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Accueil du site > Actualités > Politique > Les Britanniques président, LA PHILHARMONIE offre la sérénade

Les Britanniques président, LA PHILHARMONIE offre la sérénade

On ne connaît que trop les réticences ou les particularités revendiquées par les Britanniques dans le grand orchestre européen. Faute de partition commune acceptée, s’ensuivent des couacs défavorables à l’harmonie espérée

Et pourtant...

Et pourtant, les sujets de sa gracieuse majesté très démocratique ont contribué, dès 1949 par le traité de Londres, à la création du Conseil de l’Europe et dix ans plus tard à celle de la Cour Européenne des Droits de l’Homme. 

Et pourtant, aujourd’hui et jusqu’ au 14 mai prochain, David Cameron et son gouvernement conservateur sont à la tête tournante du Conseil de l’Europe (COE) et ce, à Strasbourg qui se veut « l’Européenne ». Dans le droit fil de l’injonction « I want my money back » de madame Thatcher, le prime minister poursuit dans son programme de la présidence, l’intransigeance parfois hautaine de l’ancien grand empire, déchu comme d’autres de sa primauté.

Et pourtant, aujourd’hui, peut-être moins qu’ hier malheureusement, de nombreux Anglais ( UK) sont de vrais Européens et peuvent revendiquer à juste titre leur part incontestable de la culture ou, n’ayons pas peur des mots, de la civilisation dite occidentale, prégnante en Europe et largement exportée.

 

L’offrande de « La Philharmonie » : la part des arts en politique.

 

Que d’efforts trop mal récompensés pour témoigner de l’importance des arts et de la culture en général dans la possible élaboration d’une conscience européenne ! Voyez les innombrables offres culturelles attrayantes d’un programme « Soo british » concocté par la Ville de Strasbourg et la représentation du Royaume Unie RU/UK)*. Mais si on devait se livrer à un classement, pour notre part, nous accorderions la participation la plus flamboyante et la plus appropriée à « La Philharmonie de Strasbourg » sous la direction d’Etienne Bardon.

Cet orchestre d’amateurs, truffé de professionnels de la musique, professeurs ou anciens professionnels ou gradués de conservatoire libres, a acquis une qualité rare même en terre de grande pratique et de haute exigence musicales comme l’Alsace. 

Gratis pro deo, en hommage à la Grand-Bretagne pour la circonstance, sous la férule administrative de son président Jérôme Vetter, un Européen convaincu, cette formation ( photo) a offert en première à Strasbourg, deux œuvres remarquables du compositeur britannique Vaughan Williams (1872-1958) composées en 1910 et créées la même année : l’émouvante « Fantaisie sur un thème de Thomas Tallis »( 1505-1585), un régal pour les violons de l’âme et l’extraordinaire et difficile « Sea Symphony ». Ce poème quasi mystique de Walt Whitman était chanté par le Chœur de St.Guillaume, connu pour ses interprétations toujours « overbooked » des passions de J-S Bach, entre autres prestations toujours attendues dans tout l’espace du Rhin Supérieur.

Des Français, des Allemands, des Suisses pour célébrer le Royaume-Uni, à Strasbourg, dans un Palais des Fêtes- Art Nouveau - édifié sous l’annexion allemande, alors que ce sont des eurodéputés britanniques qui fomentent les complots contre la pérennisation du siège du Parlement Européen. Mais, on le sait, la magie de la musique gomme les acrimonies du jeu politique.

 Applaudissements sans retenue ! Sans rancune ! L’Europe unie est trop chère au cœur de tous ces Rhénans.

 Puisse la délégation anglaise conduite par un ministre Mr Eric Pickles, chargé des communautés et des administrations locale( le pendant de Philippe Richert en France), en rendre compte Outre-Manche et faire savoir même à la « City » que des hommes et des femmes offrent encore leur talent et leur temps pour la beauté et le plaisir sans escompte. Et qu’ils aiment les Anglais, en particulier les artistes.

Malheureusement la diplomatie musicale n’existe pas. Pour autant, le geste symbolique de la Philharmonie de Strasbourg doit être entendu. Qu’on y veille au COE !

 

Le scherzo de la symphonie est intitulé « the waves » et le poème s’achève par un appel « Vogue, vogue plus loin mon âme généreuse ». Les vagues devraient porter le message jusqu’à Brighton où les délégations des 47 pays du COE se réunissent du 18 au 20 avril 2012. Elles devraient parvenir à un accord sur une déclaration préalable portant sur un train de réformes de la Cour Européenne des Droits de l’Homme que préconise David Cameron avec des tonalités thatchériennes. Certaines sont d’ailleurs nécessaires, c’est vrai .

Mais il ne détient pas le diapason et on risque la cacophonie. Au final, c’est l’Assemblée Parlementaire qui tranchera dans la session du 23 au 27 avril.

 

Antoine Spohr. (article paru sur Médiapart)

 

*Un aperçu sur ce lien : http://www.coe.int/c/document_library/get_file?uuid=60bc9761-a95a-469d-9a41-0c58e584eb49&groupId=10227

 


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