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Les élections de la Misère

Souvenez vous de ce « pauvre » du Supermarché qui fût tué en début d’année. S’il aura sans doute sauvé son âme, il nous interpelle encore symboliquement sur l’Ethique perdue marquant notre société. Le « vivre ensemble » semble ne plus être qu’un gadget de communication politique, comme jadis la noble notion de « proximité ». Il ne pourra plus jamais se rendre au bureau de vote. A nous de le faire pour lui. Ailleurs certains meurent pour pouvoir voter, sous la dictature. Cette barbarie dont il fût victime, ici, nous en sommes tous responsables. Certains songent à juste titre à « voter en touche » lors des scrutins. Est ce la solution ? Bien sûr que non.

Quoi qu’il en soit, nos élections tendent à devenir celle de la Misère (morale, politique, sociale, citoyenne...). S’engager à nouveau, à quelque niveau que ce soit (associatif etc) s’impose en sursaut de survie collective, et personnelle.

Au seuil de 2010 un mendiant était donc tué dans un Supermarché pour avoir trop rêvé de quelques canettes de bière destinées à atténuer sa misère. Il ne volait pas une Rolex ! Depuis, nos banquiers ont recommencé à jouer au Monopoly avec le milliard d’euros (et des poussières !) que notre Gouvernement a su leur fournir. A la Bourse, leurs actions battent tous les recors. Ils s’amusent. Depuis la-Haut, l’Abbé Pierre lance toujours son appel… « Un homme est mort cette nuit, un innocent, un pauvre, sous les coups de la bêtise sadique et aussi impitoyable que la société tend à la devenir ». Chaque nuit en France, des malheureux ne verront plus jamais le jour, le matin venu. Depuis, au passage devant les esclaves caissières certains continuent d’accumuler des tonnes d’achats si offensantes pour tant de victimes de la Crise et du système. Au moment de voter, ou pas, souvenez-vous…qu’il y aurait officiellement 7 à 8 millions de gens « vivants » sous le seuil de pauvreté dans notre pays comptant parmi les plus riches du monde. Le chômage ? Rendez-vous un lundi matin dans un bureau du Pôle Emploi, des files d’attente comme à la soupe populaire...On nous parle plutôt du couple Présidentiel qui battrait de l’aile… Pourtant « Carla c’est du sérieux ». En effet, la politique, c’est sérieux. Que deviens-tu peuple de France ? ! Pays de Voltaire et d’Hugo, ta télévision n’est qu’une cour d’école de starlettes incultes et d’animateurs sortis précocement du collège (recrutés sur le niveau de « mœurs » requis), tant de pseudo-écrivains éternellement bronzés s’auto-définissant eux même d’abord, comme « médiatisés ». Ce serait la qualité suprême. Faute d’avoir du fond, l’image.
Souvenez-vous…plus encore les jours de scrutins, de ce mendiant torturé sous les caméras plus attentives que bien des clients, un jour de fête. Cette image est le miroir dans lequel nous évitons encore de nous regarder. Mais jusqu’à quand ? Personne ne peut plus ignorer dans notre beau modèle « libéral » (détournement habile de la noble valeur de liberté), que chacun peut rapidement devenir ce pauvre là. Nous savons aussi, désormais, que nous pourrions faire cesser la misère, ici et ailleurs, en quelques jours. Il suffirait de consentir au même effort que celui que nous avons su faire pour alimenter le nouveau boursicotage des traders. Au royaume de la rentabilité et de la consommation de tout et de tous, chacun doit faire du chiffre, sauf à ne plus pouvoir compter sur personne. Les valeurs ? Seules importent celle de la Bourse. La famille ? À trop vouloir se recomposer (peut-on « recomposer » Mozart ? le Ciel ? l’Amour ?) elle est en pleine décomposition. La société l’est plus largement encore.
 
Souvenez-vous chers collègues générationnels des plus de 35 ans, vous aimiez et respectiez vos mamies chocolat...A présent, l’entrée dans la société s’apparente à celle de nos discothèques. Il faut être jeune et beau, riche surtout. Nos mamies que l’on bouscule et condamne à se cloîtrer chez elles dans le recoin de leur petite retraite ? Elles n’auraient jamais pu imaginer qu’il y ait ici un jour autant de pauvres, de gens privés d’emplois, des gamines ou plus âgées vêtues en journée comme les prostituées des années soixante dix…Dire cela est devenu vulgaire, surtout à l’heure ou les enfants gâtés du modèle « Nouvelle Star » gagnent 120.000 euros par mois pour présenter un banal télé-crochet. La grossièreté n’est pas toujours visible à première vue. Les amis ? Quelle est donc cette chose surannée mutée en « relationnel » dans la même logique du système. Chacun est ainsi invité à avoir un « réseau », comme jadis pour les lignes téléphoniques. Les Gouvernants font la causette sur Facebook. Notre démocratie est formidable ! Désormais, l’amitié se fait comme on fait ses courses. Chacun peut évaluer le produit qu’est l’autre sur le mur qui s’affiche. Il faut faire le mur, comme le trottoir. On choisit ses « amis » comme on essaye ses « amours » mythiques et préétablis par critères de sélection mutuellement consentie. Chacun prospecte dans son rayon. Il y a les sites « class » et « branchés » comme on trouve les quartiers et restos chics. Les « banlieux-dating » se font rares et se cachent, avec le pauvre du Supermarché.
 
Que vous alliez voter ou pas… pour ce modèle là ? Le progrès ? Pour qui et en quoi ? Bien sûr, la morale y est devenue un vilain mot. La Culture est festive, ou ne sera pas. Pour rentrer dans le petit écran notre ami et bouc émissaire du moment, Eric Zemmour, est donc invité à garder la sienne pour lui. Les belles lettres et la réflexion, c’est réac ! La télévision va vite, et surtout pas à l’essentiel. Les animateurs de grande surface médiatique s’improvisent journalistes. Merci monsieur Zemmour ! Même si le vote est secret (surtout le comptage), quel pourrait bien être le vôtre…Pour la nouvelle SFIO de la rue de Solferino ? Pour cette écurie fraternelle de jeunes déjà vieux ivres de pouvoir et avides de places, conjoints à de grands maîtres dinosaures ? Pour la bobologie ? Non, bien sûr. Nous savons et partageons votre respect pour la Gauche Républicaine, juste et généreuse. Existe-t-elle encore ? Je ne sais plus. Voter pour les faussaires du Gaullisme ? Pour la droite américaine panachée de gauche caviar ? Pour le Front de Gauche qui nous réchauffe du Mai 81 ? Comme si nous pouvions nous faire avoir à nouveau… Pour le NPA ? Nulle part ailleurs, il se rencontre encore une telle pipérade troskopathe ! Du reste, notre ami facteur révolutionnaire se fait bien discret, à croire qu’on l’a invité à rester dans sa boite aux lettres. Pourtant, la crise est impitoyable, contexte logiquement idéal pour la « révoluçion » ! Voter pour « Europe Machin » fabriquée de toute pièce pour freiner le Modem (le Moudem ? ) et le PS… ? Merci Mai 68, outre ta jolie romance d’enfants gâtés et bien pourris depuis, nous avons tout à réinventer sur ton champ de bataille et d’illusions adolescentes perdues. Non merci.
 
Les jours d’élection, souvenez vous…d’abord de ce pauvre mendiant assassiné dans notre Supermarché. Cette image d’une société qui marche pas super…c’est nous ! Pourtant, il voulait juste « à manger et à boire » comme on nous le chante chaque début Mars aux Restos surchargés du cœur médiatique, faisant l’audience de TF1. Souvenez-vous… En perpétuelle campagne, les politiques ne maintiennent finalement qu’un discours, la réalité leur échappe. Et cette réalité s’aggrave. Ils distribuent des images. Avec plutôt 12 à 16 millions de pauvres, 6 à 7 millions de chômeurs non officialisés pour ménager le brave peuple, nous allions vers « l’année du renouveau » disait notre Président (pas pire qu’un autre). Ses prédécesseurs nous ont chanté le même refrain du « retour de la croissance ». Il y avait « les prémices » de la reprise, sans doute celle des chaussettes des pauvres !
 
Il fait de plus en plus froid les jours d’élection. Les gens vont rester chez eux. Pour éviter toute révolte dans les urnes, l’appel à l’abstention est général ! Au mieux, le vote « Europe Machin » est promu. Le PS aurait malgré tout à garder les régions selon la répartition tacite convenue des privilèges du Pouvoir. Aux uns, le pouvoir national, aux autres, le local. Gardons qu’au PS, on sort toujours les moins pires quand tout est perdu, de Bérégovoy à Aubry. Nous admirons le père de cette dernière. Son choix de ne pas se présenter nous interroge toujours. Certains ne vendent jamais leur âme.
 
Ces jours d’élections, nombreux choisiront donc de penser qu’il s’agit à nouveau de celle des Miss France. Il se dit de plus en plus que tout y est joué d’avance, truqué, conditionné. Nos politiques défilent chez Ardisson et Ruquier.
Souvenez-vous…
 
Nous vivons une époque formidable, et « moderne » ! Hélas, les couples ne vont plus de paire sous les couchers du soleil, et 4 millions d’enfants ne voient plus leurs deux parents (naître selon le schéma « suranné » d’un homme et d‘une femme ne se fait plus ! ). Du reste, 2 millions d’enfants ne mangent pas à leur faim en France, aujourd’hui. Bien que définis sans cesse comme dépassés et si peu visibles à la Télévision, l’Eglise et son Pape seraient néanmoins de vilains réactionnaires responsables de presque tout. Le monde sans Dieu n’a décidément aucune limite dans sa mauvaise « foi ». Certes, le Vatican est une institution faite d’hommes imparfaits, parfois pire, comme ailleurs.
 
Durant ces élections, au sortir des Supermarchés, l’opulence graisseuse et grossière de certains s’affiche toujours. On nous a bien dit qu’il fallait gagner plus, pour être plus que les autres. Les pauvres et exclus de l’Emploi seraient des feignants. Hélas, le ridicule ne tue pas, nous aurions pu tenter un autre modèle de vivre ensemble. En fait, il(s) nous tue(nt), l’air de rien. Il y aura un jour embouteillage devant le crématorium ! Le cimetière n’étant plus très tendance, reconnaissons au moins à certains le fait d’assumer n’être devenus que de simples tas de viandes vidées de conscience et de cœur, prêtes à se faire rôtir une dernière fois (comme au Jour de l’An, ou de l’Ane…ou à Pâques ! ).
 
Vraiment, les voleurs ne sont pas ceux que l’on feint de croire, quand le paradis est fiscal.
 
Souvenez vous… !
 
Guillaume Boucard
 

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7 réactions à cet article    


  • ddacoudre ddacoudre 17 mars 2010 14:14

    bonjour guilaume.

    bon article et bon choix du titre.
    "Souvenez-vous…plus encore les jours de scrutins, de ce mendiant torturé sous les caméras plus attentives que bien des clients, un jour de fête. Cette image est le miroir dans lequel nous évitons encore de nous regarder. Mais jusqu’à quand ?« 

    voilà une bonne question pour laquelle il n’y a pas de réponse hormis que la méfiance envers les institutions démocratique nous conduit vers »la tyrannie"

    j’ai essayé d’expliquer cela au travers de l’analyse des élections, dont le résultat était envisageable.

    Globalement les français s’éloigne de la compréhension des institutions plus elles se distancient  de leur sphère individuelle sur la quelle ils se sont repliés depuis les années 90. Aujourd’hui encore 81% d’entre eux disent compter que sur eux-mêmes, 76% n’ont plus confiance aux partis. Il me semble inévitable que ceci se retrouve dans les résultats des élections, tempérés par le fait qu’ils soient encore entre 57% à 69% à considérer que voter aux élections permet aux citoyens d’exercer une influence sur les décisions de la France.

     

    C’est ainsi que nous sommes passé de 22.1% d’abstention au régionale de Mars 86 à 53.5% aujourd’hui, ce n’est donc pas seulement le désintérêt pour celle–ci qui justifie cette augmentation, et encore faut-il se féliciter que cette élection ait mobilisé sur le rejet de la politique du gouvernement sinon cela aurait été pire.

     

    Actuellement 55% à 68% des français ne font pas confiance au gouvernement, à l’institution présidentielle, à l’UE, à OMC, aux grandes conférences internationales. Dans cette enquête d’opinion c’est le gouvernement qui détient la palme avec 68% de français qui ne lui font pas confiance, de quoi me semble-t-il rendre peut crédible les justifications avancé par l’UMP sur leur débâcle, mais pas de quoi se hâter de crier à la victoire d’un renouveau à gauche, nous en sommes loin, car de 4% à15% de français seulement pense que militer dans un parti peut changer les décisions de la France.

     

    Si vous m’avez suivit il faut donc s’interroger où vont aller les voix des électeurs qui pensent utile de voter pour changer les choses et ne pensent pas le faire en votant pour un parti.

    La réponse se trouve dans l’élection de Mr Frêche, dans l’action populiste, puisque le français ne perçois que les trous des trottoirs de sa sphère immédiate et il l’avait dit (81% compte sur eux), alors qu’il n’a plus confiance dans sa représentation démocratique les partis, il l’avait dit aussi (76% des français non plus confiance dans les partis politiques).

     

    Ne me faites pas dire que Mr Frêche est un populiste, il se sert du populisme pour réaliser ses réalisations visionnaires, car il ne dispose pas des moyens d’établir les base d’une évolution dictatoriale, tout au plus deviendra t-il un mandarin local, sont cas est intéressant pour le rapport des voix qui ne veulent ni du pouvoir ni des partis. Le même résultat au niveau national nous apporterait une dictature car il disposerait alors de l’armée et de la police je vais y arriver.

     

    Que nous avaient dit aussi les français, que leur confiance allaient vers les scientifiques 90% (CNRS) vers la santé 86% (hôpitaux), vers l’école 83%, vers l’armée 75%, les associations 71%, la police 71% également.

    Si nous faisons abstraction des trois premiers pourcentages qui représentent l’espérance des français face à leurs peurs : la science face à l’inquiétude des technologies, les hôpitaux face aux risques de santé, l’école face à l’accès à un métier, nous y trouvons immédiatement après des forces de sécurité : l’armée, la police, avec en plus aujourd’hui le monde associatif, en charge également de la défense des intérêts particuliers et communautaristes dont aucun ne dispose d’un pouvoir politique (sauf de lobbies).

    Le seul monde associatif qui en dispose d’un, ce sont les syndicats comme force d’opposition et de contractualisation et ils sont rejetés à auteur de 72%, et les partis politiques à 76%.

     

    L’administration recueille encore 63% d’adhésion, 60% pour les grandes entreprises publiques (ce que vous en conviendrait ne reflète pas ce qu’en rapporte les médias en qui seulement 27% des français ont confiance et le gouvernement qui harangue en permanence la fonction publique en qui 31% des français font confiance), 60% en la justice ce qui est trop peu pour une telle institution.

     

    Nous voyons donc une demande de « pouvoir étatiste » clairement exprimé, et dangereusement exprimé au travers des besoins de sécurisation dans, je dirais tous les domaines, mais pas par en priorité le pouvoir économique mais par la force répressive armée police. Ceci indique que malgré la défiance en vers les médias, 69% des français écoutent les JT sur TF1, FR2, Soir 3 qui depuis les années 90 ont comme lied motif des sujets sécuritaires.

    Il n’est donc pas anormal de les trouver dans cette position privilégiée. Il faut donc en convenir, en cas de difficultés ceux sont eux qui seront sollicités et espérés avant toutes possibilités de solutions par un débat politique, puisque ceux qui l’animent en démocratie, les partis et les syndicats ne font plus autorité.

     

    Nous avons de manière inconsciente ouvert la porte et créé les conditions de l’avènement d’une dictature.

    Comment en sommes nous arrivé là, par le réflexe normal du replie sur soi face, à des partis qui ont prôné durant toutes les années qui ont suivit la fin du socialisme la prospérité grâce à la loi du marché et de la libre entreprise du commerce.

     

    55% des français se méfient des grandes entreprises privées, 63% des banques, 61% de l’OMC, 59% des compagnies financières d’assurances ou banques, 75% pensent que les entreprises ne cherchent qu’a faire des profits et s’entendent entre elles pour maintenir des prix élevés, 91% pensent qu’il faut réformer le capitalisme.

     

    Nous voyons donc que ce qui leur avait été vendu comme devant assuré leur prospérité par le PS et l’UMP plus de la moitié des français considèrent, en étant gentil, qu’ils n’y font pas confiance.

    Par contre ils ont confiance dans les entreprises artisanales pour 61%, nous avons là un autre indicateur du replie sur sa sphère individuelle de perception restreinte, justifiant la méfiance dans tous ce qui n’est plus à la mesure de leurs perception ou compréhension, (l’on comprend pour quoi Mr Frêche bouche les troues des trottoirs).

    Notre président va s’y mettre aussi, déjà sur les plateaux de télé la couleur a été annoncée, il fallait seulement être un peu attentif aux propos de Mr Copé et Jégo, , nous devrions donc assister à moins de remise en cause de l’administration et des ses représentations (y compris les grandes entreprises), et un renforcement du contrôle des populations, mais rien n’est moins sur tant le dogmatisme et autocratie du président est prégnante, la note d’espérance vient d’une certaine contestation au sein de l’UMP mais !

     

     Mais alors avec tout cela le Front de Gauche, le NPA et le FN ou Bayrou auraient du exploser leur score. Hé bien non ! et c’est le FN qui s’en sort encore le mieux en étant dans de nombreuses triangulaires.

     

    Souvent je râle car je voudrais que les français apprennent plus, pour disposer de plus d’éléments de compréhension du monde, mais ceci ne les empêche pas d’avoir compris que leur avenir ne se trouvait pas pour l’instant dans ces partis qui restent marginaux.

    Depuis le temps qu’ils se présentent indépendamment du clivage stupide gauche droite que nous vendent les politologues médiatiques, les français restent fidèles dans leurs grandes majorité à leur famille politique (heureusement pour le moment), et les partis marginaux n’offrent pas une vision assez claire d’un renouveau politique.

    Un renouveau pour réaliser une alternance sociétale de nature à redynamiser la confiance.

    Renouveau qu’il ne faut pas espérer un de la part du PS et de l’UMP.

    S’ils étaient en mesure d’affronter les banques et réformer les entreprises en dehors des discours lénifiants, ils l’auraient déjà fait.

    Or l’un et l’autre sont verrouillés par la constitution Européenne qu’ils ont fait passer en force chez nous comme dans les autres pays et donc une partie des populations ne veulent plus. Seulement 42% veulent s’ouvrir au monde d’aujourd’hui, 67% n’espèrent rien des rencontres comme celles du G20, 61%, se méfient de l’OMC et 55% de l’UE.

    Le référendum sur l’UE a marqué une transition importante, celle de la fin en l’espérance, que par le commerce l’on pouvait réunifier des populations (comme cela avait été attendu par le traité de Rome en 1957) et déboucher sur une organisation politique. Si cela le devient un jour, ce sera en l’état de nos situations, une dictature, puisque chez nous plus de 70% de français ne veulent plus de l’Europe du marché. Ils ont compris qu’ils n’en seraient plus des acteurs mais seulement des exécutants exploitables, car en 53 ans d’existence elle a été incapable d’élaborer une convention collective Européenne sur les droits sociaux.

     

    Leur refus exprimé lors du référendum, n’a pas pour autant bénéficié à ses opposants, car ils ne faut pas se voiler la face, c’est à une élection nationale que nous avons eu à faire par régions interposées.

    Il n’y a aucune raison pour que le PS crie victoire, bien au contraire la question qui se pose est de savoir s’il va oui ou non tromper ses électeurs une nouvelle fois.

    C’est sur cette question qu’il joue son crédit pour les législatives, mais saura-t-il proposer un projet de société plutôt qu’une écurie présidentiable.

    Je parie sur l’écurie présidentiable car les médias vont le pousser à cela, le PS n’a pas su embrayer derrière l’esclandre de Peillon pour pousser les médias à sortir du spectacle polémiste et peoples auquel les a entraîné le président, même si dans le Languedoc il a coupé l’herbe sous les pieds de la candidature de Mme Royal.

     

    Quelque soit le résultat du deuxième tour, ce ne sera qu’un résultat de raccroc pour les uns et les autres, le succès annoncé du PS n’en sera pas un, en vérité, je souhaite pour eux qu’ils aient cette lucidité. La seule véritable expression de ce vote, qu’il soit observé par les abstentions ou les expressions électorales, est le refus de la politique du gouvernement.

     

    Celui-ci la poursuivra prisonnier de sa logique, malgré les annonces de son illusionniste.

    Comme les partis et syndicats ne peuvent pas mobiliser pour inverser son entêtement au service du pouvoir économique (la manifestation de 3 millions de manifestant là démontré) il aura recours au droit de la force, comme toutes les structures qui ne bénéficient pas d’une légitimité démocratique majoritaire.

     

    Le seul moyen de nous préserver d’une marche en avant vers un état totalitaire, est de ne pas avaliser des résultats électoraux qui ne recueillent pas la moitié des inscrits.

     

    J’ai déjà eu l’occasion de le dire, les restes du socialisme doivent se réformer et se regrouper avec d’autres pour repenser une société plus éthique.

    Mais ils s’accrochent à leurs acronymes.

    Le socialisme historique a été enterré sous le mur de Berlin, il faut en faire le deuil, ce n’est pas pour autant renoncer à la lutte contre l’oppression d’où qu’elle vienne, pour instaurer plus de participation démocratique et de justice sociale, ni renoncer à d’autres transformations de l’OMC et de la production capitaliste vers un avenir à construire.

     

    En l’état ceux qui seront à même de proposer des modifications du système bancaire, du système boursiers, des relations sociales dans les entreprises, des réformes de la propriété du capital, et redonner à l’état la capacité de solutionner les problèmes par la création de monnaie productive plutôt que par la force répressive, se fond une place pour l’avenir.

     

    Ce n’est pas moi qui le dis, mais les français quand ont les interrogent malgré leur paradoxe.

     

    cordialement.


    • Agoravocs 17 mars 2010 17:13

      L’article aurait pu être intéressant. Les tournures sont belles, le verbe maîtrisé.

       

      Malheureusement, c’est un peu la montagne qui accouche d’une souris…

       

      Car « souvenez-vous », sous-entendant « allez voter », et ensuite, décrier tous les partis politiques (exceptés l’UMP et le FN), ça n’a pas vraiment de sens.

       

      Surtout que ce sont justement ces deux partis qui sont les maux de notre société. La politique libérale et du tout sécuritaire de notre gouvernement va faire en sorte que ce genre de scènes de supermarchés se multiplient… Quant à la violence avec laquelle ce « pauvre » se fait tabasser, est symptomatique de la politique de la tolérance zéro si chère au FN et à l’UMP qui s’en rapproche dangereusement…

       

      Bref, l’article commençait bien, sur un ton presque philosophique, mais s’est vite perdu dans des travers politiques dont l’analyse laisse à désirer.

      Quant à la cohérence du « il y a plein de pauvres…dans quelle société vivons nous ?...les traders c’est pas bien… » et le fait de fustiger la politique du facteur, du Front de gauche, du PS, du « Moudem », etc…sans même égratigner la droite dure qui nous gouverne ? Vous parlez bien des gaullistes, mais le dernier est mort récemment…

       

      Soutenez-vous que Sarko est LA solution à tout ça, et que c’est ce petit monsieur qui va remettre les traders à leur place, résorber les problèmes de pauvreté, et construire un monde plus juste ?


      • FYI FYI 17 mars 2010 17:46

        Voter c’est abdiquer.


        • Axior 17 mars 2010 18:02

          S’abstenir ou voter blanc (plus intelligent à mon avis) n’est pas la solution, en effet, mais c’est une partie de la solution.
          Il est clair que si on s’en tient là, on n’avancera pas d’un pouce ; mais si on ne maintient pas une pression abstentionniste accrue, on continuera de reculer.
          Montrons que nous sommes des citoyens responsables et déplaçons nous pour aller déposer notre bulletin blanc dans l’urne. Même si ça n’est pas comptabilisé, ça compte.


          • Elisa 17 mars 2010 22:36

            Chapeau pour cet exercice de style. C’est bien dit et cela peut émouvoir si on fait une lecture superficielle.

            Sous la rhétorique d’un anarchisme teinté d’humanisme, l’indigence de la réflexion et de la lucidité apparaît bien vite. Oui on peut s’indigner de la pauvreté mais assortir cette indignation d’un dîner de tête des forces politiques en mettant tout le monde sur le même plan hormis ceux qui nous gouvernent, ce n’est plus de l’indignation, c’est de la complaisance.

            Vous avez trop de cibles pour en viser une, celle qui peut être largement jugée responsable des maux actuels de notre société : le capitalisme financier et ses valets au pouvoir, le libéralisme économique dont on nous a dit qu’il constituait le seul ordre mondial possible.


            • poetiste poetiste 18 mars 2010 09:25

              Retour à la case départ :

              En ce temps là, la France avait voté sécuritaire. Les êtres inconséquents et pusillanimes s’étaient précipités fébrilement et frileusement, tous dans le même sens, vers les urnes. La peur est décidément une très mauvaise conseillère. Ce qui devait arriver arriva, le Front National récupérait ses électeurs, laissant ce qu’il est convenu d’appeler la « droite » à méditer sur son double jeu. On ne pactise pas avec ceux qui tirent sur la corde sensible de la peur pour justifier leur soif de pouvoir.
              Et voilà que Monsieur Fillon, dans sa précipitation de vouloir tirer encore sur cette corde sensible, en rajoute, se trompe, annonce la mort d’un policier encore vivant. Que de bourdes reviennent à la figure de leurs annonceurs aux abois !
              Ce que pouvait être ridicule et mesquine le fait de stigmatiser une légère bourde qui n’en était pas vraiment une, celle de Ségolène Royal sur la « bravitude ». Le néologisme n’a jamais été un péché mortel mais la manipulation politique à court terme en est un.
              Il faut arrêter de prendre les électeurs Français pour des demeurés, les manipuler et vouloir tout décider à leur place. Il est vrai qu’une dictature ne peut s’instaurer qu’en nivelant par le bas mais la résistance démocratique n’est pas morte : Halte là, les Montagnards sont là !
              Il ne faudrait cependant pas croire que le parti socialiste puisse redonner le sens de la responsabilité, l’espoir d’un renouveau en notre douce France. Ce parti a montré qu’il avait oublié sa devise : « tout ce qui est humain est nôtre ». Dans son triomphalisme, il ne dit pas : « on a gagné, on va partager, les petites gens vont vivre décemment », il pense : « notre tactique électorale triomphe, elle se fonde sur la déconfiture de notre adversaire ».
              On ne fait pas du positif avec du négatif : le parti dit « socialiste » se distingue très peu de la droite. On assiste à une lutte entre frères jumeaux.
              Il n’y a pas de miracle dans la compétition, la course au pouvoir contraire à l’esprit démocratique. Les consciences ne vont pas spontanément se réveiller et les socialistes ne vont pas manifester dans les rues avec des calicots où il serait inscrit : « partage ». Ils ne vont pas venir en personne aider à déloger les cafards des taudis.
              Arrêtons de rêver, la crise est dans les consciences, dans la volonté de chacun, elle est insurmontable pour ceux qui sont jetés à la trappe. Dans un contexte international de « struggle for life » sans merci où le pouvoir est prioritairement à l’argent propre ou sale, qui pourrait conduire la France de main de maître plus passionné de responsabilité que séduit par le pouvoir ?
              Faut pas rêver ! Des hommes de cette trempe n’existent plus. Le manque de confiance dans les hommes politiques explique l’abstention aux élections.
              Un gouvernement qui « réussit » à réduire la confiance parmi les citoyens est en échec dans une démocratie. Hé ! Le facteur humain n’est pas côté à la bourse mais il ne faudrait pas croire qu’il n’a pas de valeur ; il est le placement à long terme. Puissent les politiques ne pas perdre cela de vue.
              Je rêve d’une France partageuse et courageuse, (laissez-moi rêver, ne serait-ce qu’une seconde). Les luttes intestines au parti socialiste, mises en veilleuse dans la conjoncture des régionales, n’ont pas dit leur dernier mot.
              La résurrection n’aura pas lieu, nous sommes toujours sur la planche savonneuse. A moins que ? A moins que ?
              Mais pour l’instant, le premier ou la première qui scande les syllabes d’un mot bien inscrit sur les frontons des mairies, à savoir : « fraternité », sera tourné en ridicule ? Il n’est pas bon de rappeler des évidences là où on prétend résoudre des problèmes sans considérer les données premières qui sont indispensables à leur résolution. Tout va donc si vite qu’on ne puisse revenir à la source ?
              A.C

               


              • poetiste poetiste 18 mars 2010 13:55

                Réponse à « x ».

                La répression régression a la vie dure, elle s’acharne, elle persiste et signe. Aucune correction de trajectoire, l’argument électoral sécuritaire revient comme un boomerang à la face de ceux qui l’utilisent et on insiste. On ne change pas une méthode qui fait perdre.
                Mais où est donc la notice, dit une chanteuse de talent. Où est donc la notice pour la prévention, la prévention, un art beaucoup plus subtil, beaucoup plus courageux et moins simpliste que la répression.
                Un gus me « moinsse » sur mon écrit précédent, il a dû se reconnaître, être démasqué et en être atteint. Il pourrait se présenter.
                Quand on perd la responsabilité qui donne autorité, on n’a plus d’autorité, est-ce si difficile à comprendre ? La « force tranquille », la pub en a fait un slogan, rien de plus.
                Et pourtant, si des politiques pouvaient s’approprier une promotion de la paix, de la force et de la responsabilité, la violence n’aurait plus lieu d’être.
                On respecte l’autorité quand elle est respectable, pas quand elle veut tirer profit de dysfonctionnements liés à un non partage des biens et à la peur qui s’ensuit.
                La police n’est pas responsable de ce qu’on lui demande et il y a des demandes de remise en question au sein de ses membres, ça c’est réjouissant ! Les policiers veulent être respectés, ce qui est la moindre des choses mais qu’on ne leur demande pas de « faire du chiffre », qu’on les engage sur un terrain plus humain, qu’on leur donne des moyens aussi.
                L’escalade a assez duré. Le prochain parti qui fait campagne sur la sécurité pour gagner des voix, il se coupe à jamais de mon vote.
                A.C

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