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Accueil du site > Actualités > Politique > Législatives : des enjeux politiques et... financiers

Législatives : des enjeux politiques et... financiers

Au mois de juin se dérouleront les élections législatives. À la clé, des enjeux de pouvoir pour les partis dominants, mais également des enjeux financiers pour toutes les formations qui jouent un rôle dans la vie démocratique de notre pays ou aspirent à en devenir des acteurs...

Compte tenu du verdict de l’élection présidentielle et des premières indications données par les instituts de sondage pour le scrutin des 11 et 18 juin, c’est évidemment le nouveau parti d’Emmanuel Macron, la République en Marche, qui devrait recevoir la plus grande partie des aides publiques allouées durant les 5 prochaines années par l’État au titre des résultats officiels du scrutin législatif. Et cela au détriment des partis – en l’occurrence le Parti Socialiste et Les Républicains – qui, jusque-là, phagocytaient la plus grosse part d’un pactole déterminant pour faire vivre les appareils, mener des actions militantes et conduire les campagnes lors des prochaines échéances électorales.

Outre la REM et son proche allié le Modem, deux partis vont probablement toucher en 2017 les dividendes de leur ancrage consolidé dans la société française tel qu’il a pu être mesuré lors du 1er tour de la présidentielle : la France Insoumise et le Front National dont les premières enquêtes indiquent qu’ils devraient réaliser des scores élevés au détriment des anciens « partis de gouvernement », l’un en difficulté (LR), l’autre promis à une bérézina électorale (PS). C’est en effet le nombre de suffrages exprimés aux législatives pour chaque parti qui constitue la principale source des aides publiques aux partis politiques. Et cela en fonction d’une règle simple : chaque voix rapporte au parti qui en bénéficie 1,42 euro par an dès lors que ce parti atteint ou dépasse 1 % des suffrages exprimés dans au moins 50 circonscriptions*. Une aide attribuée chaque année durant la durée du mandat législatif.

Encore faut-il, pour toucher chaque année 1,42 euro par suffrage, avoir respecté la règle de parité hommes-femmes imposée par les textes en vigueur**. Si tel n’est pas le cas, le montant de l’aide est diminué de 150 % de l’écart entre le nombre d’hommes et de femmes rapporté au nombre total de candidats. Autrement dit, dans l’hypothèse de 100 candidats répartis entre 60 hommes et 40 femmes, une diminution égale à (60-40) x 150 % / 100, soit 30 % de l’aide, ce qui, dans l’hypothèse évoquée, ramène le montant par suffrage à 99 centimes. Une disposition qui, dans sa rigueur arithmétique, a lourdement pénalisé l’UMP au lendemain des législatives de 2012, eu égard au fort déséquilibre des candidatures de ce parti entre hommes et femmes : un quart seulement des circonscriptions avait été réservé à ces dernières !

Les voix recueillies lors des législatives ne sont pas la seule source de financement des partis directement dépendante des résultats de ce scrutin. Comme pour les sénateurs, chaque député élu rapporte en effet 37 280 euros à son parti. Et cela chaque année pendant la durée du mandat. À une condition toutefois : que les partis disposant d’élus aient rempli la condition évoquée ci-dessus : 1 % des voix dans au moins 50 circonscriptions. Ce qui signifie qu’en métropole une personnalité indépendante élue grâce à sa forte notoriété locale n’apporterait pas un centime au titre de ce siège de parlementaire à son micro-parti.

Au total, la somme de ces deux fractions d’aides publiques directement dépendantes des résultats des législatives s’est élevée, d’après le quotidien Le Monde, à 63,1 millions d’euros en 2016. Une manne annuelle évidemment très convoitée qui n’est pas sans incidence sur la stratégie électorale et sur les tractations entre partis compatibles. Ainsi en va-t-il de la dualité Front National - Debout la France, DLF ayant impérativement besoin de voix d’électeurs pour renouveler son financement antérieur. Et nul doute que la rupture entre la France insoumise et le Parti Communiste trouve plus probablement son origine dans ces considérations financières que dans l’idéologie politique.

Sur les 63,1 millions d’aides publiques versées en 2016, Le Parti socialiste en avait recueilli 24,9 millions, Les Républicains 18,6 millions, le Front national 5,1 millions, le PCF 2,9 millions et EELV 2,8 millions, le reste allant à des petites formations de métropole ou d’Outremer. À n’en pas douter, ces données vont être très largement rebattues après les législatives du fait des bouleversements politiques induits par la victoire d’Emmanuel Macron et l’émergence de la République en Marche. C’est, pour reprendre l’expression de Laurent Fabius, incontestablement à un nouveau « chamboule-tout », financier celui-là, que l’on va assister une fois connus les résultats officiels des 11 et 18 juin.

Les enjeux sont par conséquent considérables pour les partis et ceux qui les dirigent. Des enjeux qui éclairent d’un jour quelque peu cru les tractations encore en cours dans les états-majors. Mais le temps presse : le 25 mai à 18 heures, tous les partis devront avoir communiqué au ministère de l’Intérieur la liste complète de leurs candidats.

Une condition qui ne vaut pas pour les partis locaux d’Outremer soumis à la seule obligation d’avoir obtenu 1 % des voix.

** Loi n°88-227 du 11 mars 1988 relative à la transparence financière de la vie politique, modifiée par la loi n°2000-493 du 6 juin 2000


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85 réactions à cet article    


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 23 mai 08:14

    Il est clair que la suppression des aides publiques aux partis politiques bouleverseraient non seulement le casting de l’assemblée nationale, mais il ne « moraliserait » pas la vie politique elle-même, car on sait comment a été financé REM. Les dons et cotisations des militants aux partis progressistes n’arriveraient pas au 1/10 de ce que les « réseaux » sont prêts à mettre sur la table pour blinder le nouveau parti unique.


    • Fergus Fergus 23 mai 08:28

      Bonjour, Jeussey de Sourcesûre

      « Les dons et cotisations des militants aux partis progressistes n’arriveraient pas au 1/10 de ce que les « réseaux » sont prêts à mettre sur la table pour blinder le nouveau parti unique. »

      Sauf erreur de ma part, les dons sont plafonnés, et les riches « amis » du nouveau pouvoir en cours de formation très peu nombreux. La grande majorité des candidats de En Marche ! aux législatives n’est d’ailleurs pas financée par le parti mais doit puiser dans ses fonds propres.

      Et lorsque vous parlez de « parti unique », vous êtes de facto dans l’abus de langage : LR devrait disposer d’un groupe parlementaire d’au moins 150 élus. Et si le FN est en crise après la désastreuse fin de campagne de Le Pen, la FI se porte plutôt bien malgré la séparation du PC. On va donc se trouver après le scrutin des 11 et 18 juin avec plusieurs types d’oppositions.


    • Ar zen Ar zen 23 mai 08:46

      @Fergus

      Des dons plafonnés à 7500€ par tête de pipe. Le réseau de REM est tellement bien constitué par les puissances de l’argent qu’il suffit de faire verser à 10 personnes 7500 euros pour arriver à la coquette somme de 75000 euros. Celle-ci reproduite 100 à 1000 fois nous commençons à atteindre de jolies sommes.

      Et puis la CNCCFP sait se montrer indulgence, coopérative , complaisante et raisonnable avec ses amis. Comme le CSA d’ailleurs. A quoi cela sert-il d’avoir des amis si ce n’est pour se rendre des services mutuels ? Il faut surtout montrer un façade « démocratique » pour le grand public mais c’est l’entre-soi qui est la règle. 

    • Fergus Fergus 23 mai 08:57

      Bonjour, Ar zen

      « Celle-ci reproduite 100 à 1000 fois nous commençons à atteindre de jolies sommes. »

      Autrement dit, 1000 à 10 000 donateurs à 7500 euros. Un tantinet excessif, non ? smiley

      Pour le reste, vous avez raison, et la mention de « l’entre-soi » me semble assez juste.

      Mais au final, ce sont quand même les électeurs qui ont le dernier mot. Et le fait que Sarkozy ait dépensé environ 20 millions d’euros indus lors de sa campagne de 2012 - ce qui lui a permis d’organiser plus de meetings et d’actions de lobby que son adversaire du PS - ne l’a pas empêché de perdre.

      De même, sans la révélation des turpitudes de Fillon et l’incroyable lâcheté des caciques de LR au moment de débarquer ce candidat sulfureux au profit de Juppé, Macron n’aurait jamais été qualifié pour le 2e tour. Et cela malgré le fric des donateurs.


    • Ar zen Ar zen 23 mai 10:47

      @Fergus

      Oui ,7500 euros est une somme importante. Tout le monde ne l’a pas. 

      Mais si un homme d’affaire, voulant soutenir Macron, parce qu’il est intéressé par les idées que porte ce jeune homme, souhaite donner davantage que 7500€, que fait-il ? Il fait donner à sa femme, puis à ses enfants, à ses parents, ses frères et ses soeurs, ses cousins proches et éloignés, son cercle d’amis, au sens large. 

      La CNCCFP ne souhaite qu’un nom pour que le don soit validé. Alors donnons nous la possibilité de donner des noms. L’argent n’est pas en soi un problème. Les 10000 donateurs sont vite là !

      Par ailleurs je vous invite à découvrir les sciences cognitives et leur développement. Vous croyez avoir la maitrise totale de vos actions ? Ni vous ni moi ne l’avons. Nous avons un système intuitif qui nous trompe. Notre système réflexif ne veut pas toujours s’engager dans la réflexion, il est paresseux (pour vous il refuse de savoir comment on peut modifier les traités). C’est ainsi que la psychologie cognitive nous apprend qu’inconsciemment nous adoptons des comportements qui peuvent nous être dictés. Ce sont les biais cognitifs qui ont maintenant bien été étudiés. Et non seulement ils ont été bien étudiés mais ils sont appliqués à la politique et aux élections. 

      Il suffit de vous intéresser d’un peu plus près à l’effet de primauté, à l’effet de simple exposition, à l’effet d’amorçage et à l’effet de halo pour comprendre que rien n’a été laissé au hasard dans cette élection 2017. Si mon travail me laisse un peu de temps je ferais bien un article là dessus.

      La couverture de 65 magazines par Macron, les quelques 7000 articles qui lui ont été dédiés et son exposition médiatique incessante avaient pour but premier de toucher les français au plan psychologique. Les biais cognitifs ont fait le reste. 

    • Fergus Fergus 23 mai 11:14

      @ Ar zen

      Vous oubliez un point important concernant les dons de l’oligarchie aux candidats : ces gens-là ne mettent pas tous leurs œufs dans le même panier, et il est fréquent qu’ils soutiennent plusieurs candidats, parfois de bords opposés.

      « Notre système réflexif ne veut pas toujours s’engager dans la réflexion, il est paresseux »

      Il est ainsi principalement parce que, dans notre grande majorité, nous ne sommes pas dans le besoin et donc dans le rejet viscéral de la société dans laquelle nous vivons. C’est pourquoi il n’y a quasiment plus jamais d’émeutes significatives dans les pays occidentaux : globalement, nous acceptons le monde dans lequel nous vivons !


    • Ar zen Ar zen 23 mai 12:05

      @Fergus

      Ce n’est pas aussi simple que ça. 

      Les sciences cognitives ont fait des projets spectaculaires. Si le sujet vous intéresse vous pouvez lire « système 1 - système 2, les deux vitesses de la pensée » de Daniel Kahneman. Dire que c’est intéressant est un euphémisme. 

      Cet ouvrage vous fera sortir un temps du monde de la politique pour vous y replonger un peu plus tard, mais avec un oeil tout neuf. 

      Pour débuter le sujet : 


    • lejules lejules 23 mai 15:19

      @Ar zen
      merci de ce lien je vais y regarder de + près.


    • Alren Alren 23 mai 18:14

      @Fergus

      Vous oubliez un point important concernant les dons de l’oligarchie aux candidats : ces gens-là ne mettent pas tous leurs œufs dans le même panier, et il est fréquent qu’ils soutiennent plusieurs candidats, parfois de bords opposés.

      Sans doute mais avec des limites : aucun oligarque, absolument aucun, n’a donné le moindre centime à Mélenchon !!!


    • gimo 23 mai 19:17

      @Fergus


        BONJOUR nous ne sommes pas dans le besoin et donc dans le rejet viscéral de la société dans laquelle nous 


      CE JOUR sera trop tard pour avoir la lucitite necessaire    La nécessité n’est aveugle qu’autant qu’elle n’est pas comprise. La liberté consiste en la souveraineté sur nous-mêmes et sur le monde extérieur fondée sur la connaissance des lois nécessaires de la nature. sans’agir
        il ne trouvera point  bon   chemin car le temps joue contre celui qui ne sait pas agir

      L’esprit humain se forme à accepter, non à décider par peur par paresse
       si une oeuvre est belle mais à réfléchir sur l’oeuvre belle.

      L’agir est le devenir de l’esprit comme conscience. Ce qu’elle est en soi, elle l’apprend donc de sa propre réalité effective.
       Ainsi l’individu ne peut savoir ce qu’il est avant de s’être porté par l’action à la réalité effective.


    • wesson wesson 23 mai 19:35

      @Fergus
      pour répondre clairement sur le financement de EM, vous avez un article arrivé bien tard de Mediapart (dont vous pouvez lire ici une reprise) qui confirme effectivement l’existence d’un réseau de financement légal mais occulte pour EM, et principalement constitué de banquiers et de riches donateurs. 


      C’est ainsi que EM a ramassé plus de 10 millions très facilement, auquel sont venus se rajouter 8 millions prêtés par une banque compatissante et les petits dons, pour un total de 22 millions, le maximum légal. Mais la participation des très gros donateurs (7500€ pour une personne morale (entreprise) et 4500€ pour une personne physique) a été prépondérante, pour plus de 57% des dons récoltés par EM. L’article détaille tout cela.

      On a bien donc littéralement un « candidat de la finance » qui a été élu.





    • Fergus Fergus 23 mai 21:55

      Bonjour, Alren

      « aucun oligarque, absolument aucun, n’a donné le moindre centime à Mélenchon !!! »

      Et pour cause : la France Insoumise est aux antipodes des intérêts des groupes financiers et industriels. Et c’est pourquoi tant de gens se sont reconnus dans cette candidature. Dommage qu’ils n’aient pas été plus nombreux !


    • Fergus Fergus 23 mai 22:00

      Bonsoir, gimo

      « l’individu ne peut savoir ce qu’il est avant de s’être porté par l’action à la réalité effective. »

      L’action n’est malheureusement pas dans l’air du temps : nous sommes trop enfermés dans un cocon relativement confortable pour sentir le besoin d’agir. Tout, dans la société, concourt à endormir notre combativité. Hélas !


    • Fergus Fergus 23 mai 22:05

      Bonsoir, wesson

      En effet, personne ne peut sérieusement nier que Macron soit « le candidat de la finance ».

      Avec un peu de chance, cela n’en fera peut-être pas un président pire que ses deux derniers prédécesseurs, surtout s’il tient sa parole d’introduire de la sécurité pour les travailleurs en regard d’un surcroît de flexibilité comme cela se pratique en Scandinavie.

      Après tout, le pire n’est jamais sûr.


    • troletbuse troletbuse 23 mai 22:39

      @Fergus
      surtout s’il tient sa parole d’introduire de la sécurité pour les travailleurs
      Vous faîtes dans le comique maintenant ?


    • wesson wesson 23 mai 22:40

      @Fergus
      Bonsoir Fergus, la prudente réserve que j’observe depuis le soir du 2ème tour est en effet pour ne pas insulter l’avenir. Et j’ai même pas mal de connaissances votant comme moi pour la FI qui en sont à se dire « et pourquoi ne pas lui laisser sa chance ... », comme si ils avaient été hypnotisés par le serpent Kâ.


      Toutefois, les signes bien réels quoique encore cachés me laissent à penser que c’est effectivement vers le pire que nous allons. 

      Je vois très bien notre président se débarrasser totalement de toute retenue une fois que la main basse sera faite sur l’assemblée nationale, et aux fréquentations plus que douteuses de son 1er ministre (qui suit sur Twitter des groupes aussi sulfureux que « Génération Identitaire », ou « Anne de France »), j’ai crainte que la présidence ne se transforme en équivalent fonctionnel de Viktor Orbán, et déploie une stratégie à peu près identique pour se maintenir au pouvoir.



    • Rincevent Rincevent 23 mai 23:00

      @Ar zen

      Pour le financement de la campagne de Macron, il y a un article très détaillé de Mediapart (pour ceux qui sont abonnés), tiré de l’analyse des MacronLeaks. C’est un réseau d’une redoutable efficacité…


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 24 mai 07:41

      @wesson
      Il n’y a rien de caché, la feuille de route pour la France de la Commission européenne vient d’être publiée, c’est exactement le programme de Macron !


      C’est ce que l’ UPR vous explique en vain depuis 10 ans.
      Vous avez voulu rester dans l’ UE ?
      Maintenant, assumez ! Et ne venez pas pleurnicher.

      L’UPR vous a prévenus : sans sortie de l’ UE, tout le modèle social français va passer à la moulinette.


    • gimo 24 mai 09:34

      @Fergus
      Bonjour 

      Exact !!    ceci est  bien compris par les dominants ’qui se  goinfrent sur notre dos

      Là ’ est le malheur du peuple  ( Proverbe Chinois ;; ;; ;« ventre plein ;; tete vide »" du circus et du
      pain)

      La vie elle-même est essentiellement appropriation, agression, assujettissement de ce qui est étranger et plus faible, oppression, dureté, imposition de ses propres forces, incorporation, et, tout au moins, exploitation.  sans morale ni conscience

       
      Tout instinct est avide de domination : et comme tel il aspire à philosopher.
      Raison de plus  pour ne pas s’assoupir pour etre complice de leurs méfaits contre nous 
       a son corps défendant 

    • Fergus Fergus 24 mai 10:02

      Bonjour, gimo

      « Raison de plus pour ne pas s’assoupir pour etre complice de leurs méfaits contre nous » 

      Croisons les doigts pour que nos compatriotes ouvrent enfin les yeux et retrouvent le sens du combat social qui a permis les progrès du passé !

      Si tel n’est pas le cas, les droits continueront d’être rabotés et les classes populaires - principales victimes du système - n’auront à ronger que les os qui leur seront lancés par un patronat dominant et décomplexé.

      C’est pour cet enjeu que je soutiens personnellement la France Insoumise, seul parti réellement au service des travailleurs et des retraités modestes.


    • bernard29 bernard29 24 mai 10:25
      @wesson
      vous dites , suite à l’article de Médiapart ; « C’est ainsi que EM a ramassé plus de 10 millions très facilement, auquel sont venus se rajouter 8 millions prêtés par une banque compatissante ... »

      il semble bien que la levée de fonds par Macron ne sort pas des clous de la légalité . Donc elle est en effet très efficace, c’est tout.

      mais si vous critiquez cette facilité pour certains de lever des fonds, vous devriez indiquer qu’elles seraient, pour vous les modalités acceptables pour le financement des campagnes électorales ?.C’est cela qu’il aurait été intéressant de débattre., sinon vos jérémiades désobligeantes sont mal venues.

      Pourquoi dites vous ; « 8 millions prêtés par une banque compatissante » est-ce que la banque de Mélenchon n’a pas été compatissante ?  ce serait incroyable.

      .


    • Aristide 24 mai 10:33

      @Fergus

      Mélenchon a une stratégie suicidaire, sous une prétexte de fidélité à ses engagements, et tous ses engagements présidentiels, il coupe les ponts avec les communistes, désigne l’ennemi socialiste, même Hamon en prend pour son grade, ...

      Je sais qu’il sera trop vieux pour dans 5 ans sauf si l’engagement pour un renouvellement ne le concernait en rien. Je sais que l’usage du pouvoir est souvent plus difficile que l’opposition au pouvoir. Je crois donc qu’il applique une politique du tout ou rien qui va ramener FI à ce qu’elle pèse vraiment, une toute petite mais vraie opposition à l’assemblée. Il aura au moins réussi avec l’aide des victimes à tuer PS et PCF.

      Heureux dénouement ou l’on va se payer un crane d’oeuf pendant 5 ans tout frais moulu des écoles ou l’on apprend la vraie vie, et dont les idées datent du temps d’un patronat bienveillant faisait passer l’intérêt de la France et des Français avant ceux de la bourse.

    • Fergus Fergus 24 mai 10:54

      Bonjour, Aristide

      On ne peut nier que Mélenchon soit dans une fuite en avant destructrice pour tous ceux qui ne sont pas strictement sur la ligne FI. En cela, il se montre en effet totalitariste et sectaire. Mais Mélenchon n’est pas éternel - je ne suis d’ailleurs même pas sûr qu’il soit élu à Marseille face à Versini -, et ce qui compte réellement c’est que les idées de la France Insoumise essaiment et s’ancrent durablement dans la vie politique française.

      Pour ce qui est de Macron et de son quinquennat, je ne porte pas de jugement a priori. J’estime qu’il doit être jugé sur ses actes et uniquement sur ceux-là. C’est en tous les cas ce que je ferai personnellement.


    • gimo 24 mai 11:15

      @Fergus
      RE RE BONJOUR



      OK PAS KOC

      c’est pour cet enjeu que je soutiens personnellement la France Insoumise, seul parti réellement au service des travailleurs et des retraités modestes. BIEN  MERCI///

      idem for my  a +

    • Aristide 24 mai 14:30

      @Fergus


      FI c’est Mélenchon, Mélenchon c’est FI, ce ne sont pas Corbière et sa compagne, locataires privilégiés, qui peuvent prendre la relève d’un mouvement de protestation essentiellement incarné par Mélenchon, il fait le vide autour de lui. Il a enterré par son départ le PG, feu la présidente Billard est devenu aussi invisible que les électeurs du PCF ou du PS pour les législatives qui viennent.

      Je me suis posé la question sur cet abandon du sigle PG. A la manière du NPA en place de LCR, Mélenchon a gommé toute référence positive : la GAUCHE pour le PG, Communiste Révolutionnaire pour la LCR et les a remplacé par l’opposition : insoumission pour le PG et Anticapitaliste pour la LCR. Pérennisant la fait que la seule voie est dans la protestation, l’opposition, ... Le choix du F initial en appel pour les nationalistes de tous poils ? .

      Pour ce qui est de Macron, j’ai l’impression qu’il emmêle les neurones des esprits les plus vifs. Il me fait penser à ces camelots de foire qui se font passer pour des inventeurs et arrivent à faire passer un bout de plastique pour l’invention du siècle. Un programme bric à brac, où la ponction CSG sur les retraites servira à financer les tout petits gains pour les salariés, le droit du travail passé à la moulinette du patronat, la fiscalisation du chomage, ... enfin toutes ces réformes comme disent tous les libéraux qui rêvent d’un monde ou le marché règle tout.





    • Fergus Fergus 24 mai 16:34

      @ Aristide

      Nous verrons bien ce que sera la France Insoumise après Mélenchon. Je pense sincèrement qu’elle peut avoir un avenir si elle ne se replie pas sur un fonctionnement sectaire. Et il n’y a pas qu’Alexis Corbière : personnellement, je trouve Danielle Simmonet plus apte à rassembler.

      Même s’il n’est pas l’homme de mon choix, je pense que Macron - à mon avis très largement sous-estimé - est bien armé pour imposer sa ligne politique. A suivre...


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 25 mai 07:22

      @Aristide
      Au PCF, assumez donc vos dérives ! Non seulement depuis Mitterrand, le PCF est devenu pro-européen, alors qu’avant, il était anti européen ! Mais le PCF colle au basques du PS pour des raisons alimentaires.
      Vous êtes faits pour vous entendre, vous êtes tous les deux comme les radis :
      « roses dehors, et blancs dedans, mais toujours près du beurre ! »


      Je ne suis pas d’accord avec Mélenchon, qui est pro européen jusqu’à la moelle, mais alors, le PCF, quelle honte et quelle trahison pour les travailleurs, et vous osez encore la ramener ??

      Des fois que vous seriez atteint d’Alzheimer, je vous rappelle les analyses de la CGT dans les années 50 sur le Marché commun, l’ancêtre de l’ UE. Leur analyse n’a pas pris une ride !

      "- La libre circulation des marchandises, donc le déchaînement de la concurrence fondée sur l’infériorité des salaires et de la législation sociale, l’harmonisation par le bas des conditions sociales dans les différents pays, l’opposition renforcée à toutes les revendications des travailleurs. (...)

      La libre circulation des capitaux, le danger d’évasion des capitaux, de dévaluation et même de remplacer la monnaie nationale par une monnaie commune. (...)"

      Et en 1957, avant la ratification par la France du Marché commun, la CGT, par la voix de Jean Duret, directeur du Centre d’études économiques de la confédération déclare :

      L’enjeu est énorme : le Marché commun conduit infailliblement, à plus ou moins brève échéance, à la disparition des souverainetés nationales, à la création d’un super- Etat européen, réduisant à sa plus simple expression tout ce qui pourrait subsister d’individuel, de politiquement et économiquement indépendant chez les membres de la Communauté.

      Ce super-État sera dominé par le pôle d’activité économique le plus puissant : la Ruhr ; par la puissance la plus énergique et la plus dynamique : l’Allemagne de l’Ouest. [...] Pour la France, la réalisation du Marché commun c’est l’acceptation de l’hégémonie allemande. Son industrie ne pouvant lutter contre la concurrence d’outre-Rhin tombera sous la coupe des konzerns de la Ruhr."


       


    • damocles damocles 28 mai 11:41

      @Fergus
      Toujours prêt l’avocat N° 1 d’ EM , pour defendre chouchou ses apôtres et ses disciples !


    • Fergus Fergus 28 mai 11:56

      Bonjour, damocles

      Où avez-vous vu que je suis l’avocat de Macron ???

      Je suis totalement opposé à sa ligne politique, et ce n’est pas pour rien que je vote France Insoumise !!!

      Cela ne m’empêche pas pour autant de constater qu’il disposera sans doute des moyens de gouverner. Et cela dans un contexte qui confine au déni de démocratie comme je tenterai demain de le démontrer dans mon prochain article.

      Etes-vous à ce point enfermé dans une attitude partisane - pour ne pas dire sectaire - que vous ne puissiez admettre que la mer est bleue lorsqu’elle bleue ?

      Je n’attends de Macron rien de plus que de Hollande en termes de progrès sociaux, mais au contraire de nouvelles régressions des droits des travailleurs. Mais, comme pour ses prédécesseurs, j’attends de voir ses actes pour condamner sa politique.


    • Laulau Laulau 23 mai 08:19

      Merci, c’est très instructif.


      • Fergus Fergus 23 mai 08:29

        Bonjour, Laulau

        Merci à vous.


      • devphil devphil 23 mai 08:23

        Merci pour ce détail très bien expliqué du financement des partis par les législatives.

        Je connaissais les 1.42 € par vote mais pas le reste et encore moins la baisse des montants suivant la parité.

        Philippe 


        • Fergus Fergus 23 mai 08:33

          Bonjour, devphil

          Ces règles de financement sont en effet très peu expliquées dans les médias. Et c’est dommage car cela apporte un éclairage utile sur les stratégies électorales des partis politiques. 


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 24 mai 07:45

          @Fergus
          Il faudrait parler aussi des « micro Partis », ces machins qui permettent de faire circuler l’argent...

          Les Français ignorent qu’il y a en fait près de 300 Partis politiques !


        • Fergus Fergus 24 mai 09:53


          Bonjour, Fifi Brind_acier

          Les sommes recueillies par les micro-partis ne sont pas liées aux résultats des législatives, mais relèvent des dons aux partis et plafonnées à 7500 euros pour une personne morale et 4500 euros pour une personne physique.

          Ces micro-partis constituent de facto un détournement de la loi électorale car ils permettent de financer indirectement le parti mère en procédant à des cumuls qui détournent l’esprit des textes en vigueur. A ce petit jeu malsain auquel tout le monde s’adonne, c’est la droite qui est la plus en pointe avec environ 3 fois plus de micros-partis que la gauche socialiste et ses alliés.

          En février 2017, 338 partis politiques ont déposé leurs comptes à la CNCCFP, la liste pouvant être consultée sur le rapport de la CNCCFP (Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques). C’est évidemment une dérive inacceptable.

          Il serait par conséquent urgent de mettre de l’ordre dans ce panier de crabes. A cet égard, Macron et ses amis feraient bien, dans le cadre de la future loi de moralisation de la vie politique, de s’inspirer des recommandations de René Dosière pour ce qui touche au financement des partis politiques en général, et des micros-partis en particulier. Il est clair qu’un grand coup de balai est nécessaire !

          Le sujet mériterait effectivement un article. Je m’y collerai peut-être dans les mois à venir, mais pas avant de savoir quelles mesures seront envisagées par le gouvernement. 


        • Ruut Ruut 26 mai 10:03

          @Fifi Brind_acier
          pourquoi l’UPR n’apparaît pas sur cette liste ?


        • Le Panda Le Panda 23 mai 08:24

          Bonjour Fergus,

          Au mois de juin se dérouleront les élections législatives. À la clé, des enjeux de pouvoir pour les partis dominants, mais également des enjeux financiers pour toutes les formations qui jouent un rôle dans la vie démocratique de notre pays ou aspirent à en devenir des acteurs...

          « Le départ de ton article laisse penser la suite, car c’est une des raisons pour laquelle le P.S. va disparaître sous son appellation actuelle. L’argent étant le nerf de la guerre, à défaut d’élus pas de finance. Donc il me semble que Macron aura une majorité totale et que le second rôle sera tenu par la droite traditionnelle. Puis plusieurs petites groupes possible éparpillés. Mais à ne pas en douter, le plus dur à passer reste la loi sur »le travail« Sauf accord très particulier avec les syndicats.

          Bien à toi »


          • Fergus Fergus 23 mai 08:40

            Bonjour, Le Panda

            « Donc il me semble que Macron aura une majorité totale et que le second rôle sera tenu par la droite traditionnelle. Puis plusieurs petites groupes possible éparpillés. »

            C’est en effet le panorama qui devrait se mettre en place après les législatives.

            « le plus dur à passer reste la loi sur »le travail«  »

            Effectivement, l’obstacle est ardu à franchir pour Macron. Sans doute va-t-il chercher à isoler la CGT. S’il y parvient, il aura gagné son pari. Mais les syndicats risquent de durement renâcler - à juste titre - sur le plafonnement des indemnités prud’homales.

            Cordialement.


          • Alren Alren 23 mai 18:21

            @Le Panda

            Donc il me semble que Macron aura une majorité totale et que le second rôle sera tenu par la droite traditionnelle. Puis plusieurs petites groupes possible éparpillés.

            Ça c’est ce dont rêvent Macron, Merkel, Junker et sans doute Trump (et Poutine ?).

            Mais j’espère bien que les député.e.s de la France Insoumise avec, pour monter à la tribune de l’Assemblée, Jean-Luc Mélenchon, constitueront plus qu’un « petite » groupe !


          • Fergus Fergus 23 mai 22:08

            @ Alren

            Si la France Insoumise réussit à obtenir entre 20 et 30 élus, ce sera déjà un beau résultat. Mais quoi qu’il en soit, ce qu’il importera, c’est de fidéliser les électeurs FI de la présidentielle avec pour objectif d’élargir cet électorat en vue des prochaines échéances.

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