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Les élections européennes en Bretagne

Les élections européennes ne sont ni les régionales ni les législatives et il serait hasardeux de se baser sur les unes pour prédire les autres. Même si le Parti Socialiste est affaibli en Bretagne, il continue à disposer de leaders populaires – et notamment de Jean-Yves le Drian – et d’un réseau d’élus locaux susceptible de faire la différence. Le résultat de la cantonale partielle de Redon, où le candidat UDB – Verts a fait 11%, soit 9 points de moins que Yannick Jadot doit inciter à une certaine prudence dans l’analyse comme dans la prospective.

Il n’en reste pas moins que l’effondrement du PS, qui devient, sur la Bretagne, la seconde force de gauche pose question dans la perspectives des élections régionales. S’il paraît peu probable que la Bretagne administrative bascule à droite et s’il est presque certain que la région des Pays de la Loire sera perdue pour la gauche, le rapport des forces interne à la gauche peut se trouver bouleversé.

On notera par ailleurs que l’abstention n’a été que marginalement plus forte qu’en 2004 et que l’offre politique était variée. Les groupes qui, comme le POI ou le PRCF, y voient un succès pour leur cause, sont donc à peu prés aussi crédibles que les déclarations de victoire de l’Union des Gens ou du Parti de France. Rien n’empêchait les électeurs de voter pour des partis archéo-staliniens. Ils ne l’ont pas fait.

L’UMP

L’UMP reste la première force politique bretonne avec 24% des voix mais ce chiffre est paradoxalement une mauvaise nouvelle pour elle. Même avec l’appoint des partisans de Philippe de Villiers, la droite modérée ne dépasse pas les 40% et encore, en supposant que ce qui reste des électeurs du Modem se reporteront sur elle, ce qui est loin d’être acquis. La situation est un peu meilleures si on ne prend en compte que la Bretagne administrative, mais avec un potentiel de 42% des voix, la droite ne semble pas pas en mesure de reprendre la région à la gauche, ni même de menacer sérieusement sa suprématie.

Le Parti Socialiste

Passé en troisième position sur l’ensemble de la Bretagne comme sur la région administrative, le Parti Socialiste est affaibli, même si la donne serait – et sera – sans doute différente dans le cadre d’un scrutin régional ou local. Il n’en reste pas moins que la Parti Socialiste passe derrière Europe-Ecologie dans la plupart des grandes villes. Il n’y a qu’à Saint-Nazaire qu’il demeure la première force de gauche avec 22.67% des voix.

Il semble qu’une part importante de l’électorat de gauche et du centre ait fait le choix d’Europe-Ecologie, pour des raisons sans doutes variées. Leur choix ne sera peut-être pas le même lors d’une prochaine élection mais la logique qui faisait, depuis les années 1980, du Parti Socialiste le parti de gauche "par défaut", celui autour duquel se construisent les projets de gouvernance comme d’alternance, est ébranlée.

Europe-écologie

Europe-écologie devient la première force de gauche et pourrait, potentiellement, devenir une force de gouvernance. Elle a cependant du chemin à accomplir pour cela. Ni l’UDB ni les Verts, ni naturellement leurs partenaires associatifs n’ont le maillage d’élus et de militants nécessaire. Leur émergence reste néanmoins un événement de première ampleur sur lequel elle doivent capitaliser si elles veulent peser sur le résultat des élections régionales de l’année prochaine. La "rupture de contrat" entre le PS et la population est l’expression à la fois d’une volonté de changement et d’une recherche qu’y s’était manifesté avec l’engouement pour Ségolène Royal puis pour François Bayrou. Il peut se déplacer comme il l’a fait pour ces dernières personnalités ou au contraire se cristalliser selon la manière dont se passera la suite des événements.

Le Modem

Le modem constitue toujours une force non négligeable en Bretagne mais est retombé au niveau de l’ancienne UDF bretonne. Il ne dépasse les 10% que dans les côtes d’Armor, et notamment à Saint-Brieuc où il est en deuxième position devant le Parti Socialiste mais derrière Europ-écologie. Il est donc probable qu’il devienne la force de gouvernance qu’il rêvait d’être même si un retournement de situation est toujours possible. Le plus probable, à l’horizon 2010, est qu’il redevienne une force d’appoint, s’alliant avec l’UMP – le choix le plus logique mais difficile à justifier compte tenu de l’anti-sarkozisme de François Bayrou – ou avec un PS affaibli mais qui risque de lui préférer les Verts et l’UDB. Une alliance avec le Parti Breton pourrait cependant lui donner les deux ou trois points qui lui manquent pour atteindre la taille critique.

Le Front de Gauche et le NPA

Le front de gauche – dont les forces sont essentiellement celles du Parti Communiste – n’atteint pas les 5% et ne reste vraiment présent que dans les Côtes d’Armor. Plus important, il obtient un score légèrement inférieur au NPA, les deux formations se neutralisant l’une l’autre. Les déclarations de Jean-Luc Mélenchon sur l’identité bretonne ont sans doute eu un effet repoussoir sur une certaine frange de son électorat potentiel qui s’est reporté sur un NPA qui s’est, lui, allié à la formation indépendantiste EMGANN ou vers Europe-écologie.

L’extrême-gauche réunit au total prés de 10% des suffrages – 11% si on ajoute une Lutte Ouvrière réduite à son noyau dur – mais sa division l’empêche de peser véritablement. Le NPA n’a pas percé et reste dans son étiage normal et le Parti Communiste, sans lequel le Parti de Gauche disparaîtrait sans doute, continue son déclin. Il est probable qu’il fera les frais des rééquilibrage de la majorité régionale à Renne.

L’extrême-droite

Avec moins de 3% le Front National est réduit à sa plus simple expression et disparaît d’un paysage politique breton où il n’avait jamais été très présent. Si cela est une très bonne chose, il ne faut cependant pas oublier qu’il y a un effet de vases communiquants entre le principal parti d’extrême-droite et les groupuscules extrémistes qui gravite autour. L’affaiblissement du Front-National risque de renforcer des groupes encore plus radicaux comme Adsav, ou plus probablement les Identitaires. Ces groupes n’ont pas de potentiel électoral mais, justement pour cette raison, peuvent se révéler beaucoup plus dangereux que le Front-National ne l’a jamais été.

Le Parti Breton

Même s’il n’atteint pas les 3% le Parti Breton n’est pas ridicule et fait un score supérieure à ce à quoi on aurait pu s’attendre compte tenu de la présence de l’UDB sur la liste Europe-écologie. Reste à savoir ce qu’il fera de ce score qui peut sans doute lui permettre de négocier des alliances mais certainement pas de peser en tant que tel sur les décisions. Le plus logique serait qu’il s’associe au Modem auquel il pourra apporter les deux ou trois points qui lui manque pour compter. Cela suppose, cependant, de la part de la formation d’Émile Granville, une clarification idéologique.

 

www.damienperrotin.com


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1 réactions à cet article    


  • Cap2006 11 juin 2009 07:55

    Bonjour,
    Vous parlez de deux Bretagne dans votre analyse.
    Sans doute une erreur smiley

    Ken avo

     

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