer de nouvelles relations de région à région vers la France et l’étranger.


        • Xenozoid Xenozoid 2 juillet 18:00

          @Fergus
          est ce que cette situation arangerait pleurtuit ?


        • Auxi 2 juillet 19:12

          @Fergus
          devrait probablement récupérer le trafic voyageurs


          Spéculation, pure spéculation, et c’est bien là que le bât blesse. C’est que ce n’est pas la première fois qu’on nous vend, très cher, des prédictions de cartomancienne. Et sur quelles bases factuelles, ces prédictions ? La banque, l’assurance et le BTP, c’est le podium olympique de l’escroquerie et de la corruption – je vous laisse le soin de décerner l’or, l’argent et le bronze. Comme dit le proverbe, « chat échaudé craint l’eau froide », et contribuable spolié craint les projets. Surtout les « grands projets ». Même les plus loufoques a priori : si vous avez un moment, rendez vous sur Google et tapez : « avions renifleurs », pour voir. Vous ne serez pas déçu.

        • chantecler chantecler 2 juillet 20:04

          @Auxi
          Je pense surtout que Vinci a pris toutes ses précautions dans le contrat et n’a pas l’intention de renoncer à un fifrelin .
          Donc aéroport ou pas d’aéroport (rupture de contrat) ça coûtera la peau des fesses aux contribuables .
          Le scandale a été joué il y a bien longtemps , en amont .
          Par qui et comment la décision a été prise ?
          Pour le reste rien à ajouter à l’article et aux commentaires .
          Sauf qu’il serait temps que je me mette à Linux avant de mourir idiot .
          Ca existe encore ces groupes d’initiation et peut-on trouver des logiciels L. qui remplissent toutes les fonction basiques sans trop se prendre le chou ?
          Ca tomberait bien car je vais remonter un PC :(en kit c’est pas cher et assez facile : façon légo : toutes les indications sont fournies avec la carte mère .
          Quant au boitier , l’alimentation et le lecteur graveur de DVD , un PC de récup de quelques années suffit généralement ).
          Donc achat d’une C.M , d’un CPU (microprocesseur), d’une ou deux barrettes mémoires .
          130 € , et ça le fait .


        • Fergus Fergus 2 juillet 20:05

          @ Auxi

          Nous verrons bien pour NDDL. La grande différence avec certains projets qui ont fait un flop est la convergence de soutien de quasiment tous les élus, venant de surcroît de tous les bords.

          L’affaire des « avions renifleurs » - sous Giscard, rappelons-le -, je connais d’autant mieux que j’étais déjà à l’époque un fidèle lecteur du Canard Enchaîné. C’est d’ailleurs Pierre Péan, journaliste du volatile, qui avait baptisé ainsi ces pittoresques aéroplanes.


        • Fergus Fergus 2 juillet 20:09

          Bonsoir, Xenozoid

          Les usagers de Pleurtuit sont avant tout des gens friqués disposant d’une résidence secondaire à Dinard, à Saint-Briac ou à Saint-Lunaire (comme Hulot). Ces gens-là ne seraient pas concernés par l’aéroport de NDDL.


        • Auxi 2 juillet 20:50

          @Fergus
          Nous verrons bien pour NDDL.


          C’est tout vu ! J’aime le « raisonnement » : jetons des millions d’euros par la fenêtre, Vinci est posté juste en dessous. Et « nous verrons bien »… Et quand « on verra », si un jour « on voit », le fric sera en Suisse, au Panama ou à Pétaoushnok… Pas grave, on fera comme d’hab’ : un petit coup de propagande sur les « chômeurs fainéants » et les « fonctionnaires privilégiés », arrosée d’une bonne dose de foot, et le tour est joué…

        • chantecler chantecler 2 juillet 21:02

          @Auxi
          Toutafé .


        • Auxi 3 juillet 00:45

          @Fergus
          Et pourtant ces élus se farcissent de multiples et fastidieuses corvées (week-ends compris).


          Les personnels hospitaliers aussi, pour beaucoup, beaucoup moins cher…

        • Fergus Fergus 3 juillet 09:32

          Bonjour, Auxi

          Oui, et les flics aussi, ou les pompiers, ou les conducteurs de métro, ou les employés de la restauration dans les lieux touristiques...

          Attention toutefois de ne pas tomber dans la caricature démagogique. Certes, il y a des élus peu recommandables, et nous en connaissons tous, à différents niveaux. Mais ceux-là ne constituent pas la majorité du genre : la plupart des élus font en effet leur boulot correctement, y compris en étant sollicités parfois en pleine nuit ou au milieu de réunions familiales.

          C’est notamment le cas des maires de communes modestes auxquels l’on demande, à tout moment, de se transformer en flic, en curé ou en assistante sociale pour une indemnité dérisoire en regard des responsabilités sociales et civiles. Personnellement, j’ai connu de près des maires parmi mes collègues et dans ma famille : la plupart d’entre eux ont jeté l’éponge en cours de mandat ou ont renoncé à se représenter, écrasés par une tâche trop exigeante et si mal rémunérée !

          Néanmoins, je vous concède bien volontiers que plus on monte dans la hiérarchie politique, plus les egos et la drogue du pouvoir évoquée dans l’article prennent le dessus, accompagnés parfois de pratiques clientélistes.


        • Wakizashi Wakizashi 3 juillet 12:24

          @ Fergus

          "A commencer par les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes qui, persuadés de leur victoire, ont tacitement validé le principe du référendum et refusent maintenant d’en accepter le verdict ! "

          C’est vrai, et il n’y a malheureusement rien à redire là-dessus. Par contre, plus généralement, la démocratie et les référendums nécessitent des citoyens éclairés. S’exprimer sur une question dont on ne comprend ni les tenants, ni les aboutissants, n’a pas de sens.

          Dans une démocratie idéale, l’indépendance des médias est donc fondamentale. A quoi il faudrait ajouter des débats publics, c’est-à-dire non pas les tragi-comédies que l’on sert habituellement à la télévision, mais des réunions publiques dans lesquelles les citoyens pourraient auditer des experts de tous bords et les confronter entre eux, à l’image des jurés dans les tribunaux. Seule cette méthode permet de se forger une opinion fondée sur une question donnée.


        • Jean Keim Jean Keim 4 juillet 10:07

          @Fergus
          L’avenir n’est plus aux gros machins, l’aéroport sera probablement construit avant qu’on ne s’en rende compte et toute une zone riche d’une vie incroyable aura disparu pour très longtemps, tout le reste n’est que du pipeau et spéculation comme le conditionnel de toute prospective.


        • sokom25 (---.---.177.251) 4 juillet 11:45
          Je penses que vous prêcher dans le vent !
          Ils ont du mal à assimiler vos dire, il y a tout un travail de préparation et d’éducation à faire pour qu’ils ouvrent les yeux.

          Fergus, il fallait refusé par principe, car c’est Vinci qui remporte le contrat et d’autres grosses boites aussi. Ils surfacture le truc, toutes ces société se font du gras sur notre dos, vous trouvez qu’ils nous ont pas assez endetter comme ça ? Et le pire dans cette histoire, c’est que les gens ont voté, pour se la faire mettre... à croire qu’ils sont tous pé......

        • Pépé le Moco 2 juillet 12:34

          Une leçon de démocratie locale encadrée par une oligarchie nationale et européenne.
          Belle leçon, non ?
          Mais pas d’inquiétude, les oligarques nous concoctent le TAFTA, avec ses tribunaux arbitraux qui réduiront à néant les pseudos démocraties locales. Donc tout va pour le mieux dans le « meilleur » des mondes.


          • Olivier Perriet Olivier Perriet 2 juillet 15:11
            Les habitus minoritaires convergents.Ou « les joies de l’entre soi, il n’y a que ça de vrai ».

            Notez que ce genre de comportement est parfaitement compatible avec l’ultra-libéralisme économique, comme quoi des convergences inattendues peuvent toujours se produire smiley

            Heureux de vous retrouver en pleine forme après votre petite phase de déprime d’il y a 6 mois :
            avec la CGT, les casseurs de gauche et les glands de NDDL, la rue a été reprise sur les agriculteurs poujadistes et les chauffeurs de taxis überisés.

            quant à savoir quelle sera la traduction de ces mouvements, c’est une autre histoire...


            • petit gibus 2 juillet 15:50

              Faut le canoniser ton copain


              • Auxi 2 juillet 17:00

                La démocratie tient en deux mots : mandat impératif. Sous mandat impératif, le candidat doit présenter un programme daté et chiffré, à la seconde près et au centime près, concernant des domaines de compétences clairement définis. Sitôt élu, le candidat et son parti sont placés sous la surveillance constante d’un jury qui ne juge pas, mais se borne à constater : si les actes ne correspondent pas pile-poil à l’heure dite, pour les montants dits, le jury prononce instantanément la destitution du fautif, le remboursement intégral et immédiat de toutes les sommes perçues au titre du mandat et de tous les frais, directs ou indirects, inhérents, sous peine de lourdes condamnations toujours fermes, sans jamais de sursis, sans appel ni recours de quelque sorte que ce soit et de privation à vie de tous droits civiques et sociaux.
                Les élus ne le sont pas pour commander, mais pour obéir, sur le champ et sans aucune discussion : sitôt que le suffrage universel a tranché, il a force de loi et la discussion est définitivement close.


                • chantecler chantecler 2 juillet 20:06

                  @Auxi
                  Oui, c’est biau comme une poésie de Lamartine .


                • Auxi 2 juillet 20:52

                  @chantecler
                  Oui ? Et à part ça, à propos du mandat impératif, une argumentation, peut-être, sans vous commander ?


                • chantecler chantecler 2 juillet 21:03

                  @Auxi
                  Faisabilité ?
                  Moi, je suis pour la démocratie absolue .
                  Vous y voyez une objection ?


                • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 2 juillet 21:33

                  @Auxi
                  C’est une très bonne idée.« Le peuple est souverain ».
                  Sous réserve que les décisions soient prises en France, sous le contrôle des électeurs Français.

                  •  
                  Or 80% de nos lois sont d’origine européenne.

                  Je ne vois pas comment on peut sanctionner des « non élus » qui vivent au FMI à Washington, à la BCE à Francfort, ou à Bruxelles ??

                  La priorité est donc de sortir de l’ UE, sinon vous pouvez remplacer X par Y, ils seront toujours obligés d’appliquer les décisions européennes. 

                • Auxi 3 juillet 00:51

                  @chantecler
                  Vous y voyez une objection ?

                  Pas la moindre, pourvu que le mandat soit impératif…


                • Auxi 3 juillet 00:53

                  @Fifi Brind_acier
                  La priorité est donc de sortir de l’ UE


                  Sur ce point, d’accord.

                  Je ne vois pas comment on peut sanctionner des « non élus » qui vivent au FMI à Washington, à la BCE à Francfort, ou à Bruxelles ?

                  En ne les payant pas…

                • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 3 juillet 07:12

                  @Auxi
                  Nous sommes d’accord. C’est bien ce qui arrivera si la France sort de l’ UE, elle cessera de payer chaque année 20 milliards d’euros au budget européen. Ce puits sans fonds et sans contrôle, où la gabegie est telle que la Cour européenne des Comptes refuse de valider le budget de l’ UE...


                • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 2 juillet 21:09

                  « Et si la majorité ne veut que des trucs pourris ? »
                  Bouoo..., que c’est vilain, la démocratie... ! Surtout quand des millions de sans dent contournent les Partis politiques, et font savoir qu’ils ne sont pas d’accord avec les délocalisations, les bas salaires, le chômage, et la mondialisation...
                  Bref, que de l’ Europe des banksters, ils n’en veulent plus... !!


                  Quel outrage à toutes nos avant gardes z’éclairées de Gôoche ! C’est pas bien, tout ça, nous dit Lordon, le chantre de la Gauche néo cons ... , car sortir de l’ UE ne peut être qu’une idée de Droite, que dis-je, d’extrême droite ! Si les médias le disent, ça doit être vrai ...

                  Sauf que « Les cartes qui expliquent le vote du Brexit » montrent que les millions de votes pour le Brexit, viennent des zones abandonnées par la mondialisation et « l’ Europe de la prospérité. » Ces fameux millions de pauvres que la Gauche devrait défendre, en les aidant à sortir de l’ Europe des banksters....

                  Analyse de Gauche du Brexit. Car la Gauche européenne ou autres Verts européens, ne soutiennent jamais la souveraineté, contrairement au reste du monde. Ils manifestent contre des lois imposées par l’ UE, mais pas pour sortir de l’ UE.

                  "Marx et Engels considéraient comme acquis le fait que le socialisme ne pouvait être atteint que dans des États nationaux indépendants.(...)

                  En dehors de l’Europe, l’idée que la Gauche se doit d’être le principal défenseur de la souveraineté nationale est considérée comme allant de soi.

                  La force du communisme dans des pays asiatiques comme la Chine ou le Vietnam repose sur son identification au nationalisme. L’attrait que suscite la Gauche dans les pays d’Amérique latine repose en grande partie sur l’opposition de celle-ci à l’impérialisme yankee.

                  Il n’y a qu’en Europe que tant de militants de Gauche considèrent la défense de l’intérêt national face à l’intégration européenne comme « de droite », et donc réactionnaire par définition."(...)


                  N’hésitez pas à écouter Chavez, lui, au moins, avait compris que l’adversaire était américain.... Et pas la démocratie.

                  • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 2 juillet 21:27

                    Les valeurs, les modes de vie, le marketing, la malbouffe industrielle, les supermarchés..Tout cela est d’origine US.


                    Cela a commencé avec le Plan Marshall, en contrepartie, il fallait passer le maximum de films qui vantaient le mode de vie américain.
                    « Quand la CIA infiltrait la culture ».

                    Cela ne s’est pas arrêté depuis, la propagande et le marketing pour « the américan way of life », a continué de plus belle, par la télé, et par tous les médias, en fait.
                    Mais, comme disait de Gaulle : « Les colonisés ne cherchent pas vraiment à s’émanciper... »


                    • Auxi 3 juillet 00:58

                      @Fifi Brind_acier
                      Quand Fifi n’est pas en proie à son obsession asselinesque, il lui arrive de dire des choses sensées…


                    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 3 juillet 07:18

                      @Auxi
                      Si vous connaissez d’autres responsables politiques qu’Asselineau, qui pointe sans cesse la responsabilité des USA, n’hésitez pas à le faire savoir...


                    • Auxi 3 juillet 20:28

                      @Fifi Brind_acier
                      Ben, il y aurait bien Mélenchon, mais il est empêtré dans une alliance avec les communistes qui, eux-mêmes, ne se décident pas à rompre tous contacts, publics comme privés, avec les socio-kollabos, et vont donc couler avec eux. Forcément, vous marquez un point, mais par défaut.


                    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 3 juillet 21:29

                      @Auxi
                      Vous avez un document de Mélenchon qui explique que Monnet et Schumann étaient des employés des Américains, et que l’ UE a été construite par les USA ?


                      Je connais par contre les analyses de l’ UE par les Communistes. Je veux dire, le PCF d’avant Mitterrand ...

                    • Auxi 4 juillet 00:29

                      @Fifi Brind_acier
                      Non, et d’ailleurs il parle encore de « réformer » l’Union européenne, comme si c’était possible, comme si tout n’était pas verrouillé à triple tour. Mais il commence à parler – enfin ! – d’un éventuel Frexit. Opportunisme ou prise de conscience ? Nous allons bientôt le savoir, le moment de vérité à ce sujet – à son sujet – les présidentielles, approche. Il lui faudra bien se prononcer clairement et sans ambiguïté, s’il ne veut pas faire un flop.


                    • gogoRat gogoRat 2 juillet 23:58

                      , ’Tu ne peux pas croire à la démocratie que quand ça t’arrange. Parce que sinon, ce n’est plus la démocratie.’

                       Magnifique ! Merci !
                       ça c’est pour le côté ’credo’, voire ’foi’, indispensable à un commencement d’effort démocratique.

                       
                       Sans oublier toutefois que cette foi, ou même seulement cette motivation, ne saurait être décorrélée d’un minimum d’initiatives personnelles (aussi ’prétentieuses’ pourraient-elles paraître) répondant à une souhaitable et saine curiosité et quête de capacité personnelle d’entendement. ( La richesse d’une rencontre de différences doit, logiquement, ne pas étouffer ces différences !)

                      « trouver une forme d’association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle
                      chacun,
                      s’unissant à tous,
                      n’obéisse pourtant qu’à lui-même
                      et reste aussi libre qu’auparavant 
                       ».

                       Même notre illustre JJ Rousseau, qui avait admirablement couvert le sujet ne serait-ce que par la précédente citation, avait tout de même, semble-t-il, travaillé cette question d’une nécessaire croyance ou foi. (voir référence ci-après)
                      La relativisation de celles et ceux qui se prennent pour des Lumières, serait alors loin d’être l’obscurantisme moderne que d’aucuns croient déceler en ces temps de chambardements idéologiques ; si jamais elle peut nous apprendre à regarder davantage de réalités avec des yeux moins éblouis.
                       Aujourd’hui, il s’agit sans doute moins de remettre en question la raison que recherchaient jadis nos Lumières, que de développer une conscience individuelle et collective plus fine des subtilités de cette même raison.
                      Peut-être, certains spécialistes nous aideront-ils à approcher certaines limites (?) ou paradoxes (?) de la logique (Gödel) ... Il n’en reste pas moins, que l’ignare gardera toujours autant de légitimité que le meilleur des astrophysiciens, à défendre contre quiconque une vérité logique qui serait déniée. ( Aucune culture ne saurait asseoir sa pérennité sur des propos incohérents )
                       
                       Cela pour souligner que la recherche de meilleures techniques de démocratie reste à creuser .
                       
                       Pourquoi, malgré les anciennes découvertes de Condorcet, n’en faisons-nous toujours aucun cas aujourd’hui ? Pourquoi autant de solutions à l’emporte-pièce, voulant jeter le bébé avec l’eau du bain, arrivent-elles si facilement à caresser le mouton dans le sens du moindre effort ? (Genre , une nouvelle Constitution -par quelques Autres qui endosseront toutes les (ir-)responsabilités ; + des tirages au sort sans enquêtes ni quêtes personnelles ..)
                       Les installe-parties Linux , n’ont pu avoir lieu que parce qu’elles ont été précédées par la réalisation effective de ce système d’exploitation ... qui n’est pas une formule de perlin-pinpin dont il suffirait de décréter l’adoption pour que ça tombe en marche ! ...
                       
                       Ok notre système de scrutin Français a démontré ses limites et son obsolescence ..
                       Mais avant de croire pouvoir en déduire que le théorème du jury de Condorcet ne révèle aucune perspective prometteuse, peut-être serait-il bon de remarquer un ou deux détails, du genre :
                       - ce théorème présuppose qu’une bonne solution existe parmi les choix soumis au jury
                       - il exige aussi que la probabilité, pour chaque juré, de voter pertinemment, soit au minimum de 0.5 (pour une proba entre 0 et 1)
                      - il exige aussi que chacun des jurés vote de façon autonome (sans consultations préalable ni ’calculs’ électoraux préalables entre les votants)
                      ...

                       Rappel concernant JJ Rouseau :
                       

                      "il faut admettre une tension entre ouverture indéfinie vers l’universel et clôture, fermeture ,c.à.d., affirmation d’une particularité ."

                      cf ENTRE L’EXISTENTIEL ET LE POLITIQUE,

                      Avec Ghislain Waterlot,
                      Membre du comité de la société J-J Rousseau de Genève


                      • gogoRat gogoRat 3 juillet 00:14

                         lien initial pas retrouvé mais contenu ici : religion chez Rousseau

                         ( des goûts et des couleurs, on ne discute point ! ....
                         Le fait de ’revenir’ un peu de la prétention à incarner la Lumière, incitera par ailleurs à reconsidérer le flair géométrique précurseur d’un Blaise Pascal ?
                         Mais là n’est pas notre propos
                        )


                      • gogoRat gogoRat 3 juillet 00:20

                        lien retrouvé pour « Rousseau et la religion » ...

                         « Des goûts et des couleurs on ne discute point ! » ...

                         Peut-être que le fait moderne de revenir un peu de la prétention à incarner la Lumière incitera certains à reconsidérer le flair géométrique et précurseur d’un Blaise Pascal ...
                         mais là n’est pas notre propos

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