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Accueil du site > Actualités > Politique > Les deux seuls genres en politique

Les deux seuls genres en politique

Ça ne vous aura pas échappé, à l’occasion des municipales 2008 nous avons assisté à une première en politique : en effet pour la première fois dans une élection française une force politique importante, le MoDem, n’a pas répondu aux schémas classiques d’alliances exclusives. Que ce soit dans ses alliances protéiformes - MoDem-PS, MoDem-UMP, MoDem-PS-PC, MoDem-PC, etc. - que dans ses choix d’autonomie justement en rupture au regard des stratégies ordinaires d’alliance avec l’un ou l’autre des deux courants idéologiques du paysage politique, à savoir la gauche ou la droite. Bayrou nous avait déjà fait le coup du « ni-ni », mais là on est plutôt dans le « ni-ni-et-et ». De quoi rendre un positionnement totalement incompréhensible et bien que les enjeux des municipales soient avant tout locaux, au plan national ça donne soit l’impression d’un machin politicien et opportuniste (pléonasme ?), qui cherche seulement à monnayer son petit capital de voix contre un maximum de sièges, soit d’un club de revanchards ayant perdu leur place ailleurs ou n’ayant jamais pu l’obtenir. Voilà en surface l’impression que ça peut donner. Mais au moins cette originalité a eu le mérite de faire apparaître un nouveau genre en politique, ouvert au dialogue à toutes les sensibilités ou refusant d’adhérer à une pensée lobbyiste. Car voilà finalement les deux seuls genres en politique : être démocrate ou faire du lobbying.

Commençons par le second genre, le seul finalement que nous ayons connu jusqu’ici : le lobbying. Qu’on ne s’y trompe pas, la gauche et la droite sont des dogmes lobbyistes qu’on pourrait vulgariser ainsi : d’un côté le lobby collectiviste de ceux qui n’ont pas les moyens de faire évoluer seuls leur condition (pas forcément les plus désœuvrés), de l’autre le lobby capitaliste de ceux qui ne souhaitent pas partager le fruit de leur labeur. Bien sûr à des degrés différents et dans un idéal plus ou moins radical. Plus largement, il existe de très nombreux lobbys, également présents dans le débat politique : les lobbys religieux, les lobbys syndicalistes, les lobbys indépendantistes, etc. Le principe du lobbying est simple : on attend de son combat partisan une victoire pour mieux servir son idéal et bien entendu ses intérêts individuels ou corporatistes, par exemple « si je vote pour la droite je payerai moins d’impôts ». L’activation d’un militantisme ou d’une sympathie lobbyiste peut se trouver également motivée par la volonté de combattre un lobbying antagoniste et d’en atténuer ainsi les effets : par exemple une frange non négligeable d’électeurs alterne un vote de gauche et de droite selon que la situation leur paraît plus à l’avantage des collectivistes ou des capitalistes, provoquant ainsi les nombreuses alternances gauche-droite au pouvoir. Le lobbying trouve souvent son origine dans la condition sociale, mais également dans l’éducation, dans son réseau ou dans l’extrapolation médiatique de certaines problématiques par exemple. En politique, le lobbying aboutit généralement à de l’immobilisme ou du réformisme sclérosant : en effet, lorsque les intérêts d’un individu ou d’un groupe d’individu sont menacés, le lobbying s’active soit par la grève, les manifestations, le vote sanction, etc. Du coup, le pouvoir est souvent contraint d’abandonner un projet de réforme ou de l’accompagner de mesures d’équilibrage qui annulent souvent le bénéfice général de ladite réforme. Bref, on n’avance pas beaucoup avec ce premier genre en politique qui, rappelons-le, est le seul genre que nous avons connu jusqu’ici et qui entretient un conservatisme de petit progrès, les promesses de grandes réformes aboutissant généralement à un pétard mouillé voire à une régression collective. Or, le monde connaît une évolution de plus en plus rapide et menaçante pour les équilibres fondamentaux, celui de l’environnement en premier chef. Donc, il paraît de plus en plus irresponsable car fatal de s’inscrire dans cette démarche de pensée lobbyiste dans laquelle on s’enlise sans inverser l’évolution négative et massive de la société. On savait le lobbying souvent utopique, mais le conservatisme qui en accepte le jeu l’est tout autant.

Or, il existe un nouveau genre en politique, celui précisément de François Bayrou et du Mouvement Démocrate. Bien que l’illustration n’ait peut-être pas été très claire jusqu’ici... Ce nouveau genre est pourtant simple : il s’agit d’être démocrate. Vous allez me dire : « mais nous sommes tous démocrates ! ». Pas exactement, car pour être réellement démocrate il s’agit de lutter contre tous les lobbys, y compris le lobby de sa propre pensée. Etre démocrate, c’est considérer le peuple et son évolution dans son ensemble, dans l’intérêt général, donc en faisant abstraction de ses propres idéaux personnels sur des sujets précis et bien entendu de ses propres intérêts individuels. Plus compliqué déjà. Mais pas en faisant abstraction de ses connaissances et de son expérience, surtout pas, car être démocrate c’est accepter le dialogue et y contribuer du mieux possible, en apportant des arguments objectifs, des éclairages empiriques, des raisonnements logiques. Le démocrate ne se pose pas la question de savoir si une solution est plutôt de gauche ou de droite, plutôt comme ci ou comme ça, il se demande simplement s’il s’agit d’une bonne solution et surtout de la meilleure. Et méfiez-vous des renards à plumes ! Car beaucoup se revendiquent de l’ouverture, de l’humanisme, etc. En réalité, dès que vous abordez un sujet précis qui touche le lobbying persistant de leur propre pensée, ceux-là mêmes qui se disent démocrates ferment rapidement la discussion. A l’aide d’exagérations fantasmagoriques - « on va tous finir comme ci ou comme ça », de références littéraires ou cinématographiques - Bienvenue à Gattaca, 1984, etc., d’illustres et funestes références historiques comme le nazisme ou les révolutions communistes - principe du point Godwin, ou bien en s’appuyant sur de fausses données scientifiques. Dès lors, le ton monte, le dialogue tourne court et le lobbying triomphe. Pas facile d’envisager qu’une mesure démocratique ne soit pas à leur avantage personnel ou à celui de leur corporation. Pourtant, il en va de la survie collective et au regard de la gravité des bouleversements actuels, il faudra bien accepter le dialogue et l’ouverture d’esprit, pour le bien de tous et non plus seulement de sa propre personne. Sinon, par la force des choses sur lesquelles nous n’agissons plus, nous y perdrons tous chacun notre tour et au final dans notre ensemble.

La démonstration politicienne du MoDem aux municipales aurait certainement mérité une meilleure explication au préalable, voilà qui est fait. Maintenant, à l’heure où 90 % des électeurs se portent encore vers un genre lobbyiste, le développement du vote démocrate serait une véritable révolution, une révolution démocrate.


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18 réactions à cet article    


  • Gzorg 18 mars 2008 11:55

    Texte pauvre, Circonvolution intellectuel qui n’atteind pas son but !

    L’ideologie du modem poussée a l’extreme , c’est tout le monde il est beau il est gentil, tout le monde il travaille ensemble pour le bien commun, tout le monde il est d’accord et il vote pareil...

    Dans le monde bisounours de Mr Bayrou , les électeurs n’ont plus besoin de voter puisque tout le monde se tiens par la main et chante autour du feu de joie dans la communion et les ponts entre les hommes...

    Bizarre moi je trouve que ca pue le faschisme anti démocratique, le bayrouisme aboutis !

     

    Pas vous mr l’auteur ?


    • Yann 35 Yann 35 18 mars 2008 13:05

      Si Chirac a dit au moins une chose intéressante pendant ses mandats de Président de la République c’est bien celle-ci : "En France nous n’avons pas une culture de dialogue mais une culture d’opposition". Dès lors je comprends parfaitement votre réaction qui s’inscrit bien dans cette banalisation de l’affrontement au lieu de rechercher la réflexion collective. Il n’est pas souhaitable du tout que nous pensions tous la même chose mais il serait en revanche salutaire que nous acceptions l’égalité inscrite dans notre devise, à savoir un citoyen = une voix dans le débat démocratique, pour que les décisions correspondent à l’expression majoritaire sans être perverties par les interactions lobbyistes. Mais encore une fois, à l’heure de l’individualisme voire de l’égoïsme sociétal je suis d’accord que c’est un voeu pieux mais je me refuse à la résignation, au cynisme qui voudrait que puisque les autres ne défendent que leur gueule je devrais défendre uniquement la mienne, ça c’est la politique du "sauve qui peut", celle que nous connaissons actuellement et qui accroît les inégalités de manière stupéfiante.


    • Bulgroz 18 mars 2008 12:09

       

      Les élections municipales étaient un piège pour le MoDem et une trappe pour son leader Bayrou. Celui-ci, coincé entre à gauche un groupe socialo-communiste et à sa droite un transfuge consanguin PS UMP, prenait un risque, tout à son honneur, et un pari assez fou, mais avec panache. Il a eu le risque et perdu le pari. A-t-il tout perdu et emmené dans sa chute le MoDem, d’autant que Sarnez n’a pas fait bonne figure à Paris ?

      Le piège s’est refermé. Ce n’était pas un simple piège à loup à deux mâchoires : le PS et l’UMP, il était à tant de niveaux qu’il en embrouille toute réflexion. C’était un piège car le Mouvement Démocrate avait d’un côté une jeunesse brouillonne, même si cette jeunesse est pleine de vivacité, elle est aussi pleine d’inexpérience, d’attente vigoureuse, de volonté de tout bousculer. Il est extraordinairement difficile de préparer en si peu de temps des élections municipales qui nécessitent un enracinement local, des compétences tant en gestion qu’électorales, et des candidats en nombre suffisant. A cette difficulté dont il fallait impérieusement trouver des parades s’ajoutait un mélange d’eau et d’huile qui peine à prendre : les anciens UDF et les nouveaux arrivants.

      Mais les uns et les autres ne sont pas des groupes uniformes. Il y a des rigides dans chaque camp, des intolérances, des aveuglements, des volontés d’absolu ou de compromis qui s’opposent. Il y a aussi des situations qui diffèrent. Il n’est pas anormal dans l’absolu, si on a été élu, si on est honnête et compétent, si on a bien travaillé de se présenter à nouveau. Il est facile pour l’impétrant de vouloir tout mettre sens dessus dessous et de jeter le bébé avec l’eau du bain. Il est évident que les campagnes et les pré-campagnes ont donné lieu à des frictions, des défections, des déceptions. Il est tout autant évident que les stratégies locales ont été différentes à chaque fois et que les raisons des choix ont fait entrer tant des positions de principe que des rapports d’hommes auxquels se sont mêlés des tactiques ou des stratégies politiques. En d’autres mots, cette élection entraînait congénitalement pour le MoDem un grand bazar.

      Il y a ce fait incontournable : un désordre brownien, mais sous ce désordre il y a un point intangible et rassembleur la volonté d’exister dans une ligne de conduite claire : sa propre ligne politique en n’étant plus jamais le supplétif ni du PS ni de l’UMP. Cela est la colonne vertébrale, les muscles étant une philosophie humaniste dans une économie libérale que l’on veut plus juste et plus honnête et dans laquelle la valeur n’est pas l’argent, mais l’homme. En fait, le MoDem c’est exactement comme du sang qui circule dans les veines : il y a du sérum, des globules blancs, des globules rouges et si on regarde de près cela bouge dans tous les sens, mais le sang lui circule et va bien du cœur gauche par les artères puis les veines au cœur droit. A ces difficultés intrinsèques et temporaires car le temps et l’énergie vont y mettre de l’ordre - il restera toujours des problèmes, aucun corps en vie n’existe sans de petits soucis - s’ajoutent une extraordinaire mauvaise foi tant des politologues que des journalistes et bien évidemment de l’UMPS. Quelques preuves : Vautrin contre Dutreil : n’est-ce pas une bataille fratricide entre deux UMP ? Ne parlons ni de Neuilly ni de Paris ni de Saint-Nazaire ni de Boulogne ni de Saint-Germain, ni de Nice, etc. Le nombre de villes où l’UMP s’est déchirée est hallucinant. Qu’en dit la presse ? Rien ou si peu.

      Du côté socialiste, cela a été le cas de nombreuses fois, il y a eu aussi la guerre avec les Verts, des PS contre des PC, des Verts contre des PC. Il y a eu au second tour des alliances PS-PC-Verts, des alliances PS-MoDem (Lille, Marseille). De même il y a eu des alliances UMP-MoDem (Toulouse). On peut donc dire en toute objectivité, ces élections municipales ont été l’occasion d’un énorme bazar dans tous les partis tant à l’UMP au premier et au second tour, qu’au PS, que chez les communistes et les Verts. Mais que retient de tout cela la population orientée par les déclarations du PS, de l’UMP et de la presse : que seul le MoDem n’était pas clair. C’est tout. Seul le MoDem était incohérent. Pour corser le tout la comptabilisation était rigoureusement impossible tant au premier qu’au second tour. Ce qui n’a pas empêché en toute mauvaise foi le ministère de l’Intérieur de comptabiliser d’une part les conglomérats de tendance (droite et gauche) et le seul MoDem comme parti.

      Par ce biais immonde, on a voulu démontrer la destruction du MoDem par son inefficacité électorale. Bien entendu cela est faux sur le plan mathématique pure pour le seul MoDem comptabilisable, mais étant donné que cette élection n’est qu’une élection de liste - profondément différente d’une liste d’élection nationale ou régionale ou même départementale à la proportionnelle comme les européennes par exemple - ceux qui la composent ne peuvent se comptabiliser. C’est une palinodie de le faire. C’est comme MAM qui annonçant les résultats le soir du premier tour ne pouvant parler des municipales dit quand même pour le seul MoDem que c’est un parti sans ligne "idéologique" (c’est insensé, faux, méprisant et scandaleux de la part de ce ministre) et continue son petit jeu en indiquant le MoDem (toujours seul parti à être individualisé) à un peu plus de 3 % pour les cantonales. Elle ne cite nullement le score de là où se présentent les candidats, qui serait le seul valable, mais ramène les voix des candidats à tous les cantons encore en lice. Une belle nouvelle désinformation. L’Etat à son plus haut niveau veut tuer le MoDem. Il est certain que ce contexte de pensée unique, avec les médias complices, est un handicap sérieux, mais non définitif car les électeurs des cantons concernés, eux, voient autre chose.

      Que reste-t-il de tout cela ? Beaucoup d’énergie dépensée, beaucoup d’espoir mis dans une éventuelle victoire, pas mal de déception. Et une défaite qui n’est ni absolue car de nombreuses villes ont échu au MoDem, un nombre certains de conseillers également ni rédhibitoire. En ce qui concerne Pau, Bayrou a pris un risque et tout à son honneur a refusé un accord national. Il paraît perdant - ce qu’il est pour la mairie - il ne l’est pas à moyen terme car restera non son échec - même si on se chargera bien de le lui rappeler - mais son courage et de ne pas s’être compromis nationalement. Ce qui sera prouvé et puis su dans l’avenir c’est le stratagème de Minimo contre Bayrou. Comme le révèle Le Monde d’abord il a choisi un candidat pour Pau (Yves Urieta) selon une cellule mise en place spécialement pour descendre le leader du MoDem ( Décidé à réduire celui qu’il [Bayrou] considérait alors comme son plus dangereux adversaire, il [Sarkozy] a dès l’automne 2007 mis sur pied un dispositif destiné à empêcher l’ancien candidat à la présidentielle d’accéder à la mairie de Pau. C’est dans son bureau de l’Elysée et en présence d’Alain Marleix, le "M. élections" de l’UMP, que s’est prise la décision de mettre les moyens du parti présidentiel au service du maire sortant (ex-PS, fabiusien), Yves Urieta, que le décès d’André Labarrère, en mai 2006, avait propulsé à la tête de l’hôtel de ville ). Ensuite il utilise à ses fins personnelles tout l’appareil de l’Etat pour venir soutenir le candidat consanguin, la petite main qui tient le couteau damasquiné.

      Et enfin selon la bonne vieille technique du RPR il fait voter les militants UMP pour la candidate socialiste afin de le faire battre (Entre les deux tours, Le Monde a eu confirmation que le secrétaire départemental de l’UMP, Jean Goujy, et ses fidèles faisaient le nécessaire pour que quelques paquets de voix "uriétistes" se portent sur la candidate d’union de la gauche.). Ceci prouve que Bayrou pouvait gagner dans un combat singulier, mais non quand l’arbitre modifie en cours de route les règles du jeu : un vote sincère. Cela prouve la petitesse de notre président qui s’occupe des bases besognes au lieu de se préoccuper de la France et de ses administrés, n’accepte pas la démocratie et qui en bafoue chaque jour les règles : critique du Conseil constitutionnel avec tentative de détourner ses avis, mélange des genres entre l’exécutif et le législatif, mariage illégal car non public et bourrage d’urne par militants interposés, bourrage pour une socialiste par des affidés qui haïssent le socialisme... Cette bataille perdue par la tricherie démocratique est une médaille qui coûte chère, mais n’est-ce pas là la raison des médailles ? Cette médaille renforcera la vision que les militants, ceux qui vont bâtir le nouveau mouvement, ont de leur leader : celui qui ne cède pas devant les machines qui écrasent, celui qui au risque de perdre reste droit dans ses bottes, celui qui suit sa ligne de conduite. Certains le diront têtu, d’autres persévérant et digne. Il creuse son sillon. Le pire est passé. Il y avait un autre écueil dans cette élection, un écueil sociologique.

      Les Français même si progressivement ils adhèrent de plus en plus intellectuellement à l’idée du Mouvement Démocrate d’un gouvernement ou d’une manière de gouverner différente, ne le traduise pas encore en vote. Il faudra plus de temps pour que ce cap soit franchi par une foule plus nombreuse. Si cela arrive. Car rien n’est certain, même si le pire n’est pas le plus sûr. En tout cas, le grand bazar qu’ont été ces élections est une preuve par l’absurde que les lignes bougent contre toutes les déclarations des leaders politiques et des experts. C’est le terrain lui-même par les multiples et innombrables combinaisons qui en est une preuve éclatante et que devraient retenir nos journalistes plutôt que de ne se focaliser que sur le flou supposé du MoDem. Cette défaite, qui est loin d’être une Bérézina pour le MoDem, est à l’image de la victoire de Pyrrhus, une défaite à la Pyrrhus : une défaite qui entraînerait une victoire à l’opposé d’une victoire si chère qu’elle en serait une défaite. Il me paraît que de cette élection le MoDem va sortir, dans un temps plus ou moins court, renforcé. S’il ne se désintègre pas, ce qui est somme toute possible, il va se trouver à l’avenir dans une situation beaucoup plus favorable :

      1- Les futures élections sont à la proportionnelle. Plus besoin d’alliances. Plus d’image troublée notamment par les exagérations de l’UMPS renforcées par la presse qui ne contrebalance jamais par les désordres béants qui se passent tant au PS qu’à l’UMP ;

      2- Les idées du MoDem vont pouvoir s’exprimer dégagées des obligatoires combinaisons ;

      3- Un sondage à l’issue de ces municipales qui regardé d’un premier coup d’œil paraît négatif indique que seulement 31 % des Français ont considéré que la stratégie du MoDem correspondait à sa philosophie et était sincère (53 % des électeurs du MoDem) et 60 % que c’était une stratégie opportuniste. Si on analyse diversement ce sondage, on peut y voir deux choses. La première est que l’ambiance générale tant du côté de l’UMP que des journalistes et de dire que cette stratégie est floue et opportuniste. Ce qui fait que c’est une idée dominante. Le second point c’est que 31 % de l’ensemble des Français c’est bien plus que n’a fait Bayrou aux élections présidentielles et donc que c’est dans ce sens plutôt une excellente nouvelle même si c’est à modérer par le fait que seuls 53 % des électeurs de ce parti sont dans ce cas. Cela veut dire qu’il y a des électeurs UMP (18 %) qui considèrent le MoDem comme sincère. Idem du côté socialiste. On le voit ceci est un socle pour continuer ce chemin dans cet environnement subjectif extraordinairement hostile ;

      4- Non seulement le PS ne fait pas sa mue, mais ses militants et ses sympathisants se tournent vers des alliances de la gauche, l’appareil n’est pas prêt à faire une révolution, mais en plus si jamais on dit que c’est le bazar au MoDem il suffit de regarder le nombre de postulants au PS pour se rendre compte qu’il vaut mieux un seul leader avec un seul programme. Qu’y a-t-il de commun entre Strauss-Khan qui garde un œil du haut de son fauteuil monétaire, Royal qui se sent pousser des ailes et qui prône une alliance avec le MoDem, Hollande qui refait surface, Fabius qui parle de plus en plus, Lang qui se croit éternellement un destin, Moscovici qui cache son ambition dans sa barbe naissante et Vals que l’on dit brillant etc. Beaucoup de monde non ? ;

      5- A la suite de la défaite de la droite on se rend compte que l’union de façade se lézarde à l’UMP. Là aussi c’est un désordre grandissant, désordre que la presse relève bien moins que celui du MoDem. D’un côté, Fillon dit que ce n’est pas un avertissement et qu’il faut foncer, d’un autre Raffarin dit qu’il faut aller vers le centre, Balkani veut la peau de Devedjian, le député Tron, villepéniste, se lâche contre les sarkozyste en disant que leurs déclarations sont ahurissantes et aveuglées, Sarkozy lui-même ne sait plus où il habite : il devait y avoir un remaniement ministériel de faible envergure, mais en poursuivant l’ouverture. On constate que c’est plus d’UMP encore.

      Et il faudra bien qu’un jour ce gouvernement rende des comptes concernant les deux points suivants :

      a- confusion qui s’accentue entre le législatif et l’exécutif. Pourquoi ces ministres sont-ils candidats aux municipales ? Nous devions un jour imposer l’interdiction à tout ministre ou secrétaire d’Etat de se présenter à quelque élection que ce soit. Que veut dire un Estrosi qui quitte son poste de ministre ? Cela ne lui plaît pas ? Pourquoi a-t-il été ministre ? Qu’en est-il de la continuité de son travail ? Et, à l’inverse, pourquoi un ministre se présenterait-il ?

      b- pendant quinze jours, les ministres qui étaient candidats aux législatives n’ont pas travaillé pour leur ministère. Non seulement ils n’ont pas fait leur boulot, mais en plus ils ont été payés par la République pour faire leur campagne. Pendant ces municipales cela a été pire ! Où était le gouvernement ? Et les 22 ministres en campagne ? Que sont devenues les réformes urgentes pendant trois semaines. Puis, entre les deux tours, les gagnants sont allés aider ceux qui repiquaient au jus. Et le premier d’entre eux qui a mouillé sa chemise. De quel droit a-t-il utilisé sa rémunération de Premier ministre ?

      Sarkozy et Fillon nous avaient annoncé un gouvernement qui travaillerait à fond et résultat des courses ils sont en campagne. C’est assez inimaginable que pas un journaliste ne leur ait systématiquement fait la remarque ni même du reste l’opposition. A ce propos, l’argument du local était à mourir de rire car si on suivait l’argument de Fillon, que c’est un résultat local cela a pour directe conséquence de dire que tous les maires de droite qui ont perdu sont donc des mauvais maires qui ont mal géré, donc que l’UMP comporte un nombre élevé de nullités élues puis battues. Il reste en conclusion que ce second test encore plus difficile en matière d’organisation que le premier (les législatives) est sans aucune comparaison bien meilleur. Il y a un espoir raisonné d’un avenir plus souriant pour le MoDem et pour François Bayrou, même si cette traversée du désert va commencer à peser assez lourdement. Si la chute ne tue pas elle endurcit.

       

      Vive le merdem

      Imhotep (l’un des 3 auteurs merdemistes du jour)


      • Yann 35 Yann 35 18 mars 2008 13:24

        Bravo, j’approuve totalement cette longue analyse !


      • LE CHAT LE CHAT 18 mars 2008 12:37

        et le modem , c’est pas un lobby pour promouvoir le produit Bayrou peut être ?


        • Yann 35 Yann 35 18 mars 2008 13:11

          C’est ce que beaucoup disent, que le MoDem n’a été créé que pour servir le dessein présidentielle de Bayrou. J’avoue ne pas m’être trop penché sur cette idée reçue, en tout cas je peux vous assurer que je me suis engagé au Mouvement Démocrate pour rejoindre des milliers d’adhérents et porter ensemble un projet nouveau pour la France, dès maintenant et pas seulement à partir de 2012. Je ne suis pas un gogo de Bayrou, je suis dans un mouvement dont il est le président et ça tombe bien puisqu’il a en général les mêmes positions que moi, mais ça m’arrive de le désapprouver comme pour sa candidature à Pau. Enfin j’ai participé à la campagne municipale à Rennes (MoDem à 12% au 2ème tour) et je peux vous assurer qu’il a été très peu question de Bayrou ces derniers mois et qu’il nous a laissé totalement libres de conduire la campagne comme nous l’entendions. Le problème est qu’il est quasiment la seule personnalité médiatique du MoDem, d’où le sentiment que le mouvement est sa chose à lui et rien qu’à lui.


        • bernard29 candidat 007 18 mars 2008 13:33

          Le premier projet d’un "mouvement Démocrate" ou comme vous l’expliquez d’un mouvement DES DEMOCRATES" serait me semble t’il de conduire un vrai combat et une vraie proposition de réforme des institutions basée sur des principes d’une démocratie citoyenne. Et de s’y tenir. C’est le minimum. De ce point de vue, il sera intéressant de voir la détermination, le positionnement, l’engagement du MODEM lors du débat qui va venir sur la fameuse réforme des institutions ( comité Balladur).

          Il serait incompréhensible que le MODEM laisse passer cette revision constitutionnelle si trois points qui étaient inscrits dans le Projet présidentiel du MODEM ne sont pas retenus ; (interdiction du cumul des mandats et fonctions, dose significative de proportionnelle, nécessité d’un référendum pour toute revision constitutionnelle). 

          C’est le minimum. On va bien voir si le MODEM sert à quelque chose.


          • Bulgroz 18 mars 2008 13:55

            CONGRÈS DU PARLEMENT - SÉANCE DU 04/02/2008

            SCRUTIN PUBLIC SUR le projet de loi constitutionnelle modifiant le titre XV de la Constitution.

            Nombre de votants : 893

            Nombre de suffrages exprimés : 741

            Majorité requise : 445

            Pour l’adoption : 560

            Contre : 181

             

            DEPUTES NON INSCRITS (7)

            Pour : 3

            dont François Bayrou

            Contre : 4

            dont Jean Lassalle


            • Yann 35 Yann 35 18 mars 2008 16:21

              Au moins ça prouve que chacun est libre au Mouvement Démocrate et que toutes les sensibilités sont représentées.


            • Yann 35 Yann 35 18 mars 2008 16:45

              Aprsè vérification Bulgroz, le texte voté dont vous nous donnez les résultats n’a rien à voir avec le projet de réforme constitutionnel, il s’agit du vote pour introduire le traité européen dans la constitution.
               


            • Bulgroz 18 mars 2008 17:39

              Yann 35,

              Désolé, vous vous trompez, il s’agit bien du vote du Congrès du Parlement à Versailles, d’ailleurs, le nombre de votants indiqués dans mon post (893) aurez du vous le faire comprendre.

              http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2007-2008/99020416.asp#P88_15466

               

              Congrès du Parlement

              Séance du lundi 4 février 2008

              ANNEXE AU PROCÈS-VERBAL
              de la séance du lundi 4 février 2008

              SCRUTIN PUBLIC

                sur le projet de loi constitutionnelle modifiant le titre XV de la Constitution.

                    Nombre de votants 893

                    Nombre de suffrages exprimés 741

                    Majorité requise 445

                    Pour l’adoption 560

                    Contre 181

                Le Congrès du Parlement a adopté.

              ANALYSE DU SCRUTIN

               

              Députes non inscrits (7) :

                Pour  : 3. – MM. Abdoulatifou Aly, François Bayrou et Thierry Benoit.

                Contre  : 4. – Mme  Véronique Besse, MM. Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle et François-Xavier Villain.

               


            • Massilia 18 mars 2008 16:43

              Très bon article, qui rejoint bien le sens de mon engagement : le modem est le seul parti à réellement oeuvrer pour l’intérêt commun. Le jour où cette idée aura progressé dans l’esprit des gens (qui associent encore trop souvent, et à tort, l’intérêt général à la gauche), nous aurons réellement réussi à imposer notre mouvement. Mais que la route est longue et semée d’embuches !


              • Le péripate Le péripate 18 mars 2008 18:23

                Voyons voir : si je préfère la choucroute à la pizza, la pizza au cassoulet, rien ne dit que je préfère la choucroute au cassoulet... comment donc définir l’intérêt général ? Malgré cela, vous êtes persuadé que l’esprit est capable de l’appréhender. À moins que vous soyez une croyante du milieu ; à un carrefour, entre trois chemins, vous prenez toujours celui du milieu, entre une bonne et une mauvaise solution, une troisième, ni bonne, ni mauvaise... on n’est pas sorti de l’auberge !


              • heyben 18 mars 2008 20:53

                "aimer plus que" est une relation d’ordre et est donc transitive, la base de votre réflexion est biaisée.


              • vivelecentre 18 mars 2008 21:33

                de toute façon , une page se tourne,

                les Français se lassent du modem qui tourne en rond et se mort la queue en permanence, de l’incompréhensible stratégie qui se résume par le programme unique "Bayrou President" !

                Il ne se passera rien de très nouveau de ce coté là, Bayrou cherchera toujours les coup d’éclats, les grandes indignations au moindre prétexte

                Ce qui va maintenant intéresser dans la vie politique française sera la terrible bataille qui se prépare au Ps pour le leader ship et le chemin de 2012

                Malgré les espoirs du Bearnais et pour un parti qui serait d’après vos commentaires un champ de ruine, c’est quand même le grand vainqueur de ces élections

                Le Ps a une puissance de feu colossale !

                - la majorité des villes de plus de 20000 habitants et notamment les plus grosses, Paris , Lyon Lille, Toulouse, Strasbourg , Nantes ( sauf Bordeaux , Marseille et Nice)

                -la majorité des conseils généraux avec des barons puissants

                -20 régions sur 22

                Pas mal quand même ce qui est un "vivier" fantastique en personnalité de tout genre

                Bayrou et De Sarnez, a la t^te d’aucune collectivité sont bien loin !

                Avez vous regardez le débat sur France télévision ?

                Il fallait voir les expressions de Moscovici, Vals ou Lang pendant la déclaration de Royal

                Hollande ou fabius pas en reste, d’autre encore auréolés de leurs succès et de leur puissance ( Aubry, etc)

                Apres trois élections présidentielles ratées, le puissant Ps ne va pas laisser passer l’occasion

                ca va saigner !!! Le combat entre les prétendants va être spectaculaire et surtout occupé la scène pendant les prochaines années

                A droite non plus , il ne faut pas croire que la génération des quadras montante va limiter ses ambitions

                Ne sous estimons pas les capacités de rebond de Sarkozy, la conjoncture se retournera vraisemblabement avant 2012..

                Avec ce renouvellement considérable de la classe politique, 2012 nous n’aurons pas les conditions exceptionnelles de 2007 ou le rejet d’un duel annonçé, de deux personnalités trop mediatisés a favorisé la recherche et l’émergence d’un troisième homme ( candidate socialiste contestée , candidat de droite diabolisé)


                • FAZ21 18 mars 2008 23:32

                  On peut, sur le plan intellectuel, regretter le manichéisme de l’article qui semble dénier finalement à toute personne se réclamant de la gauche comme de la droite une vraie passion pour l’intérêt général au delà de son intérêt particulier et/ou de son activité "lobbyiste".

                   

                  On peut aussi être un peu attendri par la vision d’un François Bayrou, déjà vieux grognard de la politique, qui serait récemment et uniquement touché par la grâce de la troisième voie (ou plutôt de la deuxième façon de faire de la politique) et dont l’objectif ultime ne serait pas (même, à l’instar de son sujet littéraire Henri IV, au prix d’une messe...) de se forger un destin national sur la base d’une nouvelle organisation politique faite de nouveaux enthousiasmes.

                   

                  Il n’en est pas moins rafraîchissant de constater que beaucoup de personnes, souvent jeunes, mettent leur idéal au service de l’ouverture d’esprit, du dialogue sans a priori, et de la primauté du bon sens sur le dogme.

                   

                  C’est sans doute pour cela que le moins jeune sceptique que je demeure a rejoint leur groupe... ne serait-ce que pour ne pas être absent de cette tentative qui a peut-être une chance de porter quelques fruits positifs dans l’inconscient politique collectif.

                   

                  FAZ21


                  • misol misol 19 mars 2008 00:22

                    pour servikr à quelque chose au Modem notamment pour ce qui est des institutions ill faudrait en avoir la possibilité.. or, le Modem n’a que 3 députés à l’assemblée, ... il sera difficile de juger le Modem sur ce chapitre. Par contre, il est possible à ce sujet de lire le proje du Modem (François Bayrou) dans son livre "projet d’espoir"


                    • Internaute Internaute 23 mars 2008 11:02

                      « Mais au moins cette originalité a eu le mérite de faire apparaître un nouveau genre en politique, ouvert au dialogue à toutes les sensibilités ou refusant d’adhérer à une pensée lobbyiste. Car voilà finalement les deux seuls genres en politique : être démocrate ou faire du lobbying. »
                      *

                      *
                      L’ouverture au dialogue et aux sensibilités a été faite au préalable par Sarkozy. Bayrou n’a fait que reprendre l’idée.
                      *

                      *
                      Votre dichotomie du genre politique est plutôt surprenante car en ce moment le choix se limite aux nationalistes et aux mondialistes. C’est quoi un démocrate ? Insinuez vous que ceux qui font du lobbying ne sont pas démocrates ? Faites attention de ne pas vous faire traiter d’anti-sémite.
                      *

                      *
                      Le pemier paragraphe qui classe aussi définitivement les gens dans des petites boîtes m’enlève toute envie de lire la suite. La gauche défendrait les ouvriers et la droite les patrons. Où placez-vous le Front National dans cette étroitesse d’esprit ?

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Yann 35

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